Tin, tin liiiiiiiiiiiiiin ! Me voilà ! Z'êtes content, avouez ! =D

Merci, merci, merci [...] merci à Solealuna, kalhan03, Mag13 et Sarah d'Émeraude. Vous rockez ! =)


Chapitre 12 : Un dessin, l'air de rien.

La ligne du dessin doit toujours être un peu la ligne du cœur… prolongée.

Henri Jeanson,

dialogue du film Modigliani de Jacques Becker.

Il tira sur ses liens, lui brûlant un peu plus le contour des poignets. Il avait envie d'hurler mais sa rage était contenue par un simple adhésif. Il regardait tout autour de lui, ne pouvant s'empêcher de lâcher quelques gémissements de terreur. Son cœur battait tellement fort dans ses tempes. Il pensa un instant qu'il allait lâcher pour de bon. Soudainement…

Mes médicaments ! pensa-t-il.

Il s'agita un peu plus, ses pieds et mains liés le rappelèrent à l'ordre. Le torturant pour qu'il arrête de bouger. Un sanglot commença à l'étouffer et il se demanda un instant s'il était possible de mourir de ses propres larmes. La pièce où il était retenu captif était froide et plongée dans le noir, la rendant encore plus effrayante, lui nouant un peu plus l'estomac.

Il voulait simplement la protéger…

Une bourrasque de vent fit virevolter ses cheveux sals et tourner la tête. Une fenêtre avec un carreau cassé, laissant les reflets de la lune danser sur ses pieds, lui faisait face. Majestueuse et pleine d'espoir.

Simplement faire partit de sa vie…

Frissonnant, il se rendit finalement compte qu'il était trempé. Et une petite flaque d'eau sale gisait près de lui. Il avait si soif… Il se contorsionna et put s'aplatir sur le sol, le nez au dessus de cette odeur fétide. Fermant les yeux et réprimant un hoquet de dégoût, il se mit à laper l'eau noire.

Lui dire qui il était…

Larmes, pétales du cœur, cesse de brûler mes yeux de la sorte…

Mais il l'avait mise en danger…

oOoOoOoOo

Sa main sur l'épaule d'Emma, Castle regardait Beckett s'exciter sur le téléphone pour avoir un rendez-vous avec James Roderick. Il soupira une nouvelle fois et baissa les yeux vers la fillette dont le petit corps était tendu.

- Ne t'inquiète pas, murmura-t-il.

- Mais ils vont le tuer, gémit-elle.

- Qui ça ils ?

Elle garda le silence, regardant droit devant elle. Beckett raccrocha violement le combiné et se tourna vers les deux « enfants ».

- Bien, Emma, tu viens avec moi, fit-elle d'un ton sans appel. On va voir James.

La fillette tressaillit imperceptiblement mais ne laissa rien paraître. Elle se contenta d'hocher la tête. Alors qu'elles rassemblaient leurs affaires, Castle attrapa Beckett par le bras et l'entraina un peu plus loin.

- Elle n'est pas un peu jeune pour vous accompagner ?

- Je sais ce que je fais Castle.

- Je n'en doute pas, Beckett, soupira-t-il en comprenant que ça ne servait à rien de discuter.

Elle lui sourit doucement et se dégagea de son emprise. Au dernier moment, il réussit à lui attraper un doigt, la retenant. Beckett sentit son cœur s'emballer à ce simple contact qui semblait anodin.

- Ne soyez pas trop dure avec eux.

- Ce n'était pas mon attention, soupira-t-elle.

Alors il la laissa partir mais rangea dans un coin de sa tête la caresse du doigt de la jeune femme qu'il avait tenu un peu plus tôt frôler sa paume. Dans ce geste, il put y lire sa promesse.

La voix de Beckett le sortit de sa rêverie.

- A toute à l'heure Castle, salua-t-elle sans se retourner.

- A toute à l'heure Kate, répondit-il du bout des lèvres.

Il les regardait s'éloigner. Un gouffre semblait s'être formé entre la fillette et la jeune femme, elles marchaient côte à côte, sans jamais se toucher ou même se frôler. Mais il put entre apercevoir la main de la fillette se diriger vers celle grande et fine de Beckett avant de rebrousser chemin et se mettre le long de son petit corps frêle.

