Chapitre 16 : Un nouveau défi
Ce qui devait arriver arriva. Lorsque James se leva le lendemain, il entendit la porte d'entrée claquer violemment. Il jeta un rapide coup d'oeil à la chambre de sa colocataire: elle était déjà partie. Le garçon soupira et passa une main lasse dans ces cheveux. Après la scène de la veille, il ne pouvait effectivement pas espérer un brusque retournement de situation.
Lily était apparu en plein milieu de sa conversation avec son meilleur ami. Juste avant qu'il ne mette fin au pari en annonçant qu'il voulait rester avec la rousse. Elle avait jailli au mauvais moment et lorsqu'il la vit, il resta complètement débile, surpris par cette soudaine apparition à laquelle il ne s'attendait pas. Au vu des traits de colères qui dessinaient son visage, la préfète avait certainement entendu toute la conversation.
- C'est quoi cette histoire de défi, James ?
Sirius en avait presque sursauté. Il avait essayé de dire quelque chose, mais rien ne semblait venir et il opta finalement pour le silence. Le Potter s'était levé et s'était avancé vers elle en tendant une main hésitante pour la calmer:
- Lily, ce n'est pas ce que tu crois, je t'assure.
- Ah oui ? Et c'est quoi alors ? Dis-moi, votre histoire a l'air hilarante !
Le garçon allait répondre quelque chose mais il avait aperçu des petites larmes perler au coin des yeux verts de la jeune fille. Des larmes qu'elle avait semblé contenir, emportée par sa rage. James avait alors réalisé à quel point la jeune femme était blessée et déçue. Et à sa question, il n'avait trouvé aucune réponse sinon la vérité, aussi puérile et honteuse soit-elle.
Lily avait écouté sans dire un mot cette histoire d'adolescents, emportés par leur orgueil et leur fierté, parier sur leurs attraits naturels pour séduire une fille dans le seul but de se valoriser. Une larme avait coulé sur la joue de la préfète qui s'était mordu la lèvre pour se retenir de hurler son humiliation et sa déception. Lorsque le récit du garçon avait été fini, il n'avait pas eu le courage de la regarder dans les yeux. Elle n'avait pas eu le courage de l'insulter. Elle avait simplement murmuré dans un souffle:
- June avait raison... Tout ceci n'était qu'un jeu.
Elle avait repensé à ses semaines à se torturer l'esprit à cause des sentiments que provoquait en elle le brun à lunettes et elle s'était dit: «tout ça pour ça...». Sans un mot, elle était remontée dans sa chambre. Il n'y avait rien d'autre à ajouter.
Et ce matin, la rousse évitait le Potter. Lorsqu'il descendit à la Grande Salle prendre son petit déjeuner en compagnie de ses amis, il se dit qu'il l'avait bien mérité. Mais ça ne l'empêchait pas d'avoir mal. La décevoir, c'était la dernière chose qu'il avait voulue.
Remus et Peter remarquèrent très bien que leurs deux amis n'étaient pas dans leur assiette lorsqu'ils s'assirent en face d'eux sans un mot. Les deux Maraudeurs se jetèrent un regard circonspect mais ne firent pas de remarque tout de suite. Ils devinèrent sans mal la situation lorsque Lily et June entrèrent et que leurs regards croisèrent celui des deux Animagus. Le temps semblait alors être suspendu. Aucune des deux ne fit de commentaire, Lily agrippa simplement le bras de sa meilleure amie et la tira en arrière. Cette dernière avait jeté un regard méprisant aux deux garçons puis avait fui leur regard. C'était douloureux de se sentir trahi.
James replongea son regard dans son assiette, mais il n'avait pas faim. Sirius ne semblait pas atteint pour quelqu'un qui le connaissait peu: il continuait à sourire aux filles qui gloussaient à son passage et parlait de la pluie et du beau temps. Mais en réalité, il se sentait vraiment stupide et s'en voulait. Il n'y avait qu'à voir à quel point il serrait sa fourchette, ses jointures devenant complètement blanche sous la pression du métal froid.
Remus soupira et marmonna:
- Je vois... Vous vous êtes fait capter et elles vous en veulent à mort.
