Chapitre 4: Chutes
Ce soir-là, bien qu'attendant les réprimandes de la belle rousse avec appréhension, James n'avait pas hésité, une fois de plus, à marcher avec elle dans les couloirs pour leur ronde commune. C'était un délice de pouvoir être seul avec elle ne serait-ce que quelques instants –au dortoir elle l'évitait clairement-. Il ne s'en lassait pas. Chaque soir, lors de leurs rondes nocturnes, il lui parlait et la provoquait. Ce à quoi elle répondait avec tact et finesse, ce qu'il adorait chez elle.
Pourtant, ce soir-là, il avait beau faire des pieds et des mains, elle ne lui répondait pas et ne lui accordait pas un regard. Lily fixait un point inconnu droit devant elle, les sourcils froncés et les lèvres serrés. Elle était fâchée, il le voyait bien. Mais même furieuse, elle était magnifique. Le sorcier se sentit idiot à penser ça, mais c'était une réalité : elle avait dû lui jeter un sort qui rendait stupide quiconque la voyait, ce n'était pas possible autrement.
La née-moldue lui jeta un autre regard glacial alors qu'il essayait de la distraire en lui parlant du prochain match de Quidditch que disputait Griffondor contre Serdaigle. Un regard qui terrifierait Dumbledore lui-même. Mais il n'effraya pas James : il lui fit mal. Il sentit son cœur se serrer alors que ces magnifiques yeux verts le transperçaient de toute part : Ce qui le tuait, c'était que c'était contre lui qu'elle était en colère.
Il consentit enfin à se taire, rangeant ses poings serrés dans ses poches, fixant le sol. Lui, le grand James Potter, respecté des pires brutes de l'école et craint des plus vils Serpentard, il perdait ses moyens devant une fille. Mais quelle fille ! Il n'était pas tombé sur la plus facile, mais il ne regrettait pas. Sa préoccupation du moment c'était de lui rendre son sourire. Son si joli sourire...
Les préfets n'avaient rencontré aucun élève durant leur ronde. Et heureusement pour eux, sinon ils auraient essuyé la colère oh combien terrifiante de Lily Evans. Ils rentrèrent dans le silence le plus total à leur dortoir. James entra le dernier et dévisagea le visage en colère de Lily qui le fixait avec insistance. Et il ne put réprimer un sourire amusé. Grossière erreur.
- Qu'est-ce qui te fait rire à ce point Potter ? interrogea sèchement la rousse.
- Rien. Je te trouve seulement très jolie en colère. Même tu l'es plus quand tu souris…
Toute autre fille normalement constituée aurait esquissé un sourire flatté à l'entente de ce compliment si significatif. Ou alors aurait bredouillé un merci. Peut-être qu'une adolescente froide aurait seulement rougi légèrement. Mais pas Lily. Elle retint un soupir et croisa les bras sous sa poitrine. Elle était tellement habituée à ces avances de la part du Potter que ça en devenait lassant. Même si ce compliment était très flatteur et qu'au fond d'elle, lui avait retourné les entrailles. Mais jamais, jamais elle ne l'aurait montré.
Voyant que la jeune fille ne s'était pas détendue pour autant, James lâcha un petit sourire résigné et se dirigea, les mains dans les poches vers les escaliers. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'une main douce lui retint fermement le bras ! Le garçon se retourna lentement, son regard trahissant son étonnement. L'adolescente dont il était secrètement amoureux lui lança des éclairs du regard, des yeux remplis de véhémence et de fureur à l'égard du jeune homme. Il n'eut pas le temps de répliquer quoi que ce soit que la rousse pointa son doigt contre le torse du garçon et le força à reculer contre la table basse du salon, manquant de renverser le verre vide posé dessus.
- Ne crois pas que je te laisserais t'échapper comme ça !
- Lily… souffla le brun
- Je ne pensais vraiment pas que le leader des Maraudeurs était si lâche et s'enfuirait devant la colère d'une simple fille !
