Je suis vraiment désolée pour le retard, j'espère que cette suite vous plaira. Normalement je devrais poster le prochain chapitre plus rapidement, j'ai plus d'inspiration en ce moment.

Bonne lecture!


Message envoyé, le téléphone qui vibre, l'accusé de réception, voilà ce que je fixais depuis plus d'une demi-heure. Comment avais-je pu envoyer ce texto, comment vais-je pu faire ça à Alice. Je ne sais pas pourquoi mais je sens arriver les problèmes, je ne sais pas si vous avez déjà eu la sensation de faire une bêtise avant même que ça arrive et qu'au final vous ne pouvez rien pour lutter contre ça, vous savez que vous faites une erreur et pourtant vous ne pouvez pas vous empêcher de continuer dans cette voie… Et bien c'est exactement la sensation qui m'a envahi à l'instant où j'ai appuyé sur « envoyer ». Alors je reste là, immobile, à fixer l'accuser de réception, parce que je sais qu'elle la reçu et lu, je ne peux plus faire machine arrière, et le pire c'est qu'au fond de moi je n'en ai pas envie. Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir dire à Alice. Décidément, Bella t'es un gouffre à emmerde !

Etant donné que je ne peux pas rester à me morfondre toute la journée je me lève du lit, change la musique, j'ai besoin de quelque chose qui bouge, il faut que je m'occupe, si j'avais été sportive je serais allée courir, mais je suis incapable de faire plus de 50m en courant sans me casser la figure, soit parce que j'ai bronché sur un trottoir, sur une branche ou tout simple parce que je me suis emmêlée les pieds. Il faut que je me vide l'esprit mais que faire ? Finalement je crois que je vais opter pour une balade en forêt, si je suis en forme j'arriverais peut être même jusqu'aux falaises d'où tout est si calme et reposant. J'éteins la chaine hifi, enfile une vieille tenue vraiment pas glamour mais super confortable, mes chaussures de randonnée, j'attrape mon IPod, mes clefs et c'est parti. Bien entendu j'ai embarqué mon téléphone, d'une parce que maladroite et étourdis comme je le suis, il y a toujours une chance que je me perde, et puis ensuite j'attends la réponse d'Andy.

Après une heure et demie de marche j'étais arrivée aux falaises, je m'étais installée sur un rocher et je contemplais l'océan, mes écouteurs vissés sur mes oreilles. Tout est si tranquille et reposant ici, c'est magique, je ferme les yeux, profitant du calme ambiant. J'aurais pu rester un long moment ainsi, détendue si je n'avais pas sentie quelque chose vibrer dans ma poche. J'ose à peine bouger, je sais très bien de qui est le message que je viens de recevoir, je ne sais pas pourquoi mais je sais que ça ne peut être personne d'autre qu'elle, j'ai peur de la réponse. Quelque part j'aimerais qu'elle dise non, mais d'un autre j'ai vraiment envie de la voir. J'ai les mains moites, le cœur qui bat fort quand je sors le portable de ma poche. Au moment d'ouvrir le message je me sens fébrile. C'est bien elle. « Oui. 21h place de Lamaison. Ça te va ? » « Oui. A lundi ». Dans trois jours…

