Merci à tous pour vos gentilles reviews sur le précédent chapitre.
Désolé d'avoir mis autant de temps avant de publier la suis en effet en plein emménagement, et le temps libre se fait rare (heureusement que j'avais pris un peu d'avance ^^)

Pour ceux et celles que ça intéresserait, Hors de Portée est publiée en préview sur le forum de La Plume de Clio dont vous pouvez trouver le lien dans mon profil.

Merci pour votre fidélité. Sachez que j'apprécie chaque commentaire et que cela m'aide à aller de l'avant dans le développement de l'histoire.

Sur ce, bonne lecture, et bonne soirée.


Chapitre XI : Lien

Roxas émergea de son sommeil comme s'il remontait à la surface d'un lac après avoir atteint sa limite d'oxygène. Il prit le temps d'ouvrir doucement ses paupières encore collantes et humides, laissant petit à petit filtrer la lumière du soleil à travers ses cils.
Sa respiration tout d'abord saccadée reprit un rythme normal, raclant sa gorge sèche et pâteuse.

La nuit n'avait été que succession de rêves et de cauchemars tous plus incompréhensibles les uns que les autres, rendant son sommeil lourd et pesant, en dépit des tracas qui occupaient son esprit.

Il se tourna légèrement sur le côté afin de vérifier l'heure sur son réveil. Au diable la Shinra, il avait besoin de cette journée pour remettre ses idées en place et réfléchir posément à sa situation. Il préviendrait Naminé un peu plus tard qu'il serait absent pour la journée, en prenant soin de ne pas l'affoler.

Roxas resta pensif, immobile sous sa couette étouffante pendant quelques longues minutes, rassemblant ses esprits et évacuant les dernières brumes qui envahissaient son cerveau.

Quand son front perla à nouveau de sueur et que sa gorge irritée réclama avec trop d'insistance un peu d'eau, le blond consentit finalement à soulager son pauvre corps et à s'extirper de sa carapace douillette.

L'air pourtant agréable de la chambre le fit frissonner, contrastant de façon flagrante avec la chaleur étouffante dans laquelle il s'était réfugié précédemment.

Ignorant la petite chatte affamée qui l'attendait dans la cuisine, Roxas attrapa la bouteille d'eau et se dirigea vers la salle de bains en éparpillant les pièces de son pyjama humide derrière lui tel le Petit Poucet dans la forêt. Quelques gorgées d'eau fraîche et une bonne douche plus tard, l'atmosphère de l'appartement lui sembla déjà moins oppressante.

Aya râlait copieusement à la porte de la salle de bains, attendant que son maître daigne lui ouvrir et s'occuper d'elle.

- « Désolé ma belle, je suis un peu dans le cake aujourd'hui »

Roxas la prit dans ses bras, la caressant pour se faire pardonner avant de lui donner son manger, assorti d'une petite coupelle de lait.

Ses jambes avaient du mal à le soutenir, et sa gorge restait sèche en dépit du demi-litre d'eau qu'il avait avalé au saut du lit. Il s'écrasa lourdement sur le canapé, calant un coussin derrière sa tête pour soutenir sa nuque. Aya vint se loger sur lui, exhibant son ventre rondouillard en ronronnant, ce qui arracha un mince sourire à Roxas qui se mit automatiquement à câliner la petite machine à ronrons. Sa chaleur bienfaitrice inonda bientôt son abdomen, et son cœur s'adapta au doux son qui sortait de ses entrailles, apaisant les soucis et les angoisses qui oppressaient son estomac.

Il n'arrêtait pas d'y penser, peu importe ses efforts, peu importe combien cela lui brûlait la poitrine. Ses mots repassaient en boucle dans sa tête, des images de lui, des fabulations sur ce qu'il faisait quand ils ne se voyaient pas.

Il ferma les yeux, se laissant aller sous le petit corps chaud et rassurant d'Aya.

Axel.

Axel.

Roxas n'arrivait pas à lui en vouloir, n'arrivait à le prendre en défaut en l'accusant de son mal.

Pourtant Axel allait se marier.
Avec une femme.

Roxas soupira en rouvrant doucement ses yeux. La douleur semblait un peu moins violente à présent, peut-être grâce aux ronronnements apaisants de sa complice, ou bien grâce au sentiment de résignation qu'il semblait développer petit à petit face à la situation.

