Chapitre 10: Le Bal

Enfin. Enfin la dernière journée de cours avant les vacances de Noël arrivait. Et avec ça, le bal de Noël. Depuis le petit matin, l'excitation et l'impatience étaient les sentiments qui régnaient dans le cœur de chacun, et ce n'était pas peu dire : tous, élèves ou professeurs, garçons ou filles, attendaient avec une impatience non dissimulée la fin de la journée, ce qui étonnamment créait une atmosphère tendue dans les salles de classe. Mais une fois que les leçons prenaient fin, pendant les pauses, on pouvait entendre des petits cris d'enthousiasmes de la part de jeunes filles et de sourires entendus pour les garçons.

Mais l'attente touchait à sa fin lorsque le dernier cours de la journée se termina. C'était le brouhaha dans les couloirs et chacun se ruait hors des salles pour gagner au plus vite sa salle commune. Même Lily, qui essayait en tant que préfète en chef de faire régner le calme sentait l'impatience la gagner et un petit sourire régnait sur ses lèvres alors qu'elle réprimandait une élève de troisième année qui bousculait tout le monde. June commentait d'un air mi-dédaigneux mi-réjoui cette ambiance étouffante presque similaire à la foule lors d'un concert des Green Wizard. Erin semblait être aux anges et Katherina haussait les sourcils en faisant semblant d'écouter la batteuse en souriant. Elles aussi essayaient de se frayer un chemin jusqu'à la salle commune des Gryffondors pour revêtir leurs robes de soirées. Le bal avait lieu dans trois heures.

La rousse était en train de menacer un élève –qui préparait une farce avec un produit acheté chez Zonko- d'une punition lorsqu'une main se posa sur son épaule.

- Allez, laisse-le, s'exclama joyeusement James, c'est le dernier jour de classe.

Il lança un clin d'œil au garçon qui s'enfuit en courant dans un sourire. La préfète posa ses mains sur ses hanches, un sourcil haussé, légèrement exaspérée :

- Si c'est trop difficile pour toi d'être sérieux, tu peux au moins faire semblant de tenir ton rôle de préfet à cœur, marmonna-t-elle. Ou au moins éviter de me décribiliser devant les plus jeunes…

Cette remarque fut accueillie par un éclat de rire semblable à un aboiement de chien et la grande brune eut un frisson à l'entente de ce rire. Sirius apparu derrière son ami, tout souriant. A sa vue, l'adolescente s'enfuit en courant, se noyant dans la masse d'élève. Le garçon se mordit les lèvres dans un froncement de sourcil mais fit comme si rien n'était et continua sur la conversation précédemment lancée :

- Lily, tu demandes à cet idiot d'être sage… Tu gagneras mon admiration éternelle si tu arrives à le rendre –il désigna son frère de cœur d'un mouvement d'épaule- ne serait-ce qu'un minimum sérieux.

Le brun à lunettes fit une grimace et tout le monde éclata de rire. Même l'amie blonde de Lily réussit à se dérider –elle avait toujours du mal à être naturelle en compagnie d'un Maraudeurs, donc deux à la fois…-. Puis il enchaîna rapidement sur un autre sujet en questionnant sa camarade de chambre dans un sourire :

- Nous nous retrouvons où et quand ce soir ?

Au même moment, le descendant des Black eut la délicatesse d'apostropher à part les deux amies de la sorcière en les questionnant sur l'identité de leurs cavaliers, ce qui les fit glousser et les occupa un moment. Les deux adolescents notèrent cette attention et remercièrent intérieurement leur ami pour ça.

La jeune femme fit mine de réfléchir puis répliqua, souriante:

- Je te rejoindrais dans le hall, un peu avant que ça ne commence !

James fit la moue, apparemment ennuyé. Mais son visage et son regard étaient illuminés par la joie et l'excitation :

-Tu veux garder le suspens jusqu'à la fin hein ? Chipie, grommela-t-il.

Elle lui tira la langue et empoigna par les bras ses deux amies, totalement hypnotisées par l'aura du poursuiveur de Gryffondor.

- A ce soir ! lança-t-elle à la cantonade.