Et voilà, on est lundi, ces trois jours sont passés à une vitesse fulgurante, je ne sais pas pourquoi mais je n'ai dit à personne où je vais réellement ce soir, encore moins à Alice, officiellement je rejoins des potes de la fac. 21h, il faut donc que je parte à 20h, il me reste une heure pour me préparer. Autant vous dire que ma tenue est choisie et prête depuis deux jours déjà. J'ai l'impression d'être une adolescente qui va à son premier rencard. Douche, habillage, maquillage, parfum (très important), chaussures, je suis prête, pile à l'heure. J'attrape mon sac à main, les clefs de mon vieux Chevrolet et je me mets en route. Plus j'avance sur le trajet et plus la pression monte, j'arrive, je me gare, j'angoisse, dans quelle galère me suis-je encore fourrée. Un œil sur ma montre, 20H45, en avance comme d'habitude, il faut que je trouve un soutient, je fouille dans mon sac et en sors un paquet de cigarettes, je ne fume qu'en soirée ou quand je suis tendue, et là je suis clairement paniquée. J'en tire une du paquet, l'allume, la première bouffée ne me fait rien, je tire plus fort sur le tube de nicotine, et peu à peu la fumée devient salvatrice, en cet instant je bousille avec plaisir mon capital santé. Plus ma clope se raccourcie plus je me détends, je me surprends à me dire que c'est dommage que ce ne soit qu'une vulgaire cigarette. Je souris à cette pensée, et alors que j'écrase le mégot avec mon pieds mon portable vibre. Je le sors et lis le message « suis un peu en retard, je suis dans le métro, j'arrive » l'effet de la cigarette disparait d'un seul coup. La bouche du métro est à 2m de moi, je m'approche et m'appuis contre la rambarde, le stress est à nouveau là, bien présent, mes tics ressortent, je commence à me ronger l'intérieur des joues, je joue mes cheveux, je ne peux pas rester comme ça. Et sans réfléchir je sors une nouvelle cigarette, l'allume et tire dessus rageusement. Dès la premier bouffée je sens mes muscles se détendre, ça fait du bien, je la porte une nouvelle fois à mes lèvres, ferme les yeux, inspire, la fumée emplie mes poumons, je rouvre les yeux et crache une volute de fumée. Je répète ce petit manège plusieurs fois, je m'apprête à jeter le nouveau mégot quand quelqu'un me tapote l'épaule, je me retourne lentement, elle est là, identique à mes souvenirs d'elle, le sourire aux lèvres, elle se penche, claque trois bises sur mes joues.

Salut ! Ça va ? son sourire n'a pas quitté ses lèvres, tous semble si naturel pour elle que je me sens désarçonnée.

Euh, ça va, et toi ? réponse pitoyable, je sens que mes joues sont cramoisies, je me félicite mentalement de ne pas avoir bredouillé.

Bien ! On va manger ? Tu veux manger quoi ? Elle saute presque partout, je me rappelle de son dynamisme, je me rappelle qu'elle est montée sur ressors et ça me fait sourire. C'est étrange, tout semble si naturel pour elle alors que rien ne l'est, et ça me déstabilise encore un peu plus.

Je ne sais pas, ce que tu veux mais trop cher.

Au final on se dirige vers le fast food le plus proche, elle marche vite, je crois qu'elle a faim. Elle est là, celle qui m'a hanté, celle que j'ai oubliée et qui est revenue de plus belle dans mon esprit. Je profite des quelques pas qu'elle a d'avance sur moi pour la détailler, elle porte un jean clair remontée en pantacourt qui la grossit, un tee-shirt de sport de couleur vert, qui par contre la met bien en valeur, une ceinture marron qui va bien avec les deux. Avec ça elle a mis ses chaussures, de vieille Stan Smith qu'elle portait déjà quand on était ensemble. Au final niveau look elle n'a pas changé, elle se met pas forcément en valeur, on voit de suite que c'est une fille naturelle, qui se prend pas la tête avec son apparence, cette pensée me fait sourire, ça fait quoi 3 minutes qu'on s'est retrouvée et j'ai l'impression rien n'a changé.

Arrivée au fast food on commande, en effet, vu la quantité monstrueuse qui se trouve sur son plateau elle avait faim, on s'installe dans un coin sur une table pour deux. Et voilà le moment que je redoutais tant, que pourrais-je dire maintenant ?

Alors quoi de neuf ? Ca question est simple, mais son ton contient beaucoup de sous-entendus. Je peux voir dans ses yeux qu'elle attend une réponse claire, sur le pourquoi de sa présence ici.

Pas grands choses, la routine, je ne fais pas vraiment des trucs palpitants. Et toi ?

