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Merci à Solealuna, Ayahne (ouais, carrément !), Mag13, Sarah d'Émeraude eeeeeeeeeeet Iliana ! Z'êtes super !
Chapitre 14 : Alors peut-être… (deuxième partie)
Pour tomber on se débrouille seul, mais pour se relever la main d'un ami est nécessaire.
Proverbe yiddish.
Cette douleur… Il n'en pouvait plus de la voir aux fonds de ses yeux. Ne supportait plus de ne pouvoir la rassurer un minimum, lui dire que tout serait bientôt fini. Mais avec cette enquête, il retrouvait ce regard dur et froid qu'elle abordait lors des nouvelles pistes sur le meurtre de sa mère. Elle avait cette détermination encore plus présente, se reflétant dans ses moindres gestes et mots. Cette obsession qui lui faisait oublier le monde entier… Et il en faisait partit.
Emma avait la manie de lâcher des bombes lorsque tout « s'arrangeait ». La manie de la blesser un peu plus, la manie de faire couler ses larmes comme jamais. La manie de ressasser un passé que Kate souhaitait oublier… Mais elle n'avait que neuf ans. Comment se rendre compte de ce genre de chose à cet âge ? Comment comprendre le cœur d'une adulte aussi complexe que Beckett ? Pourtant, Castle était persuadé que la fillette l'avait cerné. Et ce, depuis longtemps.
Et si Tom avait été bel et bien mort ? Peut-être que les choses seront rentrées dans l'ordre et il verrait les étoiles qu'il aimait tant dans les yeux de la jeune femme mais elle trainerait toujours se regret de ne pas être arrivé à temps pour sauver l'adolescent. Et si Emma ne c'était jamais fait entraîné dans cette monstrueuse affaire ? Peut-être que les yeux tendres de Beckett ne se seraient jamais arrêtés sur elle. Et si le boss n'avait pas piégé James Roderick ? Peut-être que toute cette douleur n'aurait jamais été causée…
Et si Beckett lui avait raconté cette histoire avant que tout cela n'arrive ? Peut-être aurait-il été capable de la rattraper lorsqu'elle tombait, de serrer ses mains non abîmées par le verre qu'elle avait brisés dans un moment de rage, d'embrasser ses joues où les larmes coulaient. Peut-être que tout serait différent aujourd'hui… Peut-être qu'elle lui aurait fait encore plus confiance… Mais peut-être avait-elle eut peur de sa réaction… Peur qu'il ne la juge… Peur. Tout simplement.
Alors pourquoi ?
Pourquoi avoir l'impression d'être un boulet qu'elle trainait ? Pourquoi avait-il du mal à la croire lorsqu'elle affirmait qu'il s'occupait déjà d'elle ? Pourquoi avait-il si mal…
Comme pour obtenir une réponse, il tourna la tête vers une Beckett qui conduisait, le visage fermé. Il soupira en comptant le nombre de fois où il l'avait aperçut, ce visage là. Il battait tout les scores depuis le début de cette enquête. Depuis Emma. Depuis cette histoire… Depuis ce passé qu'il découvrait à et avec peine.
Peut-être qu'il avait l'impression de retomber dans cet air tendu suite à la toute première enquête sur l'affaire de sa mère en sa présence. Peut-être parce qu'il avait l'impression de mettre son nez où il ne fallait pas, où il ne pouvait pas… Où il ne devait pas. Peut-être parce qu'il ne croyait pas Beckett capable ou alors bien trop fière pour lui confier ses réels sentiments : sa peur, ses craintes, ses soupçons, ses larmes aussi, sa douleur qu'il tenterait d'effacer avec une bêtise. Peut-être parce qu'il pensait Beckett incapable de sourire désormais.
Peut-être parce qu'il voulait la sauvée et ne pas être simplement là pour elle. Il voulait être la personne qui lui tendra la main pour l'aider à se relever.
