Je voudrais profiter de ce chapitre pour remercier tout mes reviewer, ainsi que les anonymes. Pour ces derniers, je suis vraiment désolé de ne pas pouvoir vous répondre personnellement, mais sachez que vos commentaires me vont droit au coeur. Je suis heureuse que vous me lisiez, et que cette histoire vous plaise.

Ce nouveau chapitre est un peu comme une bombe... Je l'ai écrit avec tout mon coeur, et avec beaucoup de sentiments personnels... J'espère donc qu'il vous touchera 3

Bonne lecture!


Chapitre X : Quelque chose qui fait mal.

La nuit tombait doucement, gratifiant le ciel bleu marine d'étoiles dorées, emportant avec elle les restes de l'orage purificateur.

Une main blanche tritura un instant le rideau de la fenêtre, hésitant avant de finalement le relâcher. La nuit était trop belle pour l'empêcher de pénétrer dans l'appartement, après tout.

- « Je ne sais pas ce que je dois faire. » Murmura la voix fluette de Naminé, confuse et pensive.

Un bras enlaça sa fine taille, tandis que des mèches bleutées vinrent chatouiller son oreille.
Zexion lui murmura quelques mots réconfortants aux creux de son cou, avant de l'attirer contre lui.

Elle se laissa faire, se calmant du mieux qu'elle pouvait dans les bras rassurants de son amour.
Elle continua à contempler silencieusement les petits points or dans le ciel, les constellations, et finalement la lune ronde et généreuse.

C'était une nuit comme celles que Zexion aimait, lui permettant d'explorer à sa guise l'immensité de l'univers par la lentille de son télescope. L'engin reposait d'ailleurs sur la terrasse, et Naminé sourit en se remémorant que son compagnon lui avait promis de lui montrer pourquoi l'univers le passionnait autant.
Peut-être cela lui donnerait-elle assez d'inspiration pour terminer la peinture sur son chevalet… ?

Malheureusement, le télescope ne détourna pas son attention très longtemps.
Elle resserra un peu sa prise sur la main de Zexion, cherchant la solution adéquate au problème qui occupait son qui ne ferait pas souffrir Roxas et qui préserverait son couple. Celle qui ne briserait personne.
Elle savait que cette solution n'existait pas.

- « Tu ne dois pas t'en mêler. »

La réponse de son compagnon était finalement arrivée, cinglante et tranchante comme le verre.
Il était franc, et autant cela pouvait être vu comme une qualité, autant Naminé n'aimait pas quand il prenait ce ton qui ne laissait pas de place à la discussion.

Elle se retourna violement pour le faire face, le visage empreint d'incompréhension.
Zexion tendit sa main et caressa sa joue pâle, ignorant superbement sa frustration extrême.

Elle ne mit pas longtemps à réaliser qu'il avait raison.

Malgré tout l'amour qu'elle pouvait porter à Roxas, et tout le mal qu'elle avait à tenir ça pour elle, cette histoire ne la regardait pas.
Ce n'était pas ses affaires.

Mais malgré tout, elle ne pouvait se résoudre à cacher tout cela à son meilleur ami.

- « … Il l'aime. »

La caresse sur son visage se fit plus prononcée, dans un but rassurant.

- « C'est la raison pour laquelle ils doivent gérer cela seuls. »

Un sourire mélancolique se dessina sur les lèvres de Zexion.

- « Crois-tu franchement que tu arrangeras quelque chose en le lui disant ? Ne crois tu pas qu'il sera malheureux ? »

Il soupira, avant de la prendre de ses bras, traçant des cercles invisibles dans son dos.

- « Si tout cela s'avère vrai, Axel ne pourra pas le cacher éternellement… »

Naminé souffrait de ne pouvoir préserver Roxas. Elle se sentait coupable d'avoir tout fait pour le précipiter dans les bras d'un homme qu'elle découvrait promis à une autre.

Lui dire le briserait, mais lui cacher releverait de la trahison…

Naminé n'était que très peu au courant de sa relation avec Axel. Chacun avait été très discret sur leur couple respectif, si bien qu'elle ne savait pas vraiment où ils en étaient.

Elle se mordit les lèvres, osant à peine imaginer la douleur de Roxas si Axel ne le mettait pas au courant, s'il le laissait tomber comme une vieille chaussette après avoir eu ce qu'il voulait…

Son front échoua lourdement sur le torse de Zexion tandis que ses bras se refermaient dans son dos.

