Auteur Note :

Je sais que j'arrive un peu tardivement sur ce fandom mais comme on dit: il n'est jamais trop tard ! Le Flight a été le fandom qui m'a ouvert à l'addiction qu'est la lecture de fanfiction d'ailleurs, et il restera toujours dans mon cœur.

Avant toute chose, je tiens à préciser que cette histoire est mon tout premier essai d'écriture de fanfiction, donc soyez indulgents :) Il se peut que vous constatiez quelques erreurs de français ici et là (malgré mes nombreuses relectures, je n'ai jamais été bonne à ça haha), et que mon style d'écriture ne soit pas parfait.

Ma frustration de ne plus avoir grand chose à me passer sous la dent est à l'origine de la mise en ligne de cette histoire. Qui sait ? Peut-être qu'elle plaira à certaines personnes qui attendaient patiemment de nouvelles histoires dans ce fandom ?

Autres précisions qui me semblent importantes à indiquer:

- je n'ai jamais joué à Final Fantasy XIII (à aucun FF je dirais même), donc j'ai un peu remanié à ma sauce certains éléments et peut-être qu'il y aura certaines incohérences avec l'univers du jeu. J'ai également inventé plusieurs lieux et personnages car je ne connais que les grandes lignes de FFXIII.

- je suis friande de Angst et de Drama, le ton de mon histoire risque d'en frustrer plusieurs je pense.

Sur ce, je vous laisse découvrir mon récit ;)

PS: gros clin d'oeil à mon Reblochon, ma lectrice de toujours, qui m'a motivée à me lancer dans l'écriture. Cœur à toi.

Résumé:

Dans un monde abandonné par les dieux, deux nations se déchirent depuis des décennies. Les pulsiens, guerriers invétérés vivants sur le territoire de Gran Pulse et ayant la capacité d'invoquer des dragons, se confrontent depuis la nuit des temps aux cocooniens, civilisation s'appuyant sur la technologie et la science pour se défendre. Cette guerre millénaire qui a toujours maintenu un certain équilibre est néanmoins sur le point de basculer.

Une lueur d'espoir existe toujours.

Elle réside à travers des yeux azurs.


Chapitre 1

"Allez mes chéries, c'est l'heure d'aller dormir."

Un mouvement de tissu se fit entendre, relatant l'indignation du petit corps emmitouflé dans le cocon de couverture "Mais maman, tu nous avais promis une histoire !" s'exclama une petite voix fluette.

La jeune femme s'approcha alors d'un des lits de la pièce et s'y assit délicatement avant de caresser les quelques mèches rosâtres qui dépassait du duvet.

"Très bien mon cœur mais une rapide, il ne faut pas que vous vous couchiez trop tard". Le petit cri de joie que poussa sa fille tira un léger sourire à la jeune femme. Son regard azuré se tourna alors sur sa gauche, où une seconde forme se redressa en silence de l'autre lit, curieuse elle aussi d'écouter l'histoire qui allait être contée.

"Alors dites-moi, quelle histoire voulez-vous que je vous raconte ce soir ?"

"Celle sur la princesse qui mange la grenouille !" s'écria à nouveau la petite voix aigüe.

"Elle n'a pas mangé la grenouille, elle lui a juste fait un bisou." rectifia la figure du second lit dont la voix un peu plus grave indiquait sa légère maturité « Et puis elle est nulle cette histoire, qui ferait un bisou à une grenouille ? C'est sale."

"Ben moi ! Et puis c'est toi qui es nulle d'abord !" se révolta la plus jeune avant de tirer la langue. Sa grande sœur roula des yeux face à ce comportement puéril sans pour autant le commenter.

La mère des deux jeunes filles rit doucement en voyant l'échange entre ses enfants. "Et si je vous racontais plutôt l'histoire d'Etro et des L'Cies ?" Elle sourit à nouveau avant de se pencher et de continuer à voix basse. "C'est une histoire que votre grand-mère m'avait raconté quand j'étais petite. Je compte sur vous les filles pour garder le secret dans la famille." dit-elle finalement avant de faire un rapide clin d'œil conspirateur à ses enfants. Les deux petites têtes rosées se tournèrent vers elle avec attention et acquiescèrent en cœur, intriguées par leur mère.

Cette dernière se redressa doucement avant de commencer son récit. "Cette histoire se passe il y a plusieurs siècles de ça, lorsque Cocoon et Gran Pulse ne formait qu'une seule et unique nation. A cette époque-là, deux dieux s'occupaient de répondre aux besoins du peuple-"

"Bhunivelze et Etro !" interrompit la petite voix. "C'est ce qu'ils disent à l'école."

"Oui, tout à fait Serah. Tu te souviens aussi de ce qu'ils ont offert aux Hommes mon cœur ?"

La plus jeune de ses filles sembla réfléchir intensément pendant quelques instants.

"Des fleurs en chocolat ?" proposa-t-elle d'un ton incertain.

"Bhunivelze a offert la science et la technologie. C'est grâce à lui qu'on sait soigner les maladies graves." corrigea l'aînée.

Sa cadette fronça les sourcils et fit la moue, contrariée de s'être faite de nouveau reprendre par sa sœur. Sa mère lui caressa alors les cheveux pour la réconforter.

"Et qu'a offert Etro ?" continua la jeune femme.

Cette fois-ci, la petite Serah ne tenta pas de répondre à la question et tourna un regard provocateur à sa grande sœur, la défiant de trouver la bonne réponse. L'aînée fronça à son tour les sourcils, cherchant dans sa mémoire ce dont elle se souvenait de la déesse qui était souvent associée à la mort. Elle prit un certain moment à mettre ses idées en ordre.

"La…la magie ?"

Le visage sérieux et l'hésitation de sa fille fit à nouveau rire la maman.

"Non Claire, mais on pourrait presque dire que c'était un cadeau magique."

Ses deux filles penchèrent d'un même mouvement, leur tête sur le côté, ne comprenant pas où voulait en venir leur mère.

