Me revoilà (déjààààààà ?) =)

Mes éternels remerciements à Sarah d'Emeraude (le voilà ton Caskett ;), kalhan03, Mag13 (coucou re toi =) et à ma très chère sister Iliana (je t'ai dis à quel point j'adorai tes énormes pâtés en commentaire ? Je crois oui, souvent même ;). Mille merci !


Chapitre 17 : Laisse parler les gestes.

Une danse est un poème.

DENIRS DIDEROT,

Extrait de Un Troisième entretien sur le fils naturel.

Danser, c'est comme parler en silence.

C'est dire plein de choses sans dire un mot.

YURI BUENAVENTURA.

Vidée. Un simple petit mot qui la qualifiait tellement bien en ce moment-même. Kate Beckett ne contenait plus rien : sentiments, émotions… Elle était tout simplement… vide. Son corps était une carcasse qu'elle traînait péniblement. Les mêmes impressions que le soir de la mort de sa mère. Elle ne ressentait plus rien, avait besoin de calme ou au contraire, elle avait peut-être besoin… de rire. De s'amuser, de se déchaîner… de vivre. Ou tout simplement se sentir vivante.

La brunette soupira. Elle le faisait souvent ces temps-ci. Peut-être un peu trop. Ou justement pas assez pour ce qu'elle endurait… Elle avait laissé le volant à Castle, lui cédant une nouvelle fois face à son regard de chien battu. Avait-réellement céder ? Ou était-ce une excuse pour perdre le contrôle et réfléchir à toute cette histoire ?

Avancer. Elle devait absolument franchir la ligne du passé pour vivre dans le présent. Mais avec qui ? Certainement avec Castle, elle lui avait promit qu'elle réfléchirait à un « nous ». Elle avait besoin de lui, à chaque instant. Mais elle lui demandera juste un peu de temps, s'il le pouvait, s'il l'acceptait. Juste un peu de temps pour reprendre tout en main, faire le point… avancer. Et lorsqu'il n'y aura plus aucune zone d'ombre, elle lui sourira, lui montrant en silence qu'ils pouvaient commencer leur aventure. Et elle s'empresserait d'appeler son père pour lui annoncer la nouvelle d'une voix incompréhensible et aigue face à sa joie intérieure. Elle en pleurerait peut-être même de bonheur, les étoiles dans ses yeux réapparaîtront et brilleront de mille feux. Et elle connaitra la définition du mot « bonheur ».

Aimer… Elle avait besoin d'aimer, d'être « l'amoureuse » - comme dirait Emma - d'un homme. Elle sentait son cœur bondir dans sa poitrine, souhaitant sortir, se mettre à nu… briser le mur.

Elle fixa Castle, comme pour obtenir des réponses. Et lorsqu'il posa sa main sur le levier de vitesse, elle l'enveloppa de la sienne, lui souriant chaleureusement… amoureusement peut-être. Il le lui rendit et son regard se mit à briller. Elle connaissait cette lueur, elle avait été si souvent effrayée mais désormais, elle se sentait capable de tout supporter, de tout avouer… Le faire sourire, rire, vivre comme il le faisait pour elle. Elle ferait tout ça…

Juste…

Pour lui.

oOoOoOoOo

En montant les escaliers, elle sentait ses jambes trembler. Elle fut rassurée. Son vide intérieur n'était présent que pour quelques temps… Castle la soutenait à sa manière, une main dans son dos lui suffisait. C'était discret, doux… c'était eux.

Lorsqu'ils ouvrirent la porte du loft, ils furent frappés par la bonne humeur qui s'y échappait. Elle les enveloppa, faisant étirer leur bouche dans un sourire et battre leur cœur à l'unisson. Les quatre amis se sourirent et entrèrent dans la bulle de bonheur.

Tous les regards se tournèrent vers eux, leurs sourires s'estompèrent, attendant patiemment la conclusion de l'histoire. Beckett leva un point en l'air et hurla la douleur accumulée sous forme d'une joie sans nom. Castle la regarda, surprit, puis la suivit. Esposito et Ryan firent de-même. Et tous ceux présents vinrent les rejoindre en les félicitant dans des éclats de rires, des sourires à peine camouflés, des regards admiratifs…

Sans s'en rendre vraiment compte, Beckett tomba dans les bras de son partenaire, se serrant contre son torse comme si sa vie en dépendait, comme si son cœur allait se décrocher. Il entoura ses épaules et la berça doucement. Quelques coups d'œil discret leurs firent comprendre qu'ils n'étaient pas seuls et leur bulle se fêla légèrement, les séparant.