Les deux garçons s'étaient tournés vers lui et n'avaient fait aucun commentaire. Cornedrue s'était contenté d'un soupir qui en disait long et Sirius continuait de feindre l'indifférence, haussant les épaules en signe de lassitude.
- Bon, qu'est-ce que vous attendez pour vous excuser ?
- Si elle arrêtait de m'éviter, je le ferais avec joie, marmonna James dans sa barbe.
- Moi je m'en moque, mentit Patmol. C'était juste un pari et pour tout t'avouer, je suis bien content de m'être débarrassé de cette fille.
A qui essayait-il de mentir ? A ses amis ou à lui-même ? Il ne savait pas trop. Il se rendait parfaitement compte qu'il était en train de mentir mais il préférait se cacher dans ses bobards plutôt que d'admettre que lui, le descendant des Black, pouvait être amoureux de cette fille. C'était trop humiliant à avouer. Il n'était pas le genre de garçon qui, comme son meilleur ami, pouvait se languir par amour. Il ne savait pas le faire, sa famille et son éducation ne lui ayant montré que l'indifférence. Ce que Sirius avait appris, c'était qu'il fallait feindre son amour en haine. Et il savait parfaitement donner le change. Du moins, c'était ce qu'il croyait.
Suite à ces paroles, Queudver se leva sans crier gare et frappa de ses deux poings sur la table, fixant son ami dans les yeux:
T'as pas bientôt fini de te mentir oui ? ça se voit comme le nez de la figure qu'elle te plaît ! Il n'y a pas de honte Patmol, t'as de la chance d'être amoureux d'une fille qui t'aime - contrairement à moi- alors ne gâche pas ta chance en jouant le playboy qui s'en fout espèce d'idiot !
Un silence suivit cet accès de colère et Peter se rassit, essoufflé. Les autres élèves s'étaient retournés vers eux mais n'avaient pas semblé saisir la portée de la conversation. Sirius dévisageait le petit blond, clignotant des yeux. Il n'aurait jamais pensé que son ami, qu'il taquinait souvent, pouvait lui donner une claque mentale pareille. Oh, ce n'était pas pour autant qu'après ses paroles il allait crier sur tous les toits l'hypothèse éventuelle qu'il puisse, peut-être, être amoureux de June Swan. Mais un mince sourire étira ses lèvres. Son ami avait certainement raison.
- Je ne te pensais pas aussi frustré Queudver... s'exclama James dans un petit sourire moqueur.
Les quatre garçons éclatèrent de rire. Le premier depuis longtemps. Et ça leur fit du bien. Il y avait eu trop de tensions ces dernières semaines, de crises et de malaises. C'était agréable de se retrouver en cohésion avec ses amis.
Lorsque le fou rire se fut estompé, le loup-garou murmura dans un sourire amusé:
- Un autre défi ça vous dit ?
Un concert de protestations accueillit cette question. Des défis, ils avaient assez donné. Remus ricana et sans écouter les désapprobations de ses amis il ajouta:
- Le premier qui s'excuse sera le moins idiot de vous deux.
Les railleries cessèrent immédiatement, laissant place à un silence surpris. Peter leva les yeux au ciel et les deux concernés échangèrent un regard, puis un sourire.
Le jeu en valait la chandelle.
Sur le chemin les menant à la tour d'astronomie, June et Lily étaient silencieuses. Les autres Gryffondor qu'elles accompagnaient meublaient la conversation sans se préoccuper des deux jeunes filles. Dès qu'elle avait appris l'histoire du pari, la rousse avait immédiatement averti sa meilleure amie. Cette dernière n'avait rien dit, elle ne s'était pas énervé ni n'avait proliféré de menaces grinçantes à l'égard des deux garçons. Elle avait simplement déposé son regard sur un coin du mur, faisant mine de réfléchir et feignant l'indifférence. Mais ses traits étaient figés et glacials. Elle s'était senti aussi blessée que son amie.
Elles échangèrent un regard. June lui lança un pauvre sourire et la préfète s'agrippa à son bras, pour la consoler et ne pas perdre pied. Il ne fallait pas qu'elles se laissent abattre. Elles étaient fortes et ces amourettes de passage ne devaient pas avoir d'impact sur leur moral.
- Allez, marmonna June dans un sourire. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort pas vrai ?