- « Pourquoi… ? » Soupira-t-elle doucement, essayant de retenir un sanglot coincé au fond de sa gorge.

Son compagnon enfouit son visage dans ses cheveux, fermant les yeux pour mieux s'imprégner de leur odeur.
La douce senteur que Naminé dégageait, celle qui l'apaisait et le rendait dépendant en même temps.

- « Arrête d'imaginer les pires scénarios… As-tu seulement songé que peut-être Axel était il en train de changer ? » Lui murmura-t-il.

- « De… changer… ? »

Ses yeux azur rencontrèrent ceux de Zexion.
Lui aussi avait changé.

Jour après jour.
Baiser après baiser.
Jusqu'aux mots d'amour qu'il lui murmurait tout bas lorsqu'ils étaient seuls.

« Et si… Axel tombait amoureux de Roxas… ? »



Dans le château du cousin d'Axel, les préparatifs avançaient bon train. Roxas s'étonnait lui-même de la quantité de travail qu'ils avaient accomplie, et de la façon dont la beauté de la salle resplendissait.

Il imaginait à peine de quoi elle aurait l'air pour la soirée, quand les touches finales telles que les fleurs ou la vaisselle auraient été rajoutées.

Cependant, l'enthousiasme dont faisait preuve habituellement Axel n'était pas au rendez vous.
Le roux était étrangement silencieux, et se contentait de se concentrer sur ses tâches sans même venir taquiner Roxas.

La tension entre eux semblait s'accroître de minute en minute, rendant le jeune homme très mal à l'aise.

Il se doutait que la rencontre de l'après-midi devait y être pour quelque chose. Axel lui avait quand même fourni une preuve très démonstrative de son attirance pour lui, et par la même occasion de ses désirs refoulés…
Roxas ne put empêcher un sourire narquois de naître sur ses lèvres en y repensant. Axel avait sans doute besoin d'un petit coup de pouce, quelque chose qui pourrait remplacer une panne de courant par exemple…

Laissant son travail de côté, il passa une main dans ses cheveux, les ébouriffant légèrement au passage et défit un bouton de sa chemise, dévoilant un peu plus son torse dans le but évident de mettre en avant ses atouts.
Il avança à pas feutrés vers son compagnon, occupé à revoir les plans de la salle, assis à une table.

Sans prévenir, ses bras glissèrent autour de sa taille, son corps s'appuyant volontairement contre son dos afin de produire le plus de contacts possible entre eux.

Axel sursauta lorsque le souffle chaud du blond effleura son cou.

- « Axel… » murmura sensuellement Roxas, effleurant de ses lèvres le cartilage de son oreille.

Un courant électrique parcourut le roux, suivi du bruit discret de son crayon d'architecte échouant sur le sol, avant de rouler pendant quelques secondes sur le parquet.

Satisfait de sa réaction, Roxas se fit plus entreprenant et commença à masser son ventre, tout en ponctuant le cou d'Axel de légers baisers, puis de caresses plus appuyées.

Le roux ferma les yeux sous toutes ces douceurs, succombant sans aucune résistance aux mains habiles de son compagnon. Sa tête se relâcha en arrière, prenant appui sur l'épaule du jeune blond qui jubilait déjà de sa petite victoire.

Les baisers se faisaient plus langoureux, plus insistants dans sa nuque, tandis que les fines mains de Roxas cherchaient un passage sous le tee-shirt bien trop grand à son goût. Il réussit à le soulever légèrement, juste assez pour commencer à dévoiler le tatouage qu'Axel dissimulait habilement sur sa hanche, attisant la curiosité de Roxas qui ne pouvait plus détacher ses yeux de la parcelle de peau découverte.

Le cœur d'Axel s'accéléra, ses pensées ne suivirent plus le rythme imposé par son vis-à-vis. Il savait que tout allait trop vite, qu'il devait faire quelque chose avant, que c'était important…

Ses yeux s'ouvrèrent d'un coup, coupant la magie du moment. Il se redressa brutalement, laissant Roxas derrière, ébahi.

-« …Ax... Axel… ? » Le blond reprit son souffle, pendant que l'interpellé enfouissait son visage dans ses mains, se remémorant sa promesse.

Il devait lui dire.

- « Roxas… écoute… »

L'engourdissement de son corps, conséquence des câlins, ne facilitait pas les choses. Il eut du mal à revenir à la dure réalité après avoir entrevu le paradis que lui offrait Roxas. La table sous ses coudes craqua quand il se massa les tempes, cherchant les bons mots, les bons arguments, avant d'admettre que la situation n'était pas des plus propices à une telle révélation.

