Chapitre 10 : Punition injuste
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Hijikata grogna puis mis l'une de ses mains sur sa tête douloureuse. Près de lui, il pouvait entendre des intonations de voix mais il ne distinguait pas encore ce qu'elles disaient. Pour l'heure, il essayait juste de se remémorer ce qu'il s'était passé avant qu'il ne perde connaissance, ce dont il avait bien du mal à cause du bruit qui l'entourait, l'empêchant de se concentrer :
« Il est mort ? demanda Okita qui était en train de toucher le corps étendu du bout de son foureau.
- Mais non, il n'est pas mort !
- Ne devrions-nous pas nous mettre au ménage du quartier général ? proposa Sanosuke.
- Mais Sano, tous les hommes sont ivres morts, protesta immédiatement Shinpachi, et le temps de remettre tout en ordre, ça prendra des jours.
- Avec un peu de chance, il n'aura pas recouvré sa mémoire, espéra le lancier.
- C'est sûr que ça serait la meilleure des choses.
- Mais qu'est-ce que vous racontez tous ! s'indigna Kondo.
- Avouez Kondo-san que ça serait dommage de perdre un rigolo pareil, renchérit Okita.
- Je vous rappelle que l'amnésie de Toshi était censée être secrète afin de ne pas perturber le moral des troupes…
- Bien que je pense que ça les aurait plutôt égayés, le coupa Sanosuke.
- On ne coupe pas Kondo-san quand il parle, rouspéta le capitaine de la première division.
- Faillot que tu es Sôji. »
Hijikata, toujours allongé sur sa couche, fronça davantage les sourcils. Maintenant il pouvait distinguer parfaitement les intonations de son capitane et de ses subordonnés. Mais vraiment, ils n'avaient pas idée de faire tant de tapage dans la chambre d'un blessé ! N'y tenant plus, il attrapa son oreiller et le balança sur l'assemblée :
« Bon, c'est pas bientôt fini ce boucan, allez vous disputez ailleurs, grogna Hijikata en se redressant d'un seul coup. »
Dès lors, un silence total s'établit entre les hommes présents dans la pièce. Tous pensèrent alors que le Hijikata amnésique n'aurait jamais agit de la sorte. Un sourire illumina le visage de Kondo qui alla agripper les épaules de son ami, une larme perlant au coin de ses yeux :
« Toshi, c'est toi ?
- Mais bien sûr que c'est moi Kondo-san.
- Tu es de retour, je suis tellement heureux.
- Mais que racontez-vous, je ne suis pas parti ! J'ai combattu cet enfoiré de Kazama, et il me semble que j'ai glissé sur quelque chose. »
Le silence se fit de nouveau dans la pièce. Chacun comprit alors qu'Hijikata avait bel et bien recouvré sa mémoire d'antan, mais qu'en contrepartie il avait une amnésie de son amnésie. Et donc, le brun se croyait toujours le jour du hanami et n'avait pas le moindre idée du comportement de fillette qu'il avait pu avoir durant ce mois. Comme personne n'osait le lui avouer, Kondo préféra garder cela secret et de raconter au vice-capitaine que son choc à la tête l'avait fait tomber dans un coma. Mais avant même qu'il ne commence ses explications, un homme ouvrit le shôji et fit irruption dans la pièce, n'ayant pour l'heure aucune idée ni de l'amnésie d'Hijikata, ni des plans de mensonges de Kondo :
« Oh, vous voilà enfin réveillé Hijikata-kun, dit Itô en usant de sa voix gracile qui énervait plus que tout le démoniaque vice-capitaine. J'ai eu très peur pour vous vous savez, quand je vous ai retrouvé à l'entrée du quartier général complétement aplati sous cette table.
- Sous une table ! s'exclama Hijikata, mais je n'ai pas le souvenir de m'être reçu une table sur la tête. J'ai glissé sur quelque chose.
- Ah vraiment ? Oh, mais il me semble que cela remonte à il y a quelques temps. Une rumeur circule au quartier général comme quoi vous n'étiez plus le même. Certains affirment même vous avoir vu vous enfuir durant un duel amical.
- Je vous demande pardon ?
- Il a affirmé que vous avez lâché votre boken et que vous êtes parti en courant et en couinant comme une fillette. Je n'y ai bien sûr pas cru, mais beaucoup ont ensuite ajouté que vous aviez un comportement plus qu'étrange. Quand j'ai voulu m'en assurer par moi-même, vous étiez déjà partis avec Kondo-san et Okita-kun.