- Je suis tellement heureuse, Castle, chuchota-t-elle en fixant Emma d'un regard brillant.

Il lui sourit doucement sans qu'elle ne le voie, il se mit derrière elle et sentit la jeune femme coller son dos contre son torse. Il se fit la réflexion qu'il pourrait facilement y prendre goût, à tous ces gestes, ces attentions, ces sous-entendus… Il lui fit un baiser aussi léger que les battements d'ails d'un papillon dans les cheveux. Et personne ne le vit. Mais tout le monde remarqua le sourire rêveur de la demoiselle devant lui…

- Tu ressembles à une amoureuse transis, Kate, se moqua Castle dans son dos.

Elle trembla d'envie sous ses mots mais ne répondit rien, son corps parlait pour elle.

- Champagne ! s'enthousiasma sa mère d'un immense sourire en se dirigeant vers la cuisine.

- En fait, mère, j'ai une surprise pour tout le monde… annonça Castle d'une voix mystérieuse en se détachant de Beckett.

Cette dernière le fixa avec de grands yeux de petite fille et il lui sourit grandement.

- J'ai… réservé une salle de danse pour fêter l'élucidation de cette enquête, continua-t-il. J'ai fait livrer des tenues chez chacun d'entre vous.

- Le coup de téléphone en arrivant, comprit Beckett en lui adressant un sourire immense.

Il se tourna vers elle, son éternel sourire charmeur aux lèvres.

- J'ai hâte de vous voir en robe, détective.

Elle rougit légèrement mais continua de le regarder dans les yeux, le regard plisser de bonheur.

- Seulement en robe ? ne put s'empêcher d'ajouter Martha.

Tout le monde se mit à rire y comprit Emma qui ne comprenait pas vraiment pourquoi. Castle et Beckett se jetèrent quelques coups d'œil gênés bien conscient qu'un jour, il en sera ainsi…

- Quelle heure ? demanda Lanie en brisant le charme du moment.

- 21h, lui sourit Castle.

Le réflexe fut immédiat, ils regardèrent tous leur montre et rirent en se voyant faire.

- On devrait y aller, annonça Esposito à sa petite-amie qui acquiesça.

Ils partirent en saluant tout le monde joyeusement, Castle leur glissa l'adresse à l'oreille, ne souhaitant pas se faire entendre. Ryan fit de-même puis Beckett rassembla ses affaires.

- Je suppose que tu as fait livrer la robe chez moi, conclut-elle.

- Tu suppose bien, s'amusa-t-il en hochant la tête.

Elle lui sourit et ses yeux se mirent à briller. Il la trouva splendide.

- Je viendrai te chercher, fit-il.

Elle hocha la tête, ravie. La brunette embrassa Emma sur le front, ébouriffa les cheveux de Tom et salua d'un petit geste Martha et Alexis puis se dirigea vers l'entrée, Castle sur ses talons.

Alors qu'elle avait sa main sur la poignée extérieure, Castle avait la sienne sur celle intérieure. Ils ne se lâchaient pas du regard, ne voulant pas se quitter… c'était seulement pour quelques heures pourtant… Martha roula des yeux en les voyant faire et donna un coup de coude à Emma, montrant les deux tourtereaux du menton.

- A toute à l'heure, chuchota-t-elle en tirant sur la poignée.

- Oui, à toute à l'heure, répéta-t-il en rapprochant la porte vers lui, empêchant la jeune femme de la fermer.

- Rick, commença-t-elle.

- Oui ? fit-il plein d'espoir.

- Il faudrait peut-être que tu lâches la poignée…

- Oh, oui, bafouilla-t-il en le faisant. A toute à l'heure, Kate.

Elle rit devant son malaise et ferma la porte, laissant le cœur de Rick sauter de joie dans sa poitrine. Un sourire niait peint sur le visage, il se tourna vers sa « famille ». Alexis, Tom et Martha le fixaient d'un air moqueur.