Les deux garçons les regardèrent s'éloigner, amusés. Sirius poussa un soupir et rangea quelques mèches de ses cheveux noirs en arrière. Son meilleur ami croisa les bras sous son torse et lâcha dans une grimace audacieuse :

- Patmol, je te conseille sincèrement de mettre fin à ce défi, dans notre intérêt à tous les deux.

L'autre leva les yeux au ciel, exaspéré en marmonnant un « tu rigoles ? Tu me prends pour un perdant ? » à peine audible. Le deuxième Animagus ne s'en formalisa pas et ajouta avec malice :

- Parce que je crois que je suis bien parti pour gagner…

Dans la salle commune des Gryffondor, l'ambiance était bien, comme l'avait fait remarquer June plus tôt, semblable à l'euphorie des fans présents aux concerts des Green Wizard. Chacun courait partout, ivre d'hystérie. Les quatre filles s'étaient enfermées dans leur dortoir, loin de toute cette agitation. La grande brune était assise en tailleur sur son lit, la préfète des Gryffondor peignait les magnifiques cheveux blonds d'Erin devant sa commode et Lily se débattait avec sa robe pour l'enfiler. Elle avait, en simulant une erreur, sorti la robe qu'elle avait offerte à sa meilleure amie et l'avait placée bien en évidence devant le garçon manqué qui lui avait lancé des éclairs du regard. Et pourtant, elle n'arrivait pas à détacher ses yeux gris du vêtement qui semblait l'appeler.

- Pauvre Sirius, soupira celle qui se faisait coiffer. Quand je pense qu'il n'a toujours pas de partenaire à cause d'une idiote dont je ne citerai pas le nom. Si je n'avais pas trouvé de cavalier, je lui proposerais bien de m'accompagner…

L'idiote en question fit craquer ses jointures, signe qu'elle ne souhaitait entendre aucun commentaire. Mais ça ne découragea pas ses trois amies et même la timide Katherina ajouta :

- Mais il a dit qu'en dernier recours, il irait avec Grace Dunstan.
- Pardon ?

La rousse et la brune s'étranglèrent en même temps et fixèrent leur amie avec un mélange d'horreur et de dégoût. La jeune fille avait rentré sa tête dans ses épaules et se replongea dans les cheveux de son amie, détestant être au centre de toute l'attention.

En effet, Grace Dunstan était une garce de la pire espèce, adulée par la plupart des garçons mais détestée par toutes les filles -ou presque. Elle avait formé autour d'elle un fan-club et jouissait de sa notoriété. Elle laissait les autres tranquilles mais était la première à enfoncer ceux qui se mettaient en barrière de son chemin. Et depuis quelque temps, c'était Sirius qui était sur son tableau de chasse, minaudant à chacun de ses passages.

La batteuse roula des yeux et pesta :

- Quel idiot, je pensais qu'il était plus intelligent que ça… Grace Dunstan…

Les trois autres sorcières échangèrent un regard entendu mais ne firent aucun commentaire. Erin se leva pour aider Lily à fermer sa robe tandis que celle-ci faisait semblant d'épousseter celle qu'elle avait offerte en cadeau d'anniversaire à son amie.

June reçut très bien le message mais resta silencieuse quelques instants, fermant les yeux et pesant le pour et le contre de la chose en se mordant la lèvre jusqu'à en saigner. Puis elle se leva, agrippa férocement la robe et se déshabilla sous les regards surpris des trois autres filles. Elle se tourna vers Katherina, la seule qui n'était pas encore coiffée ou habillée et lui demanda, extrêmement sérieuse :

- Tu peux descendre et prévenir Sirius que je l'accompagne ? Je viendrais avec Lily.

La petite brune resta quelques instants, pantoise, fixant son amie la bouche grande ouverte. Puis un large sourire ravi traversa son visage et elle courut hors de la chambre.

Lily et Erin se lancèrent un regard amusé et entendu alors que leur amie rétorqua :

- Vous deux, aucun commentaire. Considérez ça comme ma BA* de la semaine, je lui évite une soirée horrible en compagnie de la plus abominable des filles de l'école. Je ne suis en aucun cas jalouse ou quoi que ce soit. Et toi –elle pointa du doigt la blonde qui haussa un sourcil-, je t'interdis de me toucher avec ton rouge à lèvre ou ton mascara.

S'en fut trop, et elles éclatèrent de rire tandis que la préfète en chef ajouta entre deux gloussements :

- Toi, si tu n'existais pas, faudrait t'inventer.

