Oyé, oyé braves gens ! Voilà la suite !

Hum...

Des milliers de mercis à Sarah d'Émeraude, Solealuna, Ayahne et Mag13 ! Vous rochez !

Bien entendu, un million de mercis à ma Iliana pour son aide et son soutient ! Ce chapitre est pour toi my dear ! =)


Chapitre 18 : C'est à effacer.

La vérité vaut bien qu'on passe quelques années sans la trouver.

JULES RENARD.

Appuyés contre l'évier de la salle de repos, Castle et Beckett fixaient leur tasse dans un silence reposant, léger. L'écrivain se concentrait sur le bruit que faisait sa muse en tournant la petite cuillère dans son café, les yeux vissés au sol. Une idée le tourmentait, une question qui – il le savait – revenait sans arrêt dans la tête du lieutenant à ses côtés.

- Je pense… je pense que tu devrais l'appeler, après tout, cette affaire était la vôtre au départ, déclara-t-il brusquement.

Elle tourna la tête vers lui, se pinçant les lèvres dans un léger sourire, haussant un sourcil.

- Appeler qui ?

Il lui lança un regard blasé par lequel elle répondit en baissant la tête.

- Je ne sais pas, murmura-t-elle.

- Kate…

- Sorenson a lui-aussi été très secoué par cette affaire et je pense qu'il a accepté le post à Boston pour s'éloigner de tout ça, oublier…

Elle but une gorgée de café, apaisant le feu dans sa gorge serrée.

- Mais Tom est sauvé, Kate, il n'est plus question de souffrir désormais.

La brunette se mordit les joues, sachant pertinemment que Castle avait raison et qu'elle devait au moins ça à Will, juste ça… effacer leurs vieux démons et ne plus souffrir en se réveillant le matin, ne plus ressentir ce regret… oublier. Juste… oublier.

- Je vais l'appeler.

Castle fit un immense sourire, heureux qu'elle suive son chemin. La jeune femme termina son café, posa la tasse dans l'évier et prit son téléphone, couvrant sa bouche avec sa main pour ne pas qu'on l'entende. Un vieux réflexe depuis l'adolescence pour camoufler ses secrets de l'époque. L'écrivain sortit de la pièce, lui laissant l'intimité qu'elle aimait tant. Il s'assit sur sa chaise et croisa les jambes.

A travers les vitres, il la voyait parler rapidement et vit ses joues s'enflammer. Il sourit. La brunette était gênée et il adorait ça. Il remarqua que la brunette souriait, ses yeux pétillaient lorsqu'elle les posa sur lui. Voyant que son partenaire la fixer, elle aborda un sourire encore plus grand et leva le pouce en l'air. Il répondit par le même geste, faisant une tête idiote. La brunette se pinça les lèvres et secoua légèrement la tête, son cœur gonflé à bloc pour l'homme resté enfant.

Il aborda un visage adorable qui la fit rire mais l'écrivain lut sur ses lèvres qu'elle s'excusait auprès de son interlocuteur.

- Eh Bro, l'appela Esposito de son bureau, le téléphone à l'oreille.

- Moui ? fit l'écrivain en tournant la tête.

- On a découvert le corps d'un mec et devine qui c'est…

Le latino s'approcha de son ami et lui tendit une photo. Ce dernier fit une fixette sur les yeux grands ouverts de l'homme mort.

- Ses yeux… ils sont de différentes couleurs, murmura Castle.

- Eh oui ! Lanie a dit qu'il était mort depuis deux jours, expliqua Esposito en remarquant le visage affolé de l'écrivain.

Ce dernier soupira de soulagement et lui rendit la photo.

- Le boss s'en était débarrassé alors…

- Exact, acquiesça Javier.

Castle sembla plonger dans ses pensées puis releva la tête, les yeux pétillants et un sourire idiot peint sur le visage. Esposito lui sourit, amusé, voyant la bêtise arriver à grands pas.

- J'peux le dire ? s'enthousiasma l'écrivain.

- Ouais vas-y.

Rick bondit de sa chaise et s'éclaircit la voix.

- Affaire…

- … classée ! coupa Beckett d'un immense sourire.

- Eh !

Elle roula des yeux avant de remercier Esposito pour ses informations. La brunette le prévint qu'il pouvait rentrer et qu'elle s'occupait de la paperasse. Le latino acquiesça malgré lui, ne voulant pas que tout le travail soit pour Beckett mais rassembla tout-de-même ses affaires, impatient de retrouver Lanie.