"Etro adorait le ciel et voulait faire profiter les Hommes de ce cadeau de la nature. Elle leur a donc offert la possibilité d'appeler des dragons afin de les chevaucher et de voler parmi les cieux."

Les deux jeunes filles laissèrent s'échapper un oooooh d'admiration, leurs yeux brillants d'envie.

"Mais maman." commença alors à s'interroger l'aînée. "A l'école ils disent qu'il n'y a que les gens qui vivent à Pulse qui peuvent utiliser des dragons. Et se sont des méchants dragons qui mangent les cocooniens."

La plus jeune des deux filles fut totalement épouvantée par l'explication de sa grande sœur et se cacha d'un mouvement brusque, sous ses couvertures. "Je veux pas me faire manger !" s'exclama-t-elle. La mère des deux enfants lança un regard réprobateur à la plus âgées, qui culpabilisa légèrement lorsqu'elle vit sa cadette sangloter dans sa couette.

La jeune femme se pencha alors vers sa fille et lui frotta le dos à travers la couverture afin de la rassurer. "Mais non mon cœur, les dragons ne sont pas méchants. Ils sont comme des meilleurs amis qui veulent protéger et rendre heureux leur maître. Tu veux que je m'arrête là ma chérie ? Si tu as peur on peut changer d'histoire."

La couette remua plusieurs fois avant de laisser apparaître des petites pupilles bleues claires fixer leur génitrice.

"Non, je veux savoir la suite."

Sa mère lui baisa affectueusement le front avant de continuer. "Très bien, alors Etro avait décidée d'offrir la possibilité aux Hommes de voler. Son peuple très heureux de ce cadeau surprenant, commença à favoriser Etro à Bhunivelze. Cependant, le dieu Bhunivelze devint de plus en plus jaloux de sa consœur et décida d'offrir des services personnels aux Hommes qui choisiraient de le suivre plutôt qu'Etro. Cet évènement marqua le début de la césure entre le peuple autrefois unis."

"Oh ! Alors c'est comme ça que les cocooniens et les pulsiens se sont séparés !" s'exclama à nouveau Serah, qui venait enfin de sortir totalement sa tête de son duvet.

"En partie oui."

Le visage de la maman s'assombrir néanmoins progressivement, ses pupilles bleues ciel s'emplissant d'une grande tristesse "Ce qui provoqua la réelle rupture entre les cocooniens et les pulsiens est un évènement bien plus tragique mon cœur."

Ses deux enfants retinrent leur souffle sentant approcher le dénouement de cette histoire intrigante.

"Un jour, le dieu Bhunivelze prit une grave décision : il choisit d'éliminer la déesse Etro, qui selon lui, faisait trop d'ombre à la grandeur de sa personne. A la mort de la déesse, tous les adorateurs de Bhunivelze perdirent leur capacité à invoquer leur dragon en conséquence de la traîtrise de leur patron protecteur."

Un cri aigue fit sursauter la plus grande des petites filles qui tourna la tête vers sa sœur, contrariée de s'être faite assourdir les tympans.

"Non ! Pourquoi il a fait ça ! Etro était gentille, elle avait donné des meilleurs amis à tout le monde !" dit la cadette, ignorant volontairement le regard accusateur provenant de l'autre lit.

La mère s'arrêta un instant dans son récit afin d'observer ses enfants, elle remarqua que ses deux petites filles avaient les yeux légèrement plus humides qu'à leur habitude. "Parfois la jalousie peut faire faire des bêtises aux gens, même aux dieux." sourit-elle avec regret. "Après cet évènement, les Hommes ayant perdus ce don commencèrent à se retourner contre leur ancien protecteur et lui reprochèrent leur nouvelle condition. Agacé par le comportement de ses anciens fidèles, Bhunivelze se détourna des Hommes et disparu de la Terre, laissant les malheureux ayant perdu le cadeau de la déesse, se morfondre sur eux-mêmes. Puis, tout comme leur ancien patron, ces derniers devinrent jaloux de ceux qui avaient pu garder le don d'Etro." continua-t-elle.

"Et c'est comme ça qu'ils ont commencé à attaquer ceux qui étaient restés amis avec Etro." conclut l'aînée, comprenant que le cycle se répétait à nouveau.

"Tout à fait mon cœur." acquiesça la jeune femme. "C'est comme ça que la guerre entre les cocooniens et les pulsiens a réellement commencé. D'un côté, les cocooniens, ceux qui se sont tournés vers la technologie à défaut de pouvoir invoquer leur dragon. De l'autre, les pulsiens, ayant abandonnés toutes technologies et utilisant le dernier don que leur avait laissé leur déesse protectrice avant sa mort."

"Mais alors, c'est quoi un L'Cie dans ton histoire maman ?" demanda doucement Claire, provoquant un léger sourire sur le visage de sa mère. Le regard empli de fierté, la jeune femme admira la capacité d'analyse de sa fille encore toute jeune.

"Une partie de la population pulsienne a également perdue sa capacité à appeler leur dragon car leur lien avec Etro s'est amenuisé progressivement avec les siècles passants. Les personnes restantes ayant encore la capacité d'utiliser le don d'Etro se sont alors fait appeler les L'Cies."

Un léger silence s'installa dans la chambre, laissant le temps aux deux petites filles de bien comprendre, et d'assimiler toutes ces nouvelles informations qui contredisaient tous ce qu'elles avaient appris à l'école.

Dans leurs livres de classe, le dieu Bhunivelze était toujours décris comme un être tout-puissant et bienfaiteur, ayant apporté la salvation au peuple de Cocoon. Etro était quant à elle, dénigrée et assimilée à la mort ainsi que toutes les mauvaises choses qui pouvaient arriver aux êtres humains, car elle était vénérée par les pulsiens. L'honorer était prohibé et strictement interdit par la loi à Cocoon. L'une des règles principales des cocooniens, qu'ils suivaient à la lettre, étant : tout ce qui est en rapport avec les pulsiens est mauvais. La déesse ne pouvait alors qu'être malveillante.

