"C'est toujours de l'amour que nous souffrons,
même quand nous croyons ne souffrir de rien."
Christian Bobin.
Merci pour tous ces adorables commentaires mais je poste un peu à l'arrache, je vous avais oublié !
En espérant que ce chapitre vous plaira ! Enjoy !
Chapitre 5 : Ce n'était qu'un cauchemar.
Elle tourna, donnant un coup de pied dans ses draps et soupira. Elle se passa une main sur le front, lassée. Beckett se mit finalement sur le dos et regarda le plafond, une larme qu'elle n'avait pas sentit coula le long de sa joue pour terminer sa course sur son oreiller. Elle sécha son chemin d'un geste nerveux et rapide.
Elle se releva sur ses coudes et regarda l'heure au radio-réveille sur sa table de chevet. 4h45. Elle soupira et se rallongea. Elle se découvrit des couvertures qui semblaient la brûler et sentit un courant froid l'envahir, elle frissonna. Elle se revit dans la chambre froide, mourant à petit feu, Castle à ses côtés, tentant vainement de la réchauffer, de la tenir en vie. Elle trembla violemment et sa tête lui tourna aux souvenirs, complètement ailleurs, elle remit les draps sur elle.
Chaque fois qu'il faisait un peu trop froid, elle avait l'impression de revenir dans la chambre froide, chaque fois qu'elle se sentait enfermée, elle sentait l'angoisse monter. Et souvent dans ces moment là, elle se retournait pour sentir la présence de l'écrivain mais il n'était pas là et elle devait alors faire face à la réalité : elle n'était pas dans cette chambre froide, serrée contre Castle. Elle faisait tout ce qu'elle pouvait pour ne pas faire ces cauchemars qui revenaient souvent, à chaque fois qu'elle était seule ou bouleversée.
Elle ravala ses larmes et sentit sa gorge se nouer sous le coup de l'émotion. Elle soupira bruyamment, tentant de se calmer mais son soupir se trouva entrecoupé de sanglots mal contenus. Elle chassa d'un geste rapide la larme qui échappa à sa vigilance. Pourquoi pleurait-elle ? Ce n'était pas elle qui avait vu l'une des personnes la plus chère à son cœur s'éteindre à petit feu, coupant la phrase où elle aurait tout avoué. Ce n'était pas elle non plus qui avait resserré son étreinte sur Castle pour le réveiller, le suppliant de ne pas l'abandonner. Et ce n'était pas elle qui c'était retrouvée seule à devoir fermer les yeux, abandonnant le combat.
Une nouvelle larme lui échappa, elle la laissa glisser. Elle serra fortement le bord de ses draps dans ses mains, elle les avait moites, ainsi rendit-elle les couettes légèrement humides. Sa gorge la brûla ainsi qu'une autre larme en coulant sur sa joue. Elle remonta les draps justes en dessous de son menton, tentant de calmer les frissons qui la parcouraient. Elle ferma les yeux et un violant frisson la fit trembler de tous ses membres. Elle claqua des dents.
Elle entendit sa porte grincer, instantanément elle se tendit dans son lit, tous tremblements disparus. Mais les petits pas qui résonnaient sur le parquet la rassura, elle alluma alors la lampe sur sa table de nuit et ses yeux papillonnèrent ainsi que ceux du nouveau venu sous la soudaine luminosité.
Emma se tenait près de son lit, une main lui frottant l'œil, endormit, l'autre tenait une peluche. Beckett sourit en remarquant le lapin blanc, Alexis avait dû le lui donner. Elle rabattit les couettes sur le côté et sortit du lit, s'approcha puis s'accroupit face à la fillette. Elle remarqua instantanément ses yeux rougis, signe qu'elle avait pleuré. Elle vit aussi une pellicule de sueur recouvrir son front.
- Tu as fais un cauchemar ? demanda-t-elle doucement.
Emma acquiesça d'un signe de tête et fit petite moue que Beckett trouva adorable. Elle resta interdite lorsque la petite main libre de la fillette vint se poser sur sa joue pour en essuyer quelque chose qu'elle n'avait pas remarqué, couler. Elle fronça les sourcils lorsqu'elle vit la petite main humide. Voyant les yeux inquiets de la fillette, elle la rassura d'un sourire. Elle se leva et tendit une main tremblante par l'ancienne émotion.
- Viens dormir.
