"Ce que la voix peut cacher, le regard le livre."

George Bernanos.

Sarah d'Émeraude : J'adore aussi mais il faut que ce soit réaliste, sinon... Ouais, je me suis dis qu'une mini-Beckett pouvait être drôle =) Je ne dirai rien sur ta théorie mais, c'en est une bonne pas forcément vraie mais bonne !

Niennaju : Étale-moi ta science plus souvent alors, elle m'aide ! Merci en tout cas =) Mmmh, ça va pas se passer comme ça mais, si je n'avais pas eu une autre idée et si je n'étais pas moi, pourquoi pas ? x)

Intheuniverse1994 : Il tient à Emma et n'est pas aussi psychopathe qu'il en à l'air, tu verras =) Voui, je me suis fais rire en écrivant ça x)

Enjoy !


Chapitre 4 : Lorsque les regards se perdent.

Le silence se faisait pesant, Beckett était emmurée dans sa douleur, se répétant sans cesse « pourquoi ? ». Pourquoi s'était-elle confiée à Castle ? Pourquoi aussi facilement ? Les réponses n'étaient pas ce qu'elle attendait ou ne voulait-elle pas se l'avouer ? Elle rit intérieurement, ironique bien sûr.

Elle se gara face à l'hôpital et tourna la tête vers l'écrivain. Elle lui posa une main sur l'épaule, le réveillant. Elle n'avait même pas remarqué qu'il s'était endormi. Il lui sourit doucement, se détacha puis sortit de la voiture, encore tout ensommeillé.

Beckett sortit à son tour, ouvrit la portière arrière et réveilla doucement la fillette. Emma papillonna des paupières quelques instants, retrouvant ses repères et ouvrit grand les bras pour que Kate puisse la prendre. Elle était encore trop fatiguée pour marcher.

Dans un sourire, la jeune femme la souleva et la prit. La petite entoura la taille de Beckett de ses jambes et serra ses bras autour de son cou, fermant les yeux. Kate sourit, attendrie et l'instinct maternel se réveilla, elle serra le petit corps un peu plus contre elle.

Castle l'aida à fermer la portière et la voiture puis ils se dirigèrent tous les trois vers l'hôpital. Il posa une main dans le bas de son dos, la guidant. Il lui ouvrit la porte, en gentleman qu'il était et lui sourit chaleureusement.

Une jeune femme leur fit un grand sourire lorsqu'ils arrivèrent à l'accueil.

- Bonsoir, que puis-je faire pour vous ?

- Bonsoir, lieutenant Beckett NYPD, je viens faire examiner la demoiselle.

- Bien sûr, je vous appelle un médecin, entre temps asseyez-vous.

Une fois assise, Beckett installa Emma sur ses genoux, elle était réveillée mais était encore peureuse du nouveau décor, elle restait alors fermement accrochée au cou de Beckett. Elle regardait autour d'elle, les yeux grands ouverts, elle se familiarisa vite avec ce qu'il lui était encore inconnu et nouveau.

Elle descendit des genoux de la détective mais tint tout de même une main dans la sienne. Elle vit un grand homme en blanc arrivé, ses yeux devinrent ronds comme des ballons et elle se rapprocha lentement de Beckett.

Amusée, Kate se leva et serra la main du médecin.

- Bonsoir, je suis le lieutenant Beckett NYPD, je voudrais faire examiner la petite Emma Mayer.

- Bien sûr, suivez-moi, sourit le médecin à la fillette.

Beckett demanda à Castle de rentrer dans le cabinet avec Emma, elle devait parler au médecin.

- La petite a été témoin d'un meurtre, le meurtrier a tenté de l'enlever, elle a peur du moindre geste brusque, grimaça-t-elle.

- Bien, je ferais attention dans ce cas.

- Merci, sourit-elle doucement. Je voulais aussi savoir une chose, depuis l'évènement elle… Elle n'a pas dit un mot.

- Elle est probablement encore sous le choc, c'est tout à fait normal mais si cela dure trop longtemps, revenez me voir.

Elle hocha la tête et rentra dans le cabinet, Emma était déjà assise sur la table. Le médecin lui demanda d'ouvrir grand la bouche et de faire « Ha ». Elle le fit et Beckett fut étonnée d'entendre un son sortir de sa bouche.

Son portable sonna. Elle s'excusa et sortit dans le couloir.

- Beckett.

- Kate, c'est Josh.

- Ah Josh, sourit-elle, tout va bien ?

- Oui, oui, c'était juste pour te prévenir que je suis de garde ce soir, ne m'attends pas.

- D'accord.

