Alors, qui a finit Days? Quelles sont vos réactions? J'aimerais connaitre un peu l'avis de tout le monde ^^ J'ai bien aimé le jeu même si il était assez répétitif. Ca comble assez bien le "trou" qu'il y avait dans l'histoire, et j'aime beaucoup la façon dont se tissent les liens entre Axel et Roxas (ainsi que comment ils se déchirent T_T) Xion n'est pas si horrible que ça dans le sens ou elle ne s'impose pas tellement, mais se fait plutot bien accepter dans le groupe, même si pour moi Namine y aurait été plus à sa place... Elle reste malgré tout un personnage que l'on oubliera vite, malheureusement pour elle.
Prochaine étape? Final Fantasy XIII en mars suivis de près par Birth By Sleep évidement ;)
Bonne lecture à tous et comme toujours, un grand merci à Duncan pour la correction!
Chapitre VIII : Aveux
Je rêvais de lui cette nuit-là, incapable d'effacer ce souvenir de ma mémoire.
Je pouvais encore sentir son odeur, la douceur de ses doigts sur mes lèvres, ces paroles que j'avais rêvées entendre des millions de fois.
Et malgré tout, une part de moi avait encore du mal à admettre que ce moment avait bien existé, que je ne l'avais pas inventé de toutes pièces.
Et cette impression persistante de manque qui sévissait dans mon estomac, comme si il m'avait trop donné, ou bien pas assez.
J'eus le pressentiment que les heures allaient s'écouler avec une lenteur exaspérante avant notre prochaine rencontre.
La Fox avalait les kilomètres à vive allure, laissant derrière elle le manoir et son jardin, où Axel imaginait encore trop bien Roxas, étalé dans l'herbe, plein de confusion.
Il déglutit difficilement à cette pensée, encore sous le choc de ressentir un tel désir pour le blond.
Jamais, au grand jamais, il n'aurait cru que ça lui serait arrivé un jour. Il avait déjà du mal à admettre qu'il tombait amoureux, mais c'était encore plus difficile pour lui d'avouer qu'il ne s'agissait pas d'une femme.
Et, bien qu'il fût heureux de la situation, surtout que Roxas avait l'air de partager ses sentiments, tout cela tombait très, très mal.
Son cœur se déchirait entre l'envie de tout laisser tomber pour lui, et de l'autre côté, son rêve de maintenir l'entreprise florissante, et de continuer sur la voie qu'il avait prise.
Il ne connaissait Roxas que depuis deux jours. Deux malheureux jours qui avaient tout changé dans sa vie, qui avaient insinué le doute dans son esprit.
Evidement, il n'avait pas prévu que ça irait aussi loin. Il s'était laissé allé, et ne s'en sentait que mieux. Malheureusement, cela lui avait fait aussi oublié le dîner habituel qu'il avait avec Ruby le week-end. Et celle-ci avait eu l'air furieux au téléphone.
Peu importait, il trouverait une excuse, ce n'état pas la première fois qu'il arrivait en retard, et ce ne serait sûrement pas la dernière, si ce qu'il prévoyait s'avérait juste…
- « Axel, tu m'avais promis. »
Du haut de ses talons aiguilles, Ruby l'attendait de pied ferme à la sortie du restaurant, essayant d'avoir l'air intimidant.
- « Je t'avais dit que le weekend serait chargé… C'est pourtant toi qui as insisté pour garder cette routine de rendez-vous… » Souffla Axel, excédé.
Il avait à peine eu le temps d'arriver qu'il devait déjà se fondre en excuses. Il était en tort, c'était juste, mais d'un autre côté, le fait que sa fiancée ait passé la soirée seule lui indifférait.
Voyant qu'elle n'arrivait à rien de satisfaisant, la jeune femme décida de changer de méthode. Affichant une moue boudeuse, elle s'avança félinement vers le roux, une main sur sa hanche.
- « Mais Axel… Si nous ne nous voyons plus les week-ends, il ne restera entre nous qu'une relation professionnelle… »
En quelque pas, elle rejoignit son promis et se colla honteusement contre lui, une main sur son torse.
- « Et tu sais bien que j'aimerais que nous soyons plus proches… » lui susurra-t-elle, tout en glissant une main vers son visage.
