Chapitre 3

Discussion avec Alaric

Damon était parti faire un petit tour dans les bois en quête d'un cou à mordre, et avait laissé son Guide en plan sur le bureau, pour s'y remettre en revenant.

… Bon c'était surtout pour énerver Stefan, et le narguer un peu. Mais après tout, quoi de plus normal que de se taquiner, entre frères ?

Tout en errant dans la forêt il songeait à son oeuvre, en se demandant comment il pourrait bien l'améliorer. Avait-il bien tout noté ? Ou manquait-il quelques règles indispensables au bon vampire ?

Trop fatigué de réfléchir (typiquement Damonien) il se dit qu'il verrait bien, que si jamais il avait une idée il l'ajouterait plus tard.

Puis, en fait peu enclin à siroter un peu de bon sang frais aujourd'hui, il se décida à aller prendre un verre au Mystic Grill. Avec un peu de chance il y trouverait quelqu'un à embêter (pour changer).

Et en effet, Alaric semblait l'attendre, déjà accoudé au bar.

« Alors Alaric, on noie son désespoir dans l'alcool ? ironisa Damon. Un bourbon, s'il vous plaît ! lança-t-il au serveur, au passage.

- Non, je réfléchissais encore à un moyen de te tuer, répondit Alaric.

- Oh, ne me dis pas que tu voudrais perdre un compagnon tel que moi ! Tu m'en veux encore pour cette petite bagatelle ? Hein ?

- Bagatelle... répéta Alaric. Ma vie n'est pas éternelle, Damon, contrairement à la tienne. Si je n'avais pas eu ma chevalière...

- Oui, oui, on sait, tu serais déjà sous terre à te décomposer avec tes amis les asticots et ton esprit chercherait à prendre sa revanche sur l'immonde Damon Salvatore. On est tous au courant, Ric. Mais le fait est que même si j'ai voulu t'achever tu n'es pas mort... observa Damon.

- Alors tu veux un « merci » ? C'est ça que tu voudrais que je te dise ? Demanda Alaric.

- Peut-être pas autant que ça, quand même... Mais au moins que tu arrêtes de me prendre la tête pour cette vieille histoire. Passe un peu à autre chose, Ric. Il faut savoir faire table rase du passé... fit Damon.

- Ah... T'es bien placé pour dire ça ! Enfin... Parlons un peu d'autre chose. Quoi de neuf chez toi ?

- Je me lance dans l'écriture, fit Damon tout fier.

- Eh bien ! Et qu'écris-tu ? Les astuces de Damon pour agacer tout le monde ?

- Presque : Le guide du bon vampire par moi-même.

- Ha ! Fit Alaric en riant, c'est hilarant ! C'est une bonne blague, ça, Damon.

- Mais ça n'a rien d'une blague... dit-il tout bas, comme s'il se fût agit d'une affaire top secrète.

- D'accord, je vois, fit Alaric qui se retenait de rire. Tu penses que tu es un exemple du parfait vampire, c'est ça ?

- Si on s'en tient à la définition du mot VAMPIRE, Ric, oui. Stefan est un anti-vampire, qui pense bêtement qu'il est encore une espèce d'hybride entre l'humain et le vrai vampire, fit Damon en haussant les yeux au ciel.

- Je préfère nettement l'hybride semi-vampire... songea Alaric. Tu penses sérieusement que la plupart des gens transformés en vampires vont accepter de renier leur part d'humanité ? Tu crois qu'ils vont tous mettre gaiement leurs émotions de côté ?

- Je te jure que quand t'es un vampire t'en as plus rien à foutre de tes émotions. Tu fais comme moi, tu choisis la facilité et tu te la coules douce. La seule chose qui t'obsède jour et nuit quand t'es nouveau-né c'est la soif, l'envie de te remplir le gosier de sang humain. Tu ne peux pas lutter contre ça. Stefan y croit dur comme fer, mais ça fait plus d'un siècle que je soutiens le contraire. Regarde : je suis sevré moi, maintenant. Je peux me contrôler. Tandis que lui dès qu'il commence il peut plus s'arrêter. C'est comme si c'était de la drogue, il a jamais sa dose. Mon frère est un toxico ! Fit-il sarcastiquement.

- Et à part tes idées de flemmard sanguinaire, y'a quoi dans ton bouquin ? Demanda Alaric.

- … Pas grand-chose, fit Damon. Juste deux ou trois conseils pour s'éclater et ne pas rester coincé chez soi toute l'éternité.

- Quand on a ta chevalière c'est un jeu d'enfant !

- Mais j'ai pensé à tout. Même la petite astuce pour la bague magique y est. Damon est très malin, fit-il en adoptant son mystique sourire en coin.

- Ca me paraît complètement dingue tout ça, songea Alaric. Bon, je te laisse, j'ai un cours à préparer.

- Amuse-toi bien ! Lui lança Damon. »

Alors qu'il finissait de siroter son bourbon, une jolie blonde passa avec élégance à côté de lui, l'air aguicheur, lui faisant un léger sourire accompagné d'un clin d'oeil. Il se dit qu'il planterait bien ses crocs dans sa carotide pour une ou deux secondes; puis il la vit partir au quart de tour, quittant le Mystic Grill à une vitesse pour ainsi dire surhumaine, et comprit qu'il avait affaire à une fille de son espèce.

« Nan, j'ai ma dose avec les histoires d'amour vampiriques. On a vu ce que ça a donné avec Kat. Une humaine comme Elena me suffit, pas besoin d'une folle assoiffée de sang... »

Sur ces réflexions il quitta à son tour le bar, se dirigeant vers la pension des Salvatore.

Arrivé là-bas, il monta dans le bureau pour poursuivre son atelier d'écriture; il vit le Guide en plan, comme il l'avait laissé.

Cependant, quelque chose n'allait pas. Il le sentait. Quelqu'un était venu ici...

Son piège-à-Stefan aurait-il fonctionné ? Haha... son frérot devait être furax !

C'est là qu'il vit, après sa liste des dix commandements du bon vampire :

Note de Stefan.

En parcourant des yeux les lignes suivantes, il s'aperçut que son frère s'était permis d'apporter des corrections à son chef-d'oeuvre. Tout d'abord surpris, il fut ensuite légèrement agacé par cet événement inattendu.

« Oh le petit malin... chuchota Damon. Il veut jouer avec son frère. Comme au bon vieux temps.

Mais le bon vieux temps est fini, frérot. »

Il se dit qu'après tout, Stefan serait bien trop content de voir son frère débarquer pour l'assommer de reproches. Il lui restait deux options : soit il était mauvais joueur et décidait de gribouiller la note de son frère ; soit il allait le voir pour lui parler avec sa gentillesse et son calme habituel. Sinon, il pouvait toujours tout déchirer...

Bizarrement, la première et la dernière option lui semblaient trop enfantines. (Oui, c'est bien singulier d'observer ce genre de réaction chez Damon) Il décida donc d'aller embêter un peu Stefan en lui sortant quelques-uns de ses sempiternels sarcasmes « made in Damon ». C'est ce qu'il entendait bien sûr par « calme et gentillesse habituels ».