- Mais partis où ? Bon sang, je ne comprends rien à ce que vous me racontez Itô-san. »
Le démoniaque vice-capitaine était bel et bien de retour avec son lot de mauvaise humeur. Kondo dut se rendre à l'évidence, c'était le fait de s'être pris cette table dans la tronche qui avait dû faire un contre-effet avec le premier coup reçu :
« Vous vous rendez compte tous les ennuis qu'on se serait épargné si on avait commencé par lui balancer une table dans la tronche, fit remarquer Okita. Kondo-san, vous voyiez bien que j'avais raison quand je disais qu'il fallait de nouveau frapper Hijikata-san.
- Oui oui, ne put que répondre Kondo dépité. »
Car plus que le fait qu'ils aient dû avoir recours à la violence pour ramener le démoniaque vice-capitaine parmi eux, Kondo s'exaspéra de constater qu'Itô venait tout bonnement de foutre en l'air son idée de mentir à Hijikata. S'il apprenait la vérité, le brun ne s'en remettrait pas de si tôt et serait même capable de se faire le seppuku pour son comportement plus qu'honteux. Le capitaine frissonna, l'homme aux yeux violets, bien qu'ils venaient de prendre une inquiétante couleur écarlate, se tournait à présent vers lui. Il voulait des explications, et Kondo comprit alors qu'il ne pourrait plus se dérober. A moins qu'un sauveur ne survienne, n'importe qui, n'importe quoi du moment qu'il le sorte de cette impasse… Et ce quelqu'un survint.
Effectivement, des cris de guerre se firent entendre dans l'allée. Interloqué et fort désireux de faire taire ces énergumènes qui se la jouaient soldats alors qu'il n'y avait plus d'attaque, Hijikata se leva et sortit de la pièce. A pièce eut-il posé un pied dehors qu'il sentit une personne lui foncer dessus. L'élan fut tel qu'il finit sa course sur le sol et cela n'en accentua que davantage son irritation :
« Mais qu'est-ce que… Saito ?
- Hein ! Vice-capitaine !
- Mais d'où est-ce que tu viens ?
- Des toilettes, répondit Yamazaki qui suivait bien malgré lui le capitaine de la troisième division, et d'ailleurs j'ai bien cru qu'il n'en sortirait jamais. J'aurai du en profiter pour m'enfuir.
- Vice-capitaine, depuis êtes-vous rentré ?
- Rentré ? Mais puisque je vous dis que je ne suis pas parti ! De quoi est-ce que tu parles Saito ?
- Oh, vous m'avez appelé par mon nom, vous vous souvenez donc de moi ? En plus vous avez repris ce ton autoritaire, vous êtes de retour parmi nous vice-capitaine, je suis si heureux.
- Hajime-kun doit être masochiste s'il aime se faire enguirlander par Hijikata-san, fit remarquer Sôji tout bas
- Mais Saito, qu'est-ce que tu racontes ? Et puis arrête de t'accrocher à moi comme cela.
- Kondo-san, dit alors Sanosuke, je crois bien que c'est inutile de cacher plus longtemps la vérité à Hijikata-san. »
Effectivement, alors qu'il se relevait, de nombreux détails frappèrent Hijikata, plus que le fait que les cerisiers n'étaient plus en fleurs comme dans ses derniers souvenirs où il était en train de fêter le hanami, mais également…
« Mais… Où sommes-nous ?
- Allons vice-capitaine, ne reconnaissez-vous pas le quartier général du Shinsengumi ? Votre mémoire vous fait-elle encore défaut ?
- Saito s'enfonce toujours un peu plus, ne devrions-nous pas l'arrêter ? demanda Shinpachi.
- J'ai bien peur qu'il ne soit trop tard, dit Okita qui apercevait comme une aura noire et menaçante s'échapper du vice-capitaine. Kondo-san, Sano-san a raison, nous devrions raconter la vérité à tout le monde.
- Et bien…
- MAIS QU'EST-CE QUE C'EST QUE CE BORDEL ! hurla le vice-capitaine avec une intensité telle qu'elle en fit trembler le toit du quartier général, tant et si bien que pour le coup, Kondo reconnut que son ami était bien le frère de Tamejirô.