Sans hésitation, Axel détourna sa tête, évitant la caresse de Ruby, qui recula d'un pas, outrée.
C'était la première fois qu'il agissait avec aussi peu de délicatesse envers elle. Il avait toujours pris des gants pour se refuser à elle, mais jamais il ne l'avait aussi vite repoussée.
Le regard de la jeune femme affichait un mélange de tristesse et de colère, surprise de la froideur avec laquelle elle était accueillie.
- « Tu as changé, Axel. » Murmura-t-elle de façon à peine audible.
Elle tourna les talons et rejoignit sa voiture, laissant son compagnon seul sur le trottoir.
Le lendemain matin fut plutôt difficile pour Roxas. La fatigue avait eu raison de lui, et son réveil avait bien choisi son jour pour faire la grève. Il arriva donc avec un léger retard au travail, mais constata avec joie qu'il était arrivé avant son chef de service, Xaldin, qui relevait les présences tous les matins.
La belle Naminé était déjà à son poste, en train de faire un peu de classement pour commencer la semaine en douceur.
Elle accueillit Roxas avec un sourire rayonnant, qui ne manqua pas de le requinquer après cette nuit difficile.
Il le lui rendit affectueusement avant de lui faire la bise, et d'accepter la tasse de café au lait qu'elle lui tendit en retour.
- « Alors Nami, tu as fait l'autruche, dimanche ? Tu m'appelles toujours d'habitude. » Demanda le blond en enlevant sa veste, avant de la pendre au porte-manteau.
Le beau temps du week-end avait fait place à un début de semaine orageux, et les imperméables ainsi que les parapluies étaient de rigueur pour cette journée. Dans l'espoir que la météo s'améliorerait d'ici vendredi, évidement.
- « …A moins que Zexion n'ait occupé tout ton temps… ? » Renchérit-il dans le but de la taquiner.
- « Idiot. »
Le poids d'un cahier s'abattit sur sa tête, tendit que la jeune femme passait derrière lui les bras chargé de documents.
- « J'ai juste pensé que je risquais de te déranger, alors je t'ai laissé tranquille. »
- « Tu sais très bien que tu ne me dérange jamais, Nami. Depuis quand tu te fais des idées pareilles ? » ronchonna Roxas en se massant le crâne, avant de boire une gorgée de sa tasse de café.
Son rire musical résonna dans l'entrée, avant qu'elle ne retourne à son poste, ignorant superbement la question de son ami.
- « Et sinon, comment ça se passe avec « Mister » Axel ? » chantonna-t-elle, tout en consultant le tableau des visites de la journée.
N'ayant pas de réponse à sa question, elle fit pivoter doucement sa chaise pour trouver Roxas noyé dans son café, lui trouvant soudain un intérêt hors du commun.
- « …Roxas ? »
Il se gratta la nuque anxieusement, avant de croiser son regard et de lui sourire timidement.
C'était presque impossible pour lui de cacher quelque chose à Naminé. Si elle désirait vraiment savoir quelque chose, et c'était le cas, il pouvait difficilement lui résister.
Elle posa son index sur ses lèvres, mimant une intense réflexion.
- « Laisse-moi deviner… Peut-être avouerais-tu finalement que tu avais tort et que j'avais raison… ? »
- « Sûrement pas ! » répliqua-t-il de façon indignée. « Ceci dit, ça n'a pas empêché certaines choses d'arriver… »
Naminé sourit, ne lui en demandant pas plus. Si Roxas avait envie de lui en parler, elle serait là, bien sûr. Mais c'était le genre de sujets sur lequel elle préférait ne pas le pousser et le laisser agir librement.
Par ailleurs, le fait de le voir caresser sa lèvre inférieure depuis dix bonnes minutes suffisait à lui donner quelques indices sur les possibles événements de la veille.
Elle lui sourit de façon entendue, posant sa main sur la sienne, signe de son soutien.
- « Tu es libre, ce soir ? J'aimerais me faire pardonner pour t'avoir délaissé tout le week-end. »
Axel n'était pas disponible, et il se voyait mal ressasser constamment les mêmes événements une soirée de plus. Et bien qu'il soit plutôt discret à ce moment, il lui tardait d'avoir une oreille attentive à qui parler. Tout cela lui apportait bien trop de confusion pour qu'il garde tout cela pour lui seul.