- Bonne nuit mon ange, s'amusa-t-il.

- Bonne nuit sucre d'orge, dit-elle en insistant bien sur le surnom mielleux.

Elle l'entendit rire à l'autre bout du fil et un léger sourire apparu sur son visage fatigué. Elle détestait ce genre de surnom et il la charriait souvent avec, c'était leur petit jeu. Mais de plus en plus souvent, elle se rendait compte que c'était leur jeu à Castle et elle, avant…

« Avant quoi, Kate ? Avant qu'il parte dans les Hampton et qu'il te brise le cœur ? Ou avant que tu ne sois avec Josh ? »

Josh raccrocha, ce qui la sortit de sa rêverie, elle ferma son téléphone et rentra dans le cabinet. Emma avait retiré son tee-shirt, elle le remarqua et s'arrêta net. Son petit corps frêle était couvert de bleus, un plus gros hématome se trouvait sur son épaule. La fillette sembla honteuse, elle tenait une de ses épaules et avait le visage baissé.

Beckett mit une main devant sa bouche, retenant le glapissement qui se trouvait au fond de sa gorge. Elle osa un regard vers Castle, il avait le visage tourné vers la fenêtre, ne supportant pas la scène qui se déroulait sous ses yeux. Elle s'approcha doucement d'Emma, son regard était horriblement triste et inquiet.

- Emma, qui t'as fais ça ? demanda-t-elle d'une voix douce.

La petite secoua la tête, la gardant baissée, ne voulant pas dévoiler ses blessures.

- C'est ton père adoptif ?

Une nouvelle fois, Emma ne répondit pas mais le soupir presque invisible lui dit qu'elle avait raison. La fillette releva le visage, les yeux remplis de larmes puis finit par acquiescer silencieusement. Beckett fit une légère grimace, elle ne pourrait pas le faire payer pour ses crimes puisqu'il était mort, d'une certaine façon, quelqu'un s'en était chargé à sa place.

Elle tourna son visage fatigué vers Castle et remarqua qu'il serrait les poings, un soupir lui échappa. Il fallait vraiment qu'elle aille se coucher. Elle prit le tee-shirt de la petite et lui fit enfiler puis lui mit son manteau avant de la faire descendre.

Castle prit la main de la fillette et l'emmena dehors, laissant le médecin et Kate parler.

- Certain bleus dates d'il y a plusieurs jours, d'autres son plus récents. L'hématome qu'Emma a sur l'épaule est signe d'une chute ou elle a reçu un coup avec un objet dur.

Le silence se fit, tous deux étaient plongés dans leurs pensées, se demandant qui pourrait faire une chose pareille à un enfant.

- Vous allez attraper celui qui lui a fait ça, n'est-ce pas ? demanda soudainement le médecin, le regard absent.

- J'aurais aimé mais, il a été tué cette nuit. Peut être n'a-t-il pas payé les coups infligés à la petite mais d'une certaine manière, il l'a regretté.

Elle sourit tristement et le médecin lui tendit sa main qu'elle serra fermement. Elle le remercia et sortit du cabinet. Elle trouva Castle et Emma dans le couloir, la petite s'amusait à sauter dans les carreaux et l'écrivain la regardait faire, pensif.

Kate fut accueillit par un regard triste lorsqu'elle croisa les yeux de Castle. Elle lui sourit doucement, apaisant un minimum sa peine puis il se décolla du mur pour prendre la main de la fillette dans la sienne, ils sortirent tous les trois de l'hôpital.

Une fois dans la voiture, l'ambiance n'était plus à se confier ou à se parler. Les yeux vissés sur la route, l'écrivain et sa muse se laissaient envahir par l'impuissance.

Celle de ne pas avoir pu protéger Emma plus tôt.

oOoOoOoOo

Arrivés en bas de chez Castle, Beckett arrêta le moteur et se tourna vers lui, le visage impassible et les yeux vides de toute émotion. Il lui sourit doucement et ses yeux reprirent vie. Une main sur la poignée, il semblait vouloir lui dire quelque chose, elle haussa les sourcils, intriguée.

- Restez dormir à la maison ce soir, proposa-t-il.

- Castle… soupira-t-elle.

- La petite se sentira mieux et Alexis sera ravie de la voir en se réveillant demain matin, supplia-t-il. Et puis, vous êtes seule ce soir, Josh est encore de garde, je suppose.

Elle ouvrit la bouche pour lui demander comment il l'avait su mais se ravisa. Elle détourna le regard, puisant le courage dont elle avait besoin pour refuser.

- Je n'ai pas d'affaire de rechange, se buta-t-elle.

