Notes :
- Je suis dépitée, je suis en train de publier Prison Azkaban Break sur un autre site, donc je relis pour corriger d'éventuelles fautes restantes (et il en reste des assez hallucinantes XD écrire ET relire tard le soir est une mauvaise idée…) et je viens seulement de me rendre compte que certains symboles ne sont jamais passés sur ce site ! Je pense principalement à mes lignes de transition entre le chapitre et les notes de début et de fin. Ça a toujours été comme ça ? Parce que c'est juste imbuvable de passer des derniers mots du chapitre à mes notes débiles sans transition. Moi qui m'étais amusée à faire toute une ligne de oOoOoOoOo à chaque fois (bon, le copier/coller aide bien :) Je vous plains si vous avez supporté ça tout ce temps… et je ne me vois pas rependre TOUS les chapitres que j'ai postés sur ce site vu qu'il faut obligatoirement télécharger le document de base puis remplacer l'ancien (bon, pour cette fic, y'aura au moins le chapitre précédent comme je l'ai relu, lui et ses fautes XD). Edit : bon, j'y comprends rien, je viens de revoir ce problème et maintenant ces symboles sont revenus plus ou moins correctement… ça dépend peut-être des navigateurs comme j'ai changé récemment… mystère ! Pour info, c'est normal qu'il n'y ait pas de note de bas de page cette fois-ci, je n'avais rien à dire :D Re Edit : ça y est, j'ai eu le courage de reprendre tout ça en mettant les lignes prévues par le site, espérons que ça marche !
- J'espère que ce chapitre ne s'est pas fait trop attendre (hum, hum). Il est moins long que d'habitude car je n'ai écrit qu'une partie de ce que je pensais mettre dedans. J'avais peur que la deuxième partie casse le charme de la première et puis je me suis dit que l'attente vous paraîtrait moins longue comme ça car je suis loin d'écrire la seconde partie vu mon emploi du temps à venir. Cela veut donc dire que le prochain chapitre ne sera pas le dernier comme estimé mais l'avant-dernier (en principe XD).
Un grand merci à nouveau pour toutes vos reviews qui m'encouragent et me boostent à écrire au plus vite (même si on ne dirait pas, je vous assure, les relire de temps en temps me redonne du peps et me permet d'avancer peu à peu !).
Merci donc à : clodina, Oceanna, Atchoum16, chizuru300, colibri vert, likyboy's (à qui j'ai déjà répondu en principe sinon c'est un oubli involontaire et je m'en excuse) ainsi qu'à Mymi (ton compliment m'a fait super plaisir, je trouve ça vraiment chouette que ma vision des choses parle à d'autres lecteurs, j'espère que la suite continuera dans la lignée).
Précédemment : Tonks et Remus se sont un peu rapprochés lors de la visite de Poudlard mi-fin août mais Dawlish et ses remarques débiles ont coupé court aux « progrès » de Remus. Quelques jours plus tard, Tonks a dû subir la remarque désobligeante de Rogue à propos de son Patronus alors qu'elle escortait Harry. Bloquée à Poudlard pour la sécurité des élèves, elle a tenté de joindre Remus par correspondance mais celui-ci lui a annoncé que sa mission d'infiltration auprès des loups-garous commençait, rendant tout contact impossible. « Je t'attendrai », lui a-t-elle alors répondu. Malgré le risque de perdre la confiance des loups-garous, Remus a cédé à la demande de Dumbledore et a rejoint les Weasley pour Noël au dernier moment. Harry lui a rappelé que pour certains, sa condition n'était pas un problème. Et il a reconnu en son for intérieur que ce monde était plus le sien que celui des autres loups-garous, qu'on lui avait offert cette chance d'intégration et qu'il ne devait pas la gâcher. Apprenant que le Patronus de Tonks avait changé de forme et qu'elle fêtait probablement Noël seule chez elle, il a décidé de la rejoindre pour réparer ses torts. Restait juste à savoir comment…
Chapitre VII
Elle était bien au chaud, emmitouflée sous sa couette épaisse, la tête enfoncée dans son oreiller moelleux. Elle était si bien, là, comme si elle était dans du coton, sereine et… pourtant, à mesure que les secondes défilaient, elle avait l'impression d'avoir la tête de plus en plus lourde… un vague ressenti de tête de bois. Un brouhaha lointain, un bourdonnement de plus en plus constant entre ses deux oreilles. Malgré elle, elle sentit ses yeux s'ouvrir. Alors que la lumière du jour lui procurait une sensation de chaleur supplémentaire quelques secondes auparavant, berçant ses paupières closes d'un rouge-orangé chaleureux, elle agressait à présent ses pupilles, la forçant à cligner des yeux pour s'habituer à ce changement trop brutal.
