Oyé, oyé braves gens ! Voilà suite (que, soit dit en passant, avais oublié de posté =X)

Merciiiiiiiiiiiii[...]iiiiiiiii à Solealuna, riribones, Sarah d'Émeraude et Ayahne pour vos commentaires ! Vous explosez la baraque, wesh' !


Chapitre 15 : Quand tout sera terminé…

Elle pleure parce que son cœur s'est remis à battre aujourd'hui alors qu'elle n'y croyait plus depuis longtemps [...].

ANNA GAVALDA,

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part.

- Prévenez le lieutenant Beckett au 12e, supplia Tom.

Il délirait, Joe le regardait loucher sur son lit d'hôpital, fiévreux. L'adolescent l'attrapa par la chemise pour le rapprocher.

- Je vous en prie, elle seule pourra m'aider.

- Je le ferai mon garçon, comment tu m'as dit qu'elle s'appelait ?

- Kate Beckett, fit-il en tournant de l'œil.

Joe observa Tom sombrer dans un sommeil agité, l'estomac retourné. Malgré son cœur de pierre, ce gamin l'avait touché. L'atrocité qu'il avait vécue se reflétait dans ses grands yeux verts, lui donnant envie de le connaître davantage. Alors, pour le protéger, pour avoir une place dans son cœur et dans ses souvenirs, il contacta le 12e District.

- Esposito, se présenta une voix à l'autre bout du combiné.

- J'aimerai parler au lieutenant Beckett, fit Joe d'une voix pressée.

- Elle n'est pas là, je vous transfère sur son portable ?

- Oui, merci.

Il attendit. Première sonnerie. Vu l'heure qu'il était, elle devait être couchée.

- Yo Beckett, excuse-moi de te réveiller mais un mec veut te parler, lui dit Esposito.

- Il t'a dit qui il était ? fit-elle d'une voix endormie.

Deuxième sonnerie. Peut-être allait-elle rejeter son appel ?

- Non, s'excusa Javier.

- Passe-le-moi.

Troisième sonnerie. Peut-être…

- Beckett, se présenta-t-elle.

- Lieutenant Beckett ? Excusez-moi pour l'heure mais je suis en présence d'un jeune homme qui a besoin de votre aide, annonça Joe.

- Qui donc ? demanda-t-elle d'une voix légèrement rauque par le sommeil.

- Un certain Tom, je n'ai pas son nom complet mais il m'a dit s'être fait enlever.

Impossible, mima-t-elle avec ses lèvres.

- Où êtes-vous ?

- Au Bellevue Hospital, indiqua-t-il.

- J'arrive, ne bougez pas, ordonna-t-elle.

- Pas de problème.

Ils raccrochèrent en même temps. Il retourna auprès de Tom, trempé de sueur. Il essuya le front luisant du jeune homme et posa sa main rêche sur le matelas.

oOoOoOoOo

- Rick, réveillez-vous, fit-elle en le secouant doucement à l'épaule.

- Mmmh, grogna-t-il.

- Rick, j'ai besoin de vous cette fois, murmura-t-elle en posant une main sur sa joue.

Il ouvrit grand les yeux, inquiet par la dernière phrase de sa partenaire.

- Kate ? Que ce passe-t-il ? demanda-t-il d'une voix rauque.

- Tom a été retrouvé, se contenta-t-elle de répondre.

Il comprit mieux sa supplique alors qu'il était encore dans les bras de Morphée. Il bondit hors de son lit, enfilant déjà son pantalon tandis que Beckett se dépêcha d'aller réveiller Emma. Il remarqua qu'elle était surexcitée, heureuse comme jamais de retrouver l'adolescent après tant d'années.

Fin prêt, il se dirigea vers la chambre de la fillette lorsqu'il entendit des sanglots s'y échapper. Il blêmit en imaginant le visage d'Emma ravagé par des larmes de bonheur et d'espérance.

- Enfin, entendit-il murmurer par la fillette.

- Sèche tes larmes sweety, tu vas pouvoir serrer ton frère dans tes bras.