- Alors ? demanda Castle en s'asseyant sur sa chaise et fixant sa muse.

- Il vient dans deux heures, environ.

L'écrivain soupira et rejeta sa tête en arrière, fermant les yeux. Elle le regarda faire, amusée par sa lassitude puis reporta son attention sur ses dossiers à terminer. Se passant une main dans les cheveux, la brunette les remonta dans un chignon qui tint en place grâce à un crayon.

La jeune flic étira ses mains devant elle et fit craquer ses doigts. Fin prête, elle attrapa un stylo et commença à griffer le papier, adoptant rapidement une vive allure. La jeune femme sentait son regard et son ventre se tortilla.

Elle savait ce qu'il voulait savoir, ce qu'il attendait d'elle. Avec la même facilité que celle qu'il démontrait à lire en elle, elle parvenait toujours à décrypter ses silences. Et là, elle le sentait inquiet. Inquiet de savoir qu'un des hommes qui avait le plus compter dans sa vie allait y faire de nouveau irruption. Et bien qu'elle ne désirait rien de plus que de le rassurer, elle ne savait pas comment s'y prendre.

Comment trouver les mots pour lui dire que ses inquiétudes étaient infondées, qu'il n'avait pas à se sentir menacé ? Elle ne maniait pas les mots comme lui et avait peur de dire quelque chose qui ne lui ferait que du mal. Pour ça par contre, elle était particulièrement douée, même si elle ne l'avait jamais cherché, elle finissait toujours par le faire souffrir d'une façon ou d'une autre. Mais elle ne voulait plus lui faire de mal. Elle voulait être pour lui ce qu'il était pour elle, et ça commençait par une totale honnêteté envers lui. Mais elle ne savait simplement pas comment s'y prendre.

- Je pense que je devrais y aller, tu veux sûrement être seule avec lui… souffla-t-il en laissant son regard vagabondé partout dans la pièce sauf dans ma direction.

- Non ! s'exclama-t-elle plus énergiquement qu'elle ne l'aurait voulu.

Il sursauta légèrement et se tourna vers elle en arquant un sourcil surpris. L'éclat de voix de la jeune femme avait au moins eu le mérite de le faire croiser de nouveau son regard. Déglutissant, elle pria pour ne pas dire de bêtises et le faire fuir.

- Tu es mon partenaire Rick. Ta place est à mes côtés, déclara-t-elle fermement en ancrant son regard dans le sien, le suppliant de comprendre ce qu'elle essayait de lui dire sans avoir à prononcer les mots qu'il attendait tant.

Il la fixa un instant, interdit puis un sourire discret étira ses lèvres, un si beau sourire où se sentit faire de-même. L'écrivain acquiesça et reporta son attention sur ses mains jointes posées sur ses genoux.

- Alors reste avec moi, répliqua-t-elle simplement en lui souriant avant de reporter son attention sur sa paperasse.

A nouveau, la brunette sentit son regard sur elle, mais cette fois, elle s'en retrouva apaisée. Alors qu'elle s'y pensait incapable, elle avait réussi à le rassurer, mais il fallait dire que Rick était bon public. Notre connexion lui était d'une aide précieuse dans ce genre de situation. Soulagée, elle se plongeait dans ses rapports, se concentrant pour n'omettre aucuns détails.

- Kate ? l'appela Castle, et elle releva la tête, grimaçant légèrement lorsque les muscles de sa nuque protestèrent.

Un sourire reconnaissant éclaira ses lèvres lorsqu'elle le vit debout devant son bureau, deux tasses de café dans les mains. La brunette ne l'avait même pas vu se lever ! Il lui tendit son breuvage favori en souriant et se rassit sur sa chaise, un air songeur sur le visage qu'elle lui connaissait bien. Il avait une idée derrière la tête.

- Qu'est-ce que tu manigances Rick ? s'enquit-elle en le transperçant du regard.

- Rien, je me demandais juste si tu comptais faire venir Emma et Tom lorsque Sorenson sera là, lui répondit-il en fixant pensivement le fond de sa tasse.

- Tu penses que c'est une bonne idée ? l'interrogea-t-elle avec un froncement de sourcil inquiet.

La jeune femme ne voulait pas que Tom et Emma replongent dans leurs souvenirs douloureux, et c'est ce qui se passerait lorsqu'elle expliquera la situation à Will. Mais en même temps, c'était leur histoire dont elle s'apprêtait à dérouler le fil, ne méritaient-ils pas d'être présents lorsqu'elle le fera ? Et Will voudrait sûrement rencontrer Tom, s'assurer de ses propres yeux que ce n'était pas une cruelle plaisanterie, exactement comme elle l'avait fait.