Un sourire plein d'espoir illumina alors ses traits jusqu'ici tirés.

oOoOoOoOo

- Rode, il y a quelqu'un qui veut te voir, commença Beckett.

- Le juge ? commença-t-il d'un grand sourire. Oh non, je sais ! Tu veux avoir mes conseils pour draguer un mec. Quoique, ton coéquipier ne semble pas contre un petit… « changement », s'amusa-t-il en appuyant bien sur le mot qui qualifiait Castle.

Elle soupira profondément, lassée.

- Si j'étais moi, tu aurais juste à sourire.

Classique, pensa-t-elle. Mais ça ne changeait en rien l'humour de sa réplique. Elle esquissa un sourire mais le perdit bien vite.

- Non, j'ai amené Emma avec moi, fit-elle en observant attentivement la réaction de James. Elle attend dehors.

Il s'était figé et son sourire –dans le même état- faisait craqueler son masque « farceur ».

- Fais-la entrer, chuchota-t-il en fixant la porte par laquelle était passée la jeune femme.

Beckett se leva gracieusement et prévint un garde d'amener la fillette. N'étant pas assez grande, Emma ne pouvait pas voir ce qu'il se passait derrière ces murs. La brunette vit une touffe de cheveux être accompagnée d'un vigile et ne put s'empêcher de sourire légèrement en la voyant monter et descendre à chaque pas.

Lorsque la petite fut dans la pièce, ses mains s'étaient rejointes devant son ventre et elle fixait James d'un regard humide.

- Comme tu as grandis ma chérie, murmura Roderick d'une voix cassée.

La fillette fit un pas en avant mais la main de Beckett l'arrêta. Brusquement, elle sentit la colère monter, pensant que la jeune femme l'empêcherait d'aller serrer dans ses bras la seule personne qui pouvait la comprendre mais cette même colère se dissipa lorsqu'elle perçut son sourire abîmé.

Emma la fixa, longtemps, jusqu'à ce que Beckett cligne des yeux de façon appuyée et lâche sa main. Alors seulement, elle se permit de faire un véritable pas dans la pièce.

- Babo, murmura-t-elle, des larmes dans la voix.

- Allez viens-là, sweety.

Elle se dépêcha de le rejoindre et enfin près de lui, la fillette se rendit compte que James n'était pas menotté. Emma sentit son cœur se gonfler d'amour pour Beckett et le poids de la culpabilité refit surface, s'en voulant d'avoir dit ces atrocités à la jeune femme. Lorsque James la souleva, l'embrassant sur les deux joues et la serra contre lui, elle sut que ça en valait tout de même la peine.

Peut être était-ce son étreinte rassurante qui lui avait tant manqué. Peut être était-ce le regard attendrit de la personne qu'elle avait déçu poser sur elle. Peut être était-ce parce qu'elle ressentait enfin ce sentiment de sécurité qu'elle croyait perdu. Peut être parce qu'elle voyait enfin la couleur de l'espoir à la fin de ce chemin tortueux. Ou peut être était-ce pour toutes ces raisons qu'elle venait de citer que la main de James fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase de ses yeux.

Elle pleura dans son cou et entoura sa taille avec ses petites jambes fines.

Beckett n'en menait pas large. Elle aurait donné n'importe quoi pour que Castle soit à ses côtés et frôle ses doigts crispés avec sa main pour la réconforter. Elle n'aurait jamais imaginé qu'un lien aussi puissant pouvait c'être créé entre les deux personnes qui se retrouvaient. Le souffle du geste de Castle sortit de son imagination lui picota le bout des doigts. Une petite larme solitaire, s'aventura sur sa joue pour finir sa course sur le sol, sa tête étant baissée vers ses pieds.

Larmes, pétales du cœur, cesse de me montrer vulnérable.

Elle la regarda éclater en millier de petites gouttes salées, pourtant inoffensives mais qui contenaient tant de douleur, de tristesse et de remords dans les yeux de « tout le monde ». Elle se demanda un instant qui, en cet instant, pleurait et pourquoi. Un suicide se fait toutes les trente secondes, on le sait. Pourquoi ne pourrait-on pas savoir le nombre de personne qui pleure chaque trente secondes ?

