Notes :

- histoire que vous ne vous y habituiez pas trop, je préfère vous prévenir que le temps d'attente a sans aucun doute été raccourci grâce à mes petites vacances. Mais bon, mes prochaines vacances sont à Noël, ça reste moins long que la dernière fois ! Non, je blague, j'essaierai bien évidemment de me mettre à écrire la suite avant (surtout qu'à Noël, ce sont rarement des vacances…)

- vous l'aurez vite reconnu, les passages en italique et entre guillemets ne m'appartiennent pas, ils sont tirés de la version française du tome 6. Si vous êtes impatients, vous pouvez les zapper, ils sont là uniquement pour rafraîchir la mémoire et resituer le contexte.

- encore merci à ceux qui me lisent et particulièrement à ceux qui m'ajoutent dans leurs favoris et/ou qui laissent des reviews (en principe j'ai répondu à tout le monde, n'hésitez pas à me le signaler si ce n'est pas le cas). Il n'y a rien de mieux pour motiver à écrire plus vite !

Précédemment :

« - Mais toi, tu mérites mieux que ça…

- Pour le moment, je n'ai pas vu mieux ailleurs alors si tu as sous la main quelqu'un de plus courageux que toi, de plus altruiste et attentionné, de plus intelligent et réfléchi, de plus énervant et attirant à la fois quand tu réfléchis trop justement… et avec au moins une paire de fesses aussi musclée que la tienne ! j'étudierai cette candidature, sinon…

En une fraction de seconde, il la vit se lever de son siège de telle sorte qu'elle se retrouva très proche de lui… trop proche… et, impuissant, les yeux écarquillés, il comprit qu'elle s'écartait déjà de ses lèvres qu'elle venait d'effleurer des siennes.

- … je t'attendrai. »


Chapitre V

Deux jours plus tard…

« Un rai de lumière dorée tomba sur ses pieds et s'élargit jusqu'à éclairer tout son corps.

- Le ministère de la Magie vous souhaite une bonne journée. »

Remus sortit de la cabine et épingla avec réticence le badge argenté qu'il venait de récupérer à l'intérieur. Il n'aimait pas devoir passer par l'entrée moldue mais il n'avait pas vraiment eu le choix. Son stock de poudre de Cheminette, à l'instar de ses finances, était au plus bas et au prix où cela coûtait, il préférait l'économiser pour les trajets véritablement cruciaux. Le transplanage quant à lui était interdit dans l'enceinte du ministère depuis l'intrusion de Voldemort et de ses Mangemorts et les entrées sorcières officielles étaient en cours de réaménagement afin de renforcer leur sécurité.

Il prit quelques secondes pour observer le lieu dans lequel il se trouvait. L'atrium était animé des habituelles allées et venues incessantes des sorciers qui s'y rendaient pour travailler, régler des affaires ou se renseigner. Cependant, son âme était éteinte. Les restes de l'immense statue de la fraternité magique – qui donnait tant d'éclat d'ordinaire – avaient été enlevés, laissant le spectacle désolant d'un socle vide les gens arboraient des tenues moins colorées que les dernières fois où il y était venu les conversations se faisaient plus discrètes, les murmures et les coups d'œil furtifs plus nombreux. L'ambiance s'était alourdie, la menace d'une nouvelle attaque plus pesante que jamais à présent que Voldemort était officiellement de retour.

Avec un soupir de résignation, il se dirigea vers le poste de sécurité afin d'y présenter sa baguette magique. Il n'était plus qu'à quelques pas des grandes portes dorées lorsqu'un rire cristallin retentit, brisant la morosité ambiante des lieux. Son rire. Celui qu'il n'avait plus entendu depuis maintenant plusieurs jours et qui, il s'en rendit compte avec surprise, lui avait… manqué ? Quelque chose comme ça sans doute, car il sentit comme un poids se lever de son estomac et un léger sourire monter sur ses lèvres. Comme la plupart des personnes présentes, il se tourna machinalement pour repérer l'origine de ce son si joyeux. Si les autres têtes se retournaient déjà pour vaquer à leur occupation première, Remus, lui, amorça quelques pas dans sa direction sans réfléchir. Il ne savait pas pourquoi, il ne savait pas ce qu'il comptait lui dire et il réalisa d'ailleurs avec embarras qu'il ne comptait même pas vraiment lui parler. À part la saluer, que pouvait-il faire ?

Pourrait-il jamais se sentir à nouveau à l'aise en sa présence, faire comme si de rien n'était et entamer une conversation ordinaire sans avoir l'impression de la froisser ? Je t'attendraiSes paroles l'avaient hanté depuis l'instant où elle était sortie de la Tête de Sanglier… Il était resté immobile tel l'imbécile qu'il était, la laissant dire et faire des choses qu'il redoutait. Il avait voulu aplanir la situation, cantonner leur relation à une simple amitié qui ne pouvait évoluer autrement et il avait… lamentablement échoué. Il n'aurait pas pu faire pire. Comment allait-il faire si à chaque fois qu'ils se voyaient, il avait l'impression de faire un pas en avant et trois en arrière ? Il ne voulait pas lui donner de faux espoirs mais il voulait encore moins la blesser.

