Titre : Last to Know

Auteur : Prophessy

Disclamer : Les personnages composants la A-team ou Agence tout risques ne m'appartiennent pas. Néanmoins les OC sont mes créations, mais toutes ressemblances avec un personnage existant est involontaire.

Note : C'est la première fanfiction que je poste sur ce site, mais ce n'est pas pour cela qu'il faut être indulgent. J'en aurai besoin pour m'améliorer. Elle ne sera pas trop longue, du moins si je ne fais pas trop de digression. J'espère parvenir à respecter les caractères de nos personnages préférés. Pour l'instant, je ne suis pas sûre de faire entrer un couple dans l'intrigue ; quoique je pèse le pour et le contre. Review, les amis :)


There's a whole lot of money that's ready to burn
So get those stakes up higher.

Chapitre 6 : Nevada

Une silhouette se découpait sur le vert sombre des arbres, au milieu d'une colline. Elle se fraya un chemin à travers les arbustes, sans quitter des yeux la plaine qui s'étalait en aval de la hauteur. D'où elle se trouvait, il n'y avait que silence et le froissement des feuilles sèches par le vent de la nuit, mais elle devinait aisément l'effervescence qu'il pouvait y avoir des rues larges et bondés de « Sin City », ville du péché des mortels. Tandis que les habitations ordinaires disparaissaient dans l'obscurité, les casinos et les hôtels resplendissaient comme une tâche de couleurs incandescentes dans la nuit, un minuscule soleil au milieu du néant du désert. Les néons, les lampes et les projecteurs tournaient à plein régime offrant une vue grandiose sur les buildings dont les pancartes animées étaient presque lisibles d'aussi loin. Même la foule grouillante était presque imaginable, s'engouffrant dans de grosses berlines louées pour l'occasion qui s'alignaient ensuite sur l'artère principale ou se prenant en photos à côté de sosies de James Dean et Maryline Monroe dans leurs plus beaux apparats.

L'homme se pencha dans le vide, un bras passé autour d'une grosse branche, pour apprécier un peu plus la vue. Ce n'était pas la première fois qu'il voyait la ville – il était déjà venu quelque fois-, mais c'était une nouveauté sous cet angle-là, et de ses propres yeux. Il aurait aimé avoir le temps d'y refaire un tour avant de se mettre à grimper, juste pour revoir les roulettes, les cartes et sentir les jetons entre ses doigts. On est un joueur ou on ne l'est pas. Un sourire satisfait et goguenard s'afficha sur son visage mal rasé, alors qu'il décrochait la petite radio artisanale de son blouson :

« Tu devrais voir ça ! Vegas ressemble à une grosse ampoule d'ici ! »

Sans attendre de réponse, il la raccrocha et repris son ascension, les mousquetons claquant contre ses cuisses, et la corde filant entre ses doigts. Ces protections l'embarrassaient et le ralentissaient plus qu'autre chose, mais il savait qu'il en aurait plus besoin plus tard. Il fila jusqu'au sommet sans prendre le temps de se sécuriser. En haut, il sauta au-dessus d'un rocher brisé en deux, et se laissa tomber dans la poussière. Comme il se trouvait dans un endroit en retrait, il prit le temps de reprendre sa respiration : avide de sensation, il avait grimpé un peu trop vite pour ses muscles. C'est là, dans sa cachette de fortune qu'il entendit la voix furibonde lui répondre :

«_ T'as autre chose à faire que de regarder la vue ! Fous-toi une claque, je peux pas le faire d'ici.

_ Je te promets que je t'y emmènerais. J'ai mes entrées dans un ou deux hôtels. »

Il rit. Rien ne pouvait l'en empêcher, pas même la perspective de mort imminente droit devant lui. Il ne se prendrait pas au sérieux maintenant qu'il avait passé toute sa vie à ne pas le faire et qu'il s'en était toujours très bien sortit. Il toucha du bois pour que cela continue.

De son sac à dos, il sortit une lampe torche qu'il alluma avant de la lancer en l'air. Il la regarda faire des ronds puis la rattrapa avant qu'elle ne s'éclate par terre. Les sens aux aguets, il guetta une réponse quelconque. Comme rien ne vint, il réitéra l'opération trois fois.