La préfète des Gryffondors manqua une marche lorsqu'elle dévala les escaliers. Heureusement pour elle, les Maraudeurs étaient confortablement assis dans le salon et Peter se leva en voyant qu'elle avait manqué tomber. Elle lui adressa un sourire puis reprit son souffle, replaça ses cheveux complètement décoiffés derrière ses oreilles. La brune se mit à rougir et tordit ses doigts alors que les quatre garçons la dévisagèrent et elle murmura :
June accepte de venir avec toi Black, elle accompagnera Lily jusqu'au hall.
Et sans un mot de plus, elle remonta rapidement dans le dortoir. Le jeune homme observa sa silhouette disparaître, complètement interloquée par la nouvelle.

- Qu'est-ce qui a bien pu la faire changer d'avis ?

Queudver haussa les épaules alors que Lunard souriait malicieusement. Le chien se tourna vers Cornedrue qui était resté silencieux :

- Rien n'est encore joué apparemment.

Seul un soupir exaspéré de la part du loup-garou accueillit sa phrase. Le bal avait lieu dans deux heures.

- Lily, oublie tout ce que j'ai dit. Il peut brûler en enfer avec sa Grace, je n'en ai rien à faire.

La rousse soupira, au bord de la crise de nerfs. Voilà cinq minutes que sa meilleure amie se tordait les doigts et se refusait à descendre les escaliers qui les menait jusqu'au hall, cachée derrière une statue.

- S'il te plaît, ne fais pas l'enfant ! Tu es magnifique, il va ne pas en croire ses yeux.
- Je m'en moque. Je ne veux plus.

Mais June avait beau être terrifiante, jamais elle n'avait pu faire face à une Lily en colère. Et il ne manquait qu'une goutte d'eau pour faire déborder le vase, et la joueuse de Quidditch le remarqua parfaitement.

- Tu as dit que tu y allais, tu y vas, un point c'est tout.
- June, c'est toi ?

Les deux jeunes filles se retournèrent brusquement. Une petite femme au visage rond et aux cheveux noirs lui tombant un peu plus bas que le menton, vêtue d'une robe grise à dentelle, les observait avec ravissement, un large rictus peint sur ses lèvres. Derrière elle, la tenant par l'épaule, Franck Londubat les dévisageait également avec un petit sourire suffisant.

- Coucou Alice, salut Franck, marmonna la grande brune.
- Vous êtes magnifique les filles !

Elles se retournèrent le compliment, malgré les bouderies de la batteuse qui, par son rougissement timide, avait été sensible à la flatterie.

- Vous allez au bal avec qui ? enchaîna Franck.
- J'y vais avec James Potter, et cette grande gourde avec Sirius.

Le couple échangea un regard étonné et un sourire entendu, puis Alice sautilla vers les escaliers en tirant les deux amies par le bras comme si elle allait leur faire une confidence. Son compagnon serra les bras sous son torse, un sourire amusé trônant sur son visage.

- Sirius ! James ! Par ici !

Les deux garçons discutaient en bas, tous deux habillés sobrement de costumes noirs. Mais malgré la simplicité de leur revêtement, il ne ressemblait pas comme d'autres élèves à des pingouins. Ils étaient tous deux très beaux, et nombreuses étaient les adolescentes qui bavaient d'envie en passant à leurs côtés, malheureuse de n'avoir pas été choisi par les deux garçons.

Entendant leurs noms, ils se retournèrent vers Alice qui laissa ses deux amies pétrifiées au milieu des escaliers et descendit jusqu'à la Grande Salle au bras de son petit ami.

- Je crois que nous n'avons pas le choix, il faut descendre.

Et la rousse dut presque tirer sa meilleure amie pour qu'elle daigne à bouger. Lorsque leurs deux peaux se rencontrèrent, la préfète constata avec surprise que sa meilleure amie était tremblante. Lorsqu'elle posa ses yeux verts sur son visage, il était livide et elle semblait au bord de la crise de panique. Un doux sourire gagna alors ses lèvres et elle serra la main de la batteuse en murmurant :

- Tout va bien se passer.

Ses mots parurent avoir leur effet car la jeune femme bougea. Et elles descendirent.