Elle aurait aimé savoir si beaucoup de personne se retenait comme elle… de pleurer. Et si toutes les larmes retenaient les mêmes choses.

oOoOoOoOo

- Raconte-moi Roderick…

Il hocha la tête en fermant les yeux. Il ouvrit la bouche pour la refermer seulement longtemps après.

Il lui expliqua la façon dont il avait été piégé par le « boss » en tuant le père d'Emma. Le boss voulait se débarrasser de lui, guettant sa sortie de prison après l'affaire « Tom Evans ». Kyle Mayer travaillait pour lui et avait été envoyé pour tuer Roderick. Mais ce dernier, se doutant que quelque chose se tramait dans son dos n'avait pas hésité à tirer lorsque Kyle commençait à sortir son arme de sa veste dans ce parking désert.

Il avait alors découvert Emma dans la voiture de Mayer et savait qu'il devrait tout faire pour la protéger du boss, au détriment de sa propre vie. Puisant le courage dont il avait besoin dans ses prunelles innocentes.

Il était un tueur à gage surentraîné et c'est naturellement qu'il enseigna les arts du combat à Emma.

- Pourquoi ne c'est-elle pas défendue face à son agresseur ? demanda Beckett.

- Tous ses sens sont surdéveloppés et elle a su reconnaître un employé du boss à la manière dont il avait de tenir son arme, de marcher ou à l'odeur qu'il dégageait. Et je lui ais dit de me promettre que si un de ces employeurs essayaient de l'enlever, elle ne devait pas utiliser toutes ses facultés pour se défendre.

L'odeur de la cigarette, se souvint Beckett.

- Pourquoi ? reprit-elle.

- Il ne se serait pas fatigué et l'aurait tué. Je lui ai moi-même promit que si elle se faisait enlever, je la retrouverai. Où qu'elle soit.

Elle sourit doucement à Roderick et le laissa continuer.

Lorsque plusieurs signes montraient qu'il était un danger en restant près d'Emma, il était partit immédiatement, lui faisant promettre de ne jamais essayer de le retrouver. Une idée avait alors germée avant qu'il ne s'en aille et il fit passer Emma pour une enfant battue, la laissant entre les mains de ses hommes de confiance.

Aujourd'hui, il regrettait amèrement de leur avoir fait confiance.

Il avait imaginé qu'un flic pourrait la sortir de cet enfer et la protéger en sachant qu'elle se faisait « battre ».

Il n'aurait jamais imaginé que le flic qui l'a sortirait de ce pétrin serait Beckett.

Il lui sourit.

- Pourquoi ne voulait-elle rien nous dire ? demanda Beckett.

- Je lui ai interdit de parler, prétextant que je serai en danger. Ce qui est en partie vraie mais c'était surtout elle qui m'inquiétait. Ils sont partout Beck's, je risque ma vie en te parlant et tu risque la tienne mais il faut que cela cesse.

Puis il lui expliqua qu'Emma n'avait pas tout le temps jouée la comédie avec la jeune femme ou Castle. Il lui avait demandé d'accorder sa confiance à ceux dont elle croyait en être capable et elle l'avait fait, pouvant enfin s'attacher à eux.

Le haussement de sourcil de Beckett le surprit. Ainsi que sa fidèle ride du lion qui apparue. Le tressautement de sa lèvre supérieure le mit dans le droit chemin. Il avait visé juste.

Il précisa alors que c'était de sa faute si Emma avait tout fait pour s'éloigner de Beckett ces derniers jours ou peut être ces dernières heures.

Mais il la rassura en insistant bien sur le fait qu'elle l'avait fait contre sa volonté de petite fille.

oOoOoOoOo

Se mordillant les phalanges et le genou sautillant sous le bureau, Beckett avait le regard absent et semblait dépassée par les derniers évènements. Une tasse de café fumante posée de façon à attirer son attention la fit revenir sur Terre. Elle remercia Castle et lui fit un léger sourire.

Au bout de plusieurs secondes à soupirer et à regarder en l'air, l'écrivain brisa ce silence devenu pesant.

- Elle ment.

Beckett posa un regard plein de question sur le perturbateur.

- Emma, précisa-t-il. Elle ment en disant qu'elle ne vous aime pas.

- Elle ne l'a jamais dit, marmotta la détective qui ne voulait pas faire part de sa discussion avec Rode.

Il lui lança alors un regard plein de sous-entendus.