- « Pourquoi pas. On pourrait louer un film. » Répondit Naminé de façon enthousiaste.
Les heures s'écoulaient, et la journée passa doucement. Les lundis et les vendredis étaient les jours les plus calmes à la Shinra, le patron faisant souvent l'école buissonnière, et les clients leur rendant rarement visite ces jours-là.
A propos de visites, Roxas regardait distraitement l'écran d'ordinateur de Naminé par-dessus son épaule, essayant de savoir si, par hasard, un certain rouquin n'était pas censé venir.
Mais la jeune femme fut plus rapide que lui, et lui envoya une pichenette sur le front pour le punir de sa curiosité.
- « Ce n'est pas prévu qu'il vienne, Roxas. » Anticipa-t-elle.
- « Mais je n'ai encore rien demandé ! » se défendit il, en vain.
La sonnerie récurrente du téléphone de la réception les interrompit brutalement. Reprenant consciencieusement son travail, Naminé décrocha, juste après avoir tiré la langue à Roxas qui roula des yeux, avant de reprendre l'activité qu'il avait abandonné.
- « Shinra Incorporation, bonjour. Vous parlez avec Naminé, puis-je vous aider ? »
Elle resta silencieuse un instant, observant Roxas du coin de l'œil, tandis que l'interlocuteur parlait.
- « Oui, un instant je vous le passe. »
Elle transféra l'appel au téléphone de Roxas, qui le fixait d'un air interrogatif.
- « Décroche, c'est un appel personnel. » Naminé lui fit un clin d'œil avant de reprendre ce qu'elle avait abandonné, feignant d'ignorer l'agacement de son ami.
Un long soupir s'échappa de la bouche du blond, avant qu'il ne consente à abréger l'attente de son interlocuteur.
- « Roxas à l'appareil. »
- « Salut, Rox. »
Une voix chaude lui répondit, une voix qu'il ne connaissait que trop bien, celle d'Axel.
- « Désolé de te déranger au travail, mais je n'avais pas ton numéro de portable, et attendre ton appel me devenait insupportable. »
Un léger sourire se dessina sur ses lèvres, à la fois heureux et gêné que le roux téléphone au bureau, avec Naminé à ses côtés, en plus.
- « Je comptais te téléphoner sur mon temps de midi, tu sais. » Emit le blond dans un soupir à l'autre bout de la ligne.
- « Alors j'ai bien fait de prendre les devants. Je n'aurais jamais su attendre jusque midi. »
Il s'humidifia les lèvres automatiquement avant de parler, un peu anxieux. Les battements de son cœur résonnaient si fort qu'ils devaient s'entendre dans toute la pièce.
- « Il y a une raison précise pour que tu me perturbes dans mon travail ou bien tu avais juste besoin d'entendre le son de ma voix ? » Interrogea Roxas, ne cachant pas les insinuations moqueuses que sa phrase sous-entendait.
- « Un peu des deux, je dois avouer… »
Et hop, le cœur du blond rata un nouveau battement.
- « Tu es libre ce soir ? »
Roxas se mordit les lèvres. Naminé l'encouragerait à annuler, sans aucun doute, mais il ne voulait pas la délaisser au profit d'Axel.
- « Désolé, j'ai prévu quelque chose avec Nami ce soir. »
- « Oh… » Un soupir désolé résonna à l'autre bout du fil. « Tu me fais déjà des infidélités, Roxas ? »
Le petit rire qui s'ensuivit marquait clairement la nuance taquine de la phrase. Cela n'empêcha pas Roxas de tiquer. Considérait il qu'ils étaient un couple pour parler de cette façon ?
- « Tu m'avais dit que tu n'étais pas disponible. » Tenta-t-il de se justifier.
- « Je sais, mais mes projets ont changé. Que dirais tu d'un dîner dans ce cas ? Je peux passer te chercher quand tu as ta pause, et on irait manger un sandwich quelque part… » Tenta de nouveau son interlocuteur.
