Note : … je suis vivante ! Vraiment, je suis désolée, jamais je n'aurais cru qu'autant de temps puisse s'écouler entre deux chapitres. Je m'en veux mais en même temps je n'aurais pas pu écrire plus vite. J'avais beau me dire chaque week-end « allez, je trouve un créneau pour ma fic cette fois-ci », impossible. Enfin, j'ai dû trouver deux ou trois petits créneaux, pour avancer un peu, relire ce que j'avais fait… mais jamais assez de temps pour écrire vraiment. L'envie était là pourtant (après une petite période de spleen), mais pas aux bons moments, assouvie seulement succinctement sur des bouts de papier qui traînaient, parce que pas le temps d'allumer le PC, parce que trop de boulot, trop de fatigue, des sorties, un déménagement, un nouveau rythme de vie…
Bref, ça y est, j'avais enfin un week-end cool (et un jour férié libre) alors je n'avais qu'une envie, écrire enfin ce chapitre ! Bon, j'aurais bien aimé finir carrément cette fiction mais ce n'est pas encore pour demain. Pour ne pas changer mes mauvaises habitudes, mes prévisions étaient erronées, une (grande) partie prévue pour ce chapitre est donc décalée pour le prochain (et ainsi de suite, j'ai l'impression que ça ne va jamais finir XD). Quant à ce chapitre, j'étais plus que ravie d'avoir enfin pu le finir hier soir (ou ce matin de bonne heure selon…) mais je suis incapable de dire si je l'apprécie… j'ai tellement pataugé avec qu'il me ressortirait plus par les yeux qu'autre chose. C'est naze, j'aurais aimé vous proposer un texte qui me plaisait vraiment après tout ce temps mais je n'en sais rien, je n'ai pas assez de recul. Je vais le relire pour essayer de corriger les fautes de frappe et autres les plus évidentes mais je vais faire ça vite, je n'en peux plus de le relire encore !
Enfin, un grand merci aux quelques lecteurs qui suivent cette fic (vous avez du courage !) et particulièrement à ceux qui m'ont laissé des reviews (Redblesskid, colibri, Molly1, a21).
Molly1 : ravie que tu apprécies ma vision des choses et que ça te paraisse proche des persos, c'est le meilleur des encouragements, merci ! J'avoue, dès que j'ai commencé cette fic, j'ai eu peur de radoter et c'est de plus en plus le cas ! Avec le peu d'infos qu'on a (seulement « et je te l'ai répété cent fois : je suis trop vieux, trop pauvre, trop dangereux… »), difficile de ne pas tomber dans ce piège, surtout sur une période aussi longue ! Tonks a poireauté un an ! Comment a-t-elle fait ? Je vais essayer de me renouveler mais c'est dur XD.
a21 : merci beaucoup ! Comme dit à Molly ci-dessus, que vous trouviez ça proche de votre vision des persos est le meilleur des encouragements ! J'espère que ç va continuer à être le cas…
Ah ! et pour plus d'infos sur mon point de vue et un élément de ce chapitre, je vous mets en note de fin une RAR trèèès longue (et sans doute un peu décousue) que j'avais écrite sur un autre site, si ça vous intéresse.
Maintenant (il est grand temps), lecture !
Précédemment : Remus a repoussé Tonks qui, se sentant coupable de la mort de Sirius en a perdu ses dons de Métamorphomage et hérité de cheveux gris. Lors de leur dernière entrevue, elle est partie à moitié en pleurs de la cuisine de Molly en disant à Remus qu'il ne fallait pas l'épargner, qu'elle comprendrait s'il ne voulait pas d'elle parce qu'elle ne lui plaisait pas ou parce qu'il ne lui pardonnait pas la mort de Sirius. Juste avant, il s'est « mis en colère » en lui disant de regarder en face d'elle qui elle avait, que c'était lui le problème. Réponse : « J'aime ce qui est en face de moi, je n'en aurai jamais honte, jamais peur et je te crois suffisamment intelligent pour le comprendre Remus, alors si tu ne réfléchis pas à ça, je saurai en tirer les conclusions ». Troublé, Remus a essayé de cogiter mais les préjugés d'une mère de famille peu aimable ont malheureusement tout fichu par terre…
Chapitre IV
Six jours.
Cela faisait six jours qu'elle était partie presque en pleurs du Terrier et qu'elle n'avait pas revu Remus depuis.