Il était faible.

Faible… comme à l'époque où, trop content d'avoir des amis, il les avait laissé prendre des risques inconsidérés malgré la culpabilité qu'il ressentait. Il devait changer. Il avait mûri. Il devait se comporter en adulte, lui dire qu'il était véritablement flatté qu'une jeune femme comme elle puisse s'intéresser à lui mais qu'il était sincèrement convaincu qu'avec un peu de patience, elle trouverait bien mieux que lui. Oui, son discours avait été flatteur. Ce soir-là, une fois ses esprits retrouvés, il avait beau lui en avoir voulu de s'entêter malgré les arguments qu'il lui avait exposés, avoir été en colère contre lui-même de n'avoir pas réagi, un tout autre sentiment avait pris le dessus contre son gré. Il avait dû s'avouer qu'il avait apprécié le plaidoyer de la jeune femme à son encontre. Oh, il n'en était pas fier, il avait essayé de repousser cette petite bulle légère qu'il avait sentie monter à l'intérieur de ses entrailles mais elle semblait coriace, elle était toujours là, ravivée à l'instant par ce rire qui résonnait en lui.

À mesure que ces pensées l'assaillaient, il prenait de plus en plus conscience qu'aller vers elle à cet instant était une mauvaise idée, mais il avait du mal à s'arrêter. Il ralentit cependant son allure jusqu'à se stopper lorsqu'il vit entièrement l'objet de ses réflexions. Elle riait toujours, plus discrètement, et se cramponnait au bras de l'individu qui l'accompagnait pour se retenir de se plier en deux. Apparemment, ce mystérieux compagnon ne manquait pas d'humour et il continuait de lui narrer avec entrain, les larmes aux yeux, une histoire si captivante qu'ils en oubliaient d'avancer et commençaient à bloquer le passage d'une cheminée. Remus ne s'aperçut pas que le sourire qui était né sur ses lèvres quelques secondes plus tôt s'affaissait, à peine sentit-il la bulle exploser dans son estomac, tandis qu'il s'appliquait à approuver mentalement cette scène. C'était très bien. Ça lui faisait plaisir de la voir rire à nouveau et c'était une très bonne chose que cela se fasse avec d'autres personnes que les membres de l'Ordre. Il était rassuré de voir qu'elle avait des amis sur qui elle pouvait compter, qui pouvaient lui changer les idées en la faisant rire ou… en l'invitant à sortir éventuellement. Oui, c'était très bien. Il était hors de question qu'il aille lui dire bonjour à présent, il ne voulait pas la déranger, sa rencontre ne ferait que lui gâcher ce moment… Et désormais, c'était beaucoup plus facile pour lui de se détourner et d'aller faire ce pour quoi il était venu ici, en restant dans l'ombre, tel le paria qu'il était.

Il fit demi-tour sans plus tarder et se présenta au sorcier-vigile posté à gauche des portes d'or.

- Bonjour, Remus Lupin, visiteur du service… des Êtres.

Le sorcier releva la tête de façon monotone et eut une petite grimace de répulsion en lisant le badge accroché à la robe de Remus.

- Euh… approchez-vous, dit-il avec une légère appréhension en pointant déjà son Capteur de Dissimulation de telle façon que Remus n'avait pas trop à s'approcher justement.

- Baguette magique, demanda-t-il finalement.

Après vérification des données, le sorcier la lui rendit en même temps qu'il conservait bien à l'abri le bordereau d'enregistrement.

- Merci, bonne journée, s'obstina à dire Remus en se forçant à sourire bien qu'il sût pertinemment que la politesse ne lui serait pas retournée.

Il allait franchir les portes mais ne put s'empêcher de jeter un dernier coup d'œil en arrière. Elle semblait chercher quelqu'un du regard dans la foule. Son visage était beaucoup moins léger que tout à l'heure, plus crispé, mais ses yeux brillaient d'une lueur d'espoir. Alors, Remus s'empressa de se détourner avant qu'elle ne puisse croiser son regard. C'était mieux pour elle qu'elle ne le voie pas. Mieux pour elle et pour lui.

