Voilà le premier chapitre, l'attente entre chaque chapitre sera désormais plus longue =)
Enjoy !
Sarah d'Émeraude : Merci beaucoup pour ton commentaire, je vois que tu es toujours là au rendez-vous ! Ce chapitre répondra à ta question =).
Chapitre 1: Chacun ses droits.
Assise contre le mur de sa chambre, relisant encore une fois ses droits, elle se demandait ce qu'elle avait fait pour vivre de cette façon. Plongée dans le noir, ses cheveux ébène pendouillant devant elle et sur la feuille à moitié déchirée, elle relisait un article qui datait.
Article 19 :
L'enfant doit être protégé contre toute forme de violence,
brutalité ou de négligence.
Elle soupira et passa une main sur son épaule, sa lecture avait comme réveillé sa douleur. Elle entendit la porte d'entrée claquer et sursauta violement, fixant ses yeux de jade sur sa porte de chambre. Elle se braqua instantanément.
Elle entendit des pas dans l'escalier et elle prit soudainement peur. Tremblante, enjamba le matelas qui lui servait de lit et se dirigea d'une démarche non assurée vers le téléphone fixe qu'elle camouflait dessous puis se précipita vers le placard où elle se cachait souvent. Les cheveux devant ses yeux, elle tenta d'y voir quelque chose, elle aperçut la poignée s'abaisser et ferma un peu plus la porte du placard. La porte de sa chambre s'ouvrit alors légèrement, elle ferma les yeux et récita ses droits encore et encore, serrant fermement l'appareil qu'elle tenait dans ses mains.
- Laisse-là, tu es saoul, entendit-elle derrière la porte.
Malgré elle, un soupir de soulagement lui échappa. Elle ne put s'empêcher de remercier sa « mère ».
- Casse-toi ! gronda l'homme en la poussant.
Elle sentit les murs trembler, signe que la jeune femme était tombée lourdement contre ces derniers. Elle ferma les yeux de toutes ses forces de petite fille et boucha ses oreilles à l'aide de ses fins doigts.
Elle ne cessait de réciter des articles sur les droits de l'enfant, le visage enfouit dans ses genoux, les mains sur ses oreilles et son petit corps tout tremblant, elle n'entendit pas les cris étouffés de sa mère adoptive.
- Merde, murmura l'homme, qu'est-ce que j'ai fait…
Il se passa une main derrière là tête, soudainement paniqué. Malgré l'alcool qui obscurcissait ses pensées, il savait que ce qu'il venait de faire et le regrettait déjà.
- Emma, cria-t-il d'une voix chevrotante, Emma sort de là, faut qu'on y aille !
La jeune fille ne bougea pas d'un millimètre, terrorisée. Mais elle se répétait encore et encore les mêmes choses.
Article 27 :
L'enfant à droit à une alimentation adéquate
et à un logement sain.
Son ventre émit un grognement et un sanglot la secoua soudainement, elle tenta de l'étouffer en mettant ses mains devant sa bouche, fermant fermement ses yeux où des larmes s'y échappaient déjà.
Elle basculait d'avant en arrière, sa détresse coulant toujours sur ses joues. Elle entendit la porte de sa chambre s'ouvrir et son cœur manqua un battement. Sa respiration se coupa, ses larmes continuaient pourtant de couler. Elle couina légèrement et plaqua fermement ses mains sur sa bouche, ne voulant pas se faire repérer.
Des bruits de pas s'approchèrent du placard, elle se replia sur elle-même, s'enfonçant en peu plus dans l'obscurité. Lorsque soudain, les pas s'arrêtèrent et le silence se fit.
Au bout de quelques minutes, elle sortit sa tête de sous ses bras et écouta attentivement.
- Mais, mais qu'est-ce que vous faîte là ? s'offusqua son père adoptif.
- Je viens vous faire payer le mal que vous lui avez infligé, murmura l'intrus d'un ton sans appel.
Son père adoptif rit franchement, se moquant ouvertement du nouveau venu. Soudainement, il s'arrêta instantanément.
- Qu'est-ce que vous faites ? s'étouffa-t-il soudainement terrorisé.
L'inconnu ne répondit rien, s'approchant brièvement de l'homme mort de peur. Il mit ses mains devant lui, se protégeant idiotement.
La jeune fille tendit l'oreille, silencieuse, attendant la suite.
