J'ai un peu beaucoup trainé mais entre temps, j'ai quand même décroché ma grande distinction à mon année de master et à mon mémoire ^^ donc ça se justifie un peu. Voilà donc l'avant dernier chapitre de Ibo! Héhéhé
Un immense merci à la charmante demoiselle qui suit avec avidité Ibo, Zazeal Millah et Rosa, si elle passe toujours ici :) pour la peine, je vous ai fait un chapitre un peu plus long! Et... vous verrez pour ce qui s'y passe :)
Excellente lecture à tous!
Une nuit à l'opéra
La soirée de retour des trekkeurs fut relativement calme. En effet, tous les participants semblaient épuisés et sitôt le dîner terminé, ils se réfugièrent dans leur chambre pour une bonne nuit d'un sommeil réparateur. Chloé profita de cette ambiance tranquille pour se prélasser dans un transat qu'elle avait installé dans la grande pelouse devant l'hôtel.
- Alors beauté ? Tu n'as pas encore été voir ton beau milliardaire ?
Tatiana semblait plus en forme que jamais. C'était à croire qu'elle n'avait pas fait les activités, ou bien qu'elle avait une sacrée résistance. La jeune femme s'installa directement sur la pelouse. Son immense robe bleue se soulevait délicatement au vent. Chloé ne répondit pas à sa question.
- Tu sais, ton Lex, il n'a pas l'air très amoureux. Je n'ai jamais vu un couple se disputer comme ça. Enfin, c'est plutôt elle qui s'énerve tandis qu'il reste stoïque.
- La deuxième fois que j'ai rencontré Léa, elle a agit comme une furie. » Confirma Chloé en souriant. « C'était assez déconcertant. Et c'est sur lui qu'elle déverse toute sa… sympathie. Du moment qu'elle n'apprend pas que je suis ici je suppose qu'elle n'attentera pas à sa vie. » Chloé ferma les yeux, profitant des derniers petits rayons de soleil.
- Il est trop bien pour elle. Et tu devrais tenter ta chance.
- Tatiana…
- Ce n'est qu'un conseil. Je dois m'assurer que tu prennes un pied d'enfer pendant tes vacances.
- Quoi ?
- C'est une directive de ton boss. Et de Mambo. Et de Blaise, aussi il me semble, tu lui as tapé dans l'œil, il te voit comme une déesse, quoique Tim a du m'en parler aussi maintenant que j'y pense…
- Mais c'est une secte ! » Commenta la jeune femme en riant. « Et qui est Mambo ?
- Le potier. Tu sais, ton grand ami. D'ailleurs, il doit lancer ton service à thé tantôt. Il veut surveiller personnellement la cuisson.
- Il s'appelle vraiment Mambo ?
- Oui. Enfin, personne n'est vraiment sûr en fait. Son contrat est à ce nom, Blaise et moi avons été fouiner dans le bureau du grand patron.
- Ok. » Chloé souriait. « J'ai dansé une vlase avec un Mambo. C'est juste trop drôle. Et il ne devrait pas prendre mes essais au sérieux. Je crois que mon laqué est foutu.
- Il a l'air pas mal pourtant. T'as été vachement efficace, d'habitude on voit bien que les gens ont peur des les plonger dans le produit. Ca laisse des traces plus sombres. Le tien est juste parfait. Il faudra que tu me donnes ton secret.
- Crois-moi, tu ne veux pas le savoir.
- D'habitude, elle fait du charme aux potiers pour arriver à ses fins. » Ajouta Lex qui venait d'arriver à côté d'elles.
Il s'était changé. Il portait un pantalon en lin léger et une chemise lâche. Il était simplement renversant. Chloé leva les yeux au ciel devant sa remarque et il passa la main dans ses cheveux pour les ébouriffer. Tatiana lui fit un clin d'œil.
- Pas au lit pour récupérer monsieur Luthor ? » S'enquit Tatiana.
- Pas le moins du monde. Ma… Léa dort trop profondément.
- Elle ronfle donc ? » Ne put s'empêcher de demander Chloé.
Pour toute réponse, il s'assit dans l'herbe puis choisit de se coucher à terre. Ainsi donc, la belle Léa ronfle. Chloé accumulait assez d'informations pour faire un article ravageur sur la dessinatrice. Elle laissa son regard courir sur l'homme alangui à ses pieds. Pour un peu, il aurait pu passer pour un esclave au pied de Cléopâtre. Même si elle n'était ni brune, ni pharaon ni égyptienne. Et qu'il n'avait pas l'air le moins du monde d'un esclave nubien. A la limite un esclave nordique. Et chauve. Et très légèrement habillé.
Incapable de résister au fou rire, elle se retrouva dévisagée par ses deux compagnons qui semblaient particulièrement étonnés.