Il avança dans le petit hall où s'alignaient une vingtaine d'ascenseurs et s'infiltra directement dans le premier qui s'ouvrit à sa droite. Il n'était pas d'humeur à attendre tout à coup, il voulait quitter cet endroit au plus vite. Un agent d'entretien et une sorcière du Magenmagot qui attendaient devant, surpris de cette intrusion assez impérieuse sous leur nez, allaient répliquer quand leur regard s'arrêta sur le visage dur et impassible de Remus. Alors, leurs yeux glissèrent sur son buste et ils se figèrent, n'ayant plus aucune envie de rentrer dans cet ascenseur dont les portes se refermèrent. Jusqu'au dernier moment, le visage des deux sorciers resta fixé avec un certain malaise sur le badge qu'arborait Remus, sur ces mots qui y étaient inscrits : Remus Lupin, pointage mensuel au Registre des loups-garous.

oOoOoOoOoOo

« Niveau quatre, Département de contrôle et de régulation des créatures magiques, sections des animaux, êtres et esprits, Bureau de liaison des gobelins, Agence de conseil contre les nuisibles. »

Remus sortit de la cabine d'un pas rapide. Plus vite il aurait signé ce fichu Registre, plus vite il serait dehors pour faire quelque chose d'utile, comme servir à l'Ordre. Il se dirigea vers le bureau dont il connaissait le chemin par cœur à force d'y venir : celui du Service des Animaux. Pas celui des Êtres comme il l'avait indiqué au sorcier-vigile, non, celui des Animaux. Être étiqueté loup-garou lui suffisait, inutile de rajouter un peu plus d'appréhension ou de pitié dans le regard des autres, inutile de s'affliger d'un peu plus de honte. Oh, il y était habitué, bien sûr, depuis le temps. D'ailleurs, cela faisait plusieurs années qu'il ne se formalisait plus de cette aberration de double statut pour les loups-garous. Mais aujourd'hui, il ne savait trop pourquoi, cela l'avait irrité, il en avait eu marre.

Il arriva à hauteur des portes des deux sections. Elles étaient en fait l'une en face de l'autre, ouvertes toutes les deux. Avant qu'il n'atteigne celle qu'il savait être sa destination, il perçut des voix provenir de l'autre porte «… juste en face, Madame, section des Animaux. Ensuite, vous pourrez revenir ici ». Dans le même temps, une mère et son fils sortirent de ce bureau. Remus ne leur aurait probablement pas porté autant d'attention si la mère n'avait pas eu le teint aussi blême, les jambes aussi chancelantes. Le petit garçon, lui, ouvrait de grands yeux mais n'osait rien dire, ressentant l'angoisse de sa génitrice. Le cœur et les poings de Remus se serrèrent instinctivement, les souvenirs affluant dans son esprit tels des flashs. La même scène, plusieurs années auparavant, sa mère également blafarde, le tenant par le bras. Et dans un tourbillon de ténèbres, la douleur, le sang. Des sorts lancés près de lui. Des pleurs et des cris. Ses pleurs et… Une lumière blanche aveuglante, un lit moelleux mais toujours des pleurs autour de lui. Et puis, plus vivace que les autres réminiscences, ce soir où tout avait basculé, celui qu'il avait tenté d'enfouir au plus profond de sa mémoire…

Ils étaient rentrés de Sainte-Mangouste, ses parents et lui. Sa mère l'avait bercé, lui disant de dormir, lui assurant que tout irait bien, que ce n'était rien. Elle lui avait déposé un baiser affectueux sur le front, comme tous les soirs, en lui soufflant « dors, mon bébé ». Tout allait bien, donc. Mais il s'était réveillé quelques minutes plus tard, apeuré dans le noir. Il était descendu, sa peluche sous le bras, pour se réfugier dans les bras sécurisants de sa douce maman, à la recherche de réconfort. Sur le seuil du salon, il était resté figé, comme statufié, ses grands yeux écarquillés d'incompréhension devant le spectacle qui se jouait devant lui. Sa mère avait le visage ravagé par les larmes. Dans les bras de son père qui avait un air grave, elle était parvenue à articuler :

- Pourquoi lui, John ? Pourquoi ? Pourquoi a-t-il fallu qu'il s'en prenne à notre Remus ? Sa vie est fichue, plus jamais il n'aura d'amis, personne ne s'intéressera à lui, on le fuira, le traitera de monstre. Pourquoi ? avait-elle fini dans un sanglot déchirant.

- Je sais, je…

- Mon Remus, avait-elle gémi sans laisser à son père le temps de la consoler. Mon doux et gentil petit Remus, lui qui était si sensible, si… transformé en une bête sanguinaire. C'est… c'est trop injuste…

- Je sais, ma chérie. Je regrette tellement, avait dit son père d'une voix caverneuse. Je… si j'avais su qu'il s'en prendrait de cette manière à Remus… je… j'aurais préféré mourir… mieux aurait peut-être fallu qu'il meure plutôt que ça, d'ailleurs…

Sa mère avait eu un petit hoquet de surprise parmi ses sanglots et avait dit :

- Tu ne pouvais pas savoir… et peut-être que… si un remède est trouvé… au moins il… moi je l'aimerai… même si personne d'autre dans sa vie ne l'aimera, il m'aura moi…

Un sanglot encore plus fort l'avait empêchée de continuer. Il avait vu son père tenter de la consoler en lui caressant le dos et le petit garçon qu'il était avait fait demi-tour. Complètement hébété, vidé. Il était trop jeune pour avoir compris tout ce qui se passait, mais quelque chose en lui s'était brisé à ce moment-là. Tel un robot, il était remonté dans sa chambre, sans même se rendre compte que des larmes coulaient sur ses joues.

