Bonjour à tous et désolé pour cette longue absence! J'ai participé au Nanowrimo pour la première fois cette année, et je peux d'or et déjà vous annoncer que l'écriture de Hors de Portée est terminé.
Je dois encore corriger une grosse partie et l'éditer mais vous pouvez déjà être sûr que l'histoire sera postée dans son intégralité.

J'espère que vous me lisez toujours en dépit du manque évident d'update ces derniers mois. je m'en excuse :x

Voici donc la suite. N'hésitez pas à me laisser vos commentaires!

Bonne lecture.


Chapitre XVII : Elles

Plusieurs jours passèrent pendant lesquels Axel ne dit pas un mot de cette fameuse soirée à Roxas. Évidemment, il avait déjà embrassé Ruby. C'était sa future femme après tout, et il n'arrivait pas à comprendre pourquoi cela le tourmentait autant.
Ce n'était pas comparable à ces démonstrations publiques dont il faisait parfois étalage.
C'était différent.

Ruby avait toujours joué le jeu. Elle était plutôt bonne actrice.
Mais là, elle ne jouait plus.
Elle avait eu l'air sincère.

Axel bu son café d'une traite et tenta vainement de se replonger dans le dossier de la prochaine vente aux enchères organisées par la Baronne, une fidèle cliente que la société devait encore à Ruby.
Tifa lui remplit de nouveau sa tasse de liquide noir, avant de s'asseoir en face de lui, aux mains d'un autre dossier.

Un silence religieux régnait dans la pièce, tandis que les deux associés travaillaient assidûment. La jeune femme jetait de temps à autre des regards curieux vers Axel, et ne fut pas sans remarquer les yeux vagues de celui-ci, à des milliers de kilomètres du budget alloué pour l'événement dont il s'occupait.

Elle posa son stylo et posa sa tête au creux de ses paumes ouvertes, coudes sur la table, tout en observant attentivement Axel.
Celui-ci ne remarqua son manège que quelques minutes plus tard, haussant un sourcil interrogatif vers elle.

- « Un souci, Tifa? »

- « Moi, non. »

Elle sourit, avant de reprendre son travail comme si de rien n'était, laissant un Axel perplexe, mâchonnant le bout de son stylo.

Il savait très bien qu'il pouvait compter sur Tifa pour garder un secret, même si le temps avait marqué leur relation, les rendant moins intimes qu'avant. Et, en ce moment, son cœur trop lourd avait atrocement besoin de lâcher un peu de lest.

- « Je me demandais… »

Hésitant, il trouva un intérêt tout particulier à sa feuille presque blanche, jouant distraitement avec son stylo, tandis que Tifa reportait toute son attention sur lui, bien plus sérieusement cette fois.

- « Est-ce que tu trouves que j'agis comme un connard ? »

Sa bouche se déforma à la mention de ce mot, comme dégoûté de ses propres paroles.

Tifa s'appuya confortablement sur le dossier de sa chaise en croisant ses jambes interminables, entrecoupant le silence d'un léger son de tissu froissé.

- « Tu sais Axel… » Le dénommé la regarda de biais. « En tant que femme, tu ne peux pas me demander d'approuver ce que tu fais. Evidemment que je ne trouve pas cela correct. »

Elle parlait de manière douce et réconfortante, consciente du poids que cela représentait pour son ami.

Elle reprit :

- « Ceci dit, ta situation n'est pas non plus très ordinaire. Il s'agit d'un mariage d'agrément et je me demande même si Ruby s'en soucie vraiment… Son amour propre serait sûrement touché, mais pour le reste… »

Axel se gratta la nuque de façon embarrassée. La réaction passée de sa future femme lui posait un gros problème, et le mettait dans une situation délicate.
Tifa remarqua son embarras et se rapprocha de la table, posant sa main délicatement sur celle d'Axel. Un frisson traversa celui-ci, peu habitué aux marques d'affection autres que celles de Roxas.

- « Tu n'aurais pas dû te lancer là-dedans. Tu n'étais pas obligé. Personne ne t'en voudra si tu laisses tomber. »

Leurs yeux se croisèrent, et Axel sut qu'elle ne mentait pas, pas lorsqu'elle avait ce regard-là.
Elle le regardait avec un mélange de tendresse et de pitié, un sourire coupable aux lèvres.

