Ce chapitre est l'avant dernier... J'espère que ceux qui ont commencé cette histoire il y a bien longtemps sont toujours là...
Le nombre de reviews diminuant à chaque chapitre, je ne peux m'empêcher de penser que cette histoire n'a pas du interresser grand monde au final.
Qu'importe, j'ai été heureuse de l'écrire. Il y a peut être un peu trop de moi dedans, et c'est peut être aussi ce qui fait le défaut principal de cette histoire. Mais malgré tout, je suis fière de l'avoir écrite de cette façon.

A bientot pour le dernier chapitre, en esperant ne pas trop vous decevoir.


Chapitre XXX: l'endroit auquel j'appartiens.

Sur le chemin de nos vies, nous arrivons parfois à des carrefours. Ceux ci peuvent être petits et le choix de la route est sans grandes conséquences. D'autres sont plus grands et demandent réflexion. Alors on prend à droite, parce que le chemin semble plus sûr, plus éclairé. La route semble plus facile, alors on se dit que c'est sûrement le bon choix.

Ce n'est qu'avec le recul que l'on regrette de ne pas avoir choisi l'autre direction, celle qui paraissait plus risquée et dangereuse. Le chemin était peut-être escarpé et difficile, mais il aurait conduit à une belle plaine ensoleillée Celle que l'on cherchait depuis tellement d'années.

Quelqu'un un jour m'a dit que quand on avait peur dans la vie, c'était parce que l'on ne savait pas quelle décision prendre.

J'ai décidé de ne plus avoir peur.

Le chemin n'a pas l'air très engageant vu de loin, mais j'en ai déjà pris des pires.

Et je sais qu'au bout m'attend ce que je cherche depuis si longtemps.


Axel le regardait depuis longtemps, ces épis blonds sauvages penchés avec attention vers le bar, discutant avec son ex-femme, et puis restant seul, immobile, indécis.

Peut-être finirait-il par partir sans dire un mot, aussi discrètement que lorsqu'il était arrivé. Ou se tournerait-il et croiserait ses yeux.
Axel aimait croire qu'il finirait par se retourner, sentant son regard intense dans son dos depuis tellement de temps. Ils avaient toujours été irrémédiablement attirés l'un vers l'autre, alors peut-être que cela suffirait.

Malgré tout, il fut surpris quand Roxas finit par se retourner et trouva immédiatement son regard à des dizaines de mètres de là, malgré le noir, malgré les gens, malgré les centaines d'autres choses qui pouvaient attirer son attention. Mais c'était lui qu'il regardait, c'était dans ses yeux qu'étaient plongés les siens.

Axel se leva presque immédiatement, comme s'il réagissait à un stimuli. De l'autre côté de la pièce, Roxas avait posé ses coudes sur le comptoir et attendait patiemment sa venue, observant chaque fait et geste d'Axel avec attention.

Le roux ne le quitta pas des yeux, traversant la salle plongée dans la pénombre, observant son but à travers les lumières multicolores des projecteurs. Les corps dansant sur la piste ne le remarquaient pas et devenaient sans le vouloir autant d'obstacles à surmonter.

A chaque fois qu'une personne s'interposait entre lui et Roxas, interrompant leur contact visuel, il retenait son souffle, effrayé que celui-ci ne disparaisse. Mais à chaque fois, il constata avec soulagement que le blond était toujours là, accoudé au bar, avec un léger sourire qui semblait naître sur les lèvres. La peine qu'avait Axel à le rejoindre semblait l'amuser et, sans même s'en rendre compte, le roux se mit lui aussi à sourire, alors qu'il se rapprochait de lui petit à petit.

Roxas observait avec attention le spectacle, ravi de le voir mettre autant d'ardeur à le rejoindre. Jamais leurs yeux ne se séparèrent, comme connectés par un fil invisible extensible à l'infini. Les émeraudes vertes d'Axel semblaient sombres et lointaines quelques minutes auparavant, mais il les voyait scintiller de plus en plus, au fur et à mesure que celui-ci se rapprochait. L'inquiétude semblait les quitter à chaque pas, alors que la malice et l'arrogance des jeunes amoureux étaient un peu plus présentes.