- « Je… Je dois te parler. » lui répondit-il finalement, évitant de croiser son regard.

Roxas y lut de la tristesse, mélangé à de la confusion. Et des regrets.
La salle prit tout d'un coup moins d'importance, chacun perdu dans les yeux de l'autre, cherchant une réponse à ses questions muettes.

Plongé dans ses réflexions, Axel triturait le haut de son front, malaxant ses racines de cheveux comme si cela pouvait l'aider à faire sortir ce qui restait bloqué au fond de sa gorge, les phrases qu'il redoutait tellement.

Ce fut finalement Roxas qui brisa le silence, se rapprochant doucement de lui malgré le rejet qu'il avait essuyé, et enlaçant son cou sans penser aux conséquences. Il craignait une résistance, voir un refus, et fut soulagé de voir son compagnon se laisser attirer contre lui jusqu'à échouer dans ses bras, contre son torse.

La situation lui échappait, ainsi que le comportement d'Axel. Malgré tout, il lui laissa le temps de se reprendre, sans le brusquer. Il sentait le stress parcourir le corps de son compagnon, lui d'habitude si détendu, il le percevait à travers ses gestes, son hésitation.

Une pression sur son bras l'invita finalement à s'asseoir aux côtés d'Axel, dont le visage paraissait à présent plus serein, bien que toujours légèrement crispé par l'appréhension. Roxas emmêla ses doigts aux siens, cherchant la meilleure façon de le détendre.

Axel détourna le regard tout en retournant la caresse. Il ne pouvait plus faire demi-tour.

- « Avant toute chose, je veux que tu sache que je ne voulais pas attendre si longtemps avant de t'en parler… Je ne pensais juste pas que tout se passerait si vite et que… Enfin je… je me rends compte maintenant que je n'ai fait que repousser cette discussion, depuis le moment même où les choses ont commencé à devenir sérieuses… »

Axel resserra sa main autour de celle de Roxas, évitant toujours son regard, rivé sur lui.

- « Non. En fait, je l'ai toujours évité depuis que je t'ai rencontré… »

L'air coupable d'Axel n'échappa pas aux yeux du blond, qui commençait sérieusement à s'inquiéter.

- « Mais de quoi parles-tu ? » Murmura Roxas, la voix tremblante.

- « De la raison pour laquelle la fête a été repoussée. »

Les éléments commencèrent doucement à s'assembler. Roxas se rappelait vaguement du jour où le roux lui avait annoncé cette nouvelle, et de son engouement alors qu'il pensait pouvoir passer plus de temps avec lui grâce à cela.
En y réfléchissant un peu mieux, il se souvint également du peu d'enthousiasme dont Axel avait fait preuve, et des regards piquants que son cousin lui lançait par-dessus son épaule.

Axel coupa net ses réflexions, certain que de toute façon il ne devinerait jamais de lui-même.

- « La raison pour laquelle la soirée a été repoussée… est que Ruby et moi avons décidé de faire une annonce spéciale, qui méritait une plus grande préparation, ainsi que l'invitation de nos familles. »

La voix d'Axel allait en diminuant de tonalité, passant d'un ton certain à une voix à peine audible sur la fin de la phrase, comme si les mots s'essoufflaient au fur et à mesure qu'ils sortaient de sa bouche.

- « Vos familles ? »

Roxas essaya vaguement de s'imaginer quel genre de nouvelle nécessitait la présence de leur entourage, avant qu'un détail ne le fasse sursauter.
Il n'avait pas seulement parlé de lui, mais également de sa collègue, et plus précisément d'une seule de ses collègues.

- « Qu'est-ce que Ruby a à voir dans cette histoire ? » Dit-il, sceptique.

- « Beaucoup. »

Axel soupira longuement. Le blond resserra sa main au creux de la sienne, appelant à son tour un quelconque signe qui pourrait le rassurer.
L'attitude de son amour l'inquiétait, le ton de sa voix, jusqu'à ses yeux emplis de tristesse qui se levaient finalement vers lui. Son cœur se serra tandis que les derniers mots furent prononcés.

- « Nous allons bientôt nous marier. »


Roxas reçut cette phrase dans le visage avec autant de brutalité et de violence qu'un coup de poing.
La voix d'Axel résonnait encore à ses oreilles comme du cristal, alors qu'il prononçait ces mots cruels, lacérant son cœur tels des éclats de verre.