Simple hasard des circonstances ? Non. S'ils avaient voulu éclaircir les choses, ils auraient pu. Ils savaient le plus souvent par Molly ou par d'autres membres de l'Ordre où ils pouvaient se rencontrer… ou au contraire, comment s'éviter. Était-ce elle qui le fuyait ou lui ? Les deux peut-être ? Elle redoutait plus que tout qu'il la repousse à cause de son erreur, de sa faiblesse. Elle avait envie de le revoir au plus profond d'elle-même mais elle était tiraillée par les divers scénarios qui se jouaient dans son esprit. Quand, enfin, elle se décidait à aller le voir, l'espoir qu'il ait réfléchi et se soit rendu compte de son blocage l'emportant, l'angoisse qu'il la rejette une nouvelle fois prenait le dessus et la paralysait. Elle n'abandonnerait pas cependant, elle se l'interdisait. Le moment n'était juste pas venu, elle n'était pas encore prête…
Machinalement, elle roula entre ses doigts le morceau de papier qu'elle venait de recevoir discrètement de Kingsley. Elle observa cette petite boule de parchemin un instant, hésitante, tout en continuant à jouer avec, puis stoppa son geste et la déplia à nouveau, pour vérifier.
21h. Tête du Sanglier. Chambre 13.
Cela faisait donc six jours qu'ils ne s'étaient pas rencontrés mais, ce soir, ils ne pourraient l'éviter. Dumbledore avait donné rendez-vous à l'Ordre du Phénix au complet afin qu'ils fassent le point. Ils ne pouvaient pas se défiler.
Tonks soupira.
Tiendrait-elle le coup ? Durant la semaine qui s'était écoulée, elle avait essayé peu à peu de reprendre le dessus. Elle paraissait à présent moins affectée, c'était un fait. Ses cernes avaient diminué et son teint n'était plus aussi maladif. Hier, elle avait même été fière d'elle lorsqu'elle avait fait le bilan de sa journée :
- chose rarissime, Scrimgeour l'avait félicitée pour un dossier sur lequel elle avait bossé d'arrache-pied – vouloir se concentrer sur autre chose que Remus avait au moins eu cela de positif cliché, mais véridique dans son cas
- elle n'avait pas trébuché une seule fois ni renversé un seul objet – sa tasse de café ne comptait pas, elle avait réussi à la dévier à temps vers l'évier, et tant pis si elle s'était ébouillanté la main, ses vêtements, eux, étaient intacts
- elle avait déjeuné avec Molly et ses encouragements, ses propos rassurants, avaient contribué à la rasséréner un peu – après tout, à coup d'auto persuasion, elle arrivait à croire que Remus n'était pas capable de la tenir pour responsable de la mort de Sirius… et ils s'entendaient bien… avant… donc si on oubliait le fait qu'ils s'évitaient, il y avait encore une chance que ça s'arrange
- et le clou de la journée, lorsqu'elle avait entendu son horoscope sur la RITM lui dire de ne pas hésiter, que c'était la période de tous les possibles, elle était même parvenue à changer la couleur de ses cheveux ! De gris, ils étaient passés à un marron terne…
Eh ! C'était déjà ça ! Inutile de viser la Lune, tout le monde savait bien que les horoscopes n'étaient que des foutaises… Et elle avait souri à cette pensée, contente malgré tout d'avoir eu envie de croire à ces idioties, parce qu'elle aimait cette légèreté, parce qu'elle s'était retrouvée l'espace d'un court instant et parce que même s'ils ne payaient pas de mine, ses cheveux n'étaient plus gris ! Oui, elle en avait même ri et elle en avait été ravie, parce qu'il lui semblait qu'elle ne l'avait pas fait depuis une éternité… rire… Alors elle s'était félicitée comme il se devait avec tous les sachets de Chocogrenouille qu'elle avait sous la main et pour la première fois depuis une semaine, elle s'était endormie avec le sourire aux lèvres.
Mais cette rencontre inattendue remettait tout en cause. Était-elle vraiment prête à l'affronter de nouveau ? Se parleraient-ils au moins ou s'éviteraient-ils franchement ? Était-elle la seule, à l'heure actuelle, à redouter cette entrevue ? Prévoyait-il de l'aborder ? De lui dire comment il envisageait les choses ? Si jamais ce n'était pas le cas, elle saurait quelles conclusions en tirer, c'était ce qu'elle lui avait dit, c'était donc à lui de faire le premier pas…
Elle jeta un dernier coup d'œil à sa missive, y mit le feu à l'aide de sa baguette, soupira et se remit au travail. Elle verrait bien ce soir.
oOoOoOoOoOo
Tonks souriait, paraissait aussi enjouée que d'ordinaire, plaisantait avec Kingsley. Elle aurait même pu se prendre à son propre jeu et croire qu'elle préservait parfaitement les apparences si seulement l'œil scrutateur de Molly ne cessait de se poser sur elle comme pour lui dire « Ma pauvre chérie, je sais bien que ce n'est qu'une façade, que tu redoutes ce moment ».
Bon, pour être tout à fait honnête, même si Molly n'avait pas été là, le fait qu'elle se triturait les mains – moites – depuis qu'elle était arrivée à la Tête du Sanglier lui aurait sans doute rappelé que, non, elle n'était pas sereine comme à son habitude. Et que, oui, bien sûr, elle n'avait qu'une hâte et qu'une frousse à la fois, c'était que cette fichue porte s'ouvre enfin sur Remus et tout ce qui s'ensuivrait.