Et soudain il regretta de ne pas lui avoir parlé plus tôt.

De s'être enfermé dans cette coquille hermétique depuis bien trop longtemps, s'en même s'en rendre compte.
Il avait toujours pris tout avec tellement de désinvolture, croyant les choses simples alors qu'elles étaient tellement plus compliquées.
Pensant que, d'un mariage, il règlerait tout…
Comment pouvait-il encore critiquer Reno alors qu'il faisait preuve lui-même de bien plus d'inconscience ?

La main sur la sienne se resserra un peu plus.

Axel porta sa main libre sur son visage, cachant au mieux son visage crispé.

Il était perdu.


- « … Et franchement, je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête quand je lui ai dit oui. »

Roxas déchira d'un geste sec le morceau de scotch fixant une des nombreuses boîtes en carton jonchant le sol de l'appartement de Naminé, avant de soupirer de soulagement. Une bonne partie des paquets devait être finie ce soir en prévision du déménagement de la jeune femme.

- « Quand même Roxas, il te mène vraiment par le bout du nez. »

Namine rit doucement en remplissant son propre carton des nombreux livres qui ornaient sa bibliothèque.

Levant les yeux au ciel, le jeune homme ne put s'empêcher de se trouver un peu idiot d'avoir accepté d'être le témoin d'Axel. Il se demandait même s'il était encore sain d'esprit.

La journée passée en compagnie de son amie lui avait fait le plus grand bien.
Le froid et l'obscurité qui accompagnaient l'hiver lui rendaient la vie dure, et voir Naminé aussi rayonnante lui donnait du courage.
Bien au chaud dans le salon, accompagnés d'un thermos de café et de biscuits, ils avaient passé l'après-midi à empaqueter, ranger, nettoyer, bref, tout ce qu'un bon déménagement dans les règles de l'art réclamait.

Zexion et elle avaient trouvé un appartement plus grand dans le but d'emménager ensemble, finalement. Et la jeune femme nageait dans le bonheur. Littéralement.

Fier de son travail, Roxas s'accorda quelques instants de repos dans le fauteuil, rejoint aussitôt par son amie qui se laissa tomber d'épuisement à ses côtés.

- « Je crois que j'ai un problème Nami. » soupira Roxas en se pinçant l'arrête du nez.

Elle tourna légèrement sa tête ver lui, résistant à l'envie de fermer les yeux pour une petite sieste bien méritée.

- « Je vois des boîtes partout. »

Naminé lui frappa l'épaule, s'attendant à quelque chose de plus important.

- « Idiot ! »

Roxas était dans les cartons, peu importe où il se rendait. Axel déménageait, Nami aussi. Tout le monde avançait, construisait son futur.
Tout le monde, sauf lui.

Même si Axel faisait tout pour l'inclure dans sa vie, il avait toujours cette horrible impression de n'être que la roue de secours, celui qu'on laisse derrière.

- « Ca te tracasse, n'est-ce pas ? »

Naminé se rapprocha un peu plus de lui, encerclant de ses bras ses jambes couvertes de bas de laine.
A son tour, Roxas rabattit ses jambes en-dessous de lui, se mettant un peu plus à l'aise pour une discussion avec son amie.

- « Ce qui m'ennuie, ce n'est pas vraiment ce mariage. Je me suis fait à cette idée depuis longtemps maintenant. Non, ce qui me dérange vraiment, c'est ce déménagement. »

Namine lui fit des yeux ronds, provoquant un éclat de rire de la part du blond.

- « Pas celui-ci, voyons, Nami »

Elle se radoucit en comprenant soudain qu'il ne parlait pas d'elle, mais bien d'Axel, rougissant même un peu d'avoir pu penser une chose pareille.

- « Je ne supporte pas l'idée qu'il va vivre avec elle. Rien que de l'imaginer me donne envie de vomir. »

Son visage se crispa un peu, conscient qu'il risquait de saper le moral de Naminé avec ses pensées négatives. Peut être n'était-ce pas vraiment le meilleur moment pour en parler.