Comme s'il avait été incapable de le faire avant que ses yeux ne soient totalement opérationnels, son cerveau se concentra peu à peu sur les sons qui la dérangeaient et qu'elle identifia comme étant les voix de ses voisins. Des membres de la famille de ses voisins, plus précisément. Famille qui débarquait pour Noël. À grands cris de joie exubérants. Se moquant bien des éventuels occupants de l'immeuble qui souhaitaient du repos.
Elle grogna intérieurement, fut tentée de frapper plusieurs coups de poing au mur pour leur signifier sa présence mais se ravisa. Ses bras étaient trop lourds. Elle était encore bien, là, dans son cocon, même si tous ces bruits avaient perturbé la paix précaire qui y régnait. Faire un effort lui semblait inapproprié. Cela l'épuiserait davantage que de chercher à les occulter, ça achèverait complètement sa nuit. Elle préféra donc se retourner paresseusement pour enfouir son visage dans son coussin, pour tâcher de grappiller encore quelques minutes de volupté. Oui, voilà… fermer les yeux sans se crisper… laisser ces voix redevenir lointaines… respirer régulièrement… les paupières lourdes… laisser cette lassitude l'imprégner… la faire sombrer… ne penser à rien…
- HO ! HO ! HO !
Son cœur fit une embardée et elle sursauta, complètement réveillée désormais. Qui était le crétin qui avait osé rugir de la sorte de l'autre côté du mur ? Alors qu'elle tentait de calmer sa respiration hachurée, amère, elle fit le constat suivant : c'était officiel, ce Noël s'annonçait comme le plus pourri de sa vie.
oOoOoOoOoOo
Quelques minutes plus tard, son regard vague fixait sans la voir sa tasse de café. Qu'allait-elle faire aujourd'hui ? Les coudes sur la table et le menton calé dans ses mains, elle tergiversait dans le brouillard depuis cinq bonnes minutes.
Bien sûr, elle avait toujours la possibilité de rebrousser chemin et de se rendre chez ses parents. Elle avait menti en prétextant une mission capitale de dernière minute mais un revirement de situation était toujours possible. Le problème était qu'elle ne voulait pas aller chez eux cette année. Elle les adorait, aucun doute possible là-dessus. Mais elle ne se sentait pas le courage de supporter les regards à la fois compatissants et réprobateurs de sa mère.
Andromeda Tonks était une mère aimante mais elle était également une femme forte qui ne comprenait pas que sa fille se laisse « dépérir » pour un homme qui n'en valait pas la peine –puisqu'il ne voulait pas d'elle. Elle ignorait son identité et Tonks était bien contente de ne pas la lui avoir révélée. Elle n'aurait pas supporté une remarque déplacée à l'égard de Remus, même si cela serait parti d'un bon sentiment, pour chercher à la réconforter. Sa mère l'avait soutenue au début, l'appuyant dans sa volonté de ne pas baisser les bras. Mais passés quatre mois et voyant que les pouvoirs de Métamorphomage de sa fille ne revenaient pas, elle avait décrété qu'il lui fallait aller de l'avant, tourner la page. Nymphadora ne lui en voulait pas, elle savait que sa mère agissait ainsi car elle s'inquiétait de la voir dans cet état. Elle aurait simplement aimé qu'elle lui accorde encore un peu de temps, qu'elle accepte sa patience, qu'elle lui fasse confiance lorsqu'elle lui disait qu'il avait juste besoin de temps mais qu'elle ne pouvait pas lui en expliquer les raisons.
