Chapitre 6: Jeux défendus
Le début de l'année s'écoulait lentement mais sûrement. C'était déjà la fin du mois de Novembre, et pour certains les examens d'avant-noël débutaient. Les septièmes années préparaient leurs ASPIC de fin d'année et certains commençaient dès à présent leurs révisions, ayant à réunir l'ensemble de leurs connaissances depuis leur première année d'apprentissage à la magie.
C'était le cas de Lily, qui étudiait souvent avec les Maraudeurs qui lui avaient proposé de se joindre à eux –bien que le descendant des Black affirmait qu'il n'avait aucunement besoin de révision pour réussir ce fichu examen.
Ce fut d'ailleurs une surprise pour June qui était rentrée de l'hôpital deux semaines plus tôt. Elle avait croisé les quatre garçons en compagnie de sa meilleure amie, riant à gorge déployée, au détour d'un couloir en sortant du bureau du directeur. Son étonnement était tel qu'ils étaient tous partis dans un immense fou rire.
- Depuis quand ? avait questionné la brune, en chemin vers la bibliothèque
- Depuis ton départ. Tu sais, au-delà des apparences, ils ont un bon fond, avait répondu Lily, un rictus empli de douceur peint sur le visage.
Elle lui parla de leurs sorties à Pré-au-Lard et d'autres anecdotes qu'elle avait partagé avec eux, sans sa meilleure amie malheureusement.
- Finalement, nous nous entendons bien.
- Ça me surprend toujours mais c'est tout le mal que je te souhaite...
Tout aurait pu être parfait. Des après-midi ponctués de rires et de discussions diverses. Certaines amies de la rousse –dont la petite Katherina, une adolescente timide mais étonnamment perspicace ou encore Erin la séductrice- avaient remarqué que les farces des Maraudeurs avaient cessé depuis le jour où ils la fréquentaient officiellement. Peut-être était-ce une façon de lui montrer leur amitié et leur reconnaissance, et surtout qu'ils n'étaient pas que des petites brutes sans cervelles.
Toutefois, il y avait une ombre au tableau : si June s'entendait avec merveille avec Remus, James et Peter, elle ignorait ouvertement Sirius. Ce dernier montrait un masque de totale indifférence mais au fond, ses amis savaient parfaitement qu'il était blessé. Et la rousse partageait sa peine : il ne comprenait pas pourquoi elle éprouvait autant de haine à son égard, d'autant plus que la dernière fois qu'ils avaient parlée, à l'infirmerie, il avait été aussi charmant que possible. En somme, ils formaient une nouvelle bande d'adolescents heureux de passer du temps ensemble.
Mais l'adolescence est la période de l'épanouissement des sentiments et des remises en question, et ils ne tardèrent pas à goûter à ces nouvelles émotions naissantes. June, Lily, Katherina et Erin se dirigèrent en vitesse au prochain cours de potion, descendant quatre étages pour arriver à l'heure. Ce laps de temps très court pour se rendre à l'autre bout du château ne les empêcha pas de bavarder. Erin et Katherina couraient devant, laissant les deux meilleures amies le loisir de parler entre elles.
- Je commence à regretter d'avoir pris « potion » en cours pour mes ASPIC, soupira la brune.
- Pourtant, ne rêvais-tu pas de devenir Auror ?
- Si, si, parce que je voulais défendre la communauté et suivre l'exemple de ...
June s'arrêta quelques instants dans sa phrase, et la rousse devina sans peine qu'elle voulait ajouter « suivre l'exemple de mes frères ». Si l'aîné s'en était bien sorti et sortait de Sainte Mangouste dans deux semaines, le cadet était toujours à l'hôpital et le resterait certainement longtemps : sous le coup de la douleur du sortilège Endoloris, il était tombé dans un profond coma, et même les sortilèges de sorciers ne pouvaient pas le réveiller. Il fallait attendre.
- Enfin, esquiva-t-elle, mes notes en potion sont entre Acceptable et Piètre, jamais je ne pourrais faire carrière avec des notes pareilles, même si je me débrouille dans les autres matières. Peut-être va-t-il falloir que je me rabatte sur le Quidditch…
Lily posa sa main sur son épaule, l'encourageant une énième fois en lui promettant de l'aider à exceller dans cette matière qui lui faisait cruellement défaut.