- Lily…
- Ne m'appelle pas Lily ! répliqua-t-elle avec sévérité et fureur. Je n'en peux plus Potter ! Je ne peux plus faire un pas sans que tu ne t'approches de moi, sans que tu ne m'insupportes avec tes blagues stupides et tes tentatives d'approches ridicules ! C'est lourd. Je t'avais demandé de me laisser tranquille, j'ai été stupide de croire que tu m'écouterais ! Et si ce n'était que ça…
Quelques secondes, la voix de la préfète s'était faite plus faible, presque un murmure. Le sorcier du faire un effort surhumain pour s'empêcher de la toucher. Pendant toute sa tirade, elle l'avait fixé avec toute la haine possible et imaginable. Et ça lui avait fait mal. Très mal. Il s'en voulait de la faire souffrir ainsi, d'être la cause de sa fureur mais était-il seulement coupable ? La vie n'était pas noire ni blanche, et James en faisait l'expérience.
Il était le coupable, le bourreau, et la victime. Coupable des torts que lui reprochait Lily, ainsi que celui qui la faisait souffrir. Et qui souffrait également. Car il détestait cette situation, autant qu'il l'adorait : il ne savait pas sur quel pied danser avec la rousse, il n'avait jamais su comprendre qui elle était réellement tant elle était complexe. Ce qui renforçait son charme. Il aimait ces moments où il pouvait l'approcher et encore plus lorsqu'elle lui répondait avec ce piquant dont elle savait faire preuve. Il bénissait ce défi qui lui donnait un prétexte pour ses tentatives de séduction. Mais il le détestait parce qu'il ne pouvait pas penser aux deux, parce que lorsqu'il était avec Lily, le défi disparaissait. Et parce que cette situation la mettait en colère. C'était ce qu'il n'arrivait pas à se pardonner.
- Mais en plus, tu repousses tous les garçons qui manifestent un peu d'intérêt à mon égard ! Tu as toutes les filles à tes pieds mais tu continues tout de même à me polluer l'air et à écarter les autres de moi. Tu ne me laisses plus aucune vie sociale ! Je ne t'appartiens pas Potter !
Le garçon se mordit la lèvre. Il ne pouvait pas. Pas maintenant. Il ne pouvait pas maintenant lui dire qu'il ne supportait pas ces séducteurs du dimanche qui l'approchait. Ce serait avouer quelque chose qu'il avait du mal à s'avouer lui-même.
- C'est la dernière fois James. La dernière fois que je te préviens. La dernière fois que tu joues. Laisse-moi tranquille. Une bonne fois pour toutes. Sinon je… je parle de tout ça à Dumbledore.
Elle avait baissé la tête pour ne pas croiser celui de James. Il était partagé. Lily l'avait appelé James. Pas Potter. James. Etait-ce un signe ? Mais en même temps, il ne voulait pas se plier à ses demandes qui étaient impossibles pour lui. La laisser tranquille ? Elle le connaissait mal.
La sorcière détacha son emprise du garçon, qui se laissa tomber sur la table, et elle dévala les escaliers menant à son dortoir les poings serrés. Mais le garçon n'en avait pas fini avec elle et la rejoignit rapidement, la retenant par le poignet dans les escaliers en marbre. De surprise, Lily eut un mouvement brusque du poignet afin de se détacher de son emprise physique. Ce qui fit reculer James, qui loupa une marche et entraina Lily dans sa chute. Un cri aigu fusa, puis un bruit sourd retentit.
La rousse était étalée sur le corps de James, essayant péniblement de se relever. Le sorcier laissa échapper un gémissement. C'est à ce moment-là que la jeune fille prit conscience de l'ampleur de la situation. Elle se poussa rapidement et se posa à côté de lui :
- James, ça va ? questionna-t-elle, une inquiétude visible sur le visage.
- Je te mentirais en répondant oui ! répliqua-t-il en riant, rire qui se transforma en rictus amer.
Il essaya de se relever en prenant appui sur son coude mais ne put retenir une grimace. La préoccupation de Lily était clairement visible. Mais sa volonté naturelle revint rapidement au galop : elle passa le bras gauche du garçon autour de son cou et le souleva à l'aide de son bras droit au niveau de la taille. La stupeur gagna alors le garçon, qui marmonna :
- Laisse-moi ici Lily.
- Evans ! rétorqua-t-elle. Je t'emmène à l'infirmerie, que tu le veuilles ou non.
- Je n'ai pas besoin de soins, je vais très bien ! Juste un petit mal de dos, mais ça va passer.
- Un petit mal de dos ? Tu as dû te casser quelque chose, oui ! Tu as dévalé les escaliers en arrière!
- Je te dis que ça va, merci, mais j'aimerais que tu me laisses maintenant.