- Quoi ?

- Oh mais rien, répondirent-ils.

L'écrivain grogna et partit se préparer, annonçant au petit groupe que leurs affaires se trouvaient sur leur lit.

oOoOoOoOo

Son cœur battait la chamade. Elle serrait son écharpe bleue clair dans sa main, tandis que ses doigts remettaient du volume dans ses longs cheveux blonds ondulés. Elle regarda à travers le hublot et ne put s'empêcher de soupirer. Et lorsqu'elle vit apparaître ce sourire angélique sous ses paupières closes, elle repensa à la citation au début de son carnet. Depuis toute petite, elle avait ce qu'elle voulait les yeux fermés… les sons, elle les imaginait et sa voix, elle la jouait au violoncelle, lui rendant hommage. Son instrument était toute sa vie, comme son premier amour était sa raison d'être.

Elle n'arrivait pas à croire qu'il était vivant…

Dans seulement deux heures, elle le reverrait, cet océan de vert dans lequel elle aimait tant se plonger. Ce sourire carnassier qu'elle adorait lui rendre… Et sa voix qu'elle pourrait désormais entendre.

Son plus grand rêve se réaliserait enfin… et ce, les yeux grands ouverts.

oOoOoOoOo

Alors qu'elle faisait ressortir son regard avec du crayon, sa sonnette retentie et elle sourit devant la glace. Finissant de se maquiller, elle passa une main sur la robe que Castle lui avait choisie, effaçant les plis puis se dépêcha d'aller ouvrir.

Lorsqu'elle tourna la poignée, la brunette se retrouva devant un énorme bouquet de fleur. Il n'y avait que des roses : blanches, violettes, rouges et jaunes accompagnées de multitudes de petites fleurs et de grandes herbes en tout genre. Rendant le tout assez sauvage et merveilleux. Elle eut un rire nerveux et lui prit le bouquet des mains.

Quand son regard se posa sur l'homme devant elle, ses yeux s'agrandirent et sa bouche s'ouvrit légèrement dans un « oh » muet. Il était beau dans son costard sombre à cravate rouge, assortit à sa robe. Un mouchoir de la même couleur ressortait de sa poche du haut. Incroyablement élégant était Richard Castle ce soir. Elle en resta subjuguée quelques instants.

Alors qu'elle le déshabillait du regard, il faisait de-même, abordant un visage identique à celui de la jeune femme. Son regard pétillant ressortait grâce au maquillage, ses cheveux étaient rassemblés dans un chignon haut, laissant quelques mèches s'y échapper et portait des boucles d'oreilles pendantes en argent. Lorsqu'il avait aperçu cette robe, il avait immédiatement imaginé Beckett dedans. La robe aux bretelles qui se dissimulaient dans son cou était rouge et très légèrement brillante, lui arrivant jusqu'aux genoux. Son dos qu'il ne voyait pas encore était nu.

Ses pieds fins se trouvaient dans des escarpins de couleur identique à sa robe et elle avait joué sur la fantaisie en se mettant quelques bagues aux doigts, mettant ses jolies mains en valeur.

- Tu es splendide, souffla-t-il.

- Tu es très beau aussi, Castle.

Ils eurent un sourire plein de féérie l'un pour l'autre.

- Je vais mettre les fleurs dans un vase et on peut y aller, murmura-t-elle en s'éloignant.

L'écrivain hocha la tête, l'esprit ailleurs et reprit pied en la voyant s'en aller. Il l'attendit dans l'entrée, réajustant sa veste puis lorsqu'elle revint avec un châle sur les épaules, il lui présenta son bras que la brunette prit dans un léger rire, se tortillant une mèche de cheveux autour de son doigt.

Lorsqu'ils arrivèrent sur le trottoir, une limousine les attendait.

- Sérieusement ? Une limousine ? se moqua-t-elle gentiment.

- On va arriver sur le tapis rouge, ma chère et de quoi aurions-nous l'air en taxi ?

- Le tapis rouge ? s'étonna-t-elle en lui lançant un regard suspicieux. Qui as-tu invité Richard Castle ?

- La liste est longue, marmotta-t-il.

Elle lui décocha un regard noir et il soupira, les yeux fuyants.

- Le commissariat, le maire et ses amis, mes amis, ma famille, compta-t-il sur ses doigts.