Alors, lorsqu'elle posa sa main sur le levier de vitesse, il la recouvrit de la sienne. N'ayant pas suivit le cours de ses pensées, elle ne comprenait pas bien ce que venait faire ce geste si soudaine, si réconfortant.
Et si désireux d'avoir un retour.
Elle lui fit un vague sourire, le regardant du coin de l'œil et il s'en contenta. Il retira sa main et regarda par la fenêtre, laissant le paysage tout juste éveillé de Big Apple défiler sous ses yeux quelque peu rassurés.
Emma ne disait rien, se contentant de faire la même chose que Castle. Elle s'en voulait de ne pas avoir tout déballée à Beckett la première fois au lieu de lâcher des petites bombes dévastatrices, faisant écrouler ses dernières barrières encore indemne. Mais Emma savait la jeune femme capable de les reconstruire désormais, la fillette ne lui cacherait plus rien puisqu'elle raconterait tout dans les moindres détails. Au prix d'effriter sa si belle amitié avec James. Elle n'en pouvait plus de toute cette douleur, de tous ces regards vides, de cette inquiétude constante pour elle… à cause d'elle.
Et si elle devait être la seule à souffrir au final… Il en sera ainsi.
Elle avait tenté de s'échapper, elle aurait voulu s'échapper mais elle n'avait rien fait. N'ayant pas le cran de le faire, comme lui aurait dit James. N'ayant pas la force de l'abandonner avec toutes ces horreurs crachées au visage. Et puis, elle avait bien sentit le regard d'un des employés du boss peser sur elle. Si Emma n'était pas revenue auprès de Castle, elle se serait fait enlever, se laissant faire et à l'heure qu'il est, elle ne serait plus de ce monde de fou.
Elle avait refusé de mourir sans lui avoir présenté ses excuses et fait éclater la vérité au grand jour, lui donnant ainsi la possibilité de se venger.
Cet homme qui la surveillait, elle aurait pu le prendre par surprise et faire éclater sa mâchoire d'un coup de pied. Mais à quoi cela lui aurait-il servit ? A part se vanter qu'à son âge, elle maîtrisait les arts martiaux telle une professionnelle.
Mais ce n'était pas une vie et elle ne l'avait jamais voulu.
Lorsqu'elle était encore à l'école, elle entendait les enfants de son âge se plaindre de leurs parents qui ne les laissaient pas veiller tard. Emma n'avait pas à donner son avis puisqu'elle ne savait pas ce que c'était. Elle n'avait pas eu le temps d'aimer son vrai père ou Roderick qu'ils étaient partis… Elle était orpheline depuis maintenant trop longtemps. C'était frustrant et terriblement douloureux… Mais avec le temps, on s'habitue à tout… Même à cela.
oOoOoOoOo
- Esposito et Ryan assureront l'interrogatoire, trancha Beckett en s'asseyant à son bureau.
- Quoi ? s'exclama Castle. Mais c'est en vous qu'Emma a confiance.
- Je… hésita-t-elle, Je ne peux pas Castle.
Elle avait dit cette dernière phrase si bas et semblait si fragile désormais qu'il s'en voulu de l'avoir contredis. Il posa une main sur son avant-bras et lui sourit.
- Un café ? proposa-t-il.
- Volontiers, j'en ai vraiment besoin, accepta-t-elle dans un sourire.
Il se leva et partit en direction de la salle de repos. Immédiatement, le sourire de la brunette tomba, lui faisant retrouver son masque qu'elle portait depuis quelques jours et que Castle lui avait enlevé en mettant ses mains sur ses yeux. Un doux frisson la parcouru et elle trouva la force de se lever à son tour, rejoignant Emma qui se trouvait assise à une table, dans une salle. Seule. Et probablement terrifiée.
Montgomery lui barra le chemin en se postant devant elle.
- Monsieur, fit-elle pour le saluer.
- Beckett, répondit-il.
Après un léger silence, il continua.
- Comment vous allez ?