Arrivés dans les cachots, les élèves de septième année commencèrent à s'installer à leur place habituelle lorsque le professeur Slughorn entra dans la salle et claironna d'un ton joyeux
- Bonjour à tous. Ne vous asseyez pas tout de suite, j'ai plusieurs choses à vous dire.
Les adolescents le fixèrent, curieux et silencieux, attendant que l'homme enrobé entame son discours
- Aujourd'hui, vous allez me préparer un philtre de Paix, dont vous trouverez la recette dans votre livre page cent cinquante sept. Toutefois, pour plus d'équité et pour pouvoir évaluer correctement votre niveau en potion, ce sera moi qui ferais les groupes cette fois-ci.
June paraissait désespérée, se mordant la lèvre inférieure avec force : elle avait espéré –comme à chaque fois- recevoir l'aide de Lily pour maintenir sa moyenne à un degré convenable.
Le professeur de potion passa entre les élèves, les examinant tour à tour puis tapa dans ses mains et s'écria :
- Bon, le premier groupe sera composé de –il pointa du doigt les trois élèves concernés : Miss Evans, Mr Rogue et… Mr Potter !
Les élèves restants, bien qu'appartenant à différentes maisons et n'étant jamais en osmose, pensèrent tous au même moment : « elle est où l'équité lorsqu'on met ensemble les trois meilleurs élèves en potion de la classe ? ». Mais connaissant le professeur et ses habitudes extravagantes, ils ne préférèrent pas le faire remarquer pour ne pas dégringoler dans l'estime du professeur.
Lily était totalement abasourdie et mit quelques minutes à se diriger vers la table que le professeur lui désignait. Elle eut la bonne idée de s'asseoir au milieu, séparant les deux garçons qui se fixaient comme deux chiens prêts à se sauter dessus. James à sa gauche, Severus à sa droite. La jeune fille appréhendait le cours et savait qu'il allait très mal se passer. Elle lança un regard entendu aux deux garçons mais ni l'un ni l'autre ne semblaient le comprendre ni même s'en soucier.
La relation entre le Serpentard et la Gryffondor était glaciale, maintenant. Ils ne se parlaient plus, et bien qu'ils le cachaient, ça leur manquait à tous les deux. Mais au fond d'elle, la préfète en chef était certaine d'avoir fait le bon choix, pour eux deux, en ayant coupé les ponts. Donc ils ne s'adressaient plus la parole et s'ils se fréquentaient, c'était pour les cours qu'ils avaient en commun. Pour ce qui était des deux autres garçons, ils se détestaient depuis toujours. Et ça n'avait pas changé. Ils se cherchaient toujours, comme des enfants et lorsque l'un faisait une crasse à l'autre, celui-ci le lui rendait au centuple.
Les groupes se firent petit à petit. Sirius était entouré de deux filles qui lui faisaient les yeux doux et dont il avait du mal à se débarrasser, June avec Remus et Peter. Lorsque Slughorn annonça cette répartition, un large sourire apparut sur les lèvres de l'adolescente rebelle et elle s'écria en rejoignant sa table :
- Remus, je crois que je n'ai jamais été aussi heureuse de te voir ! Tu me sauves la vie !
Ce dernier sourit en sortant ses livres et sentit le regard furieux de Sirius derrière son dos, qui avait tout entendu. Il décida de ne pas s'en formaliser.
- Moi aussi je suis content de te voir, répliqua-t-il doucement avec un sourire amusé, mais tu sais, je n'ai jamais été très bon en potion. C'est plutôt à Peter qu'il faut s'adresser dans cette matière-là, outre James et Sirius.
La brune sourit au petit blond qui commença à lire la recette à voix haute, des étoiles dans les yeux, et entama une discussion enjouée avec les deux garçons.
De l'autre côté de la salle, à la table de James, Severus et Lily, l'ambiance était glaciale, proche de la température du pôle nord à Noël. Cette dernière choisit de ne pas faire de grands efforts, elle n'en avait d'ailleurs pas spécialement envie, et se contenta simplement de lire la recette et de sortir les ingrédients, pressée d'en finir. Les deux garçons se fusillaient du regard, prêt à se bondir dessus.
- A ce que je vois, Lily, tu as drôlement changé. Tu as de drôle de fréquentation, marmonna Severus de sa voix traînante.