Elle soupira et il lui fit une grimace en signe d'excuse.

- Pourquoi tout ce monde ? demanda-t-elle d'une voix fatiguée.

Le regard de son partenaire s'éclaira et il lui sourit en coin.

- Pour leur montrer à quel point tu es extraordinaire, Kate.

La brunette eut un léger sourire et il le trouva encore plus beau que tous ceux qu'elle lui avait fait. Un sourire lui montrant qu'elle le pardonnait, un sourire qui éclairait son visage aux traits fins et ses jolis yeux, un sourire dont il se savait l'unique receveur…

Un sourire qu'il rêvait d'embrasser.

Alors galantement, il ouvrit la portière et lui proposa sa main qu'elle prit en roulant des yeux, un vestige de sourire aux lèvres. Il entra après la jeune femme et s'assit près d'elle, leurs mains se touchaient sur le cuir froid.

Ils se lancèrent un regard en coin, identique. Puis regardèrent devant eux, comme si cet échange n'avait jamais eu lieu, comme si tout était toujours pareil, comme si tout ce qu'ils avaient vécu s'effaçait…

Comme si leurs mains ne s'étaient jamais jointes sur ce cuir dur et froid…

oOoOoOoOo

Un homme en costard brillant leur ouvrit la portière et Castle fut le premier à sortir, tenant la main de sa belle. Le même sourire rêveur était accroché à leurs lèvres et les photographes qui avaient eut vent de cette soirée s'empressaient d'immortaliser cette scène.

- Où sont Emma et Tom ? murmura Beckett à l'oreille de son cavalier.

Un flash les aveugla, les prenant dans cette pose légèrement intime.

- Mère se chargeait de les emmener, répondit-il en souriant aux photographes.

Elle acquiesça d'un signe de tête alors qu'il replaçait une mèche rebelle derrière son oreille. Flash. Elle mit correctement son bras autour de celui de son partenaire et sentit la main de ce dernier se poser sur son avant-bras. Flash.Soudainement, il fit tourner sa partenaire, plaçant son bras au-dessus de sa tête. Flash. Sa robe se souleva, dévoilant ses longues jambes. Flash. Elle posa ses mains sur son torse pour se rattraper, de nouvelles mèches échappées de son chignon. Flash. Un sourire éblouissant aux lèvres, ils se pressèrent de se mettre à l'abri.

Ils parcoururent la salle du regard, Castle remarqua tout de suite le buffet tandis que Kate le tirait jusqu'à leurs amis.

- Mon dieu, Kate ! s'exclama Martha à bras ouverts. Mais regardez-vous !

L'actrice la fit tourner sur elle-même alors que la jeune femme riait, gênée.

- Vous êtes magnifique, lieutenant Beckett, acquiesça Alexis en s'approchant.

- Appelle-moi Kate, Alexis, fit-elle pour la remercier.

- Et papa, quelle élégance.

Le concerné fit comme Kate un peu plus tôt, tournant telle une danseuse, s'attirant quelques rires et sourires.

- Ma chérie ! hurla Lanie en la prenant dans ses bras en coup de vent.

Elle s'écarta du lieutenant et la regarda de bas en haut.

- Tu es à couper le souffle mon chou, s'émerveilla Lanie dans sa robe noire pailletée.

- Tu es très belle toi aussi Lanie, s'amusa Kate.

- Je vous ai vu arriver Castle et toi sur le tapis rouge, fit sa meilleure amie d'un grand sourire. Renversants tout les deux…

Les deux partenaires se jetèrent un regard gêné sous l'air satisfait de la jeune légiste lorsqu'une personne attira l'attention de Beckett.

- Papa ? s'étonna-t-elle d'un grand sourire.

- Oh Katie, comme tu es belle, fit ce dernier les yeux brillants de fierté.

Elle le remercia et lui renvoya le compliment en réajustant son nœud papillon.

- Qu'est-ce que tu fais ici, papa ? demanda-t-elle.

- Rick Castle m'a appelé figure-toi, me disant que ce jour était spécial.

La brunette eut un sourire partagé, une moitié allait vers Castle tandis que l'autre s'adressait à son père.

- Il adorable et ne veut que ton bonheur, Katie, lui murmura-t-il.