- « D'accord, on peut faire comme ça. » Roxas réfléchit un instant, pris d'un doute. « Tu es sûr que cela ne posera pas de problèmes si tu viens me chercher ? »
- « Je t'attendrais dans ma voiture, d'accord ? Personne ne remarquera ma petite Fox sur le parking. » Ironisa-t-il. « Et je mettrais des lunettes noires si tu veux. »
- « Je ne crois pas que ça sera nécessaire... A tout à l'heure ? »
- « A tout à l'heure, Roxas. »
A peine le téléphone reposé sur son socle, le regard de Naminé se braqua sur lui. Il détourna le regard prêt à affronter les sermons.
- « Tu pouvais très bien passer ta soirée avec lui ! »
- « Ecoute, Nami… J'ai dit que je la passerais avec toi, c'est tout. Je peux bien te consacrer un peu de temps quand même. Tu reste la plus importante et… »
- « Non ! » Coupant Roxas dans son élan, elle se leva, visiblement en colère. « Ne dis pas ça ! Je ne suis pas la plus importante ! Ne dis pas ça ! »
Ses traits se décrispèrent et la colère fit peu à peu place à la tristesse sur son doux visage. Roxas lui saisit son poignet, qu'il massa doucement dans le but de la calmer.
- « Naminé… J'ai besoin de te parler, et je pense que tu as des choses à me dire aussi. »
Il chercha ses yeux bleus qu'elle essayait vainement de cacher dans sa chevelure d'or. Tendrement, il posa sa main sur sa joue et tourna son visage de façon à lui faire face.
- « Ecoute… Beaucoup de choses se sont passées ce weekend, et j'ai besoin de retrouver quelque chose qui me soit familier. J'ai toujours besoin de toi, tu sais. C'est quelque chose qui ne changeras jamais, quelle que soit la situation. »
Contrainte d'abandonner la bataille, Naminé joignit sa main à la sienne posée sur son visage, et l'embrassa, avant de retourner à son poste.
Leur complicité n'avait jamais pâti d'aucune relation qu'ils avaient pu voir chacun de leur côté par le passé, alors pourquoi les choses devenaient-elles soudainement si compliquée ?
La pluie battante sévissait dehors, malgré le soleil rayonnant dans le ciel.
Sous le porche, Roxas attendait patiemment qu'une petite voiture rouge montre le bout de son nez, avant de s'élancer sous la pluie, son manteau rabattu au dessus de sa tête pour s'abriter du mieux qu'il pouvait.
Il claqua la portière derrière lui et réajusta son manteau humide sur ses épaules, tout en reprenant son souffle.
A ses côtés, Axel lui souriait derrière ses lunettes noires, tout en chassant quelques mèches trempées de son visage rougi par la course.
Le moteur de la voiture ronronna et prit la route, jusqu'à s'arrêter quelques minutes plus loin devant un café désert.
Aucun mot ne fut échangé lors du court trajet. Roxas se contenta d'observer le conducteur du coin de l'œil, ses yeux vert poison uniquement visibles de son côté, derrière les verres teintés qu'il arborait en dépit du temps orageux.
Une fois la voiture garée sur le parking vide, Axel pria Roxas de patienter, et sortit de la voiture en premier, avant d'aller fouiller dans son coffre.
Roxas se tourna plusieurs fois, essayant de voir se que manigançait le roux, mais ne l'aperçut que lorsque celui-ci lui ouvrit la porte, l'attendant en dessous d'un large parapluie.
Axel lui saisit la main et l'entraîna hors de la voiture, l'attirant contre lui, à l'abri des gouttes d'eau.
- « Maintenant que nous sommes seuls, on pourrait peut –être se dire bonjour ? » dit le roux, assorti d'un sourire charmeur, tout en se penchant vers le jeune homme blotti contre lui.
Un léger baiser fut posé à la commissure de ses lèvres.
Assez pour lui rappeler qu'il n'avait pas oublié.
Roxas soupira d'aise, avant de se serrer un peu plus contre lui, tandis que le bras de son vis-à-vis encercla ses épaules, avant de l'entraîner vers la petite auberge.
Le cadre faisait un peu penser à un vieux chalet de montagne, avec ses tables en bois et les bougies à moitié consumées sur les tables. Une douce musique complétait l'ambiance calme et détendue du lieu désert où le roux l'avait emmené.
Ils s'installèrent face à face dans un coin un peu reculé, et commandèrent deux sandwiches.
Axel détailla Roxas pendant de longues minutes, celui-ci observant les lieux avec attention, avant de remarquer l'intérêt que lui portait son compagnon.