"Elle est trop triste ton histoire maman." finit par ajouter Serah avant de bailler. Elle avait lutté contre son sommeil durant les vingt dernières minutes, souhaitant écouter l'histoire jusqu'à la fin. L'aînée sembla quant à elle plongée dans une grande réflexion par rapport à toute cette histoire.

Leur mère sourit alors avec chagrin. "La guerre c'est triste ma chérie…toujours triste."


C'est en sursaut qu'elle se réveilla ce matin-là, la respiration saccadée.

Reprenant son souffle avec difficulté, elle tourna la tête vers son réveil pour vérifier l'heure qu'il était. 4h30 du matin. Elle grommela de fatigue, se maudissant de s'être réveillée aussi tôt sachant qu'elle allait devoir se lever dans moins de deux heures, pour se préparer à aller travailler. Elle soupira longuement et s'allongea à nouveau d'un mouvement brusque dans l'espoir de retrouver le sommeil. Ce qui n'arriva malheureusement pas.

Elle tourna dans ses couvertures pendant une bonne dizaine de minutes, sans jamais y arriver.

Frustrée, elle finit par se mettre sur le dos et fixa intensément le plafond, repensant au rêve qui l'avait fait sortir de son sommeil. Sa mère. Elle avait rêvé de sa mère qui racontait l'histoire qui avait tant marqué son enfance, et qui lui avait fait ouvrir les yeux sur bien des aspects de la vie à Cocoon. Les rêves sur sa mère étaient très rares et elle se sentait toujours mal après les avoir faits. Cette femme qui les regardait, elle et sa sœur, avec amour et compassion, était décédée d'une maladie alors qu'elles étaient respectivement âgées de quinze et de douze ans. Leur père, lui, les avait quittés bien avant leur mère, durant un conflit avec Pulse.

La disparition de leur dernier parent avait profondément affecté les deux jeunes filles. Claire s'était refermée sur elle-même, abandonnant son nom de naissance afin de s'occuper de sa sœur, et entra par la suite dans la Garde Civile de Bodhum. Serah choisit quant à elle de suivre des études de médecine à l'université afin de venir en aide à ceux dans le besoin.

Elle ferma les yeux, son visage se contorsionnant légèrement de douleur. Inconsciemment, elle laissa sa main venir se positionner sur le dessus de son t-shirt, se refermant doucement sur le tissu. Sentant un certain malaise, et son sommeil ne revenant toujours pas, elle décida finalement de se lever pour aller prendre quelque chose à boire.

Le foyer Farron vivait un peu plus à l'écart du centre de la cité côtière de Bodhum, dans une canopée légèrement isolée des touristes. Sa sœur et elle, résidaient dans une petite maison simple et sans excès, son salaire de sergent dans la Garde Civile leur permettait de vivre assez décemment.

Tentant de descendre les escaliers sans faire trop de bruit, la jeune femme se dirigea dans la cuisine. Elle chercha dans l'un des placards un verre, et alla se servir une boisson dans le frigo. Tout en sirotant son verre, elle s'approcha de la baie vitrée qui donnait vue sur la plage, se laissant emporter par ses songes en observant la Lune.

"Claire ?"

L'interpellée sursauta légèrement, ne s'attendant pas à entendre la douce voix de sa petite sœur. Elle se détourna de la baie vitrée pour observer la jeune fille.

"Tu ne devrais pas te lever plus tard normalement ?" continua la nouvelle arrivante avant de s'avancer dans la cuisine en se frottant les yeux. Elle vérifia l'heure qui s'affichait sur le four. "Il n'est que 4h47." bailla-t-elle doucement, fatiguée de s'être levée avant ses heures habituelles.

"Je t'ai réveillée ?"

"Non, non. Je me réveille toujours avec plaisir et fraîcheur, tous les jours à 4h47 du matin." répondit la plus jeune avec sarcasme.

"Désolée." ajouta simplement l'autre.

La jeune fille fronça les sourcils, intriguée par le comportement de son aînée. "Ça ne va pas Claire ?"

"Tout va bien ne t'inquiètes pas. Je n'arrivais plus à dormir." elle se tut un instant avant de s'excuser à nouveau. "Désolée de t'avoir réveillée."

"Oh tu sais, avec mes études de médecine j'ai appris à me lever tôt et à me coucher tard." plaisanta sa petite sœur. Claire se retourna légèrement et lui offrit l'un de ses rares sourires. Depuis la mort de leur mère, la jeune femme n'affichait que très peu ses émotions, restant très distante avec les autres, et conservant continuellement une façade stoïque. Sa petite sœur était la seule personne qui avait l'occasion de voir son côté plus chaleureux et détendu.

L'aînée vint s'assoir sur le canapé du salon et fit signe à sa sœur de la rejoindre, ce qu'elle s'empressa de faire avant de prendre la main de sa grande sœur. Elle déposa sa tête contre son épaule et toutes deux restèrent dans un silence confortable.

"J'ai rêvé de maman." finit par avouer le sergent après de longues minutes.

Le cœur de Serah se pinça à la confession de sa sœur.

Avec les années passantes, rares étaient les fois où Claire décidait de s'ouvrir. Prenant à cœur ses responsabilités et voulant subvenir à tous les besoins de sa cadette, la soldate s'était renfermée dans une carapace impénétrable. Ce comportement avait déjà provoqué plusieurs disputes au sein du foyer, et finissait toujours de la même façon, c'est-à-dire avec un râle désapprobateur de l'étudiante et un détachement total de la sergente.

Légèrement attristée par les maux qui semblaient encore hanter sa grande sœur, Serah chercha à croiser le regard azuré de son aînée, elle ne rencontra cependant que le profil rigide de la soldate. Après plusieurs tentatives, elle se décida tout de même à parler. "Oh Claire ! Tu aurais pu venir dans ma chambre."