- Je sais papa, répondit-elle d'une voix mal contrôlée.

Il l'embrassa sur la joue et sa fille fit de-même lorsqu'on tira le bras de la brunette.

- Kate, tu viens danser avec moi ! s'écria Emma. Les Maroon 5 passent ! Et j'adore les Maroon 5 !

La brunette éclata de rire et passa une main à l'arrière du crâne de la fillette, l'attirant vers l'avant.

- Je suppose que tu es Emma, s'amusa Jim en lui tendant une main.

La fillette toisa la main un moment, hésitante.

- Ne t'inquiète pas ma grande, je ne suis pas un méchant elfe, juste un gentil sorcier.

La fillette ne voyait pas vraiment la différence mais prit la main chaude dans la sienne, sous le regard attendri de son ange gardien. Elle leva des yeux suppliants vers la jeune femme, la lèvre tremblotante.

Castle est passé par là…

- Tu viens danser ? redemanda-t-elle.

- J'arrive, céda la brunette.

- Yes, cria la fillette en la tirant par la main.

Alors que les lumières se mirent à danser sur sa fine silhouette, elle se dirigeait sur la piste sous Move Like Jagger des Maroon 5. La fillette se tourna vers elle, les yeux pétillants de malice et prit les mains de la jeune femme qui finit par la faire tourner sur elle-même. Face aux rires, sourires et regards d'Emma, Beckett se laissa rapidement faire, se détendant. Son rire cristallin rejoignit celui enfantin de la fillette.

Castle les regardait faire, souriant lorsque Jim Beckett s'approcha.

- Johanna était une excellente danseuse, expliqua-t-il. Elle a apprit à Kate de nombreux pas.

Le partenaire de sa fille se tourna vers lui, heureux d'en apprendre toujours plus.

- Faites-la danser Rick, et elle revivra, lui confit-il en croisant les bras.

Alors que la musique se terminait, Kate et Emma sortirent de la piste, légèrement essoufflées. Des mèches s'étaient encore échappées du chignon de sa partenaire.

- Tu danse le tango ? demanda Castle en la fixant.

- Je connais quelques pas mais…

- Ca ira, termina-t-il en la prenant par la main.

Lorsque les coups de bâtons retentirent de Drive Me Insane de Billy Boy on Poison, ils s'élançaient tout les deux sur la piste. Les quelques danseurs s'étaient effacés, ne sachant pas comment danser sur cette chanson.

Castle arriva en glissant et Beckett s'approcha de lui en dansant. Il attrapa sa main et ils se jetèrent un regard identique. Ils se sourirent puis collèrent leur corps d'un même mouvement gracieux et souple. La jambe de Beckett passa entre celles de l'écrivain. Leurs mains gauches étaient liées devant eux tandis que la droite de Castle se posa sur la hanche de sa cavalière et celle de la jeune femme se positionna sur l'épaule de « son » homme. D'une main, il détacha les cheveux de la brunette et cette dernière secoua la tête sous des applaudissements et sifflements.

Ils firent un premier pas pour ne plus s'arrêter…

Ils étaient seuls sur scène et étrangement, cela ne les gênait absolument pas. Ils ne faisaient plus qu'un et quelques exclamations retentissaient lorsque Castle soulevait Beckett, la faisant basculer d'un côté à un autre ou quand la jeune femme entourait la hanche de son cavalier d'une jambe, dévoilant sa cuisse.

Tous pieds à terre, Beckett leva sa jambe, rejetant la tête en arrière tandis que Castle la retenait d'une main. Quelques pas plus tard, il souleva sa partenaire de nouveau et sentit son souffle saccadé dans son cou. Il eut un sourire charmeur et leur danse devint plus déchaînée encore.

