Quoi ? Mais je post déjà la suite ? \o/ Il va neigé dites-moi !

Merci à Ayahne, Solealuna, Mag13, Sarah d'Emeraude eeeeeeeet ch'tite chéwie Iliana ! Vous rockez à donf ! =)


Chapitre 16 : Il y a quelques jours.

La fin, quand c'est fini, comment le-sait-on, comment fait-on, comment ça finit ?

CAMILLE LAURENS

Extrait de Dans ces bras-là.

Elle se réveilla au milieu de la nuit, en sueur. Ce cauchemar d'il y a quelques jours hantait parfois ses nuits, l'empêchant de fermer l'œil pendant une heure ou deux. Elle paniqua quelques instants, encore ébranlée par la véracité de son rêve. Elle inspira profondément et relâcha le tout calmement.

Un tremblement la parcouru et elle claqua des dents. Rabattant les couvertures sur ses pieds, elle se leva, direction la salle de bain. Elle ouvrit le plus doucement sa porte de chambre et sortit dans le couloir sur la pointe des pieds.

- Kate ?

Elle se figea et se tourna lentement.

- Castle ? s'étonna-t-elle. Tu ne dors pas ?

- J'écrivais, expliqua-t-il, et toi ?

- Salle de bain, fit-elle en s'éloignant vers cette dernière.

La brunette s'enferma et se passa de l'eau fraîche sur le visage. La basse température du liquide la fit frissonner et elle s'appuya sur le lavabo, se regardant dans le miroir. Elle était pâle dû au manque de sommeil… ou peut-être était-ce autre chose. Elle secoua la tête. Peu importe.

Elle soupira et s'essuya le visage avec la serviette beige que Castle lui avait donné. Elle se regarda une dernière fois dans la glace, espérant secrètement que ce soit les gouttelettes qui lui changeait le teint… mais non. Elle était pâle, point.

Elle déverrouilla la porte et sortit dans le couloir où Castle l'avait attendu, assit par terre, le dos appuyé contre le mur. Elle s'arrêta un moment, le fixant puis leva les yeux au ciel, tiraillée entre l'amusement et l'exaspération.

- Je vais bien, Castle, fit-elle en s'éloignant vers sa chambre sans lui adresser un regard.

- Comment tu… ?

Il s'arrêta net dans sa phrase puisse qu'il connaissait déjà la réponse. Alors qu'elle fermait sa porte en lui adressant un vague « bonne nuit », il la bloqua avec son pied, s'attirant un regard noir de sa partenaire.

- Qu'est-ce qui te tourmente, Kate ? demanda-t-il d'une voix douce.

- Je…

Elle se pinça les lèvres et ouvrit finalement sa porte, ressortant dans le couloir. Elle vit Castle glisser contre le mur pour s'assoir sur la moquette, elle fit de-même, sans un mot. Elle regarda l'écrivain du coin de l'œil, les jambes étendues, il avait posé sa tête contre le mur et regardait le plafond tandis qu'elle avait ses genoux au niveau de son menton, ses mains entrelacées se trouvaient entre sa poitrine et ses jambes relevées. Lorsqu'il ferma les yeux, elle décida d'ouvrir la bouche et murmura d'une voix presque inaudible :

- Ce rêve… commença-t-elle, je le fais depuis quelques temps et tu en as eu un échantillon l'autre nuit.

Il ne répondit rien, préférant la laisser continuer. Il n'aurait jamais cru qu'elle lui en reparlerait… Il baissa la tête et la fixa, elle entourait ses jambes avec ses bras, se protégeant d'une quelconque douleur.

- Je panique complètement lorsque je me réveille et puis la réalité me rattrape, me rassurant qu'à moitié…

Elle ferma les yeux et posa son menton sur ses genoux, reculant la douleur, reculant la blessure… reculant sa confession.

- Royce… continua-t-elle jusqu'à ce que sa voix se brise.

Castle posa une main sur son épaule et, malgré la pénombre, il la vit fermer les yeux fortement. Cela lui fit mal. Encore.

- Kate, ne me raconte pas.

Elle braqua un regard brillant sur lui et il la trouva magnifique.