- Oui, acquiesça-t-il en ancrant ses yeux dans ceux de la brunette, Tom et Emma ont le droit eux aussi de tirer un trait définitif sur cette histoire, et Tom ne le pourra qu'en rencontrant l'autre personne qui a tout fait pour le ramener il y a si longtemps. Will a jouer un rôle tout aussi important que toi dans sa vie, et il a le droit de le rencontrer ne serait-ce que pour simplement lui dire merci. Je sais que Tom te voit bien plus comme ça sauveuse que Will, mais il ressent le besoin de le voir pour pouvoir enfin tourner la page.

Il avait raison. Comme bien souvent ces derniers temps. En le regardant, si fort, si inébranlable, elle se demanda si cette histoire sordide aurait eu une issue aussi heureuse sans sa présence. Définitivement pas. Castle, bien que tout aussi blessé qu'eux, avait été le phare dans la nuit, le nid dans lequel les oiseaux blessés que nous étions avions trouvés refuge pour panser nos plaies, et elle ne savait pas si elle arriverait un jour à le remercier comme il le méritait.

- Je vais demander à Alexis de venir ici avec eux, déclara-t-elle en s'emparant de son téléphone pour contacter l'adolescente.

Castle ne fit aucun commentaire, mais la jeune flic savait qu'il était satisfait de sa décision. Se passant une main sur sa nuque dans une vaine tentative pour dénouer ses muscles douloureux, elle expliqua en quelques mots la situation à Alexis qui lui promit d'être là aussi vite que possible avec Emma et Tom.

En raccrochant, Beckett chercha Castle du regard, et se figea en sentant sa présence dans son dos. Son cœur - déjà bien accroché - rata un battement en sentant ses mains se posées sur ses épaules, et ses doigts frôlés la peau sensible de son cou tendu. Incapable de la moindre réaction, elle le laissa faire, réprimant un gémissement lorsqu'il se mit habilement à pétrir les muscles de sa nuque, et elle réprima difficilement le soupir de bien-être que son contact lui procurait.

Fermant les yeux, elle pencha légèrement la tête en avant, savourant pleinement les attentions dont la brunette faisait l'objet. Elle fut tirée de sa bulle de béatitude par le ding de l'ascenseur, et se redressant sur sa chaise, elle vit Will venir vers eux. La jeune femme sentit les mains de Castle se crisper sur ses épaules et devenir rapidement moites, mais il ne se détacha pas d'elle pour autant.

Sans se retourner, la jeune femme leva une main qu'elle posa sur une des siennes, la pressant doucement avant de se lever pour aller accueillir Will.

- Ca fait toujours plaisir de te voir Kate, lui sourit ce dernier.

- Plaisir partagé Will mais je t'ai pas appelé pour ça.

Sorenson fronça les sourcils et porta son attention sur le partenaire de son amie, y cherchant une quelconque réponse aux questions qu'il se posait. L'écrivain haussa les épaules en lui souriant doucement, le rassurant.

- C'est à propos de l'affaire Tom Evans, Will, souffla la jeune femme en le fixant attentivement.

L'agent du FBI pâlit brusquement et dû se retenir au bureau de son ex-partenaire pour ne pas sombrer vers son ancienne amie, la douleur. Castle vit en cet instant à quel point la souffrance était forte, même des années plus tard. Ce dernier s'empressa d'aller faire un café au jeune homme, lui laissant sa chaise dans un sourire légèrement crispé.

- Il est au courant ? murmura Will à la brunette.

Elle hocha la tête et entendit Sorenson soupirer longuement. La jeune femme le vit fermer les yeux brièvement pour les ouvrir aussi vite lorsque Castle revint, une tasse de café fumant dans une main.

- Merci Castle.

- Je vous en prie, fit ce dernier.

Le fédéral but une gorgée, laissant le sombre breuvage desserrer sa gorge douloureuse. Il fixa attentivement Beckett et posa sa tasse sur le bureau de celle-ci.

- Bien, que se passe-t-il avec l'affaire du garçon ?

- Will… commença la brunette d'une voix tremblante d'émotion.

Les étoiles dans ses yeux brillèrent de mille feux et bien qu'il en ignore la cause, Sorenson se mit à sourire.

- Tom est vivant Will, et nous l'avons retrouvé. Il va arriver avec la fille de Castle.

