Chapitre 15 : Tout est bien qui fini bien... ?

L'ambiance était palpable dans la Grande Salle entre les Poufsouffle et les Gryffondor: dans moins d'une heure, leurs équipes s'affronteront pour se rapprocher encore un peu plus du titre de champion du tournoi de Quidditch.

Comme avant chaque match, les équipes se réunissaient et prenaient leur petit-déjeuner ensemble pour mettre au point la stratégie à adopter. De leur côté, les Aigles et les Gryffondor encourageaient ces derniers, tandis que les Serpentard se ralliaient aux Blaireaux pour vaincre les Rouge et Or.

Lily jeta un coup d'oeil au centre de la table où l'équipe des Lions ajustait leur stratégie à la dernière minute. Tout en enfournant une tartine grillée dans sa bouche, elle se remémora, rêveuse, la soirée de la veille. Après leur baiser, la rousse était restée quelques instants dans les bras du garçon avant d'aller se coucher. Elle s'était endormie le coeur battant, l'esprit plein de promesses, mais à la fois d'inquiétudes: elle avait du mal à s'imaginer, un jour après avoir rompu avec David, se promener au bras du Potter. Ce n'était pas son genre d'agir ainsi et la timidité aidant, elle ne se sentait pas immédiatement prête à crier sa relation sur tous les toits.

A ce sujet, James avait été parfait. Alors qu'il attendait qu'elle eût fini de se préparer ce matin-là, il lui annonça avec maladresse qu'il préférait annoncer la nouvelle à ses amis avant de s'afficher devant tout le monde. Et cela la soulageait d'un poids énorme.

Ce dont elle ne se doutait pas, c'est que le Potter espérait pouvoir parler à Sirius de sa relation avec Lily pour mettre fin à ce stupide défi. Et il préférait l'annoncer à son meilleur ami après le match de Quidditch, afin qu'il ne soit pas trop déconcentré pendant et qu'il digère plus facilement l'idée d'avoir perdu. Et bien que le brun à lunettes se moquait désormais éperdument de ce pari, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une fierté à l'idée d'avoir battu son presque frère sur un terrain où il était habituellement le maître.

Lily fut interrompue dans ses réflexions lorsque Erin s'exclama d'une voix un tantinet trop forte, à la fois amusée et admirative:

- Je ne savais pas que tu avais un si beau bracelet dans tes affaires... tu me l'as caché pour éviter que je ne te le vole ?

Un temps, les membres de l'équipe de Quidditch s'étaient retournés vers eux, surpris par ce cri aigu qui les avait sortis de leur réflexion, mais ils se détournèrent rapidement. Seul James resta quelques instants les yeux fixés sur la préfète, un sourire amusé peint sur ses lèvres cachant difficilement le bonheur qu'il ressentait. La rousse rougit légèrement et répondit à son amie dans un sourire, en contemplant le bijou verdâtre.

- Je l'ai retrouvé hier dans ma valise. C'est un bracelet assez...spécial.

Il n'en fallut pas plus à la blonde pour comprendre que son amie lui cachait quelque chose. Elle ne fit pas d'autres commentaires mais le petit sourire malicieux qui trônait sur ses lèvres traduisait parfaitement ses pensées. Malgré le silence, ce sourire était toujours présent et voulait clairement signifier : «tu me caches quelque chose, et je découvrirais quoi». Lily posa les yeux sur le cadeau de son petit ami -c'était d'ailleurs étrange de parler de James comme de son petit ami- et songea qu'elle avait décidément bien fait de l'emporter dans sa valise après les vacances de Noël. James avait été si heureux en voyant le bijou au poignet de la jeune femme ce matin... Il n'avait rien dit, ils s'étaient simplement croisés et s'étaient à peine frôlés, mais l'immense sourire qui avait écarté ses lèvres était révélateur.