Ils ne s'arrêtaient plus, leurs pieds se dédoublèrent face à la rapidité de leurs mouvements. Jamais ils n'avaient eut un partenaire de danse aussi bon, aussi complémentaire…

Lorsque la dernière note sortie des haut-parleurs hurlants, leur touche finale fut splendide et digne du spectacle qu'ils venaient de donner. Beckett avait entouré la hanche de son partenaire avec sa jambe, Castle retenait cette dernière en passant une main dans le creux de son genou tandis qu'une autre se trouvait à plat au milieu de son dos nu et moite. Les cheveux de la jeune femme étaient tombés sur le visage de l'écrivain, le faisant sourire. Elle avait mit une main sur sa nuque puis l'autre sur sa joue luisante. Leur front était collé et leurs yeux fermés, ils cherchaient désespérément un second souffle chez l'autre. La poitrine de la jeune femme se soulevait dans un rythme effréné. Les projecteurs étaient braqués sur eux…

Enfin, les applaudissements retentirent puis des sifflements et des hurlements - venant de leurs plus proches amis -. Le souffle court, ils ouvrirent les yeux et se sourirent en croisant le regard de l'autre. La jeune femme, encore joueuse suite à cette danse, mordilla le lobe de l'oreille de son partenaire qui lâcha sa jambe sous la surprise.

Elle lui fit un sourire carnassier en se détachant et il attrapa sa main, liant légèrement leurs doigts.

oOoOoOoOo

- Ma chérie, je ne savais pas que tu dansais aussi bien ! la félicita Lanie avec un clin d'œil.

Sa meilleure amie se pencha à l'oreille de la jeune femme et lui souffla :

- Je t'ai vu lui mordiller l'oreille, coquine, s'amusa la légiste.

La brunette sentit ses joues s'enflammer et se cacha avec ses cheveux détachés. Elle parcourra la pièce du regard, à la recherche de son partenaire. Elle roula des yeux lorsque deux verres de champagne s'élevèrent au-dessus de la foule et le propriétaire qui essayait vainement de se frayer un chemin. La brunette ne vit même pas sa meilleure amie s'éloigner.

- Détective, fit Castle en tendant son verre à la jeune femme.

Alors qu'ils allèrent trinquer, le téléphone de l'écrivain vibra, annonçant l'arrivé d'un message. Il donna sa coupe de champagne à sa partenaire et appuya sur « ouvrir ».

Je suis dehors. H.

Son regard se mit à pétiller de bonheur et il leva la tête vers la jeune femme.

- Je reviens, attends-moi avant de boire, nous aurons quelque chose à fêter.

Puis il se mit à courir vers la sortie, la laissant, perdue. Elle fronça les sourcils, les deux verres en main puis remarqua Tom assit à une table, lui aussi seul. Elle s'installa à ses côtés alors que Happy Ending de Mika commençait.

Le jeune homme lui fit un petit sourire abîmé puis reporta son attention sur son verre vide entre ses doigts. Un soupir à fendre l'âme lui échappa et Beckett posa une main chaude sur son avant-bras nu. Il ferma les yeux douloureusement et ouvrit la bouche :

- C'était la chanson favorite d'Hanna, expliqua-t-il.

Et il sentit les doigts de la jeune femme se resserrer autour de sa peau.

- Elle posait ses mains sur l'enceinte et fermait les yeux pour plus de sensation. Le tempo qui s'en dégageait la faisait frissonner.

Elle le relâcha et posa sa main à plat sur la table, caressant le bras de Tom avec son index.

- A l'aéroport, le jour de son départ pour la Californie, je lui ai glissé un papier avec la moitié d'un cœur dessiné, se souvint-il, je me demande si elle l'a complété…

Il sortit le petit carnet violet d'Hanna de sa poche et le feuilleta, le cœur lourd.

- Sur la dernière page, elle m'a écrit : Tu me le rendras lorsqu'on se reverra car oui, Tommy, on se reverra. Je te le promets. Milady.

- Pourquoi lui as-tu donné ce surnom ? demanda Kate d'une petite voix.

- C'est ainsi que l'on surnommait les femmes lorsque l'amour courtois n'était pas aussi en danger que maintenant. Au temps de Shakespeare, expliqua-t-il. Elle avait dévoré toutes ces pièces de théâtre, s'idéalisant un amour parfait dans sa bulle silencieuse.

Le cœur de Beckett trembla sous la force et l'amour qui habitaient les mots de Tom.

- Je m'amusais lui donner ce surnom et elle me mimait qu'elle était tout, sauf une lady, sourit-il.

La détective sourit à son tour, émue par cette si belle histoire d'amour qui en ferait rêver plus d'un.

- Mais je suis mort à ses yeux et jamais je ne la reverrai, se désola-t-il en fermant le petit carnet comme il fermait désormais son cœur.