« Ca va, j'avais vu la première le versant ouest, on voit ça à des kilomètres. T'as aucune patience mon pauvre. »

La silhouette fine de Callie se glissa elle aussi dans l'interstice entre le caillou des buissons. Elle prit des mains la lampe de Futé pour éclairer le téléphone qu'elle pianotait en silence. Une fois, le message envoyé et le téléphone rangé, elle se tourna vers son coéquipier qui venait de mettre un chargeur dans son flingue.

« Prête ? lui demanda-t-il alors qu'il passait son revolver à sa ceinture.

_ Non, mais je crois pas que cela change grand-chose. Sans moi, vous arriverez jamais à vous y retrouver là dedans. Heureusement que j'ai aussi bossé dans ce bâtiment là et celui de Portland.

_ Point pour toi. Enlève la sécurité de ton 8 millimètre et détend-toi, indiqua Futé avec un clin d'œil, le bleu de ses yeux relevé par l'éclat de la lune. »

Alors qu'elle allait répondre qu'il lui serait difficile de l'être tant qu'elle aurait ce machin chose à la main, il s'était déjà relevé et lui faisait signe de la suivre. Ils descendirent le versant nord accroupis et silencieux. A sa taille, Callie avait l'impression d'avoir une enclume. Elle avait cent fois fait cela auparavant, sans une arme à feu, et évitait les balles comme pas d'autre. Elle n'avait jamais pris une balle, grâce à un entrainement intensif. Sauf cette fois là. Une grimace tordit son visage. Mauvaises pensées, pas pour le moment.

Après des minutes de course dans les hautes herbes, ils arrivèrent tous les deux devant un grillage d'environ quatre mètres. Futé jeta un caillou qui rebondit simplement contre le fer.

« Je te l'avais dit qu'il était pas électrisé, soupira la blonde à voix basse. »

Elle s'approcha à grands pas de lui, et se positionna dans son dos pour prendre une pince dans le sac. Avec de grands coups secs, elle sectionna les fils pour laisser un passage.

« _ T'aurais pu le faire. Les mecs, c'est plus ce que c'était, grommela la jeune femme en passant la tête à travers.

_ Et bien après vous, princesse. »

Elle lui tira la langue avant de reprendre sa course accroupis jusqu'à un entrepôt carré, amélioré en quelque sorte. Il avait été percé de fenêtres, pourvus d'escalier votre extérieur, mais sa forme première et grossière transpirait derrière les ajouts technologiques. Ils s'approchèrent d'un conduit d'aération, que Futé ouvrit d'un coup de pied. Sans échanger encore des mots, ils s'y faufilèrent après s'être débarrasser de leur manteaux et des sac à dos.

Pendant de très longues minutes, ils rampèrent à l'intérieur jusqu'à ce qu'ils arrivent au-dessus de la salle principale.

« On descend, chuchota Callie qui sortit de sa poche un petit tournevis pour enlever la grille.

_ Dommage, je commençais à apprécier la vue, railla Futé derrière elle.

_ Commencer ? Et je dois prendre ça comment ? De toute façon, tu ne sais pas « apprécier » les bonnes choses ! »

Elle retenue la grille d'une main habile et disparut dans le trou. Un bruit léger indiqua qu'elle venait de toucher le sol, mais il fallait vraiment le guetté pour l'entendre. Futé lui trouva l'élégance et la souplesse d'une Catwoman à cheveux court, et sans talon également.

« Bordel de merde. Ils ont amélioré la sécurité, l'entendit-il jurer comme un charretier. »

Surtout la souplesse finalement. Il la rejoignit en deux temps trois mouvements, et se cacha derrière des étagères pleines de dossiers qui leur offrait une vision de la pièce mais également une cachette. La pièce était simple, un immense rectangle découpé par des demi-murs à certain endroit pour délimiter ce qui ressemblaient à des bureaux provisoires ainsi que de gros objets recouverts par des pans de tissus sombres. L'agence n'occupait ses locaux que pour un temps limité : tant que les missiles y seraient entreposés en réalité, car il n'était pas difficile de savoir ce que cacher ses draps. Avec un coup de coude, Callie montra à Futé les quatre hommes qui patrouillaient en suivant des tracés imaginaires autour des bureaux. Immédiatement, il chargea son 45mm. Mais Callie intervint en posa sa main sur le canon.