Il était celui qui avait perturbé la vie bien rangée et prévisible d'Axel. C'était lui qui avait compromis le bon déroulement de son union avec Ruby, même s'il ne pouvait se consoler de ne pas avoir été au courant de tout cela, c'était malgré tout la réalité des choses.

Cela aurait il été différent s'il avait su ? Aurait-il pu contenir l'attirance insensée qu'il avait pour cet homme? Cette attraction qu'ils éprouvaient l'un envers l'autre pouvait-elle seulement être ignorée et repoussée ?

Cette impression de plénitude que Roxas avait ressenti quand Axel l'avait finalement embrassé, d'avoir trouvé ce qu'il cherchait depuis si longtemps pour être finalement complet. Il ne voulait pas qu'elle parte, que ça se termine si tôt alors qu'ils avaient tant à vivre.

Personne ne lui avait jamais autant apporté en dehors de Naminé, avec qui il manquait néanmoins une pièce du puzzle, qui faisait que les choses « ne collaient pas ».

Axel avait apporté cette pièce, et l'avait mise à sa place le plus naturellement du monde, avant de la reprendre avec une violence qui avait laissé Roxas sans voix.
Comme s'il lui avait donné la chose la plus merveilleuse du monde, ce qu'il attendait de toute son âme, avant de la reprendre en prétendant qu'elle n'était pas pour lui.

Roxas secoua la tête, et réveilla Aya par la même occasion, qui le toisa avec étonnement avant de se rendormir paisiblement.
Axel n'avait jamais exprimé vouloir reprendre ce qu'il avait donné. Tout ce qu'il avait fait se bornait à avoir expliqué la situation à Roxas, d'une manière simple et authentique.

Roxas se mordit la lèvre inférieure, en se remémorant certaines de ses paroles empreintes d'amour et d'attention. Il était évident qu'Axel ne souhaitait pas qu'il parte, et, au fond de lui, le blond ne le voulait pas non plus.

Il ne pouvait cependant pas contraindre Axel à abandonner un mariage planifié depuis bien avant leur rencontre, et dont son avenir dépendait.
C'était hors de question qu'il soit une source de problèmes pour Axel et sa famille…

Devait-il partir pour le laisser vivre sa vie ?
Devait-il rester et accepter de n'être jamais que « l'autre » ?

Roxas sombra bientôt dans un profond sommeil, ne sachant plus vraiment où ses réflexions s'étaient arrêtées, et là où son rêve avait commencé, bercé par la respiration régulière de la petite chatte roulée en boule sur son ventre.


- « Il n'est pas venu de toute la journée, je suis vraiment désolée… »

- « De toute la journée ? »

Axel ravala sa salive à l'autre bout du téléphone. Naminé semblait aussi inquiète que lui, mis à part qu'il était bien plus au courant des raisons qui auraient pu maintenir Roxas une journée entière chez lui que sa meilleure amie.

Une voix emplie d'embarras résonna à l'autre bout du fil, hésitant à lui parler franchement.

-« Axel… Je sais que ce ne sont pas mes affaires mais… »

Il sentit un léger tremblement dans la voix féminine de son interlocutrice.

- « Si jamais quelque chose de grave était arrivé à Roxas, avertissez-moi, je vous en prie. »

Sa voix se brisa avant même d'arriver au bout de sa phrase. Naminé était quelqu'un d'important dans la vie de Roxas, et celui-ci n'aurait jamais voulu qu'elle soit blessée ou inquiète comme elle l'était à ce moment.

- « Je… » Il ne savait quoi répondre à une demande pareille, formulée d'une façon qui ne pouvait absolument pas être refusée.

Axel était à peu près certain qu'il n'aurait pas voulu qu'elle soit au courant si tôt. De plus, ce n'était pas à lui de faire cette annonce.

- « Si je ne peux rien faire, Axel, alors, vous, faites quelque chose. » Répliqua-t-elle soudain dans un souffle, consciente qu'elle n'aurait pas plus d'informations.

- « Je ne le laisserais pas seule, Naminé, mais il faut lui laisser du temps. »

Seul le silence lui répondit, troublé par un souffle irrégulier à l'autre bout du fil.

- « Je vous fais confiance. »

Elle raccrocha sans attendre de réponse, au grand étonnement d'Axel qui observa le combiné inerte quelques secondes avant de le reposer sur son socle en soupirant.