La rousse répondit par un éclat de rire. Eclat de rire qui fut stoppé net lorsqu'elle releva la tête.
Elle aurait dû s'en douter. Sa vie, depuis quelque temps, ressemblait à une stupide comédie romantique incroyablement prévisible qu'elle adorait mépriser. Elle aurait donc dû se douter qu'au détour du couloir, elles croiseraient les deux seuls garçons parmi tous les élèves de l'école qu'elles fuyaient tout particulièrement.
Les deux jeunes femmes stoppèrent leur élan. Les Maraudeurs se trouvèrent face à eux. Ces derniers s'arrêtèrent et ce fut comme si le temps était suspendu. Si Lily fuyait le regard des deux garçons, montrant clairement qu'elle n'avait aucune envie de leur parler, June au contraire les défiait de front, leur crachant par son simple regard tout le mépris et le dégoût qu'elle pouvait éprouver pour les deux garçons acteurs du pari. Ces deux derniers cachèrent leur malaise et s'avancèrent tous deux vers les deux filles. Elles reculèrent, méfiantes. Sirius et James n'en tinrent pas rigueur et continuèrent de s'approcher, doucement comme on le fait avec des petits animaux, pour ne pas les brusquer. Cela n'eut pas du tout le résultat escompté: les deux jeunes filles partirent en courant. Elles n'auraient pas su dire pourquoi elles s'étaient chacune de leur côté mis à courir. Pour fuir ? Ce n'était pas leur genre, mais le résultat était là : elles souhaitaient éviter la confrontation, comme un instinct de survie. La révélation de la veille avait été suffisamment douloureuse, elles n'avaient pas du tout envie de leur montrer à quel point ça les avait touchées.
Les deux Animagus n'eurent pas besoin de se concerter. James partit en courant aux trousses de la fille qu'il aimait. Rien qu'à cette idée, le descendant des Black eut un sursaut d'hésitation. Mais Peter le poussa et il s'arrêta de réfléchir: il aviserait sur le moment.
Lunard et Queudver restèrent en retrait et observèrent leurs deux amis s'éloigner. Ils échangèrent un regard complice puis un soupir. Vraiment, ces deux-là ne savaient pas se prendre en charge tout seul.
- T'es bête. En montant à la volière, tu étais sûre de te faire coincer.
June se retourna vivement alors qu'elle se retrouvait dans un cul-de-sac. Sirius se tenait dans l'embrasure de la porte, nonchalamment accoudé au mur, les bras croisés, comme si la course poursuite ne lui avait valu aucun effort. En réalité, il était en train de reprendre son souffle et il cachait sa fatigue: c'est que la batteuse de leur équipe courait vite ! Plusieurs fois il avait cru la perdre de vue, mais c'était sans compter le bruit que faisaient ses chaussures lorsqu'elle courait: il aurait pu la retrouver même à l'autre bout du château.
La jeune femme recula et ne dit rien, se contentant simplement de lui jeter un regard rempli de rage. Elle souhaitait mettre un maximum de distance entre le garçon et elle. Un long silence accueillit la dernière phrase de l'Animagus qui l'observait de ses yeux souris. Ceci la mettait incroyablement mal à l'aise et l'adolescente fuyait son regard, cherchant désespérément un endroit par lequel elle pouvait s'enfuir. Pendant qu'elle s'attelait à sa vaine tâche, Patmol l'observait donc. Et il se demandait comment par la barbe de Merlin il avait pu soi-disant tomber amoureux d'elle -un frisson parcourut son échine à cette simple pensée. Et il avait beau y réfléchir, il ne voyait pas vraiment d'explication rationnelle. Peut-être parce qu'il n'y en avait pas ? Ceci l'énervait passablement mine de rien. Ne pas avoir d'explication logique, rationnelle, bien qu'il étudie la magie qui était tout sauf scientifique, le déstabilisait bien plus qu'il ne voulait bien le faire croire.
Le brun se passa une main derrière la tête et marmonna avant d'être coupé:
- Ecoute, à propos d'hier...
- Tais-toi, je ne veux pas en entendre parler.