Devant l'absence de bon sens du garçon, elle le laissa tomber sur le canapé en soupirant. Elle joignit ses mains sur ses hanches et bougonna :
- Si ça ne te dérange pas, j'aimerais éviter qu'on t'envoie à l'hôpital par ma faute et qu'on croie à un homicide volontaire –bien que l'idée m'a déjà plusieurs fois traversé l'esprit-. Mais qu'est-ce qui t'a pris de m'attraper comme ça ?
- Je voulais m'excuser.
Sur le coup, Lily ne trouva rien à redire et se tût. Elle se laissa doucement tomber au côté du garçon qui se redressa en plaquant un coussin derrière son dos. James hésita quelques secondes avant de joindre ses mains sur ses genoux.
- Je suis vraiment désolé pour tout ce que je t'ai fait. Je ne voulais pas te vexer et encore moins te mettre en colère. Mais tu comprends… tu me fais tourner la tête ! compléta-t-il dans un sourire tendre.
- Arrête de jouer à ça …
Elle n'arrivait pas à le croire. Tout sonnait comme un jeu. Alors l'entendre dire ainsi qu'il est raide dingue d'elle paraissait faux. Elle s'efforça à ne pas y croire, au risque de tomber une nouvelle fois sur une farce puérile des Maraudeurs.
- Crois-le ou non… En tout cas, je refuse que tu sois en colère contre moi. S'il te plaît, laisse-moi une chance de te montrer qui je suis vraiment ! Tu seras surprise de constater que je ne suis pas cette espèce de gamin arrogant que tu penses que je suis. Laisse-moi une seconde chance…
Lily réfléchit. Quelques minutes, elle dût faire face au regard implorant du brun. Et un sourire traça ses lèvres, doux et légèrement vaincu :
- D'accord. Une dernière chance, après ça sera trop tard. Mais s'il te plaît James, laisse-moi au moins te lancer un sort pour atténuer la douleur. Je ne serais pas tranquille.
-D'accord. Mais à une condition.
La rousse haussa un sourcil d'incompréhension et l'invita du regard à poursuivre.
-Laisse-moi t'appeler Lily si tu m'appelles James.
- Bonne chance pour l'entraînement !
- Merci, susurra Sirius.
Le groupe de filles venu les encourager gloussa, remontant à leur dortoir. Sirius passa une main lasse dans ses cheveux, rapidement imité par James. C'était leur troisième entraînement de Quidditch depuis le début de l'année et si les premiers avaient été rudes –il leur fallait choisir de nouvelles recrues pour remplacer un poursuiveur et un nouveau batteur qui avaient quitté l'école cette année-, ils espéraient sincèrement que cet entraînement se déroule sans accroche et dans une bonne ambiance : leur premier match pour le tournoi de Quidditch de cet année sera celui de Serdaigle, il fallait qu'ils soient au point pour le mois à venir.
Alors que le Potter partageait des stratégies d'attaques avec son ami sur le chemin du terrain, ils croisèrent en sens inverse Lily et June qui affichait une mine concentrée. La brune semblait particulièrement pâle alors que sa meilleure amie lui lançait des mots réconfortants.
- Swan, lança Sirius légèrement irrité, dépêche-toi l'entraînement commence dans quelques minutes.
- J'ai oublié mes protections au dortoir, je vais les chercher et je reviens.
Elle ne lui accorda pas un regard, continuant de fixer le sol. Le brun aux cheveux longs haussa les épaules tandis que son meilleur ami se pencha vers la rousse en toute innocence pour clamer :
- Merci pour hier soir Lily ! Avec ce que tu m'as fait, je me sens beaucoup mieux !
- Pas de quoi.
June releva la tête et croisa le regard de Sirius qui paraissait aussi étonné qu'elle. Ils lancèrent des regards furtifs aux deux adolescents avec un sourire en coin, et Lily se permit de remettre une énième fois les choses au clair :
- Il est tombé dans les escaliers et je l'ai tout simplement soigné. Gardez vos idées bizarres pour vous.
Patmol commença à taquiner Cornedrue alors que la batteuse, dans un pauvre sourire murmura à l'oreille de son amie :
- Je trouvais simplement surprenant que du jour au lendemain tu te mettes à lui parler… normalement. Mais c'est bien, je préfère ça.
La préfète en chef lui accorda un sourire et posa avec tendresse sa main sur l'épaule de son amie. James remarqua sans mal cette marque d'affection mais ne releva pas, se contentant simplement de questionner Lily :
- Mais comment se fait-il que tu sois là ? Tu ne viens jamais ici normalement…
- June avait oublié sa batte, je suis venue la lui ramener, répliqua-t-elle.
