Bonsoir à tous! Si vous suivez attentivement Hors de Portée (normalement oui si vous êtes ici...), alors j'ai quelque chose à partager avec vous. Ayant réussit le nanowrimo 2010, j'ai gagné une copie gratuite d'un écrit sur un site participant. J'ai bien entendu sauté sur l'occasion pour éditer Hors de portée (d'où le nouveau format de texte) et créer une couverture.

Et voilà, je l'ai reçu aujourd'hui! Je vous mets le lien pour les photos dans mon profil et vous invite à y jeter un coup d'oeil si vous êtes curieux.

L'image présent sur la couverture ne se voit pas très bien malheureusement. Celle ci est un peu plus foncée que mon pdf, ce qui gache un peu l'effet. mais bon, le reste est parfait donc je ne m'en plainds pas de trop.

Sur ce, bonne lecture!


Chapitre XXI: La déchirure

Quand Roxas ouvrit les yeux ce matin-là, il ne restait rien des doutes et des pensées confuses qui l'avaient tourmenté la veille, ou l'avant-veille, il ne savait plus très bien. Il avait dormi si profondément, et pendant si longtemps… Il ne s'était même pas rendu compte à quel point il était épuisé…

Encore une fois, la chambre dans laquelle il se réveilla n'était pas la sienne. Il se souvint vaguement d'un voyage interminable, de l'odeur du cuir et du paysage nocturne qui défilait devant ses yeux.

J'ai dû m'endormir pendant le trajet…

Si ces suppositions s'avéraient juste, Roxas devait donc se trouver chez Reno, si celui-ci avait tenu sa parole… Fort heureusement, il eut tôt fait de constater que celui-ci l'avait déposé dans le lit presque entièrement habillé. Seules manquaient sa veste de costume ainsi que ses chaussures.

Mal à l'aise dans cet environnement inconnu, il se hâta de récupérer le reste de ses affaires et partit en quête de la salle de bains afin de mesurer l'étendue des dégâts. C'était bien sûr en oubliant qu'il avait atterri dans une maison bien moins modeste que la plupart de celles qu'il connaissait… Après tout, il se trouvait quand même dans la demeure de quelqu'un de… riche.

Après avoir ouvert quelques portes et croisé une domestique qui le salua sans s'interroger sur sa présence, il trouva finalement la salle d'eau. La pièce était immense et possédait une baignoire gigantesque ainsi qu'un double évier tout de marbre dans lequel Roxas se rafraîchit rapidement le visage. Il s'observa un instant dans le miroir et constata rapidement l'état dans lequel il était. Après une soirée mouvementée et une nuit de sommeil chaotique, sa chemise n'avait plus aucune tenue. Il essaya tant bien que mal de la défroisser un peu afin de pouvoir se présenter dans une tenue correcte, mais c'était loin d'être gagné…

Abandonnant la bataille, il sortit de la salle de bains pour tenter de rejoindre le maître des lieux. Il ne comptait pas s'éterniser et, même s'il était content au final que Reno l'ait emmené avec lui hors du bâtiment nuptial, il aspirait grandement à rentrer chez lui. Il voulait réfléchir calmement, retrouver ses habitudes et prendre un peu de recul… Tout cela serait nécessaire afin de pouvoir prendre et assumer une décision qu'il avait méditée depuis maintenant plusieurs heures, mais qui dormait au fond de lui depuis sûrement plusieurs mois.

Reno était installé dans le salon, son ordinateur portable sur les genoux. Dès qu'il aperçut son invité, il le referma et le déplaça sur la table du salon, invitant Roxas à le rejoindre sur le canapé.

- Enfin réveillé. On dirait que tu avais du sommeil à récupérer… Tu veux un café ? dit-il en tendant son bras vers le thermos encore chaud posé sur la table.

Roxas déposa sa veste sur le bord du fauteuil et s'assit au côté de Reno qui lui tentait déjà une tasse pleine de liquide noir sans attendre sa réponse.

- Quelle heure est-il ?

- Quatorze heures, et si tu veux savoir la date, nous sommes le vingt-six novembre, tu n'as donc pas encore atteint les vingt-quatre heures de sommeil, lui répondit-il, un sourire énigmatique collé sur les lèvres.