Il ouvrit la bouche et referma immédiatement, tel un poisson rouge. Sirius soupira, agacé et s'approcha doucement, essayant d'éviter au maximum le moindre geste brusque. A cet instant, June lui faisait penser à une souris prise au piège qu'il ne fallait absolument pas affoler. Et se retrouver dans le rôle du chat prédateur lui arracha un sourire. Lorsqu'il arriva à son niveau, alors que la batteuse lui lançait des menaces silencieuses, il tenta de lui attraper la main doucement. La réaction ne se fit pas attendre: elle retira vivement sa main puis de l'autre lui asséna une gifle monumentale. Sous le coup de la surprise, le garçon manqua de tomber. Il massa sa joue, devenue rouge, et lui hurla qu'elle était complètement folle.
- Folle ? Moi ? cria-t-elle en se massant la main. Je pense au contraire que c'est incroyablement mérité. Après tout n'est-ce pas toi qui as fait semblant de vouloir faire ami-ami, qui a usé de ma faiblesse lorsque mes frères avaient disparu ? N'est-ce pas toi qui as joué avec des sous-entendu trop flagrants lors du bal ? N'est-ce pas toi qui... qui m'as embrassé, m'as fait sentir spéciale et qui m'as fait tomber amoureuse de toi alors que je te détestais et tout ça pourquoi ? Pour un ridicule pari, pour prouver à tout le monde que ton égo était sur-dimensionné ? Que tu étais le meilleur séducteur de l'école ? Alors oui, Sirius, tu as réussi. Bravo, je te félicite, tu es le meilleur. Maintenant, tout ce que je te demande, c'est de me laisser tranquille !
A la fin de sa tirade, la jeune fille reprit son souffle, exténuée. Hurler au garçon ses quatre vérités l'avait épuisé, et maintenant qu'elle y repensait, ses phrases ne voulaient pas dire grand-chose. Epuisée, à bout de nerfs, elle se mit à pleurer. La brune lâcha une injure alors qu'elle cachait son visage de ses mains: elle refusait qu'il la voie craquer. Elle se tourna, dos à l'Animagus qui n'avait rien dit. Continuant de se masser la joue, il se repassait en boucle les phrases de la jeune fille. Sa colère, sa déception, sa tristesse, il l'avait reçu comme un raz-de-marée. Pire que la claque. Pourtant, ça ne le surprenait pas. Le Maraudeur l'avait mérité, elle avait raison. C'est pourquoi il s'approcha doucement et il posa une main réconfortante sur son épaule:
- Sache que je ne regrette en rien ce défi: je pense que je serais passé à côté de la personne formidable que tu es si je ne l'avais pas fait. Si ça serait à refaire, je le referais sans hésiter.
Il sentit sous sa main le sursaut de l'adolescente. Sa réponse l'avait surpris. Il ne pouvait pas la voir, mais il pouvait aisément l'imaginer en train d'écarquiller les yeux et de chercher mentalement la faille dans ses propos. Après un silence qui parut durer une éternité, Sirius s'approcha de son oreille et murmura:
- Je te détestais. Tu n'étais pas mon type de fille. Tu es brutale, garçon manquée, pas féminine pour un sou, tu es aussi plate qu'une planche à pain -à ses mots, elle lui donna un coup de coude dans le ventre-. Tu es nulle en potion, tu caches tes sentiments et tu es incroyablement embarrassante lorsque tu te mets à pleurer.
- C'est bon, t'as fini de vider ton sac ? lâcha-t-elle dans un sifflement vexé, sans se retourner.
- Pas exactement. Je n'aime vraiment pas les filles comme toi normalement, et sans ce défi, je suis sur qu'on se serait entretué. Mais voilà, je crois que je suis amoureux de toi. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment, je ne sais pas depuis quand. Tout ce que je sais, c'est que quand tu pleures, j'ai envie de te voir sourire, tu es peu féminine mais tu restes magnifique. Tu es brutale mais j'adore l'éclat dans ton regard lorsque tu me lances une pique. Et je m'en veux de t'avoir fait pleurer, de t'avoir rendu malheureuse tout ça pour un défi. Je ne sais pas comment me faire pardonner et je ne suis pas douée en déclaration mais...