Remus secoua énergiquement la tête pour chasser ces images gravées sur ses rétines. Pour chasser ces sentiments de tristesse et de malaises profonds qui lui prenaient les tripes. C'était le passé. Les choses avaient évolué. Il devait oublier. Il se passa une main lasse sur le visage et se dirigea vers la porte qui l'intéressait. Il attendit patiemment que la mère et l'enfant expliquent leur situation et signent le Registre maudit. En serrant les dents. En essayant de se focaliser sur autre chose. Les premières pensées qui lui vinrent sans le vouloir – sans doute était-ce parce qu'il venait de la croiser – furent pour Nymphadora. Pour son rire qui lui avait paru si familier, si agréable. Son estomac n'apprécia pas plus visiblement. Trop de remous, comme une vague… de culpabilité certainement. Mauvais choix. Il se força à fermer les yeux pour penser à autre chose. Il devait laisser Tonks tranquille… Tranquille… Tranquille, Remus, Dumbledore ne le saura jamais et on maîtrise la situation… Les éclats de rire de James et Sirius retentirent en lui, comme un vibrato. Combien de fois lui avaient-ils dit ça avant de sortir pour la pleine Lune ? Combien de fois avait-il cédé, tellement soulagé que…

- Monsieur ? Monsieur Lupin !

- Euh, oui… pardon, veuillez m'excuser. J'étais perdu dans mes pensées, s'expliqua-t-il en s'apercevant que la mère et le jeune loup-garou n'étaient plus là.

- C'est ce que j'ai vu, lui sourit gentiment la secrétaire du Service qui le connaissait bien à présent… enfin, connaissait

- Comment allez-vous ce mois-ci ? Vous êtes bien pâle ? Ça va ? s'enquit-elle d'un ton compatissant.

- Oh oui, merci. De vieux souvenirs qui ressurgissent on dirait, fit-il avec une moue contrariée.

Il ne savait pas vraiment pourquoi il se confiait ainsi, ça ne lui ressemblait pas. Mais cette jeune secrétaire avait toujours été aimable avec lui depuis qu'elle travaillait ici. Toujours souriante avec un mot gentil. Il ne voyait ni peur ni pitié dans ses yeux. Elle était juste une présence bienveillante. C'était tellement rare.

- Oui, je comprends, souffla-t-elle avec un sourire triste tandis qu'elle remplissait une case du Registre avant de lui présenter. Ce pauvre petit…

- Oui, c'est…

Il ne sut pas quoi dire d'autre mais elle n'attendait pas vraiment de réponse, il avait plutôt la curieuse impression qu'elle voulait se confier à présent. Aussi, l'encouragea-t-il d'un regard.

- C'est l'œuvre de Greyback, une fois de plus, lui confia-t-elle dans un murmure.

Remus se tendit à l'énonciation de ce nom mais se maîtrisa pour lui demander :

- Vraiment ?

- Oui, et j'ai l'impression qu'ils sont de plus en plus nombreux, continua-t-elle le plus bas possible en lui tendant une plume. Rien que pour ce mois, on en est à quatre victimes. J'ai peur que… enfin… vous voyez… Vous-Savez-Qui…

Remus hocha sombrement la tête et elle soupira.

- Espérons que quelqu'un l'arrête à temps.

- Oui, espérons, conclut-il d'un ton las en achevant sa signature d'un point.

- Vous êtes sûr que ça va ? s'étonna-t-elle à nouveau de son air si morose. Vous savez qu'en cas de besoin, le Bureau d'assistance sociale en face peut vous dépanner, Monsieur Lupin.

- Oui, merci, mais je n'ai pas vraiment le temps de remplir toute cette paperasse pour un quignon de pain, répondit-il d'un sourire désabusé.

- Ah ! Si seulement cette satanée Ombrage n'avait pas fait passer toutes ces lois, ça serait tellement plus simple pour vous, s'emporta son vis-à-vis en conservant un niveau sonore faible. Vous savez, nous sommes nombreux à penser qu'elle a été beaucoup trop loin.

- C'est certain, mais plus nombreux sont ceux qui l'approuvent malheureusement.

- Oh, Monsieur Lupin, n'en soyez pas si sûr, s'il vous plaît ! Peut-être que certaines personnes haut placées le sont, mais pour ma part, je suis persuadée que les choses peuvent changer, gardez espoir !

