Enfin tranquille, mémoire rendu, en vacances (ou presque) voilà qui est bon pour l'écriture! Plus encore pour la trilogie Paradisiaque! Donc voilà le chapitre 4 de Ibo. A croire que je ne l'écris qu'en période de vacances ^^ Mais vous aurez Ibo en entier de Aout à septembre/octobre. je m'y tiens ^^
excellente lecture et merci aux nouveaux lecteurs, aux reviews et ceux qui suivent ;)
Le comptoir perdu
Chloé se leva tôt, ce qui était étonnant vu la soirée qu'elle venait de passer. Elle se rejouait sans cesse la scène. Elle avait eu envie de lui. Pire. Elle avait réellement envisagé de le séduire, de mettre Léa à la porte – quoique, cette partie là pouvait réellement être envisagée, elle se trouvait dans un véritable paradis et elle devait se cacher – et de séquestrer Lex dans sa chambre.
Bon. Elle envisageait sérieusement toutes les possibilités. Et elle envisageait également de torturer de manière délicieuse le milliardaire… Stupéfaite par ses pensées, elle se jeta sur son lit en marmonnant des « Mais qu'est-ce qui m'arrive ? » et des « Il est trop bien pour elle » agrémenté par quelques réprimandes.
Alors qu'elle tentait toujours de s'étouffer avec un oreiller quand Tatiana ouvrit la porte. Elle était en retard.
- Tatiana, je pense que je suis foutue.
- Mademoiselle Sullivan ?
Chloé se figea. Ce n'était pas la voix de sa nouvelle amie. Cette voix-là était bien trop grave, trop… masculine. Lâchant son oreiller, elle aperçut un jeune homme dix-sept ans à tout casser, qui la regardait d'un air amusé. Loin de s'en formaliser, elle fit la chose la plus mature au monde : elle lui tira la langue.
- Bonjour à vous aussi. » Dit-il, son sourire mangeant facilement la moitié de son visage. « Je vous emmène déjeuner sur la grande terrasse. Vous êtes libre de vos mouvements, monsieur Luthor et son amie sont partis ce matin pour deux jours de trek sur le continent.
- Vous êtes au courant de…
- Tout l'hôtel est au courant en fait. » Répondit-il sans attendre la suite.
Chloé leva les yeux au ciel, priant un dieu qui passerait par là de la laisser un peu en paix pour une fois. Ne pouvait-on pas lui prêter un bon karma pour la fin de ses vacances ?
- Petit-déjeuner, nous voilà ! D'ailleurs, votre prénom jeune homme ?
- Blaise.
- Blaise. » Elle lui prit le bras après avoir enfilé son peignoir. « Nous allons conquérir le monde ! Et nous allons donc commencer par Ibo !
- Bien mademoiselle. Vous allez vraiment sortir comme ça ?
- C'est indécent à ce point là ?
Habillée, maquillée et les cheveux encore humides de sa douche, Chloé dégustait son quatrième, non, son cinquième petit pain en chocolat.
- C'est juste divin. Je veux la recette.
- Il va falloir supplier le chef. Et c'est un vrai dur à cuire. Du genre que rien ne peut faire flancher.
Chloé plissa les yeux, signe d'une intense concentration. Il allait falloir viser juste. Extrêmement juste. Elle voulait cette recette. Et si elle était sur le point de marier sa cousine avec Clark Kent, ce n'était pas pour rien. Elle avait la détermination dans les veines.
Quelques heures plus tard, un voyage en jeep et trois blagues adressées à ses accompagnateurs – Blaise, et les deux gaillards qui l'avaient accueillie à son arrivée à Ibo. Le petit portait le nom de Jim tandis que son acolyte, qui faisait bien plus de trente centimètres que lui, se prénommait Pascal.
Son ordinateur sur les genoux, elle préparait son prochain compte rendu. Elle s'était installée à côté d'une vieille épicerie, sur le petit perron qui avait dû, bien des années auparavant, faire le bonheur des marins qui faisaient escales lors de leur voyage vers les Indes.