Elle comprit le double sens de sa question et se contenta de lui répondre d'un sourire un peut trop abîmé pour être vrai.
- Je vais bien, Monsieur.
Il hocha la tête, peu convaincu tout de même, puis la tourna vers la salle où se dirigeait Beckett. Il posa un regard tendre sur la fillette.
- Une brave petite, murmura-t-il.
- Oui, se contenta-t-elle de répondre.
- Faites payer cet enfoiré, Beckett, continua-t-il d'une voix forte en reportant son attention sur elle.
- Comme toujours, Monsieur, fit-elle en hochant la tête.
Dans un dernier sourire inquiet, il la laissa mais elle ne reprit pas immédiatement sa marche. La brunette se pinça les lèvres en fermant les yeux puis, lorsqu'elle les rouvrit, la fillette la fixait de ses grands yeux émeraude. Forte et innocente.
Comme vous, entendit-elle la voix de Castle lui murmurer.
Elle faillit se retourner, inspectant les lieux pour connaître l'origine de ce murmure. Mais elle ne fit rien… Son subconscient l'accompagnait… Castle l'accompagnait.
Elle ouvrit la porte et fit un sourire à Emma. Qui ne lui rendit pas.
Mauvais signe.
- Emma, commença-t-elle.
- Kate, répondit la fillette.
Un sourire immense fendit ses lèvres à l'entente de son prénom et à l'humour mal contenu de la petite. Elle s'était jouée d'elle.
- Tu souris, constata Emma.
- Oui, ma grande, comme tout le monde.
- Peut être, mais toi, ça me fait plaisir.
- Oh, fit-elle attendrie.
Elle embrassa la fillette sur la joue et s'assit à ses côtés.
- Emma, ce n'est pas moi qui te poserai des questions comme la dernière fois, Ryan et Esposito vont s'en charger, ça ne te dérange pas ?
- Non, je comprends. Je t'ai fait du mal la première fois, c'est normal.
- Oh, Emma… Ce n'est pas par rapport à toi, s'expliqua Beckett en posant une main fébrile sur son petit bras.
- Alors pourquoi est-ce que tu trembles ?
La brunette retira précipitamment sa main, comme si la fillette l'avait brûlé… comme si ses mots avaient plus d'impact qu'elle ne voulait se l'avouer. Mais les yeux brillants de la fillette en quête de réponse la firent se liquéfier…
- Je… j'ai peur.
- De quoi ? questionna doucement la fillette.
- Emma… commença Beckett.
- Dis-moi, supplia-t-elle.
La brunette soupira et plongea dans les yeux verts de la jeune fille. Elle lui fit un demi-sourire qui n'éclairait pas son regard.
- De tout.
- Comme le fait que Tom soit vivant ? Que ton passé ne soit qu'un mensonge ?
- Oui, sweety, j'ai peur de tout ça.
Après un léger silence, la fillette accrocha son regard à celui fuyant de Beckett.
- Comme le fait qu'il t'aime ?
Après une longue hésitation, Beckett lui répondit :
- Oui.
- Tu sais qu'il ne te fera jamais de mal ? questionna Emma.
- Tu ne le connais pas, marmotta-t-elle.
- Mais tu le sais, n'est-ce pas ? insista la fillette.
Silence.
- Oui.
Deuxième silence.
- D'accord, acquiesça Emma, je suis prête.
Beckett la fixa, surprise. Surprise parce qu'elle venait d'avouer à Emma que l'amour de Castle à son égard ne la dérangeait pas et surprise aussi par le manque de réaction de la fillette. Souriait-elle intérieurement ? Faisait-elle une danse de la joie mentale ? Ou peut-être cherchait-elle simplement à lui faire ouvrir les yeux, lui faire comprendre ?
Stop. Il t'aime. Du verbe « aimer », conjugué au présent donc c'est maintenant, tout de suite, en ce moment même. Ce n'est pas un sentiment oublié. Le passé. Non, rien de tout ça. C'est maintenant. Actuel et bien réel.