Alors voilà, Tonks ne voulait pas passer une journée enfermée avec quelqu'un qui ne la comprenait pas. Elle préférait mieux ruminer seule chez elle. Bien sûr, Molly l'avait conviée au Terrier. Mais l'idée de passer Noël avec des gens qui ignoraient tout de son malaise mais regardaient ses cheveux d'un air curieux qu'ils peinaient à cacher, devoir sourire alors qu'elle n'en avait pas envie… non, vraiment, sans façon. Et c'était encore pire de devoir composer avec le regard plus que compatissant de quelqu'un qui savait. Molly était une amie mais, parfois, même les amis ne pouvaient régler nos problèmes. Être seule lui avait paru plus sain pour elle.
Néanmoins, à présent qu'elle entendait les enfants s'extasier devant leurs cadeaux et les chants de Noël résonner dans tout l'immeuble, un sentiment de vide la gagnait. Oh ! elle n'avait pas davantage envie de se retrouver entourée. Lorsqu'elle s'imaginait chez ses parents ou au Terrier, une sorte de nausée l'assaillait. Elle se sentait le cœur au bord des lèvres. Petite chose qu'un rien rendrait malade.
Écouter ses chansons favorites pour lui changer les idées ? Une migraine pointait déjà le bout de son nez.
Lire un bon roman pour s'évader ? Elle se voyait relire la même phrase plusieurs fois, invisible, incompréhensible tant son esprit était occupé ailleurs.
Cuisiner ? Les odeurs l'écœuraient presque sans que ses narines aient eu le temps de frémir.
Sortir prendre l'air ? Elle était lasse avant même d'avoir bougé.
Elle passa ainsi en revue les différentes activités qui s'offraient à elle, mais à chaque fois ce fut la même chose : elle se sentait incapable de s'y adonner avant même d'avoir essayé, trop dégoûtée, abattue, mollassonne…
En désespoir de cause, elle eut l'idée de faire du tri dans ses affaires. Elle gardait de nombreuses bricoles, accumulait divers parchemins et coupures de presse, les empilant en attendant de trouver le temps de les classer. Elle se dit que faire le vide, éliminer ce qui n'était pas utile lui semblerait positif et plus productif que se remettre au lit. Comme libérateur aussi. Elle s'attela donc à la tâche après s'être forcée à mastiquer une tranche de pain qu'elle eut du mal à déglutir.
oOoOoOoOoOo
Au milieu de sacs poubelle et de piles bancales de papiers, chemises, cahiers et calepins de toutes sortes où s'agrippaient plusieurs moutons de poussière, Tonks était assise en tailleur, redécouvrant des documents dont elle avait parfois oublié l'existence. À l'instant, elle avait remis la main sur un vieil album photo et elle se dit qu'une petite pause était de rigueur. Elle se releva donc pour s'installer dans son canapé et commença à le feuilleter. Une certaine nostalgie l'envahit alors que les clichés des précédents Noël se présentaient.
La sonnette de son appartement retentit soudain, la faisant légèrement sursauter. Qui cela pouvait-il bien être ? Ses parents ? Elle pensait pourtant avoir été convaincante lorsqu'elle leur avait parlé de cette fausse mission. Mais bon, sans ses pouvoirs, elle avait moins l'habitude de contrôler les expressions de son visage et sa mère était bien du genre à vouloir contrôler par elle-même que sa fille ne se morfondait pas toute seule dans sa tanière le jour de Noël. Elle soupira en silence. Si elle ne bougeait pas, ils repartiraient, persuadés dorénavant qu'elle avait dit la vérité. Elle attendit donc un moment, guettant un son qui lui indiquerait que ses visiteurs abandonnaient. Mais les échos des festivités voisines ne lui permettaient pas de distinguer quoi que ce soit en particulier. Elle entreprit alors de s'étendre sur son canapé de façon à avoir sa porte d'entrée dans son champ de vision, cherchant une ombre quelconque bien qu'elle sache pertinemment qu'elle ne pourrait pas en apercevoir à travers le bois opaque qui la constituait. Dans son geste, elle jura avant même que le bris de verre retentisse. Avec sa maladresse légendaire, son pied avait percuté le vase posé sur la table basse. Elle retint sa respiration inutilement, attendant avec fatalité le nouveau coup de sonnette qui se fit entendre une seconde plus tard.
