"Il ne faut jamais dire que l'espoir est mort. Ça ne meurt pas l'espoir."
Gabrielle Roy.
Intheuniverse1994 : Merci pour ton commentaire =). Oui, je rectifiais quand on m'oubliait le "et demi", après tout, quel enfant n'est pas comme ça ;) Oui, je voulais quelque chose qui change, je voulais qu'on s'attache dès le début à la petite Emma, j'en suis contente alors si c'est ton cas.
Sarah d'Émeraude : Encore une fois, merci pour ta review =). Mais elle est mignonne ! Tu verras tout ça un peu plus tard, promis...! Ahah ! J'ai rien entendu \o/
kalhan03 : Merci beaucoup =D. J'espère que la suite, aussi, te plaira.
Enjoy !
Chapitre 2: Un espoir bleuté.
Le vent lui fouettait le visage, elle ne pouvait s'empêcher de prier pour que la personne qu'elle avait eue au téléphone se dépêche de la retrouver. Elle se faisait trainer par la main, l'homme la tira violemment vers lui, elle se fit tomber par terre, complètement molle.
Emma l'entendit grogner et elle ne sentit plus le sol sous son dos, il la prenait dans ses bras. Elle inspira profondément et hurla du plus profond de son âme. Elle gigota dans tous les sens, le frappa de ses mains et de ses pieds. Emma sentit son emprise sur elle se desserrer et en profita, elle se laissa tomber sur le sol. Son dos rencontra le sol boueux, le choc lui coupa le souffle.
Elle se releva péniblement mais assez rapidement pour échapper aux bras de l'homme. Elle se mit à courir, jamais elle n'avait couru aussi vite. Mais qu'étaient ses petites jambes face aux perches de son poursuivant ?
Il pleuvait, le sol était glissant ainsi glissa-t-il et se ramassa lamentablement par terre. Elle jeta un coup d'œil derrière elle, il avait perdu de la distance. Elle continua alors son chemin, la pluie lui fouettait le visage, le vent faisait soulever ses cheveux mouillés. Elle était essoufflée et trempée jusqu'aux os mais elle s'en fichait, il fallait juste continuer.
Alors qu'elle pensait avoir gagné, elle sentit une main attraper son poignet. Une nouvelle fois, elle hurla de détresse, pensant réveiller ses voisins et les faire réagir mais rien de tout ça ne se passa, la pluie masquait ses cris. Elle trembla de rage, elle n'en pouvait plus de se laisser faire, de passer pour une moins que rien.
Elle porta son poignet à sa bouche et mordit de toutes ses forces la main de son poursuivant. En cet instant, elle eut l'impression qu'il criait plus fort qu'elle.
Dans sa course, le souffle court, seule une infime lueur d'espoir demeurait au fond de ses yeux verts de petite fille.
oOoOoOoOo
Les gyrophares en marche, elle appuya une nouvelle fois sur l'accélérateur. Castle se retrouva collé dans le fond de son siège, il agrippa la poignée au dessus de la portière, une drôle de lueur demeurait dans ses yeux, inquiet était-il peut être, il ne comprenait pas vraiment ce qu'il se passait.
Elle donna un coup de volant, faisant crisser les pneus sur le sol mouillé et glissant. Sa respiration se faisait saccadée. Un drôle de sentiment s'empara d'elle, elle le connaissait pourtant bien, il se manifestait souvent dans ce même genre de moment, la peur de ne pas arriver à temps. Tout compte fait, c'était tout simplement de la peur mais elle était bien trop fière pour se l'avouer.
Au bout de quelques secondes à peine, elle se garait – et encore c'était un bien grand mot – sur le trottoir, face à la maison de la petite Mayer. Elle sortit en trombe du véhicule, suivit de près par Castle, prit son arme dans son étui et se mit à courir. La voiture d'Esposito se fit entendre et il se gara aussi bien que Beckett, lui et Ryan sortirent le plus vite possible du véhicule, arme à la main.
A pas de loup, Beckett s'approcha de la maison, l'oreille aux aguets. Castle se tenait derrière elle, les mains devant lui comme s'il avait peur de tomber ou peut être pour lever plus facilement les mains en l'air s'ils croisaient l'ordure.
Il s'approcha de Beckett, silencieusement de peur de prendre une de ses balles par le barouf qu'il pourrait créer. Il chuchota à son oreille.
- Maintenant, vous pouvez me dire ce qu'il se passe ?
Elle le regarda quelques secondes durant lesquelles elle attendait ses deux autres coéquipiers. Une lueur de détresse demeurait au fond de ses yeux verts, il en resta bouche bée. Kate tourna la tête vers la porte qu'elle enfonça d'un grand coup de pied. Castle laissa Esposito et Ryan passer après Beckett puis rentra à son tour.
- NYPD ! hurlèrent-ils.
Rien, plus aucun bruit, sans compter la pluie qui martelait les carreaux et l'éclair qui illumina la pièce, faisant sursauter l'écrivain. Il décryptait attentivement le comportement de Beckett, son visage était de marbre, impassible pour la première fois, il n'arrivait pas à lire ses traits pourtant si expressifs. Ses yeux étaient vides mais il pouvait y lire une profonde inquiétude.