Merde.
Comme si elle découvrait le monde, elle fixait tout ce qui bougeait, écoutait tout ce qui était à entendre et ne se sentit même pas marcher jusqu'à son bureau, s'y asseyant.
- Beckett, votre café.
Elle regarda le perturbateur, fixant ses lèvres qui bougeaient. Ah. Il lui parlait.
- Hein ?
- Votre café, il va être froid.
- Oh, fit-elle en fixant ledit café.
- Kate, ça va ?
Kate… C'était devenu une habitude désormais, c'était presque… normal. Et elle devait bien avouer que les différentes façons dont son prénom sortait de sa bouche la rendait toute chose, tellement qu'elle oublia complètement sa question. Depuis… Depuis quoi ? Depuis que son cerveau lui avait hurlé qu'il l'aimait et ses lèvres qui avait répondu à sa place, probablement.
Elle bu une gorgée de son café et regarda Castle. Plongeant son regard dans cet océan, elle ne perdit pas pied sous la puissance de leur lien. Elle resta là, à le fixer. Il sembla surprit puisqu'elle le vit hausser un sourcil.
Etait-ce l'amour cette force qui lui tenait le menton, l'empêchant ainsi de détourner le regard ? Elle secoua la tête, se traitant d'idiote et Castle la regarda faire, dérouté. Tout n'était qu'idiotie. Toutes ses pensées, ses conclusions non fondées. Tout.
Ou peut-être pas.
Et si c'était vraiment le cas ? Et s'il l'aimait vraiment ? Et qu'elle aussi ? C'était donc ça le sentiment qui s'emparait d'elle et qui la transformait en une flaque d'hormone en ébullition telle une adolescente ? C'était… grisant.
Et incroyablement excitant.
Peut-être était-ce l'acceptation, cette force. Il l'arracha de ses rêves avec sa voix.
- Beckett, les gars vont interroger Emma, l'informa-t-il.
- Moui.
Lorsqu'elle lui répondit, elle percutait le sens de sa phrase. Elle se leva d'un seul coup, tasse en main et telle une fusée, elle entra dans la salle où se déroulerait l'interrogatoire. Les gars venaient tout juste d'entrer, s'installant.
Beckett se pencha à l'oreille d'Emma, toutes ses émotions reprisent sous contrôle, et lui murmura :
- Dis tout ce que tu sais, n'omit aucun détail.
La fillette opina du chef puis se radoucissant, la jeune femme continua :
- Ne t'en fais pas, d'accord ?
- Même pas peur, lui répondit Emma dans un léger sourire qui cachait assez mal son anxiété.
Se levant, la brunette caressa l'épaule tendue de la fillette et sortit de la pièce, adressant un hochement de tête à ses deux amis et oubliant son café sur la table.
oOoOoOoOo
Derrière la vitre, Beckett se mordillait l'index lorsque Castle brisa ce silence confortable.
- Maman Beckett en action, s'amusa-t-il.
Elle se tourna vers lui et s'attendant à un regard noir ou à une remarque ironique voire cassante, il se dandina. Mais contre toute attente, Kate lui sourit et reporta son attention sur ce qui se déroulait dans la pièce voisine. Désormais plus à l'aise mais néanmoins surprit, il observa la jeune femme, l'admirant.
Il la vit prendre de petites inspirations et les relâcher le plus calmement possible, pour chasser la douleur.
Appuyée sur une jambe, elle changea et porta tout son poids sur l'autre. Castle en déduisit son impatience, assoiffée de vérité. Lorsqu'Emma ouvrit la bouche pour la première fois, il vit Beckett se tendre aux mots qu'elle prononça.
- James m'a tout raconté sur l'affaire de Tom Evans.
- Pourquoi ? questionna Esposito.
- Parce que je suis le même genre de victime.
Beckett mordilla plus nerveusement son doigt, sous l'entière attention de Castle.