Quelque part, Roxas fut soulagé. Tellement de choses pouvaient se passer en une journée… Savoir qu'il aurait passé tout ce temps à dormir pendant que la vie des autres continuait de défiler aurait été quelque chose d'effrayant…

Son attention fut soudainement attirée par un objet posé sur la table en bois du salon, juste devant ses yeux. Son téléphone portable. Remarquant son intérêt, Reno le lui tendit.

- Il est tombé de ta poche hier soir tandis que je te portais à l'étage.

Roxas souleva un sourcil interrogateur à cette réflexion.

- Tu t'es endormi dans la voiture, et ton sommeil est plutôt lourd, rétorqua Reno. Bref, n'oublie pas de le reprendre.

Roxas alluma l'écran avant d'y découvrir une série effarante d'appels manqués. Il y en avait cinq de Namine et onze d'Axel.

- Il a sonné pas mal de fois… et j'ai répondu à un appel d'Axel afin de le rassurer, j'espère que tu ne m'en veux pas.

Fort heureusement, il n'était pas tombé sur Naminé. Elle se serait sûrement fait un sang d'encre de le savoir dans cet état chez un homme qu'elle ne connaissait même pas.

- Peu importe, répondit-il d'un air complément détaché en fourrant son téléphone dans la poche de son pantalon.

- Tu ne vas pas le rappeler ?

- Je ne pense pas avoir encore ce droit, murmura Roxas en regardant au fond de sa tasse. Je n'ai plus rien à faire dans sa vie à présent.

- Ne dis pas ça. Tu devrais te battre pour le récupérer ! Je peux t'aider.

- Je me suis déjà assez battu. Je ne gagnerais rien en plus de ce que je n'ai déjà. Il a fait son choix.

Reno resta sans voix. Il ne croyait avoir à faire à ce genre de réaction de la part du jeune homme. Il l'avait observé longuement, avait vu à quel point il s'accrochait à son cousin, quelle que soit la situation et la douleur que cela lui apportait. Le voir ainsi baisser les bras le surprenait au plus haut point.

Roxas posa sa tasse de café sur la table et se leva en récupérant sa veste posée sur le dossier du fauteuil.

- Merci pour tout Reno. Je suis désolé de ne pas réagir de la façon dont tu l'aurais souhaité, mais tu dois comprendre.

Reno resta stupide au milieu du living alors que Roxas sortit de la pièce et se dirigea vers la massive porte d'entrée. Il se reprit juste à temps pour le raccompagner sur les marches du perron.

- Tu fais une erreur Roxas, murmura-t-il, sachant à l'avance la réponse qu'il récolterait.

- Peut-être. Mais j'en ai déjà fait tellement…

Roxas le salua d'un geste amical et se dirigea vers le parking de la demeure.

Sa vieille Saxo avait été ramenée sur le parking par l'un des chauffeurs de l'aristocrate; Roxas lui en était très reconnaissant. Grâce à cela, il serait rapidement chez lui, seul pour le trajet. Ce n'est qu'une fois au volant, le pied sur l'accélérateur et la main sur le bouton du volume de la radio, qu'une perle d'eau glissa lentement le long de sa joue. Elle roula sur sa peau, glissa dans son cou et se cacha finalement dans le revers de sa chemise froissée.

Roxas ouvrit la fenêtre, laissant le vent frais chasser l'eau de ses yeux, alors que la station de radio hurlait la dernière chanson des Breaking Benjamin.


Les choses ne seraient plus jamais pareilles. Mais même dans la pire des situations, il avait un endroit où retourner, avec des gens qui l'attendaient. C'est précisément ce qu'il ressentit lorsqu'il passa la porte de son appartement où l'attendait Aya, débordante d'énergie et avide de câlins.

Roxas s'empressa de la prendre dans ses bras et alluma la télé presque immédiatement après son arrivée. Il devait être actif, distraire son esprit afin d'éviter de trop réfléchir. Il mit son portable en silencieux, réduisant à néant toute tentation de répondre aux appels d'Axel. Il ne voulait pas l'entendre maintenant, pas encore. Il savait très bien que sa détermination serait facile à fléchir en cet instant.