- Non, non, ne faites pas ça ! supplia-t-il. NON ! hurla-t-il.
Trois coups de feu retentirent, faisant trembler la maison puis le silence se fit.
Elle enfouit sa tête dans ses bras, recommençant à répéter les mêmes choses, comme elle avait l'habitude de faire, en silence, sans jamais donné son avis sur rien.
Article 9 :
L'enfant doit, en toutes circonstances, être parmi les premiers
à recevoir protection et secours.
Tremblante, elle composa un numéro puis colla le téléphone à son oreille. Elle entendit des pas s'approcher du placard puis une sonnerie dans l'appareil, lorsqu'enfin, quelqu'un décrocha.
- Beckett.
Elle ne répondit rien, elle était beaucoup trop terrorisée pour répondre quoique se soit. Ainsi tenta-t-elle de se maitriser en inspirant profondément puis relâcha tout d'un coup, fermant les yeux.
- Au secours, murmura-t-elle dans un souffle. »
Elle entendit la jeune femme donner des ordres, surement pour la retrouver, pensa-t-elle.
Elle ouvrit les yeux de terreur lorsqu'elle entendit l'homme forcer la porte du placard. Son souffle se coupa et elle se tint au fond de l'armoire, le téléphone contre elle, elle n'avait pas raccroché.
Reprenant contenance, elle se rua sur l'encoche qui permettait d'ouvrir, empêchant au tueur de la découvrir trop rapidement. Elle gémit lorsqu'elle sentit que l'inconnu avait beaucoup plus de force qu'elle, elle n'allait pas tenir très longtemps, elle le savait.
- Sors de là ma chérie, murmura la voix chantante de l'homme.
Elle se figea, terrorisée. Ses mains se firent moites, Emma tenta de résister contre la force du meurtrier mais elle sentit ses doigts glisser. Elle glapit lorsqu'elle lâcha enfin prise.
La fillette regarda le téléphone dans le fond du placard comme dernier recours. Elle mit à son oreille, priant pour que la personne du nom de « Beckett » soit toujours à l'appareil.
Elle entendit une légère respiration, elle ferma les yeux et soupira de soulagement. La porte de son placard s'ouvrit légèrement, laissant apparaître une main qui était à sa recherche.
Emma se tapit un peu plus dans le fond, essayant d'échapper à l'homme. Sa respiration se fit de nouveau saccadée.
- Il est là, murmura-t-elle.
- Qui est là ? s'inquiéta « Beckett ».
- Le tueur, il est là.
La porte du placard s'ouvrit en grand, dévoilant un homme cagoulé. Elle hurla mais ne pleura pas, bien trop terrifiée pour s'en donner la peine. Une part d'elle lui disait de ne pas se laisser faire, qu'elle ne devait pas lui laisser se plaisir pervers de la contrôler.
Dans un élan de d'espoir, elle lui jeta le téléphone à la figure et tenta d'échapper aux grands bras qu'il lui tendait. Il se recula, complètement assommé, se massant la tête, il la rechercha de son œil encore intact.
Il la vit courir vers la sortie de sa chambre et afficha un sourire carnassier sous son masque.
- Tu ne pourras pas partir, je ne te veux aucun mal, chuchota-t-il de sa voix douce.
Inconsciemment, sa voix lui donnait des sueurs froides, elle frissonna et baissa la poignée. Son sang se glaça lorsqu'elle remarqua qu'elle ne pouvait sortir.
Elle se colla le dos à la porte et le regarda droit dans les yeux, une lueur de folie régnait dans le regard de l'inconnu. Elle pouvait facilement imaginer son sourire sous sa cagoule et une nouvelle sueur froide lui traversa l'échine.
Les mains tremblantes, elle tenta de le masquer en les joignant. Non, elle n'allait pas se laisser faire. Du haut de ses huit ans et demi – et bien oui, le et demi compte – elle n'allait pas lui laisser ce plaisir.
Pour une fois, elle allait se battre, ne plus faire comme si elle n'existait pas aux yeux du monde, rester dans un coin de sa chambre à se répéter sans cesse ces articles, à faire la pauvre petite enfant malheureuse et fragile qu'elle était.
Après tout, chacun ses droits.
C'est encore court mais la longueur arrivera bientôt =)
J'espère que vous aimez toujours.