Il fut coupé lorsque June se retourna lentement vers lui, les yeux écarquillés, les sourcils froncés et la bouche ouverte, le fixant comme s'il provenait d'une autre planète. Ses joues étaient mouillées, mais son regard brûlait du même éclat que lorsqu'elle éclatait de rire. Elle le dévisageait sans un mot, cherchant une nouvelle fois la faille. Patmol ne lui laissa pas le temps de se ressaisir de cette déclaration surprenante et il lui attrapa doucement sa main qu'il serra délicatement.
- Je ne peux pas te dire que je serais toute ma vie avec toi. Je ne peux pas te promettre que je tuerais pour toi, ni que tu seras heureuse avec moi. Je ne peux pas te le dire parce que je ne lis pas l'avenir. Donc si ce n'est pas ça que tu cherches, si tu cherches un prince charmant et que tu veux avoir la certitude d'être heureuse pour le restant de tes jours, je ne te retiendrais pas.
- T'es bête, tais-toi.
Cette réponse le surprit, mais il n'eut pas le temps de réagir. La jeune fille attrapa sa cravate et l'attira vers elle. Leurs lèvres s'entrechoquèrent violemment, et malgré la douleur, la jeune femme l'embrassa avec passion. Sirius fut surpris de constater que malgré le goût salé de ses lèvres mouillées par les larmes, il répondait à ce baiser involontairement. Il se surprit à jouer lui-même avec sa langue et à répondre à son baiser. Ils avaient perdu le contrôle, mais c'était tellement agréable... Avec leurs corps, leurs mains qui caressaient les cheveux de l'autre, qui rencontraient leurs peaux, leurs lèvres qui se découvraient, ils se disaient à leur manière ce que jamais ils n'avaient osés se dire jusqu'à aujourd'hui. Lorsqu'ils reprirent leur souffle, June murmura dans un souffle:
- Je te déteste.
- Moi aussi.
Elle manqua de dégringoler. Mauvais enchaînement de jambe, son pied se prit dans les marches de l'escalier. Il n'en fallut pas plus à James pour la rattraper. Il saisit son poignet de la manière la plus douce possible, mais suffisamment fermement pour ne pas qu'elle ne puisse pas se dégager. La rousse essaya pourtant de se défaire de l'emprise de l'Animagus: rien n'y faisait, il la tenait.
- Lâche-moi, je ne veux plus rien avoir affaire avec toi.
Il tenta de cacher tant bien que mal le malaise que cette phrase lui provoquait. La jeune fille tirait toujours sur son bras pour le faire lâcher. Elle commença à se débattre de plus en plus violemment, allant jusqu'à lui donner des coups de pied pour qu'il la lâche. James essayait de la calmer et dû batailler pour ne pas la lâcher. Alors qu'elle commençait vraiment à lui faire mal, il la plaqua contre le mur, retenant ses deux bras. La préfète sentit qu'elle était prise au piège et détourna la tête pour ne pas avoir affaire avec ces stupides yeux chocolat. Elle eut le plaisir de constater qu'il ne la força pas à la regarder. Un long silence suivit et la jeune fille attendit que le Maraudeur la lâche. Il n'en fit rien, et au bout de quelques minutes d'un silence intense, il murmura doucement comme s'il avait peur que le moindre de ses mots puisse détruire le château:
- Ecoute, je veux pas te faire peur mais... ça fait 3 ans que je t'aime, et tu as toujours cru que c'était un jeu mais... défi ou non, mes sentiments étaient toujours sincères.
Il n'eut droit à aucune réponse. Lily tournait toujours la tête, se refusant de croiser le regard du garçon. Ce dernier chercha à déceler qu'elles étaient les émotions qui envahissaient celle qui était hier sa petite amie. Il n'arrivait pas à lire sur son visage. Pourtant cette dernière était troublée. Elle ne savait si elle pouvait le croire ou non, s'il lui mentait à nouveau ou s'il était sincère. Elle ne savait pas et ça la perturbait. Pourtant, ces quelques mots murmurés à son oreille, ces quelques mots fragiles qui lui étaient adressés, elle avait retenu un sourire à leur son. Elle avait retenu ce petit rictus fragile, timide, qui traduisait à quel point cette déclaration la touchait. La rousse ne voulait pas lui pardonner trop facilement, elle ne s'en savait pas capable. Mais lorsqu'il eut prononcé ces quelques mots, elle avait senti son coeur s'envoler, des fourmis dans ses pieds et son coeur qui battait à tout rompre. Oui ça l'avait touché. Et elle ne le voulait pas parce qu'elle lui en voulait terriblement.