- Mais… tu m'as dis vouloir savoir, chuchota-t-elle.

- C'était par curiosité, pour comprendre ce qui te faisait souffrir et effacer cette douleur, avoua-t-il à mi-voix.

La brunette lui sourit tendrement, faisant plisser ses jolis yeux et elle laissa tomber sa main sur la moquette, près d'une des sienne. Innocemment. Il rapprocha ses doigts des siens pour les entrelacer doucement, il ne voulait pas lui faire peur, la faire fuir. La jeune femme le laissa faire, se mordant les joues pour ne pas sourire et se passa rapidement la langue sur ses lèvres devenues sèches.

Elle posa sa tête sur son épaule et ferma les yeux. Il souleva leurs mains entrelacées pour les poser sur sa cuisse, les fixant, les caressant avec son pouce alors que son autre main enveloppa celle de Kate. Il la sentit soupirer dans son cou et sourit. Ils étaient si fatigués qu'ils pourraient facilement s'endormir ici, à même la moquette. C'était tentant, en aucun cas il voulait se dégager pour lui intimer d'aller se coucher.

Alors il posa sa tête sur la sienne et ferma les yeux à son tour.

oOoOoOoOo

Il ouvrit difficilement les yeux et grimaça en sentant une douleur dans le bas de son dos. Il grogna et fixa sa main devant son visage qui se trouvait sur… quelque chose d'étrange. Un pied se mit à la hauteur de son nez et il écarquilla les yeux en louchant. Qui osait marcher sur son lit avec des chaussures ?

- Alors ? La moquette, c'est comment, Richard ?

Il se redressa et fixa sa mère. Il se frotta les yeux et lorsqu'il les rouvrit, elle était toujours là.

- Pas confortable, marmotta-t-il.

Elle lui sourit et lui passa une main dans ses cheveux ébouriffés. Il s'étira et grimaça une nouvelle fois.

- Vous êtes beaux, tous les deux, sourit-elle.

- Qu'est-ce que tu veux dire mère ? demanda-t-il en se recoiffant.

- Quand je me suis levée, vous étiez endormi devant la chambre de Kate.

Il arrêta tout mouvement lorsque les souvenirs de la veille lui revinrent en tête.

Oh.

Il regarda sa mère et attendit qu'elle finisse.

- Je me suis arrêtée quelques secondes pour vous observer. Je me répète mais vous êtes très beaux, votre relation est tout simplement magnifique. La façon dont vous dormiez, complètement détendu m'a fait chaud au cœur.

- Ah, fut tout ce qu'il put sortir.

Elle croisa les bras, un sourire attendri aux lèvres.

- Alexis vous a vue elle-aussi, confia-t-elle en attendant patiemment sa réaction.

- Oh.

Martha leva les yeux au plafond, blasé devant le peu de parole qu'avait son fils. Et il se disait grand romancier ?

- Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? demanda-t-il alors.

- Qu'elle espérait vivre une histoire comme la vôtre avec Ashley.

Le regard brillant de son fils la fit sourire grandement. Elle le savait fier de la relation qu'il entretenait avec sa muse mais ils avaient été tous les deux aveugles pendant longtemps. Castle fut le premier à ouvrir les yeux. Un peu grâce à elle.

- Allez, my boy, elle attend en bas.

Il se leva difficilement, son dos le faisant souffrir. Mais en aucun cas il regrettait d'être resté dans cette position, d'avoir vécu un si beau moment avec la jeune femme. Il soupira de bonheur et descendit les marches en sifflotant. Martha le regarda faire, amusée.

Pas un pour rattraper l'autre !

oOoOoOoOo

- Castle ! s'exclama Beckett dans un immense sourire qui lui fit chaud au cœur.

- Bonjour détective, bien dormit ?

La question était sortie toute seule, c'était tellement habituel… Il se pinça les lèvres lorsqu'il lui tourna le dos pour se préparer un café.

- Oui très bien, acquiesça-t-elle sans réfléchir, le réveil, pas trop dur ?

- Si, il me manquait quelque chose, fit-il en se retournant légèrement.