La concernée tourna légèrement la tête et leva l'un de ses sourcils, surprise par la curieuse réaction de sa sœur.

"Sérieusement ?" demanda-t-elle sceptique.

"Sérieusement !"

"A vingt-trois ans, je serais allée dormir dans la chambre de ma petite sœur fragile et innocente de vingt ans, à 4h47 du matin afin de chercher du réconfort ?"

"Tout à fait !" continua Serah, passant outre le résumé grossier de son aînée. "Et puis je ne suis plus fragile, ni innocente ! Je viens d'être diplômée je te rappelle, tu as de la chance de vivre avec une petite sœur aussi adorable et douée que moi. J'ai sauté plusieurs classes en maternelle je te signale."

La soldate roula des yeux, se rappelant comme si c'était hier de sa petite sœur de cinq ans, les yeux larmoyants, venir la supplier de l'aider à faire ses devoirs afin d'impressionner le petit Jérémy de sa classe de première section.

"Huhum, quelle chance en effet." dit-elle en laissant apparaître un sourire en coin presque imperceptible.

Serah lui tira la langue mais se fit totalement ignorer par son aînée. Elle glissa néanmoins discrètement son bras dans celui de sa grande sœur, avant de resserrer doucement sa prise.

"J'y pense, d'ailleurs." commença-t-elle d'une mine faussement subtile. "N'oublie pas que ce soir on va fêter mon diplôme au bar de Lebreau." Claire se crispa, prise de court par le subit changement de sujet.

Elle pouvait toujours compter sur Serah pour tourner les discussions à son avantage. Toujours. Sa cadette avait déjà tenté à plusieurs reprises de la convaincre de venir à cette fameuse soirée. Sans succès bien entendu. Ce n'était pas dans ses habitudes de sortir, et elle ne comptait pas changer ça.

Faisant mine de n'avoir rien entendu, la soldate se détacha de l'emprise de sa petite sœur et se dirigea dans sa cuisine pour nettoyer son verre.

"Je n'ai jamais dit que je viendrais." fini-t-elle par dire après un moment de silence.

"Mais Claireuuuh ! Tu m'avais promis qu'on passerait plus de temps ensemble…je ne te vois presque jamais avec tes missions à la Garde Civile."

L'argument de l'étudiante sembla avoir fait mouche. La soldate tressaillit légèrement, comme touchée par une flèche invisible de culpabilité. Elle tourna discrètement la tête au-dessus de son épaule et put observer la posture résignée de sa cadette. Elle ferma les yeux et tenta de réfléchir à ce qui pourrait la faire changer d'avis pas rapport à cet évènement.

La fête allait être organisée dans le bar NORA de Lebreau. Ça, ça ne lui posait pas de réel problème. L'établissement était plutôt agréable, il lui était d'ailleurs déjà arrivé d'y aller afin de se changer les idées lors de ses pauses.

Il y avait cependant un très gros bémol qu'elle ne pouvait ignorer dans l'équation : le lieu était le repère d'un groupe d'énergumène majoritairement composé d'idéaliste à la testostérone. Et ça, ça ne passait pas. Pas du tout même. Enfin, pour finir en beauté, il était quasi-sûr et certain qu'elle allait croiser l'être qui la révulsait le plus au monde, sachant qu'il allait forcément être invité à la soirée. Ce dernier argument à lui seul, lui indiqua la décision à prendre.

Nop, elle allait passer son tour.

Elle revint dans le salon, prête à décliner l'offre de sa cadette avec fermeté, mais fit l'erreur de croiser les pupilles de cette dernière. Brillantes de larmes et suppliantes. Cette scène la coupa clairement dans son élan, faisant s'effriter sa conviction à grande vitesse. Pourtant elle le savait très bien, les yeux doux de sa cadette arrivaient toujours à la faire vaciller.

Elle entrouvrit la bouche, se répétant tel un mantra, ce qu'elle allait devoir subir si elle acceptait d'aller à cette soirée. A son grand malheur, la réponse qui réussit enfin à sortir de sa bouche ne suivit pas les demandes de sa conscience.

"Bon très bien…" céda-t-elle à contrecœur.

"Yes !" s'écria Serah en faisant un geste de la victoire vers le ciel.

Les larmes qui semblaient auparavant, être sur le point de tomber, disparurent aussi rapidement qu'elles étaient apparues. Comme elle s'y attendait, elle s'était faite avoir, et elle s'y était jetée la tête la première qui plus est…

Fragile et innocente avait-elle dit ? Manipulatrice et fourbe seraient les mots les plus appropriés.

"Tu ne peux plus te défiler maintenant ! Tu viens de confirmer ta présence."

La soldate ne répondit que par un roulement des yeux, et grommela des mots incohérents dont la plus jeune ne pus déceler que « plus jamais » et « maudite ».

"Sur cette superbe promesse, je vais aller me recoucher pour être en forme pour la fête." continua l'étudiante. "On se voit ce soir Claire."

Elle fit un clin d'œil à son aînée puis disparue dans les escaliers.

Claire fixa avec affection sa sœur s'éclipser malgré le mauvais coup bas qu'elle venait de lui faire. Son regard se tourna finalement vers l'heure de leur four et elle décida d'aller se préparer pour sa journée de travail. Il était sûr et certain que son sommeil n'allait plus revenir, elle s'y était résignée.

Sa journée allait s'annoncé longue, et pas parce qu'elle allait arriver avec de l'avance…


C'était déjà le début d'après-midi dans le petit village d'Oerba. Le hameau était situé sur Gran Pulse, aussi appelé le grand continent. Il regroupait sur son territoire tous les types de climats possibles à travers ses forêts, ses montagnes, ses déserts et ses étendues d'eau. Comparé au petit continent qu'était Cocoon, et qui se trouvait majoritairement en bordure de mer, Gran Pulse était connu pour ses grandes étendues sauvages ainsi que sa faune et flore aussi diversifiées que dangereuses.