- Rogue, arrête ça tout de suite, lui lâcha-t-elle sèchement. Et d'ailleurs, pour toi c'est Evans, pas Lily.
Le garçon eut du mal à cacher sa tristesse en entendant celle qu'il aimait profondément lui répondre ainsi. Et ce sentiment douloureux ne s'arrangea pas lorsque le brun à lunettes s'écria, sarcastique :
- Oh, mais ne t'inquiète pas Servilus, elle n'a pas changé : si ce que tu dis est vrai, même avant son entrée à Poudlard elle ne savait pas choisir ses amis.
- James ! cria celle-ci, je t'interdis de l'appeler ainsi, je te conseille d'arrêter tout de suite si tu tiens à notre amitié.
Rogue eut un petit sourire triomphant tandis que le Potter ronchonna dans sa barbe. Ceci fit sourire la sorcière, mais elle se rendit compte que c'était une erreur : le Serpentard avait blêmi, et James lui lança un regard empli de sous-entendu.
- Qu'y a-t-il Potter ? Tu fais le fier simplement parce qu'elle a souri ? Tu me fais encore plus pitié que lorsque tu faisais le malin sur ton balai et avec ta baguette. Tu es si…puéril.
- A ta place, je ne ferais pas de commentaire Servi…Rogue, répliqua sèchement James. Toi, tu m'as et tu me feras toujours vomir avec ta tête de cloporte écrasé
- Je ne savais pas que le paon que tu étais en était arrivé à respecter et à s'incliner devant chaque parole que prononce Li…Evans.
- Parce que tu crois que tu es mieux ? Tu as toujours été un chien qui rampait à ses genoux, Servi...
- Arrêtez ! hurla la jeune femme.
Certains élèves, proche de la table des trois adolescents, se retournèrent pour voir avec surprise une Lily, debout, au bord de la crise de nerfs, fusillant les deux garçons qui avaient sorti leurs baguettes et se menaçaient, comme si elle allait les assassiner d'un seul regard.
- Vous arrêtez immédiatement ce jeu stupide ! Vous êtes ridicules et aussi puéril, comme tu dis Rogue, l'un que l'autre ! On dirait des enfants qui cherchent à prouver que l'autre est inférieur à lui. Rogue, tu continues comme ça et ce n'est pas que mon amitié que tu vas perdre, tu vas également être exclu de mon existence clairement et simplement. Et toi James, tu risques de perdre mon amitié à te conduire ainsi. Je suis franchement déçue !
Elle se rassit sans cérémonie et coupa un ingrédient en morceaux qu'elle passa à Rogue, abasourdi. Ce dernier marmonna tristement dans sa barbe que de toute manière, il était déjà exclu de sa vie tandis que l'attrapeur de Gryffondor ajoutait que c'était le Serpentard qui avait commencé. Mais le regard vert foudroyant que leur lança la rousse était tellement empli de sous-entendu qu'ils se turent et achevèrent la potion dans le silence le plus total.
Leurs quatre autres amis avaient observé la scène. Remus et June restaient perplexes tandis que Sirius et Peter étouffaient des rires amusés, également terrifiés par la jeune femme. Puis la brune et le loup-garou repartirent dans une discussion passionnée, sans tenir compte des regards foudroyant du descendant des Black.
Malgré la haine mutuelle qui régnait dans le trio, Severus et James choisirent de coopérer et se turent jusqu'à la fin de la leçon, tranchant des ingrédients, mélangeant la mixture... Lorsque le professeur passa devant eux, il émit un petit cri de surprise et couvrit d'éloges le groupe, qui avait préparé un philtre parfait. Ils obtinrent une note excellente et une invitation pour participer à la prochaine soirée du club de Slughorn, qu'ils déclinèrent poliment en trouvant chacun un prétexte.