La main de Beckett l'arrêta dans son geste et il leva des yeux brillants vers elle.

- Tu n'as plus rien à craindre désormais, Tom, tu es libre de faire ce que bon te semble.

- Je ne peux pas débarquer chez Hanna comme ça et tout chambouler. Je n'ai pas le droit, souffla-t-il d'une voix brisée.

Alors qu'il regardait une nouvelle fois le petit carnet, Beckett lui murmura :

- Tout réside entre tes mains, Tom.

Puis une main se posa sur son épaule et il sursauta, se retrouvant face à Castle. Il le questionna du regard et l'écrivain lui sourit chaleureusement.

- J'ai une surprise pour toi, fit-il en lu indiquant la sortie d'une main.

Le jeune homme fronça les sourcils mais se leva, s'éloignant jusqu'à l'entrée. Castle vit plein de geste en tout genre pour inciter Beckett à venir. Il lui tendit une main qu'elle prit en souriant et ils suivirent Tom, gardant tout de-même une distance raisonnable.

L'écrivain fit un clin d'œil à sa muse puis posa un doigt sur sa bouche, réclamant le silence en souriant.

oOoOoOoOo

Lorsque Tom poussa les grosses portes, le vent s'engouffra immédiatement dans son costard sombre, le faisant frissonner. Ensuite, il remarqua une demoiselle dans une longue robe blanche, près du tapis rouge, dos à lui, ses bras encerclaient sa taille pour se tenir chaud et elle portait l'étui d'un instrument sur ses frêles épaules. Il s'approcha en silence.

Lorsque les mains glacées de la jeune fille tombèrent le long de son corps, il remarqua une multitude de bague sur ses fins doigts. Son souffle se coupa tandis que son cœur ratait un battement. Il se figea sur le tapis rouge, ahurit. C'était tout simplement impossible…

- Qui est-ce ? demanda Beckett à Castle.

Ils se tenaient long du jeune homme.

- Tu le sauras bien assez tôt.

Tom fit un pas puis ouvrit la bouche. Ses lèvres tremblaient tellement qu'il ne put articuler le moindre mot. Il réessaya et simple nom sortit :

- Hanna ?

Contre toute attente, la jeune fille en robe blanche se tourna vers lui. Elle l'avait entendu. Elle porta une main à sa bouche, retenant hoquet de surprise. Tremblante, elle retira son violoncelle de ses épaules. Il la vit mimer un nom avec ses lèvres… son nom. Il écarquilla les yeux et les larmes affluèrent dans son regard émeraude. Elle était belle, elle n'avait pas changé mais semblait tout de-même légèrement différente dans la manière dont elle avait de se tenir, comme si elle se protégeait d'une quelconque douleur. Son cœur se déchira lorsqu'il comprit qu'il était à l'origine de cette souffrance.

- Non… murmura Beckett au loin en serrant fortement l'avant-bras de Castle dans sa main.

Tom fit un pas en avant et Hanna fit de-même. Le vent souleva ses longs cheveux dorés et il aperçut la perle qu'il lui avait mise il y a plus de cinq ans. Elle ne l'avait jamais enlevé… elle ne l'avait pas oublié…

Elle n'avait pas cessé de l'aimer.

Ils se retrouvèrent bientôt face à face, ne se quittant pas du regard. Et Beckett joignit ses deux mains devant sa bouche, les larmes aux yeux. Les deux adolescents se fixèrent, une même lueur s'était rallumée dans leur regard. Une lueur qu'ils pensaient disparue, effacée mais qui – ce soir – était réapparue.

Dans un même mouvement, ils se jetèrent dans les bras de l'autre, humant le parfum de la personne manquée…. presque effacée.

Les yeux fermés, ils avaient la présence de l'autre, se sentaient enfin à leur place… leur plus grande espérance, leur plus grand rêve, le souhait qui revenait si souvent sous le ciel étoilé.

Les yeux fermés, ils voyaient...

Elle, avait le visage enfouit dans son cou, l'embrassant à plusieurs reprises, plantant ses ongles aux doigts glacés dans sa nuque. Lui, avait sa tête dans ses cheveux, humant l'odeur de mangue qui s'y dégageait et qui lui avait tant manqué. Ses bras fins entourant ses épaules d'homme lui avait manqué, ses yeux bleus parcourus de cette pluie d'étoiles… son si joli visage lui avait manqué.