- Elle est folle. » Commenta Tatiana en relevant ses cheveux en un chignon.
- Très certainement. » Confirma Lex.
- J'vous la laisse. Je la récupère demain matin. Bonne nuit vous deux. Profitez de cette nuit sublime. Le Mozambique saura vous charmer l'un l'autre.
Chloé se sentait légèrement piégée. Pour un peu, elle pouvait s'imaginer tout le personnel de l'hôtel, appareil photo à la main pour capter tout ce qui pouvait bien se passer entre elle et Lex.
Pas qu'il allait se passer quelque chose. Si ?
- Sullivan ?
- Oui ?
- Viens plus près.
- Rêve. Je garde mon transat.
- Je promets de te réchauffer.
- Lex !
- Oui. Allez, viens, juste là. Contre moi. Viens donc tigresse contre la pauvre grue qui n'attend que ta protection.
Il avait les yeux fermés et Chloé grisée par les paroles se sentit pousser des ailes. Elle oublia Léa, sa situation, les problèmes qui ne manqueraient pas d'arriver et se lança.
- Et si je venais malheureusement à te croquer ?
- Alors je me plierai à tes exigences. Je serai soumis, à tes pieds. Je ferai tout ce que tu veux.
Une brusque bouffée de chaleur envahit Chloé. Ce petit jeu qui semblait si innocent commençait lentement mais très surement à déraper.
- Dis de cette manière… » Elle se leva et resta debout à côté de lui. « Mouais… C'est une vue intéressante.
- Pas autant que la mienne…
Il avait un sourire en coin et il ne fallut pas longtemps à Chloé pour comprendre qu'elle lui offrait une vue imprenable sur ses jambes dévoilées par sa jupe et probablement sur sa culotte.
- Lex ! » S'écria-t-elle faisant sursauter un touriste qui faisait des photos non loin de là.
Elle ramena sa robe contre ses jambes et se baissa pour s'asseoir à son tour dans l'herbe. Lex avait un sourire amusé aux lèvres.
- J'ai dit contre moi…
- Mais ! Tu es impossible Luthor ! » S'exclama-t-elle à la limite du fou rire.
- Je sais. Alors, obéis Sullivan.
- Je n'obéis…
- Qu'à Lex, mon maître bien aimé. Je sais. » La coupa-t-il en souriant.
Chloé décida que quitte à se trouver dans une situation surréaliste, il fallait mettre le paquet. Elle se coucha donc à ses côtés et prise d'une soudaine envie, elle posa sa tête contre son épaule. Sa fragrance était juste parfaite. Chloé ferma automatiquement les yeux. Cette odeur était un avant-goût de paradis. A la fois frais et puissant, musqué et… Elle inspira une fois. Deux fois. Et identifia l'odeur de la guimauve. C'était tellement surprenant qu'elle ne put y croire. Se pouvait-il que cette odeur soit celle de Léa ? Désorientée par ses pensées, elle voulut reculer mais Lex la tenait étroitement contre lui. Il avait glissé sa main sur sa taille comme s'il présentait qu'elle pouvait s'enfuir.
- Chloé. Demain, je peux venir voir ton cours de poterie ?
- Quoi ?
- Poterie ? Cours ?
- Ah, oui. Je… » Elle essaya de remettre de l'ordre dans ses idées. « Mais… Léa ?
- Je m'occupe de Léa. Dis moi oui.
- Je…
- Je refuse de te laisser seule avec un potier. C'est juste… hors de question. Ils sont fourbes ces gens-là.
- Lex ! Mambo est juste… étonnant. Tu devrais lui parler.
- Je l'ai assez entendu. Il n'arrête pas de te porter aux nues. Sullivan, tu as le don de me rendre… enfin, de séduire les potiers quoi. Particulièrement les fêlés.
Pour toute réponse, elle se mit au mieux contre lui et ferma les yeux.
Lorsqu'elle se réveilla, Lex était confortablement installé contre elle et le soleil se levait à en croire la couleur rosée que prenait l'horizon. Un plateau repas avait été déposé à côté d'eux ainsi qu'une boite portant le cachet de la poste de Métropolis. Lex dormait toujours et sa curiosité l'emporta.
Elle glissa son ongle contre le papier collant qui maintenait la boite en place puis l'ouvrit. A l'intérieur, deux lettres l'attendaient ainsi qu'une petite boîte métallique.
Elle ouvrit en premier lieu la lettre rose.
Chloé,
L'heure est grave. Vraiment très grave.
Lana s'est installée dans notre immeuble, l'appartement d'en face et tourne autour de Clark comme une mouche autour d'un pot de miel très appétissant (ce qu'il est, rappelons le). A quelques semaines du mariage, ça me rend dingue.