Le soleil ne tarda pas à rougir au-dehors, et Roxas se demanda vaguement comment il allait occuper sa soirée, incapable de dormir alors qu'il s'était réveillé il y avait moins de cinq heures. Le plus important pour l'instant était de se trouver quelque chose à faire, n'importe quoi qui l'empêcherait de penser, de réfléchir à toutes ces choses qu'il préférait ignorer pour le moment.

Après une bonne heure passée à zapper les chaînes de la télévision sans trouver un programme capable de le divertir plus de dix minutes d'affilée, il opta pour un bouquin accompagné d'une tasse de café, confortablement pelotonné dans son canapé, Aya sur les genoux et la radio allumée. Son entreprise fut couronnée de succès alors qu'il arrivait doucement à la fin de ce polar commencé des mois auparavant, qu'il n'avait jamais pris la peine de terminer tant sa vie était devenue une course permanente. L'identité du tueur était sur le point d'être révélée quand un vacarme assourdissant sortit Roxas de son livre.

Quelqu'un tambourinait à sa porte d'une façon acharnée. Roxas fronça les sourcils, méfiant. Qui cela pouvait-il bien être à cette heure ?

Il regarda au judas, prudent malgré tout au vu du comportement du visiteur, et fut surpris d'y trouver un visage bien familier… Il ouvrit la porte tout de go et l'invité nocturne se jeta dans ses bras.

- Roxas ! J'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose ! Tu ne répondais à aucun de mes appels et tu n'étais pas chez toi ce matin ! J'ai cru que… que…

Sa prise se resserra autour des épaules de Roxas tandis qu'elle tentait vainement de reprendre son souffle. Son cœur cognait contre sa poitrine, et résonnait dans le torse du jeune homme. Il comprit bien vite la panique qui étreignait Naminé, et la prit dans ses bras à son tour pour tenter de l'apaiser. Ses mains frottèrent vigoureusement son dos, caressèrent un instant ses cheveux en murmurant tout bas dans son oreille les mots réconfortants qu'elle attendait.

- Shhh… Je vais bien, Naminé…

Ce n'est qu'après plusieurs minutes de gestes réconfortants qu'elle ne consentit à se séparer de l'épaule de Roxas, et le regarda incrédule.

- Ne me fais plus jamais ça.

Roxas tenta un sourire, mais se rendit compte bien vite que cela ne suffirait pas.

- Je pensais qu'avec le temps tu finirais par comprendre que tu serais toujours la plus importante.

Un léger sourire se dessina finalement sur les lèvres rosées de Naminé, et cela le contenta. Il pouvait subir beaucoup de choses, mais rendre triste celle qui l'avait toujours soutenu et supporté dans les épreuves était pour lui un péché impardonnable.

Naminé l'encercla à nouveau de ses bras et le serra de toutes ses forces. C'était à son tour de partager un peu de sa chaleur et d'aider Roxas de la meilleure façon qu'elle pouvait user dans cette épreuve difficile. Roxas ne voulait pas parler, il voulait juste profiter de sa présence, et se laisser entraîner par la douceur de Naminé. Avec elle, la douleur était moins vive, la tristesse moins violente.

La soirée solitaire se transforma finalement en une nuit qui rappelait celle du bon vieux temps, pendant lesquelles Naminé débarquait chez Roxas sans prévenir et passait une heure, deux, ou parfois la nuit. Ils parlaient de tout, de rien, regardaient des comédies romantiques, des James Bond accompagnés d'un thermo de café. Sauf que cette fois, aucun film ne défila sur l'écran de télévision de toute la nuit. Roxas ne parla pas beaucoup, mais Naminé n'eut pas besoin de beaucoup de mots pour comprendre l'évolution de la situation. Le visage pâle de Roxas et le refus de répondre aux appels d'Axel avait déjà été un indice suffisant, les quelques phrases de son ami l'aidèrent à assembler les dernières pièces du puzzle.

Bien vite, Naminé prit la décision de rester auprès de lui cette nuit-là, malgré l'insistance de Roxas. Celui-ci se sentait bien embêté de la retenir alors qu'elle vivait en cohabitation à présent, mais un simple coup de téléphone à Zexion régla toutes les discussions.