Durant toute la traversée de la salle des deux amies, les garçons restèrent comme hypnotisés, chacun observant avec enchantement sa cavalière. Le descendant des Black tentait de se reprendre, mais il ne pouvait s'empêcher de détailler June. Pendant un instant, il s'était demandé qui était cette adolescente que son amie semblait soutenir à chacun de ses pas. Il ne l'avait pas reconnue tout de suite. Habillée comme ça, elle était si féminine... Elle portait une robe bleue pâle, démarrant à sa poitrine et dégringolant jusqu'aux chevilles. Des fils bleu nuit s'entrelaçaient autour de son cou pour attacher le vêtement et le même matériel était utilisé pour ses chaussures. Traversant le tissu en guirlande, étaient accrochés des perles bleues nuits qui brillaient à la lumière. Ses cheveux marrons luisaient et étaient attachées en une queue-de-cheval haute, quelques mèches se perdant sur ses épaules. Et Sirius pesta en trouvant que June était belle. Sauvage, féminine. Belle.

James n'en menait pas large. Il ne pouvait pas détacher son regard de la fille dont il était fou amoureux et se demandait toujours si c'était vrai, si une femme comme elle avait pu le choisir lui comme cavalier. Elle en était presque méconnaissable. Ses cheveux auburn habituellement raides descendaient en cascade dans son dos, ondulant comme une rivière dans son lit. Dans ses cheveux, était attachée une fleur de tournesol, à la fois discrète et lumineuse. Elle portait une robe verte pâle, dont les bords étaient entourés de dentelles émeraude. Les bretelles du vêtement tombaient sur ses épaules blanches. Sur le tissu, étaient imprimés des motifs de fleurs vertes foncées qui brillaient grâce à un artifice magique. Le garçon avala sa salive et un petit rictus naquit sur ses lèvres. Il était heureux.

Lorsque les deux jeunes femmes arrivèrent devant leurs cavaliers, un silence de mort s'installa. Aucun n'osait parler, les deux garçons ne pouvaient s'empêcher de dévisager leurs partenaires. Puis Sirius ouvrit la bouche dans un rictus moqueur :

- Lily, qui est cette fille qui t'accompagne ? Elle est bien trop féminine pour être ta meilleure amie…

Le visage de la batteuse devint rouge de colère et elle déclara d'un ton sarcastique avant de tourner les talons :

- Une fille idiote à ce qu'il paraîtrait, et qui se demande ce qu'elle fait avec un crétin dans ton genre.

Elle allait remonter les escaliers en courant, sans faire attention au fait qu'elle portait une robe mais le poursuiveur la rattrapa par le poignet. June lui lança un regard dédaigneux qu'il balaya d'un revers de main et il ajouta :

- C'était pour rire…

Et il ajouta dans un murmure, en détachant son regard du visage parsemé de taches de rousseur de sa partenaire :

- Cette robe te va plutôt pas mal… Tu es même plutôt jolie.

La brune hésita quelques instants puis un sourire timide fendit son visage. Pour garder sa dignité et cacher sa gêne, elle donna une petite tape sur la tête du Black et lança :

- Arrête, tu parais presque sérieux.

Sirius roula des yeux, amusé, puis donna son bras à la batteuse qui le prit après hésitation et ils quittèrent leurs deux amis pour rejoindre la Grande Salle.

De leur côté, Lily et James avaient observé la scène que leur offraient leurs amis discrètement, manquant d'étouffer des rires peu discrets. Puis le capitaine de Quidditch des Lions se passa une main maladroite dans les cheveux et ajouta :

- Je suppose que ce n'est pas très original de dire que tu es sublime ? On dirait que tu apportes le printemps !

Ce n'était certes pas très original, même plutôt bateau, mais la rousse ne put s'empêcher de rougir et son visage de rayonner de plaisir. Elle se contenta alors de souffler un remerciement à peine audible mais que le jeune homme perçut sans mal. Il lui sourit alors malicieusement et lui emprunta son bras pour la diriger vers l'immense porte en bois où attendaient les autres préfets et McGonagall.