Enfin, je ne t'envoie pas cette lettre pour t'embêter. Mais juste te rappeler que tout le monde ne vit pas une vie de luxe sur une île sublime (j'ai vu ton dernier article en exclu, photos comprises et waouw ! J'adore ! Je suis très jalouse. Mais moi, je serai en voyage de noces bientôt… enfin, si j'arrive à tuer Lana discrètement).
Après notre vidéoconférence, Rosa m'a avoué que tu avais des vues sur deux mecs. Le cuisinier et un autre qui serait casé. Rien de grave j'espère ? Il n'est pas marié avec quinze enfants ? Non ? Parfait. Je t'autorise à le subtiliser à sa garce de copine (comment peux-tu raconter tant de trucs à Rosa et pas à moi ? Hein ?).
Pour ce faire, je t'envoie deux sortes de cookies. Les cookies aux noix sont pour la fille. Elle ne pourra pas mettre un pied dehors avant six mois, c'est une recette de Lana. Les autres biscuits sont des shortbreads. Recette de l'arrière grand tante Margot, seule écossaise de notre famille dois-je te le rappeler. S'il ne tombe pas amoureux de toi grâce à eux, tu en offriras au cuistot qui lui pourra reconnaître le vrai talent.
Mille baisers de ta cousine préférée.
Lois
D'un geste rapide, elle ouvrit la boite et gouta les shortbreads. D'accord. Lois avait vraiment fait beaucoup de progrès. C'était une véritable damnation. Un orgasme gustatif. Elle évita avec un soin méticuleux les cookies et ouvrit la seconde lettre.
Ma Chloé,
J'ai dû détourner ce colis à la poste pour que ce message te parvienne (délicieux les shortbreads d'ailleurs). Perry insiste avec cette idiotie de mariage, le bougre ! Il le veut vraiment ce lien avec Elvis ! Enfin bref, ne nous plaignons pas ! Il faut que je te dise ici que le plus important c'est que crâne chauve a des secrets avec cette dessinatrice. Je suis sur une piste. Je t'expliquerai ça plus tard mais je comprends mieux pourquoi vous êtes si curieux au journal. C'est passionnant de dénicher les sales petits secrets de chacun. Donc, fais-moi plaisir. Viole ce Luthor sur la plage.
PS : je sais, je ne fais pas de bêtises, je n'essaie pas de me faire tuer,… blablabla…
Affectueusement,
Ta Rosa'
Chloé était perplexe. Lex avait des secrets… avec Léa ? Ils étaient bien un couple pourtant ? Non ? Un peu étonnée par ces révélations vagues, elle se redressa et glissa ses lettres et sa boite sous son bras. Tatiana n'était qu'à une dizaine de mètres de là, allongée sur un transat. C'était à se demander si elle travaillait.
- Bien dormi ?
- Retire moi ce sourire narquois, Tat'.
- Vendu. Alors ? Il est comment ?
- Confortable.
- Et dans un domaine plus… enfin… plus sexe quoi. » Elle s'était redressée, le sourire aux lèvres.
- Tatiana ! Silence ! Il n'y a strictement rien. Enfin… Je…
- Toi, sautes lui dessus ce soir. Soirée à l'opéra. On invite juste des clients triés sur le volet. Je vous inscris sur la liste dans cinq minutes. Et d'ailleurs, j'y vais de ce pas et toi, tu vas assister au réveil de ton futur amant de folie.
Sans lui laisser le temps de répondre, elle se dirigea vers l'hôtel. Chloé la suivit du regard et sursauta lorsqu'une main vint sur son ventre pour la plaquer contre un torse.
- Faudra-t-il que je te ligote pour te garder plus de cinq minutes ?
- Je peux fournir les cordes, monsieur Luthor. » Proposa Blaise.
Etrangement, Chloé fut un peu froissée de voir Lex la lâchait et s'éloignait à une distance 'respectable'. Blaise semblait lui aussi intrigué mais ne fit aucune remarque.
- Ce ne sera pas nécessaire.
- Bien sûr. Chloé. » Blaise se retint de rire devant le soudain raidissement de Lex en entendant qu'il l'appelait si familièrement. « Tu peux inviter la personne de ton choix pour t'accompagner à l'opéra. Même un membre du personnel si tu veux…
Elle se retint de rire devant la tentative de jalousie. C'était de toute façon peine perdue. Lex jouait avec elle mais il n'y avait rien de particulier à y voir.
- Je pense que…
- J'adorerais venir. » Précisa Lex avant qu'elle puisse finir sa phrase. Sullivan, emmène-moi, je n'ai plus mis le pied dans un opéra depuis un millénaire !
- Je… » Elle était ébahie de sa soudaine audace. Tantôt il soufflait le froid, tantôt il soufflait le chaud avec elle.