Elle s'efforçait de ne pas fixer cette porte justement, mais elle ne pouvait s'empêcher d'y jeter des regards fréquents… à chaque mouvement effectué à proximité… et avec Hagrid qui ne cessait d'agiter ses mains larges comme des couvercles de poubelle dans son champ de vision, ça n'arrangeait pas les choses ! Elle allait finir par virer folle si ça continuait. Aussi, décida-t-elle de se tourner dos à l'entrée. Elle n'eut cependant pas à attendre longtemps. Quelques secondes seulement après ce changement de position stratégique, ce qu'elle attendait tant se produisit.
Elle le comprit très vite au regard que lui lança Molly. Il venait d'arriver. Il était juste derrière elle, à quelques pas. Peut-être était-ce mieux ainsi finalement. Elle avait le temps de se façonner un masque souriant et joyeux, elle n'était pas soumise au choc de se retrouver face à lui, elle guettant son arrivée… Elle inspira discrètement un bon coup, le sentant avancer dans leur direction.
- Bonsoir, Kingsley, dit-il de sa voix calme et apaisée en lui serrant la main.
- Bonsoir, Remus. Content que tu aies pu venir, lui répondit le sorcier.
- Molly, poursuivit Lupin avec un sourire.
- Remus, lui sourit-elle en retour en l'embrassant. On commençait à se faire du soucis, tu n'es pas venu au Terrier depuis au moins six jours.
- Désolé, j'avais à faire de mon côté, mais j'accepterai volontiers ta prochaine invitation à déjeuner. Tonks, finit-il d'un hochement de tête, se tournant légèrement vers elle mais en détournant rapidement le regard.
Tonks.
Pourquoi ?
Tonks.
Elle resta figée sans réagir, sans pouvoir lui répondre. Ce qui aurait été inutile apparemment, il n'attendait pas de réponse, il était déjà passé au groupe suivant, les saluant chaleureusement, eux.
Jamais il ne l'avait appelée Tonks. Il n'y était pas parvenu. Remus avait pour habitude d'appeler ses amis par leur prénom, il trouvait les noms de famille beaucoup trop impersonnels, c'était ce qu'il avait fini par lui apprendre. Le nom de Black en était un bon exemple. Ce n'était pas pour rien qu'ils s'étaient affublés de surnoms… Lunard, Patmol, Cornedrue, Queudver… Finis les préjugés – bons ou mauvais – qui pouvaient être liés à leur patronyme. Comme Sirius l'avait décrété, c'était à eux de se faire un nom, le leur… les Maraudeurs. À eux d'imposer leur prénom, qui ils étaient, d'en être fiers. Alors, quand on lui avait présenté « Nymphadora Tonks » et qu'elle avait répliqué :
- C'est Tonks ! Combien de fois faudra-t-il que je le répète ? Quand vous me présentez à quelqu'un, dites simplement Tonks ! Nymphadora ce n'est pas un prénom, par la barbe de Merlin !
Il n'avait pu s'empêcher de répliquer qu'il ne voyait rien à redire à ce prénom, qu'elle avait de la chance qu'il soit aussi original. Et cela sans moquerie aucune, en souriant avec gentillesse.
- Je suis bien assez originale comme ça, inutile d'en rajouter ! avait-elle répondu en mettant ses poings sur ses hanches. Je m'appelle, Tonks !
- Très bien, je tâcherai de m'en souvenir, avait-il fini par abdiquer… en apparence.
Car jamais il ne l'avait appelée Tonks. Il appelait ses amis, les gens qu'il côtoyait, par leur prénom ou leur surnom, comme s'il s'en était édicté une règle, cela semblait tout naturel pour lui. Et elle n'avait jamais réussi à savoir s'il l'appelait Nymphadora involontairement ou non, si ce prénom s'était gravé dans son esprit, suivant sa règle inconsciemment, ou s'il avait écarté dès le départ l'option « Tonks ». Lors de leurs premières entrevues, il l'avait saluée par son prénom et devant le regard noir qu'elle lui avait lancé en retour, il s'était excusé penaud, un sourire quémandant l'indulgence, « navré… l'habitude… mais vous ne devriez pas avoir honte d'un si joli prénom ». Elle avait grogné pour la forme et, inexplicablement pour elle à l'époque, elle avait levé les yeux au ciel seulement après quelques jours, acceptant cette entorse à son règlement à elle… à condition qu'ils se tutoient. Il avait haussé les sourcils – s'était-elle vendue trop facilement ? – mais l'avait remerciée en souriant chaleureusement. Elle ne savait pas ce qui l'avait fait céder : était-ce cette petite grimace d'excuse qu'il lui servait à chaque fois ? le fait qu'il emploie réellement le prénom de chacun de ses amis et qu'elle ne voulait pas être exclue de ce groupe ? que cela ne sonne pas du tout comme une insulte, une moquerie, ou même une taquinerie, mais comme une marque d'affection ? Bref, elle avait cédé, préférant le croire innocent, et ne s'en était jamais plaint, bien au contraire.