Elle soupira. Elle n'avait plus le choix. Ses parents lui en voudraient de les avoir évités et de leur avoir menti et elle ne voulait pas les blesser, il était encore temps de prétendre qu'elle venait de rentrer de sa mission. Elle grimaça à cette idée. Elle n'aimait pas leur mentir. Un coup d'œil dans le miroir qui ornait son entrée la dissuada d'ailleurs : elle n'avait franchement ni la tête ni la tenue de quelqu'un qui revient du terrain. Elle leur dirait donc qu'elle était malade et trop faible pour sortir aujourd'hui, ce qui avait un fond de vérité. La lassitude la reprit à cette pensée et elle n'essaya même pas de se composer un masque plus enjoué. Tant pis s'ils ne comprenaient pas… Elle ouvrit donc la porte tout en disant :
- Je suis désolée, je ne suis pas en é…
Elle resta bouche bée une fraction de seconde en découvrant l'identité de celui qui se trouvait en réalité sur son palier et, sans réfléchir, claqua automatiquement la porte au nez d'un Remus plus qu'étonné. Son cœur se mit à battre la chamade dans sa cage thoracique tandis qu'elle fixait bêtement le battant en bois, interdite. Que faisait-il là ? Elle n'avait pas eu de nouvelles de lui depuis quatre mois, même Molly ignorait encore la veille de Noël s'il serait présent au Terrier… et il était là. Devant chez elle. Sans prévenir.
Un coup timide fut frappé à la porte, la sortant de son état catatonique. Était-elle folle ? Elle déprimait de ne pas l'avoir vu depuis tout ce temps et elle ne trouvait rien de mieux que de lui claquer la porte au nez ? Lui claquer la porte au nez ! D'accord, elle avait été choquée mais elle imaginait sans peine le combat intérieur qu'avait dû se livrer Remus à l'instant pour ne pas prendre ses jambes à son cou alors elle devait se reprendre tout de suite avant qu'il disparaisse définitivement. Par habitude plus que par coquetterie, son regard rencontra son double dans le miroir situé à sa gauche mais elle secoua la tête dépitée. Pas le temps d'avoir meilleure mine de toute façon, c'était peine perdue. Elle se contenta de refermer son peignoir pour tenter de cacher un peu son pyjama hideux et ouvrit à nouveau.
Ils s'observèrent en silence pendant quelques secondes puis elle osa un « salut » contrit. Remus le lui rendit, encore sous le choc de constater, qu'effectivement, elle passait Noël seule chez elle et visiblement pas en grande forme.
- Désolée pour…
- Hum ? Oh, non… c'est moi… j'aurais dû prévenir. Je n'aurais pas dû… débarquer comme ça, chez toi…
- Tu veux entrer ? le coupa-t-elle pour mettre fin à son embarras.
Il hocha la tête et s'avança en réponse à l'invitation muette de Tonks qui s'était écartée et lui présentait son salon d'une main. Il se stoppa néanmoins rapidement devant le spectacle qu'offrait cette pièce. Tonks surprit son regard perplexe et précisa :
- Oh, ne fais pas attention au bazar. J'étais juste… euh… en train de faire du tri, finit-elle un peu mal à l'aise devant l'image pathétique que cela renvoyait.
Elle était seule le jour de Noël et elle faisait… du tri ? Il se morigéna doublement mentalement.
- Tu… tu ne voulais pas venir au Terrier ? Parce que si c'est ma présence qui…
- Ta prés… ? Non ! Bien sûr que non. C'est juste que j'avais besoin d'être seule aujourd'hui. Ce n'est pas à cause de… enfin, je voulais juste être seule, ne t'en fais pas.