Ainsi Roxas ne s'était pas présenté à son travail…

Cela ne surprenait le roux qu'à moitié, vu de l'état dans lequel il s'était retrouvé la veille. Il avait passé une bonne partie de la nuit dans ses bras, répétant sans cesse les mêmes phrases qui lui arrachaient le cœur, avant de s'endormir d'un sommeil agité qui avait permis à Axel de le ramener chez lui, au creux de son lit chaud, priant pour que son réveil soit plus doux.

En fermant ses yeux, il pouvait encore entendre résonner ses longues plaintes déchirantes, tandis qu'il agrippait désespérément son tee-shirt, craignant sans doute qu'Axel ne l'abandonne dès qu'il aurait relâché sa prise.

« Axel… »

Il porta la main à son cœur, sentant celui-ci se serrer sous les souvenirs douloureux qui l'envahissaient.

« Je vais me réveiller, n'est-ce pas ? Tout cela n'est qu'un cauchemar… Ce n'est pas possible… »

Il dut s'asseoir sur la chaise la plus proche, ses jambes n'acceptant plus de le supporter. L'absence de nouvelles l'inquiétait réellement, mais il ne pouvait se permettre de téléphoner lui-même à Roxas.
Il ne voulait pas le pourchasser, influencer sa décision. Il avait à présent toutes les cartes en main, et devait décider comment se passerait le tour suivant.
La donne avait changé.

La seule chose qu'Axel pouvait faire était d'espérer son retour de toutes ses forces, avec toutes les complications que cela était susceptible d'engendrer.

Il ne pouvait se résoudre à être séparé de lui, tout comme son mariage ne pouvait être annulé.
C'était un cul-de-sac.

Il soupira longuement, le dos courbé, avant-bras posés sur les cuisses.

S'il avait été quelqu'un de bien, il n'aurait pas souhaité cela, en sachant que Roxas en paierait le prix fort. Il ne pourrait pas être heureux de cette façon, personne ne pouvait se réjouir d'une vie passée dans l'ombre de quelqu'un d'autre.

Il ne cherchait que sa propre satisfaction.
Il voulait le beurre, et l'argent du beurre.

En fait, il aurait carrément commencé par ne pas cacher sa situation et ne se serait pas amouraché de Roxas, alors que tout les séparait.

Un long soupir s'échappa de ses lèvres tandis qu'il prit sa tête entre ses mains, essayant en vain de trouver une échappatoire, une solution.

- « Mon dieu… Qu'est-ce que j'ai fait ? »


Cela faisait deux jours à présent que Roxas n'avait pas donné de signe de vie. Axel gardait prudemment son portable à portée de main, prêt à réagir à la première sonnerie salvatrice.

Il n'en pouvait plus de ne pas savoir, d'ignorer l'état de Roxas. L'impatience avait eu raison de lui lorsqu'il avait téléphoné à Naminé le matin même en quête de nouvelles, ce dont, fort heureusement, elle donna. Apparemment, le jeune homme l'avait rassuré sur son état de santé, refusant toutefois de lui donner plus de détails. Elle n'en eut pas plus de la part d'Axel qui continuait à s'enfermer dans son mutisme.

Naminé fut donc contrainte de croire sur parole son ami, doutant toutefois de sa sincérité lorsqu'il lui affirmait « se sentir mieux ».

Axel fut assez surpris quand elle lui avoua ne pas oser lui rendre visite, craignant faire plus de mal que de bien.
Naminé était non seulement très patiente, mais connaissait également très bien Roxas. Leur proximité le rendait presque jaloux, alors que lui bouillonnait de l'intérieur de n'avoir aucune nouvelle.

Plus que ça, Roxas lui manquait terriblement. Leurs derniers instants ensemble avaient été tachés d'une immense souffrance, et paradoxalement, il ne s'était jamais senti aussi proche de lui. Ce besoin que le jeune homme avait eu de chercher chez lui, la compassion et le réconfort, alors qu'il était l'origine de ce mal, l'avait abasourdi.

Dans ses pensées, il l'avait très bien imaginé fuir la maison sur-le-champ, ou au choix lui décocher un coup de poing bien mérité. Dans les deux cas, il aurait plutôt vu Naminé à sa place, la consolant de son mieux par ses mots doux et sa tendresse.

Le soleil commençait doucement à décliner, teintant le ciel d'une agréable couleur orangée. Axel soupira, observant d'un œil le spectacle par la fenêtre de la cuisine, alors qu'il terminait la vaisselle de son souper.