- « Tu dis ça parce que tu ne pourras pas le surveiller ? » Lui répondit celle-ci, intéressée par le sujet.

- « On peut en parler un autre jour, si tu veux. »

Il lui adressa un sourire gêné. D'un air boudeur, Naminé lui balança un coussin, ne perdant pas sa bonne humeur.

- « Bien sûr que non ! Je suis ici pour chasser tes idées noires ! Ne me dis pas que je ne sers à rien !»

Etre auprès d'elle lui faisait du bien. Elle agissait mieux que n'importe quelle thérapie, que n'importe quel psychologue ou médicament.
Et Roxas se surprit à penser que Zexion avait intérêt à se rendre compte de la chance qu'il avait et ne pas lui faire de mal, sinon il allait avoir à faire à lui.

Il se fit un plaisir de lui retourner le coussin, que la demoiselle rattrapa en lui tirant la langue.

- « Il m'avait promis que rien ne changerait, mais même avec tous les efforts qu'il pourra faire, ça changera. » Roxas soupira. « J'ai peur que son quotidien avec elle ne le change. Ils vont partager des moments que je n'aurai jamais avec lui… »

Secrètement, Roxas avait toujours espéré que ce mariage soit annulé. Dans ses rêves, Axel se présentait chez lui avec un énorme bouquet de fleurs –il grimaça à cette pensée vraiment trop féminine- et lui annonçait, assorti d'un sourire radieux, que tout était fini. Que le cauchemar était terminé.
Mais ça ne se produirait pas.

Naminé se rapprocha subtilement de lui et posa sa tête sur son épaule. Parce que de toute façon, un câlin à Roxas, ça ne comptait pas comme de la tricherie. Roxas, c'était Roxas, et puis c'est tout.
A son tour, le jeune homme passa un bras autour de ses épaules. N'importe qui aurait pu les confondre avec un couple, comme c'était souvent le cas, mais il s'en fichait complètement, même si ce geste serait bien évidement déplacé en présence de Zexion ou d'Axel…

- « Tu auras tout ce qu'elle n'aura jamais. »

Ses doigts couraient sur son bras couvert d'un épais pull brun clair. Il ne se posa même pas la question de savoir si c'était trop intime.

Naminé rit doucement, avant de tourner sa tête vers Roxas.

- « Je ne crois pas que Zexion apprécierait. »

Il stoppa son geste, hésitant.

- « Tu veux que j'arrête ? » la questionna-t-il.

- « Non, non… Avec toi, ce n'est pas pareil… Tant qu'il ne sait pas, je n'ai pas de justification à rendre de toute façon… Je ne fais rien de mal après tout. »

Après un instant de flottement, Roxas posa simplement sa main sur son bras.

"Qu'est-ce que je ressens quand je suis près d'elle… ?"

Parfois, entre la jalousie qui se manifestait dans sa poitrine, et la douleur que sa relation avec Axel engendrait, il se surprenait à se questionner. Que se serait-il passé si Naminé et lui étaient restés ensemble ? Auraient-ils vécu heureux ? Aurait-il réussi à passer outre cette frustration et à l'aimer comme elle le méritait ?
Son cœur ne battait pas plus vite quand il touchait sa peau. Son odeur le rassurait, mais ne l'enivrait pas.
De fil en aiguille, il se demanda si Axel ressentait ce genre de choses pour Ruby, quel effet ça lui faisait quand il l'embrassait, quelle réaction il aurait quand il dormirait dans son lit.

Sa main dut se crisper un peu sur le bras de Naminé car la jeune femme posa sa main sur la sienne, avant de croiser son regard.

- « …Roxas ? »

Il força un sourire à paraître sur son visage.

- « Ca va, Naminé. »

Il ferma ses yeux, prétextant une légère fatigue, et finit par s'assoupir réellement dans la douce chaleur que lui procurait leur étreinte.
Lorsque la jeune femme le remarqua, elle le recouvrit d'une épaisse couverture. Ses doigts s'attardèrent un instant sur son visage, écartant quelques mèches blondes de devant ses yeux.
Son souffle était calme et paisible.

Elle sourit à cette vision, avant d'éteindre la lumière et de rejoindre sa chambre.