Ils veillèrent jusqu'à tard dans la nuit, et plus les heures avançaient, plus Roxas consentait à ouvrir son coeur à Namine, pour finalement lui exposer clairement ses intentions.

- J'abandonne, Nami. Je n'en peux plus de me battre.

Il soupira, serrant le coussin moelleux du fauteuil contre son ventre.

- Je sais que cela peut te paraître bizarre que je mette à penser comme ça, tout à coup, après tout ce qui s'est passé... Je pensais vraiment que c'était ce que je voulais, juste être avec lui. Mais plus le temps passe, et plus je me rends compte que je ne m'en contenterais pas... La dernière fois... Lors du mariage... Il est venu me voir, il m'a emmené avec lui... A ce moment là, j'ai vraiment senti qu'il n'était plus à moi...

Namine demeurait silencieuse, écoutant attentivement son ami. Elle s'était longtemps efforcée de comprendre ce qui liait Roxas à cet homme sur le point de se marier, ce qui rendait leur relation si forte et qui permettait à Roxas de passer outre toutes ses choses qui, pour elle, paraissaient essentielles... Vivre avec quelqu'un en devant se cacher, être constamment derrière et supporter les mensonges...

Bien évidemment, elle n'approuvait pas, mais jamais elle n'en avait parlé à Roxas, de peur de le blesser. Il semblait mieux, et s'épanouissait au fur et à mesure que le temps passait. Ces derniers mois en particulier avaient été merveilleux. A chaque fois qu'elle le voyait en compagnie du roux, Roxas paraissaient tellement heureux qu'elle n'aurait pour rien au monde voulu gâcher ce bonheur. Mais au fond d'elle, elle se doutait que ce ne serait que temporaire... Ce genre de relation ne dure qu'un temps ou devient problématique si elle persiste...

- Je me sentais tellement vide, Naminé... Je n'arrive pas à comprendre pourquoi je ressens ça... Je ne suis même plus sûr de ce qu'il ressent pour moi, ou ce que je veux vraiment...

Roxas soupira longuement, rabattant ses jambes sous lui. Le sommeil commençait à prendre le pas sur sa volonté de rester éveillé, et il ne s'agissait plus que d'une question de minutes avant que le jeune homme ne tombe endormi.

- Je veux juste arrêter de ressentir ça... J'ai besoin d'air, je veux changer de vie.

Naminé passa sa main dans son cou et massa doucement l'arrière de sa nuque. Roxas ferma doucement les yeux, se laissant porter par le sentiment de confort qui s'emparait de lui.

- Peu importe ton choix, une chose est sûre; tu dois téléphoner à Axel. Il faut que tu lui parles, Roxas, tu ne peux pas le laisser dans le silence de cette façon.

- Je sais...

La tête de Roxas finit par tomber sur son épaule sous le poids de la fatigue, et Naminé comprit que celui-ci s'était endormi à son souffle calme et régulier. Elle tira le plaid sur eux deux et éteignit la lampe posée sur la table basse du salon.


Encore plongé dans le monde des rêves, une voix douce et joyeuse parvint aux oreilles de Roxas. Doucement, ses paupières s'ouvrirent, et il fut surpris de ne pas être aveuglé par la lumière habituelle qui transperçait les rideaux alors qu'il dormait dans sa chambre. Cela ne voulait dire qu'une chose, il n'était pas dans la bonne pièce, mais il commençait à s'habituer de ne pas se réveiller dans son lit. Ce ne serait qu'une fois de plus.

Le nez plongé sous le plaid, Roxas ouvrit finalement totalement les yeux et constata qu'il se trouvait quand même dans son appartement, et qu'une douce odeur de pâtisserie et de café embaumait toute la pièce. Il bougea ses membres endoloris par une nuit de sommeil sur un canapé et se leva, laissant glisser la couverture moelleuse à terre, avant de s'étirer de tout son long.

- Il s'est réveillé, je vais te laisser. Je t'appelle tout à l'heure. Oui, moi aussi je t'aime.