- Je crois que nous n'avons pas le choix, se résigna Kondo. »
Le capitaine lança donc dans le récit de ce mois mémorable, passant en revue le coup sur la tête, le changement de personnalité d'Hijikata, ses fuites multiples, sans parler de ses tremblements, énonçant également les idées de chacun pour le faire redevenir lui-même, exception faite pour la visite chez Sannan étant donné qu'Itô n'était pas censé savoir qu'il vivait toujours. Il fit aussi l'impasse sur le baiser échangé entre lui et Chizuru afin de ne pas l'embarrasser davantage. Enfin, Kondo n'oublia pas de lui parler de leur voyage à Edo, de ses anciennes conquêtes qui avaient défilé les une après les autres, des colères de Sôji et Tamejirô, du diagnostic sombre du docteur Matsumoto, le retour à Kyoto, la nouvelle attaque des oni et le fait qu'au final, ce fut Itô qui revenait de ses courses et qui l'avait retrouvé enseveli sous une table :
« C'est nous qui avons lancé la table, dit fièrement Shinpachi. Je sais que ça a dû faire mal Hijikata-san, mais sans nous vous n'auriez jamais retrouvé la mémoire.
- Nous sommes vos héros, poursuivit Sanosuke.
- Et moi, vous avez de la chance que je passais par là. Je venais d'aller acheter du sake. Je pense même que j'y ai dépensé les derniers ryos dont disposait le Shinsengumi, dit Itô tout content car pour une fois, on lui avait gratifié un rôle héroïque.
- Les derniers ryos ! s'exclama encore Hijikata. Par le diable, mais qu'avez-vous fait pendant que nous étions absents ? »
Et là, personne n'osa mettre de mot sur les activités plus que déplacées des hommes du Shinsengumi qui avaient eu l'audace de festoyer des jours durant, transformant le quartier général en une véritable porcherie, et ayant même eu l'audace de faire boire leur petite protégée. Cette dernière ne s'était d'ailleurs pas montrée depuis le retour du vice-capitaine.
La patience d'Hijikata atteignit ses limites, puis le lancier finit par faire un geste vers l'extérieur et proposer à son supérieur déjà bien irrité :
« Jugez par vous-même. »
Et donc Hijikata se leva à nouveau pour revenir sur l'engawa et témoigner une fois de plus de l'état complètement lamentable du quartier général. Des vomissures ici et là, dont une juste à ses pieds, des tas de bouteilles de sake éparpillées sans parler de certains hommes qui dormaient et ronflaient n'importe où, empestant l'alcool même à plusieurs mètres. Il ne fallut pas plus de temps au vice-capitaine pour comprendre le comportement de dépravés qu'ils avaient tous eux, profitant pleinement de son instant de faiblesse. Une veine apparut sur sa tempe et il se retourna vers l'assemblée, détaillant chacun d'entre eux avec un regard sévère puis demanda :
« Je veux savoir qui avait la responsabilité du Shinsengumi durant notre absence, que je le punisse sévèrement d'avoir laissé une telle abomination se produire ! »
La réponse ne se fit pas attendre, tous pointèrent leur doigt en direction de Saito, ce dernier se rendant malheureusement compte qu'il venait encore de se faire piéger par ses malfrats de confrères. Alors qu'il allait ouvrir la bouche dans une vaine tentative de plaider sa cause, comme quoi il n'avait pas voulu qu'une telle décadence arrive et qu'il avait même tenté de l'éviter, la voix déchaînée d'Hijikata retentit de nouveau dans la pièce, posant la sentence du pauvre capitaine de la troisième division :
« Saito, je te charge de nettoyer l'intégralité du quartier général, et tu passeras ton prochain mois en alternance avec tes séances de ménage et ta chambre, et il ne te sera servi qu'un seul pauvre repas par jour ! »
Et sans aucune autre forme de procès, sans aucun soutien des autres qui au contraire s'essuyaient la sueur de leur front en soupirant, rassurés de ne pas être la cible de la colère d'Hijikata. Saito se fichait de faire du ménage ou bien de ne manger que très peu, mais une autre inquiétude quant à son injuste punition fit qu'il leva timidement la main pour demander :
« Aurai-je le droit d'aller aux latrines quand j'en ai envie ? »
Sans doute était-il encore traumatisé par le fait que pendant un mois, il avait dû difficilement retenir ses sphincters des heures durant jusqu'à ce que les oives qui le retenaient se décident à l'y emmener.
Les autres autour de lui s'écroulèrent de rire, ce qui le fit rougir, et avant même qu'Hijikata ne donne sa réponse, une voix féminine et enjouée se fit entendre au détour de l'allée :
« Hijikata-san »
Chizuru apparut devant le vice-capitaine qui cligna des yeux, inquiet quant à sa vue. Il reconnut parfaitement le petit visage de la jeune fille, puis son kimono rose bien desserré tant et si bien qu'il pouvait presque apercevoir le début de la courbure de sa poitrine. Et ne portait-elle pas, en temps normal, un hakama par-dessus son kimono ? Elle n'était pas du genre à laisser entrevoir ses jambes, ni même de lâcher ses cheveux qui lui arrivaient aux omoplates. Chizuru s'avançait vers lui avec une démarche aguicheuse, cherchait-elle à lui plaire afin d'échapper à sa sanction pour ne pas avoir fait le ménage un mois durant ? Ce genre de méthode ne plut pas du tout au démoniaque vice-capitaine qui fronça les sourcils, fit un pas en avant et posa son pied sur une vomissure, le faisant glisser.