- Menteuse, vous avez un sac avec ce qu'il vous faut dans le coffre, s'amusa-t-il.

Elle lui lança un regard blasé et s'enfonça dans son siège, les bras croisés.

- Je n'ai pas de pyjama, continua-t-elle.

- J'ai de grands tee-shirt, sourit-il. Et j'ai gardé des vêtements d'Alexis quand elle était petite, ils devront lui aller.

Elle soupira bruyamment et les traits de Castle s'illuminèrent, il avait gagné. Elle acquiesça alors et regarda derrière. Emma s'était encore endormie.

Dans un énième soupir de fatigue, elle détacha sa ceinture et sortit de la voiture. Castle fut plus rapide qu'elle car, elle voulu prendre Emma mais il l'avait déjà dans ses bras. La tête de la fillette pendait sur le côté, Kate s'approcha et la calla dans le cou de l'écrivain qui sourit en sentant le souffle chaud de jeune fille.

Beckett ouvrit le coffre et prit son sac sous les yeux moqueurs de Castle.

oOoOoOoOo

- Mère ? Alexis ? Qu'est-ce que vous faite encore debout ? s'étonna Castle en rentrant dans son appartement suivit de près par Beckett.

- On était inquiètes, papa ! Tu es parti comme un voleur, je t'ai entendu trébucher dans les escaliers, à moitié habillé.

Castle se racla la gorge, gêné sous le regard moqueur de sa partenaire qui était encore derrière lui. Alexis la vit et ses yeux s'illuminèrent d'une grande joie.

- Lieutenant Beckett !

- Bonsoir Alexis, sourit-elle doucement.

Martha vint la prendre dans ses bras et elle s'intéressa à la fillette dans les bras de son fils qui dormait profondément.

- Vous avez décidé d'adopter une fille ? s'amusa-t-elle.

- J'aurais préféré ça, si ça avait pu la protéger, mère, soupira Castle.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? s'intéressa Alexis.

- Emma a été la victime d'une tentative d'enlèvement ce soir, c'est pour ça que j'ai appelé Castle, intervint Beckett.

- Quelle horreur, pauvre petite.

Ils hochèrent la tête et posèrent leurs yeux sur la petite endormie. Alexis s'approcha et la regarda dormir, un sourire attendri aux lèvres.

- Pumpkin, aide-moi à lui enlever son manteau, demanda son père.

Alexis attrapa le col de la veste puis fit glisser ses doigts vers les épaules, elle tira doucement, les dévoilant. Elle prit ensuite un bras où elle fit glisser le vêtement puis le remit en place sur l'épaule de son père, elle fit la même chose avec l'autre. Ella alla accrocher le vêtement sur le porte manteau dans l'entrée.

Castle monta les marches, Kate sur ses talons, faisant attention à ce qu'il ne trébuche pas. Ses mains se tenaient près de son bras, elle pourrait ainsi le rattraper en cas de chute ce qui amusa beaucoup Martha qui les regardait monter.

Alexis vint se blottir contre elle, fermant les yeux. L'actrice colla sa joue contre sa tempe et sourit doucement.

- Tu vois, tout va bien.

Elle sentit l'adolescente acquiescer dans ses bras, resserrant son étreinte.

oOoOoOoOo

Il l'allongea sur le lit, faisant bien attention à ne pas la réveiller. Il l'entendit soupirer profondément avant de se tourner. Il sourit, lui enleva doucement ses chaussure puis remonta les draps sur ses épaules, en dessous de son menton puis l'embrassa sur le front. Il s'attarda légèrement pour passer délicatement son pouce sur sa joue, elle était incroyablement douce, la peau d'une enfant. Il se souvint alors de la douceur sous ses doigts lorsqu'il regardait Alexis dormir quand elle était petite.

Il sourit une nouvelle fois et se releva, laissant la place à la jeune femme qui se trouvait appuyée contre le chambranle de la porte. Elle lui sourit doucement en le voyant faire, il était fait pour être père. Elle se décolla et s'approcha de la fillette qui, entre temps, s'était remise sur le dos.

Elle l'embrassa sur le front et lui souhaita de bien dormir, seul un souffle régulier lui répondit. Elle lui fit un léger baiser sur le nez et vit la fillette le froncer ce qui l'amusa. Beckett se releva dans un sourire et se trouva nez-à-nez avec Castle, elle perdit petit à petit son sourire.

Leur regards se croisèrent, s'accrochèrent, se perdirent l'un dans l'autre. Elle fut la première à détourner les yeux et à se dégager. Castle se poussa légèrement, la laissant passer dans un léger soupir. Elle lui fit un inaudible « merci » et sortit de la chambre, l'attendant dans le couloir.