Mais la jeune fille fut coupée dans ses pensées de jeune fille amoureuse par une main qui se posa sur son épaule doucement. Elle en sursauta de surprise et se retourna vivement, ses cheveux roux volant autour de son visage pour croiser le visage de Remus qui lui souriait, visiblement gêné.

- Remus ! Tu vas bien ?

Le garçon ne répondit pas, fuyant son regard, et la rousse se mordit la lèvre. Il ne savait pas qu'elle était au courant et elle ne comptait pas le lui faire comprendre. Mais il avait visiblement deviné et son air meurtri fit comprendre à la jeune fille que la nuit dernière avait dû être difficile.

- Je voulais savoir... Comment va James ?

La préfète écarquilla ses yeux émeraude de surprise. Pourtant, la question tombait sous le sens. Le garçon à lunettes avait été blessé la veille et son ami loup-garou devait se ronger les sangs et culpabiliser affreusement, au point de ne pas oser affronter son meilleur ami en face. Un sourire attendri écarta les lèvres de Lily qui murmura rassurante qu'il n'avait pas à s'en faire et que tout allait pour le mieux. Le Maraudeur sembla satisfait de la réponse mais remarqua le sourire un peu trop guilleret de la demoiselle, mais avec sa délicatesse naturelle, il ne fit aucun commentaire et se contenta de sourire malicieusement. Il avait certainement deviné lui aussi.

- Rah je stresse !

- Tu vas te calmer oui ? Ou alors défoule-toi sur Ben ça me fera des vacances !

June lança un regard noir à Sirius qui était en train d'attacher ses genouillères. L'équipe de Gryffondor de Quidditch était dans les vestiaires, attendant patiemment l'heure du match. Au-dessus d'eux, ils entendaient les pas des élèves montant dans les gradins pour profiter du match. Des bruits et des cris commençaient à s'entendre au-dehors, augmentant la pression déjà palpable chez les Rouge et Or.

James sourit à l'entente de l'altercation habituelle entre Sirius et June et il posa son épaule sur cette dernière:

- Ne t'inquiète pas. Nous sommes tous bons, il n'y a aucune raison pour laquelle ça se passe mal, bien au contraire. On va leur en mettre pleins la vue comme d'habitude ! s'exclama-t-il avec un sourire fier.

La brune lui rendit son sourire plein d'entrain et ne remarqua pas le voile de colère qui passa rapidement, mais surement, sur le visage de Sirius. Son attention fut attirée par tout autre chose et elle se détacha de l'emprise de la main de son capitaine pour se ruer vers la porte.

- Lily !

A l'entente du prénom de la jeune fille, le capitaine de l'équipe se retourna vivement, trop peut-être. Il aperçut son visage à l'embrasure de la porte où quelques mèches rousses venaient se perdre. Un sourire stupide éclata sur son visage, sans qu'il ne puisse le contrôler. Vraiment, être amoureux le rendait complètement débile et il avait beau en avoir parfaitement conscience, c'était le dernier de ses soucis. Les yeux émeraude croisèrent le regard noisette du garçon et elle marmonna:

- James, on a un problème de préfet, tu peux venir dehors quelques instants ?

Le Maraudeur fronça les sourcils et son meilleur ami l'encouragea du regard. Il déglutit, donna un dernier conseil à son équipe puis sorti derrière les talons de la préfète-en-chef. June fronça les sourcils lorsque la porte claqua à son visage et elle se tourna vers Sirius:

- Ils ne se sont toujours pas réconciliés ?

Le garçon haussa les épaules, incapable de lui répondre.


Une fois qu'ils furent sortis, Lily tourna la tête quatre fois afin de vérifier que personne n'était dans les environs. Lorsque la demoiselle eut fait sa vérification, elle tendit au garçon ses coudières dans un petit sourire malicieux:

- Tu les avais oubliés. Qu'est-ce que tu ferais sans moi ?

- Pas grand-chose effectivement, répondit-il dans un sourire éclatant.