Alors, là, pourquoi revenait-il en arrière ?
Tonks.
Il ne l'avait pas dit méchamment, mais cela résonnait si froidement en elle. C'était comme s'il lui signifiait clairement que c'était fini. Elle ne faisait même plus partie de ses amis. Il la bannissait donc de ses proches, de sa vie. Quelle ironie ! Elle qui scandait à n'importe qui d'autre qu'elle préférait qu'on l'appelle par son nom de famille, c'était de l'entendre de sa bouche qui lui faisait le plus de mal. Elle serra les dents et les poings tandis que Molly lui demandait pour la deuxième fois avec sollicitude :
- Tonks, chérie, ça va ?
- Oui, répondit l'intéressée d'une voix étrangement caverneuse avant de se reprendre. Oui, bien sûr, tout va bien. Pourquoi ça n'irait pas, voyons, Molly ? demanda-t-elle avec un sourire enjoué très convaincant.
Molly lui fit une moue compatissante à laquelle elle n'eut pas à répondre car, à la demande de Dumbledore, elles s'installèrent comme tout le monde autour de la table dressée pour l'occasion.
Quasiment tout le discours qui suivit lui échappa. Elle était dans une sorte de brouillard, c'était un bruit de fond, un bourdonnement incessant. Seules quelques bribes parvenaient clairement à ses oreilles, lui permettant d'acquiescer machinalement par moment.
Alors c'était tout ? Ça devait finir comme ça ? À chaque fois qu'ils se croiseraient, il lui ferait un hochement de tête formel en prononçant Tonks et elle… qu'était-elle censée faire ? Répondre de la même manière : Lupin.
Non.
Non ! Jamais elle ne pourrait s'y résoudre. Il ne s'en tirerait pas comme ça. Il lui devait des explications, une réponse claire. Elle irait le tirer par la peau du cou à la fin de la réunion s'il le fallait mais elle n'en resterait pas là. N'avait-elle pas décrété qu'elle ferait le maximum, que ça en valait la peine ?
Lorsqu'elle entendit Dumbledore prononcer le prénom de Remus, elle sortit de ses pensées, releva brusquement son visage vers l'intéressé et sursauta. Ne venait-il pas justement de tourner la tête vers le vieux mage ? N'était-il pas en train de la regarder pendant qu'elle ruminait ? À moins que son esprit lui joue des tours…
Elle prêta enfin un peu attention à la conversation et son sang se figea. Dumbledore voulait le jeter en pâture aux loups-garous ! Bon, d'accord, en mission d'espionnage, mais c'était tout comme. Alors que Remus – le teint de plus en plus pâle et les mâchoires serrées – acceptait sans broncher les directives de l'Ordre, elle ne s'y résolut pas. Ça crevait les yeux qu'il ne le voulait pas ! Était-elle la seule à s'inquiéter pour lui ou quoi ?
- Attendez ! s'exclama-t-elle alors que tous les yeux se tournaient vers elle. Si j'ai bien suivi, vous lui demandez de courir des risques… énormes, de risquer sa vie, sans même solliciter l'avis de l'Ordre ?
- Ça ne regarde que moi il me semble, répondit Remus d'un ton polaire sans lui adresser un regard.
- Ça concerne notre sécurité à tous, Monsieur Lupin ! rétorqua-t-elle piquée au vif. Tout le monde sait que tu as été professeur à Poudlard et donc que Dumbledore te fait confiance. Si jamais tu es pris…
- Nymphadora, je suis ravi que vous écoutiez cette conversation, à présent, s'empressa de s'interposer calmement Dumbledore avant que cela ne tourne en querelle personnelle. Mais je suis tout à fait conscient des risques qu'encourra Remus au cours de cette mission – lui aussi d'ailleurs je n'en doute pas – et il va de soi que je ne l'y forcerai pas. Je ne peux que vous rappeler à tous que la situation est de plus en plus critique et que…
Tonks n'écoutait déjà plus, s'efforçant de masquer du mieux qu'elle pouvait le rouge qui lui montait aux joues. Avec ses pouvoirs amoindris, ce n'était pas gagné. Quelle idiote ! Elle aurait mieux fait de se taire. Se faire rembarrer de la sorte n'était vraiment pas ce dont elle avait besoin à l'instant. Elle n'avait plus qu'une envie, quitter cette pièce maudite. Mais le faire équivaudrait à s'affliger d'un peu plus de honte encore. Elle devait tenir, se reprendre, avoir cette fichue explication avec Remus et ensuite, seulement, elle pourrait prendre une bouteille de Whisky Pur Feu en bas et rentrer chez elle pour oublier. Pfff, tout un programme ! se sourit-elle intérieurement avec dépit.