La vie à Oerba y était généralement calme et paisible, les villageois vivant principalement de chasse. Son emplacement dans le continent pulsien en faisait une ville de passage pour les autres villages alentours et les marchands. Il était également reconnu à travers la contrée pulsienne pour ses guerriers-dragons très entraînés et redoutés, appelés Drakomai. De nombreux oerbans étaient devenus des références de guerre au cours des siècles de conflits avec les cocooniens.

Contrairement à Cocoon qui était dirigé par une seule entité appelée le Sanctum, Gran Pulse n'avait pas de réel gouvernement. Chaque village suivait les ordres d'un chef. Seul à de rares occasions un conseil regroupant les différents leaders des villages, était conduit afin de traiter certains sujets ou afin d'aider les villes et villages en difficultés. L'entraide était donc de mise pour survivre à Gran Pulse.

Aujourd'hui était jour de marché dans le village d'Oerba, la grande place était bondée par les différentes étales et les villageois faisant leurs nombreux achats. Parmi la foule, deux enfants se distinguèrent, slalomant entre les passants tout en continuant à jouer à chat. Trop absorbés dans leur course, ils bousculèrent une vieille femme qui fit tomber son sac de provision sur les pavés.

"Dimitri ! Rina ! Faites attention." gronda la voix douce d'une jeune femme qui vint aider la vieille femme à ramasser les fruits par terre. Les enfants ne s'arrêtèrent pas dans leurs parcours et se retournèrent uniquement pour provoquer la jeune femme en lui tirant leurs langues.

La jeune femme aux cheveux roux attachée en deux couettes enfantines de part et d'autre de sa tête se dénommait Vanille. Elle rendit le sac à sa propriétaire qui la remercia d'un grand sourire chaleureux, puis se tourna à nouveau vers les petits fuyards. "Je vais le dire à votre mère ça !" s'écria-t-elle d'un ton faussement sévère.

Les jeunes enfants lui firent à nouveau la grimace et rirent de bon cœur avant de détaler à toute allure.

Enfin.

Sur les quelques mètres qui les séparaient d'une autre personne qui leur bloqua la route.

Ils se retrouvèrent rapidement sur les fesses suite à la collision avec cette dernière. La nouvelle arrivante qui n'était autre qu'une grande brune à la chevelure corbeau, dont les pointes avaient d'étranges reflets rouges, croisa les bras de manière menaçante et fixa les deux enfants de son regard émeraude avant de s'adresser à Vanille.

"Des problèmes avec ces deux énergumènes ?"

Les enfants relevèrent doucement leur tête et blêmirent en reconnaissant à qui ils avaient affaire.

"Fang !" s'écria les deux forcenés ainsi que Vanille, surprise de voir son amie. La jeune femme avait une carrure assez imposante par sa taille. Son allure intimidante était tout de même adoucie par son visage aux traits fins et son perpétuel sourire narquois.

L'un de ses sourires si caractéristiques se dessina d'ailleurs sur les lèvres de la brunette. Elle attrapa rapidement les deux enfants par leurs cols lorsque ces derniers tentèrent de prendre leurs jambes à leurs cous.

"Hep, hep, hep ! Où pensez-vous aller comme ça ?" dit-elle amusée par la réaction des deux frères et sœurs.

Les jeunes enfants se fixèrent et semblèrent communiquer par les yeux. Comprenant qu'ils ne pouvaient plus échapper à leur bêtise, la petite Rina tenta le tout pour le tout, elle tourna sa petite bouille de sept ans et fixa la grande brune de ses yeux bruns emplies de larmes.

"On n'a rien fait tante Fang." commença à se justifier à voix basse la petite. "C'est tante Vanille qui a bousculée la madame parce qu'elle a trébuché, et elle veut pas avoir la honte alors elle dit que c'est nous."

Fang leva l'un de ses sourcils, suspicieuse.

L'explication de la petite Rina lui sembla clairement tirée par les cheveux, même en connaissant la grande maladresse de la petite rousse. Elle décida cependant de demander confirmation sur ce qu'il s'était passé à Vanille.

Elle n'eut malheureusement pas même le temps d'entrouvrir la bouche que le frère de la fillette qui lui faisait les yeux doux, lui cogna le tibia de toutes ses forces. Prise de court par l'attaque surprise, la brune relâcha légèrement son emprise sur les deux enfants. Les énergumènes n'en attendirent pas plus pour s'extirper de la poigne de Fang avant de réussir à prendre la fuite en riant, fiers d'avoir échappés à leur punition et d'avoir réussi à embobiner la brune.

La brunette grommela en se frottant doucement l'endroit qu'avait frappé le petit Dimitri. Elle se rapprocha de Vanille tout en fixant les deux forcenés disparaitre dans la foule.

"Ils ne perdent rien pour attendre ces deux-là."

Son amie rit doucement. "La grande Drakomai, Oerba Yun Fang, chasseuse et guerrière invétérée vient de se faire avoir par deux enfants de sept et huit ans." gloussa-t-elle.

"Et la grande herboriste, Oerba Dia Vanille, n'a pas eu assez d'autorité pour arrêter ces mêmes enfants." contra la chasseuse le sourire aux lèvres.

Vanille fit la moue et bouscula légèrement de son épaule la brune afin de la faire taire, ce qui ne fit que provoquer l'éclat de rire la grande brune. Secouant la tête, elle sourit à son amie d'enfance.

Fang et Vanille avaient grandi ensemble à Oerba, toutes deux orphelines à cause de la guerre entre Cocoon et Gran Pulse, elles étaient devenues comme de réelles sœurs de sang. La brune avait pris comme responsabilité de protéger la petite rousse lorsque celle-ci s'était attirée l'attention d'un groupe de racaille qui l'avait prise pour cible dans leur orphelinat. Fang avait toujours eu un esprit rebelle, sa réputation s'était très vite faite dans l'orphelinat, et par la suite à Oerba lorsque ses capacités de guerrière-dragonne apparurent dès l'âge de seize ans.