La scène se déroula comme au ralenti. Hijikata perdit l'équilibre, commença à tomber vers l'avant cette fois. De son côté, Chizuru continuait sa course vers son bien-aimé bien vite suivi d'Heisuke qui venait de cueillir un bouquet de fleurs fanées, chose normale quand on sait que la végétation du quartier général n'avait rien reçu d'autres que du vomi à la place d'eau fraîche ces derniers temps. Kondo réalisant que la scène était en train de répéter commença à se lever en vitesse, espérant naïvement pouvoir empêcher un nouveau coup à son ami, ouvrant la bouche pour hurler son nom. En face de lui, Saito exécuta exactement le même mouvement. Sôji fut tenté d'attraper l'écharpe du capitaine de la troisième division au vol pour s'amuser, et Yamazaki eut la même idée mais lui dans un but plus vengeur. Shinpachi écarquilla les yeux tout en posant une main sur sa tête, réalisant que la vomissure sur laquelle venait de déraper Hijikata provenait probablement de ses entrailles. Sanosuke bailla, trouvant la scène au ralenti ennuyeuse et Itô déboucha le sake qu'il venait d'acheter, indifférent à ce qui se déroulait non loin de lui.
Le temps reprit une vitesse normale. Saito et Kondo se rentrèrent l'un dans l'autre, Itô porta la bouteille à ses lèvres puis s'écroula dos au tatami, bavant dessus, en proie à une overdose de sake et Hijikata alla terminer sa chute en plein dans le décolleté de Chizuru, la tête entre ses deux petits seins. Cette fois-ci l'horloge du temps cessa de tourner pendant une fraction de seconde, puis Heisuke lâcha les fleurs qu'il tenait dans ses mains avant d'exploser :
« Alors comme ça, ça ne vous a pas suffit de l'embrasser ! railla le jeune garçon aux yeux bleus.
- L'embrasser !
- Toshi, s'exclama Kondo rassuré, Dieu soit loué, tu ne t'es pas cogné la tête au sol. Merci Yukimura-kun.
- Kondo-san, grogna encore le vice-capitaine qui s'était redressé, franchement, la poitrine de Chizuru est tellement plate que je ne vois pas la différence avec le fait de se cogner sur le plancher.
- Oh, ça c'est méchant, dit alors Okita.
- Il n'a pas tord, rétorqua Shinpachi. Tu veux savoir ses mensurations ? Pas étonnant qu'on l'ait prise pour un homme au début.
- Moi j'aime Chizuru et ses petits seins, jura alors Heisuke espérant cette fois conquérir le cœur de la jeune fille mais…
- Heisuke-kun, tu n'es qu'un pervers ! gémit Chizuru avant de s'enfuir dans la direction opposée, morte de honte.
- Gné…
- Ah là là Heisuke, tu ne sais vraiment pas y faire avec les femmes, soupira Sanosuke.
- Ne vous fichez pas de moi ! gronda le démoniaque vice-capitaine. Je ne suis pas aveugle, j'ai bien remarqué que Chizuru était ivre. Qui est l'irresponsable qui a fait boire cette enfant ?
- … Et ben, hésitèrent à répondre les hommes présents.
- Heisuke, toi qui dit l'aimer, tu ne prends pas du tout soin d'elle. Tu exécuteras alors ses taches ménagères durant un mois. D'ailleurs comment ça se fait que j'ai glissé sur du vomi ? Saito, ne t'avais-je pas demandé de nettoyer le quartier général ?
- Euh… Si, répondit timidement le capitaine de la troisième division.
- Alors qu'attends-tu ? Et Heisuke, aide-le. Et autre chose, heureusement qu'Itô est ivre mort, sinon il aurait découvert que Chizuru est une fille. Vous n'êtes vraiment pas malin ! Vous méritez que je vous exécute tous sur le champ.
- Allons Toshi, calme-toi, tenta d'apaiser Kondo. Il est vrai qu'ils ont de nombreux tords mais vois le bon coté des choses. Si Nagakura-kun et Harada-kun n'avaient pas lancé cette table faute de pouvoir manier correctement leur arme, tu n'aurais pas retrouvé la mémoire.
- C'est vrai, plaida Sanosuke, nous sommes les héros dans toute cette histoire.