Roxas souleva un sourcil provocateur quand Axel buta contre un serveur et son sourire narquois s'agrandit quand une jeune dame lui marcha sur le pied. Axel lui répondit d'un sourire que lui seul connaissait. Un étirement de lèvres qui dévoilait une fine partie de ses dents blanches, et faisait comprendre à Roxas qu'il n'abandonnerait pas. C'était une de ses mimiques qu'il employait souvent avant que les choses ne deviennent si compliquées. Pendant les deux premiers jours de leur prise de contact, alors qu'ils se tournaient autour et se cherchaient, tous deux bien conscients de la portée de leurs regards et de leurs effleurements volontaires. Ce sourire qui donnait des frissons à Roxas, qui rendait Axel si irrésistible et désirable.

Il s'appuya un peu plus sur le comptoir, se plaisant dans ses souvenirs. Axel n'était plus qu'à quelques mètres à présent, et il pouvait voir dans les yeux de son amour une nouvelle lueur, quelque chose qui réchauffait son coeur et le rassurait. Ce jeu de séduction auquel ils ne s'étaient plus adonnés depuis longtemps avait l'air de faire son petit effet. Bientôt, son sourire carnassier fut remplacé par quelque chose de plus doux, de plus attentionné.

Il avait vraiment envie de voir Roxas, de lui parler. C'était comme si tout son être criait après lui, hurlait d'envie de le toucher, de l'enlacer, de l'embrasser.

Mais quand il arriva enfin à son but, à quelques centimètres de Roxas, devant lui, il ne fut pas capable de faire ces gestes dont il rêvait. Une peur subsistait en lui, celle d'être repoussé à nouveau et d'avoir le coeur brisé, pour de bon cette fois. Il ne pourrait peut-être pas supporter ça.

Ils s'observèrent longuement, les yeux brillants d'impatience et d'appréhension.

Roxas comprit rapidement qu'Axel ne bougerait pas. Il avait fait le chemin jusque là pour lui prouver qu'il voulait le voir. Il manquait quelque chose d'important, quelque chose qu'il ne pouvait pas faire.

Alors il se leva et s'approcha du roux, agrippant le col de sa chemise pour approcher son visage plus près. Son nez frôla sa joue, sa mâchoire. Son souffle balaya son visage. Il se sentait bien, aussi proche d'Axel. C'était comme retrouver l'endroit auquel on appartient. Retourner à la maison.

Il ferma les yeux, inspirant l'odeur de chèvrefeuille familière de son homme. Axel, le sien.

Et il soupira, laissant filer tout l'air que contenaient ses poumons, jusqu'à ce qu'ils soient entièrement vides.

Sous la stupéfaction d'Axel, il enroula ses bras autour de son cou et se serra désespérément contre lui, de toutes ses forces.

C'est comme... trouver ce que je cherche depuis si longtemps...


Ils restèrent quelque secondes enlacés de cette façon aux abords du bar, sans se soucier des regards, sans écouter le changement de musique. Roxas ignora le mal qui naissait dans ses muscles, dû à la force qu'il mettait dans l'étreinte qui le liait à Axel.
Le dénommé, lui, se contenta de fermer les yeux, nouant ses bras autour du corps de Roxas et profitant du moment présent en lui murmurant des mots tendres dans l'oreille, respirant l'odeur de ses cheveux.

Quand Roxas se sépara de lui, il eut l'impression de faire un atterrissage forcé sur terre après un trop long voyage dans le ciel.
Leurs yeux se rencontrèrent à nouveau, euphoriques et perdus.

- Nous devons parler, n'est-ce pas ? finit par murmurer Axel.

Roxas lui répondit par un signe de tête, et se laissa emmener par Axel qui le saisit délicatement par la main, l'entraînant dans la salle adjacente. Ils avaient besoin de calme et d'espace.

Ils se rendirent donc dans la salle secondaire qui était presque vide à cette heure avancée de la nuit, les gens préférant de loin profiter de la fièvre du samedi soir en se laissant guider par les goûts du DJ Demyx. Axel guida Roxas jusqu'à un des grands canapés confortables qui ornaient la pièce, agrémentés d'une petite table basse décorée par une jolie nappe dorée disposée en losanges. Le petit coin sombre ne disposait que d'une petite bougie posée sur cette même table pour seule lumière.

Il le laissa s'installer au fond du fauteuil, et s'assit devant lui sur la petite table en bois. La lumière vacillante de la bougie éclairait à peine le visage de Roxas, et Axel tournait le dos à l'ensemble de la salle, lui accordant son entière attention. Ses grandes mains serraient toujours les fins doigts pâles du jeune homme, refusant consciemment de le lâcher.