L'âge habituel étant plutôt de dix-huit ans.

Ses capacités en combat lui avaient rapidement donné une certaine renommée sur tout Gran Pulse, où on l'appelait Rägnarok, soit la Pourfendeuse de monde. Les cocooniens eux-mêmes la surnommaient de cette façon lors des affrontements. La jeune Vanille qui n'aimait pas les conflits, avait plutôt choisi de se tourner vers l'étude de la flore pulsienne, fascinée par la diversité des plantes de leur continent. Domaine qui l'avait également été très utile lorsque Fang se blessait lors de ses périodes de chasses.

La brune reprit progressivement son sérieux avant de fixer son amie. "Un messager est arrivé ce matin." dit-elle lentement. Son changement de ton surprit légèrement son amie qui la fixa avec inquiétude.

Recevoir un messager d'autres villages n'était généralement pas de bon augure.

Vanille s'apprêta à questionner la chasseuse sur ce fameux message, mais cette dernière la devança. "Ne t'inquiètes pas, apparemment ce n'est rien de grave. Le chef veut juste que l'on aille faire un tour dans le village près des frontières."

La petite rousse se détendit à la réponse de son amie.

"On partira demain matin. Il faut qu'on prépare nos affaires avant notre départ parce qu'on a une bonne trotte à faire avant d'y arriver." ajouta Fang avant de faire un clin d'œil à son amie et de commencer à s'éloigner. Vanille sourit puis suivit la guerrière en sautillant. "Tu crois qu'on pourra passer dans la forêt de Klirelk sur le chemin ? J'ai des herbes à récupérer pour grand-mère Nylha."

Fang fixa le ciel en réfléchissant puis haussa les épaules. "Oui pourquoi pas, ça nous ferra tout de même faire un petit détour." Le message n'indiquait rien d'urgent, ce qui ne les obligeait pas forcément à traverser le continent à toute allure. D'ailleurs, il y avait toujours des aléas lors des trajets pulsiens, retardant de quelques heures, voire de quelques jours, les voyages entre villages.

Elles approchèrent toutes deux de leur petite maison. La bâtisse semblait assez vieille et était composée de deux étages avec une terrasse sur son toit. Les deux jeunes femmes pénétrèrent dans la maison, Fang s'installa confortablement sur le canapé avant de déposer ses pieds sur la table basse, la tête reposée en arrière.

"Fang." dit Vanille, en insistant sur le an de son prénom. "On a dit : pas les pieds sur la table !" gronda la petite rousse. Elle prit l'un des papiers étalés sur la table basse avant de l'enrouler et de frapper le front de la guerrière qui grommela en retirant ses pieds avec réticence.

Vanille croisa les bras devant la brune, tentant d'avoir une posture ferme. "Que disait le message de ce matin ?" demanda-t-elle de nouveau.

Malgré la réponse précédente de son amie, la petite rousse souhaitait plus d'information sur cette nouvelle mission dans laquelle elle allait se lancer. Ou du moins, connaître de quel type il s'agissait. Chasse de Béhémoth ? Bras supplémentaires pour des rénovations ? Défense contre une attaque cocoonienne ? Les multiples possibilités induisaient également le types d'affaires qu'elle allait devoir préparer pour partir.

Fang se redressa du canapé, laissant plusieurs de ses mèches lui tomber sur le front suite au mouvement brusque. Elle passa l'une de ses mains dans ses cheveux afin de les remettre en place puis observa de haut en bas son amie qui tentait de faire la dure.

Un sourire narquois se dessina sur ses lèvres. "Apparemment un de leur chasseur a disparu depuis un moment. Ils ont déjà envoyé plusieurs escouades d'éclaireurs mais sans succès. Le chef de leur village a réquisitionné notre aide pour le retrouver."

"Ah, je vois."

"Ça ne devrait pas être trop long." conclu la chasseuse avant d'ajouter. "Enfin…s'il n'a pas été tué par ses Viprèz près des frontières."

Vanille frappa à nouveau la tête de la guerrière, mais cette fois-ci elle choisit de viser l'arrière de son crâne. Fang sursauta avant de se frotter l'endroit. "Mais aïe ! Qu'est-ce que j'ai dit de mal ?"

Avec les années passantes, Fang était devenue de plus en plus médisante au sujet des cocooniens. La perte de nombreux camarades d'armes et de village l'avait profondément affectée, la rendant progressivement amère envers leur voisin. Vanille avait également beaucoup été touchée par ses pertes, mais sa manière d'y faire face n'était pas exactement comme celle de son aînée. Elle s'efforçait de rester positive et de continuer à voir le bon côté des choses.

Elle espérait toujours, peut-être de façon trop optimiste, que le conflit entre Cocoon et Gran Pulse cesserait, et qu'enfin ils pourraient vivre en paix les uns avec les autres.

"Arrête d'être toujours aussi négative Fang !" gronda-t-elle.

La guerrière leva les mains comme pour se défendre. "Oui M'dame !"

La rousse sourit à son amie avant de s'assoir avec grâce sur les genoux de la guerrière et de croiser les jambes. "Pour la peine tu dois me faire un massage." dit-elle en secouant ses deux épaules successivement.

"Je ne suis que votre humble serviteur, oh grande herboriste Vanille !" ajouta Fang avant de commencer le massage avec douceur.

Vanille gloussa enjouée, satisfaite que son petit manège ait fonctionné.

"Profite bien de ces cinq minutes de bonheur Vanille parce qu'après, on va avoir de la route." ajouta Fang amusée.

"Oui M'dame." tenta d'imiter la rousse.

"Oh, et rappelle moi de faire une petite visite à nos chers petits chenapans à notre retour. Je leur réserverais une petite surprise."

Vanille se tourna légèrement vers Fang et lui fit une légère tape de désapprobation sur l'épaule. La guerrière ricana doucement.