Ravit, Emma prit la main qu'on lui tendait et se glissa sous les couettes, près de Beckett serrant fortement la peluche contre elle puis lâcha un soupir de bien être. Beckett sourit et éteignit la lumière avant de se recoucher, inspirant profondément. Alors qu'elle commençait à fermer les yeux, son cœur manqua un battement lorsqu'une petite main hésitante se glissa dans la sienne. Elle la serra alors puis se contenta d'en caresser le dos avec son pouce.
Les bras de Morphée vint alors les prendre toutes les deux, les emmenant tout droit dans un monde sans rêve, sans cauchemar où tout était oublié jusqu'à ce que la réalité ne les rattrapes en ouvrant les yeux.
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Il eut un violant frisson et trembla lorsque le souvenir de la chambre froide s'imposa dans son esprit, le corps sans vie de Beckett dans se bras, sa main glissant le long de son torse… Il chassa le souvenir en secouant la tête. Il fallait qu'il arrête d'y penser, il n'avait plus à s'inquiéter, Beckett allait bien et elle dormait. Mais il ne pouvait s'empêcher de penser à ce qu'elle avait voulu lui dire avant de s'évanouir, était-ce important pour qu'elle veuille lui avouer à la « fin » ?
Peut être avait-elle voulu lui dire qu'elle l'aimait ? Il rit à sa bêtise mais cette espérance lui laissa un goût amer dans la bouche. Si ça avait été vraiment le cas, le « We have a chance » n'aurait jamais existé. Il soupira lentement, libérant la légère douleur qui serrait son cœur à ce souvenir.
Lui qui avait cru naïvement pouvoir l'oublier en partant tout l'été dans les Hamptons… Lorsqu'il l'avait croisé une nouvelle fois son regard, il c'était alors rendu à l'évidence : il ne l'avait jamais oublié. Il c'était aussi avoué qu'il était toujours amoureux d'elle.
Il soupira, de lassitude cette fois. Comment avouer ses sentiments à une femme alors que son cœur est déjà prit ? Lui en voudrait-elle ? Ressentirait-elle la même chose ? Elle a l'air d'être heureuse avec « motocycle boy », il s'en voudrait de tout gâcher par égoïsme.
Il se retourna dans son lit et contempla la fenêtre ouverte. Il entendit une voiture passer puis le silence revint, il était douloureux, bien trop lourd pour qu'il puisse respirer convenablement. Il la revoyait dans ses bras, appuyé contre la voiture. Il la revoyait lui murmurer ses mots venu du cœur, brisant le sien au passage.
« We have a chance… »
Il ferma les yeux, sa voix se répétait dans son esprit tel un murmure, une musique sans fin. Il se remit sur le dos et contempla le plafond, le cœur lourd. Il avait tout pour être heureux, n'importe qui le serait à sa place. Oui mais peu de monde connaissait Kate Beckett, personne n'avait trouvé l'inspiration chez elle, personne n'était son partenaire, personne ne souhaitait qu'elle soit heureuse même avec un autre homme que lui.
Personne n'était aussi fou amoureux d'elle.
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La main qu'elle tenait dans la sienne se serra soudainement pour ne plus la lâcher. Elle ouvrit grand les yeux et se tourna vers la masse sombre à ses côtés qui semblait agitée. Elle se leva doucement et vit dans la pénombre de la nuit qu'elle fronçait les sourcils et secouait la tête par moment, chassant des souvenirs douloureux. Une pellicule de sueur luisait sur son front, elle serra les dents.
Serrant son petit lapin contre elle, elle essaya de détacher les doigts fermement accrochés aux siens. Elle se contenta de caresser doucement la main de Beckett, l'apaisant un minimum, elle sentit ses doigts se détendre. Elle en profita et retira vivement sa main. Elle passa au dessus du lieutenant pour finalement sortir du lit, essayant de voir ce qu'elle pouvait faire pour la calmer.
Elle commença d'abord par la secouer. Une image s'imposa alors dans son esprit, celle de son père, rêvant de sa défunte épouse, il souriait d'abord, amoureux puis finissait par hurler de désespoir. C'était elle qui allait le réveiller.
Elle chassa le souvenir en secouant la tête. Les rayons de la lune se baladaient sur le visage crispé de sa nouvelle amie. Elle pu voir sa bouche s'ouvrir et un son de désespoir en sortir, formé en une simple requête.
- Ouvre la porte.