« Oh. Oh. Oh. On calme le jeu. Pas la peine de rentrer dans le tas. »

Il l'effrayait un peu là. Elle n'avait jamais eu besoin de tuer les gens pour s'infiltrer dans Portland, elle n'allait pas commencer maintenant. Alors elle avisa l'escalier devant elle et tira la main de Templeton à un instant précis. Ils passèrent sans encombre, et gravirent la moitié des escaliers. Seulement la moitié, car un homme apparut en haut et commença à la tirer sans prendre le temps de sonner l'alarme. Futé poussa Callie un grand coup contre la rambarde et tira deux balles dans la poitrine du soldat.

« Monte, cria-t-il en se retournant, et t'arrêtes pas ! »

Pourtant la jeune femme se permit un regard en arrière, mais une balle fusa au-dessus de sa tête ce qui la dissuada de recommencer. L'échange de tir commença, et elle prit la décision de pénétrer dans le bureau d'Hallinger, le seul bureau fixe de l'entrepôt, sans attendre. Elle espérait y trouver des papiers stipulant l'acte de vente à n'importe quel pays. Enjambant le cadavre en fermant les yeux, elle cassa la porte vitrée avant de se ruer sur les papiers. Elle les retourna, les jeta dans tous les sens parce qu'elle ne trouvait rien. Puis elle vit un casier fermé par un cadena. Elle donna un coup de pied dedans, mais cela ne l'ouvrit pas. Callie passa une maison sur son visage parce qu'elle savait qu'elle devoir se résoudre à tirer. Le bruit résonna et indiqua à tous que quelqu'un venait de rentrer dans le bureau, comme elle l'avait imaginé. Heureusement le cadena avait cédé des le premier et elle s'empara d'une poignée de papier qu'elle plia comme elle pouvait pour le mettre dans sa poche.

« Callie ! Ca va ? Qu'est-ce qui se passe ? dit Futé qui venait d'apparaitre dans l'encadrement de la porte en braquant son arme sur elle. Mince ! Tu pourrais prévenir ! Je croyais que tu venais de tirer sur quelqu'un. »

Callie ne répondit pas, et prit son portable. Elle composa un numéro avant de lancer le téléphone. Elle quitta la pièce rapidement en direction de la sortie de secours qui donnait sur l'escalier extérieur. Futé posa le téléphone à son oreille.

« Looping ? demanda-t-il. T'es prêt ?

_ Paré, répondit la voix de Murdock. Est-ce que Barracuda va devoir monter ? Eheh, je sais pas si j'ai envie de voir ça ou pas. »

Il raccrocha après avoir jeté un regard à Callie qui faisait des signaux lumineux à l'aide de la lampe. Lorsqu'elle revint à l'intérieur, un bruit de moteur se fit entendre. Ils échangèrent un regard malicieux avant de s'accroupir, à l'instant même ou un camion blindé défonça la porte du hangar. Seulement ce ne fut pas les seuls bruits de moteur qui se firent entendre, et derrière les portes défoncés apparurent une demi-douzaine de 4x4 dont sortirent des hommes en armes. Les deux voleurs se précipitèrent sur les missiles. Futé retira les draps qui les recouvraient alors que Callie grimpait dessus et que du camion sortait Hannibal. Il braqua son arme sur les voitures derrière pour dégager le chemin. Barracuda ouvrit les portes du camion pour y faire rentrer les missiles. Futé commença à pousser les chariots sur lesquels ils se retrouvaient et Callie détachaient toutes les lanières qui les maintenaient. Le plan marchait plutôt bien.

Seulement de l'étage supérieur, qui formait une balustrade, des coups de feu se mirent à pleuvoir. Une petite escouade, dirigée par Hallinger lui-même, venait de passer la porte de secours. Futé se retourna et décocha quelques balles, mais fut obligé de battre en retraite.

« Que faites-vous, Smith, cria le Général d'une voix forte qui fit se retourner Hannibale. Savez-vous contre qui vous venez de vous retourner ? Vous ne pourrez pas gagner !

_ On verra bien, lui ce dernier avec un sourire. On se repli, les gars. »

Futé ne se fit pas prier pour exécuter cet ordre. Mais Callie sortit son arme, minuscule comparé aux autres, pour se placer en face d'Hallinger. Elle tira sans s'arrêter en haut, alors que le camion allait démarrer. Futé qui venait de monter aller faire un demi-tour pour retourner la chercher, mais Hannibal le devança. Il l'attrapa par la taille ce qui la fit crier et se débattre, mais avant qu'elle n'ai pu s'enfuir, il la jeta dans le camion et referma les portes.