Alors, elle releva la tête et s'obstina à le regarder. Il s'aperçut vite qu'elle le fixait mais n'en laissa rien paraître. Elle le comprit, néanmoins, à ses épaules plus rigides, à sa veine qui saillait au niveau de sa tempe. Elle l'observa attentivement, cet homme qu'elle aimait, et malgré le doute, la peur, la colère, qu'elle avait pu ressentir ce soir, à cause de lui, une chose la frappa plus que tout : il semblait si malheureux, si fatigué, derrière cet apparent contrôle de soi... Le chagrin qu'elle sentait émaner de Remus la submergea et elle se demanda si elle renvoyait la même image que lui. Alors que quelques secondes auparavant, elle aurait pris plaisir à s'imaginer le secouer pour qu'il réagisse, qu'il abatte enfin ses défenses, elle avait désormais plus que jamais envie de le prendre dans ses bras, aussi bien pour le rassurer lui que elle… Mais c'était impossible, jamais il n'accepterait, alors, à défaut, elle croisa les bras sous sa poitrine, agrippant ses bras de ses deux mains dans un geste protecteur et détourna le regard pour le libérer de ce poids. Elle n'avait plus qu'à attendre la fin de la réunion pour agir.
oOoOoOoOoOo
Remus ne put s'empêcher de laisser s'échapper un léger soupir. Nymphadora venait enfin de le lâcher des yeux. Que cherchait-elle à l'examiner ainsi ? Le faire se sentir coupable ? Il l'était déjà bien assez comme ça. Il détestait se montrer odieux envers elle, il se détestait de l'avoir évitée pendant une semaine alors qu'elle attendait des explications de sa part, il se haïssait de n'avoir pu contrôler son accès de colère lorsqu'elle n'avait voulu que le protéger… Molly avait raison, il devait mettre les choses au clair avec elle, pour qu'elle puisse enfin tourner la page. Il avait bêtement espéré – s'était lâchement persuadé – qu'en une semaine, elle aurait cherché à le faire. En arrivant, il avait d'ailleurs été soulagé de voir que ses cheveux avaient changé de couleur, c'était bon signe. Et puis, ses maigres espoirs s'étaient envolés en fumée à partir du moment où il l'avait appelée Tonks.
Pour un faux pas, c'était bien joué ! Félicitations, Remus, toi et tes bonnes idées ! Elle était devenue si pâle et si… absente, qu'il avait dû se faire violence pour se détourner d'elle et aller saluer gaiement les autres membres de l'Ordre. Il ne voulait pas la faire souffrir. Bien sûr, il avait envisagé qu'elle ne comprenne pas immédiatement ce changement d'appellation. Il s'était bien dit qu'elle risquait de tiquer, mais il s'était attendu à du répondant, à une remarque acerbe dont elle avait le secret dès qu'on la taquinait avec son prénom… pas à ce changement en quasi statue de glace. Évidemment, il s'était laissé bercer par ses illusions, s'était convaincu que c'était la meilleure solution… Une fois de plus, il n'avait pas pris en compte les sentiments de la jeune femme, les avait sous-estimés, méprisés… se rendant donc, lui, coupable et méprisable. Mais c'était tellement inimaginable pour lui qu'elle puisse ressentir de telles choses à son égard !
Et il en était même arrivé à la mettre encore plus dans l'embarras à cause de la première petite contrariété venue. Pourtant, ce n'était pas comme s'il ne s'était pas attendu à ce que Dumbledore lui demande d'infiltrer les loups-garous. Qui d'autre aurait pu le faire mieux que lui, leur semblable ? Il n'empêche que l'idée n'avait rien d'attrayant, même en y étant préparé, et quiconque aurait interféré à ce moment-là aurait eu droit au commentaire glacial qu'il avait lancé. Mais inévitablement, il avait fallu que ce soit elle. Particulièrement, elle, la personne qui prétendait tenir à lui plus que de raison.
Remus soupira et se passa une main sur la nuque, éreinté. Pourquoi était-ce si difficile ? Pourquoi le sort s'acharnait-il sur lui ? Il ne demandait rien d'autre qu'à aider la communauté et pouvoir finir sa vie tranquillement, un peu plus décemment qu'à l'heure actuelle, certes, mais rien de plus. Était-ce encore trop vouloir ? N'avait-il pas assez souffert ? Il devait, en plus, infliger de la peine aux autres ? Comment allait-il faire ?