Beckett recommença à se débattre, des larmes coulèrent alors sur ses joues. Emma ne sut plus quoi faire, elle secoua plus énergiquement la jeune femme mais elle ne réagissait toujours pas, plongée dans un douloureux cauchemar, un cauchemar sans fin, à répétition. Les draps étaient emmêlés autour d'elle, elle ne cessait de bouger, Emma ouvrit la bouche et tenta de l'appeler.
Seul un souffle s'échappa de sa bouche. Elle avait peur, elle voulait aider celle qui l'avait sauvé. Le hurlement de la jeune femme déchira le silence de la nuit. La fillette se retrouva par terre, en larmes.
Un gémissement s'échappa des lèvres de la jeune femme. Une plainte, un appel à l'aide, un nom…
- Royce…
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Un cri lui fit ouvrir les yeux, il se releva droit comme un i dans son lit. Il regarda autour de lui, il avait soudainement perdu ses repères, il ne savait plus où il se trouvait. Sa tête tourna et une boule se forma dans son ventre. Cette voix, il la connaissait même déformée sous la douleur.
- Kate, murmura-t-il.
Il rabattit les draps sur le côté sortit de son lit, il était en caleçon mais ne le remarqua même pas. Son pied se prit dans les draps et qu'il trébucha, tombant à terre. Il entendit sa porte s'ouvrir à la volée, une petite silhouette se trouvait à l'entrée de sa chambre. Il plissa les yeux pour mieux voir.
- Kate, entendit-il murmuré avec difficulté.
Se débarrassant du drap autour de son pied, il se leva et prit Emma dans ses bras en passant, courant presque à travers le couloir. Martha sortait de sa chambre, des bigoudis dans les cheveux et Alexis dans son tee-shirt un peu trop grand et son pantalon de jogging, se frottant les yeux.
Il rentra dans la chambre de Beckett et la vit, se débâtant comme si sa vie ne dépendait, des larmes coulant sur ses joues rosies. Son visage était crispé comme jamais, une profonde douleur pouvait s'y lire. Il s'approcha rapidement du lit et posa Emma dessus avant de s'approcher de la jeune femme.
Il passa une main sur son front en sueur, doucement, lui murmurant son prénom d'une façon réconfortante. Mais rien n'y fit, elle pleurait toujours, ses sanglots semblait l'étouffer, une prière mourut sur ses lèvres gercées par l'émotion.
- Non, Royce.
Son cœur s'arrêta de battre, il ne fallait pas qu'il revive ça, les souvenirs de son ancien partenaire la hantaient même dans son sommeil. Il tapota doucement ses joues, prenant son visage entre ses mains. Il la vit froncer les sourcils, ses larmes commençaient à se tarir. Il reprit sa respiration.
- Ouvre la porte, il fait froid.
Il prit ses mains dans les siennes, les serrant pour la faire revenir à elle mais rien ne fonctionnait. Il ne voulait pas la sortir de son cauchemar brusquement, c'était la meilleure façon pour qu'elle soit complètement terrorisée, il l'avait apprit en veillant sur Alexis lorsqu'elle était petite.
- … Mourir de froid, ouvre ! Castle il va….
Elle ne continua pas sa phrase, son corps c'était soudainement arrêté de bouger, ses mains se tendirent dans les siennes, les traits de son visage étaient figés. Soudaine, ses larmes recommencèrent à couler, s'échappent de ses yeux clos. Il se sentait totalement inutile mais ne pouvait pas faire grand-chose, il recommença à murmurer son prénom puis le fit plus fort. Ses larmes redoublèrent d'intensités. Dans son rêve, ses appels ressemblaient à des murmures.
- Non, Castle, il ne faut pas s'endormir.
Elle semblait totalement paniquée, ses mains devinrent moites dans les siennes et elle les serra fortement. Sa respiration se fit saccadée, elle gémit doucement. Il n'en pouvait plus de la voir dans cette situation.
- Castle, restez avec moi.
Elle le suppliait, il posa une main sur sa joue et la caressa doucement. Ses doigts attrapèrent quelques larmes mais bien vite, ils se retrouvèrent humides.
- Kate, rappelez-vous : Always.
Elle ouvrit soudainement les yeux, ronds comme des ballons, sortant de sa torpeur. Elle plaqua une main sur celle de l'écrivain qui se trouvait sur sa joue. Sa respiration était toujours saccadée, elle croisa le regard de Castle et remarqua qu'il lui souriait doucement. Il était bien là.