Cela devait bien faire plus de deux heures qu'elle était devant son écran à remplir des rapports sur son ordinateur. Un mal de crâne commençait à se faire sentir. Cherchant à l'amoindrir, elle se massa doucement les tempes, en vain. Si Claire devait choisir la chose qu'elle détestait le plus dans son boulot, c'était bien de remplir des rapports qui n'en finissaient jamais.

Ce qu'elle était actuellement en train de vivre.

Elle attrapa sa tasse de café en espérant trouver un fond de boisson qui pourrait lui remonter le moral, mais jura de manière inaudible lorsqu'elle la constata vide. La soldate n'avait qu'une envie : sortir afin d'utiliser sa gunblade et s'entraîner afin d'évacuer toute cette frustration qu'elle avait accumulée à force d'être coincée dans son bureau.

Elle soupira, continuant sa tâche infinissable.

Son travail se fit cependant interrompre lorsque quelqu'un vint frapper à son bureau. "Entrez." tonna-t-elle à haute voix.

La porte s'ouvrit légèrement, laissant émerger doucement la tête d'un jeune homme aux cheveux argentés. "Sergent Farron ?" commença-t-il incertain. "V-Vous êtes occupée ?"

"Non, entre Hope."

Hope Estheim était une jeune recrue dans la Garde Civile, il était dans l'équipe du Sergent Lightning Farron depuis environ deux ans. L'équipe de Lightning était principalement composée de personne de terrain, c'est pourquoi il était rare que la jeune femme doive passer des journées entières à faire des rapports. Hope avait pour principal rôle, d'être l'informateur au sein de l'équipe. Très doué en informatique et en communication, il était le cœur de la coordination de leur groupe. Le jeune homme était cependant assez inexpérimenté et très peu sûr de lui. Ayant également perdu sa mère jeune, il avait pris Lightning comme modèle, son père trop occupé par la politique cocoonienne pour se consacrer à l'éducation de son fils.

"Qui y-a-t-il Hope ?" demanda Lightning.

"J-je vous ais apporté du café."

Le sergent hocha la tête, indiquant au jeune homme qu'il pouvait s'avancer dans la pièce. Il s'approcha avec une cafetière à la main et vint remplir la tasse de sa supérieure.

"Merci Hope, et tu devrais savoir que tu peux me tutoyer depuis le temps."

La jeune recrue rougit légèrement, semblant être embarrassée par la remarque de sa supérieure. Lightning ferma les yeux et approcha la tasse de sa bouche, inspirant doucement afin de sentir les différents arômes de sa boisson puis but une grande gorgée. Le liquide qui réchauffa sa gorge, détendit étrangement l'ensemble des muscles de la soldate. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle fixa son café quelques instants réfléchissant, puis son regard azur se posa sur la personne en face d'elle.

"Dis-moi Hope." commença-t-elle.

Le jeune homme gigota sur place, ne sachant pas comment se positionner puis se redressa droit comme un poteau ? "Oui, sergent Farron ?"

La soldate fronça les sourcils et tapota son prénom noté sur la plaque de son bureau.

"Oui, L-Lightning ?" répéta-t-il.

Sa supérieure hocha la tête, satisfaite de la correction. "Es-tu occupé ce soir ?" demanda Lightning.

La question sembla le prendre totalement au dépourvu car le jeune homme blêmit instantanément, sa mâchoire s'ouvrant légèrement, incrédule. Lightning haussa l'un de ses sourcils ne comprenant pas la réaction de son collègue.

"S-Si je suis o-occupé ce s-soir ?" répéta Hope à nouveau avant de déglutir bruyamment.

"Oui Hope." continua le sergent. "Si tu es occupé, il n'y a pas de prob-"

"Non !" haussa-t-il en interrompant Lightning. Se rendant compte qu'il avait à moitié crié sa réponse à sa supérieure, il rougit de plus belle. "J-je veux dire. Non, je ne suis pas occupé." fini-t-il par dire en se frottant l'arrière de la tête de manière gênée.

Lightning but à nouveau une gorgée de sa boisson. "Est-ce que ça t'intéresserait de m'accompagner à une fête ce soir ? C'est pour faire plaisir à ma sœur." dit-elle résignée, avant de reposer sa tasse contre la table et d'observer Hope.

Le jeune homme sembla à nouveau perdre ses moyens, sa bouche s'ouvrit et se referma à plusieurs reprises.

Hope savait que Lightning était quelqu'un de très réservée, qui ne mêlait jamais sa vie professionnelle et sa vie privée. Il savait également que même si Lightning s'entendait plutôt bien avec le reste de l'équipe, elle était un peu plus à l'aise avec Hope. Le fait que la soldate lui propose de l'accompagner à une soirée était quelque chose de très surprenant qui montrait la grande confiance qu'avait Lightning en lui. C'était également l'occasion pour le jeune homme de rencontrer la seule famille restante de la soldate. L'attention toucha profondément Hope qui n'hésita pas une seconde avant de donner à sa réponse.

"B-Bien sûr ! J'en serais très heureux !"

Lightning sembla à nouveau satisfaite. "La fête se passera au bar NORA, je passerais te chercher si ça te va."

"D'accord !" dit Hope avant de se rapprocher de la porte. Il posa sa main sur la poignée avant de se stopper et de se retourner vers la soldate. "Alors…à ce soir ?" tenta Hope.

Les pupilles azures croisèrent celles vertes pales puis Lightning acquiesça. "A ce soir Hope."

Le jeune homme sembla rougir à nouveau et quitta rapidement le bureau du sergent.

Lightning soupira doucement. Avec Hope l'accompagnant, la soirée semblera moins longue. Elle savait que sa sœur serait présente et que cet évènement serait l'occasion de passer du temps avec elle, mais le fait qu'il y ait également tous les autres de la bande ne l'enjouait gère. Elle appréciait beaucoup Hope et lui faire rencontrer sa petite sœur ne lui semblait pas aussi dérangeant que ça.