- Raconte-nous ce que tu sais, Emma, demanda Ryan.
La fillette hocha la tête et commença…
Tom Evans. Treize ans. Innocent. Fragile. Et tellement simple à avoir. Il fut aussi l'élément déclencheur de toute cette histoire. Celle du piège, celle impliquant Emma… celle qui lui fit tant de mal.
La brunette leva une main vers la vitre sans teint et la posa contre la froideur du verre.
Le boss voulait simplement s'amuser un peu, en bon homme méprisant et affreux qu'il était. Et peut-être aussi parce qu'Ellen lui devait de l'argent. Beaucoup. Un peu trop. En manque de crack… Il lui avait fait regretter en s'en prenant à son fils, sa seule famille dont elle ne s'occupait pourtant pas.
Découvrant que ce n'était qu'un simple jeu, une vengeance qui n'avait pas lieu d'être, Roderick avait voulu protéger Tom des griffes acérées du boss. Il avait alors apprit son problème au cœur et le plan germa de lui-même…
Il fit passer Tom pour mort, envoyant son cœur malade à la police, ses empreintes le recouvrant. Brouillant facilement les pistes. Affaire classée.
La jeune femme sentit malgré elle ses yeux se fermer et ses doigts se rejoignirent dans un poing colérique. L'écrivain vit sa muse trembler et devenir affreusement pâle en rouvrant les yeux. Il se leva et se tint près d'elle, juste au cas où…
Avant de se faire arrêter, James envoya Tom dans une école où il savait qu'on ne lui poserait pas de question. L'adolescent avait tout quitté, ne donnant aucune nouvelle à sa mère qui finit par succomber au chagrin, ou à celle qu'il aimait. Hanna Grey. Sourde-muette mais aussi son premier amour.
Puis il avait découvert son existence, le poids qu'elle pesait dans la balance, la possibilité de pouvoir tout recommencer…
- Je l'ai rencontré, murmura la fillette d'un regard brillant, il m'a offert une sucette.
Silence. Les deux hommes dans la pièce savaient qu'elle n'avait pas terminé. Tandis que derrière la vitre, les souffles étaient retenus.
- Je suis sa petite-sœur.
Beckett sentit ses jambes se dérober sous son poids et avant qu'elle ne touche terre lourdement, Castle la rattrapa, la tenant contre lui. Il pensait qu'elle pleurait en silence mais non, ses yeux étaient douloureusement secs. Pourtant, de longs gémissements de douleur s'échappaient de ses lèvres entrouvertes. Une tristesse sans larmes…
- Nous avons la même mère, continua la voix d'Emma en fixant la vitre, tentant d'accrocher le regard de Beckett qu'elle ne pouvait voir et qu'elle ne trouva jamais.
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Alors qu'elle attrapa sa main pour se relever, les larmes lui piquèrent enfin les yeux en voyant Emma derrière la vitre, les mains jointes et cet air affolé peint sur le visage. Elle voulait hurler qu'elle était juste derrière cette foutue vitre, qu'elle la voit lui faire un sourire. Et en même temps, une terrible voix lui murmurait que c'était mieux ainsi, que le verre froid cachait sa faiblesse, ses pleurs peut-être.
Tenant toujours fermement la main de son ami dans la sienne, elle sortit de la salle d'observation au moment où Esposito et Ryan ouvraient la porte de la salle d'interrogatoire. Ils virent les deux mains entrelacées mais ne dirent rien. Beckett devait vraiment en avoir besoin pour s'afficher ainsi en public. Mais ce n'était pas le cas… Ce fut un pur réflexe que d'attraper sa main, un besoin vital pour se relever. Elle se demanda si elle serait maintenant au sol si Castle avait refusé son geste.
Mais pourquoi l'aurait-il fait, n'est-ce pas ? Après tout ce fut lui qui la rattrapa pour la serrer dans ses bras. Elle sentait encore ses lèvres se poser à plusieurs reprises sur ses cheveux et son souffle chaud près de son cou qui la rassurait.