Il releva son regard vers elle, la détailla du coin de l'œil. Elle se tenait les bras, dans une posture à la fois protectrice et résolue. Oui, déterminée, il ne devait pas l'oublier. Il s'était déjà fourvoyé en voulant trop la couver, elle était plus forte qu'il n'y paraissait. Elle avait ses faiblesses, bien sûr, il ne devait plus négliger ses sentiments, mais ils étaient aussi sa force, elle se reprenait vite, savait ce qu'elle voulait. Elle était bien plus sûre d'elle qu'il ne le serait jamais de lui. Elle semblait déjà beaucoup moins choquée que tout à l'heure. Ses joues avaient repris des couleurs. La remarque mordante de Dumbledore n'y était sans doute pas étrangère d'ailleurs. Remarque qu'il n'avait pas appréciée en outre, puisqu'il était en grande partie responsable de l'inattention de la jeune femme, il ne jugeait pas utile de l'enfoncer davantage. Mais qui était-il pour répliquer face à cet homme ? Il lui devait tant, et Dumbledore était le sorcier qui les sauverait tous, lui seul avait une idée claire de ce qui se préparait. Même s'il ne leur communiquait pas toutes les informations dont il disposait, il agissait pour le bien de tous, c'était indiscutable, la voie la plus sage à suivre… Ainsi, même si cela lui coûtait, Remus devait suivre ses directives sans rechigner. Et pourtant, certains osaient lui faire face, donner leur avis, chercher à en savoir plus… elle l'avait fait… pour lui, qui plus est.
Dumbledore se leva, mettant fin officiellement à la réunion. D'autres l'imitèrent, des groupes se formèrent pour discuter de ce qui avait été dit.
Remus vit arriver Arthur vers lui avec une certaine délivrance. S'il n'était pas venu lui faire la conversation, il aurait eu beaucoup de mal à se lever. À l'instant même où Dumbledore avait refermé la porte, ses jambes s'étaient engourdies, sa salive était devenue plus difficile à avaler et il n'osait lever ses yeux de ses mains, jointes pour se donner une contenance. Était-il maladroit à ce point qu'envisager d'aller vers elle pour lui donner les explications qu'elle attendait le mettait dans un tel état ? Il se sentait coupable, certes, mais il avait l'intention de lui présenter des excuses pour commencer. Redoutait-il qu'elle n'accepte pas son point de vue, qu'elle rejette une fois de plus ses arguments tellement limpides pour lui ? Il était pourtant certain de son bon droit, il y avait bien réfléchi durant la semaine écoulée… En tous les cas, Arthur lui permit de repousser l'échéance, ce qu'il apprécia avec un enthousiasme un peu trop révélateur à son goût. Il craignait vraiment de mal s'y prendre et s'il ne se montrait pas sûr de lui, Nymphadora croirait encore qu'il y avait un espoir.
Il jeta discrètement un coup d'œil dans sa direction. Comme il s'y était attendu, Molly était en train de parler avec elle. Dans peu de temps, cela signifiait qu'elles allaient se rapprocher, puis que la rouquine suggérerait à son mari qu'il était grand temps de rentrer pour ne pas inquiéter les enfants. Alors, ils se retrouveraient seuls, les autres membres ayant peu à peu quitté la pièce, et il devrait mettre les points sur les i. Il soupira. Il n'en avait décidément pas la moindre envie. Il risquait de la faire pleurer, comme la dernière fois, et son estomac se tordrait devant cette vision qu'il détestait. Il serra les poings à ce souvenir et tourna à nouveau la tête vers elles.
…
Elle n'était plus là ! Molly discutait à présent avec Hestia et il eut beau balayer des yeux toute la pièce avec frénésie, elle avait disparu. De façon très curieuse, un sentiment de vide le submergea. Ce n'était pas prévu comme cela, ils devaient s'expliquer, il avait… besoin… de lui parler. Après s'être excusé auprès d'Arthur, il se dirigea rapidement vers Molly. Il avait à peine ouvert la bouche qu'elle lui souffla « elle t'attend en bas, au bar ». Il la remercia d'un hochement de tête et sortit de la pièce à grandes enjambées. Une fois dans le couloir, il se stoppa.
Pourquoi était-il si pressé tout à coup ? Il savait qu'elle l'attendait. À cette pensée, son appréhension ressurgit et les symptômes de stress qui l'avaient assailli à la sortie de Dumbledore le reprirent. Lui qui « reprochait » à Nymphadora d'être trop jeune, se retrouvait paralysé tel un adolescent ! C'était à n'y rien comprendre. Il avait passé l'âge, il était ridicule. Il n'allait pas à un rencard, il allait avoir une conversation d'adulte à adulte. Il vérifia mentalement quel jour on était. La pleine Lune n'était pourtant pas si proche… Cependant, il ne s'était pas senti au mieux cette semaine, sans doute couvait-il un quelconque virus anodin qui le mettait dans cet état fébrile. Il se dirigea vers les toilettes de l'étage, s'aspergea le visage d'eau fraîche, s'ébroua et prit le temps de se sécher les mains soigneusement. Un dernier regard dans le miroir le convainquit qu'il n'avait pas trop mauvaise mine… comparé à d'autres fois. Il allait donc lui donner l'impression d'être sûr de lui, de ce qu'il allait lui dire… et c'était normal, puisqu'il l'était… non ?
oOoOoOoOoOo
De façon troublante, lorsqu'il la vit effectivement attablée au bar, il sentit un poids se lever de son estomac. Il savait pourtant qu'elle serait là, pour lui, Molly ne le lui aurait pas affirmé autrement. Elle ne l'avait pas encore vu et ne fit même aucun geste pour lui signifier qu'elle avait senti sa présence au moment où il s'assit à côté d'elle, néanmoins, il savait qu'elle l'avait senti. Ses épaules s'étaient affaissées imperceptiblement, l'aura qu'elle dégageait s'était détendue. Elle l'attendait et elle était soulagée qu'il ne se soit pas défilé… à lui d'aller jusqu'au bout maintenant.