Les mâchoires de Remus se crispèrent. C'était à cause de lui, évidemment, comme elle venait de le confirmer en ne parvenant pas à finir sa phrase. Son sentiment de malaise augmenta et face à cela il se réfugia derrière ses mots : elle voulait être seule.
- Oui, je comprends, je vais… désolé d'être passé à l'improviste.
- Remus, lui dit-elle sérieusement en soupirant légèrement, lasse du combat qu'elle devait à nouveau livrer. Tu sais très bien ce que j'ai voulu dire. Je ne savais même pas que tu serais là. Tu n'as pas… Peu importe. Si je ne voulais pas te voir, j'aurais laissé cette porte fermée tout à l'heure, tu ne crois pas ?
- Ça aurait été justifié, se désola-t-il encore plus avant de se rendre compte d'une chose.
Nymphadora semblait tellement triste, fatiguée… comme éteinte. De quel droit venait-il l'accabler davantage avec ses états d'âme ? Ce jour de fête parmi tant d'autres par-dessus le marché ? Il n'aimait pas la voir comme ça, tout était sa faute, il se devait de tâcher de lui remonter le moral. Aussi ajouta-t-il d'un ton plus léger :
- Mais tu n'es pas aussi malpolie.
Elle releva les yeux vers lui, quelque peu interloquée. Ne sachant trop comment réagir elle glissa simplement un « sans doute » neutre en lui indiquant son canapé d'une main. Ils s'y assirent en silence puis Remus lança la conversation. Ce n'était pas le sujet le plus joyeux qu'il pouvait trouver mais ce point lui tenait à cœur et il voulait absolument l'éclaircir :
- Harry m'a dit que ton Patronus a changé …
- Ah, génial, il t'a raconté ma super entrevue avec Rogue, maugréa-t-elle dépitée et… blessée ?
Remus fronça les sourcils.
- Que s'est-il passé ?
- Oh, tu sais, rien de bien important, tenta-t-elle d'écarter le sujet en comprenant qu'il ne connaissait pas les détails. C'est Rogue, il n'est pas connu pour sa délicatesse, tu sais bien…
- Il t'a fait une remarque désobligeante ? demanda-t-il d'une voix blanche.
- Peu importe, ça m'est égal…
- … je suis désolé.
- De quoi ?
- C'est à cause de moi. Tu vois bien, si…
- Non, Remus ! dit-elle un peu abruptement alors que la frustration la gagnait. Je t'arrête immédiatement, si tu es venu pour me rembarrer encore une fois, tu sors tout de suite.
Elle se massa les tempes nerveusement et, finalement, décida de mettre les points sur les i quitte à le faire fuir.
- Enfin, oui, c'est à cause de toi, mais pas pour les raisons que tu crois être les bonnes. Si tu ne me repoussais pas, Rogue n'aurait eu aucune raison de s'en prendre à moi parce que j'aurais été capable de produire un Patronus qui l'aurait tellement ébloui qu'il en serait encore aveugle aujourd'hui !
Elle s'était levée tout en débitant cette tirade sortie sans réelle préméditation, un doigt accusateur pointé vers lui. Remus l'observait, assez interloqué mais avant tout ravi de voir qu'elle était encore capable de s'emporter ainsi avec véhémence, avec passion… Et il savait que le moment était assez capital, crucial pour elle comme pour lui. Peut-être était-ce d'ailleurs ce climat empreint d'une certaine gravité qui le poussa dans une direction opposée, suivant la pseudo-révélation qui l'avait saisi avant qu'ils ne prennent place dans le sofa, car il ne put s'empêcher de la taquiner :
- Wow, rien que ça ?