Elle entra dans la pièce où patientait Emma. Lorsque cette dernière tourna la tête, Beckett se figea, crispant ses doigts autour de la main de l'écrivain qui la suivait toujours. Elle pleurait.
- Oh, Emma, balbutia la brunette en sentant les larmes monter à son tour.
Elle lâcha la main de Castle avec douceur pour s'accroupir devant la fillette.
- Je n'en peux plus, sanglota-t-elle. Je veux que tout s'arrête.
Lorsqu'un violent sanglot la secoua, elle se laissa glisser de sa chaise pour tomber dans les bras fébriles du lieutenant. Cette dernière faisait tout ce qu'elle pouvait pour ne pas craquer. Elle lui caressa d'une main tendre ses cheveux longs remplis de bouclettes anglaises.
- Tout va bien, Emma, c'est finit maintenant.
- Non, pleura-t-elle de plus belle, non ça n'ira pas. Tom a été enlevé…
- Quoi ? fit Beckett en se détachant de la jeune fille.
- James me l'a chuchoté en me prenant dans ses bras à la prison.
Les yeux pleins de larmes, la fillette fixait Beckett qui manquait de réaction. Du regard, elle la suppliait de réagir. La jeune femme reprit Emma dans ses bras, la berçant cette fois, murmurant que tout irait bien. Sa voix était si tremblante que la fillette crut qu'elle se persuadait elle-même. Et cela lui fit encore plus mal… que le pilier perde espoir…
La brunette se détacha de la petite pour coller son front contre le sien, les yeux fermés, tentant d'effacer leur douleur commune.
- On va retrouver Tom, Emma et on fera tomber le boss… je te le promets, chuchota Beckett à son oreille.
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Il courait. Il n'en pouvait plus mais il se devait de continuer. Et puis courir de cette manière, le vent soufflant sur son visage, le faisait revivre. Alors malgré sa douleur, il sourit. Il entendait les chiens aboyés derrière lui, dans le lointain mais il sourit. Des ordres partaient dans tous les sens mais il sourit. Tout simplement parce qu'il était libre comme le vent qui s'engouffrait dans ses cheveux collés et sals.
Lorsqu'il entendit le bruit de la circulation se rapprocher, son sourire se fit encore plus grand et ses espérances firent de-même. Un 4x4 semi-remorque passa devant lui à une vitesse qui lui permit de lui courir après sans trop de difficulté.
Il tenta le tout pour le tout… Se jetant en direction de la remorque, il atterrit lourdement à l'intérieur et dû retenir un hurlement de joie pour ne pas effrayer le conducteur qui… Se retourna vers la vitre qui séparait la remorque et la cabine du véhicule puis… Freina brusquement.
- Mais qu'est-ce que tu fou, bordel ! Descend d'là, tu veux, hurla-il en sortant de son véhicule qu'il avait « garé » sur le côté de la route.
- Non, je vous en prie, roulez, supplia Tom en lançant des regards inquiets d'où il venait.
Lorsque le vieil homme à la casquette contourna son véhicule, il vit dans quel état se trouvait Tom et retira ce qu'il avait sur la tête pour le poser contre son cœur, priant le ciel de lui venir en aide.
- Amenez-moi à l'hôpital.
- Qu'est-ce qui t'es arrivé mon gars ?
- Je me suis fais enlevé.
Il pâlit et l'aida à descendre de sa remorque, insistant pour que l'adolescent s'installe à ses côtés. Posant les pieds par terre, il sentit ses jambes se faire douloureusement lourdes et dû s'appuyer sur le vieil homme pour marcher.
- Je m'appel Joe, et toi mon garçon ? demanda l'ancien une fois dans la voiture.
- Tom.
- Alors, Tom, quel bon vent t'amène ? fit le vieil homme en essayant de faire une conversation « normale ».
- Dîtes plutôt une tempête, un ouragan… marmotta le jeune homme en fixant la route.