Il lui caressa la joue et la jeune fille rayonna de bonheur. Il s'approcha doucement de son visage et déposa un baiser sur ses lèvres, lent, intense. La jeune femme agrippa fermement la chemise de son amoureux qui avait calé sa main sous ses cheveux.

Une fois qu'ils eurent fini, Lily se cala dans ses bras et murmura:

- Combien de temps tu veux qu'on cache cette... relation -oui, ça lui faisait vraiment bizarre de dire ce mot-. Je ne sais pas si je pourrais mentir à June et aux filles longtemps, elles se doutent de quelque chose.

- Attends encore jusqu'à ce soir. Je préfère attendre la fin du match, cette révélation risque de perturber Sirius.

La rousse fronça les sourcils et releva la tête:

- En quoi ça le perturberait ?

- Tu ne savais pas que Sirius était un petit garçon sensible ? murmura-t-il dans un sourire.

Un rire cristallin emplit le couloir. James n'osait pas lui dire qu'il avait gagné un défi et que pire encore, qu'elle en était l'objet. Il lui cacherait, Lily n'avait pas à le savoir après tout. Il avouera sa victoire à ses amis le soir pour ne pas que son meilleur ami, trop blessé dans son ego, leur fasse perdre le match. Après ça il ordonnera le silence sur ce stupide pari et il pourra sortir avec la rousse en toute impunité. Il ne lui mentirait pas vraiment: il omettrait simplement certains détails dont il se souviendrait peut-être plus tard, beaucoup plus tard. Il avait si peu de mémoire ces derniers temps...

James lui caressa doucement les cheveux et murmura à son oreille:

- Il faut que j'y aille, ils m'attendent.

- Bon match ! lui répondit-elle.

Elle se détacha de l'emprise du brun dans un sourire et s'éloigna. Le garçon resta en plan comme un idiot, puis il lui attrapa le poignet et marmonna, boudeur:

- Je n'ai pas le droit à un bisou d'encouragement ?

Ceci surprit la jeune fille qui ne se laissa pas démonter pour autant et se détacha de son emprise en s'exclamant malicieusement:

- Gagne le match, et peut-être que tu auras un bisou de félicitation.

Et elle s'éloigna aussi vite qu'elle était venue. James observa sa silhouette rousse disparaître, dubitatif, puis un léger sourire se peint sur son visage, attendri.

Lorsqu'il rentra dans les vestiaires, il était de trop bonne humeur au goût de Sirius.


Encore une fois, l'ambiance était festive dans les vestiaires des Gryffondor. Sur deux matchs joués cette saison, ils en avaient remporté deux. Il ne leur restait plus qu'à battre l'équipe des Serpentard pour remporter le championnat. De dehors, on entendait des cris, des rires et des exclamations victorieuses provenant de leur vestiaire.

- Les Serpentard n'ont qu'à bien se tenir, à nous la victoire !

Un rire joyeux accueillit cette exclamation. Les joueurs s'étaient changés et s'étaient préparés afin de rejoindre la fête qu'avaient préparée les autres élèves de leur maison en leur honneur. Mais avant cela, ils goûtaient à la douce saveur de la victoire entre eux, acteurs de leur match, sans lesquels cette réussite n'aurait jamais pu se faire. Ils étaient simplement heureux, se remémorant avec euphorie les temps forts du match. Oui, ils pouvaient être fiers d'eux.

Un élève de leur maison vint les chercher. La fête allait commencer. Les Gryffondor sortirent un à un. June emboita le pas de James et allait rejoindre son équipe dans la salle commune lorsqu'une voix retint son attention.

- Attends.

Elle se retourna, Sirius l'attendait au milieu des vestiaires, les mains dans les poches. La jeune fille fronça les sourcils et resta au niveau de la porte, ne comprenant pas le brusque élan de sérieux de son ami.

- Quoi ? Il faut qu'on se dépêche, ils nous attendent.