Sirius fronça les sourcils et fixa la brune, qui semblait s'intéresser à la conversation mais qui était en réalité totalement absente, avec attention. L'attitude du garçon manquée l'interpella : habituellement, elle aurait participé à l'échange, se serait justifié ou aurait assuré à James que ce n'était qu'une simple erreur de début d'année. Mais elle se contentait simplement de se taire et de sourire pauvrement. Elle était plus énergique et vive… Que lui arrivait-il donc ?
- Tu ne seras jamais à l'entraînement à temps si tu retournes chercher tes protections, marmonna James.
- Je vais te les chercher, commence sans je reviens vite ! assura Lily.
La brune remercia dans un sourire sa meilleure amie qui lui répondit par un mot d'encouragement. Elle suivit alors les deux garçons jusqu'au terrain.
Pendant le trajet, Patmol ne manquait pas d'essayer de faire réagir la jeune fille :
- Ce n'est pas possible d'être aussi tête-en-l'air ! Oublier et sa batte et ses protections alors qu'on est batteur !
Mais elle ne relevait pas, ou très peu : elle lui lançait simplement quelques regards froids voire quelques insultes par moments. Mais aucune réplique piquante dont elle avait l'habitude.
Ils arrivèrent sur le terrain et l'entraînement put commencer. Mais tout le monde nota sans peine que June manquait de sa motivation et sa vivacité naturelle. Elle lançait le cognard comme toujours, mais avec moins de hargne et de détermination que les autres fois. Elle ne répondait pas aux provocations de Sirius qui tentait de la faire réagir.
Lily était arrivée dans les gradins et observait l'entraînement avec appréhension. Elle serra les protections contre son ventre, un mauvais sentiment l'oppressant.
Soudain, un cri retentit. Sirius volait avec énergie vers les buts adverses afin de lancer le Souaffle. Il était suivi par June et l'autre batteur, lorsqu'une voix féminine retenti :
- June, attention !
Elle n'eût pas le temps de se rendre compte de ce qu'il se passait. Par réflexe, elle frappa avec violence l'objet invisible avec sa batte. Un cognard. Se dirigeant droit vers Sirius. Le garçon n'eut pas le temps de se retourner et s'écrasa sur le sol, se tordant de douleur en tenant son épaule.
Immédiatement, James se trouva à ses côtés, essayant de le relever. Son meilleur ami se retenait de gémir. Bientôt, tous les autres membres de l'équipe étaient encerclés autour des deux garçons. La batteuse s'approcha et s'accroupit, le visage neutre mais une lueur coupable dans le regard.
- Tu l'as encore fait exprès hein ? gémit le garçon alors qu'il s'appuyait contre son meilleur ami.
Elle ne répliqua rien, se contentant simplement de se mordre la lèvre.
Habituellement, oui elle le faisait exprès, mais orientait suffisamment bien son tir pour qu'il ne l'atteigne pas et le frôle seulement de près. Mais là… C'était un accident.
James croisa son regard, réfléchit quelques instants et clama :
- Swan, tu l'accompagnes à l'infirmerie.
Elle mit quelques secondes à comprendre la portée de ses paroles. Puis, elle ouvrit la bouche, écarquilla les yeux et hurla un « quoi ? » audible dans tout le stade. Les autres membres de l'équipe eurent un petit sourire en pensant que le naturel de la jeune fille était revenu au galop. Sirius marmonna une vacherie en soupirant.
- Tu as très bien compris oui…
- Mais, pourquoi moi ?
- Tu l'as blessé, si c'est moi qui y vais, nous devrons suspendre l'entrainement, répondit le capitaine avec sévérité. De plus, tu n'es pas en forme aujourd'hui et je n'ai pas spécialement envie que tu nous envoies tous à Sainte-Mangouste.
Il n'y avait rien à répliquer. La brune se contenta de soupirer bruyamment puis soutint Sirius, une main sur son épaule et l'autre le soutenant au niveau des hanches. Ce dernier protesta un peu, la traitant de brute et d'autres noms d'oiseaux.
- Oh ça va hein ! Je ne savais pas que le graaaand Sirius Black était aussi douillet ! Pauvre petit… le taquina-t-elle.