Le roux baissa la tête, appuyant son front moite sur leurs mains jointes.

- Bon, je commence, dit-il avant de relever sa tête vers Roxas qui l'observait, quelque peu étonné.

Il ne penserait pas qu'Axel serait aussi volontaire et pressé de mettre les choses au clair entre eux, alors que Roxas avait été plus que démonstratif dans ses attentions précédemment. Que cela se passe par ses regards langoureux ou son étreinte passionnée, il était certain qu'il avait totalement laissé tomber les charges sur Axel et qu'il était prêt à lui donner une autre chance. Mais le roux semblait décidé à ne pas remettre au lendemain ce qui pouvait être fait le jour même. Et même si Roxas avait du mal à penser à autre chose que la sensation que les lèvres d'Axel laisseraient sur les siennes après autant de jours sans n'avoir même pas pu les effleurer, il devrait prendre son mal en patience et écouter son amour le plus attentivement possible.

- Comme je te l'ai déjà dit, j'ai eu du mal à comprendre ce qui se passait dans ta tête. Mais ce que je sais, c'est que tu as dû avoir beaucoup de courage pour endurer tout ce qu'il s'est passé ces six derniers mois. En fait, c'est toute notre relation que tu as remis en cause, n'est-ce pas? Parce que les choses ont toujours été comme ça depuis que nous nous connaissons.

Les grands yeux bleus de Roxas reflétaient la lumière de la bougie. Il le regardait attentivement et hochait la tête au fil du discours d'Axel, qui lui restait dans la pénombre, fixant son visage.

- Je ne pourrais jamais me faire pardonner pour tout ça, je le sais bien. Si je le pouvais, je remonterais le temps et ne referais pas les mêmes erreurs. J'ai eu peur pour tellement de choses... Et au final, j'ai pu faire confiance à Reno, et avec son soutien et celui de Tifa, je suis sûr que nous remettrons la société sur pied, j'en suis convaincu. Je n'aurais pas dû faire ma tête de mule, et continuer sans prêter attention à ce que les autres me disaient... Tu sais, Reno a essayé plusieurs fois de me dissuader de me marier... Et je n'ai rien écouté, comme un parfait imbécile. Je regrette tellement...

Axel baissa les yeux, honteux de ses paroles, le goût amer des regrets sur son palais. Il lui avait fallu un certain temps avant de cerner vraiment le problème et il n'était même pas sûr de toucher au but. Mais il était certain d'avoir blessé les sentiments de Roxas de bien des manières depuis leur rencontre. Aussi, il s'était rendu compte que beaucoup de gens s'étaient mis en travers de sa route à propos de ce mariage, mais pas Roxas. Il ne lui avait jamais dit une seule parole ressemblant à de la rancune pour cet acte immoral envers lui. Jamais Roxas ne lui avait dit ouvertement qu'il lui en voulait, et jamais il n'avait essayé de le convaincre de faire marche arrière.

Peut-être cela avait-il été son tort. Peut-être qu'un mot de Roxas aurait pu lui faire reconsidérer les événements.

La main tiède du blond se déroba pour venir mieux se repositionner au-dessus de leurs mains jointes, leur procurant un peu d'une chaleur réconfortante. Axel releva son visage, pour rencontrer le sourire timide et coupable de Roxas.

- On ne doit pas regretter le passé. Ce qui est fait est fait. Ce qui compte maintenant, c'est l'avenir.

Roxas baissa à son tour le regard, rougissant légèrement. Il voulait entendre certains mots de la part d'Axel, certaines paroles importantes pour lui. Et il sentait que les mots commençaient à lui échapper sans qu'il n'ait de contrôle sur ceux-ci.

Axel chercha ses yeux alors que Roxas n'osait relever la tête. Quand brutalement, celui-ci comprit. Roxas était tellement désorienté quand ils s'étaient séparés, après sa rupture avec Ruby. Il semblait perdu et apeuré. Axel se souvenait l'avoir entendu dire qu'il ne savait plus où il en était, ni ce qu'il devait penser. Il n'était plus sûr des sentiments d'Axel envers lui. Il ne lui faisait plus confiance.

Tendrement, Axel glissa sa main sur la joue de Roxas et ramena son visage vers lui. C'était le même regard déboussolé et incertain qui se reflétait dans ses yeux.

- Roxas... murmura Axel, perdu dans les pupilles azur. Je sais ce que tu veux entendre. Et je sais aussi que te dire je t'aime ne sera pas suffisant.