Le téléphone portable d'Axel s'écrasa violemment sur la table de la cuisine lorsqu'il le rejeta sans ménagements.

Tifa était partie depuis bien longtemps déjà, et Axel n'avait rien trouvé de mieux à faire qu'appeler sa sœur, pensant combler le vide qui l'étreignait.
Mais, passé le réconfort d'entendre sa voix après plusieurs jours de silence radio, la discussion avait vite tourné au vinaigre quand Xion lui avait annoncé sa relation assez particulière avec sa colocataire...

Axel n'avait jamais beaucoup apprécié Kairi. Et c'était réciproque. Leurs caractères forts se heurtaient avec fracas, et Axel suspectait cette dernière d'être trop proche de sa sœur pour son propre bien. Et là, ça venait précisément de se vérifier.

Xion donc était ravie de l'avoir au téléphone pour lui dire qu'elle viendrait au mariage avec Kairi, en tant que couple.
Axel, après avoir bien entendu laissé entendre son explosion de joie au téléphone, avait raccroché brutalement et puni l'auteur du crime d'un geste impulsif qui lui vaudrait l'achat d'un nouveau téléphone.

S'il ne pouvait contrôler la vie de sa soeur, il s'inquiétait pour elle. Kairi n'était pas vraiment ce que l'on pouvait appeler une mauvaise personne, mais l'idée que quelqu'un soit plus important que lui pour Xion l'énervait passablement.
Y avait-il seulement une personne au monde pour qui il comptait plus que tout? Même Roxas comptait sur Naminé comme si c'était la personne la plus importante à ses yeux...

Evidement, Axel fut irrité quand il apprit que Roxas avait dormi chez Naminé, ne pouvant réprimer cette pointe de jalousie qui piquait sa poitrine. Cela rajoutait à la frustration qu'il éprouvait déjà, et ce fut la goutte qui fit déborder le vase.
Il l'avait attendu, pensant que son compagnon le rejoindrait comme d'habitude.
Mais il n'était pas venu. Il était resté chez elle, sans se soucier de lui.

Lorsque Roxas lui téléphona de son travail le lendemain, Axel ne répondit pas, laissant son portable, qui par bonheur fonctionnait encore, vibrer dans sa poche sans y prêter attention. Son amertume le rendrait agressif, il le savait, et préférait ne pas mettre de l'eau dans le gaz. Une discussion face à face était préférable à une dispute au téléphone qui reporterait leur entrevue au lendemain.

Un énorme livre atterrit soudain devant lui, écrasant son magasine télé comme s'il n'avait pas été là.

A ses côtés se tenait Ruby, pointant l'une des pages du livre de son index manucuré. Elle avait fait le trajet jusqu'au bureau aujourd'hui, en vue de discuter de l'organisation du mariage. Axel avait accepté sans broncher, jugeant l'étape nécessaire. Après tout, cela lui changerait un peu les idées et aérerait son esprit.

- « J'ai pensé que celle-là serait bien. » Murmura-t-elle, avant de tourner les talons, laissant Axel seul devant le volumineux bouquin.

Sur ladite page se trouvait une longue robe blanche, parsemée par endroits de fines perles opalines. Le tissu était nuageux, aérien, et le col était relevé en une corolle élégante, digne d'une robe de princesse. Elle était superbe.
Axel ne put qu'approuver les goûts de Ruby, qu'il savait déjà excellents pour ce genre de choix. Il n'aurait qu'à porter un costume assorti et le tour serait joué.

Il jeta un œil derrière son épaule, souhaitant en discuter avec la jeune femme, mais celle-ci était déjà sortie de la pièce.
Axel glissa une note dans le catalogue et le referma, avant de le déposer sur le coin du bureau.

Quand est-ce que leur relation était devenue si froide ?
A partir de quand avaient-il fini par ne plus se parler du tout ?
Et depuis quand s'en souciait-il vraiment ?

Ce n'était pas une question. Il savait très bien que ce fameux baiser avait tout changé, et ce qui l'énervait le plus était qu'il ne comprenait pas pourquoi.
Et cette impression dérangeante que Roxas étouffait le moindre de ses sentiments pour aller ensuite se réfugier dans les bras de Naminé n'arrangeait absolument rien.

