Alors, me revoilà! Une suite qui sent bon le soleil et les paradis perdus! Voilà la solution trouvée par notre milliardaire!

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Une île coupée en deux

C'était ridicule, tout simplement ridicule et pourtant, il en avait été convenu ainsi. Ibo était une île coupée en deux. Et comble du comble, elle n'était pas répartie une bonne fois pour toute, non, non, non ! Il avait insisté pour que l'île soit partagée chaque jour en fonction des désidératas de Léa ! Si la demoiselle décidait de partir en excursion vers le sud, elle avait le nord. Si au contraire elle choisissait de visiter les ruines, elle devait automatiquement se trouver de l'autre coté de l'île. Chaque jour, il transmettrait ses instructions pour la journée. Et s'il s'agissait d'un circuit à travers l'ile, elle était priée de rester dans sa chambre de ne pas en sortir.

Cette histoire était totalement et irrémédiablement insensée ! Comment pouvait-il avoir seulement eu une idée pareille ? Et de toute façon, la question des soupers ou des activités de groupe n'avait pas été résolues ! C'était grotesque.

Furieuse contre lui de lui imposer pareil plan et contre elle-même pour s'être laissée embarquée dans cette histoire, elle traversa le hall de l'hôtel d'un pas rageur. Le dénoncer ! Elle allait tout simplement le dénoncer. Avec une centaine de paparazzis aux fesses, il aurait autre chose à faire que de lui gâcher ses vacances ! Son travail. Travail, pas ses vacances.

Elle ouvrit en grand la porte de sa chambre. Son lit était refait et une douce odeur de fleur de coton vint lui chatouiller les narines. Dieu que c'était bon. Sa colère sembla se dissiper un peu. Plus calme, elle se laissa tomber sur son lit. Ah oui, ça c'était le paradis. Ses lecteurs allaient rêver et voyager avec ses récits.
Elle s'installa confortablement avec son ordinateur sur les genoux et elle ouvrit un document. La langue coincée entre les dents, elle entreprit l'écriture de son article.

« Ibo est au paradis ce que le chocolat est à la chocolaterie. C'est une œuvre divine que le temps n'a pu entacher. Là où les buildings et centres de vacances poussent à foison, Ibo est préservée en tout point. Déconnectée du temps et de l'espace, cette petite île au large des côtes du Mozambique, elle suit son propre chemin.
Pourtant, la tranquillité de ce lieu fut vite bouleversée par l'arrivée d'un ignoble… »

Une fenêtre apparut soudain sur son écran lui proposant une vidéoconférence. Tout à son ouvrage, elle ne le vit pas et dans un enter rageur sensé la faire aller à la ligne, elle accepta la conférence.

- Chloé ? Pourrais-tu m'expliquer ce que tu écris là ?
- Hein ? » Fit la jeune femme en relevant la tête. « Rosa ! Comment…
- Qui est le « atroce sale petit prétentieux et sa gourgandine de fiancée au cerveau plus petit qu'un petit pois » ? » Cita-t-elle en souriant.
- Personne. » Répondit-elle avec précipitation.
- Raconte ! Allez, ne m'oblige pas à te supplier ! Sinon, je lance Perry sur le sujet… » Fit-elle diaboliquement selon Chloé.
- Fourbe. Tu dois me promettre de ne rien dire. Pas un mot. Rien.

Voyant le hochement de tête approbatif de Rosalinda, Chloé reprit confiance et livra son secret. Tout y passa. L'arrivée étrange sur cette île, son cadre enchanteur coupé du monde, Tatiana et son entier dévouement, la découverte du toit aménagé et la vue sur la mer et l'arrivée de Lex. Elle passa sous silence les pensées qui l'avaient assaillie juste avant de découvrir qui il était. Elle ne voulait pas que Rosa pense à un coup de foudre. Ce qui était bien loin d'être le cas.

- Et donc, il t'a rappelé ce stupide pacte ? » Questionna l'allemande passionnée par ce que lui racontait sa petite protégée.
- Oui. Et maintenant, l'île est coupée en deux. Pas littéralement mais il doit me communiquer chaque matin la zone où je dois me rendre pour éviter de croiser sa Léa.
- Pourquoi ne demandes-tu pas à Tatiana de porter un des cookies que Lois t'a envoyé histoire de la mettre KO une bonne fois pour toute ?
- T'es diabolique mais je doute que ce soit les biscuits de Lois qui ont cet effet.
- Le seul moyen de le savoir, c'est de tenter… N'oublie pas ça. Oh ! Je dois y aller ! Perry arrive ! Bisous !
- Bye !