- Vous devriez montrer un peu plus de gratitude à notre égard Hijikata-san, poursuivit Shinpachi. Sachez que même si nous avions bu, nous avons vaillamment défendu le quartier général. »
Hijikata se calma quelque peu, semblant réfléchir quelques instants. Kondo l'encouragea encore à se détendre en posant sa main sur son épaule tandis que Sôji s'amusait à dessiner des moustaches sur le visage d'Itô complètement somnolent, indifférent à la colère d'Hijikata pour laquelle il ne se sentait pas concerné :
« Allez Toshi, nous sortons d'une grande mésaventure. Oublions tout ceci et reprenons un rythme de vie normal.
- Hum, il semble que nous n'ayons pas le choix. Shinpachi, Harada, même si je n'approuve pas vos techniques, j'ai une dette envers vous. Aussi vous êtes congédiés de corvées jusqu'à ce que le quartier général redevienne normal, soit avec des hommes vaillants et des locaux propres.
- Excellent, s'exclamèrent en cœur les deux hommes.
- Yamazaki, va jouer les mendiants, ordonna aussi le vice-capitaine au shinobi.
- Hein ! Pourquoi ?
- Si j'ai bien compris, le Shinsengumi n'a plus d'argent. Je demanderai au seigneur du clan Aizu de nous faire des dons mais en attendant, nous n'avons rien pour nous nourrir, il faut bien de l'argent, alors je te somme d'aller mendier. Tu es plutôt doué quand il s'agit de tromper les gens.
- Ne pourrais-je pas utiliser mes talents de shinobi dans un autre rôle ?
- C'est ça ou tu vas revendre ta précieuse peluche.
- Hein ! Quoi ? Vous saviez ?
- Mais tout le monde le sait voyons. Ne me dis pas que tu croyais avoir bien conservé ce secret. Mais par respect et pour ne pas d'embarrasser, personne n'en fait référence.
- Je me suis fait avoir… réalisa alors le shinobi aux yeux violets. »
Au final, ce fut ce pauvre Saito et Heisuke qui furent chargés de nettoyer l'intégralité du quartier général, bien vite aidés par Chizuru redevenue douce et normale une fois son alcoolémie revenue au stade du néant, la jeune fille n'ayant aucun souvenir de cette longue période d'ivresse. Yamazaki alla mendier conformément aux ordres donnés par son supérieur, regrettant de ne pas s'être enfui avec sa peluche, peluche qui disparut au bout de quelques jours, accaparé par Sannan qui espérait apaiser les rasetsu en leur donnant un jouet enfantin, jouet qui fut en un rien de temps déchiqueté par ces hommes-démons.
Hijikata croula sous les dossiers qu'il se devait pour la plupart de réécrire et fut aidé par Kondo tandis qu'Okita se chargeait de rédiger à nouveau le strict règlement du Shinsengumi. En plus des règles déjà préalablement instaurées par le démoniaque vice-capitaine, l'homme aux yeux verts jugea bon d'ajouter en recommandation « Ne jamais faire référence au hanami de l'année mille huit cent soixante six ».
Quant à Sanosuke et Shinpachi, ils flânèrent du matin au soir en jouant au go, ne levant pas le petit doigt pour aller aider leurs confrères, se la jouant au contraire hautain, rappelant à tous que c'était eux les héros de l'histoire.
Mais la vérité, personne ne la sut. Ce qui avait rendu la mémoire à Hijikata n'était pas la table qu'il s'était pris sur la poire mais plutôt le fait que le Shinsengumi si précieux à ses yeux soit attaqué. C'était ce phénomène qui avait fait vibrer quelque chose dans le cœur et le corps de l'homme aux yeux violets, et cette réalité bien plus gratifiante resta à jamais enfermée dans les méandres de la mémoire d'Hijikata.
FIN
Note de l'auteur : Merci d'avoir lu jusqu'au bout.
J'ai eu un peu de mal à écrire ce dernier chapitre que je trouvais fade jusqu'à ce que j'écrive la demande de Saito pour aller aux toilettes. Le reste est venu tout seul. Au départ, je n'avais pas prévu de faire autant de chapitre, de même que je n'avais pas prévu cette table tombée sur la tête d'Hijikata. Il devait juste retrouver la mémoire avec la menace sur le Shinsengumi, mais j'ai souvent de nouvelles idées au cours de l'écriture de mes fic, ce qui fait qu'elles sont souvent plus longues que ce que je prévois.
Je suis très heureuse de terminer une nouvelle fic, j'espère qu'elle vous a plu. Je vous invite à lire mes autres fanfic. A très bientôt.