Joe sourit légèrement, et passa une main sur sa joue mal rasée.
- Ma petite-sœur, finit par murmurer Tom. Je voulais la retrouver et…
- Je ne veux pas savoir pourquoi, mon garçon.
Ce fut au tour de l'adolescent de regarder l'homme aux cheveux décoiffés et de sourire. Un homme solitaire, franc mais incroyablement gentil. Il posa sa tête contre la vitre et ferma les yeux.
Il s'endormit au bout de quelques minutes, le cœur soulagé.
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- Je rentre, annonça Beckett en se levant
Castle la regarda rassembler ses affaires et s'en aller vers le couloir en direction de l'ascenseur, Emma à bout de bras. Il se leva et l'appela.
- Appel l'ascenseur, je n'en ai pas pour longtemps, dit Beckett à la fillette.
Elle s'approcha alors de Castle, les bras croisés, sa veste pendouillant devant elle. Son attitude était indescriptible.
- Castle, je suis fatiguée, qu'est-ce que vous voulez ? demanda-t-elle se passant une main lasse sur le visage.
Ainsi était-elle donc fatiguée… Il ne la croyait qu'à moitié.
- Je veux vous aider, souffla-t-il alors.
Il l'entendit soupirer et elle détourna le regard.
- Je n'ai pas envie de jouer aux devinettes, Castle, fit-elle en reportant son attention sur lui.
- Je veux vous aider à vous relever, être celui qui vous tend la main, expliqua-t-il d'un air grave.
Elle regarda ailleurs.
- Et moi je veux être seule, juste quelques temps.
Il encaissa son broncher. Elle le fixa d'un regard humide et il crut un instant qu'elle craquerait ici, au commissariat.
- Je me relèverai seule Rick, ne vous inquiétez pas pour moi, sourit-elle faiblement.
- Si tel est votre souhait…
Il la regarda se détourner et le cœur lourd, il la vit entrer dans l'ascenseur, suivit de près par une Emma épuisée. Beckett releva le visage jusque là baissée et croisa le regard bienveillant de Castle. Elle ne le lâcha pas des yeux jusqu'à ce que les portes métalliques brise leur lien.
L'image des yeux brillants de Beckett fit germer une idée dans sa tête pleine d'imagination. Il attrapa sa veste et partit.
A leur bureau, Esposito et Ryan se regardèrent.
- 10 dollars qu'il va la rejoindre, commença Kevin.
- Tenu, paria l'hispanique.
Ils se firent un « feeds the bird » et se sourirent.
oOoOoOoOo
- J'ai pas envie d'aller me coucher, marmonna Emma.
- Tu es épuisée Emma, soupira Beckett.
- Je sais mais j'avais envie de rester un petit peu avec toi, devant la télé…
La jeune femme fondit devant son air suppliant très « Castlelien ». Elle croisa les bras, l'air sévère puis un sourire trancha ses lèvres.
- Bon, d'accord, tu as gagné.
Ce fut au tour d'Emma de sourire puis elles se jetèrent toutes les deux sur le canapé. La fillette passa un bras autour de celui de Beckett et posa sa tête sur son épaule. Puis, au fil du feuilleton policier, Kate sentit le visage d'Emma glisser jusqu'à ses cuisses.
- C'est le père qui l'a tué, dit cette dernière.
- Non, contredit Beckett, c'est forcément l'homme à son boulot, il n'est pas net.
Elles se sourirent, lorsque trois coups à la porte retentirent, leur faisant relever la tête. Elles se regardèrent un instant puis Emma se redressa, laissant la détective se lever.
Son arme à la main, Beckett ouvrit brusquement la porte et se retrouva face à… personne lorsque :
- Bouh ! hurla Castle en sautant sur le côté.
Il se retrouva avec le glock de Beckett appuyé sur le nez, le faisant loucher.
- Rappelez-moi de ne plus jamais vous faire peur à l'avenir, intima Castle.