Le beau brun ne répondit pas. Il se contenta simplement de la fixer de ses yeux gris souris intenses. Le fait de se faire observer ainsi mettait mal à l'aise June, qui renchérit quelques balbutiements malhabiles. Une fois encore, il ne dit mot. Le Maraudeur se contenta simplement de s'approcher d'elle, lentement. Le trouble s'installait chez la batteuse qui ne comprenait pas cette réaction saugrenue de la part du garçon. Enfin si, elle savait parfaitement ce qu'il allait faire. Mais elle refusait de se rendre à l'évidence.

Sans qu'elle ne puisse crier gare, il était tout près d'elle et ferma la porte derrière elle. Ses yeux s'agrandirent de surprise, mais elle ne dit rien. Elle était comme figée, stupéfaite. A se demander si on ne lui avait pas lancé le sortilège Stupefix. Le garçon nota bien son malaise mais ne dit mot, cette situation semblait l'amuser car un fin petit rictus avait pris place sur ses lèvres. Il la plaqua contre la porte, encadrant son corps de ses deux bras pour l'empêcher de s'échapper. En temps normal, June aurait crié. Elle l'aurait certainement frappé, aurait vociféré des menaces inquiétantes et lui aurait fait passer l'envie de recommencer. En temps normal. Elle ne savait pas pourquoi mais c'était comme si la connexion entre son corps et son cerveau s'était interrompue. Elle n'arrivait pas à bouger, elle était totalement pétrifiée.

Sirius replaça une mèche délicatement derrière l'oreille de la jeune femme et approcha doucement son visage du sien, sans gestes brusques. Il était incroyablement sérieux, son visage était grave, comme s'il allait faire quelque chose d'important. La jeune batteuse ne pouvait détourner son regard de ces yeux souris. Plus il s'approchait, plus elle sentait son souffle chaud sur son visage. Ce n'était pas désagréable en soi. Leurs lèvres n'étaient plus qu'à quelques millimètres, un frisson parcourut son corps.

Suivit d'une peur incontrôlable.

Par réflexe, June détourna son visage. Sirius serra le poing contre la porte, tandis que la brune baissa la tête, honteuse et rougissante. Elle souhaitait dire quelque chose, n'importe quoi, mais rien ne sortit.

Très vite, le Maraudeur agrippa son avant bras, un peu trop violemment au goût de la jeune femme. Un cri de douleur sortit de ses lèvres, la forçant à relever la tête. Elle croisa alors le visage du garçon, teinté de colère et d'une certaine tristesse.

Elle ne lui avait jamais vu cette expression.

Il frappa son poing contre la porte et marmonna, contenant sa colère:

- Pendant combien de temps, articula-t-il lentement, vas-tu te voiler la face ?

- P... Pardon ? bredouilla June.

- Arrête de faire celle qui ne voit rien ! s'écria-t-il, tout en mesurant du mieux qu'il pouvait sa colère. ça fait des mois qu'on se tourne autour, et tu le sais très bien ! Au bal, dans la Salle sur Demande, à la bibliothèque, c'était quoi ?

Ce dernier mot, il l'avait crié et au même moment, il avait resserré son étreinte sur son bras. Un cri de douleur s'échappa des lèvres de la brune qui le repoussa violemment:

- Arrête ! Tu me fais mal !

Sur ces mots, il la lâcha, surpris. June massa son bras et l'examina, afin de ne pas rencontrer le regard de Sirius. ça l'énervait, mais elle avait envie de pleurer, et même si elle refuserait de l'avouer, elle se détestait d'avoir tout gâché. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle l'avait repoussé. Comme tout le monde, elle était consciente qu'ils se rapprochaient aux fils des jours. Et ça lui faisait incroyablement peur. Tout d'abord parce qu'elle n'avait pas l'habitude de ça. Les flirts, l'amour, toutes ces choses dont elle s'était allègrement moquée par le passé, elle ne les avait jamais vécues. Et les ressentir sans être préparé, c'était plus dur qu'elle ne l'avait pensé. Enfin, elle avait peur de faire une bêtise: en réalité, depuis toujours il y avait eu une tension entre Sirius et elle. De la haine d'enfant, ponctuée ensuite par des chamailleries d'adolescents. Le parcours basique de ce qui se mue par la suite en amour d'adulte. Et elle n'avait pas été sûre d'être prête à faire ce chemin avec le garçon le plus populaire -et celui qu'elle avait le plus détesté- de l'école.