Tournant à nouveau son regard vers son écran, elle ferma les yeux avant de se frotter l'arête du nez. Maintenant il ne lui restait plus qu'à terminer ces maudits rapports.


De longs pas rapides faisaient des échos dans les couloirs vides du bâtiment. La femme qui semblait pressée s'arrêta brusquement devant l'une des nombreuses portes de la bâtisse. Elle inspira et expira profondément, se préparant à pénétrer dans le bureau de son supérieur.

Elle toqua d'une main légèrement tremblante contre la porte, avant d'entendre une voix masculine lui répondre sèchement. "Oui ?"

Déglutissant une dernière fois, la femme entra dans la pièce. "M-Monsieur ?"

"Pourquoi me déranger vous ?" s'impatienta la voix grave.

"N-nous n'arrivons plus à retrouver ANDE."

Son supérieur tourna son siège afin de lui faire face, son regard violet glaça le sang de la femme.

"Etes-vous en train de me dire que vous avez réussi à perdre ce que nous avons acquis il y a peu ?" dit-il d'un ton de plus en plus menaçant.

La femme terrifiée tenta tant bien que mal de se justifier. "Euh-j-je-le-"

"Sortez !" coupa sèchement l'homme assis dans le grand siège.

"O-oui Monsieur."

La femme sortit du bureau aussi vite qu'elle était entrée.

Pourquoi lui avait-on refilé une équipe d'incompétents ? grogna intérieurement l'homme.

Il se frotta les paupières avec exaspération avant de se redresser et de se diriger vers le téléphone fixe situé à l'autre extrémité de son bureau. Il tapa rapidement un numéro qu'il connaissait par cœur depuis un bon bout de temps maintenant. L'homme ne dû pas attendre très longtemps avant que l'autre personne au bout du fil ne décroche.

"Allo ?" répondit une voix féminine.

"On a un problème."


Lightning rentra un peu plus tard qu'à son habitude. Arrivant chez elle, elle remarqua que la maison était plongée dans le noir. La soldate s'avança dans le salon et vit une petite note sur le buffet.

Je suis partie en avance pour aider Lebreau à fermer le bar avant la fête !

Je suis contente que tu ais invité un ami pour une fois !

Bisous

PS : Tu as intérêt à ne pas te défiler.

Serah.

Lightning sourit légèrement en lisant la note. Elle avait envoyé un message à sa sœur durant l'après-midi, lui indiquant qu'elle avait invité un collègue de travail. La réaction de sa petite sœur s'était faite très rapide et une nuée de questions sur ce collègue mystère s'en était suivi. La soldate n'avait répondu que par un simple « tu le verras ce soir » afin d'éviter de répondre à tous les messages.

Le sergent déposa à nouveau la note et monta se changer pour une tenue un peu plus décontractée que sa tenue de Garde Civile. Elle détacha sa cape de son épaule, commença à se dévêtir et chercha dans ses placards un simple jean et T-shirt gris avant d'y ajouter une veste. Descendant à nouveau dans le salon, elle tapa un message à Hope lui indiquant qu'elle quittait chez elle pour aller le chercher. Elle prit à nouveau ses clés, sortit de sa résidence et ferma la porte d'entrée avant de se diriger vers son véhicule.

Hope vivait dans une maison un peu plus en amont de Bodhum, située en plein milieu des beaux-quartiers de la ville touristique. La route pour rejoindre la maison de Hope ne prit qu'une vingtaine de minute à Lightning. Elle arrêta sa voiture devant la porte d'entrée massive, mais alors qu'elle fut sur le point d'envoyer un message à Hope, lui indiquant qu'elle était devant chez lui, elle aperçut du coin de l'œil le jeune homme sortir de sa maison afin de la rejoindre. Il ouvrit la porte du véhicule, s'y asseyant rapidement avant de se tourner vers Lightning.

"Bonsoir L-Lightning. Je ne t'ai pas trop fait attendre j'espère." sourit-il avec embarras.

"Non, je viens juste d'arriver. Tu es prêt à y aller ?"

"O-Oui !"

Lightning acquiesça doucement puis démarra sa voiture. La route s'effectua principalement dans le silence, la soldate concentrée sur la route et Hope lançant quelques petits regards en direction de sa supérieure, peu habitué à la voir habillée autrement que par sa tenue de Garde Civile. Le jeune homme observait discrètement le profil raffiné de la soldate, sa peau porcelaine faisait ressortir ses yeux couleurs ciels et sa chevelure rosée délicatement coiffée, laissant cascader ses mèches sur le côté.

Le sergent se savait élégante, sa grande beauté lui avait attiré l'attention de nombreux prétendants qu'elle avait toujours rejetés de manière plus ou moins violente. Ce qui lui avait fait gagner une certaine réputation avec le temps, notamment au sein de son service à la Garde Civile où on l'appelait la beauté glaciale, à cause de son charme et de son regard froid. Tous ces éléments semblaient cependant passer au-dessus de la rosée.

La voiture s'immobilisa à nouveau, arrivée à destination.

Hope s'apprêta donc à sortir de la voiture mais s'arrêta dans son mouvement lorsqu'il remarqua Lightning inspirer profondément tout en resserrant fermement son volant. "Ça ne va pas Lightning ?" demanda-t-il inquiet.

"Tout va bien Hope, je suis juste un peu fatiguée par la journée. Allez, viens ils doivent sûrement nous attendre." répondit-elle avant de se redresser et de quitter le véhicule.

Le jeune homme n'insista pas plus et suivi rapidement son mentor, le stress montant progressivement lorsqu'ils s'approchèrent de la façade du bar ou les quatre grosses lettres N.O.R.A s'affichaient en néons rouges. Lightning fut la première à entrer dans l'établissement en poussant délicatement la porte d'entrée. Elle se stoppa subitement lorsqu'elle discerna la voix masculine qu'elle espérait ne pas entendre de la soirée.

"Hey sœurette !"