Il râla un peu mais un mince sourire traça ses lèvres. La véritable June était de retour.
Alors que les deux adolescents s'éloignèrent vers l'intérieur de l'école, Lily descendit en courant jusqu'au terrain et les regarda partir avec un froncement de sourcil inquiet. James la rejoignit rapidement et l'interrogea :
- Qu'est-ce qu'elle a exactement ?
La sorcière hésita quelques secondes, puis ouvrit la bouche pour donner des explications à son colocataire.
- Je suis obligée de rester ? supplia la brune dans une grimace.
- Oh que oui mademoiselle ! répliqua l'infirmière. Jusqu'à ce que ses amis viennent le voir, j'ai déjà fait prévenir Messieurs Lupin et Petigrow, ils seront là rapidement. Vous n'allez pas laisser ce pauvre garçon seul quand même ?
Ce n'était pourtant pas l'envie qui lui manquait, et elle se contenta de poser ses mains sur le lit du garçon qui massait son épaule droite. Ce dernier n'avait rien dit, espérant ainsi ne pas recevoir les foudres de la June une seconde fois. L'infirmière, après avoir donné une énième potion à Sirius, retourna dans sa loge laissant les deux adolescents seuls. L'infirmerie était vide, il n'y avait qu'eux. Un silence pesant s'installa rapidement, que la brune tenta de combler en marmonnant :
- Ça fait vraiment mal ?
- Tu peux simplement te contenter de t'excuser au lieu de tourner autour du pot.
June se surprit à trouver son sourire amusé assez adorable lorsqu'il se transforma en un rictus de douleur. Elle baissa la tête, et marmonna quelques mots inintelligibles. Sirius ne comprit pas immédiatement et la fit répéter. Son visage exprima très clairement l'agacement lorsqu'elle lâcha :
- Je suis désolée…
- Oh, toi tu ne vas vraiment pas bien, remarqua le brun. Tu veux en parler ?
- Nous ne sommes pas intimes à ce point-là, mes problèmes me regardent Black…
L'animagus passa sa main valide sur son visage avec lassitude. Elle allait le rendre fou avec son fichu caractère ! Il n'était même plus sur de pouvoir gagner le défi maintenant, James et Lily s'étaient étonnamment rapprochés au cours de la nuit précédente. Mais ça rendait la chose intéressante, il se serait ennuyé si sa « partenaire » était facile à attraper.
- Tu ne crois pas que ce jeu ridicule a assez duré ? On se connaît depuis sept ans…
- On ne se supporte pas depuis sept ans tu veux dire, le coupa-t-elle.
- … et on s'appelle toujours par nos noms de famille et on refuse toujours de se parler comme de simples camarades ? Mais c'est quoi ton problème ?
Immédiatement il regretta ses paroles et se traita mentalement d'abruti. Il avait dit la chose à ne justement pas dire. Il n'eut pas le temps de se rattraper que la jeune fille l'agrippa par le col sans se soucier de sa blessure, le visage exprimant toute la fureur du monde et étonnamment, les yeux menaçant de lâcher quelques larmes de rages et d'impuissance :
- Mon problème ? Tu te moques de moi ? Qui c'est qui m'a pourri mes premières années d'école à cause d'une stupide histoire d'uniforme ? Qui c'est qui n'a pas manqué une seule occasion de me ridiculiser et de me traiter comme rien ? Qui ?
Elle employa toute la rage du monde pour retenir un sanglot de couler, son visage le trahissait. June le lâcha d'un coup, puis se leva et se tourna dos à lui, les poings serrés. Son cœur battait la chamade et sa tête manquait d'exploser. Pourquoi ? Pourquoi lui prenait-il la tête à ce moment-là ?
Le garçon, lui, était complètement déboussolé et il scruta le dos de l'adolescente avec peine.
- Je ne pensais pas… que ça t'avais blessé à ce point.
- Etonnant n'est-ce pas ? répliqua-t-elle avec une ironie amère, et il entendit très clairement qu'elle avait lâché un sanglot.
- Et c'est à cause de ça que tu pleures ?
- Tu me prends pour qui ? Une idiote ?
Sirius prit appui sur sa main valide pour se lever du lit et s'approcher de la jeune fille qui réprimait tant bien que mal des sanglots. Elle avait craqué… Il n'osa pas la toucher ni croiser son visage ruisselant de larme. Il se contenta donc simplement de marmonner de pitoyables excuses.