- D'accord, lui dit-il avec un petit sourire forcé pour la forme avant de la saluer mais il ne put s'empêcher de penser : si seulement c'était vrai !

Il n'était pas dupe, il voyait bien tous les regards des autres personnes sur lui. Pour une sorcière comme cette charmante employée, combien le méprisaient, se méfiaient de lui ?

Il remonta dans un ascenseur occupé par un sorcier et s'apprêta à en sortir quelques secondes plus tard quand il s'aperçut qu'il n'avait pas encore atteint sa destination. Devant lui, Arthur Weasley tourna vivement le dos à son fils Percy qui s'éloignait déjà à grandes enjambées. Le visage d'Arthur était constellé de taches rouges mais son regard noir s'adoucit cependant lorsqu'il réalisa que Remus se tenait devant lui. Ils se saluèrent d'un hochement de tête, tous deux un peu embarrassés. La présence de l'autre sorcier réduisait une discussion potentielle mais ni l'un ni l'autre n'en étaient dérangés pour le moment, chacun dans ses pensées. En effet, de nouvelles images refluaient dans l'esprit de Remus…

Cela faisait une semaine qu'il avait surpris sa mère en pleurs. Depuis, il n'avait pas osé lui dire, il avait trop peur que cela la rende encore plus triste par sa faute. Le choc subi l'avait fait se réfugier derrière un mutisme calculé. Il se montrait toujours très doux et câlin, comme il l'avait toujours été, mais il ne répondait plus que par des hochements de tête ou des sourires. Il avait peur de dire ou de faire quelque chose de mal. Il n'avait pas bien compris pourquoi il se transformerait en un monstre méchant alors il s'était dit qu'en étant sage et qu'en faisant le moins de bruit possible, peut-être que ça n'arriverait pas, et que sa maman serait heureuse à nouveau. Parce qu'il voyait bien qu'elle ne le regardait plus comme avant. Elle semblait toujours soucieuse, les larmes au bord des yeux. Et bien sûr, il était trop jeune pour s'apercevoir que son mutisme ne faisait que l'alarmer davantage, persuadée qu'il s'agissait d'une conséquence de l'accident – comme elle préférait l'appeler –, inquiète que cette perte de parole lui soit d'autant plus préjudiciable dans ses relations avec les autres.

Remus avait compris bien plus tard que c'était pour cette raison qu'ils avaient rendu visite à sa tante cette semaine-là. Sa mère savait que Remus adorait jouer avec les enfants de sa sœur. Pour l'occasion, elle s'était permis une petite folie – la famille ne roulait pas sur l'or – en lui achetant une belle petite cape neuve. Il l'avait remerciée au-delà de ses espérances en la serrant fort dans ses petits bras et en lui soufflant un tout petit « merci, maman ». Pour l'enfant qu'il était, c'était la preuve qu'il n'était pas un monstre. Si sa maman lui achetait un joli vêtement, c'est qu'elle l'aimait toujours, c'est que ça marchait, il devait continuer à être sage et à ne rien dire.

La petite famille s'était ainsi retrouvée devant le perron d'une maison qui correspondait pour Remus à la joie et au rire. Fier dans sa nouvelle cape, il souriait tel un ange. Bien vite cependant, ce sourire s'était fané. Sa tante n'était pas comme d'habitude, au lieu de s'extasier de voir à quel point il avait encore grandi et de le prendre dans ses bras pour lui faire un bisou sur la joue, elle avait entrebâillé la porte pour dire :

- Ah, c'est vous… avec Remus ? Je… je suis désolée mais…

Elle avait jeté des regards anxieux derrière elle, comme pour s'assurer qu'il n'y avait personne.

- Aurélia, que se passe-t-il ? avait demandé sa maman avec appréhension, le sourire communicatif de Remus s'effaçant de son visage.

- Rien… rien. C'est juste… Les enfants aiment bien Remus et… tu sais… ils vont jouer ensemble, chahuter… et…

- Ce n'est pas contagieux, avait répliqué son père d'un ton glacial.

- Je… non, il paraît, mais… par les temps qui courent… tu comprends ? s'était-elle tournée vers sa sœur d'un regard implorant.

- Oui, malheureusement, j'ai bien peur de comprendre, avait-elle affirmé alors que toute couleur quittait son visage. Si même sa propre tante lui tour…

- Remus ! C'est Remus ! étaient alors intervenues les petites voix ravies de ses cousins derrière la porte.

Mais Aurélia avait refermé le battant d'un geste vif pour ne laisser qu'un faible interstice, réduisant davantage encore le sourire de Remus qui s'était éclairé à nouveau l'espace d'une seconde.

- Non, mes chéris, avaient-ils entendu de l'autre côté. Ce n'est plus Remus, il a changé. Il est venu nous dire qu'on ne pourra plus le voir.

Elle s'était tournée vers eux, leur avait lancé un dernier regard navré avant de refermer totalement la porte sur les « Pourquoi ? » de ses enfants.