Et là, c'est comme si j'avais posé la question magique, elle commence à parler, de pleins de choses, avec plus ou moins de fluidité dans ses transitions, la conversation est engagée, je me détend un peu sans toutes fois cesser d'être sur mes gardes. Elle me parle de la fac, elle me parle de ses amies, les nouvelles que je ne connais pas comme les anciennes qui me détestent toutes. Elle me parle de ses problèmes avec l'une d'elle, elle me raconte sa vie de ses deux dernières années. Je fais un commentaire de temps en temps mais je passe la plus grande partie de la conversation à l'écouter et à l'observer. Au final si des choses ont changé, elle se maquille maintenant, pas grand-chose, juste un peu de mascara et de crayon, elle s'épile aussi, elle n'en a pas besoin pourtant, je me rappelle que quand on était ensemble ça me rendait folle de devoir souffrir pour avoir des sourcils fins, nets et bien dessinés, alors qu'elle les avait de manière naturelle. Elle s'est fait un deuxième trou aux oreilles aussi, mais elle ne porte de bijou qu'à un seul des deux. Je la regarde dans les yeux, elle a toujours cette petite tâche à l'œil droit, j'adorais cette petite différence, son visage dans l'absolue n'a pas changé. Puis mon regard descend sur sa nuque qui est dégagée, elle a pris des muscles au niveau des épaules, elle ne porte pas de collier. Mon regard continue son exploration, inévitablement mes yeux se posent sur son décolleté, sa poitrine a grossi, je dirais qu'elle fait un jolie bonnet C maintenant. Ne voulant pas me faire prendre, je poursuis mon observation, le reste de son corps n'est pas visible, caché par la table mis à part ses mains. Ses mains… Je crois que c'est ce qui me plait le plus chez elle, ça a toujours été ce qu'il me plaisait le plus. Elles sont petites, je sais d'expérience qu'elles sont douces et chaudes. Ses ongles sont parfaitement coupés, aucun vernis, juste le naturel, si elle savait ce que ses simples mains provoquent en moi. Elle porte une bague à l'annuaire droit, un anneau en argent, un instant j'ai même cru qu'elle portait encore celui que je lui avais offert, mais non, ça en est un autre, une espèce de vague est gravé dessus.

Elle parle toujours mais je peux voir qu'elle rougit, elle a vu la manière dont je la détaillais, et je m'empourpre à mon tour. Le repas se termine, on va boire un verre puis je la ramènerais parce que vu l'heure déjà bien avancé, elle va louper le dernier métro. On va dans un pub irlandais parce qu'elle veut boire de la Guinness, moi je m'en fou, je conduis donc je me contenterais d'un jus d'ananas. On s'installe en terrasse, elle a cessé de parler, elle me pose des questions sur moi, sur ma vie, elle se moque gentiment de moi parce qu'elle voit que je ne suis pas forcément à mon aise. Les heures passent, je suis bien à cette table, on discute de tout.

C'est une sensation étrange de bien être qui m'envahie peu à peu, au fur et à mesure que la soirée avance. J'ai l'impression de retrouver une part de moi-même, je me sens vivante et entière, je ressens toute la liberté que je rêve d'avoir et que je n'ai jamais eu, je me sens bien tout simplement. Je suis nostalgique de cette sensation, je me surprends à vouloir ressentir tout ça tous les jours, à chaque instant, et je me rappelle que c'était comme ça avec elle. Cette fille à un effet incroyable sur moi, je me rends compte que je désire encore, après tous ce temps, elle m'attire. On a quelque chose, un petit plus que je n'ai jamais eu avec personne d'autre qu'elle, même pas Alice.

C'est la fermeture du bar qui me fais prendre conscience de ce que je pense, c'est horrible, je n'ai pas le droit de ressentir ça, je suis avec Alice, j'aime Alice, elle me rend heureuse. Alors pourquoi je me sens entière et heureuse en cet instant ?

C'est en réfléchissant à cette question que je prends le volant, je la laisse me guider pour me mener là où elle habite. Une fois de plus je me sens nerveuse, j'ai envie de l'embrasser mais je n'en ferais rien, jamais. J'aime Alice point barre. On est arrivée devant chez elle, mon désir de la prendre dans mes bras, de laisser mes mains courir sur son corps, poser mes lèvres sur les siennes… On se regarde, je ne pourrais dire depuis combien de temps on est là à se regarder, je sens mes barrières mentales qui faiblisses. Et ce regard qu'elle me lance comment l'interpréter ? Je sais que je ne ferais rien mais si elle amorce le moindre mouvement je ne pourrais pas lutter, je me laisserais aller à ce que je veux au final.

Et là, lentement elle s'approche de mois…


Que va faire Bella? Que va t'il se passer? Comment va évoluer leur relation? Des idées, n'hésitez pas...