Lorsque le cours toucha à sa fin, Severus Rogue quitta la salle le premier, sans plus de cérémonie, ignorant le visage de la rousse. Il était vexé, et énormément malheureux, ce que la Evans remarqua sans mal. Elle en fut attristée mais avait depuis longtemps renoncé à cette amitié qui était devenu un fardeau au fil du temps. Pourtant, souvent elle repensait à ce que serait sa vie si elle n'y avait pas banni Severus. La question demeurait sans réponse, et elle n'en aurait jamais. Leurs destins étaient à jamais séparés. Elle quitta à son tour la salle, après un lourd regard de reproche à l'encontre de James, rapidement rejointe par June et leurs autres amies qui sortirent en riant. Le Potter s'était passé une main dans les cheveux, par réflexe, et l'avait aussitôt fixé, l'air songeur. Lily ne lui avait-elle pas reproché, il y a bien longtemps, ce geste d'une vanité extrême ? Après quelques instants de réflexion, il se dit qu'il ferait attention à ne plus le reproduire, afin de montrer à la rousse dont il était amoureux à quel point il n'était plus le James qu'il était à quinze ans. Lorsque Queudver le rejoignit, Cornedrue marmonna : «Ah, les femmes », et son ami n'eut droit à aucune autre explication.
Remus et Sirius marchaient derrière eux, silencieux. Ce fut le brun aux yeux souris qui rompit le silence :
- A quoi joues-tu Lunard ?
Ce dernier fixa son meilleur ami, surpris, et lui expliqua qu'il ne comprenait pas ce qu'il voulait dire.
- Tu séduis celle que tu m'as désigné, je ne comprends pas ce que tu fais.
- Ah, c'était donc ça… Je ne la séduis pas, je lui parle, c'est tout. Je l'aime bien, elle est amusante.
Le poursuiveur de Gryffondor dévisagea son ami avec un mélange d'irritation et de désolation. Puis il soupira :
- Pardon, mais elle me rend fou à m'éviter sans cesse… Si ça continue, je vais le perdre ce foutu pari...
- Tu ne risques pas de gagner en te comportant ainsi.
L'Animagus s'arrêta quelques instants et invita le loup-garou à poursuivre.
- Tu te comportes avec elle comme si elle était ton jouet. Un jour tu la provoques et un autre jour tu la consoles. Et en plus de ça, tu es jaloux lorsqu'une personne l'approche. Elle est comme ta chose, un objet qui te divertirait puis que tu jetterais. Et le pire, c'est que tu ne t'en rends pas compte.
Sirius le fixa, perplexe et légèrement surpris. Il baissa la tête et continua à marcher, le cerveau bouillonnant à cent à l'heure. Etait-ce pour cela qu'elle l'évitait ? Parce qu'il se comportait mal avec elle ? Mais était-ce facile à faire, lorsqu'on s'était moqué d'une personne pendant longtemps, de s'intéresser à elle sans l'irriter ? Il se rendit alors compte, pour la première fois, qu'il n'était pas si intelligent et malin qu'il en avait l'air.
Notant sa désolation, Lupin posa sa main sur son épaule en signe de réconfort et ajouta d'une voix douce :
- Mais je ne pense pas que ça soit pour ça qu'elle t'ignore. Avec ce qui est arrivé à ses frères et ce qui s'est passé à l'infirmerie –de ce que tu nous as raconté-, elle est forcément perturbée. Et puis, tu sais comment elle est, personne ne peut savoir ce qui se passe dans sa tête.
Il avait prononcé cette dernière phrase d'un ton égal, comme s'il parlait de la pluie et du beau temps. Le brun sourit et lâcha une anecdote qui fit rire les deux garçons, qui rejoignirent leurs amis.
Assises sous un saule pleureur du parc, près du lac, Lily et June discutèrent avec animation de ce qu'il s'était passé pendant le cours. La rousse fit le récit détaillé de la discussion ridicule de ses deux partenaires et ponctua son histoire de nombreux soupirs. Son amie éclata de rire et se laissa tomber en arrière, allongée sur l'herbe. Amusée, la préfète la suivit dans son mouvement et elles observèrent les nuages sans réelle attention.
- Je suis sure qu'il a un faible pour toi.
Lily se redressa légèrement, fixant sa meilleure amie en fronçant les sourcils et lui demanda de qui elle voulait parler.
- De Rogue, précisa-t-elle. Bon, James aussi mais je suis certaine que Rogue t'aime et qu'il est toujours blessé par votre séparation.
- A t'entendre parler, c'est à croire qu'on était en couple.
- De loin, c'était l'impression que ça donnait.