D'abord le doute l'asséna, niant tout en bloc, dans l'impossibilité de croire qu'il s'agissait là de la réalité.

Ce n'était pas logique.
Ce n'était pas possible.
Axel essayait juste de lui faire peur.

Il répéta ces mots à haute voix, essayant de se convaincre lui-même qu'il n'avait pas mal, que bientôt ils en riraient tout les deux.
Mais le visage d'Axel ne souriait pas. Ses traits s'approfondissaient peu à peu, envahi par le chagrin qui commençait à engloutir le cœur de Roxas.

Le déchirement.
Et puis la peur.

Il sentit les bras d'Axel autour de lui, ses lèvres lui murmurer d'innombrables excuses, lui dire qu'il l'aimait, que tout était bien plus compliqué que ce qu'il ne pouvait penser.

Alors il écouta, patiemment, essayant d'encaisser le plus possible avant de craquer.

Il entendit toute l'histoire, racontée par un Axel coupable, à la voix tremblante et incertaine.
Le rêve d'Axel de voir son entreprise fleurir afin qu'il puisse y exercer sa passion, sa sœur à l'avenir incertain, et puis l'arrivée de Ruby et combien les choses avaient changé pour lui et Tifa.
Et finalement sa proposition, et son acceptation.

- « Je ne veux pas relativiser les choses… Mais à l'époque, ça ne me dérangeait pas vraiment de me retrouver marié à elle. Elle était de bonne famille, et me permettrait de maintenir les choses dans l'état où elles étaient, et je n'avais besoin de rien d'autre… »

Axel avait du mal à soutenir le regard de Roxas, et pourtant il sentait qu'il devait, afin d'être sûr de faire passer ses émotions à son vis-à-vis, de montrer sa sincérité.

- « … Je ne veux pas que tu croies que j'ai été malhonnête avec toi, Roxas. Je t'assure que j'ai été, et que je suis toujours, sincère avec toi. Je ne suis pas amoureux d'elle. C'est un mariage d'agrément. Je sais que ça ne pardonne rien, je sais que j'ai eu tort de te le cacher… »

Il reprit la main de Roxas dans le sienne, et la porta à son cœur.

- « … Je pensais que tu partirais si je te le disais… Je me suis rendu compte trop tard que j'avais attendu trop longtemps… Je suis vraiment désolé… »

Roxas ne bougeait toujours pas, observant les gestes d'Axel, les traits de son visage. Ecoutant sa voix, se concentrant parfois sur certains mots.

Trop de choses se mélangeaient dans sa tête, et son esprit ne suivait plus.

Il sentait juste la douleur, le trou béant qui s'ouvrait dans sa cage thoracique et carbonisait jusqu'à ses organes vitaux.
Et au-delà de toute cette souffrance, il percevait la chaleur de la main d'Axel sur la sienne.

Sa réaction fut presque immédiate.
Il se blottit dans les bras de son compagnon, à la recherche d'un peu plus de ce feu salvateur, rassurant, familier.
Il avait mal, et seul Axel l'aiderait à oublier.
Il avait besoin de lui pour le consoler, pour soigner cette plaie qui s'ouvrait un peu plus à chaque seconde dans son cœur.
Qu'importe qu'il en soit la cause, que ses mots le déchirent de l'intérieur. C'était la seule personne au monde à pouvoir l'aider, même s'il devait lui mentir.

Axel l'entoura de ses bras, et plongea son nez dans ses cheveux, tout en continuant de lui murmurer des paroles réconfortantes, du mieux qu'il pouvait dans sa condition.

Le soulagement qu'il espérait, pour avoir finalement exprimé ce qu'il avait sur le cœur, n'arrivait pas. Seul subsistait le goût amer de la culpabilité, alors qu'il essayait d'étouffer la tristesse de Roxas dans le cocon que formaient ses bras autour de lui.

Ils restèrent ainsi, pelotonnés dans la chaleur de leurs cœurs meurtris jusqu'à tard dans la nuit.


Le calme.
La douceur du soleil qui réchauffait sa peau.
Le ciel bleu azur qui régnait en maître.

Roxas se sentait bien, détendu, rassuré. Alors qu'il pensait être dans un bel endroit, à l'abri des perturbations extérieures, le ciel changea soudain de couleur, et le soleil se fondit dans l'horizon, arborant une teinte orangée.
La chaleur devint également plus forte, plus sauvage, jusqu'à en devenir étouffante. Chaque bouffée d'air devenait plus douloureuse, brûlant sa trachée, irradiant au creux de sa poitrine.