- Castle, murmura-t-elle le souffle encore court.
Il continua de lui sourire et caressa sa joue avec son pouce. Elle serra sa main dans la sienne, elle semblait encore sous le choc. Les battements effrénés de son cœur résonnaient dans ses oreilles, elle ferma un instant les yeux pour tenter de se calmer. Elle ouvrit les paupières et croisa le regard inquiet de l'écrivain. Sa respiration se fit plus régulière. Elle chercha son autre main et entremêla ses doigts aux siens, savourant sa présence et sa protection.
Elle remarqua Alexis et Martha à la porte de sa chambre, elles semblaient très inquiètes mais Beckett était encore trop secouée pour faire une quelconque remarque. Une petite main se posa sur son bras, elle tourna la tête et rencontra le regard rempli de soulagement d'Emma. Elle tenta de lui sourire mais juste un affreux rictus douloureux s'installa sur ses lèvres. Elle reporta alors son attention sur Castle qui lui caressait toujours la joue.
Soudain, elle reprit pied à la réalité et retrouva son masque. Elle délia ses doigts à ceux de Castle et enleva sa main qui se trouvait sur sa joue. L'écrivain remarqua qu'elle changeait de comportement et retira sa main de son visage. Il soupira, relâchant toute la pression et ferma les yeux de soulagement.
Les rouvrant, il lui fit un petit sourire.
- Vous m'avez fait peur lieutenant.
- Je suis désolée, chuchota-t-elle en regardant autour d'elle, le regard fuyant.
Il attrapa la main de la jeune femme qui tentait de lui échapper en allant sous les couettes et la tint entre les siennes. Elle tourna la tête vers lui et afficha un air surprit. Elle remarqua du coin de l'œil que Martha et Alexis étaient parties sans doute rassurées.
- Que c'est-il passé ? demanda-t-il d'une voix douce.
Elle se mordit la lèvre inférieure et regarda leurs mains jointes. Elle soupira.
- Castle, je… Je n'ai pas vraiment envie d'en parler.
Elle ferma les yeux, le plus dur était fait. Elle souhaitait qu'il comprenne et qu'il n'insiste pas. Elle releva les yeux vers lui et lui fit un petit sourire, timide presque inexistant mais bien là. Elle le vit acquiescer.
- Bien, je comprends. Si vous avez besoin, je suis là.
Elle retrouva le sourire et ses yeux se mirent à briller.
- Je sais, merci Castle.
Il sourit doucement lui aussi et se leva, défaisant leurs mains liées. Elle sentit ses mains froides devenir glacées. Un léger soupir lui échappa et elle le regarda partir. Elle baissa la tête lorsqu'elle croyait qu'il avait quitté la pièce.
- Vous voulez un vers d'eau ? demanda-t-il alors.
Elle releva le visage vers lui et lui fit un petit sourire.
- Je veux bien, merci.
Il quitta la chambre et ferma la porte lorsqu'elle le rappela. Il passa sa tête dans l'entrebâillement.
- Surtout, dîtes à Martha et Alexis que je suis vraiment désolée, demanda-t-elle.
Il sourit puis hocha la tête, elle lui offrit un sourire confus en retour. Elle entendit la porte se fermer et tourna la tête vers la fillette qui n'avait pas manifesté sa présence.
Elle lui fit un petit sourire d'excuse et lui ouvrit grands les bras. Emma s'approcha, ravit.
- Même si je pu le gorille ? préféra-t-elle demander.
La fillette rit de bon cœur avant de s'installer dans ses bras, elle sentit une main passer délicatement dans ses cheveux et ferma les yeux, savourant le geste. Beckett posa l'autre dans son dos.
- J'ai eu peur, entendit-elle murmurée.
Sa respiration se coupa, elle parlait. La jeune femme se contenta de la serrer un peu plus contre elle, elle la sentit glisser et la vit poser sa tête sur ses genoux. Emma ferma doucement les yeux, désormais rassurée. Elle posa une de ses mains sur un genou de Kate et sentit la jeune femme la lui prendre pour resserrer ses doigts dessus. Elle sourit, ensommeillée.
Elle s'endormit bien vite, les caresses dans ses cheveux la berçaient doucement ainsi que la respiration régulière de la jeune femme. Beckett le remarqua et sourit avant de coller son dos contre le mur, un coussin s'y trouvait, rendant la chose confortable.