- Kate, j'ai tout vu et j'ai compris le sens de votre dernière question pendant son interrogatoire.

Cette dernière soupira et repoussa la tasse de café comme pour repousser Castle. Il le vit mais ne dit rien. Elle se braquait. Et il le savait. Mais il se devait de la rassurer.

- Elle vous admire comme Alexis le fait, ses yeux pétillent quand elle vous regarde.

Dans un geste légèrement brusque, elle renversa quelques gouttes de café sur son bureau.

- N'ayez pas peur d'elle, Kate. Ce n'est qu'une enfant, elle ne peut pas vous blesser. Elle est la marionnette dans l'histoire.

Peur d'une enfant ? Pourquoi aurait-elle peur d'Emma ? Pour qu'elle raison ? Elle en aurait rit si ce n'était que des mensonges. Elle se demandait encore pourquoi elle avait si mal lorsqu'Emma lui attrapait la main, lui souriait avec toute cette innocence. Peut être parce que dans les yeux de la fillette reflétait l'amour qu'à un enfant pour sa mère. Et que cet amour avait depuis longtemps disparu de ses propres yeux d'adultes.

Pourquoi est-elle partie si tôt ? Pourquoi est-elle partie tout simplement…

- Elle a autant la trouille que vous, Kate. Tout ceux qu'elle aimait sont partit ou l'ont trahis. Elle a peur d'aimer et de souffrir en retour.

Comme vous.

- Ne dites pas ça, Castle, trancha-t-elle d'une voix forte, sa tasse de café en main.

- Quoi ? La vérité ?

Elle posa brutalement sa tasse sur son bureau, faisant relever la tête de ses collègues et meilleurs amis. Son breuvage préféré ressemblait à une mer déchainée, le précieux liquide s'échappait ici et là du récipient. Beckett pointa le torse de l'homme du doigt, le frôlant presque sans jamais croiser son regard. Elle le menaça d'un ton égal et froid.

- Ce n'est pas parce que vous m'avez tenu dans vos bras quand j'étais au bout du rouleau que vous avez le droit de me dire ce genre de chose. Ce n'est pas parce que vous êtes la seule personne à m'avoir vu dans cet état que vous devez me pousser au pied du mur. Ce n'est pas parce que je suis émotionnellement instable que vous devez me cité les vérités que je connais déjà…

Mais que je refuse d'admettre.

Elle planta son regard remplit de fureur dans le sien et il sut qu'il était allé trop loin. Il aurait pu faire l'ignorant, ne pas comprendre pourquoi elle réagissait de la sorte mais c'était impossible. Tout simplement parce qu'il la connaissait et qu'elle le savait.

- Maintenant, rentrez chez vous, souffla-t-elle en se remettant au travail.

Furieux lui aussi, il se leva, faisant trembler le bureau et renverser le peu de café qu'il restait dans la tasse. Mais elle ne réagissait pas. Physiquement du moins. Ses yeux n'attendaient qu'une chose : pleurer. Ses mains : trembler. Ses poings : frapper. Sa bouche : s'excuser.

Son cœur : se desserrer et battre.

Ne plus avoir peur… Mais comment ?

oOoOoOoOo

Tournant furieusement les pages de sa paperasse, elle se trouva face aux quelques dessins qu'avait fait Castle il y a quelques jours. Elle les découvrait seulement maintenant ainsi que la douleur que pouvait provoquer une petite fleur dessinée sur du papier. Tellement gamin. Tellement idiot. Tellement adorable… Tellement Castle. Tellement lui.

Elle se leva d'un bond, prenant la tasse où demeurait le reste du café froid que l'écrivain lui avait apporté et partit s'en faire un nouveau. Elle vida le contenu dans l'évier et fit chauffer l'eau de l'autre machine à café où ce dernier était infect.

Elle se fit couler du précieux liquide et dû ignorer l'odeur qui lui souleva le cœur. Portant son breuvage favori à ses lèvres, son cœur se serra lorsqu'elle se rendit compte du changement de goût. Il était carrément dé-gueu-lasse !

Coléreuse, elle mit sa tasse dans l'évier et sortit de la salle en direction de son bureau. Lorsque ses yeux se posèrent sur les petits dessins de Castle, elle sentit la même rage que la nuit dernière l'envahir, cette même rage qui avait saccagée son appartement et effondrer ses barrières.