Roxas tenta vainement de le fuir du regard, à la fois anxieux qu'Axel ne lui dise pas ce qu'il attendait, et gêné de voir ses sentiments mis à nu de cette manière. Mais Axel porta sa deuxième main sur son autre joue, maintenant solidement sa prise.

- Comment puis-je te convaincre... ?

Leurs visages s'étaient rapprochés petit à petit et le contact entre eux augmentait de seconde en seconde. Le coeur de Roxas battait à la chamade dans sa poitrine. Il cognait tellement fort qu'il était presque sûr qu'Axel devait l'entendre, et cette pensée l'intimidait encore plus.

Axel plongeait son regard dans le sien, y cherchant désespérément une réponse à sa question, quand il sourit enfin, comme revenant d'une longue chasse en trésor, les bras chargés d'or.

- Viens habiter chez moi.

Roxas sursauta de surprise, ne s'attendant pas à quelque chose d'aussi radical. Mais le visage d'Axel était on ne pouvait plus sérieux.

- Viens vivre avec moi, Roxas. Passons notre vie ensemble. Je...

Il parut désorienté et hésitant un instant, comme si les mots ne lui venaient pas.

- Ma maison est vide sans toi... Tout chez toi me manque, je ne vis plus depuis que tu es parti.

Il soupira, vidé de toutes ses forces.

- Tu me manques, Roxas.

Son coeur battait trop vite, trop fort. Ses mots n'étaient pas ceux qu'il attendait. Ils étaient tellement plus.

Roxas tenta de retenir l'eau dans ses yeux, crispant son visage sous ces efforts inutiles, quand la première larme roula sur sa joue. Axel l'essuya de son pouce et attira son compagnon contre lui, plus près. Roxas respirait fort, difficilement. Il serra l'épaule d'Axel contre son visage, essuyant ses larmes dans son cou, sur ses cheveux.

Il l'aimait tellement. Tous ses sentiments qui se mélangeaient dans son coeur quand il parlait, toute cette douleur qui l'oppressait quand Axel souffrait. Et ce bonheur qui l'envahissait à cette demande... Il souhaitait tellement que ce qu'il ressentait au fond de lui soit réciproque. Il mourrait de savoir si Axel l'aimait à ce point, s'il n'avait pas peur d'être avec lui, si la perspective d'un avenir solide ensemble était envisageable.

Roxas frottait son nez mouillé d'eau salée contre la joue d'Axel, l'embrassant de milliers de baisers papillons, alors que celui-ci frottait son dos de ses grandes mains, ses cheveux, sa joue.

Leurs lèvres se rencontrèrent après s'être cherchés timidement pendant de longues secondes, à travers les cheveux humides et les parcelles de peaux chaudes. Ils s'embrassèrent longuement, amoureusement, désespérément, pendant un temps indéfini. Axel respirait entre les sanglots de Roxas qui ne cessait de soupirer contre la peau de sa joue, incapable de calmer ses émotions. C'était un câlin humide et incontrôlé, guidé par le coeur et le poids des mots resté non dits pendant bien trop longtemps.

- Chut... Arrête de pleurer, Roxas... S'il te plaît...

Alors que la fête battait son plein dans la salle adjacente, Axel était bien plus heureux de se trouver là où il était, dans les bras de son amour, blotti dans un coin sombre et discret de la pièce la plus calme du manoir, dans l'ignorance du reste de ses invités, alors qu'il s'était éclipsé sans même avertir ses associés.

Il caressait doucement les cheveux de Roxas dont les sanglots se calmaient peu à peu, les bras noués autour de lui, son visage pelotonné dans le creux de son cou. Il reprenait peu à peu le contrôle, finissant par simplement profiter de la douceur des caresses d'Axel, et de son odeur familière si réconfortante. Tout cela lui avait tellement manqué.

Calmé, il finit par se redresser, réprimant le sentiment de honte qui naissait en lui d'avoir pleuré comme un enfant dans les bras de sa mère. Il était heureux et souhaitait plus que tout garder cette sensation le plus longtemps possible. Laisser ses émotions prendre le contrôle lui avait permis de relâcher la pression accumulée depuis bien trop longtemps en lui, et il se sentait mieux, léger, prêt à repartir sur de nouvelles bases.