Quelques minutes après, il vit les deux femmes sortirent de la chambre aussi chamboulées l'une que l'autre. Lorsque Kate passa devant lui dans un léger sourire rassurant, il posa la main qui l'avait aidé à relever dans le creux de ses reins, l'accompagnant jusqu'au bout du chemin… jusqu'à la fin de cette histoire.

Les routes étaient horriblement bouchées malgré l'heure tardive. Beckett devint vite la reine du klaxon et rouge de colère et d'impatience. Ils mirent plus de deux heures pour arriver à destination. L'excitation à l'idée de retrouver son frère tint Emma éveillée tout le long du chemin. Ayant une peur bleue de fermer les yeux et d'effacer ce que son imagination aurait pu créer.

Beckett se gara et sortit de la voiture en trombe, manquant de trébucher à plusieurs reprises tandis que Castle suivait derrière. Attrapant la main de la fillette, elles se mirent à courir, habitées par ce même. Celui qui tirait les ficelles depuis le début. Celui qui apparaissait lorsqu'elles fermaient les yeux… L'Espoir.

Pendant ce temps, à l'hôpital…

- Lâchez-moi ! hurla Tom en se débattant dans les couloirs malgré la douleur qui lui vrillait le ventre.

Médecins et infirmières tentèrent de le contrôler mais en vain, la fureur qui l'habitait était si forte…

Joe s'approcha du cercle qu'ils avaient finis par former et posa ses mains sur les épaules du jeune homme, tentant d'accrocher son regard qui n'était que vengeance.

- Mon garçon, calme-toi, veux-tu ? Ca ne sert à rien de te débattre, tenta-t-il.

- Ne me touchez pas, vous ne savez rien de moi, RIEN ! lui cracha Tom au visage en se débattant de plus belle.

Il continuait d'hurler, tentant de se dégager de ces mains gantées. Il se sentait dans la peau d'un fou… Une voix qu'il pensait ne plus jamais entendre retentit dans le hall de l'hôpital.

- Tom !

Il leva sa tête crispée de fureur et braqua son regard douloureux sur le petit bout de femme qui s'était figée dans l'entrée.

- Emma, balbutia-t-il les yeux embués de larmes.

Alors, tous se figèrent, fixant celle qui contrôlait désormais le corps et l'esprit de l'adolescent. Une petite fille, dix ans tout en plus, les cheveux bruns parcouru de bouclettes anglaises, un visage aux traits fins et une frange qui faisait ressortir ses grands yeux verts semblables à ceux de son frère.

Beckett – qui se trouvait aux côtés de la fillette – ne respirait plus, cherchant l'aide dont elle avait besoin chez son partenaire. Elle trouva sa main et entremêla leurs doigts. Il referma sa main sur la sienne.

Les médecins et infirmières se mirent sur le côté, croisant ainsi les chemins opposés du frère et de la sœur. Au ralentit, le temps suspendu dans les airs, Tom se mit accroupi, bras ouverts tandis qu'Emma se mit à courir vers lui sous une pluie de larmes qui s'envolaient sous la force de son bonheur. Elle sauta dans ses bras, enfouissant son visage dans son cou et il la fit tournoyer dans les airs.

Beckett, émue, resserra ses doigts autour de la main fraîche qui l'empêchait de s'écrouler, elle ferma les yeux lorsqu'elle sentit son pouce la caresser. Les yeux humides, elle mit sa main libre sur sa bouche, tentant de retenir ses larmes un minimum.

Reposant sa petite-sœur au sol, elle passa ses bras autour de sa taille, posant sa tête sur son ventre et le serra avec toute la joie et l'incrédulité que son cœur contenait. Il posa une main dans le milieu de son dos et une autre sur l'arrière de son crâne, embrassant le somment de sa tête continuellement, mouillant ses cheveux de son eau salée. Elle s'accrochait désespérément à sa chemise d'hôpital, l'empêchant de s'envoler, de briser le bonheur qu'elle avait peiné à retrouver.