Mais maintenant qu'ils en étaient là et qu'il lui hurlait toute sa déception... Elle se sentait tellement mal.

Un silence tendu avait suivi leur dernier échange. Sirius se calma et se mordit la lèvre, déçu, dépité, et piqué dans son orgueil. Quelque chose à l'intérieur de lui lui faisait mal, qu'il mit inconsciemment sur le compte de sa fierté mise à vif. La réaction de la jeune fille le vexait cruellement. Tout d'abord parce qu'il n'était pas le genre de garçon habitué à être repoussé. Toutes les filles étaient à ses pieds, sans que généralement il n'ait à lever le petit doigt. Et jamais, au grand jamais il n'avait pensé une seconde pouvoir un jour être repoussé de la sorte. Ensuite, pour une raison plus obscure, il avait eu particulièrement envie de l'embrasser. Oui, l'histoire du défi y était pour quelque chose, et le fait que James soit bizarre depuis ce matin l'avait poussé à accélérer les choses, au cas où. Mais il devait avouer, difficilement, que lorsqu'il s'était penché pour poser ses lèvres sur celles du garçon manqué, un frisson l'avait parcouru, sans qu'il ne puisse dire pourquoi ni comment. Et ce refus l'ébranlait beaucoup. Il en avait vraiment marre de lui courir après sans rien recevoir en retour.

Mais il décida de couper court à cette situation gênante et se contenta de soupirer et d'ajouter dans un murmure à peine audible:

- ça va j'ai compris. Tu as le droit de ne pas en avoir envie. Je te laisse tranquille.

Et l'Animagus se retourna pour prendre son manteau. Les lèvres de June tremblèrent. Elle voulait dire quelque chose, n'importe quoi pour briser ce silence gênant. Mais aucun mot, même pas le plus banal, n'arrivait à sortir de sa bouche. Elle voulait s'énerver contre lui, le taquiner comme avant, qu'ils se disputent et que tout rentre dans l'ordre. Mais elle comprit assez vite que leur relation était arrivée à un stade où il n'était plus possible de faire marche arrière, qu'elle accepte ou non ses avances.

Sirius posa la main sur la poignée de la porte. June se décala sur le côté sans dire un mot. Le garçon soupira de nouveau, puis tourna la poignée et tira la porte vers lui.

Puis tout se passa très vite.

June plaqua sa main contre la porte et la poussa pour la refermer. De son autre main libre, elle agrippa le poignet du jeune homme. Ce dernier la regarda, abasourdi. Elle cachait toujours son visage en scrutant le sol. Sous sa tignasse brunâtre, seuls quelques mots s'échappèrent dans un murmure gêné:

- S'il te plaît. Reste.

Eberlué, Sirius cligna des yeux. Un petit sourire écarquilla lentement ses lèvres, puis sans dire un mot, il posa ses deux mains sur les joues de la jeune femme, délicatement, comme si elle était en porcelaine. Il releva doucement sa tête pour voir son visage piquer un fard dans une mine boudeuse. Un petit rire amusé sortit de ses lèvres, et il ne put s'empêcher, pour une fois, de la trouver adorable. Il approcha doucement son visage du sien et cette fois-ci, elle ne le repoussa pas.