Elle rougit légèrement et fixa sa tasse, gênée.

- … mon lit ! termina Castle.

Le sourire de la jeune femme tomba immédiatement. Mais lorsqu'elle entendit son partenaire étouffer un rire dans sa tasse, il revint aussitôt.

- Hilarant, Castle.

- Eh ! Ce n'est pas de ma faute si vous vous faites des idées, détective, fit-il le plus innocemment du monde.

- Oublie-moi, souffla-t-elle.

Il rit et elle lui fit un regard noir.

- Tu n'es pas au commissariat ? demanda-t-il après quelques secondes.

- Non, Esposito et Ryan doivent…

La sonnette retentit, la coupant dans sa phrase. Un sourire illumina son visage et il fronça les sourcils en la voyant faire.

- Et Alexis, où-est-elle ? questionna-t-il en la suivant jusqu'à la porte d'entrée.

- Tu vas voir, s'amusa-t-elle.

Il bouda et elle ouvrit la porte dans un léger rire.

- Salut les gars, entrez.

Castle bascula la tête sur le côté et un sourire fendit ses lèvres en voyant entrer ses deux amis. Il allait les saluer lorsqu'une petite tête brune entra comme une bombe dans son appartement.

- Alors, tu vois, ici c'est chez Rick, Martha – sa maman – et Alexis, fit la fillette en trainant son frère par la main.

Alexis fut la dernière à entrer et elle alla serrer son père dans ses bras.

- Hey, pumpkin, fit-il en l'embrassant sur le front. Je ne savais pas que tu étais parti.

- Tu dormais encore… dans le couloir, répliqua-t-elle avec un sourire moqueur. Ryan et Esposito m'ont proposé de les accompagnés jusqu'à l'hôpital pour voir Emma et rencontrer son frère.

L'écrivain acquiesça et s'approcha de sa muse qui regardait le frère et la sœur avec amusement. Leurs épaules pouvaient presque se toucher. Il bu une gorgée de café pour camoufler son léger malaise.

- Difficile à croire qu'elle a réussit à ne pas parler pendant 24h, hein ? s'amusa-t-il.

Elle tourna la tête vers lui et sourit avant de reporter son attention sur l'énergumène devant eux. Elle fit en sorte que leurs épaules se touchent convenablement et il en fut agréablement surprit.

Elle change tellement ces temps-ci…

- Elle est heureuse, précisa Kate.

- Et vous ? voulut-il savoir.

Elle le regarda de profil, surprise par sa question. Lorsqu'elle rencontra ses yeux, il sut qu'il était sérieux, il voulait réellement savoir. S'inquiétait-il à ce point pour elle ?

- Peut-être mais pas avant d'avoir trouvé l'homme qui manigance tout ça et l'avoir fait tomber.

Cette réponse lui suffit et il acquiesça, reportant son attention sur Emma qui n'arrêtait pas de parler. Esposito posa une main sur l'épaule de la jeune femme.

- On y va, boss ?

La brunette regarda une dernière fois la fillette qui riait aux éclats avec Alexis face à une grimace de son frère. Elle acquiesça et alla prendre son manteau. Castle la suivit, un peu perdu.

- Où allez-vous ? demanda-t-il alors qu'elle fouillait dans la penderie.

- L'arrêter, se contenta-t-elle de dire.

- Je viens avec vous, fit-il en l'aidant à enfiler sa veste.

- Pas question, s'exclama la brunette.

Il soupira et elle le sentit dans son cou. Il attrapa les cheveux de la jeune femme et les sortit de la veste. Elle frissonna lorsque ses doigts frôlèrent sa nuque.

- Tu restes ici, d'accord ? supplia-t-elle d'une voix mal contrôlée en se retournant vers lui.

- N'y compte pas, je viens avec toi, répliqua-t-il.

Ils se défièrent un instant du regard puis lorsqu'il vit sa muse soupirer, il sut qu'il avait gagné.

- Tu es vraiment une tête de mule, c'est pas possible, marmotta-t-elle.

- Tu parles de toi ou de moi, là ? s'amusa-t-il.