Elle renifla bruyamment, étouffant un sanglot dans le vêtement de son frère. La sentant trembler, il resserra un peu plus son étreinte, fermant fortement les yeux.

- Tu es là, dit-il, je t'ai retrouvé.

Elle se contenta de raffermir son étreinte autour de lui pour lui répondre. La petite brunette enfouit son visage dans la chemise trempée de larmes trop longtemps contenues, trop longtemps refoulées… trop longtemps inexistantes.

- Tu es là, répéta-t-il.

- Je suis là, le rassura-t-elle, la joue posée sur son ventre.

Ils rirent dans un sanglot, libérant une pluie de larmes de joie. Se détachant, il embrassa ses paupières closes, buvant les perles salées coincées dans ses cils. Elle sourit. Il l'attira de nouveau contre lui et posa son menton sur sa tête, la berçant.

Et tout ceci, les yeux fermés…

oOoOoOoOo

- Merci, lieutenant Beckett, remercia Tom d'une voix faible.

- Tu me remercieras demain Tom, dors maintenant, le rassura-t-elle en posant une main sur son front brûlant.

- Ma sœur, murmura-t-il les yeux mi-clos.

- Elle est là, juste à côté, ne t'inquiète pas.

- Merci, répéta-t-il en sombrant dans un sommeil sans rêve.

Le léger sourire qu'affichait l'adolescent en cet instant restera gravé à jamais dans les souvenirs de la jeune femme qui se trouvait à ses côtés. Elle soupira, fermant quelques secondes les yeux puis se leva, émotions reprisent en main. Elle se tourna vers le vieil homme et lui fit un sourire un peu abîmé mais vrai.

- Monsieur…

- Appelez-moi Joe, sourit-il.

- Joe, merci infiniment pour votre aide sans vous…

- Il serait probablement mort, coupa-t-il en baissant légèrement les yeux.

Bien qu'elle fût secouée par son initiative, elle ne laissa rien paraître.

- Je… merci, répéta-t-elle.

Il hocha la tête, ne comprenant pas vraiment pourquoi elle le remerciait puis serra sa casquette dans ses mains abîmées par le temps qui passe. Il voulait dire plus de chose, compter dans la vie du jeune garçon, tenir une place spéciale dans son cœur…

- Il ne vous oubliera jamais, Joe, fit Kate en le fixant d'un regard brillant.

Un voile passa sur les yeux gris, témoins d'horreurs passées, du vieil homme à la casquette. Il baissa la tête sur ses mains entrelacées.

- Vous lui avez sauvé la vie et ça, ça ne s'oublie pas, fit-elle en fixant son partenaire qui se trouvait dans le couloir. Vous aurez pour toujours droit à cette place spéciale dans son cœur.

Il la remercia à mi-voix et tandis qu'il s'éloignait, elle lui rappela de venir au commissariat le lendemain pour donner plus de détail sur l'endroit où il avait trouvé Tom… ou plutôt où Tom l'avait trouvé. Il lui fit un signe de la main et s'effaça dans le couloir, casquette remise sur sa tête.

Après un dernier regard à l'adolescent endormit dans le lit d'hôpital, elle sortit de la chambre.

- Je vais prendre l'air, fit-elle en passant rapidement devant son partenaire.

Il la regarda s'éloigner, les sourcils froncés devant la façon qu'elle avait de se comporter. Elle avait une démarche assurée mais il entraperçut ses poings serrés. D'un bond, il se leva pour la suivre, gardant une distance raisonnable pour ne pas éveiller les soupçons chez la brunette.

Il la prit en filature jusqu'à l'extérieur, pendant un bref instant il crut qu'elle partirait mais elle s'arrêta devant une rambarde verte foncée. L'air qui s'échappait de ses lèvres se transformait en un petit nuage, s'élevant jusqu'au ciel étoilé. S'entourant de ses propres bras pour se tenir chaud, elle ne put empêcher un tremblement de la parcourir.

Elle entendit des pas se rapprocher et sentit une veste se poser sur ses frêles épaules.

- Kate, vous allez prendre froid, murmura Castle en se positionnant à ses côtés.