Elle le regarda, les yeux écarquillés le temps que dura sa surprise, puis voyant le sourire en coin que Remus avait du mal à retenir, elle réalisa qu'il ne se moquait pas d'elle ou… disons plutôt, qu'il était assez détendu pour apprécier l'humour exagéré qui était sorti de sa propre bouche un peu malgré elle – sa façon inconsciente de dédramatiser. Il ne riait donc pas d'elle, il voulait rire avec elle – comme avant, ne put s'empêcher de souffler une petite voix dans sa tête – et lorsqu'elle le réalisa, la tension qui l'habitait se libéra d'un coup. Elle prit conscience de son doigt ridicule toujours pointé vers lui et lui asséna une gentille tape sur l'épaule accompagnée d'un sourire naturel et d'un « t'es bête ». Remus lutta en vain contre son propre sourire qui frémissait au souvenir de cet emportement et reprit avec tout le faux sérieux qu'il put :
- Non mais vraiment, aveugle… wow ! Je prendrais mes lunettes de soleil la prochaine fois qu'on ira en mission ensemble.
L'image de Remus avec des lunettes de soleil leur parut tellement incongrue qu'ils éclatèrent de rire sans pouvoir se retenir. Une vraie crise de fou rires comme on n'en a jamais assez. De celles qui ne se contrôlent pas, qui nous font mal aux côtes mais pourtant tellement de bien.
Complices.
Ils étaient à nouveau complices pour leur plus grand bonheur bien que l'un d'eux n'en soit pas encore tout à fait conscient.
Jusqu'à quand ? se demanda la petite voix craintive dans sa tête mais Tonks la chassa rapidement. Profiter. Elle devait juste profiter de l'instant présent, de ce baume au cœur. Le reste viendrait bien assez vite, quel qu'il soit.
Après deux ou trois accalmies et reprises, l'un entraînant l'autre dans cette crise de joie nerveuse salvatrice, le rythme de leurs soubresauts se calma, chacun parvint à reprendre sa respiration et ils se laissèrent tomber mollement presque à l'unisson contre le dossier du canapé.
Le silence reprit ses droits mais il était bien moins incommodant qu'au tout début de leur entrevue. Tonks n'hésita qu'une seconde avant de poser sa main sur la sienne doucement et de lui dire en fixant le mur devant eux :
- Merci.
Remus frémit d'instinct au contact mais n'eut même pas l'idée de se retirer et tourna son visage étonné vers elle.
- Pour quoi ?
- D'être venu aujourd'hui. J'avais décrété avec fatalité ce matin que cette journée serait l'une des pires de ma vie. Grâce toi ce n'est plus le cas.
- Hum… se contenta-t-il d'acquiescer alors que la culpabilité recommençait à le ronger et qu'il pensa « espérons que ça dure ».
- Remus, même sans te regarder je vois le pli d'inquiétude entre tes sourcils qui réapparaît. Arrête de te torturer. S'il te plaît, ajouta-t-elle en se tournant cette fois-ci vers lui et en effleurant d'un doigt la zone précitée. Est-ce qu'on ne peut pas juste être bien, là, comme ça, tous les deux ? Est-ce que ça doit forcément être plus compliqué ? Est-ce qu'on doit souffrir tous les deux ? Si tu es venu c'est parce que tu… tu t'inquiétais pour moi, non ? demanda-t-elle plus timidement en baissant le regard.
- Oui, avoua-t-il dans un souffle.
- Et tu ne penses pas que… peut-être que ça veut dire que…
Elle n'arrivait pas à le dire, elle ne voulait pas qu'il nie, qu'il réfute avoir des sentiments plus forts qu'une simple amitié, c'était une question trop directe. Aussi chercha-t-elle de l'aide en relevant la tête et en plantant ses prunelles dans les siennes. Alors, imperceptiblement, comme hypnotisés, ils se rapprochèrent peu à peu jusqu'à ce que leurs yeux se ferment, que leurs lèvres se trouvent enfin, que leurs mains cherchent l'autre, la joue de l'autre, sa nuque, ses cheveux, que leurs souffles se mêlent, de plus en plus erratiques, jusqu'à ce que leurs langues se séparent malgré elle, que leurs fronts se soutiennent. Et qu'ils recommencent.
Finalement, ce jour de Noël semblait bien parti pour être l'un des meilleurs de sa vie.
:D