Il reçu un grognement en échange et sourit. Suivant sa partenaire, il lui fonça dedans lorsqu'elle s'arrêta brusquement.

- J'ai oublié quelque chose, lui souffla-t-elle en s'enfuyant à l'étage.

Castle regarda ses deux amis qui haussèrent les épaules en réponse à sa question muette. Lorsqu'il la vit descendre les marches, il dû plisser les yeux pour voir distinctement ce qu'elle tenait dans ses mains. Un carnet, violet, petit, discret qui a vécu tant de choses. Il écarquilla les yeux et sentit son cœur se serrer.

Ce carnet qui avait bouleversé une vie et fait chavirer un cœur…

L'écrivain observa sa muse prendre Tom à l'écart quelques minutes et lorsque les yeux du jeune homme se posèrent sur l'objet que la jeune femme lui tendait, il pâlit mais son sourire illumina la pièce. Tom serra la brunette dans ses bras, la remerciant continuellement, les yeux humides de bonheur.

- Tu es extraordinaire, murmura Castle à l'oreille de la jeune femme lorsqu'elle revint vers eux. Regarde son visage.

Elle lui sourit timidement et observa Tom quelques instants, ses yeux pétillaient de bonheur.

- C'est la moindre des choses, fit-elle modestement.

Ils saluèrent les enfants et sortirent du loft. Le comportement de Beckett changea radicalement au pied de l'immeuble…

- Okay, Espo et Ryan vous nous suivez Castle et moi, ordonna-t-elle.

Les concernés hochèrent la tête.

- Joe nous guidera, rappela Beckett.

- Joe est déjà dans la voiture ? s'étonna l'écrivain.

- Oui.

- Pourquoi n'est-il pas monté ?

- Je ne sais pas, il n'a pas voulu, fit Esposito en haussant les épaules.

- Bon, les commères, on y va ? s'impatienta Beckett.

Ils partirent tous jusqu'à leur voiture respective.

- Je vous guide jusqu'à l'endroit exact d'où Tom est sortit.

- Oui, acquiesça Beckett en démarrant la voiture.

- Très bien… C'est une route qui longe une forêt.

Silence.

Comment s'y retrouver dans les bois ? Comment y ressortir ?...

Comment y survivre ?

oOoOoOoOo

Arme au point, le regard froid et distant, l'esprit à des milliers d'années lumière de cet endroit. Être concentré… rester vigilent, suspecter le moindre bruit, être attentif… rester vivant. Ses pieds craquaient sous les feuilles mortes, son cœur battait la chamade dans sa poitrine. Elle était devant, guidant ses coéquipiers dans ce sombre endroit qu'elle ne connaissait pourtant pas.

- Vous pensez que Tom a semé des cailloux ? demanda Castle pour tenter d'alléger la situation.

Personne ne lui répondit, continuant de marcher.

- Le petit Poucet des temps modernes, rigola Castle.

Seul le vent froid lui répondit. Il soupira, laissant un petit nuage s'échapper de ses lèvres. Au bout d'une heure, ils commencèrent à entendre différents bruits mais celui de la circulation s'éloignait. L'écrivain gardait un œil attentif sur sa muse, juste au cas où…

Les feuilles craquaient… encore, formant une mélodie triste et monotone. Lorsqu'il regardait vers le haut, il discernait mal le ciel gris et pour une raison méconnue cela l'inquiétait. Il se sentait… seul au monde. Comme si à tout moment, les arbres pouvaient les avaler. Dissimulant toutes traces de leur passage.

Le vide. Le froid. Le vent. Les frissons. L'inquiétude. Le bruit et parfois le silence. Il sentait son cœur battre dans ses tempes. Tous ses muscles étaient crispés. Le sentiment qui l'habitait était tout simplement indescriptible… Il shoota dans une pierre et sursauta de peur. Il sentit le léger regard que lui porta Beckett mais avant qu'il ne lève les yeux, elle avait déjà tourné la tête.

Lorsque des oiseaux noirs s'envolaient, ils lui donnaient l'impression de rire méchamment… De se moquer de lui, de lui murmurer qu'il n'avait aucune chance avec sa petite troupe et son gilet pare-balle « Writer ». Son sang se glaça lorsqu'il entendit des aboiements.