L'agent du FBI resta figé, le temps d'assimiler cette phrase qu'il c'était mainte et mainte fois répéter à l'époque puis ses lèvres s'étirent dans un éblouissant sourire carnassier. Il bondit de sa chaise et souleva Beckett dans un rire. Surprise, elle lui agrippa les épaules et se mit à rire avec lui, débordants de joie et enfin libérés des chaînes de leur passé.

Castle regardait la scène, amusé et heureux pour sa muse et son ex-partenaire. Il ne se devait pas d'être jaloux de leur proximité, il n'en avait pas le droit. Les voir aussi heureux lui gonfla le cœur, ce même organe qui les avait tant fait souffrir il y a quelques années et encore maintenant. Les racines c'étaient faites aspirer par le sol, rapidement remplacées par des multitudes de fleurs aux couleurs vives.

Alors l'écrivain sourit grandement devant cette scène dont il avait été l'unique spectateur. Il rit lorsque sa muse ouvrit la bouche, toujours dans les bras de Sorenson :

- Will, poses-moi, je vais rendre tout mon déjeuner sur ta chemise ! gémit la jeune femme.

Ce dernier éclata de rire et fit ce qu'elle lui demandait. Elle fixa son ex-partenaire d'un regard tendre lorsque le ding de l'ascenseur la fit pencher légèrement la tête. Son sourire s'agrandit en voyant une tête rousse s'engouffrer dans le commissariat suivit de près par une blonde et deux brunes.

- Vous voilà enfin ! s'exclama Kate en se dirigeant vers le petit groupe que Will n'avait pas entendu arriver.

Il se retourna lentement et se figea en reconnaissant Tom. Ce dernier s'approcha de lui, une main tendue tandis que l'autre était emprisonnée dans celle d'une fillette aux mêmes yeux.

- Je suis Tom Evans, le garçon de 13 ans de l'époque. Vous savez, celui que vous avez sauvé, s'amusa le jeune homme.

Sorenson lui serra la main, la secouant fort ce qui fit sourire et plisser les yeux verts de l'adolescent. Lorsqu'il présenta sa petite-sœur, Will se fit la réflexion que beaucoup de chose pouvait changer en cinq ans.

Tom Evans ne s'était pas figé dans le temps, il avait prit des années, peu importe comment, il avait grandit, mûrit. Avait tant souffert. Avait retrouvé son amour de toujours, qui était pourtant sourde-muette à l'époque mais qui, finalement, faisait preuve d'une sorte d'autisme particulier. La musique l'avait aidé, s'y plongeant tête baissée. Son violoncelle était la prunelle de ses yeux pendant cette année difficile qu'avait été le deuil de Tom. Même si elle ne l'avait jamais accepté à l'époque.

Et désormais, elle était là, entrelaçant ses doigts aux siens, en vie, comme lui, comme eux… comme le cœur de chacun… même emprunté.

En fixant son ancienne douleur effacée par des éclats de rire, Will se fit la remarque que c'était avec cette dernière image que le point final de cette histoire apparaîtrait.

Belle, amoureuse, enfantine, heureuse… vivante.

oOoOoOoOo

- Merci de m'avoir appelé Kate, la remercia Sorenson.

- C'est normal Will, tu aurais fais la même chose, sourit Beckett.

Il acquiesça, fixant la jeune femme qui regardait le fond de sa tasse vide. Dans la salle de repos, seulement tout les deux, le silence se fit rapidement. Ses yeux tombèrent sur ses lèvres et il sourit.

- On va refaire comme il y a trois ans, d'accord ? Mais cette fois, soit plus concluante, s'amusa son ex-partenaire.

Elle releva la tête et fronça les sourcils.

- Tu l'aimes bien, n'est-ce pas ?

Un sourire naquit sur les lèvres du lieutenant suite au souvenir de cette discussion.

- Oui mais il est toujours intéressant.

Il rit et elle le regarda faire, souriante puis fit tourner la tasse froide entre ses mains.

- Vous êtes…

- … ensemble ? compléta-t-elle, un vestige de sourire aux lèvres.

Il acquiesça et la regarda porter son attention sur son partenaire. Ses yeux verts se mirent à briller et elle se pinça les lèvres, les levants au plafond.

- Pas tout à fait, termina-t-elle.

Son ex-partenaire la fixa toujours, surprit qu'elle avoue aussi facilement. Cet homme l'avait délibérément transformé, lui avait fait oublier sa douleur. Réussissant où lui, pauvre homme qu'il était, avait échoué.

Oui, bien des choses pouvaient changer en cinq ans…