La journée lui avait parue longue, et ni Tifa, ni Ruby n'avait été dupes concernant son manque de motivation au travail.

Le calendrier le narguait en annonçant la date fatidique du lendemain, soirée durant laquelle il devrait annoncer ses fiançailles avec Ruby, et l'idée que Roxas soit absent l'inquiétait au plus haut point.
Pire que cela, elle le terrorisait.

Une pensée ridicule s'afficha soudainement dans son esprit. Était-il possible que ça soit trop tôt ? Qu'il ne soit pas prêt ?
Foutaises ! Il avait eu tout le temps pour s'accommoder à cette idée, pour qu'elle s'installe tranquillement dans son subconscient.
Alors ? Quel était ce sentiment de peur qui l'embrasait tout entier à l'idée de se promettre éternellement à cette femme alors que, jusqu'à présent, il avait ressenti tout au plus de l'hésitation et des doutes ?

Un léger bruit attira son attention, interrompant sa tâche. Il passa l'essuie-vaisselle par-dessus son épaule et déposa la poêle sur la table de travail, avant de s'avancer dans l'embrasure de la porte de la cuisine.

La poignée de la portée d'entrée non verrouillée tourna doucement, avec hésitation, avant de s'abaisser totalement et de s'ouvrir en battant, laissant filtrer les derniers rayons ocre de la journée sur le linoléum du salon.

Axel s'appuya un peu plus sur le chambrant en bois, essayant de rassembler ses idées, et de se souvenir des paroles qu'il avait répétées durant l'après-midi, juste « au cas où ».

Mais ces cheveux blonds, illuminés par le soleil couchant sur le pas de sa maison et cette fine silhouette hésitante qui se dessinait à mesure que la porte s'ouvrait, ne lui permettait pas de se concentrer suffisamment pour s'en souvenir.

Roxas observa timidement l'intérieur de la maison, s'attardant sur les murs orangés, les peintures chatoyantes qu'elle comportait, avant que ses pupilles bleues ne croisent celles d'Axel. Son regard soutenu chercha à deviner les pensées de son vis-à-vis, puis il consentit à pénétrer dans la maison, fermant la porte dans son dos avant de s'appuyer contre celle-ci.

Axel le regardait toujours de son poste d'observation, n'osant pas faire un pas vers lui de peur de l'effrayer, et de le voir s'enfuir aussi vite qu'il était venu.

- « Désolé Axel. J'aurais dû te prévenir que je passais. »

Les mots glissèrent de la bouche de Roxas d'une façon douce et engourdie. Était-il possible que ce soit ses premières paroles de la journée ?

Incapable de répondre, Axel ne sut que lui adresser un sourire gêné, auquel Roxas répondit, d'une façon mélancolique qui n'échappa pas à son compagnon.

Le blond détourna son regard, se mordant violement la lèvre. Il hésitait quelque peu sur la façon dont il devait aborder Axel, sur son choix et ses conséquences.
Avait-il seulement le droit de faire ça ?

Il sentait toujours le regard ardent posé sur lui, brûlant ses défenses, le confortant dans sa décision. Il l'aimait, il le lui avait dit.

S'accrochant à ses doux souvenirs comme à une bouée de sauvetage, il se lança finalement, délaissant l'appui de la porte en bois pour s'approcher de lui. Son attraction était toujours aussi forte, comme si Axel était le pôle et lui l'aimant.

Il s'arrêta seulement à quelques centimètres de lui, de ses bras accueillants, de son odeur irrésistible. Il sentit la main d'Axel relever doucement son menton, et rencontra de nouveau ses yeux émeraude.
Ils étaient si beaux.

Le pouce du roux glissa sur ses lèvres, les caressant avec tendresse, se rappelant de leur douceur.

Axel sentait son cœur s'accélérer dangereusement dans sa poitrine, sachant avec pertinence qu'il mourrait en cas de rejet.

Sa deuxième main entoura la taille de Roxas, l'attirant à lui pour le rapprocher au plus près, incroyablement en manque de lui, de son amour. Automatiquement, les bras du jeune homme vinrent se nouer autour de son cou, marquant son accord.

Les lèvres se rapprochèrent doucement, avec pour seul bruit de fond leur respiration saccadée.