Mais sa peur l'aveuglait, lui faisant oublier que ses amis étaient armés et surentrainés. Et qu'ils ne craignaient presque rien.

Lorsqu'il se rassura tout seul, se répétant que tout se passerait bien et qu'il avait vécu ce genre de chose des centaines de fois, une masse sombre lui sauta dessus, le plaquant au sol avec force.

Un grognement.

Mais avant qu'il ne puisse faire le moindre geste pour se dégager, un coup de feu résonna et il resta tétanisé. Le corps chaud s'écroula sur lui.

Un gémissement puis… plus rien.

On lui retira la masse sombre sur son ventre et une main se présenta devant son visage.

- Ca va Castle ? demanda Beckett dans un léger sourire qui cachait mal son inquiétude.

- Oui, chuchota-t-il encore sous le choc.

- Tom m'avait parlé de chien, je ne pensais pas qu'ils pouvaient être aussi silencieux.

- C'est toi qui as tiré ? demanda-t-il en oubliant complètement le vouvoiement pour le travail.

Cela ne sembla pas l'inquiéter puisqu'elle hocha la tête, l'air grave mais il entraperçut les regards surpris que ses deux autres amis se jetèrent.

- Excuse-moi, j'aurai dû faire plus attention.

- Je ne les ais pas entendus non plus, Castle, le rassura-t-elle.

- Tu as gâché une balle à cause de moi, continua-t-il.

- Non, j'ai utilisé une balle pour toi, pour te sauver la vie, nuance.

Il l'entendit se rapprocher mais il se sentait mal soudainement, le visage baissé vers ses chaussures, contemplant les feuilles musicales.

- Ce n'est pas de ta faute, Rick.

Elle posa une main sur son avant-bras et il releva la tête, abattu. Esposito et Ryan étaient en pleine hallucination… Tout simplement impossible. L'écrivain et sa muse se fixèrent un moment.

- On y retourne, ordonna-t-elle en brandissant son arme à bout de bras.

Castle soupira, air retrouvé, et les suivit, jetant un dernier regard au cadavre du chien noir qui gisait sur le sol. Il espérait que Beckett n'ait pas besoin de cette balle. Il ne le se pardonnerait jamais s'il lui arrivait malheur…

oOoOoOoOo

Il faisait de plus en plus sombre ce qui ne rassurait pas l'équipe extrêmement concentrée. Une rafale de vent les fit s'arrêter un instant, inspectant les lieux… Rien. Ils reprirent leur marche en silence.

Beckett s'arrêta soudainement et mit son index sur sa bouche pour réclamer le silence. Ils attendirent, encore et encore lorsque… Une balle siffla et alla se loger dans un arbre, à quelques centimètres seulement de la tête de Castle. Il se baissa précipitamment, les mains en l'air.

- Castle, mets-toi à couverts ! hurla Beckett en faisant de-même.

Il la rejoignit derrière un arbre assez gros, pouvant les camouflés tous les deux.

- Ca va ? lui murmura-t-elle.

Il acquiesça, le visage blême. Elle tourna la tête vers ses coéquipiers et leur fit des signes qu'ils acquiescèrent. Arme au poing, les flics étaient tous les trois adossés à leur arbre, attendant le signal mais il y avait un problème… Ils n'avaient aucune visibilité et ne savaient pas le nombre de leurs attaquants.

Ils étaient de vrais fantômes.

Une idée illumina le visage de Castle et Beckett le fixa, attendant qu'il parle. Il sortit son téléphone portable le plus doucement possible, sa langue de sortie, et la jeune femme leva les yeux au ciel. Il mit son bras à découvert pour pouvoir prendre une photo et le reprit immédiatement. Il l'a montra à la jeune flic qui fronça les sourcils.

- Là, il y en a un tout près, je peux réussir à l'atteindre mais seulement à découvert.

- Pas question que tu prennes des risques, je vais faire une diversion, lui interdit Castle.

Elle soupira, exaspérée.

- Castle, c'est mon job de prendre des risques alors laisse-moi faire.