Il essaya vainement de détourner ses yeux de son regard insistant, embarrassé d'être le centre de l'attention.
- « Ne me regarde pas comme ça, Axel.. » Dit-il finalement, mal à l'aise.
Son compagnon tendit son bras à travers la table et saisit doucement une de ses mains, l'emprisonnant dans la sienne.
- « Pourquoi ? » Lui susurra-t-il doucement. « Nous sommes seuls, Roxas, ne sois pas aussi gêné. »
Il profita de la confusion du blond pour emmêler ses doigts aux siens, l'empêchant par la même occasion de se défiler.
Un léger rire sortit de sa gorge, amusé par tant de discrétion.
- « C'est moi qui viens de faire mon coming-out, et c'est toi qui est gêné, c'est une première ! »
- « Tu n'as pas vraiment l'air très perturbé, je vois… » Lui répondit le blond en s'appuyant sur sa main libre.
Un sourire félin étira les lèvres d'Axel, intéressé par la remarque de son invité.
- « Détrompe-toi. » Il tira un peu la main de Roxas, jusqu'à l'emmener à proximité de son visage. « Tu me perturbes beaucoup… »
Contre toute attente, il embrassa délicatement le dos de la main du blond. Une légère décharge électrique parcourut son échine de long en large sous ce toucher délicat.
Son calme et la façon dont il osait se montrer en public troublaient beaucoup Roxas. Le fait d'être en compagnie d'un homme plutôt que d'une femme ne semblait pas le choquer outre mesure, ce qui le rassura d'une certaine façon.
Leur commande arriva finalement, les obligeant à se séparer temporairement, le temps que le serveur reparte de l'autre côté de la salle.
Leurs regards se croisaient par moments, les saphirs attirés et captivés par les émeraudes étincelantes, comme aimantés.
La faible lueur de la bougie posée au milieu de la table accentuait les reflets des cheveux flamboyants d'Axel, et Roxas repensa timidement à leur douceur, lorsqu'il avait eu l'opportunité de plonger ses mains dedans, les laissant filer entre ses doigts comme des flammes insaisissables. Un souvenir en entraînant un autre, il ne put s'empêcher de penser à l'expression du visage d'Axel et à son soupir lors de cette première caresse.
- « Roxas. J'avais besoin de te parler. »
La voix chaude de son compagnon sortit le blond de ses pensées agréables. Le roux le fixait intensément, les bras croisés sur son torse, le dos bien calé au fond du fauteuil.
- « Je voulais être sûr que les choses soient claires entre nous. »
Roxas déglutit, appréhendant une quelconque discussion sur le sujet. Les choses allaient trop bien pour durer, évidement.
Il soupira, les yeux rivés vers son assiette vide.
- « Je suppose que c'était trop beau pour être vrai. » murmura-t-il.
Ni une, ni deux, Axel bondit vers la table et lui saisit rapidement la main.
- « Roxas » Leurs yeux se rencontrèrent, et contre toute attente, Roxas y lut de l'inquiétude. « Laisse-moi parler, s'il te plaît. »
La prise sur sa main se resserra un peu, convainquant le blond qui marqua son accord d'un signe de tête.
- « Je ne regrette pas ce qu'il s'est passé, d'accord ? Au contraire, je n'arrête pas d'y penser depuis hier. »
Un sourire naquit sur les lèvres du roux, se propageant sur celles de Roxas.
- « Je veux passer du temps avec toi, je veux partager des choses avec toi. » Continua-t-il, confiant. « Je dois juste te demander de garder tout cela pour toi pour l'instant… Je ne veux pas que la société ait des soucis à cause de moi… »
Evidement, si cela venait à se savoir qu'Axel, le jeune indépendant, entretenait une liaison avec un employé de la Shinra, dont il était le client, les gens allaient sûrement jaser et le mettre en mauvaise situation.
Roxas acquiesça, joignant sa deuxième main autour de celle d'Axel.
- « Il y a une chance que l'on se revoit avant demain soir, tu penses ? »
- « Peut-être… » Fit le roux d'un air taquin, refusant de donner plus de détails.
Malgré les jérémiades de Roxas, il n'en dit pas plus.