A peine avait-elle dit cela que la conférence prit fin. Cela lui avait fait du bien d'en parler même si elle restait encore et toujours énervée contre elle-même. Elle attrapa sa boîte de cookies, en prit un puis replaça son précieux colis dans la malle au bout de son lit. Elle tourna la clé puis la cacha dans le tiroir de sa table de nuit. Elle craignait les voleurs de cookies autant que sa gourmandise.

Un livre sur les genoux, elle commença sa dégustation. Morceau après morceau, elle sentait la tension quitter ses muscles. Une fois fini, elle n'eut pas la force ni le courage de se relever et d'ouvrir la malle pour un prendre un autre. Son idée était parfaite, elle allait pouvoir en profiter un maximum. Elle lut encore quelques pages, se passionnant pour le personnage principal de Lady Godiva puis sombra dans un sommeil profond.

Le silence qui régnait dans la pièce fut interrompu par l'arrivée de Lex dans sa chambre. Encore engourdie par son rêve, il lui fallut quelques instants avant de l'apercevoir. Son hurlement ne le fit pas sursauter, il s'attendait à pire visiblement.

- Du calme, Sullivan. Ce n'est que moi. » Fit-il d'un air las.

Elle resta un instant stupéfaite par ses paroles. Ce n'était que lui, effectivement, ils avaient tant l'habitude d'être dans la même pièce, elle en pyjama et lui en smoking au petit matin. Comment pouvait-elle être surprise…

- Vous n'en avez pas marre de me gâcher mes vacances ? » Lui répliqua-t-elle sur le même ton.
- Sullivan, aujourd'hui, Léa a décidé de passer la journée dans l'hôtel pour découvrir son centre de massage. » récita-t-il comme un automate sans la regarder.
- C'est donc ça votre technique ? Ignorer mes questions et m'ordonner de tout faire comme un brave animal de compagnie ?

Dieu qu'il l'énervait. Avec son petit air contrit et ses yeux bleus. Rah ! Elle se mit à genoux sur son lit en balançant ses couvertures à terre et tendit un index menaçant vers lui.

- Vous, vous allez m'écouter. J'exige que vous soyez dans votre chambre à 18h pour quand je rentrerai prendre mon dîner. Vous y resterez cloitré obligatoirement jusqu'au lendemain. C'est bien clair ?
- Vendu. Je sortirai pour vous dire nos plans au petit déjeuner. Ça vous convient ?
- Oui. » S'entendit-elle répondre sans même s'en rendre compte. Elle allait lui demander ce qui n'allait pas avant de se rendre compte de sa bêtise. Comment aurait-elle pu tenter de savoir cela alors qu'ils n'étaient même pas amis. « passez une bonne journée.

Elle était faible. Vraiment trop faible. Lui souhaiter une bonne journée alors qu'il gâchait probablement la sienne !

- Merci. » Il ouvrit la porte avec délicatesse et la referma pour ajouter. « Et je pense qu'il y a une journée découverte du côté de la plage au sud de l'île. Faites-vous plaisir.

Elle acquiesça, incapable de dire quoi que ce soit. Il était vraiment mais alors vraiment étrange. Une fois certaine qu'il ne reviendrait plus, elle se leva complètement et entreprit de s'habiller. Alors qu'elle enlevait son haut de pyjama, Tatiana frappa à sa porte et entra sans attendre.

- Bonjour made… oh ! » Elle s'interrompit, honteuse d'avoir été si prompte à pénétrer dans la pièce. « J'ai les yeux fermés, habillez-vous à votre aise. Je suis navrée, monsieur Luthor m'a indiqué que vous étiez éveillée et je passais justement pour vous proposer une liste d'activités à faire. Oh je suis vraiment désolée, ça ne m'était encore jamais arrivé. Enfin, pas de voir quelqu'un à moitié dévêtu mais plutôt de surprendre une cliente à moitié dévêtue. Enfin, vous voyez ce que je veux dire. Je suis désolée, je parle beaucoup quand je suis sous le coup de l'émotion et…
- Pas de soucis, j'ai une cousine impatiente qui débarque régulièrement dans ma chambre. Pas que je sois exhibitionniste mais un accident comme celui-ci peut arriver non ?

Chloé tenta de faire la fille ouverte et non violente et se rendit compte qu'elle n'était même pas choquée. Cette histoire de Léa et Lex Luthor l'accaparait tant qu'elle ne faisait plus autant attention au reste. Elle sourit en repensant à la légende de Lady Godiva qui chevauchait nue pour réduire les impôts.

- Alors on choisit ce programme ? » Glissa Chloé enfin habillée.