La porte de l'ascenseur se referma elle aussi ce qui fit sursauter Remus. L'autre sorcier venait de sortir et Arthur le regardait d'un air soucieux :

- Ça va, Remus ? Tu sembles… tendu.

- Ce n'est rien, lui assura Remus avec un pâle sourire – si ça continuait, il allait tellement se forcer à sourire aujourd'hui qu'il en aurait mal aux mâchoires.

- Tu… tu as parlé à Tonks ? lui demanda-t-il en toussotant, gêné de l'emmener sur ce terrain mais se proposant ainsi d'être son confident, s'il en avait besoin.

Merci Molly, soupira intérieurement le lycanthrope.

- Non, je… je l'ai aperçue tout à l'heure mais elle était en charmante compagnie donc je n'ai pas voulu déranger… et puis j'avais à faire.

Mais qu'est-ce qui lui prenait à être si maladroit ? Et charmante compagnie ? Jamais il n'avait prémédité ces mots. Il était encore secoué par ces souvenirs mais ce n'était pas une raison.

- Oh ? Je… tu sais de qui il s'agissait ? l'interrogea Arthur en se raclant la gorge, surpris.

- Non… mais un Auror je crois, à en juger par sa robe. Grand, brun, la peau un peu mate… drôle… visiblement, ajouta-t-il pour compenser le ton bizarre qu'il avait employé pour le mot précédent.

- Ah ! fit Arthur (soulagé ? s'étonna Remus). Ça doit être MacLachlan ! Un nouvel élément. Il s'est marié avec une Anglaise récemment et a été muté ici.

- Vraiment ? s'enquit Remus, incapable de se retenir avant de se rattraper. Enfin, je veux dire… une mutation par les temps qui courent, c'est plutôt risqué.

- Oui mais il sait dans quoi il s'engage et il a été sous surveillance pendant deux mois avant que ce transfert soit approuvé. Et euh… je pense que c'est lui parce que… ce n'est pas vraiment un comique mais son histoire a déjà fait le tour des bureaux ce matin. Il raconte dans quel état ils ont retrouvé Ombrage chez les Centaures. Tout le monde est ravi d'apprendre à quel point elle s'est ridiculisée. Personne ne l'apprécie, ici, mis à part quelques lèche-bottes comme… Percy, s'assombrit-il.

Remus lui pressa l'épaule dans un geste de soutien et lui dit mécaniquement :

- Il reviendra à la raison.

- Je l'espère, pour Molly, admit Arthur en fermant les yeux.

Les portes s'ouvrirent à nouveau et les deux hommes se saluèrent avant de partir chacun de leur côté.

L'estomac de Remus s'était remis à gigoter avec affolement. Pourquoi tous ces souvenirs remontaient-ils ainsi à la surface ? Ça lui donnait la migraine et mal au cœur. Et puis, il se sentait… ridicule. Il s'était presque montré… froid ? amer ? dans sa façon de parler de cet Auror qu'il ne connaissait pas. Simplement parce qu'il avait fait rire Nymphadora et alors qu'il était tout à fait conscient que c'était une bonne chose pour elle. Alors quoi, il allait réagir aussi bêtement à chaque fois qu'elle parlerait à un autre homme, maintenant ? Non. Il ne savait même pas pourquoi il avait réagi ainsi… ou plutôt… il ne voulait absolument pas le savoir. Il était pitoyable, il n'en avait pas le droit. Il savait que c'était mieux pour elle de rester éloignée de lui mais à présent qu'elle lui avait mis ces idées en tête, ce fol espoir le poussait à agir de façon aussi stupide, aussi… immature… sans qu'il puisse se contrôler. Il ne devait pas laisser ces sentiments enfouis prendre le dessus… ce besoin d'affection, cette envie d'être apprécié… ça ne le menait nulle part... ou jusqu'ici, plutôt à sa perte. Il devait être rationnel, raisonnable. Il savait qu'il ne pouvait pas la rendre heureuse de toute façon alors inutile de chercher plus loin.

oOoOoOoOoOo

Environ une semaine plus tard, au Terrier…

- Aucune nouvelle depuis la dernière fois ?

- Non, aucune, soupira Nympahora. À croire qu'il a recommencé à me fuir.

- Ne t'en fais pas, ça l'a fait réfléchir, tenta de la consoler Molly, j'en suis sûre, il viendra vers toi… Il doit juste combattre ses propres démons avant de pouvoir avancer…

- Mais pourquoi refuse-t-il mon aide ? ou celle de n'importe qui ?

- Parfois, les hommes sont plus têtus qu'un hippogriffe… souvent à tort mais, quelquefois, ils ont besoin de trouver les réponses par eux-mêmes, c'est le seul moyen pour eux d'en sortir grandis. Combattre ses peurs, les surmonter. Et Merlin sait que les démons de Remus doivent être coriaces. Tu dois être patiente.