Et les lèvres qui se posèrent sur les siennes qu'il découvrait.

Le baiser était doux, presque timide. Leur premier à tout les deux. Leurs bouches jusqu'ici sèches devinrent rapidement humides et rouges, presque gonflées. Hanna s'accrochait désespérément à ses cheveux, les tirants tandis que lui n'arrêtait pas de l'enrouler, de la serrer… Ce fut à bout de souffle qu'ils se séparèrent mais déposa de courts baisers sur ses lèvres, coupant sa respiration. Mais avant qu'elle ne puisse répondre, il se dégageait pour revenir rapidement, avide de leur goût sucré, pétillant… un peu comme elle, un peu comme ses yeux bleus qui brillaient ce soir-là.

Des gouttes tombèrent sur leurs rouges rosies par la joie et le bonheur. Elle sourit contre sa bouche et il le lui vola du bout des lèvres. De nouvelles gouttes roulèrent, quelques unes sur les longs cheveux de la jeune fille, et les autres se retrouvèrent aspirées dans un nouveau baiser.

Front contre front, ils se frottèrent le nez en souriant, simples revenants du pays des rêves. Brusquement, il la serra contre lui, fort, comme si à tout moment elle pouvait s'envoler, le laissant seul face aux souvenirs heureux qui lui faisaient si mal… Comme si son esprit avait tout imaginé…

Elle le dévisagea puis prit son visage en coupe et l'embrassa longuement à la commissure des lèvres. Il ouvrit les yeux pour finalement les plonger dans cet océan de tendresse.

- Tu avais raison, murmura-t-elle.

Il fut surprit d'entendre sa voix même si désormais, plus rien ne l'étonnait.

- A propos de quoi ? demanda-t-il en enfouissant son visage dans son cou.

- On voit mieux les yeux fermés…

Lorsque sous ses lèvres, il sentit son cœur battre la chamade, il lui déposa une pluie de baisers le long de sa gorge, remonta jusqu'à sa mâchoire. Elle frissonna sous ses doigts et resserra ses bras autour de son cou, le rapprochant pour profiter encore et encore de la chaleur de leur étreinte.

- Je te croyais mort, souffla-t-elle en fermant douloureusement les yeux aux souvenirs de cette souffrance.

Elle le sentit se tendre dans ses bras et la jeune fille resserra son étreinte comme pour lui dire que ce n'était qu'une constatation, une vérité qu'elle n'avait pu étouffer… un vieux mensonge dès plus douloureux…

- Je sais… fut tout ce qu'il répondit.

Elle enfouit son visage dans le creux de son cou, étouffant un sanglot un peu trop bruyant tandis qu'il passait une main réconfortante dans ses cheveux dorés.

- Milady, chuchota-t-il à son oreille comme une chanson favorite qu'elle ne pouvait entendre lorsqu'elle était encore sourde.

Elle éclata en sanglot et s'accrocha à ses épaules pour ne pas sombrer, mouillant sa gorge de son eau salée et lèvres entrouvertes, laissant échapper de longs gémissements de douleur. Il ferma les yeux, forts, très forts, sentant les larmes le brûler à son tour. Il se contenta de la bercer, l'apaisant comme il l'avait tant fait, lui murmurant de jolis mots au creux de l'oreille.

Deux cœurs meurtris battaient à l'unisson, deux amours de jeunesse de retrouvaient, se découvraient… s'aimaient à en oublier le monde qui, pourtant, continuer de tourner. Eux à son bord…

Et doucement, ils se mirent à danser, se berçant dans les bras de l'autre, au rythme de la musique… leur musique. Qui, pourtant, n'avait pu être entendu il y a quelques années…

Plus loin deux regards, l'un vert et l'autre bleu, étaient traversés par la même lueur. Celle que l'on retrouve chez de jeunes parents lorsque leur bébé fait le premier pas. Alors, en bons parents qu'ils étaient, ils se serrèrent l'un contre l'autre, sourire aux lèvres…


Mom and Dad )

J'arrête de vous embêter et je fais marcher mes neurones pour vos pondre la suite ! =)

A bientôt...!