Castle sortit à son tour, fermant la porte derrière lui puis tourna la tête vers lui, elle remarqua enfin ses traits tirés par la fatigue et ses cernes. Elle lui fit un léger sourire.

- Vous voulez un chocolat ? demanda-t-il alors qu'ils se dirigeaient vers les escaliers.

- Volontiers, s'enthousiasma-t-elle.

oOoOoOoOo

- Tenez, dit-il en lui tendant son chocolat.

- Merci Castle, sourit-elle en enveloppant l'objet fumant dans ses mains.

Elle frissonna lorsqu'elle sentit la chaleur provenant du petit récipient se propager aux quatre coins de son corps. Elle porta la tasse à ses lèvres et grimaça lorsqu'elle sentit le liquide chaud lui brûler les lèvres mais elle les ouvrit tout de même et laissa la chaleur envahir tout son corps.

Elle reposa la tasse sur la table basse et regarda Castle qui se marrait silencieusement. Elle sourit en le voyant faire.

- Quoi ? demanda-t-elle.

- Vous…, dit-il en montrant ses propres lèvres.

Beckett essuya sa « moustache » d'un geste rapide avant de lancer un regard meurtrier à l'écrivain qui riait toujours.

- Et ça vous fait rire ?

- Oui, beaucoup, sourit-il fier de lui. Je dois dire que la moustache ne vous va pas vraiment, je ne vous conseille pas de la laisser pousser, s'amusa-t-il.

Elle dû se mordre la joue pour ne pas sourire, elle se contenta de lui envoyer un magnifique regard noir avant de se prêter au jeu.

- Tant mieux, je n'en avais pas vraiment l'intention, s'amusa-t-elle alors qu'un sourire fendait ses lèvres.

Il le lui rendit et bu une gorgée de son chocolat, elle fit de même. Elle avait depuis longtemps enlevé ses chaussures ainsi mit-elle ses jambes sous elle, son coude se trouvait sur un coussin, elle faisait face à Castle. La tasse qu'elle avait dans sa main était la seule source de chaleur environnante.

Elle but une nouvelle gorgée, faisant attention à ne pas se refaire une moustache chocolatée. Elle ne savait plus où poser son muge sans bouger ou sans faire renverser le contenu. Castle le remarqua et lui prit la tasse, la posant ensuite sur la table. Elle le remercia à mi-voix et le vit s'enfoncer un peu plus dans le canapé.

Un bâillement lui échappa et Castle sourit, amusé. Elle était fatiguée mais ne semblait pas vouloir aller se coucher, il s'en réjouit intérieurement avant de se traiter d'idiot. Elle posa sa tête dans sa main, réfléchissant aux derniers évènements.

- Vous pensez à Emma ? demanda Rick au bout de quelques secondes.

Elle hocha la tête et lui fit un léger sourire triste. Elle sentit Castle se lever à côté d'elle, il ramassa les tasses vides et les apporta dans la cuisine. Lorsqu'il revint s'asseoir à ses côtés, elle eu l'impression qu'il c'était rapproché.

- Je ne comprends pas pourquoi des gens infligent ce genre de chose à leurs enfants, commença Beckett.

- Je ne comprends pas et ne comprendrais jamais, soupira-t-il.

Ils gardèrent quelques instants le silence, méditant leur parole.

- Cette petite semble tellement blessée que la première chose qui me vient à l'esprit c'est la protéger, dit-elle les yeux fixant un point invisible.

Il acquiesça en silence et leva les yeux vers elle.

- Elle ressemble à un petit oiseau qui sort de son nid, elle a peur de toutes les choses nouvelles, de chaque mouvements brusques se méfie de chaque marque d'affection des inconnus, continua-t-elle.

Elle soupira et changea de point invisible.

- Elle me fait penser…

- … A un oiseau blessé, termina l'écrivain.

Elle posa les yeux sur lui puis acquiesça d'un léger signe de tête, elle sourit. Une nouvelle fois, leurs yeux se croisèrent, se perdirent et fondirent l'un dans l'autre. Beckett sentit un léger frisson lui parcourir l'échine, elle tenta de l'ignorer, tant de fois il c'était manifesté

Elle remarqua du coin de l'œil les deux côtés de la bouche de Castle se lever doucement, signe qu'il tentait de ne pas sourire. Lorsque leur regard se fit plus insistant, elle perdit petit à petit son sourire.