Agacé, il fit rapidement son sac et sortit du bureau.
Toutes ces frustrations commençaient à prendre le dessus et il avait besoin d'air.


Naminé écarquilla les yeux lorsqu'elle vit le jeune indépendant passer les portes vitrées de l'entrée de la Shinra. D'un mouvement, elle se tourna vers Roxas qui était occupé sur un dossier à ses côtés.
La neige tombait drue dehors; Axel avait revêtu ses gants noirs et son écharpe pour se protéger du froid. C'est donc couvert de quelques flocons, et le nez caché dans son écharpe, qu'il fit son entrée.

Il se préoccupa à peine de la réaction de Naminé alors qu'il rejoignait la réception, son regard déjà fixé sur le visage de Roxas qui ne l'avait toujours pas vu venir.

-« Bonjour, Naminé » Dit-il tout en retirant ses gants pour les poser sur le comptoir.

A la simple audition de ces mots, le blond se retourna, certain de reconnaître la voix. Son sourire s'agrandit en voyant Axel.
Celui-ci cependant ne le lui rendit pas, et se contenta d'une simple requête.

- « Roxas, tu as bientôt terminé ? »

- « D'ici une demi-heure seulement. » Grimaça-t-il. « Mais je ne compte pas faire des heures supplémentaires aujourd'hui. Il y a un problème ? »

Axel détourna les yeux, essayant de réagir normalement. Ce n'était pas tous les jours qu'il venait chercher Roxas, mais il ne pouvait plus supporter d'attendre la venue du blond.
La nervosité le gagnait peu à peu, à chaque minute qu'il passait à faire les cents pas chez lui.

- « Je suis venu te chercher, c'est tout. »

Roxas était intrigué par son comportement. Il se demandait qu'elle pouvait être la raison qui avait amené son compagnon à venir le cueillir directement à la Shinra, sans même avoir essayé de l'appeler.
De plus, Axel se faisait normalement discret dans ces cas-là mais à ce moment, il se présentait à la vue de tous, sans même chercher à se cacher.

Les rumeurs couraient déjà à l'autre bout du couloir lorsque Roxas sortit en sa compagnie sur le parking. Il espérait juste que tout cela n'arriverait pas aux oreilles de Rufus, sinon il risquait de subir un véritable interrogatoire.


Le trajet fut silencieux, aucun des deux n'osant vraiment briser le mutisme dans lequel ils s'étaient involontairement enfermés. Une situation inconfortable et malsaine qui, fort heureusement, ne se produisait pas souvent.

La Fox s'arrêta net devant la maison d'Axel alors qu'il faisait déjà nuit noire dehors.

Roxas sentait que quelque chose n'allait pas, mais n'arrivait pas à trouver un moyen de débloquer la situation et à en parler à son compagnon; à simplement lui demander ce qu'il se passait. C'était la première fois que ce genre de situation arrivait, et quelque part, cela lui faisait peur.

Il enleva son manteau puis se dirigea vers la cuisine pour se servir un verre d'eau. Sa gorge était incroyablement sèche et puis, mettre quelques mètres entre lui et Axel ne semblait pas être une si mauvaise idée à ce moment précis.
Des pas retentirent derrière lui alors qu'il posait son verre sur le plan de travail. Axel le regardait fixement, les mains enfouies dans ses poches, une lueur contrariée dans les yeux.

- « Je peux savoir ce qu'il se passe avec elle ? » aboya-t-il d'un ton sec à l'adresse de Roxas.

"De la jalousie, hein ? Cela devait bien arriver un jour..."

Roxas se retourna calmement vers lui, et lui rendit un regard glacial, regrettant soudain de s'être laissé entraîner chez lui.

- « Je ne vois pas de quoi tu veux parler. »

- « Ne me prends pas pour un imbécile, Roxas ! »

Axel avait hurlé ces mots.
Jamais Roxas n'aurait cru qu'il lui parlerait de cette façon un jour.
Jamais.

Après l'instant de choc, ce fut la colère qui l'envahit. Il ne permettrait certainement pas que quelqu'un ne touche à un seul des cheveux de Naminé. Pas même Axel.