Alors qu'elle se dégageait de cette douleur en tournant une nouvelle page, ses gestes se figèrent. Elle se retrouva devant un nouveau dessin de Castle mais il était différent des autres… Un petit cœur y était. Beau et plein de promesse.

Et de nouveau, la peur lui noua la gorge.

Les yeux humides, elle se mit la tête dans les mains avant de les faire vagabonder dans ses cheveux, les coudes posés sur son bureau.

C'était tellement ridicule de réagir de la sorte. Ridicule oui, mais pas moins douloureux. Alors que son cœur battait dans un rythme effréné, celui de papier resta figé. Elle se rendit alors compte que de ses erreurs, que le cœur de Castle ne battra bientôt plus aussi fort pour elle si rien ne changeait, si elle réagissait toujours aussi… bêtement. Et si elle ne se dévoilait pas plus.

Alors, elle se leva, décidée à partir.

- Beckett ? l'appela Ryan.

La jeune femme se tourna vers lui, toutes ses affaires en main, impatiente et épuisée.

- Castle m'a dit de vous dire qu'il avait prit Emma avec lui pour que vous puissiez vous reposer.

Elle le remercia d'un sourire abîmé qui ne lui était pas adressé puis s'en alla enfin. Castle pensait toujours à son bien être, même lorsqu'ils se disputaient.

Elle devait s'excuser et surtout, ne pas laisser la peur gagner une nouvelle fois. Mais c'est tellement plus simple d'ignorer et d'attendre que le temps pense les blessures et couvre les non-dits…

oOoOoOoOo

- Josh ? Mais… qu'est-ce que tu fais là ? s'étonna Kate en rentrant chez elle.

- Je suis ravi de mon effet de surprise, s'amusa-t-il.

- Excuse-moi, je suis épuisée, répondit-elle en se passant une main sur son visage.

- Eh Kate, je plaisantais, précisa-t-il en venant l'enlacer.

Alors qu'il plaçait ses bras autour de sa taille et plongeait son visage dans son cou, elle se sentit horrible. Elle avait l'impression de le trahir. L'image de la fleur de Castle dansait devant ses yeux. Elle clôt les paupières et le dessin du petit cœur apparut.

Elle sentit des larmes lui piquer les yeux et sa gorge la brûler. Lorsqu'elle sentit les lèvres de Josh contre sa joue, elle se braqua. Il n'était pas comme d'habitude. Dès lors qu'ils se voyaient, le médecin s'empressait de l'embrasser sur les lèvres et non sur la joue. Son étreinte lui semblait désormais comme une routine, un geste non-réfléchit qui ne reflétait aucun sentiment.

Son cœur rata un battement.

La brunette se dégagea de ses bras et sentit le soupir de son petit-ami contre son cou.

- Josh, qu'est-ce qui se passe ?

Il se recula et croisa son regard.

- Je pensais que ça passerait mais j'ai été idiot d'espéré.

Beckett fronça les sourcils et croisa les bras.

- De quoi tu parles ?

- De la lettre.

- De quelle lettre ?

Il soupira bruyamment, exaspéré.

- Bordel Kate ! De la lettre ! Cette lettre que tu cachais sous ton oreiller ! s'énerva-t-il.

La jeune femme se figea une poignée de seconde puis la colère l'enveloppa.

- Tu as lu la lettre de Royce ? hurla-t-elle.

- Tiens, parlons-en de Royce justement ! Je ne savais pas qu'il était…

- Ne le dis pas, coupa-t-elle d'une voix froide.

- Je ne savais pas qu'il était mort !

Sa main ne perdit pas une seconde pour lui mettre une gifle qui lui fit tourner la tête. Il ne broncha pas, après tout, il s'y attendait.

- Je t'avais dis de ne pas le dire ! hurla-t-elle les yeux humides.

- De dire quoi ? La vérité ?

Beckett arrêta tous mouvements. Castle lui avait reproché la même chose il y a quelques heures seulement. Tout était donc toujours pareil ? Tout était toujours répétition avec elle ? On faisait un pas en avant pour l'aider, la protéger, l'aimer elle se braquait et en faisait trois en avant pour bousculer d'un coup d'épaule celui qui lui venait en aide.