- Obéis, femme ! gronda Castle. Fais-moi confiance et prépare-toi à tirer.

Elle voulut protester mais avant qu'elle ne prononce le moindre mot, il lui fit un clin d'œil et se jeta sur le côté. Son cœur bondit dans sa poitrine et elle se mit à découvert. Sa cible bougea légèrement. Repérée. Et comme au ralentit, elle le vit pointer Castle de son arme mais ni une ni deux, elle lui tira dessus. Lentement, elle le vit s'écrouler, son partenaire était déjà au sol. Elle se remit à couvert et appela Castle d'une voix étranglée.

Un gémissement lui répondit et elle ferma les yeux en soupirant de soulagement, appuyée contre l'arbre. Elle tourna la tête vers lui et le vit lever un pouce en l'air. Un rire nerveux lui échappa.

- Il n'y a plus personne, grogna Castle à terre.

Elle se précipita sur lui et le retourna. Il respirait difficilement mais il était vivant, il s'était prit la balle dans le dos. Et c'est tout ce qui comptait. Elle le frappa violement sur le torse et il geint comme une fille.

- Mais t'es malade ou quoi ? hurla-t-elle.

- Arrête de crier, on va se faire repérer, lui intima Castle d'une toute petite voix.

Esposito et Ryan vinrent vers eux.

- Joli vol plané Castle, s'amusa Esposito.

- Tu as des feuilles dans les cheveux, continua Ryan.

- Merci, les gars ! fit Castle en jetant un regard à Beckett qui voulait tout dire. Tu vois, tout va bien.

Elle se mit à califourchon au-dessus de lui et lui plaqua deux mains sur le torse, verte de rage.

- Non, ça ne va pas ! gronda-t-elle. Ce n'est pas un jeu, tu aurais pu te faire tuer ! Quand est-ce que tu comprendras à la fin !

La brunette ferma soudainement la bouche, les rouges rosies de colère. Elle sentait son regard la brûler, la dévisager… Elle entendit ses deux amis siffler, regardant aux alentours. La brunette soupira de rage et se leva mais Castle la rattrapa par la main.

- Excuse-moi, murmura-t-il pour éviter que leurs amis ne l'entendent, je voulais seulement te protéger.

Brusquement, toute sa colère s'envola et son cœur se gonfla d'amour pour l'homme au sol. Elle lui sourit doucement, lui montrant que ce n'était rien et qu'elle adorait ça. Se levant, elle lui tendit une main pour l'aider. Il le remercia à mi-voix et Beckett se dirigea vers ses deux collègues qui regardaient le corps de leur attaquant.

- Il est mort ? demanda-t-elle.

- Non, tu l'as touché à l'épaule, répondit Esposito en secouant l'homme au sol avec son pied. Allez, mec, debout, tu vas servir à quelque chose.

- Alex, souffla-t-il, je m'appel Alex.

- Cool, ça me fait une belle jambe, répliqua Ryan alors qu'Esposito était hilare. Moi, c'est Ryan et elle, fit-il en montrant Kate du doigt, c'est celle qui t'a tiré dessus.

Ils aidèrent Alex à se lever, le tenant fermement par les bras pour ne pas qu'il tente de fuir. Ils le fouillèrent une fois debout, le jeune homme n'avait aucune arme sur lui. L'hispanique le menotta et l'irlandais ramassa l'arme au sol qu'il mit à l'arrière de son pantalon.

- Alors, Alex, la cachette du boss, elle est où ? Celle où il retenait Tom Evans captif, demanda Beckett.

Le jeune homme se contenta de fixer la détective, ne pipant mot. Beckett soupira et roula des yeux.

- D'accord, toujours le même refrain… Tu as peur qu'en nous aidant ton boss te retrouve et te tue, c'est compréhensible mais tu as dû oublier une chose, mon gars : on est là pour l'arrêter, soupira la jeune femme.

Il ne broncha pas, continuant de la regarder.

- Toujours pas ? Okay… Si tu nous aides, j'en parlerai au juge et il sera clément avec toi. Tom m'a dit que tu lui avais donné ses médicaments, je peux te faire une fleur simplement pour ça.