- Je sais, soupira-t-elle. C'est juste… si difficile de…

Quelqu'un frappa trois fois à la porte arrière de la maison. Molly s'excusa d'un regard et se leva pour voir de qui il s'agissait. Tonks se pencha en avant afin d'avoir la porte dans son champ de vision. Dumbledore et Harry. Chouette ! pensa-t-elle avec dépit. Elle n'avait vraiment pas le cœur à discuter avec eux, surtout avec Dumbledore depuis la réunion de l'autre jour. Celui-ci justement venait de croiser son regard et son cœur se serra lorsqu'il prononça :

« - Tiens, bonjour Nymphadora !

[…] POV Harry […]

Une jeune sorcière au teint pâle, le visage en forme de cœur et les cheveux d'un châtain clair, couleur souris, était assise à la table, tenant fermement une grande tasse entre ses mains […]. Harry trouva qu'elle avait l'air fatiguée, malade même, et que son sourire avait quelque chose de forcé. Son apparence était sans nul doute beaucoup moins haute en couleur qu'à l'ordinaire, sans l'habituelle teinte rose chewing-gum de ses cheveux.

- Je ferai bien d'y aller, lança-t-elle précipitamment en se levant et en jetant sa cape sur ses épaules. Merci pour le thé et le soutien moral.

- Il ne faut pas partir à cause de moi, dit aimablement Dumbledore. Je ne peux pas rester, j'ai des choses importantes à voir avec Rufus Scrimgeour.

- Non, non, je dois y aller, assura Tonks en évitant le regard de Dumbledore. Bonne nuit…

- Pourquoi ne viendrais-tu pas dîner pendant le week-end ? Remus et Fol Œil seront là…

- Non, vraiment, Molly… Merci quand même… Au revoir tout le monde. […] »

Une fois dehors elle respira une bonne goulée d'air frais. Molly avait beau vouloir l'aider en les invitant à déjeuner, elle ne voulait pas imposer sa présence à Remus. Elle estimait que c'était à lui de faire le premier pas à présent. Elle, elle avait juste à prendre son mal en patience, à être forte et à l'attendre, comme elle le lui avait promis. Elle pouvait le faire… mais, se dit-elle dans une vaine tentative d'humour pour se donner du courage, elle ne répondrait pas de ses actes si à leur prochaine rencontre, Remus lui présentait un soupirant plutôt que de céder à ses avances.

oOoOoOoOoOo

Petite parenthèse canonique pour ceux que ça intéresse…

Pendant ce temps, trois adolescents essayaient de comprendre son triste état – avec un peu de retard mais c'est ça d'écouter aux portes (disons qu'Hermione a entendu Molly expliquer la situation à Arthur) :

« - Tonks et Sirius se connaissaient à peine ! s'exclama Ron. Sirius a passé la moitié de sa vie à Azkaban, et avant leurs familles ne s'étaient jamais rencontrées…

- Ce n'est pas la question, répliqua Hermione. Elle pense qu'elle est responsable de sa mort !

- Et comment en arrive-t-elle à penser ça ? demanda Harry malgré lui.

- Eh bien, elle se battait contre Bellatrix Lestrange, tu te souviens ? Et elle pense que si elle avait réussi à la vaincre, Bellatrix n'aurait pas pu tuer Sirius.

- C'est idiot, dit Ron.

- C'est la culpabilité du survivant, déclara Hermione. Je sais que Lupin a essayé de la raisonner mais elle est toujours déprimée. En fait, elle a des ennuis avec son Métamorphosisme.

- Son quoi ?

- Elle n'arrive plus à changer d'apparence comme avant, expliqua Hermione. Je pense que ses pouvoirs ont peut-être été affectés par le choc. »

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Environ 15 jours plus tard…

Attablé avec la quasi-totalité des Weasley au Terrier, Remus soupira intérieurement. C'était l'anniversaire de Harry et lui, « la mine sinistre, le visage émacié, ses cheveux bruns largement sillonnés de gris, ses vêtements plus miteux et rapiécés que jamais », n'avait rien d'autre à apporter que de mauvaise nouvelles. Il voyait bien que Molly n'en était pas ravie mais il redoutait également que les regards lourds de sens qu'elle lui lançait aient une autre cause. Aussi, ne put-il échapper à un petit interrogatoire en règle lorsqu'il prit congé et qu'elle insista pour le raccompagner.

- Remus, tu te sens bien ces temps-ci ? Tu n'avais vraiment pas bonne mine ce soir, dit-elle avec douceur.

- Ça va aussi bien que possible quand une guerre est en marche et que des gens commencent à disparaître ou à êtres tués, Molly, soupira-t-il, las. Mais merci de t'inquiéter.