Lorsqu'un cri de terreur déchira le silence de la nuit, son sang se glaça et il resta figé sur place.
Ils se précipitèrent tous dehors, une gouttelette de sueur coula sur le front de Beckett, l'adrénaline ne faisait qu'augmenter. Ce sentiment de peur ne l'a quittait plus, elle montait petit à petit comme une lente et douloureuse torture.
Celle de ne pas savoir s'il était déjà trop tard.
oOoOoOoOo
Le canon glacé d'une arme se colla sur sa tempe, elle ne put s'empêcher de hurler. Elle n'en pouvait plus mais elle ne voulait pas mourir. Arrêtant de se débattre, elle sentit le souffle chaud de son poursuivant à travers sa cagoule, elle frissonna.
- Tu as froid ma chérie ? demanda-t-il soudainement inquiet.
Elle gémit et se dandina légèrement, tentant de lui échapper sans qu'il ne le remarque.
- Tu verras, je t'emmène à la maison où un bon chocolat chaud t'attend.
Malgré elle, des larmes commencèrent à couler sur ses joues, cet homme était totalement fou mais il semblait l'apprécier, pourquoi ?
Pourtant, elle avait l'impression de connaître sa voix, peut-être l'avait-elle entendu dehors, à la radio ou à la télévision. Mais en cet instant, elle s'en fichait pas mal. Complètement terrorisée, elle fixa un point invisible devant elle, s'y accrochant.
Lorsque soudainement, malgré le mur de pluie qui s'abattait devant elle, elle distingua une lueur bleutée, elle s'effaça et réapparu.
Elle haussa les sourcils et son cœur se gonfla d'espoir, peut être allait-t-elle venir à temps ? Comme on le dit souvent, l'espoir fait vivre, espérons qu'elle vive assez longtemps pour connaître un sentiment particulier : le soulagement.
L'inconnu dû remarquer les lumières du gyrophare car il desserra son emprise sur la fillette. Il mit une main sur son épaule, elle était de dos, il ne voyait pas son visage. Il se pencha alors à son oreille et lui murmura d'une voix remplit de promesse.
- Je reviendrai te chercher, ne t'inquiète pas.
Puis, elle l'entendit partir en courant derrière elle. Elle tomba à genoux sur le sol, la pression retombait enfin et elle l'évacuait en pleurant toutes les larmes de son corps, encore sous le choc.
Les cheveux dégoulinant et les mains pleines de boue, elle regardait le sol, complètement seule.
Au bout de quelques secondes, elle entendit des pas arrivés devant elle, ainsi releva-t-elle doucement la tête. Une silhouette apparue, puis une autre et encore une autre… Elle prit peur et se recroquevilla sur elle-même, entourant de ses bras son petit corps frêle et tremblant. Elle baissa une nouvelle fois la tête et ferma les yeux, priant pour qu'on l'épargne au moins une fois dans sa triste et misérable vie.
- Esposito, Ryan rattrapez-le !
Des pas précipités s'éloignèrent d'elle puis d'autres s'arrêtèrent juste devant puis Emma sentit quelqu'un se mettre à sa hauteur. Encore hésitante sur la marche à suivre, elle ouvrit les yeux et les posa sur la personne devant elle qui lui souriait, soulagée.
- Bonsoir ma grande, je suis le lieutenant Beckett, c'était moi au téléphone, lui dit-elle.
Emma ouvrit de grands yeux et lui sauta dans les bras, pleurant de soulagement cette fois. Elle attendit quelques secondes pour, enfin, sentir les mains du lieutenant se resserrer autour d'elle, l'enveloppant dans une étreinte rassurante. A croire que la pression n'était tout à fait retombée.
Une autre personne s'accroupit à leur côté, lentement. Emma resserra son étreinte autour du cou de sa sauveuse, ayant encore peur du moindre bruit et de la moindre personne qui l'approchait d'un peu trop près.
Le nouvel étranger prit délicatement sa main dans la sienne puis l'enveloppa, la réchauffant. Etrangement, elle se laissa faire, sa gentillesse et sa douceur l'avait empêchée d'avoir peur.
Elle crut deviner un sourire réconfortant lorsqu'il lui parla.
- Je suis Richard Castle, un écrivain. Tu aimes lire ma puce ?
Elle hocha la tête, la petite torche qu'il tenait dans ses mains lui permit de la voir acquiescer. Il lui sourit tendrement. Beckett se leva doucement, la tenant toujours dans ses bras.
- Castle, vous m'aidez ? demanda-t-elle.
Il se leva à son tour et Emma sentit deux mains puissantes la soulever, peu de temps après, elle ne touchait plus le sol et était toujours dans les bras de Beckett.
- Alors ? demanda Beckett à ses deux collègues essoufflés.
- Il nous a échappé, murmura-t-il, gêné.
- On l'aura la prochaine fois les gars, les rassura-t-elle.
Emma enfouit son visage dans ses cheveux mouillés et inspira profondément avant de fermer les yeux.
Sa bouche s'étira pour finalement former un sourire, un vrai. Une sensation inconnue s'empara d'elle : la sécurité. Un sentiment qu'elle ne connaissait plus depuis quelques années déjà...