Alex sembla réfléchir quelques instants puis acquiesça à contrecœur, soupirant d'inquiétude. Ils se remirent en marche, Ryan près de leur attaquant. Le jeune homme leur indiquait le chemin, suivant les traces sur les arbres. Lorsque les jeunes flics et l'écrivain l'entendirent ricaner, ils se tournèrent vers lui, surpris.

- C'est si dur de suivre des arbres marqués, fit-il d'un air faussement triste en fixant Beckett.

Esposito l'attrapa rapidement sous la gorge et lui enfonça son arme dans les cottes tandis que la jeune flic le fixait d'un regard froid.

- A ta place, je ne jouerai pas au plus fin mon pote, cracha Javier. Tu recommences, je te colle une balle dans le foie et je te regarderai mourir en me marrant.

Alex fixa l'hispanique, nullement apeuré par ses menaces mais lorsqu'il sentit l'arme s'enfoncer un peu plus dans son ventre, il grimaça et Javier le lâcha, se remettant en marche.

Ryan laissa passer leur « guide » et le poussa d'une main dans le dos, l'incitant à accélérer le rythme.

oOoOoOoOo

Le bruit de leurs pas dans les feuilles changea rapidement, se transformant en une mélodie au rythme dur : leurs pieds frappant le sol de gravier. Ils aperçurent une maison en piteuse état et comme pour leur glacer le sang, le vent souffla. Kate Beckett rangea un instant son arme pour expliquer le plan.

- Castle et moi, on va rentrer par l'entrée principale tandis que vous deux par celle de derrière, ordonna-t-elle, vous interviendrez seulement lorsque ça doit dégénérer, comprit ?

Ils opinèrent du chef et Esposito se tourna vers Alex, lui adressant un regard mauvais.

- Qu'est-ce qu'on fait de lui ?

- Il vient avec nous, fit Beckett.

- Mais… commença Ryan.

- Il sera un moyen comme un autre de leur faire baisser les armes, expliqua la jeune femme.

Ses deux amis hochèrent la tête et sortirent ces dernières, Beckett fit de même. Elle en tendit une à Castle, un sourire encourageant peint sur les lèvres. Il jaugea l'arme pendant quelques secondes avant de la prendre et de la charger.

Lorsqu'ils se séparèrent, se jetant un dernier regard, Castle sentit son ventre se tordre. Plus qu'à son habitude. Beckett, Alex et lui s'approchèrent à pas de loup de l'entrée principale, le cœur battant. Kate se baissa, évitant de se faire repérer par les fenêtres et les deux hommes firent de-même. Appuyant son dos contre le mur, elle donna des instructions à Alex.

- Vous rentrez et vous essayez par je ne sais quel moyen d'en faire sortir quelques uns par l'arrière de la maison, c'est clair ?

Il hocha la tête.

- Combien sont-ils en moyenne à l'intérieur ?

- Je dirai environ quatre ou cinq.

Beckett soupira longuement et reporta son attention sur le jeune homme.

- A vous de jouer, murmura Beckett en le détachant.

Il se massa les poignets et alla remplir sa « mission ». Ils attendirent… encore… longtemps. Des voix, des rires puis soudainement, plus rien. Beckett se tendit et Castle qui le remarqua, s'approcha d'elle. Elle tenait son Glock contre elle, le serrant, y puisant le courage nécessaire pour faire face aux prochains évènements.

Elle entendit un bruit, léger, presque imperceptible mais si caractéristique qu'elle le repéra facilement. Et ses yeux s'agrandirent d'horreur. On chargeait une arme. La brunette se leva brusquement et défonça la porte d'un coup de pied puissant, arme brandit à bout de bras. Castle fut légèrement plus long à réagir mais il se tenait près d'elle, dans la même position.

- Baissez vos armes, tout de suite, gronda-t-elle.

Il y avait trois hommes dans la pièce et tous rigolèrent. Un avait Alex dans sa ligne de mire et en cet instant, Beckett remarqua que ce dernier était jeune, 21 ans tout au plus. Elle cria les même ordres, plus fort et hilarité générale chez leurs criminels.