- Lupin, lança-t-elle, sans froideur aucune, simplement pour engager la conversation, comme à une connaissance qu'on a l'habitude de saluer de la sorte.
Et aussi incroyable que cela puisse paraître, il n'en éprouva nul réconfort, bien au contraire. Un pincement au cœur, voilà ce qu'il récolta, et il comprit que – bien évidemment – c'était sa culpabilité qui revenait au galop.
- Je suis désolé, je ne voulais pas te blesser.
- Parce que je t'ai blessé, là ? lui demanda-t-elle en le fixant tout à coup dans les yeux.
- N…non, répondit-il, troublé. Ce n'était pas…
- À d'autres, Remus. Sois honnête avec toi-même, on en reparlera après.
Il soupira.
- Tu ne comptes pas me faciliter la tâche, hein ? C'est de bonne guerre je suppose…
- …
- Bien, alors… je tenais à m'excuser… je n'ai pas été le meilleur ami qui soit ni…
- Ami ? Tu me considères toujours comme une amie, alors ? Ça m'étonne… le coupa-t-elle d'une voix neutre, sans ressenti ni tristesse, derrière un masque bien forgé.
Il fut interloqué un instant avant de reprendre :
- Bien sûr… pourquoi en douterais-tu ?
- Je croyais que je n'étais plus que Tonks.
- Parce que tu le souhaites ! ne put-il s'empêcher de s'exclamer avec un soupir de soulagement.
- Pardon ?
- Si j'ai choisi, apparemment de façon très maladroite, de t'appeler comme ça dorénavant, c'est pour mieux respecter tes choix. Tu désires être appelée Tonks, j'aurais dû me plier à cette volonté dès le début, parce que tu as le droit de choisir… et en tant qu'ami, je n'aurais pas dû te contrarier mais prendre en considération cette décision.
- Ça fait longtemps que je ne le désire plus de ta part au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. Je t'avais donné une sorte de dérogation, tu te souviens ? Tu la balances aux orties et notre amitié avec ? Je croyais que c'était une façon ironique de me rayer de ta vie…
- Comme si je cherchais à te faire du mal, N… soupira-t-il, las. Non, bien sûr que non. On peut bien évidemment rester amis, on fait partie de l'Ordre, on va être amenés à combattre ensemble, on a les mêmes connaissances…. et je souhaite rester ton ami si tu le veux toujours. Simplement, je n'aurais pas dû t'inciter à croire que je voulais plus, ce n'était pas du tout le cas. Je ne peux pas être plus qu'un ami pour toi, N…Tonks, je suis désolé.
- Pourquoi ?
- Tu le sais, je te l'ai déjà dit, on n'est pas faits pour être ensemble, je ne suis fait pour personne.
- C'est à cause de Bellatrix, alors ? s'entêta-t-elle d'une voix qui devenait un peu plus rauque. Parce que je t'avais prévenu, tes excuses bidons je n'en veux pas, Remus. Donc si tu n'as rien de neuf, c'est une façon de me dire que tu m'en veux de ne pas avoir pu l'arrêter, tu m'en veux parce qu'elle s'en est pris à Sirius alors que si j'avais été…
- Non ! Ny… Non ! Je t'interdis de penser ça, voyons, s'emporta-t-il légèrement. L'envisager même ne m'est jamais venu à l'esprit. Ce n'est pas ta faute si Sirius est mort. Quand je disais qu'il n'aurait jamais dû combattre Bellatrix, c'est parce qu'on n'aurait jamais dû le laisser sortir alors qu'il était énervé à cause de Rogue, alors qu'il était sur les nerfs d'être enfermé sans arrêt. Si on l'avait laissé un peu plus libre de ses actes, il n'aurait pas été si à cran, il aurait été moins emporté, moins téméraire peut-être. Et quand je dis « on », tu n'es pas en cause, c'est Dumbledore, c'est Rogue, c'est moi… Je n'ai rien fait alors que je savais qu'il détestait cette situation, je savais que ça le poussait à bout. Toi tu n'es en rien responsable. Tu t'es battue avec courage, tu as risqué ta vie pour sauver les enfants. Peu de personnes peuvent se vanter d'avoir le cran de se battre pour leurs idéaux. Et tu es bien plus capable que beaucoup d'autres. Si j'avais été à ta place, rien ne prouve que je m'en serais mieux sorti que toi, que je m'en serais sorti tout court d'ailleurs…
Elle frissonna malgré elle à cette idée.