La brunette posa un regard humide sur l'homme souffrant face à elle et murmura :

- Tu as raison. Tu as toujours eu raison.

- Kate…

- Non, il ne faut plus se cacher derrière nos illusions, il faut faire face.

Elle ne le regardait plus désormais mais fixait un point invisible près du sol. Elle donnait l'impression de réciter un texte un peu trop apprit et cela lui fit mal.

- Il faut que l'on arrête de souffrir, Josh. Il faut que tu arrêtes de souffrir. Par ma faute.

Ce dernier s'approcha de celle qu'il aimait tant mais elle secoua la tête. Et comme toujours, il ne fit rien pour la contredire, juste pour la garder un peu plus longtemps près de lui. Parce que cette fois, c'était bel et bien finit.

- Tu m'aimes Kate mais pas de la bonne façon. Pas de la manière dont je le souhaite.

La jeune femme baissa un peu plus la tête, ne voulant en aucun cas croiser ce regard douloureux qu'elle redoutait tant. Mais elle dit qu'il fallait faire face. Alors elle le regarda et sentit une nouvelle fois les perturbatrices acides se bousculer au coin de ses yeux.

- Tu es mon amie, Kate. Tu l'as toujours été. Jusqu'à ce que tu me dises que tu étais d'accord pour qu'on construise quelque chose ensemble. Je n'y croyais pas vraiment au début mais je regrette d'avoir douté de toi.

Elle fronça les sourcils.

- Tu es une précieuse amie, Kate.

- Arrête, Josh. C'est faux. Je ne suis qu'une garce qui souhaite que son bonheur.

- Cette fois, c'est toi qui a tord. Tu n'es pas heureuse et tu te soucies beaucoup plus des autres que de toi-même.

Il fit un pas en avant et elle le laissa faire.

- Tu es imparfaitement parfaite, Kate Beckett.

Elle éclata en sanglot et s'approcha de lui, leurs vêtements se frôlaient sans jamais vraiment se toucher. Elle lui posa une main sur la joue.

- Tu es si gentil… Qui suis-je pour te faire endurer une telle chose, murmura-t-elle.

- Tu aimes juste quelqu'un d'autre, ce n'est pas ta faute.

- Mais je t'ai exclu de ma vie, je ne te confiais jamais rien…

- Tu m'as confié ton passé, l'affaire de ta mère et ça m'était indispensable. Mais j'avoue avoir été blessé en découvrant ta lettre.

- Je ne t'en veux même plus de l'avoir lu… s'étonna-t-elle.

Il sourit et prit sa main qui était sur sa joue. Il lui embrassa le bout des doigts et s'éloigna d'elle.

- Je vais chercher ma valise.

- Tu avais tout préparé.

- Oui, je suis désolé.

Beckett le regarda s'éloigner et sentit son cœur se serrer à la vue de la valise qu'il avait choisit en revenant dans le salon. Elle la lui avait offerte lors de son dernier anniversaire. C'était assez ironique dans un sens. Mais de l'autre, assez poétique. Elle resterait encore un peu avec lui de cette façon.

Il l'embrassa sur le front et lui glissa un morceau de papier dans une main. Puis dans un silence où seul le bruit des roulettes montraient que le temps ne c'était pas arrêté, il ferma la porte pour ne plus jamais la franchir.

La brunette se sentait douloureusement seule. Plus un son à part peut être son cœur qui battait dans ses oreilles. Organe qui nous maintient en vie et qui contient métaphoriquement tous nos sentiments. Douloureux ou amoureux. Elle n'avait peut être pas le cœur brisé suite au départ de Josh mais c'était une case de sa vie qui s'en allait. Métaphoriquement.

Elle ouvrit sa main, et y découvrit comme elle l'avait sentit, un morceau de papier. Elle le déplia et le double de ses clés d'appartement tomba dans un tintement sourd sur le parquet ciré. Désormais à nue, la lettre de Royce trônait dans entre ses doigts crispés et tremblants. Belle et pleine de vérité.

Elle recula, les yeux humides, pour enfin sentir la porte contre son dos vouté où elle s'y laissa glisser lentement.

Complètement et métaphoriquement seule.


Z'êtes toujours là ? Si vous avez détesté, faite-le moi savoiiiiiiiir ! =D

Review pleaaaase ! ^^'