Le temps semblait suspendu dans les airs, le coussin qui se trouvait sous son coude semblait être de trop et les fourmis qu'elle avait dans les jambes se firent plus insistantes. Tout son corps semblait lui demander de revenir sur terre, de sortir la tête de cette océan bleu qu'était ses yeux. Mais son cœur et ses yeux, eux, disaient le contraire.

La raison fut plus forte car elle détacha son regard du sien, il tenta de l'accrocher une nouvelle fois en suivant ses mouvements de tête mais en vain. Elle déplia ses jambes et posa les pieds au sol, le carrelage était froid. Un frisson la parcouru, elle sentit tout de suite la différence. Il remarqua qu'elle semblait affolée.

« Je suis fatiguée, bonne nuit, chuchota-t-elle d'une voix presque inaudible, cherchant la moindre échappatoire, mettant ses pieds dans ses talons. »

Elle se leva sous les yeux impuissants de Castle, il la regarda se diriger vers les escaliers avant de poser ses yeux sur le sol, légèrement blessé. Il releva la tête et ouvrit la bouche, souhaitant l'appelé mais elle le devança.

- Bonne nuit, Castle, répéta-t-elle, le visage légèrement tourné, le mettant de profil.

Elle n'attendit aucune réponse et gravit les escaliers. A chaque marche montée, une même douleur battait dans leur cœur. A chaque coup de talon, il la sentait s'éloigner un peu plus et la douleur se faisait plus forte, il était comme impuissant face à ses réactions elle s'en voulait de ne pas vouloir aller plus loin mais la culpabilité reprenait souvent le dessus, elle ne voulait pas tromper Josh d'une quelconque manière.

« Et bien, fais-lui comprendre qu'il n'est pas l'homme que tu cherches, lui murmura sa conscience. »

Elle soupira, si ça pouvait être aussi simple, ce serait déjà fait.

Il entendit la porte de sa chambre claquer et il ferma douloureusement les yeux, un soupir de lassitude lui échappa.

Elle glissa sur le sol, le dos collé contre la porte et se passa une main sur le visage, complètement désorienté avec ce qu'il venait de se passer. Se pinçant les lèvres, elle regarda la poignée qui la tentait tellement, elle rêvait d'y mettre ses doigts et de l'abaisser mais une petite voix lui hurlait que s'était trop tard, que sa chance était passée et qu'elle l'avait lamentablement manqué.

Il se leva finalement, remettant les coussins correctement lorsque son regard se posa sur le creux qu'avait fait son coude dans l'un d'eux. Il soupira profondément et le laissa tel quel.

Elle se leva difficilement, ses jambes se faisaient flageolantes, elle colla son dos contre la porte une fois debout. Elle fit glisser son pantalon et enleva son tee-shirt puis alla chercher le sien pour dormir. Ses doigts frôlèrent le tissu, de peur qu'il ne les brûle. Elle releva finalement sa main et se glissa sous les couvertures.

Les bras tendu en dessus de l'évier de la cuisine, il en regardait le fond, songeur. Il porta son regard sur sa tasse puis sur la sienne. La marque de ses lèvres y était inscrite, son cœur se serra douloureusement en se rappelant qu'un jour, il les avait goûté. D'une main hésitante, il l'approcha du muge, il pouvait déjà sentir le bout de ses doigts le brûler. Il referma finalement sa main et lava sa tasse, furieux.

Un énième soupir lui échappa, elle regarda le plafond et un frisson la secoua, elle avait froid. Seulement froid ? Non, elle se sentait impuissante et elle avait mal, beaucoup trop mal pour nier le battement douloureux qu'animait son cœur. Elle se releva sur ses coudes et regarda son tee-shirt sur le bord de son lit. Elle se traita mentalement d'idiote en reposant sa tête sur l'oreiller, les yeux vissés au dessus d'elle.

D'une main tremblante mais décidée, il attrapa sa tasse. La passant sous l'eau, il commença à la laver lorsque ses doigts s'arrêtèrent sur ses « lèvres ». Délicatement, il frôla la trace de son pouce, ne voulant pas la faire disparaître, d'une certaine manière il voulait les garder à porter de main. Son souffle se bloqua lorsqu'il la toucha pour l'effacer.

D'une certaine manière, elle l'avait envahi inconsciemment.

Elle rabattit furieusement les draps sur ses pieds et attrapa le tee-shirt qu'elle enfila rapidement. Lorsque sa tête sortit du col, elle sentit son odeur l'envahir, lui faisant tourner la tête. Elle se recoucha doucement, inspirant une grande bouffée d'air et ferma les yeux.

D'une certaine manière, il l'avait envahi sans le vouloir.