Elle entendit Castle ouvrir la porte et rentrer dans sa chambre, un verre d'eau à la main. Il le lui tendit et elle le prit, le portant instantanément à sa bouche. Il s'assit sur son lit et passa une main dans les cheveux de la fillette endormit. Les yeux dans le vague, il ne s'entendit même pas parler.
- Elle vous a adopté apparemment.
La jeune femme sourit et posa le verre à moitié vide sur la table de nuit avant de faire face à l'écrivain.
- Elle m'a parlé avant qu'elle ne s'endorme, murmura-t-elle.
- Vraiment ? Qu'à-t-elle dit ?
- Qu'elle avait eu peur, sourit-elle tristement.
- Elle n'est pas la seule.
Le silence se fit, ils ne lâchaient pas la demoiselle du regard, attendris. Beckett était encore légèrement secouée par son cauchemar.
- Elle est venu me chercher dans ma chambre après que vous ayez crié, lui dit-il.
- J'ai crié ? s'offusqua-t-elle.
- Oui, c'est ce qui m'a réveillé, murmura-t-il, le regard absent.
- Je suis désolée, chuchota-t-elle, navrée.
Il releva la tête vers elle et lui fit un léger sourire rassurant et passa furtivement sa main au dessus de la sienne.
- Lorsqu'elle est venue me voir, elle a murmuré votre prénom mais j'étais beaucoup trop inquiet pour y avoir fait attention.
Elle sourit doucement, le remerciant de se confier indirectement. Il faudrait qu'elle apprenne à faire pareil un jour juste pour connaître les sensations que ça lui procurerait et de faire comprendre à Castle qu'elle avait une totale confiance en lui. Elle le vit baisser la tête, se concentrant sur la fillette endormit.
Une question vint s'imposer dans son esprit. Que serait-elle sans lui ? Probablement pas la jeune femme qu'elle était aujourd'hui, elle n'aurait jamais ce sourire rayonnant sur le visage si souvent, elle ne se sentirait pas si heureuse d'avoir quelqu'un sur qui compter. Elle ne rirait pas de cette manière, peut être serait-elle heureuse quand même ? Sans lui ? Elle n'y croyait pas vraiment mais avait pourtant du mal à se l'avouer.
Elle le regarda et un sourire vint étirer ses fines lèvres. Que serait-elle sans lui ? Une carcasse vide où trônerait les toiles noires tissées de son passé, elle aurait replongée et abandonné lors de la toute première piste sur le meurtre de sa mère. Ce jour là, elle avait trouvé réconfort chez Castle. La personne en qui elle avait le plus besoin de son soutient.
Son sourire se fit plus grand et elle le vit se lever. Elle le rattrapa par le bras.
- Merci Castle.
Elle semblait tellement sincère que toute tristesse disparut de son visage fatigué. Il lui sourit alors doucement.
- Je vous en prie.
Elle fit glisser sa main le long de son bras. Il frissonna lorsqu'il sentit ses doigts frôler les siens avant de la voir retomber sur le lit. Elle le regarda sortir de sa chambre avant qu'un détail ne lui revienne à l'esprit.
- Castle, appela-t-elle.
Une nouvelle fois, il passa sa tête dans l'entrebâillement de la porte et attendit qu'elle parle.
- Je vous raconterais, Castle, je vous le promets.
Il la regarda, lisant sur son visage une profonde sincérité puis il lui sourit doucement. En cet instant seul un remercîment sans voix fut tout ce qu'il restait. Il ferma la porte et ses pas s'éloignèrent dans le couloir.
Elle soupira et posa sa tête contre le mur. Elle ferma doucement les yeux, imaginant les prochains évènements.
Une part d'elle avait peur de tout lui avouer, elle se mettrait ainsi à nu et perdrait tout contrôle. En sera-t-elle capable ? Elle l'espérait de tout son cœur, elle espérait aussi que sa fichu fierté ne se manifeste pas.
Elle regarda la porte et malgré tout, l'objet en bois se transforma, ressemblant à celle dans son rêve. Elle se revit, la frappant de toutes ses forces, tentant de l'ouvrir alors que Castle mourait à petit feu à ses côtés sans qu'elle ne s'en rende compte. Mais le pire, c'était probablement la présence et le rôle de son ex-partenaire dans son rêve.
Elle frissonna et ferma les yeux, tentant d'échapper aux souvenirs.
Oui, elle lui raconterait. Bientôt.
Elle le lui avait promit.