- « Qu'est-ce qu'il te prend ? »

Axel avait les traits crispés, conscient qu'il dépassait les limites du raisonnable néanmoins, malgré tout, incapable de retenir l'aigreur qui envahissait son cœur. C'était comme si un barrage avait cédé, et que tout ce qu'il retenait dans son cœur se déversait dans ses paroles.

- « Tu crois que je ne remarque pas la façon dont tu la regardes quand elle est avec Zexion ? Tu crois que j'apprécie de savoir que, quand je ne suis pas là, c'est avec elle que tu es ? »

Son ton était agressif, mais empreint de tristesse.

- « Et maintenant, tu passes la nuit chez elle ? »

Roxas ouvrit grand les yeux en entendant ces paroles, ne pensant pas un instant avoir éveillé de tels sentiments d'insécurité chez Axel. Jamais il n'avait remarqué le moindre signe de ses doutes, et de sa colère.

- « Alors là, je t'arrête tout de suite, Axel. Tu vas trop loin. »

Il s'approcha du roux et lui saisit les épaules, tentant de le raisonner.

- « Je peux savoir pour qui tu me prends exactement, là ? Tu crois que je reste avec toi par pur masochisme ? C'est ça ? »

Il lui secoua énergiquement les épaules, resserrant la prise de ses mains jusqu'à couper la circulation du sang dans ses doigts.

- « Alors que c'est toi qui embrasse une autre ? Qui va dormir dans son lit ? »

Ses ongles s'enfoncèrent dans la chemise d'Axel qui souffrait en silence, subissant la colère de Roxas comme s'il l'avait désirée.
Il avait besoin qu'il lui dise en face.
Il avait récolté les fruits de sa provocation.

- « Et tu oses me parler de Naminé comme si ça avait un quelconque rapport ? »

Axel recevait ces mots dans la figure presque avec gratitude. Jusqu'à ce que la paume de la main de Roxas rencontre sa joue, et y laisse une marque brûlante.

Lorsque Roxas se rendit compte de son acte, il baissa les yeux et regarda sa main rougie avec effroi. Il l'avait frappé. De toutes ses forces.
Il ouvrit la bouche. La referma. L'ouvrit à nouveau.
Rien ne sortait.
Aucun son, aucun mot. Rien qui ne pouvait effacer son geste.

Axel porta sa main à sa joue qui commençait doucement à enfler. Il respirait fort, reprenant doucement le contrôle de ses émotions.
Il avait poussé Roxas à bout, et il l'avait cherché. Au fond de lui, il savait qu'il n'attendait que ça, que le jeune homme lui remette les idées en place.

- « Ne me dis plus jamais, jamais… » Ses yeux verts se portèrent sur lui, toujours muet et attendant son jugement. « … que tu vas bien. »

Il ne bougea pas, fixant toujours son vis-à-vis avec appréhension. Parce qu'il ne pouvait pas le frapper et ne pas recevoir de punition. Axel allait forcément le détester maintenant, ou pire, penser que lui le détestait, surtout après lui avoir dit toutes ces horreurs.
Mais à la place, le roux força un sourire triste à apparaître sur ses lèvres.

- « Merci, j'en avais besoin. »

Il l'attira à lui, et Roxas se laissa faire, encore mortifié de son geste.

Un souffle chaud murmura à son oreille.

- « Dis-moi que tu m'aimes, je t'en prie. J'en ai tellement besoin… »

Roxas l'entoura de ses bras, fourrant son nez au creux de son cou.
Étaient-ils vraiment obligés de souffrir autant ?

« Tu finiras par partir Axel. C'est toujours comme ça que ça finit. Les histoires d'amour ne finissent jamais bien. »

- « Je t'aime. »


Il me parla longtemps après ça.
Me posa des questions sur ce que je ressentais, sur ce que je ne lui disais pas.

Je ne réussis pas toujours à mentir.

Je savais qu'il pensait vraiment ce qu'il avait dit à propos de Naminé, mais il ne me demanda rien de plus.
Je ne cherchai pas non plus à démentir ses doutes.
Intérieurement, j'avais peut-être envie qu'il souffre…

Je restai chez lui cette nuit-là.
Et il me fit l'amour avec autant de tendresse que si c'était la première fois.