« Futé, appelle Looping. Changement de plan, c'est nous qu'il remorque ! ordonna-t-il, presque hors de lui avant de se retourner vers la jeune femme. C'était quoi cet acte kamikaze ? T'avais envie de mourir ?

_ Vous pouvez pas comprendre, répondit-elle sur le même ton colérique que lui. Vous pouvez pas ! Il a fait tuer mon frère. On travaillait tous les deux ensembles, et il nous a envoyé dans une mission suicide lorsqu'on est devenu de trop. Il s'est sacrifié pour moi, il a prit toutes les balles pour me protéger. Et moi ! Et moi, j'ai dû tirer son corps jusque dans un hôpital avant de me sauver par une fenêtre pour pas avoir à m'expliquer sur la blessure par balle. Il a été enterré comme un voleur, comme un hors-la-loi. On a trainé son nom dans la boue. Hallinger devait payer. Je m'en fous de votre paix dans le monde, du bien-être des Usa ou la troisième guerre mondiale avec le Moyen-Orient. Je veux simplement que ce salaud pait !

_ Donc, tu savais qu'ilserait là et tu nous a laissé nous jeter dans la geule du loup ? Bordel, mais t'as quoi dans la tête ?»

Callie se mit à trembler. Elle mit la main devant sa bouche pour retenir des sanglots. Elle allait répondre lorsque quelque chose de lourd tomba sur le toit du camion. Les tirs continuaient de cogner contre les parois du camion, mais Futé sur accord d'Hannibal sortit. Il grimpa sur le toit et accrocha le crochet en fer à une chaine qui était accroché tout autour du camion. Il revint rapidement, et referma les portes. Les bruits des pales d'un hélicoptère se rapprochèrent avant de s'éloigner, mais emmenant cette fois le camion qui oscilla.

Depuis la terre, les hommes regardèrent s'élever dans le ciel puis disparaitre un camion blindée soulevé par un hélicoptère, avec de grands yeux ronds. Chacun avait entendu parler des méthodes de l'agence tout risque et particulièrement du Colonel Smith, mais c'était pour chacun la première fois qu'ils les voyaient vraiment à l'œuvre.

L'hélicoptère atterrit des kilomètres plus loin lorsqu'Hannibal somma Looping de se stopper parce qu'il était sûr que personne ne les avait suivie. Et puis Barracuda n'aurait pas supporté une minute de plus, même si Callie qui s'était remis du choc essayait de le calmer en lui répétant des paroles apaisantes. Elle s'était assise près de lui et tentait tant bien que mal de le retenir. Mais il commençait déjà proférer des menaces envers Looping. Ce dernier justement s'éloigna très rapidement lorsqu'ils sortirent du camion. Les préparatifs pour une nuit à la belle étoile commencèrent rapidement. La jeune voleuse, encore une fois à part de ses habitudes qu'ils avaient pris après des années ensemble, n'osait pas croiser leur regard. Ses mensonges mis à jours, elle n'était pas beaucoup plus qu'une traitresse. Une traîtresse qui n'avait même pas réussi à abattre cet idiot d'Hallinger. Elle regarda de loin Barracuda qui essayait de s'octroyer la place la plus au fond du camion dans lequel ils passeraient tous la nuit. Looping rejetait sans cesse son sac de couchage en imitant une sorte de monstre ou quelque chose comme ça ce qui avait le don d'énerver l'homme à l'iroquoise qui se mit à jeter tous ce qu'il trouvait sous ses mains sur le pilote.

« Eh, souffla une voix près d'elle. »

Callie sursauta. Elle n'avait pas vu que Futé s'était assis à côté d'elle. Il lui souriait calmement, un brin d'herbe entre les dents.

« T'en fais pas. Je mets les voiles dès demain, lui dit-elle en baissant les yeux.

_ Je vois pas pourquoi, ma belle. T'avais tes raisons. On a tous ses raisons, des personnes pour qui on ferait n'importe quoi. Même moi, tu sais. Donc, tu restes avec nous. On a besoin de toi tant qu'on a pas finit avec eux. Et puis, t'as vraiment besoin de cours de tir. Minable. »

Il reçut un petit coup dans l'épaule ce qui le fit rire. Il savait parfaitement qu'Hannibal n'était pas vraiment en colère contre elle, ou du moins pas pour très longtemps. Demain serait un autre jour. Mais dans l'instant, il était juste vanné et désirait se coucher rapidement.