Viole le avait dit Rosa. Voilà ce qu'elle devait faire. Lui montrer qu'elle le voulait. Qu'il devait quitter sa… enfin, Léa. Et puis aussi qu'elle voulait savoir s'il était bon au lit. Il n'y avait pas de petits profits.
- Et bien, Luthor avec moi.
Ils s'étaient évités toute la journée. Plus précisément, elle avait mis un point d'honneur à ne pas le croiser une seule fois. Tatiana se marrait, Blaise la charriait et lorsqu'elle s'éclipsa en cuisine où elle se trouva à la risée de sept commis, trois sous-chefs et un chef. Heureusement, la recette fournie par Lois nécessitait toute sa concentration. Lorsqu'elle laissa une plaque de cookies croustillants sur la table, un des commis lui tendit une housse de vêtements. « Une surprise de la part du personnel » lui précisa-t-il avec un sourire timide.
Chloé se doutait que son statut de journaliste devait aider mais ce traitement de faveur était vraiment très agréable. Elle était une vraie princesse.
La nuit venue, elle se trouvait au bras de Blaise tandis que Lex, lui, discutait avec une ambassadrice en vacances. Elle n'était pas vexée. Ce n'était pas vraiment ça. Elle était… Oui, bon, d'accord, elle était vexée.
- Un cookie diabolique ?
Elle n'aurait jamais dû raconter l'histoire des cookies diaboliques de Lois. Elle n'aurait jamais dû. Et il la charriait. La charriait. Et il l'occupait. On pouvait au moins lui concéder cela.
- Me tente pas.
- Léa doit être à son cinquième à cette heure-ci…
- Tu plaisantes ?
- Devine.
Bien sûr, elle doutait. Et Lex revint vers elle et se comporta en vrai gentleman qui ne connaissait pas sa cavalière. Il maintenait les illusions. Pour un peu, il en aurait eu aussi des cookies diaboliques. Heureusement pour elle, Blaise et sa petite sœur qui s'était incrustée à la soirée étaient justes parfaits. Et elle apprit que la jeune demoiselle avait choisi sa robe. En tulle volante et pailletée. Un peu trop princesse mais Chloé en était tout de même ravie. Un vert anis parfaitement parfait. Ils rentrèrent et la salle de style colonial était illuminée de milliers de bougies. Féérique. Elle était féérique et sa robe était absolument parfaite pour le lieu. Pour un peu, elle se serait crue dans Cendrillon. Sauf qu'actuellement elle sortait avec la citrouille. Citrouille qui couchait déjà avec une aubergine un peu hystérique. Et en plein milieu d'un morceau de la Traviata, elle éclata de rire. Aux larmes, elle ne pouvait plus se reprendre et dû sortir sous le regard courroucé de l'assistance et celui, amusé, de la petite Anisia. Elle devenait folle avec cette histoire.
Les étoiles étaient bien visibles dans le ciel. L'air doux caressait son visage et faisait virevolter les pans de sa robe.
- Sullivan, arrête de me fuir.
- Je ne fuis personne,… moi. » lança-t-elle, un peu désabusée.
- Je… je ne te fuis pas, j'essaie juste de…
- Pas de soucis, Luthor. Je crois que je vais rentrer.
- Non.
Elle se retourna sur lui.
- C'est ridicule.
- Probablement.
- Tu es en couple. Elle est là, à quelques centaines de mètres, dans une chambre d'hôtel.
- C'est toi que je désire. Depuis que… Enfin, depuis un moment, je te vois et immédiatement je me demande quel est le gout de ta peau, quelle est la douceur de tes lèvres, comment je pourrais faire pour t'emmener dans un coin discret et te plaquer contre un mur. J'ai envie de dévorer tes lèvres. Juste ça, dévorer tes lèvres pour t'entendre me dire que tu ne pourrais plus te passer de moi.
Chloé sentait que son cœur battait plus vite. Que son souffle s'était accéléré et que ses lèvres, à présent entrouvertes, ne désiraient plus que les lèvres de son interlocuteur. La manière de décrire ce qu'il voulait lui faire… Il la faisait vibrer avec des mots. Il aurait pu simplement la séduire avec des mots, lui donner envie d'un baiser avec des phrases et elle ne doutait pas qu'il puisse l'envoyer au septième ciel avec cette bouche…
Elle fixait ses lèvres. Avec envie. Avec dévotion. Elle le voulait. Elle voulait qu'il l'embrasse. Et il ne faisait rien. Il la regardait et elle brûlait sous son regard.
Et soudain, ils furent l'un contre l'autre. Elle aurait été incapable de dire qui avait fait le premier pas. Ils se disputaient pour avoir le contrôle du baiser. Et elle n'allait pas le laisser gagner.
Ils restèrent longtemps ainsi, l'un contre l'autre. Simplement. Et au loin, le crépuscule des dieux de Wagner résonnait.