La rousse scruta un nuage qui avait la forme d'un lapin à une oreille et fit mine de réfléchir. Elle n'aimait pas aborder ce sujet, et toutes ses amies le savaient parfaitement. Pendant longtemps, Mary Macdonall, qui était une de ses plus proches amies en cinquième année, l'avait tanné avec cette histoire. La Swan savait parfaitement que ce sujet était tabou, mais avec les événements de l'heure précédente, il était difficile de ne pas en parler.
- S'il m'aimait vraiment, il ne m'aurait jamais traité de… tu sais quoi.
La tristesse était clairement visible sur son visage et au son de sa voix, sa meilleure amie le remarqua facilement. Aussi changea-t-elle de sujet et parla du premier match de Quidditch de la saison, qui opposerait Serdaigle à Gryffondor la semaine prochaine. Pour la deuxième année consécutive, les rouge et or avaient pour objectif de remporter une nouvelle fois la couple, et depuis que James Potter en était le capitaine, l'équipe était confiante.
Quelques instants après, les Maraudeurs venaient s'asseoir à leurs côtés et s'immiscèrent dans la conversation, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Une main se posa sur l'épaule de Lily, alors qu'elle parlait avec Peter, et elle eut à peine le temps de se retourner qu'un souffle parvint au creux de son oreille, une main écartant quelques mèches de ses cheveux.
- Pardon, chuchota le préfet en chef.
L'adolescente ne put s'empêcher de rougir et elle survola du regard ses autres amis. Ils étaient en grande discussion mais, à leurs petits sourires complices, elle devina sans mal qu'ils faisaient semblant de n'avoir rien remarqué.
Elle se tourna vers lui et eut un mouvement de recul en remarquant qu'il était à peine à quelques centimètres de son visage. Par réflexe, elle baissa la tête.
- Pardon de quoi ?
Le garçon se gratta la tête, légèrement embarrassé :
- Pardon pour mon attitude de tout à l'heure. Je ne voulais pas te décevoir.
La jeune femme fixa quelques instants le visage de James, penaud. Un mince sourire déchira son visage et elle marmonna, légèrement bourrue :
- Excuses acceptées, mais c'est la dernière fois d'accord ?
A la seconde même où ces mots franchirent le seuil de ses lèvres, le visage du jeune homme s'illumina de ce même sourire qui la faisait chavirer sans raison apparente. Lily fixa ses pieds, étonnamment passionnée par quelques morceaux d'herbes.
Sirius et Remus avaient écouté la conversation de leurs deux amis, tout en faisant semblant de discuter du prochain cours de métamorphose. Le loup-garou donna un coup de coude à son ami qui comprit très bien le message, mais sembla l'ignorer. Pourtant, pour mettre fin à la conversation, Lunard ouvrit son livre de métamorphose et lut un chapitre, corrigeant le devoir à rendre pour l'heure suivante. Lily et Cornedrue s'approchèrent de lui et ils commentèrent ensemble le devoir, forçant le descendant des Black à faire ce que son ami l'avait prié de faire. Ce dernier lâcha un soupir et se retourna vers June, qui s'était levée avec Queudver pour faire des ricochets sur le Lac Noir.
En se retournant quelques secondes, le petit blond nota le regard de son ami et fit mine lui aussi de s'intéresser au devoir de Remus.
- Joli, commenta le garçon brun suite à un ricochet de cinq rebonds de la jeune fille.
Celle-ci ne fit aucune remarque, ignorant toujours avec force le moindre de ses mots. Sirius se mordit légèrement la lèvre, ferma quelques secondes les yeux et lâcha :
- Excuse-moi.
June écarquilla les yeux, lâcha son caillou qui s'écrasa dans l'eau, mouillant leurs pantalons, et leurs yeux souris se rencontrèrent pour la première fois depuis longtemps. Elle croisa les bras sous sa poitrine, signe qu'elle avait toute son attention.
- Excuse-moi pour… mon comportement. Je me rends compte que je n'ai pas été très correct avec toi, et donc…Il ne trouvait pas ses mots, et la jeune femme le remarqua bien. Elle lâcha dans un sourire moqueur :
- Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait du vrai Sirius Black ?
C'était la première fois depuis longtemps qu'il entendait sa voix, mais il se garda bien de le faire remarquer.
- Si t'es pas contente, je peux tout aussi bien retirer ce que je viens de dire, grommela-t-il.