Elle grelotta comme pour appuyer ses paroles mais ne répondit rien. Les coudes posés sur la barrière d'un vert affreux, il se réchauffait les mains en soufflant dessus puis les frotta. Elle le regardait faire, silencieuse, puis serra la veste qu'elle avait sur ses épaules. Les mains glacées, elle sentit un frisson la faire trembler de tous ses membres. Elle tira un bras de Castle et il se retourna vers elle, surprit. Il se releva et elle se blottit contre lui, laissant une vague de frissons prendre le contrôle de son corps. Il l'enveloppa de ses bras pour la réchauffer et embrassa sa tempe longuement. Ils fermèrent les yeux au même moment.

Elle se détacha de lui et sentit immédiatement le froid s'engouffrer dans ses vêtements légers, en manque de sa chaleur corporelle, en manque… de lui, il fallait bien se l'avouer. Elle le fixa intensément et chercha dans son regard tendre et inquiet ce qu'il lui fallait pour faire le premier pas… Doucement presque timidement, elle approcha ses doigts du col de sa chemise et l'emprisonna dans ses mains glacées. Elle put se mettre facilement sur la pointe des pieds, les bras autour d'elle lui firent savoir qu'il la retenait en cas de chute.

Il la vit fixer ses lèvres gercées par le froid et se pencha pour embrasser les siennes dans le même état. Au contact de leurs bouches, ils fermèrent les yeux, libérant chez la jeune femme ses larmes de soulagement. La pression retombait mettant son monde sans-dessus-dessous. Une explosion de papillons eut lieu au creux de son estomac et ils s'envolèrent dans ses veines, la faisant trembler de bonheur dans les bras de l'écrivain.

Elle oubliait tout jusqu'à son propre nom sous l'intensité de leur baiser. Elle se sentait perdre pied, tomber dans le vide mais ne fit rien pour reprendre le contrôle sur ses émotions…

Parce qu'elle savait qu'il la retenait…

oOoOoOoOo

Lorsqu'ils se détachèrent, les poumons sur le point d'imploser, Castle crut un instant que leur baiser serait oublié, transformé en un souvenir qu'ils éviteraient d'évoquer, comme tant d'autres… Il la vit descendre petit-à-petit, mettant ses pieds à plat. Les lèvres rouges et la respiration saccadée, elle fixait son torse, la tête dans les étoiles. Elle cherchait un moyen de se défiler, de trouver les mots justes pour se justifier… Mais pour dire quoi ? Que c'était une erreur ? Qu'elle regrettait ? Non, décidément. Ce fut elle qui avait fait le premier pas, qui était venue se serrer contre lui y cherchant la chaleur nécessaire… Un moyen pour camoufler ses réels sentiments… Elle ne pouvait plus faire machine arrière, elle se briserait, elle le briserait… ils se briseront. Elle le savait, le sentait…

Et elle en avait affreusement peur.

Sa raison semblait surprise qu'elle ne l'écoute pas, qu'elle ne se dégage pas de ces bras qui l'entouraient toujours, la retenant… dans tout les sens du terme.

Elle gémit, son qui venait du plus profond de son âme meurtrie et ferma les yeux. Il ne disait rien, la regardant se battre contre elle-même, le cœur lourd en imaginant la réponse qu'elle lui donnerait. Lui qui imaginait toujours le pire, il avait envie d'espérer… Puisque lorsqu'il fermait les yeux, il la voyait, elle… Cette magnifique femme tremblante qu'il tenait dans ses bras. Que pouvait-il faire pour la faire réagir ? Se détacher ? Lui parler ? Exiger des explications, des réponses… la vérité ? Lever les petits mouchoirs sur leurs non-dits ? Il souhaitait toutes ces choses mais ne pouvait les avoir… Tout résidait entre les mains glacées de sa partenaire… ou peut-être dans son cœur ? Il ne savait pas vraiment.