Naminé raccrocha son portable et éclata de rire à la vision de la routine matinale de Roxas. Celui la regardait de ses yeux encore voilés par le sommeil, en se grattant la nuque, ne comprenant pas très bien ce qu'il y avait de drôle.

Naminé tapota la chaise à ses côtés, invitant son ami à la rejoindre.

- Viens, petit-déjeuner.

Roxas avait oublié combien c'était agréable d'avoir quelqu'un qui vous attendait, qui prenait soin de vous quand les choses n'allaient pas. C'était exactement ce qui lui fallait, et Naminé le savait mieux que personne.

Le repas fut soudain interrompu par une sonnerie insistante de téléphone, qui s'avéra être celui de Roxas. Le jeune homme contempla un instant l'écran de l'appareil et put sans grande surprise y lire le nom d'Axel.

Devant son hésitation à décrocher, Naminé intervint.

- Roxas, tu dois le faire.

Il savait que J+2 était de loin une trop longue période pour ignorer un appel. Le fait d'avoir parlé à Naminé avait mis au clair certaines choses dans sa tête mais sa volonté n'était hélas pas de fer. Il aimait Axel, beaucoup trop pour son propre bien, et ne savait pas encore s'il saurait tenir face à lui. Il brûlait d'envie d'entendre sa voix, de pouvoir lui parler, et la perspective de l'avoir au bout du fil immédiatement rendait ses mains tremblantes.

Il empoigna le téléphone et appuya finalement sur le bouton vert. Alors qu'il portait le téléphone à son oreille, Naminé s'éclipsa de la pièce pour se rendre à la salle de bains.

- Allo ?

Sa voix tremblait un peu, bien qu'il fasse tout son possible pour avoir l'air neutre. Il savait qu'Axel ne serait pas dupe de toute façon.

Un soupir de soulagement se fit entendre au bout du fil.

- Roxas? C'est moi.

Le jeune homme sourit. L'entendre lui faisait du bien et du mal en même temps. Sa voix embuait son esprit et mélangeait ses idées, comme toujours.

- Je dois te parler, Roxas, je viens chez toi, d'accord ?

Son coeur s'emballa. C'était trop tôt, il avait encore besoin de temps.

- Je ne peux pas, Axel, pas encore.

- Ecoute, je sais que tout ça est dur pour toi et que tu as besoin de temps, mais je dois vraiment te voir.

Roxas s'assit, ses jambes incapables de le soutenir plus longtemps. Sa voix elle-même devenait dure à contenir.

- Chez toi.

- D'accord, on se rejoint vers midi. Axel fit une pause, prenant le temps de réfléchir à la phrase suivante. Est-ce que tout va bien, Roxas?

- A tout à l'heure, Axel.

Roxas appuya sur le bouton rouge du téléphone avant d'avoir une réponse de son interlocuteur.

Il posa sa tête sur le bord de la table, soudain pris de vertige. Ses membres tremblaient et toutes ses forces semblaient l'avoir quitté. Il avait besoin d'air frais, tout de suite. Rapidement, il se leva et se rendit à la cuisine où il ouvrit un oscillo-battant, recevant avec gratitude l'air matinal sur son visage.

S'appuyant sur le bord de l'évier, il tenta de reprendre ses esprits, mais un haut-le-cœur plus puissant que les autres l'en empêcha, et le força à remettre le contenu de son repas dans le lavabo.

- Roxas ?

Naminé arriva dans son dos et s'empressa de lui apporter un verre d'eau fraîche en constatant son malaise. Le jeune homme fit couler un peu de liquide dans l'évier et s'assit sur le tabouret adjacent, toujours aussi faible. Il but quelques gorgées tandis que Naminé lui frottait le dos.

- Ca va aller... Ne t'inquiète pas.

C'était un mélange de stress, de fatigue et sûrement d'autre chose... La peur compressait ses entrailles. Il avait tellement envie de le voir, tellement peur de lui parler, tellement mal à l'idée de le laisser.

Il était marié depuis deux jours à présent, et Roxas avait l'impression qu'ils faisaient partie de deux mondes différents. Les choses ne seraient plus comme avant. Plus jamais.