Là-bas, discutaient sympathiquement Katherina et le loup-garou ainsi que les préfets des différentes maisons. Le professeur de métamorphose rappelait pour la énième fois les consignes à suivre et les préfets en chefs ne purent s'empêcher de sourire :

- Il va de soi que vous représentez l'ordre de l'école, aucun écart ne sera toléré, encore moins de votre part et … Ah, Monsieur Potter et Miss Evans, enfin !

Elle se fraya un chemin dans la petite foule et tira le poignet des deux interpellés pour les placer devant elle. Derrière la lourde porte, elle entendait Albus Dumbledore introduire le bal par son habituel discours chaleureux.

- Mettez-vous en rang, chacune au bras de son cavalier : Monsieur Potter et
Miss Evans devant, puis les préfets de Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard !

Ils s'exécutèrent. Lily sentit son cœur battre dans sa poitrine, beaucoup plus fort qu'auparavant et un sentiment d'angoisse l'envahit. Etait-ce parce qu'elle allait danser devant tout le monde la première danse ? Etait-ce parce qu'elle sentait que cette soirée serait synonyme de changement dans sa vie ? Ou était-ce son partenaire qui lui maintenant doucement le bras à en faire chavirer plus d'une ?
Tout ça à la fois certainement.

Elle entendit à peine la directrice des rouges et or leur souhaiter un « amusez-vous bien » à la fois sec et tendre. Les lourdes portes qui grincèrent devant ses yeux faisaient autant de bruit que les couinements des souris. Sa tête bourdonnait et elle sentit qu'elle allait perdre pied.
Ce n'est que lorsque James lui souffla un « prête ? » dans son oreille, à la fois sensuel et motivant, qu'elle avança un pied devant elle et pénétra majestueusement dans la Grande Salle réaménagée à cet effet. Elle ne sentit pas sur elle les regards des autres élèves, dont ceux de ses amis qui l'observaient malicieusement. Seule la musique résonnait à son oreille, et seule la peau du Potter brûlait son bras.

Une fois arrivés au centre de la pièce, ils se lâchèrent et se regardèrent. En rond autour d'eux, les autres préfets avaient fait de même. L'attrapeur de Gryffondor attrapa sa main, elle posa la sienne sur son épaule. La rousse eut un frisson lorsqu'elle sentit les doigts du garçon chatouiller ses hanches.

Et la musique démarra.

James ne distinguait plus Remus qui n'avait cessé de l'encourager du regard, il ne voyait plus Sirius lui sourire d'un air protecteur et entendu ni Peter qui lui avait fait de nombreux clins d'œil emplis d'amitiés. Les robes qui tournaient autour de lui et ses camarades qui dansaient en cercles à ses côtés avaient disparus.

Disparus au profit des beaux yeux sapins de Lily.

Ils tournaient, virevoltaient, sautaient, tout ça avec la grâce et la légèreté des oiseaux. La robe de la sorcière accompagnait gracieusement ses mouvements et faisait penser à la floraison du printemps en ce jour froid d'hivers. Ils étaient en osmose, en accords parfaits. Ils retrouvaient toutes ses sensations qu'ils avaient éprouvées lors de leur première danse. Et la jeune femme riait. De ce rire cristallin qui faisait chavirer le garçon. Elle était heureuse, elle riait. Maintenant, il lui semblait comprendre les propos de son amie, deux mois plus tôt.

La danse s'acheva dans une descente légère de notes aigues. Des applaudissements accueillis les danseurs, certains allant rejoindre leurs partenaires d'origine. Lily et James s'étaient arrêtés, mais ne se lâchaient pas et se scrutaient attentivement. Et la musique redémarra, et ils reprirent leur danse après avoir échangé un rictus sincère.

Au milieu de la foule, les bras croisés, Sirius se pinçait la lèvre et dévisagea sa cavalière. Elle ne lâchait pas le couple du regard, un sourire heureux et ému peint sur ses joues.

Il tendit alors sa main et lui demanda :

-Tu danses ?

June le scruta comme s'il venait de dire qu'il avait décroché la lune : ses yeux ténébreux s'étaient écarquillés comme des balles de billards et elle fixait chaque pli du visage de son ami, cherchant toute trace laissant penser qu'il venait une nouvelle fois de se moquer d'elle. En vain.

- Tu rigoles ? s'époumona-t-elle.

Non. Nous sommes à un bal, il serait logique de danser. A moins que tu ne sois venu pour poiroter pendant plusieurs heures.