« Le comptoir perdu de l'île d'Ibo est une ville qui semble s'être figée il y a une centaine d'année. Les échoppes n'ont pas perdu de leur charme, la peinture des façades a été lentement patinée par le temps qui passe et le vent doux et chaud. On aperçoit toujours le petit port qui se trouve en contre bas et le chemin qui y mène n'est plus qu'un lointain souvenir. Seuls les enfants de l'île courent encore à travers ces fourrés denses sous le regard amusé des adultes. La ville est une ville désertée par la vie mais l'on s'attend toujours à voir apparaître au coin de la rue une femme du XIXème dans une robe somptueuse ou deux hommes avec leurs uniformes d'officier anglais, portugais ou encore espagnols. »
Fière de son travail, Chloé s'autorisa une pause. Blaise jouait avec une petite fille qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau tandis que Jim mimait un animal étrange à Pascal. Prise d'une soudaine envie, elle enclencha une vidéoconférence avec Rosalinda. Par chance, celle-ci répondit immédiatement.
- Chloé ! Tu as une mine superbe !
- Merci ! Bonjour Rosa !
- Et Lois, elle est avec moi.
Lois apparut à l'écran, juste derrière Rosa.
- Alors, tu fricotes avec un bel étranger ? Rosa m'a dit mais elle refuse de me donner son nom.
- Je ne fricote pas ! » Je fantasme uniquement, pensa-t-elle très fort en rougissant.
- Héhéhé, Rosa, je pense que je vais rajouter une personne à notre table. Ma demoiselle d'honneur va enfin se décider à amener quelqu'un.
- Vous allez arrêter, oui ? Je ne fricote pas, je travaille, moi, madame.
- Mais nous aussi. Tu préfères rose bonbon ou vert anis pour les robes des demoiselles d'honneur ?
- Vert. Et je t'interdis d'inviter Lana. Et je veux ta recette de cookie. Je dois faire du chantage à un cuisinier.
- Parce qu'il est cuisinier ton chéri ? Et ben ma vieille, tu te refuses rien à ce que je vois.
Chloé leva les yeux au ciel en souriant. Lois en marieuse, c'était la meilleure de l'année celle-là.
- Et Perry veut m'épouser sinon.
- Quoi ? » Lois et Chloé semblaient tout aussi stupéfaites l'une que l'autre.
- J'ai dit non. Je suis sûre qu'il veut juste être marié virtuellement au King.
- Rosa, c'est vraiment tordu comme raisonnement.
- Venant d'une personne qui est poursuivie par un potier fou et qui compte s'envoyer en l'air avec un cuisinier grâce à une recette de cookie, tu peux parler.
Quelle chance que Rosalinda ait un tel talent pour la répartie cinglante. Et heureusement que Chloé savait qu'elle n'était pas sérieuse.
- Envoie-toi en l'air avec Perry mais essaie quand même de réfléchir. Ca serait un beau mariage. » D'un air un peu dégouté, Lois grimaça en pensant à Perry et Rosa dans une position compromettante.
- Idem que Lois, mais en moins pervers. Restez chaste jusqu'au mariage, ça vaudra mieux pour ma santé mentale.
Une recette de cookie et le transfert de son article fait, Chloé referma son ordinateur. Le soleil se couchait doucement et une douce lueur orangée plongeait la ville dans une ambiance étrange.
- Allez, miss reporter. On rentre au bercail. » Dit Jim en la soulevant dans les airs pour la poser sur ses épaules.
Impressionnée par sa force, elle n'osa même pas protester une seconde. Le retour se passa tranquillement. Les chaos de la voiture ne l'impressionnaient même plus – enfin presque, elle avait légèrement hurlé lorsqu'elle avait littéralement décollé de son siège dans un tournant – et l'hôtel était toujours aussi impressionnant.
La soirée fut placée sous le signe de la danse. Chloé s'improvisa photographe pour pouvoir montrer un peu l'ambiance du lieu. Elle s'improvisa ensuite danseuse de rock, ce qui eut au moins le mérite de faire rire la foule aux éclats. Le petit professeur de poterie lui proposa une valse qui ne fut pas trop massacrée.
- Cheveux doré et rire ondulé, service à thé laqué parfait.
- Merci. » Pour une fois qu'elle comprenait vaguement ce qu'il lui voulait, elle en profita allègrement. Au moins, elle était sûre qu'elle ne le remerciait pas pour une insulte.