- Hmpf, soupira Molly peu satisfaite de cette réponse. Il est certain que nous allons traverser des temps difficiles, mais tu sais aussi bien que moi que c'est une raison supplémentaire pour se rapprocher des gens qu'on aime. Si jamais tu as besoin de te confier ou… juste d'être entouré d'amis, tu sais que tu peux compter sur nous, n'est-ce pas ?

- Je… oui, merci.

- Remus, je ne dis pas ça pour recevoir des remerciements, je le pense réellement, et le meilleur moyen pour toi de montrer que tu acceptes notre amitié est de ne pas te renfermer sur toi-même. Je ne veux pas te forcer à nous faire des confidences, bien sûr, mais je sais à quel point dire ce que l'on a sur le cœur est une délivrance. Alors sache que cette porte te sera toujours ouverte pour ça, ajouta-t-elle en lui serrant le bras d'un geste affectueux.

- Je…

Il ne savait trop quoi faire. Il se rendait bien compte qu'elle faisait ça pour son bien, qu'elle était sincère. Et il savait qu'elle avait à cœur les intérêts de Nymphadora également. Car il était certain que le sujet latent de cette conversation était celui-ci. Mais il était fatigué. Depuis sa visite au ministère, son passé ne cessait de ressurgir aux moments où il s'y attendait le moins, le réveillant bien souvent en sursaut. C'était comme si les prémices de la tempête qui se préparait dans le monde magique se levaient dans le même temps en lui. Comme s'il devait combattre à la fois ses ennemis du passé et ceux du présent. Cela l'épuisait. Se pouvait-il qu'il s'agisse d'une sorte d'avertissement ? Son corps et son esprit essayaient-ils de lui transmettre un message ? S'il arrivait à apaiser ses vieux démons, sans doute serait-il plus serein pour affronter l'avenir. Les enfouir n'avait visiblement pas suffi. Mais cela lui avait déjà demandé tellement de temps, tellement d'énergie… aurait-il suffisamment de force pour leur faire face ? En attendant, tous ces souvenirs et ces pensées mêlés lui donnaient l'impression d'être sur le point d'imploser. Peut-être qu'en en parlant à quelqu'un…

Voyant qu'il n'était pas décidé à partir mais qu'il hésitait à en dire davantage, Molly l'encouragea :

- Tu as vu Tonks depuis la réunion à la Tête de Sanglier, Remus ?

- N…non, avoua-t-il.

- Peut-être que vous retrouver tous les deux autour d'une tasse de thé, pour discuter en toute quiétude, vous ferait du bien. Elle n'a pas meilleure mine que toi, tu sais.

- … et pour se dire quoi ? Je ne suis pas… je n'ai pas réussi à la convaincre la dernière fois. J'ai essayé pourtant de mettre les choses au clair après que tu m'en aies parlé mais elle n'en a fait qu'à sa tête.

- Tu as au moins réussi à lui ôter de l'esprit l'idée qu'elle puisse être responsable de la mort de Sirius. C'est une bonne chose, Remus.

- Si peu… c'était tellement évident.

- Ce qui semble évident à certains ne l'est pas toujours aux yeux des autres… ou devrais-je dire, dans leur cœur, lui fit-elle remarquer, perspicace.

- Ne me regarde pas avec ces yeux-là, Molly, se braqua Remus par instinct défensif. Je ne suis pas… je n'ai rien du prince Charmant. Elle mérite tellement mieux !

- Te sous-estimer ne servira ni l'un ni l'autre. Écoute, Remus, je sais que ce ne sont pas mes aff…

- Non, justement ! Ce sont mes affaires et je sais encore mieux que quiconque ce que signifie être à ma place, s'exclama-t-il d'un ton un peu brusque avant de se reprendre. Merci pour le repas, Molly, vraiment, et pour la tentative de… merci, mais je dois y aller.

Et il fit quelques pas jusqu'au point où il put transplaner.


Pffiou, pffiou, pffiou. C'est pas très gai tout ça ! Et j'ai peur que le prochain ne soit pas mieux (bien que je trouve un passage assez cocasse). Les souvenirs de Remus me sont venus comme ça, un midi. Peut-être est-ce parce que quelqu'un m'avait dit que Remus ne l'énervait pas encore… et qu'inconsciemment j'avais envie que ça continue. Je me dis que, malgré sa réaction envers la grossesse de Tonks qui nous a tous hérissé les poils dans le tome 7, il faut qu'on essaye de se mettre à sa place. C'est un blocage dont les causes ne sont pas anodines. Bon, avec tout ça, je ne suis pas encore sortie de l'auberge ! Enfin, si jusqu'à présent j'ai presque détaillé tout un mois, il devrait y avoir de plus longues ellipses par la suite (pour Jo c'était facile, elle a presque fait une ellipse d'un an !). Bref, y'a un endroit où j'ai prévu un peu plus d'espoir en principe avant la fin mais dans quel chapitre ? Affaire à suivre…