La jeune femme semblait totalement déboussolée, observant tour à tour le visage du beau brun et cette main tendue, porteuse de promesses taboues.
Elle se mit à soupirer puis l'attrapa, rouge de gêne, légèrement tremblante :

- De toute manière, tu ne vas pas me laisser le choix.

Le descendant des Blacks s'esclaffa -ou aboya ce serait plus juste- et l'entraîna sur la piste. Ils se mirent à tourner, l'adolescente fixant ses pieds, au grand énervement du poursuiveur qui lâcha sa hanche, prit son menton entre deux doigts et la força à le regarder :

- Détends-toi, je ne vais pas te manger. Tu as peur ou quoi ?

Cette simple phrase redonna à June tout l'aplomb nécessaire. Elle lui lança un regard comme si elle prenait ces mots pour un défi, puis la danse des deux adolescents se firent plus naturelle, plus légère… et plus sensuelle.

Et la joueuse de Quidditch en prit même un certain plaisir. Et même si elle se refusait à l'avouer, elle se sentait affreusement bien. Et elle ne comprenait pas pourquoi.

L'espace d'une seconde, leurs visages étaient beaucoup trop proches, leurs mouvements voulaient dire autre chose. La main du garçon pressa celle de sa cavalière légèrement, mais elle perçut ce changement et s'en sentit complètement troublée. Leurs corps s'étaient rapprochés, presque inconsciemment, et si Sirius menait la danse, il était surpris de son propre comportement. Il ne contrôlait plus rien.

Mais il continuait de se rapprocher du visage de la brune.

Quelques millimètres. Il ne restait que quelques millimètres de distance entre leurs deux visages. Mais l'adolescente reprit pied avant le jeune homme et déclara d'un ton trop joyeux pour être franc :

- Il fait chaud non ? Je vais chercher des boissons.

Et ni une ni deux, elle se détacha de l'emprise de Sirius et s'enfuit au milieu de la foule, pour la deuxième fois de la journée. Ce dernier resta au milieu de la piste, à la fois déçu et soulagé. Il se passa une main dans les cheveux et se posa des questions en fermant les yeux.

Mais que lui arrivait-il ?

L'ambiance était jouissive. A chaque nouvelle chanson plus de danseur s'ajoutaient sur la piste. Des rires joyeux s'entendaient au milieu de la foule, des couples se formaient et des groupes d'amis s'amusaient. La fête était très réussie. Même le directeur avait pris part aux festivités, dirigeant la petite professeur d'Astronomie dans la danse. Et James et Lily continuaient de valser.

Ils s'arrêtèrent un instant, tous deux le sourire aux lèvres, les jambes en coton. Une certaine gêne s'installa, que le garçon décida de briser en murmurant à l'oreille de son amie :

- Attends-moi dehors, il y a moins de monde, je vais nous chercher quelque chose à boire.

Elle acquiesça dans un mouvement de tête puis obéi. Une fois dehors, elle frissonna alors que l'air frais percuta sa peau blanche et elle plaqua ses mains sur ses bras pour se protéger du froid. Elle s'assit sur un banc en face d'elle qui donnait vue sur le parc. Il n'y avait personne, la musique résonnait en fond et quelques gloussements provenaient du parc où s'étaient cachés quelques couples. La rousse leva la tête et observa les étoiles, perdue dans ses pensées. Une sensation agréable s'était installé dans son cœur et ne la quittait plus. Ces danses répétées lui avaient données mal au pied et son cœur avait raté plusieurs battements. Mais elle se sentait heureuse. La préfète avait eu des frissons, bien sur. Lorsqu'il frôlait sa peau, lorsque leurs regards se croisaient. Mais elle se persuadait que c'était normal, que c'était simplement des réactions physiques au contact avec une personne du sexe opposé. Un contact avec Peter ou Sirius lui aurait certainement fait pareil, ils n'étaient qu'amis.

Elle sursauta lorsque la voix de James résonna derrière elle. Il tenait deux verres de Bièraubeurre et lui en tendit un. Lily le remercia dans un murmure et réprima un frisson, sans succès. Le brun à lunettes l'observa quelques secondes puis retira sa veste et la posa sur les épaules de la jeune femme :

- Merci, mais je n'en ai pas besoin, répliqua-t-elle.