- Ne dis pas ça, Remus.
- Mais c'est la vérité ! Nous risquons tous notre vie et tu ne dois absolument pas te sentir coupable, et encore moins penser que d'autres t'estiment fautive, surtout pas moi.
Il la vit fermer les yeux et ressentit presque le même apaisement qu'elle alors qu'elle déglutissait cette boule d'inquiétude qui lui obstruait la gorge.
- Alors pourquoi tu ne veux même pas essayer ? Je ne cherche pas à te passer la corde au cou… dis-moi franchement ce qui ne te plaît pas chez moi… je veux juste savoir ça, après je me ferai une raison.
- Ça n'a rien à voir, je te l'ai déjà dit. Arrête de penser que le problème vient de toi, c'est… écoute, N… même si on envisageait une seconde de… nous sommes si différents… tu es si pleine de vie. Tu te lasserais… je n'ai rien à t'apporter, tu perdrais ton temps…
- Alors ton nouvel argument, c'est que tu es trop… inintéressant ? s'étonna-t-elle en haussant les sourcils. Je ne pense pas que je t'aurais demandé de sortir avec moi si j'avais été du même avis ! Et je te demande de sortir avec moi, Remus. Tu es quelqu'un de formidable et si tu trouves que je me suis ennuyée à tes côtés dans tous les bons moments qu'on a pu passer ensemble, c'est qu'il y a un problème ! À moins que ce soit toi qui te sois ennuyé… mais je ne m'en étais pas rendu compte.
- Parce que ce n'était pas le cas, c'est…
- Je peux t'assurer que je ne vais pas me lasser de toi du jour au lendemain… tout comme je ne peux pas te garantir que nous serons encore ensemble dans dix ans. Tu l'as dit, on risque nos vies, on est en guerre, il faut vivre au jour le jour. Tout ce que je sais, c'est que j'ai envie d'essayer de construire quelque chose avec toi, Remus, que je ne me vois pas dans d'autres bras que les tiens pour le moment. Qu'est-ce que ça nous coûte, d'essayer ? Qui te dit que ça finira forcément mal ?
- L'autre jour, après notre rencontre au Terrier, je suis allé à Pré-au-Lard. Un enfant m'a posé une question… et tu sais quelle a été la réaction de sa mère ? Elle l'a écarté de moi immédiatement, du monstre que je suis, de la misère et de la menace que je représente.
- Eh bien cette mère était une imbécile !
- Mais ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres ! Tous les jours, quand je sors faire mes courses ou que je me promène, les gens changent de trottoir, détournent les yeux, se font des messes basses sur mes cernes, mes vêtements troués… même quand je suis du côté moldu ! Tiens, l'autre jour, une petite retraitée m'a pris pour un sans-abri et m'a donné des pièces en critiquant son gouvernement qui ne faisait rien pour les pauvres hommes comme moi. Tu imagines, ce qu'est ma vie, Nymphadora ? Tu crois vraiment que j'ai envie d'essayer de la partager avec quelqu'un ?
- Mais si tu laissais cette personne entrer dans ta vie parce qu'elle l'a choisi, peut-être que tu la verrais d'un autre œil. Peut-être que tu ne verrais même plus ces idiots qui te méprisent, parce que tu ne serais plus seul. Les gens qui te connaissent savent ce que tu vaux, Remus ! Et tu vaux tellement plus qu'eux tous réunis et leurs préjugés. Ne t'arrête pas à ça, leur opinion n'a aucune importance. Tu te bats pour leur bonheur à tous et ils ne s'en aperçoivent pas ? Tant pis pour eux ! Toi au moins tu agis au lieu de critiquer. Tu ne te laisses pas abattre par tes difficultés, tu as le courage de les affronter. Tu es un homme bien et tu mérites une vie bien. Ne pense pas l'inverse parce que des incapables se croient supérieurs alors qu'ils n'ont qu'un pois chiche dans le crâne.
- Mais toi, tu mérites mieux que ça…
- Pour le moment, je n'ai pas vu mieux ailleurs alors si tu as sous la main quelqu'un de plus courageux que toi, de plus altruiste et attentionné, de plus intelligent et réfléchi, de plus énervant et attirant à la fois quand tu réfléchis trop justement… et avec au moins une paire de fesses aussi musclée que la tienne ! j'étudierai cette candidature, sinon…
En une fraction de seconde, il la vit se lever de son siège de telle sorte qu'elle se retrouva très proche de lui… trop proche… et, impuissant, les yeux écarquillés, il comprit qu'elle s'écartait déjà de ses lèvres qu'elle venait d'effleurer des siennes.
- … je t'attendrai.
Voilà une bonne chose de faite ! Enfin, bonne, à vous de me dire…