La nuit était tombée, les étoiles éclairaient de leurs éclats l'école de magie. James Potter, une bièraubeurre à la main, rentrait à l'appartement des Préfets en chefs, après avoir fait la fête en début de soirée avec les Gryffondor. Il était heureux. Simplement heureux. Il avait comme toujours des amis fidèles avec lesquels il s'entendait à merveille, il s'épanouissait dans le Quidditch, il allait commencer sa formation d'Auror à la fin de l'année scolaire et surtout, la fille qu'il courtisait depuis plus de trois ans était enfin amoureuse de lui. A cette pensée, un petit rictus écarquilla ses lèvres glacées par le froid de février. Pour elle, Cornedrue était prêt à changer. Il se promettait d'être plus sérieux, plus sage pour la rendre heureuse. Il arrêterait ses frasques avec les Maraudeurs, il étudierait plus. Il voulait qu'elle puisse être fière de lui. Maintenant qu'il y réfléchissait sérieusement, il ne lui semble pas qu'il ait été amoureux à ce point d'une autre fille avant Lily. Et c'était tant mieux.

C'est sur ces pensées que l'Animagus ouvrit la porte de l'appartement. Il se retrouva nez à nez avec celle dont il pensait juste à l'instant, qui semblait sortir.

- Où vas-tu ? lui demanda-t-il dans un sourire.

- A la salle commune. Il me semble qu'il y a une fête en votre honneur. Ce qui me pousse à te retourner la question.

- Je n'ai pas fini le devoir de sortilège pour demain. J'ai assez festoyé pour ce soir.

Le visage de la jeune femme sembla se teinter de déception à l'idée qu'elle ne fasse la fête sans lui. C'est pourquoi dans un mordillement de lèvre, elle le questionna:

- Tu veux que je reste avec toi ?

- Je ne veux pas te priver de ta fête.

En réalité, il mourrait d'envie qu'elle reste. Mais il ne voulait pas être un poids pour elle, et il savait parfaitement qu'il ne pourrait pas se concentrer si la rousse restait à ses cotés. Cette dernière hocha la tête puis se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser doucement.

- Félicitation pour le match, murmura-t-elle lorsque leurs bouches se décolèrent.

Et une fois encore, elle s'éloigna, aussi mystérieuse et attirante qu'à l'accoutumée. Sauf que cette fois-ci, elle se retourna pour lui faire un signe de main.

Oui, James Potter était heureux. Et Lily Evans l'était également.

Lorsqu'elle l'aperçut fermer la porte derrière lui, la préfète put laisser libre court à sa joie de s'exprimer et sautilla, guillerette, sur le chemin la menant à la Salle Commune. Elle n'aurait jamais pensé que mettre les choses au point avec le Maraudeur la rendrait si sereine, si calme. Lorsqu'il était avec elle, il n'était plus l'abrutit qu'elle s'était acharnée à détester. Il était tendre, affectueux. Elle adorait découvrir cette facette de lui. Elle se sentait tout simplement bien, tellement plus heureuse d'avoir mis ses sentiments au clair. Tout compte fait, avouer qu'elle puisse être amoureuse du Potter n'était pas une mauvaise chose pour elle, bien au contraire.

Alors qu'elle souriait béatement, elle croisa Sirius qui allait en sens inverse. Ce dernier lui fit un petit signe de main:

- Dites-moi madame la Préfète, vous m'avez l'air bien joyeuse.

Elle lui sourit et commença à échanger des banalités avec le beau brun.

- Est-ce que Corne... James est à votre appartement ? Je dois lui parler.

- Oui, il doit travailler le devoir de métamorphose, répondit-elle simplement.

Le garçon fronça les sourcils, soucieux.

- Tu ne le trouves pas étrange aujourd'hui ?

- Si étrange signifie pour toi faire ses devoirs, alors tu es le seul être sensé de l'école !

Cette remarque le fit sourire et ils s'éloignèrent sur ses paroles. Lily se demanda de quoi Sirius voulait s'entretenir avec son meilleur ami, mais elle songea rapidement que ce n'était pas ses affaires. Elle se laissa imprégner de la fraicheur nocturne, de la lueur de la lune sur sa peau pâle et de son bien-être intérieur. Un vent glacial soufflait alors, et elle remarqua qu'elle n'avait pas pris de veste. Elle décida alors de faire demi-tour pour se couvrir.