C'est alors qu'il se passa quelque chose qui ébranla complètement le descendant des Black, qui le déstabilisa complètement : June se mit à rire. Ses autres amis se retournèrent vers elle, surpris, délaissant totalement les différents devoirs qu'ils avaient sortis. Ils lui demandèrent pendant longtemps pourquoi riait-elle, mais à chaque fois, son fou rire redoublait. Elle se tint longtemps les côtes, manquant de tomber dans l'eau si Patmol ne l'avait pas rattrapée au moment où elle glissait.
Alors qu'elle s'était enfin calmée, pour cacher son trouble et son embarras devant ce rire qui l'avait tellement interloqué et… chamboulé, il clama d'une voix forte :
- T'es vraiment une idiote, toi…
- Ne me traites pas d'idiote, idiot ! rétorqua-t-elle en lui tapant l'épaule du poing.
Sirius la regarda se joindre à ses amis, toujours un sourire indescriptible collé aux lèvres, et donna un violent coup de pied dans le caillou le plus proche. Pourquoi un simple rire l'avait autant troublé ? Pourquoi avait-il envie de l'entendre une nouvelle fois?
- A force de la fréquenter, tu deviens réellement stupide, lâcha-t-il plus pour lui-même.
Il ne savait pas à quel point il avait raison.
Lorsque plus tard, Lily la questionnait sur les raisons de ce fou rire, cette dernière lui répondait avec une once de mystère que, lorsqu'on rigole, c'est qu'on est heureux. Aucune autre réponse ne venait compléter celle-ci, et la demoiselle devait s'en tenir à ses révélations étranges.
Mais pour le moment, ils étaient tous les six ensembles, sous un saule, à discuter de choses et d'autres, comme des adolescents normaux…
Le front collé à une des fenêtres de son bureau, Albus Dumbledore avait une vue imprenable sur tout le parc de Poudlard. Un groupe d'adolescents l'intéressait en particulier, et en les voyant rire, il se revoyait durant ses jeunes années, insouciant et heureux. Il décolla son regard de la vitre pour fixer sa collègue, la sévère Minerva Mcgonagall faire un rapport complet de la vie des élèves de Gryffondor.
- … Et je vous avoue Albus, que je ne suis pas tranquille de voir Mademoiselle Evans fréquenter ainsi la bande de Potter… J'ai peur qu'ils ne lui donnent de mauvaises idées et n'influent sur elle de manière négative.
Le directeur eut un petit rictus amusé à l'entente de ceci et répliqua d'une voix douce et amicale :
- Êtes-vous sûre de ça ? J'avais pourtant la très nette impression que les mauvaises actions des… Maraudeurs je crois qu'ils s'appellent, avaient très clairement diminué depuis qu'ils la côtoient…
Et il reporta son regard sur la fenêtre, tandis que sa collègue réfléchissait, ses sourcils froncés fixant Dumbledore avec suspicion :
- Serait-ce donc pour cela que vous avez nommé Monsieur Potter préfet en chef au côté de Lily Evans à la place de Monsieur Lupin ?
L'interpellé lâcha un petit rire amusé dans sa barbe, ses yeux remplis de bienveillance. Il murmura alors un « je ne vois pas de quoi vous voulez parler Minerva », mensonge que décela facilement la vieille femme et qui la fit sourire, à ses dépens.
A la fenêtre, observés par les yeux bleus du plus grand mage de sa génération, un groupe d'adolescents discutaient sous un saule près du Lac Noir, et une adolescente brune était prise d'un fou rire.
A suivre...
Note de lecture:Je suis désolé pour la longueur que j'ai mis pour écrire ce chapitre, avec les vacances et tout ça, je n'étais pas très disposé à écrire quoi que ce soit. Mais je vais me rattraper.
Donc à partir de ce chapitre, cette histoire deviendra plus une "débâcle de sentiments"... et oui, l'adolescence c'est dur pour tout le monde ! =P
Encore merci pour vos commentaires chaleureux qui m'encouragent vivement à écrire la suite. Je le dis et je le répète, sans vous, cette fan fiction serait toujours au premier chapitre !
Pour ce qui est du prochain chapitre... hum il promet d'être intéressant je pense ! Pour les intéressés, j'ai fait un dessin qui explique en partie de quoi sera composé ce chapitre, pour ceux qui veulent avoir une petite idée, vous pouvez me demander ce dessin par MP , je vous l'enverrais !
Bonne lecture et à bientôt !