Une bonne nuit de sommeil plus tard, un Blaise rose à la main et une douche rapide, Chloé était prête pour le plan « La recette du pain en chocolat est à moi – et rien qu'à moi ». Son plus beau sourire en avant, elle avançait d'un pas conquérant. Elle poussa avec force la porte d'entrée des cuisines qui heurta un serveur de plein fouet. Son plateau s'envola et le pot au lait qui se trouvait dessus tomba droit dans le plat d'un cuisinier.
- Mais qu'est ce que ? » Il semblait furieux.
Et pour un cuisinier, il était quand même assez âgé. Il aurait pu aisément passer pour le chef en fait… Chloé ferma les yeux anticipant que ses pires cauchemars allaient se réaliser.
- Chef ! Voilà mademoiselle Sullivan. » Blaise faisait les présentations, pas le moins du monde impressionné. Elle était maudite. Le chef… Elle venait de bousiller la préparation du chef…
- La fameuse demoiselle ? » Questionna le chef en question.
- Oui.
Elle était au paradis ? Il l'avait achevée et elle était maintenant tranquille ? Il ne semblait même plus en colère.
- Ravi de vous rencontrer ! » Souriant, il tendit la main pleine de pâte. « Bonne initiative, du lait dans la pâte pour l'assouplir. Je ne l'aurai pas fait mais bravo pour l'audace.
Chloé afficha son sourire le plus crispé. Ce type était étrange. Vraiment étrange. Décidant qu'il valait mieux en finir très vite, elle murmura un simple :
- J'aurais voulu votre recette des petits pains en chocolat.
- Ou pas. » Répondit le chef, moins souriant.
- S'il vous plait ?
- Oubliez.
- Pitié.
- Non.
- Au moins les ingrédients ?
- Non plus.
- Un indice ?
Blaise regardait l'échange avec son sourire en coin. Pour un peu, il aurait pu passer pour le type le plus moqueur de l'univers mais pourtant, son capital sympathie ne cessait d'augmenter aux yeux de Chloé. Elle lui tira la langue et le chef se mit à rire.
- J'espère que vous arriverez à me séduire, Sullivan. Si vous y arrivez, je vous promets que je vous donnerai la recette.
- Vous séduire ?
- Pas comme votre ami peu chevelu mais me séduire, oui.
- Ah…
Tout l'hôtel était au courant pour Lex ?
- Et si je vous séduis avec une recette de cookie ?
- Je vous laisserai donc ma cuisine pour les faire et nous aviserons à ce moment là.
Aie. La recette était peut-être simple mais Chloé n'avait jamais tenté le coup. Ce serait une grande première. Elle soupira et un peu découragée, elle accepta le deal. Blaise résistait très mal à l'envie de rire. Elle lui prit le bras et l'entraina hors de la cuisine. Elle se dirigeait tranquillement vers la terrasse supérieure, espérant probablement pouvoir profiter d'un bon bain de soleil mais elle fut arrêtée dans son élan par le petit potier.
- Laqué manqué, vol plané de lait, beau présage dans les nuages.
- Si vous le dites. » Commenta-t-elle en le suivant dans les jardins.
Ils étaient une dizaine. Tous les autres vaquaient à leurs occupations. Certains testaient le dessin sur poterie, d'autres préparaient la cuisson mais Chloé, elle, s'occupait de son laquage. Elle allait tenter de plonger la première tasse dans le liquide lorsqu'elle aperçut Lex, Léa et les autres qui revenaient du trek. Sans hésiter elle lâcha son précieux chargement – six tasses et un essai de théière – dans le liquide et se dissimula derrière le four qui avait été placé à côté d'eux.
Elle supplia tous les dieux qu'ils ne la voient pas et des pieds apparurent dans son champ de vision.
- Roulé boulé, service à thé noyé…
- Oui, je sais, service raté.
- Pas forcément. » Répliqua-t-il énigmatique avec un clin d'œil. « Pas marié, fantasme autorisé.
Choquée de ces paroles, Chloé se figea. Est-ce que Tatiana avait réellement raconté son histoire à tout le personnel ?
Cette idée laissa place à une autre. Lex était de retour. Et ça, c'était une excellente nouvelle.