Axel se leva pour mieux se placer à ses côtés dans le fauteuil et encercla ses épaules de son bras, laissant Roxas venir se blottir à nouveau contre lui, incapable de rester séparés trop longtemps.

L'ambiance était calme et reposante, avec, pour fond, une musique douce et la lumière tamisée de la bougie qui fondait sans se soucier des événements autour d'elle, imperturbable.

- Tu m'as manqué, tu sais... dit Roxas en relevant ses yeux vers le visage d'Axel, observant son sourire heureux.

- Toi aussi... lui répondit-il en marquant ses mots d'une petite pression sur son épaule. Mais ne pleure plus, d'accord ? J'ai déjà échoué dans mes promesses, je sais, mais je veux vraiment que tu sois heureux. Les prochaines larmes seront des larmes de bonheur, O.K. ?

Roxas hocha la tête en un geste affirmatif.

- Nous serons heureux.


Dès le lendemain, Roxas téléphona au propriétaire de son appartement pour résilier le bail. Ses valises et ses cartons furent prêts en quelques jours à peine, avec l'aide précieuse de quelques amis. Naminé et Zexion bien sûr l'aidèrent à vider ses armoires et à emballer la vaisselle. Les valises de vêtements furent rapidement bouclées et Axel vint chercher ses affaires au fur et à mesure, les déballant avec lui chaque soir.

Il lui fit de la place dans ses armoires, remit sa brosse à dents à côté de la sienne. Roxas apporta également quelques meubles qui lui appartenaient. Il en mit d'autres en vente sur Internet, comme son ancien lit et quelques armoires qui étaient de trop pour la maison d'Axel.

Une petite gamelle et un coussin prirent place respectivement dans la cuisine et le salon pour Aya, qui ne fut par ailleurs pas très ravie du déménagement mais s'acclimata assez rapidement. Les coups de griffe sur les mains d'Axel et les miaulements intempestifs furent un peu difficiles à supporter au début, mais bien vite la petite chatte adopta le jeune homme comme son deuxième maître, et vint ronronner le soir sur ses genoux, rendant Roxas un peu jaloux.

Les voisins remarquèrent le mouvement inhabituel et la deuxième voiture qui restait à présent jour et nuit sur l'allée de garage. Ils ne tardèrent pas à poser des questions, auxquelles Axel répondit tout naturellement que son compagnon emménageait avec lui.

Quand Roxas sortait ramasser le journal ou revenait du travail, la vieille dame d'à côté lui souriait toujours gentiment en lui faisant signe de la main.

Lorsque le beau temps revint, Roxas décida d'égayer un peu le jardin de la maison et fit quelques plantations. Il avait toujours eu envie de mettre de belles plantes colorées chez lui, mais la vie en appartement ne lui permettait pas ce genre de fantaisies. Ils achetèrent également des meubles de jardin et un barbecue, bien décidé à tenir les réunions de la société autour d'une bonne grillade en été. Il n'y avait pas de raisons de ne pas joindre l'utile à l'agréable, surtout quand ses collègues de travail étaient son amie d'enfance et son cousin.

Après six mois de relation passionnelle et chaotique, ils avaient enfin réussi à trouver un équilibre dans leur vie et à la structurer un minimum. Bien sûr, tous les jours n'étaient pas roses et habiter avec quelqu'un demande une certaine patience et un peu de tolérance. Ni l'un ni l'autre ne voyait cela comme un sacrifice. Il s'agissait juste d'accorder ses habitudes et son rythme de vie à l'autre afin de construire ensemble une base solide sur laquelle ils pouvaient bâtir un avenir.

Roxas avait un tempérament assez colérique et Axel des vieilles habitudes de célibataire bien ancrées dans son quotidien en dépit de son jeune âge, certaines soirées furent donc plutôt animées et gâchées par de bêtes disputes. Mais jamais ils ne s'endormirent fâchés, réglant toujours leurs différents, avant de les laisser empirer jusqu'à devenir incontrôlables.

Et de fil en aiguille, leur petite vie se mit en place. C'était devenu leur maison, leur jardin, leur chat, leurs voitures, leurs voisins.

Roxas fut également heureux de pouvoir travailler à nouveau avec Axel dans ses projets. Il demanda une diminution de son temps de travail, travaillant seulement quatre jours sur cinq afin de pouvoir accorder davantage de temps à la société.

Et alors qu'ils fêtaient leur première année de relation, Axel proposa à Roxas, en accord avec ses associés, de rejoindre la société.