- Mais qu'est-ce que vous faites là ? soupira Beckett en rangeant son arme et le laissant entrer.
Il se tourna vers Beckett et brandit théâtralement trois pommes d'amour devant lui
- Quoi de mieux pour remonter le moral que de réaliser un rêve, uh ? s'exclama-t-il en faisant danser ses sourcils.
Beckett leva les yeux au plafond mais le sourire en coin qu'elle lui adressa lui avoua qu'il avait eu raison de venir.
oOoOoOoOo
- Je peux encore rester cette nuit ? demanda Castle d'une voix de gamin en regardant Emma monter l'escalier pour aller se coucher.
Beckett leva les yeux au plafond, sa pomme d'amour en main.
- Vous ne pouvez plus vous passer de moi, Writer Boy ? s'amusa-t-elle.
- Man, Kate, réctifia-t-il. Et ça fait déjà un bout de temps, détective, fit-il charmeur.
Elle leva de nouveau les yeux au plafond mais un immense sourire trahissait son amusement. Elle mordit un morceau de pomme chaude et l'écrivain fit de même. Alors qu'elle se pinçait les lèvres pour retirer le sucre, il fixait un point invisible devant lui, soudainement perdu dans ses pensées.
Un ange passa et les sourires s'évanouirent petit à petit.
- Ca fait plaisir de vous voir sourire, murmura Castle.
Elle avala bruyamment sa bouchée et le fixa. Puis elle lui sourit tendrement, des étoiles dans les yeux.
- C'est en partie grâce à vous, Castle.
Il lui fit le même sourire et forcément, fit de l'humour pour se sentir plus à l'aise.
- En partie ?
Elle rit et il la regarda faire.
- Merci Castle, fit-elle au bout d'un petit moment.
- Pour ? demanda-t-il en feignant l'ignorance.
- Tout, sourit-elle, de me faire sourire, de me tendre la main pour m'aider à me relever, d'être toujours là pour moi et j'en passe.
- Mais tout le plaisir est pour moi, détective.
Ils se sourirent grandement, cachant que très peu son cœur à l'autre. Leurs yeux brillaient de joie, de bonheur peut être. Tout serait bientôt finit, ils le savaient tout les deux… Soudainement, le visage de Castle se fit plus grave, comme espérant.
- Et si… et si nous avions une chance ? souffla-t-il si bas qu'elle crut avoir rêvé.
Il vit son sourire s'évanouir et il comprit le poids de ses mots. Il voulu se pincer les lèvres qui s'étaient ouvertes trop vite.
- Et si vous me laissiez le temps pour vous répondre ? proposa-t-elle d'une voix douce mais tremblante.
Il acquiesça, acceptant cette réponse pleine d'espoir.
- Ne fuyez pas, Kate.
- Ce n'est pas ce que je suis en train de faire, Rick, promit-elle.
Elle posa une main sur sa joue et il appuya sa tête contre sa paume pour plus de contact. Elle avait un vestige de sourire aux lèvres et ses yeux brillaient de mille feux. Un véritable feu d'artifice.
Elle posa ses lèvres sur les siennes et sentit son sourire contre sa bouche. Elle fit de même, faisant entrechoquer leurs dents. Leurs lèvres étaient sucrées et tellement agréables à embrasser que Beckett dû prendre sur son plaisir et sur celui de Castle pour pouvoir se retirer.
Elle l'embrassa sur la joue et se leva, disparaissant dans les escaliers laissant un Castle qui n'en revenait toujours pas… Les lèvres légèrement rouges, il se les lécha et sourit de toutes ses dents en sentant ce goût sucré si caractéristique sur sa langue.
Il remarqua la pomme d'amour qu'avait abandonné Beckett sur la table basse. Il en prit une bouchée et ne put s'empêcher de faire une danse de la joie une fois levé. Et ce jusqu'à la chambre… d'ami.
Toujours là ? =)
Dîtes-moi si vous avez détesté ^^