Il posa une main froide sur la joue rendue fraîche par la légère brise et elle ouvrit les yeux, posant un regard hagard sur lui, se demandant encore qui de son cœur ou de sa raison avait réagit… Elle chercha la main qui se trouvait sur sa joue et hésitante, la serra maladroitement. Lorsqu'elle reporta ses yeux vers les siens, quelque chose c'était allumé ou peut-être rallumé. Une espérance qu'il pensait vaine… Un vœu murmuré sous une étoile filante. Aussi bref qu'inespéré. Souhaité sur un coup de tête, comme ça, juste pour avoir quelque chose à… espérer.

- N'ai pas peur, murmura-t-il.

Elle ferma les yeux de toutes ses forces de femme à bout, pensant ainsi oublier ce qu'il venait de lui dire… d'oublier que la vérité fait si mal enfin dévoiler. Elle sentit son pouce caresser sa joue et elle trembla sous ses doigts.

Sa mâchoire se contracta d'elle-même et son pouce s'arrêta. Elle ferma les yeux douloureusement. Il la craignait. Elle. Sa réaction. Il craignait d'avoir mal, de souffrir, d'avoir dit toutes ces choses pour rien, juste pour le plaisir de parler. Mais peut-être avait-elle tord ? Et si c'était le fait qu'elle souffre, qu'il craignait ? Qu'elle ait encore plus mal, que son cœur refuse de se détacher de ses liens, qu'elle rebâtisse son mur pour se protéger ?

Cela lui fit si mal… De se dire qu'il doutait d'elle…

Mais il avait toutes les raisons de le faire.

Alors elle craqua… Enfin. Libérant le résultat de sa bataille intérieure sous une pluie de larme qui lui brûla les joues rosies par le froid. Elle éclata en sanglot tandis que lui, il recommença à lui caresser la joue, sa main désormais moite par la douleur qui s'émanait d'elle… de la femme qu'il souhaitait à tout prix protéger de tout ça.

Elle comprit qu'il n'avait jamais douté d'elle en sentant de nouveau cette si douce caresse sur sa joue… Il avait juste laissé le temps à son cœur de gagner la bataille. Et encore une fois, il l'avait retenu.

Il embrassa ses paupières closes et but ses pleurs, comme Tom l'avait fait un peu plus tôt avec Emma. Même si les sentiments qui les unissaient n'étaient pas comparables… Même s'il n'était vraiment sûr du mot qu'il devait mettre dessus.

Mais la tête brune qui se posa sur son torse l'aida dans son choix. Encore plus lorsqu'il sentit ses longs doigts se refermer sur sa chemise, s'y accrochant. Des gémissements de douleurs s'échappaient de ses lèvres entrouvertes et de nouveau gercées. Il la serra contre lui, lui transmettant toute la force vitale dont elle avait besoin pour se relever.

Mais il ignorait bien une chose : Kate Beckett ne pleurait pas pour le plaisir de pleurer, non… elle se relevait.

Grâce à lui.

oOoOoOoOo

- Kate, l'appela-t-il en la voyant s'éloigner.

- Rick, je t'assure que je ne fuis pas.

Il hocha la tête à moitié rassuré.

- Laisse-moi juste le temps de faire le point, lui demanda-t-elle.

- D'accord.

Le visage neutre, elle s'approcha de lui puis plongea ses yeux dans les siens. Un sourire éclaira son visage, à la hauteur des étoiles dans le ciel. Il le lui rendit, un peu perdu. Posant une main sur sa joue, elle embrassa l'autre et s'éloigna dans un dernier sourire.

- Je te ramène ? demanda-t-elle en marchant à l'envers.

Il sourit devant sa gaieté retrouvée.

- C'est moi qui conduis alors.

Contre toute attente, elle lui lança les clés qu'il rattrapa maladroitement. Pensant que son rêve serait vite brisé, il se dépêcha de se mettre derrière le volant, heureux comme un gamin le soir de Noël. Elle le regardait faire, amusée, un vestige de sourire aux lèvres.

- Alors, qu'est-ce que ça fait, writer boy ? plaisanta-t-elle.

- Man, Kate, et c'est juste mortel ! fit-il les yeux pétillants de bonheur.

- Man, uh ?