Mais, trahie par son propre corps, la chair de poule était clairement incrustée sur sa peau.

- Tu vas attraper froid, gémit la rousse alors qu'il lui posait de force le vêtement noir.
- Je vais très bien, ne t'inquiète pas, c'est plutôt pour toi que je suis préoccupée, rétorqua le garçon gentiment.

Elle lui sourit, en remerciement, puis ferma les yeux quelques instants. Ses doigts frôlaient ceux du garçon qu'elle entendait avaler silencieusement sa boisson. Rapidement, la chaleur prit place dans son corps et elle se laissa bercer par la chanson lente que les musiciens étaient en train de jouer.

Lorsque la sorcière rouvrit les yeux, l'attrapeur s'était rapproché et leurs bras se touchaient clairement. Il l'observait sans bruit, se perdant dans la contemplation de ses courbes, de son visage, de ses cheveux, de son regard… Il se sentait vaciller.

Le jeune homme replaça une mèche de cheveux roux derrière l'oreille de sa propriétaire et lâcha dans un souffle :

- Ça devrait être interdit d'être aussi jolie…

Contre son gré, elle rougit et elle lui répondit par une grimace timide. Elle n'eut même pas la force de le repousser : elle se sentait si bien…

Puis tout se passa très vite, et pourtant incroyablement lentement. Cette main sur sa robe, bloquant son corps, l'autre caressant son visage. Et les lèvres de James, se posant avec toute la délicatesse possible, sur les siennes. Lily se sentit chavirer. Sa première pensée fut de le repousser mais son corps n'obéissait pas à ses ordres : doucement, avec embarras, elle entoura le visage du préfet de ses bras et ferma les yeux. D'abord un baiser chaste, timide, rapide. Puis le garçon pris les choses en main et titilla les lèvres de la fille qu'il aimait de sa langue pour la forcer à ouvrir la bouche. Ce qu'elle fit sans réticence. Elle ne savait pas si elle en avait envie : sa tête lançait des messages de détresse mais ses gestes accentuaient le baiser, jouant avec la langue de James, se délectant de chacune des nouvelles sensations qu'elle découvrait alors. Et qu'ils partageaient. Ensemble.

Elle perdait pied. Et ça faisait tellement de bien…

A suivre…

*Ba : Bonne action

Note de lecture :
Je suis diabolique. Couper à ce moment-là… je me détesterai presque =P Et vous allez encore plus m'en vouloir au prochain chapitre. J'essaie le phénomène Pete Doherty : je me fais détester par mes lecteurs =P (et j'aime bien Pete ^^)

Je suis désolé du temps que j'ai mis à écrire et à poster ce chapitre. Mais entrée au lycée et nouveau rythme = une Joyli crevé qui ne fait que dormir de son temps libre. Je n'avais pas vraiment la tête à l'écriture ni rien, donc ce chapitre a mis un peu plus de temps que les autres (surtout qu'il est un de mes préféré de ma fic en plus de l'épilogue T_T).

C'est fou l'inspiration que j'ai pour les titres des chapitres… Pleins de sous-entendus, de métaphores, de lyrisme… je suis sure que vous ne devinez pas de quoi porte le chapitre -'

Et puis pour l'apparition de Franck et d'Alice, bien que brève j'en avais envie depuis longtemps. J'avais aussi très envie qu'il y ait une rapide apparition de Molly et Arthur mais ils sont plus vieux que James et Lily donc techniquement parlant ce n'est pas possible… dommage. Je vois Alice comme une fille très fraîche, très originale et très légère dans sa jeunesse, comme il n'y a aucune précision là-dessus, je me permets de créer ce personnage.

Alors je pense qu'il reste environs cinq/six chapitres avant la fin de la fic, sans compter l'épilogue… ça me fait bizarre j'avoue, j'imagine cette fic très longue alors qu'elle est plutôt courte =) Bah, ne dit-on pas « les histoires les plus courtes sont les meilleures » ? (non, je ne cherche pas à me chercher d'excuse ni à me valoriser moi-même=P … d'accord, je fais pitié…). Mais ça peut varier, car les personnages font parfois des choses que je n'avais pas prévu ;)

Ah, et tout ce que j'ai à dire c'est : rien n'est encore gagné ;)