Un large paréo sur les hanches et une serviette éponge sur l'épaule, Chloé et Tatiana se dirigeaient vers la sortie de l'hôtel. Le grand hall était désert, la plupart des clients s'étant déjà éclipsés ci et là sur l'île pour diverses activités. L'endroit était si tranquille qu'on aurait cru à un ancien palais des colonies abandonné. Chloé s'imaginait déjà les robes de l'époque, longues et légères pour protéger les riches femmes de colons du soleil et de la chaleur.

Un minuscule petit sentier se découpait à travers la forêt équatoriale et les deux jeunes femmes s'en approchèrent en traversant l'immense jardin qui faisait face à l'hôtel. Elles marchèrent une dizaine de minutes en s'enfonçant un instant dans la luxuriance de plantes puis, leurs pieds commencèrent à s'embourber très légèrement à proximité de la mangrove. Chloé remerciait Tatiana de la guider, ne doutant pas instant se perdre sans elle. Finalement, elles arrivèrent sur une longue langue de sable blanc d'une pureté incroyable. La mer était presque turquoise et miroitait sous le soleil. Pour un peu, elle se serait crue sur Funafuti. Elles s'approchèrent du groupe de touristes et attendirent la fin des explications d'un moniteur avant de parler.

- Quelque chose vous tente ?
- Et bien, je pense que cette idée de faire une initiation à la plongée serait vraiment bien mais je ne suis pas sûre de…
- Vendu ! Miguel ! Une demoiselle pour la plongée !

Le dénommé Miguel la fixa un instant puis, d'un hochement de tête, il accepta. Il lui expliqua dans les grandes lignes ce qu'il attendait d'elle puis rassembla les autres participants. Ils n'étaient que trois, tous les autres ayant choisi de visiter la mangrove à pied comme la marée était basse. La matinée passe bien vite entre les différents exercices de respiration avec un tuba. Un pique-nique fut organisé sur la plage puis Miguel leur annonça qu'ils étaient prêts pour leur première tentative.

Dès qu'elle fut sous l'eau, elle nagea un peu pour découvrir les fonds marins où la lumière jouait avec le sable et après quelques secondes, elle vit son premier ban de poissons. Ils étaient d'un bleu profond et s'éloignaient dès qu'elle tendait la main. Manquant bientôt d'air, elle se laissa remonter vers la surface. Elle s'était éloignée d'une dizaine de mètres de la côte, rien d'effrayant mais elle fut tout de même rassurée en voyant leurs autres plongeurs à quelques brasses de là. Ils replongèrent encore et cette fois-ci, Chloé eut le loisir de suivre un peu une tortue de mer. Prudemment, elle s'approcha un peu pour sentir les écailles de sa carapace.

Elle profita de son après-midi avec bonheur puis décida de laisser les hommes continuer leur exploration. Elle n'était sportive et ses muscles commençaient à réclamer du mauvais traitement. Tatiana lui tint compagnie et elles finirent par s'adonner au délice du soleil.

- Pourquoi Lex Luthor vous oblige-t-il à rester loin de lui ?

Quoiqu'un peu étonnée, Chloé lui répondit.

- Et vous voulez dire que ça va être ainsi tout le temps ? Tout ça à cause d'un pacte ?
- Il ne veut pas se mettre à dos Léa je suppose.
- Et cette fille vous en veut réellement à cause d'un cookie ?
- Il semble.
- C'est ridicule. Tout simplement absurde. Vous avez encore des cookies ? » Demanda alors Tatiana dans un sourire de conspiratrice.
- Mes désirs sont des ordres ? C'est à ce point-là ? Non, vous n'êtes pas la première à me le proposer mais ça serait ridicule. Et elle doit se méfier des biscuits, croyez-moi.

Heureuse d'avoir trouvé une confidente, Chloé se sentit plus rassurée. Et puis, Léa était loin, elle n'avait pas de quoi s'inquiéter.

- Que ferons-nous demain ?
- Demain, je vous emmène pour un cours de poterie. » Voyant l'air effrayé de la jeune femme, l'hôtelière reprit d'un ton catégorique. « Ibo possède le meilleur potier de tout l'univers et j'exige que vous veniez. Et ensuite, je vous emmènerai voir le village tout proche.
- Et si Luthor le tout puissant décide d'y aller ?
- Je le lui interdirai. Je dirige les invités de marque… je pourrai bien les aiguiller vers… La mangrove ! Excellente idée ! Une ballade dans la mangrove et découverte de l'environnement. Et finir sur… le vieux fort ! Oui ! Ils n'oublieront pas de sitôt leur voyage… » Fit-elle dans un sourire énigmatique.