Leur repas se termina rapidement, la pause du blond arrivant à sa fin.
Une fois de retour à la voiture, Roxas empêcha Axel de mettre le moteur en route, posant sa main sur la sienne pour interrompre son action.
Il enlaça son cou de ses bras, glissant son corps entre les deux sièges.
Le souvenir de la veille était encore trop présent dans son esprit, et il avait besoin de raviver cette flamme.
Le message passa facilement, le roux fermant doucement les yeux au contact des lèvres de Roxas, tandis qu'il enlaçait doucement sa taille.
La machine à café ronronnait doucement, coexistant avec le bruit des gouttes de breuvage qui s'échouaient dans le récipient. L'odeur chaleureuse qu'elle dégageait se répandait peu à peu dans l'appartement de Roxas, qui préparait une assiette de biscuits à déguster devant la télévision, pendant que Naminé hésitait entre deux films romantiques, assise sur le tapis du salon.
Il installa les deux tasses de café sur la table basse, ainsi que les petits sablés. C'était tout ce qu'il avait trouvé pour délier la langue de son amie, et essayer d'éclaircir le problème qui s'imposait de plus en plus à ses yeux.
Depuis quelques temps déjà, Naminé semblait plus anxieuse, et réagissait différemment de d'habitude, en particulier quand il s'agissait des rendez-vous avec Roxas.
Et cela s'était aggravé avec l'arrivée d'Axel dans sa vie.
A bien y réfléchir, son comportement avait réellement commencé à changer quand les choses étaient devenues sérieuses avec Zexion.
Il s'assit confortablement dans le fauteuil en saisissant sa tasse, et tapota la place libre à ses côtés, invitant Naminé à le rejoindre.
- « Je n'arrive pas à choisir… » Bouda-t-elle, délaissant les films éparpillés sur le sol pour venir s'installer confortablement à coté de Roxas, les jambes repliées en dessous d'elle.
Ses cheveux d'or s'écoulèrent doucement sur ses épaules lorsqu'elle détacha la pince argentée qui les retenait en un élégant chignon. Elle y passa sa main d'un air distrait, se relaxant finalement après une dure journée de travail.
Roxas la regardait discrètement du coin de l'œil tout en sirotant son café, et se souvint vaguement combien elle aimait laisser ses cheveux libres lorsqu'elle ne travaillait pas.
Elle était jolie, incroyablement belle même. Et elle s'en rendait à peine compte…
Le jeune homme se souvenait très bien du temps où il la voyait à peine maquillée le matin. Dans une robe de nuit froissée et les cheveux en bataille, Naminé restait un vrai rayon de soleil.
Sa main se tendit machinalement vers la cascade dorée de ses cheveux, et en saisit une mèche qu'il entortilla autour de son doigt.
Naminé lui sourit et se rapprocha de lui, calant son dos contre le torse, et reposant sa tête sur son épaule.
L'ambiance était détendue, familière.
- « Ca fait longtemps que l'on ne s'est plus retrouvés ainsi.. » Soupira Roxas, lissant la mèche échappée le long de l'épaule découverte de la jeune femme.
Comme réponse, il eut juste droit à un « hum » évasif.
Roxas s'étira vers la table basse pour y déposer sa tasse vide, revenant bien vite à Naminé, qui profitait de l'instant de repos qu'il lui était accordé, avant ce qu'elle devinait être une discussion difficile.
Elle se repositionna confortablement dans les bras de son ami, reposa son front contre sa joue chaude.
Roxas caressa doucement son visage, avant de glisser quelques mèches rebelles derrière son oreille.
- « Je voudrais que tu me parles, Naminé » Murmura-t-il doucement, de peur de la brusquer.
La main de la jeune femme se resserra contre son poignet.
- « Je veux juste que tout se passe bien, Roxas… Je voudrais tellement que tu trouves quelqu'un qui prenne soin de toi… Je… »
Elle parla rapidement, prenant à peine le temps de respirer entre chaque mot, fermant les yeux pour mieux se concentrer sur ses paroles.
La main de Roxas effleura la sienne, et sa joue se pressa un peu plus sur son front, l'encourageant silencieusement.