Il lui tira la langue et elle éclata de rire. Rire qui se transforma en un immense sourire au fil du temps mais qui revint bien vite en le voyant découvrir sa voiture le long du chemin, oubliant parfois de passer les vitesses.

Rassurée et vidée, elle s'endormie rapidement, le visage tourné vers l'écrivain qui lui jetait quelques coups d'œil tendres.

- Kate, l'appela-t-il.

- Mmmh, gémit-elle.

- On est arrivé.

Ses yeux papillonnèrent et elle s'étira sous les yeux amusés de l'écrivain. Elle regarda dehors puis fronça les sourcils.

- Ce n'est pas en bas de chez moi, remarqua-t-elle.

- En effet, je te ramène à la maison.

Elle tourna la tête vers lui, le visage neutre.

Et voilà, j'ai fais une connerie ! Elle t'a pourtant dit qu'elle avait besoin de temps !

Mais avant qu'il puisse se traiter de tous les noms, un sourire illumina les traits de la brunette, le rassurant.

- C'est gentil, murmura-t-elle.

Il sourit, fier de lui cette fois et entreprit de descendre la voiture. Elle le regarda faire, son sourire ne la quittant pas. Il était adorable, toujours au petit soin avec elle… Et elle, que faisait-elle pour lui en retour ? Pas grand-chose et elle lui demandait de l'attendre ?

Idiote.

- Rick, attends, fit-elle en le rattrapant une fois sortie du véhicule.

Il se retourna, tout sourire puis voyant son air contrarié, il fronça les sourcils.

- Kate ? Tout va bien ?

Elle le fixa si intensément qu'il pensa un instant avoir un truc sur le visage. Il se rapprocha d'elle et la vit retenir son souffle. Son regard devint alors fuyant.

- Quand tout sera terminé, je te promets de réfléchir à… nous.

- Je te fais confiance, Kate, la rassura-t-il.

Elle lui sourit timidement alors que lui en abordait un immense, heureux qu'elle lui dise le fond de sa pensée.

- Mais ne fais pas machine arrière, d'accord ? Ne fais pas semblant de ne m'avoir rien dit, supplia-t-il.

- Je ne fuirai pas, je te l'ais déjà dis, le rassura-t-elle en hochant la tête.

Il l'attira à lui et l'embrassa sur le front. Elle ferma les yeux au contact de ses lèvres, soupirant de bien-être et ne sachant pas vraiment si elle pourra attendre avant de lui dire « C'est d'accord ». Il était si gentil, si compréhensible qu'elle se demandait si elle le méritait vraiment.

- Allons nous coucher, murmura-t-il.

Ils marchèrent côte-à-côte jusqu'à l'ascenseur et montèrent dans le cube métallique. Un silence agréable régnait à l'intérieur, sans compter la musique qui s'y diffusait. Castle ne résista pas bien longtemps et se mit à siffloter. Elle le regarda faire du coin de l'œil, amusée et il fit de même, sifflant plus fort.

Elle rit lorsque son souffle lui manqua alors qu'il tentait de continuer, montant son sifflement dans les aigus.

- C'est ça, moquez-vous détective, fit-il faussement vexé.

Elle se pinça les lèvres, empêchant le sourire qui la trahirait. Il plissa les yeux en la fixant puis se remit à siffler faux. Elle éclata de rire devant l'air indifférent et ignorant qu'il abordait.

Une vie avec lui… Oui, elle pourrait facilement s'y faire.

oOoOoOoOo

- Papa ! cria Alexis en se jetant dans ses bras.

Il sourit et l'embrassa sur le front.

- Oh, Kate ! s'exclama la jeune fille en saluant la jeune femme d'un hochement de tête.

- Bonsoir Alexis, Martha, sourit la jeune femme.

Martha leva son verre pour les saluer.

- Dis-moi Richard, tu es souvent absent ses derniers jours… enfin nuits, interrogea sa mère d'un grand sourire innocent.

Le fils se racla la gorge tandis que la jeune femme regardait ailleurs, rougissante. Alexis s'amusa à les voir si gênés, fière de sa grand-mère.