- Je suis sincèrement désolé… ça n'a jamais été qu'un jeu et je pensais que tu le savais.
Suite à ces paroles, June lâcha un sourire mouillé : était-il réellement stupide ou le faisait-il exprès ?
- Laisse-moi me rattraper. Si ce n'est pas à cause de tout ça que tu pleures… c'est pourquoi ?
- Ça t'avancera à quoi de savoir ?
- Je me sentirais moins coupable, j'aurais moins mal au ventre… Et je pourrais peut-être t'aider…
- Tu ne peux rien faire, personne ne peut rien faire.
- S'il te plaît June –elle tiqua en entendant son prénom sortir de sa bouche et pendant une seconde arrêta subitement de respirer-, tu me dois bien ça après m'avoir déboité l'épaule tout à l'heure !
Elle rigola d'un rire étouffé, essuya ses larmes et se retourna doucement vers lui et le scruta silencieusement. Il affichait un pauvre sourire désolé et masqua son trouble lorsqu'il croisa ses yeux bouffis. June soupira, baissa la tête pour ne pas croiser le regard du garçon.
- Tu vas me trouver stupide… J'ai honte de pleurer devant toi. Personne ne m'avait jamais vu pleurer à part Lily ou ma famille…
Sirius releva le visage de la jeune fille pour plonger ses yeux souris dans les siens, l'incitant à poursuivre.
- Le Seigneur des Ténèbres… il a attaqué une unité d'Aurore partit en patrouille non loin d'Azkaban. Et dans cette unité, se trouvaient mes deux frères aînés. On n'a toujours pas retrouvé leurs corps. Le Ministre pense qu'ils ont soit été emmenés par les Mangemorts pour obtenir des informations sur le Ministère, soit… ils sont blessés quelques part ou complètement réduit en cendres.
Un trémolo se fit sentir dans sa voix et le garçon ne sut comment réagir. Il ne pouvait pas comprendre la peine de la sorcière, lui-même ayant coupé tout lien avec sa famille où il n'y avait aucun amour familial.
- Mais ça va ! s'écria faussement June dans un sourire menteur. Je suis sûre qu'ils vont bien et qu'on va les retrouver ! Ce sont des durs mes frères !
Elle laissa échapper un cri de surprise alors que le garçon l'attirait contre lui. Elle se mit à protester vivement et à taper violemment du point contre son torse. Exaspéré par cet excès de violence, Sirius attrapa d'une main le crâne de l'adolescente et la colla contre lui. Elle laissa échapper un juron et redoubla ses coups, tentant de s'échapper de l'emprise qu'exerçait sur elle le garçon. Se retrouvant avec une boule dans le ventre peu familière.
- Tu es stupide June, marmonna le Black. Il ne faut pas que tu te retiennes de pleurer et que tu fasses croire que tout va bien. Tu te fais encore plus de mal. Pleure un bon coup va, personne ne t'en voudra et surtout pas tes frères !
La sorcière écarquilla les yeux de surprise, à la fois soulagée par ses paroles et prise d'une violente envie de ne pas écouter ses paroles et de retenir ses pleurs. Les pleurs étaient pour les faibles. Mais elle ne put les contenir plus longtemps et étouffa quelques sanglots inquiets, continuant de tambouriner sur le torse de Sirius à un rythme beaucoup moins régulier et avec moins de violence.
Derrière la porte, Lupin, Peter et James observaient la scène, hésitant entre rire et pleuré. James avait rangé ses mains au fond de sa poche, les sourcils froncés. Jamais il n'aurait pu penser que Sirius réussisse à dompter sa pire ennemie. Tout ça pour un défi…
Mais James se trompait. Pour la première fois au sujet de son ami.
Car depuis que June se soit mise à pleurer, il n'avait pas une seule seconde pensé au défi.
A suivre...
Note de lecture:Oui, bien qu'ils soient beaux, intelligents et populaires, ces garçons sont un peu idiots aussi... Et c'est ce qui fait leur charme !
Qui a dit qu'ils étaient mal partis déjà ? ^^ Ce chapitre est un grand pas en avant... Mais rien n'est encore gagné pour aucun d'eux !
Sirius peut paraître plus avantagé... et pourtant, je trouve que les deux garçons sont kifs-kifs dans ce chapitre !
(Je n'avais pas du tout prévu d'écrire ça à la base, mais je préfère ça à mon idée de départ qui n'apporterait aucune progression !)