- « Je… Je sais que je ne devrais pas, tu me le dis tout le temps… Mais j'ai Zexion, alors… » Sa voix se calma un peu quand elle commença à évoquer son compagnon. Elle expira doucement, évacuant le stress qui l'avait soudain secouée. « Je ne veux pas être une gêne… »
- « Naminé… » Roxas soupira, malgré tout rassuré de la facilité avec laquelle la jeune femme lui parlait. « Tu sais bien que ça ne sera jamais le cas… »
Sous ces mots réconfortants, elle se blottit un peu plus, enfouissant son visage dans son cou.
- « Tu sais, Roxas… » Elle murmurait à peine, ses mots atteignant son interlocuteur uniquement grâce à leur proximité. « Zexion m'a demandé de venir vivre avec lui… »
Elle releva un peu son visage, cherchant à rencontrer le regard azur de son ami. Un léger sourire naquit sur ses lèvres, se propageant rapidement chez le jeune homme. Il déposa une légère caresse sur sa joue, heureux de la bonne nouvelle.
- « Félicitations, alors. » répondit il tout bas.
La sincérité dans ses sourires, ses yeux, ses paroles, c'était ce que Naminé avait aimé chez lui, où du moins c'est ce qu'elle lui avait toujours dit.
Il serait l'épaule sur laquelle elle pourrait toujours pleurer, et les bras qui viendraient toujours la réconforter.
C'était sa promesse, et il n'était pas prêt de la rompre.
Axel ou pas.
Zexion ou pas.
C'était le genre de choses qui ne changerait jamais.
- « J'ai peur, Roxas… » Elle entoura son cou de ses bras, cachant à nouveau son visage. « J'ai tellement peur qu'il ne s'en aille un jour… »
C'était donc là le nœud du problème.
Depuis tout ce temps, Naminé ne s'était jamais plaint, et avait toujours tout gardé pour elle, malgré les efforts de Roxas pour la faire parler.
Elle lui souriait, et lui disait que tout allait bien.
Jusqu'à peu de temps.
Roxas releva son menton, de façon à croiser son regard.
- « Pose-la-moi. »
- « Poser quoi ? » Répondit Naminé, interloquée.
- « Ta question.»
Il avait bien sûr remarqué que quelque chose n'allait pas. Il lui avait annoncé de but en blanc qu'il la quittait parce qu'il aimait les hommes. Après tout le temps qu'ils avaient passé ensemble, c'était plus que normal qu'elle se pose des questions, qu'elle s'énerve, qu'elle le gifle.
Mais elle n'avait jamais rien fait de tout cela.
Elle était restée, et l'avait soutenu, sans jamais rien demander.
Et elle avait porté ce fardeau toute seule, incapable de se confier à la seule personne qui pouvait l'aider.
- « Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal, Roxas ? » Sa main se crispait sur le tee-shirt du jeune homme, essayant de détourner son regard en dépit de la main qui soutenait son menton. « Je veux dire… Est-ce que c'est de ma faute… ? »
Roxas sourit et la prit ses bras, la serrant aussi fort qu'il ne pouvait.
- « Non, Naminé… Tu as été la plus merveilleuse femme que j'aurais pu souhaiter avoir… » Il murmurait contre son oreille, le visage enfoui dans ses cheveux. « Je suis désolé de t'avoir causé tant de soucis… Pourtant je n'arrive pas à regretter d'avoir essayé… Les choses ne seraient pas ce qu'elles sont aujourd'hui si tout cela ne s'était pas passé. »
Il sentit un souffle effleurer son cou, comme si Naminé avait retenu sa respiration des minutes durant.
Toute la culpabilité qu'elle transportait avec elle depuis toutes ces années pouvait enfin quitter ses épaules.
Elle se redressa péniblement, essuyant les coins de ses yeux où perlaient quelques gouttes d'eau salée.
- « Merci, Roxas… »
Ils se sourirent mutuellement, ravis que l'abcès soit enfin percé.
Quelques gâteaux et tasses de café plus tard, Roxas mit finalement la télévision en route, pendant que Naminé lui tendait un DVD.
- « Rencontre avec Joe Black » ? » Fit Roxas d'un air dubitatif, tout en scrutant la pochette du film que la jeune femme avait finalement choisi.
Elle se laissa retomber dans le fauteuil à côté de son ami, un sablé à la confiture à la main.
- « J'aime les histoires d'amour impossible. »