La jeune femme ouvrit délicatement la porte de l'appartement, pour ne pas déranger, et se fit aussi discrète que possible lorsqu'elle chercha son manteau dans la penderie. Elle entendit des exclamations de voix et, curieuse, elle s'approcha. Elle aperçut Sirius, assis sur le canapé, en face de James qui était sur le fauteuil. Elle allait sortir lorsqu'elle intercepta une phrase qui retint son attention:

- Désolé de te décevoir mon vieux, mais j'ai gagné !

C'était Sirius qui avait prononcé cette phrase, avec une fierté non dissimulée. La curiosité de la jeune fille prit de l'ampleur, et malgré son éthique habituelle, elle se dit qu'elle pouvait bien écouter la suite de leur conversation.

- Pardon ?

- Oui, j'ai embrassé June tout à l'heure dans les vestiaires. J'ai donc gagné le pari.

Lily essaya de retenir sa joie d'exploser en entendant ces paroles. Enfin, June avait concrétisé avec le descendant des Black ! Mais la dernière phrase prononcée par le meilleur ami de son petit ami la laissait perplexe.

- Patmol, tu n'as aucune raison de te vanter, marmonna le préfet dans un sourire pas peu-fier, c'est moi qui aie gagné.

Lily fronçait les sourcils. Sirius avait gagné un pari en embrassant June, mais en réalité, c'était James qui avait gagné ? La jeune fille avait du mal à saisir la portée de leur conversation, le mystère s'épaississait.

- Mais bien sur, soupira Sirius, excédé.

- Je sors avec Lily depuis hier. Donc, conformément à notre défi, je suis meilleur séducteur que toi. Désolé Patmol !

Le sang de la jeune fille se glaça et elle resta immobile, stupéfaite. Elle avait trop peur de comprendre, mais pourtant tout était clair. Ils avaient fait un pari dans leur dos ? Ou plutôt, son amie et elle avaient été l'objet d'un pari de séduction ? Elle tremblait, déçue et furieuse. James avait fait un pari sur elle. Elle chercha des injures pour qualifier le garçon et son ami, mais aucun son ne sortit de sa bouche, trop choquée par la portée des révélations qu'elle venait d'entendre. Seules deux questions substituaient: depuis quand ? Pourquoi ?

Ne cherchant plus à se cacher, Lily se montra et murmura, furieuse:

- C'est quoi cette histoire de défi, James ?

A suivre...

Commentaire de l'auteur: Je suis vraiment désolé pour l'attente d'un an. Vraiment je m'excuse. Je ne pense pas avoir encore de lecteurs, si j'en ai tant mieux si je n'en ai plus tant pis pour moi. Je suis vraiment désolé d'avoir fait une pause dans cette histoire (surtout qu'il ne reste que deux chapitres) mais le temps, la 1ere S et la motivation ont eut raison de moi. Mais je n'aime pas laisser quelque chose en plan donc il fallait que je finisse cette histoire bientôt terminée. Et puis la motivation est revenue en lisant vos commentaires, qui m'ont fait chaud au coeur. Merci beaucoup (même si je dois dire que la popularité étonnante du SiriusxJune n'était pas du tout prévu, vu que j'écrivais à la base du JamesxLily xD)

Je tiens également à préciser qu'avant la mise en ligne de ce chapitre, j'ai repris quelques uns des anciens chapitres et je les ai re-corriger, afin d'améliorer la qualité de cette fanfiction avant que je ne la finisse. Il reste à priori un chapitre et un épilogue.

Comme le temps a passé, je ne suis plus du tout familière avec les personnages et c'est étrange, lorsque j'écris June par exemple j'ai l'impression d'être complètement OOC (pourtant c'est moi qui l'ai inventé, c'est étrange). Le pire a quand même été d'écrire une relation amoureuse et complice entre James et Lily. C'est tellement étrange de passer de «ils se détestent» à «ils s'aiment» en un chapitre !