Les idées et les bonnes résolutions d'Axel s'effritaient au fur et à mesure que la distance entre eux diminuait. Cette capacité qu'avait Roxas d'éclipser le reste du monde était un réel problème. Il devrait lui en parler. Un jour. Plus tard.

- « Ne me laisse pas partir. »

Axel murmura ces quelques mots contre la peau douce de sa bouche, mélangeant leurs souffles, attirant délicatement les lèvres de Roxas contre les siennes.

Ils s'embrassèrent longuement, passionnément, et se retrouvèrent pour quelques instants hors du temps, libérés de tout ce qui n'étaient pas l'autre.

Les tentatives de séparation d'Axel pour reprendre son souffle furent à chaque fois rapidement vaincues par son compagnon, incapable de se rassasier de ses baisers, de cet amour dont il avait séparé pendant trop longtemps à son goût.

Quand le feu qui les animait se calma enfin, ils ne surent se détacher l'un de l'autre, trop occupés à scruter leurs pensées mutuelles au fond de leurs pupilles voilées.

- « Je ne te laisserais pas partir Axel, je t'attendrais aussi longtemps qu'il le faudra. Je resterais dans l'ombre s'il faut, mais tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça. » La respiration saccadée de Roxas entrecoupa certains de ses mots, alors qu'il continuait à s'accrocher désespérément aux épaules d'Axel.

Celui-ci observa son compagnon avec étonnement, prenant en compte tout ce que ces paroles sous-entendaient.

- « Roxas… Je ne peux pas t'infliger ça, ce serait égoïste de ma part… Je ne veux pas te rendre ma… »

- « Ma décision est prise » Conclut le blond, mettant fin à toute autre protestation du roux.

Le bonheur et la peur se mélangeaient au creux de la poitrine d'Axel, hésitant, partagé entre la dissuasion et l'envie de lui hurler sa joie. Roxas prit finalement l'initiative, l'entraînant de nouveau dans un baiser passionné, scellant avec espoir cette promesse.


La tête lui tournait. Le monde n'était plus cohérent.

Il ne voyait que lui, ses cheveux rouge flamboyant, son regard embrasé de désir alors que ses yeux se posaient sur lui.
Ses mains douces qui parcouraient chaque parcelle de sa peau, qui suivaient les siennes sur son abdomen brûlant, découvrant petit à petit les chemins interdits qu'il était le seul à pouvoir emprunter.

Les fins doigts de Roxas caressaient les hanches de son compagnon, traçant le symbole d'encre tatoué le long de celles-ci, le dénudant de tissu jusqu'au bas de ses reins, suivant les fines plumes qu'arboraient fièrement ce phoenix enflammé.

Axel l'observait dans sa tâche, décelant avec amusement l'intérêt de son amour pour son tatouage. Quel superbe prétexte pour glisser ses mains sous les couches inutiles de vêtements qu'il portait à ce moment…

Il l'attira à lui, au milieu du drap déjà froissé, impatient de sentir de nouveau sa peau contre la sienne un peu plus découverte.

Les frottements de son corps sur le sien envoyaient d'agréables décharges électriques sous son épiderme, lui donnant envie de plus de contact, de plus de chaleur.

Il se laissait guider par Roxas qui l'initiait patiemment, lui qui n'avait jamais aimé un homme. Ses lèvres testaient divers endroits sensibles de sa peau, guettant ses réactions, ses soupirs plus prononcés qui approuvaient ses caresses.
Il n'arrivait pas à être rassasié de lui, de sa peau. Il adorait la sonorité avec laquelle il gémissait son nom, encore et encore…

Leurs corps s'accordaient parfaitement, sans faux pas, comme s'ils avaient toujours étés destinés à se rencontrer, et à s'aimer.

Petit à petit, Axel s'accommoda à toutes ces nouvelles choses, et découvrit avec plaisir les points faibles de Roxas.

Aidé de ses mains blanches qui le guidaient aux endroits les plus sensibles de son être, il sentit le corps de son amour s'archer contre le matelas dans un long gémissement qui le fit frissonner.
Ses yeux ne pouvaient quitter le visage extatique de son amant, qui murmurait doucement son nom, les yeux clos et la respiration haletante.

Ils se donnèrent l'un à l'autre en toute honnêteté, comme il l'avait toujours voulu. Pas de secret et de fausses promesses ne vinrent entacher leur vœu.

L'espace d'une nuit, ils ignorèrent le monde pour ne vivre que dans les yeux de l'autre.
Et ils s'aimèrent.