Et soudain, tout disparut.

La chaleur devint froideur.
Le ciel se couvrit.
Le soleil disparut au loin.
Le calme serein devint angoissant.


Roxas se réveilla en sursaut au milieu de la nuit, trempé jusqu'aux os. Respirant l'air salvateur à pleins poumons, il essuya son front suant du dos de sa main.
Ses yeux étaient collants, pâteux, brouillés, ses mains encore tremblantes et incertaines.
Les choses autour de lui semblaient encore appartenir au monde du rêve cauchemardesque qu'il venait à peine de quitter.

Quand il reprit ses esprits, quelques secondes plus tard, il inspecta curieusement la pièce avant de se rendre compte qu'il se trouvait bel et bien dans sa chambre, en pleine nuit noire.

Son esprit était embrouillé. Il ne se souvenait absolument pas d'être rentré chez lui, ni même de s'être mis en pyjama. La dernière chose dont il avait souvenance était les bras d'Axel autour de lui, de son souffle chaud près de son oreille, et de la douleur qui traversait sa poitrine.

Il stoppa net le flux des remembrances, craignant que le trou béant ne se rouvre encore une fois.

Ne pas y penser.
Ignorer tout, jusqu'à la plus infime de ses paroles.

Roxas ferma les yeux, et respira profondément pour calmer son cœur qui battait à la chamade. De fabuleux vertiges venaient de le reprendre, à la simple souvenance de la veille.

Une fois calmé, il reposa la tête sur son oreiller, entreprenant de chercher le sommeil.

Mais comment dormir alors qu'à peine les paupières baissées, les pupilles jade revenaient à nouveau le hanter ?
Ses souvenirs semblaient le rattraper alors qu'il faisait tout pour les fuir, pour échapper à la douleur. Ses yeux, ses mains, ses bras qui le serraient, lui donnait de l'espoir, la satisfaction d'avoir finalement atteint ce qu'il lui était pourtant puis le vide qu'il avait laissé derrière lui en prononçant ses paroles.

« Nous allons bientôt nous marier. »

Son cœur chavira, les étourdissements reprirent.

Roxas s'enfonça en dessous de la couette, incapable de calmer la panique qui l'oppressait.

Une seule personne en était capable, et elle n'était pas là.
Elle ne serait peut être plus jamais là.

Bientôt, il réconforterait quelqu'un d'autre, ne se soucierait plus de lui.

Roxas était plus que conscient qu'il devait surmonter ces pensées négatives, calmer cet état de panique lui-même, et réfléchir calmement à la situation.

Alors plutôt que d'esquiver le sujet, il se décida finalement à l'affronter, à y faire face, quitte à en être détruit par la suite.

Il remonta la bobine de ses souvenirs comme l'on aurait fait avec une vieille cassette VHS, et se remémora chaque instant, chaque parole d'Axel.

Au début, rien ne changea.
C'était toujours les mêmes mots, la même peur, incompréhension.

Mais à travers toutes ces ténèbres, quelque chose brillait, transperçait l'obscurité, et l'empêchait de perdre tout espoir.
Ce quelque chose se trouvait dans ses yeux.

Il me regarde toujours de la même façon.

Ce regard doux, plus inquiet que d'habitude cependant, cherchant un peu de courage au plus profond des prunelles bleues de son vis-à-vis pour lui permettre de continuer à parler, aller au bout de son aveu.

Axel attendait quelque chose de lui.
Une réponse, quel qu'elle soit.

Brutalement, Roxas rabattit l'édredon à l'autre bout du lit, son visage moite de nouveau exposé à l'air libre.

Tout paraissait tellement évident à présent.

Son invitation à la soirée, la réaction de son cousin Reno, son embarras suite à leur furtive étreinte sur les lieux de son travail.

La situation lui avait échappé des mains comme un savon dans une baignoire.

Roxas fixait le plafond blanc de sa chambre à coucher, étonné lui-même de la lucidité avec laquelle il arrivait à percevoir la situation.

Axel n'avait pas menti.
Mais les choses ne jouaient évidement pas en sa faveur.
Ni en leur faveur d'ailleurs.

Roxas déglutit doucement.

Mais quelle réponse vais-je bien pouvoir donner à ça ?