- Eh bien…

- Papa, où est Emma ? s'enquit soudainement Alexis.

Je te revaudrai ça pumpkin.

- A l'hôpital.

- Oh mon dieu ! s'écrièrent les deux femmes rousses. Que lui est-il arrivé ? continua Martha en posant une main sur son cœur.

- Rien de grave, Martha, ne vous inquiétez pas, rassura Beckett, on l'a laissé avec son frère.

- Tom ? demanda Alexis, mais je croyais…

- Il a été retrouvé et amené à l'hôpital par un homme d'un certain âge, expliqua la détective.

- Que Dieu bénisse cet homme, dit Martha.

Ils opinèrent tous du chef, gardant le silence un moment. Puis Castle se tourna vers sa partenaire.

- Un café ? demanda-t-il.

- Volontiers, sourit-elle.

- Vas t'asseoir, je te l'apporte.

Elle hocha la tête et le regarda s'éloigner. Les deux femmes rousses se jetèrent un regard complice et se sourirent.

- Hop, hop, hop, Richard, je viens avec toi, lui fit sa mère en le suivant jusque dans la cuisine.

- Tu as peur que je l'empoisonne ? ironisa-t-il.

- Ca dépend, comptes-tu utiliser un philtre d'amour pour son café ? s'amusa-t-elle en regardant sa petite-fille pouffer dans sa main. Non, parce que d'après ce que je viens de voir, elle n'en a pas besoin.

- Fais-moi penser à cacher les bouteilles d'alcool la prochaine fois, marmotta son fils.

Le rire de sa fille lui fit tourner la tête dans sa direction.

- Tiens, tu es là toi aussi ? marmonna-t-il.

- Papa, commença la jeune fille ce qui fit grimacer son père, dis-le-lui.

Il soupira et appuya ses mains sur l'îlot central.

- C'est déjà fait… en quelque sorte, lâcha-t-il.

La grand-mère et sa petite-fille se sourirent grandement.

- Continue, fiston.

- Elle m'a dit avoir besoin de temps et qu'à la fin de cette enquête, elle me donnera une réponse plus… concrète.

- C'est génial Papa ! s'enthousiasma la jeune fille.

- Et moi qui pensais que tu la rejoignais dans son lit et que c'était pour cela que tu t'absentais la… nuit, soupira Martha en mettant sa tête de sa main.

- Gram', grimaça Alexis.

Castle grogna et s'en alla avec les deux cafés en main. Il entendit sa mère et sa fille le suivre.

- Vous deux, allez vous coucher, ordonna Castle.

- Viens Alexis, laissons-les faire des petits bébés Castle, fit Martha en entraînant sa petite-fille par le bras.

- Mais… fit Alexis.

Il les regarda filer puis secoua la tête, amusé. Il avait réellement une famille de fou…

- Votre café, détective ! fit-il en posant la tasse entre les mains de la jeune femme.

Elle le remercia et une lueur de malice traversa ses yeux.

Pas bon pour moi ça.

- Quoi ? s'enquit-il.

- Oh mais rien, se contenta-t-elle de répondre en buvant son café d'une traite.

Il la laissa finir, songeur et à moitié rassuré. Mais cette lueur ne quittait pas son regard… Il n'en pouvait plus, il fallait qu'il sache.

- Quoi encore ? questionna-t-il de nouveau.

Elle s'approcha de lui jusqu'à ce qu'il doive loucher pour la regarder dans les yeux. Elle l'entendit déglutir ce qui accentua son sourire carnassier.

- Alors comme ça on nous laisse faire des petits bébés Castle, uh ? fit-elle en reprenant les mots de sa mère.

Elle se leva dans un léger rire et monta à l'étage, le laissant là… Complètement chamboulé.

Note à moi-même : la prochaine fois, fermes-la.


J'adoooooooooore le personnage de Martha, elle me fait trop rire ! Et à la fin de ce chapitre, je me suis bien amusée à l'écrire ! ^^

Dites-moi ce que vous en pensez surtout ! =)