- Désolé ma belle, chuchota l'un d'entre eux en pointant son arme sur la jeune femme.

Beckett se figea et ses yeux s'agrandirent de stupeur.

- Non ! hurla Alex en se jetant sur lui alors que la balle partait.

Plusieurs coups de feu fusèrent et l'odeur de poudre plana dans la petite pièce. Esposito et Ryan, alarmés pas le bruit, défoncèrent la porte arrière et entrèrent, hurlant des ordres à n'en plus finir. Le canon de l'arme de Castle fumait et sa respiration était coupée. Il ne bougeait plus.

Avait-il tué l'homme qu'il prenait pour le boss ? Lorsqu'il le vit bouger, il se sentit malgré tout rassuré.

Les deux autres restants se couchèrent sur le plancher poussiéreux, terrorisés par tout ce bruit et les deux flics les menottèrent rapidement. Beckett reprit ses esprits et accourue aux côtés d'Alex, allongé près du tireur qui gémissait, reprenant ses esprits. Son arme était tombée au sol dans sa chute.

Elle fit une pression sur la blessure que le jeune homme avait au niveau de la poitrine. Il hurla de douleur et planta son regard froid dans celui perdu de la jeune femme.

- Le boss c'est…

- Celui qui a voulu me tirer dessus, comprit la jeune femme.

- Pas seulement, articula-t-il douloureusement. C'est mon père.

Il bougea sa main gauche, tâtant le sol à la recherche de quelque chose, lorsqu'il l'eut récupéré, il reprit la parole. Il toussa et du sang coula au coin de sa bouche.

- Je ne veux plus qu'il entraîne quelqu'un d'autre dans ses histoires, qu'il le prenne pour son sous-fifre, chuchota-t-il les yeux mi-clos, je veux…

Beckett attendit, ne remarquant pas son petit manège, ses mains recouvertes de sang toujours sur sa blessure.

- … qu'il meurt, termina-t-il.

Et tout se déroula très vite. Le jeune homme avait récupéré l'arme de son père toujours sonné et tira dans son foie, arrachant au boss un hurlement de douleur. Le corps du jeune homme se relâcha brusquement et la brunette entendit son dernier souffle. Elle ferma les yeux et se leva, telle une automate, fixant le corps sans vie d'Alex.

- Appelez une ambulance, demanda-t-elle d'une voix éteinte.

Esposito s'empressa de le faire tandis que Beckett sortait de la maison, respirer un air non contaminé par la mort et le sang. Castle la rejoignit rapidement, inquiet. Il la regarda de loin, elle marchait de long en large puis, s'arrêtant, elle bascula la tête vers l'arrière, fixant les sommets des arbres et prenant de grande inspiration. Elle se passa une main dans ses cheveux, dépassée par les évènements.

Lorsqu'il la vit se mettre une main sur son visage baissé, il y reconnut le signal pour aller la réconforter. Quand il fut près d'elle, la brunette se mordillait l'index. Elle leva la tête vers lui et se pinça les lèvres. Elle eut un sourire désabusé.

- Il devait être un bon gamin, chuchota-t-elle, mais complètement sous le contrôle de son père…

Il acquiesça. Que dire de plus ?

- Mais tout est terminé maintenant, Castle, continua-t-elle.

Il lui sourit doucement, inquiet par le ton de sa voix, la manière qu'elle avait de se comporter… inquiet par ses yeux vides. Il posa une main sur sa joue et la caressa doucement avec son pouce. Elle ferma les yeux au contact de ses doigts, libérant une unique perle de douleur qui roula sur sa joue.

Il y a quelques jours, ils n'avaient encore jamais rencontré la fillette. Il y a quelques jours, il ignorait totalement son autre part d'ombre, ce passé qu'elle lui cachait. Il y quelques jours, ils n'avaient pas fait un si grand pas vers l'autre, encore gênés lorsque leurs mains se frôlaient par inadvertance. Il y a quelques jours, elle était forte.

Il y a quelques jours et quelques heures seulement, ses yeux brillaient lorsqu'elle souriait…