- Comment puis-je savoir si tu mens ou non ? marmonna-t-elle d'une voix cassée.
- Tu ne peux pas. Personne ne le peut. Je vais devoir regagner ta confiance. Je sais que ça prendra du temps mais j'y arriverais. J'arriverais à te prouver que je tiens vraiment à toi.
Lily ne répondit pas immédiatement. Elle avait envie de le frapper. Parce qu'elle avait subitement envie de tout lui pardonner avec sa voix douce, parce qu'elle avait envie de se jeter dans ses bras et de lui dire «je te pardonne, ne me laisse pas». Parce que le brun à lunettes la faisait fondre à la moindre de ses paroles et que même si elle le voulait, ces mots prononcés maintenant l'empêchaient d'être totalement en colère. Mais elle était en colère. Et horriblement blessée.
James le sentit lorsqu'il la vit se mordre les lèvres. Il sentit sa déception lorsqu'il aperçut ses yeux devenir légèrement humide. Il ressentit sa colère du plus profond de son être lorsqu'elle poussa un soupir fatigué et qu'une larme dégringola lentement le long de sa joue. Et ça lui fit mal. Il avait mal pour elle, mal pour lui.
C'est pourquoi il lâcha l'un des poignets de Lily qui n'en profita pas pour s'enfuir. Il approcha sa main tremblante vers la joue de la jeune fille et la caressa, aussi doucement qu'une caresse du vent sur le visage un soir d'été.
- Je m'excuse. Je ne voulais pas te faire de mal.
- C'est... humiliant, répondit-elle après un silence. Etre traité comme un trophée de chasse. C'est humiliant et je ne te pensais pas capable de ça.
- Je suis désolé.
Encore une fois, Lily ne répondit pas immédiatement. Qu'est-ce qu'il y avait à répondre ? Rien. Elle reposa néanmoins son regard dans les yeux du garçon dont elle était amoureuse et elle chercha une trace de mensonge. Elle chercha une farce, un défi, une blague. Elle n'y trouva rien, rien d'autre que la sincérité, la tristesse et la désolation. Et la jeune femme ressentit, dans ses caresses sur sa joue, une pointe d'amour immense. Tellement grande qu'elle n'arrivait pas à en distinguer les limites. Ce débordement d'amour qui transpirait de tous les pores de la peau de l'adolescent lui donnait envie de pleurer et de se réfugier dans ses bras.
- Tu m'aimes vraiment ?
- Oui.
- Ce n'est pas encore une blague des Maraudeurs ?
- Non.
- Et je dois te croire après tout ça ?
- C'est à toi de voir. Mais je sais que je te dis la vérité. Qu'est-ce que je gagnerais à te mentir ?
- Je ne sais pas... Qu'est-ce que tu gagnais dans ce stupide pari ?
Un sourire maladroit écarquilla les lèvres de James. Lily s'approcha de lui, hésitante. Elle avança sa main doucement puis s'arrêta. Elle n'était pas sure de faire le bon choix et elle se mordilla la lèvre, cherchant encore une fois à deviner s'il était vraiment sincère. Puis un soupir s'échappa de ses lèvres et elle se blottit dans ses bras, se détestant de sa faiblesse. Le Maraudeur la serra contre lui à la fois fortement et doucement, comme si elle était une poupée fragile qui ne devait pas s'échapper.
- Je vais essayer de te refaire confiance. ça va prendre du temps, mais j'y arriverais.
- Merci.
A suivre...
Commentaire de l'auteur:
Je m'étais donné comme objectif de terminer cette fan fiction avant la sortie du dernier film. J'ai réussi mon objectif, par contre je publierais l'épilogue plus tard :)
Je dois dire que j'avais très peur de publier ce chapitre: c'est le chapitre où ils se réconcilient, où on voit les réactions de June et Lily, bref le chapitre culminant, et il fallait pas que je me rate. A priori, je suis plutôt satisfaite (même très, Sirius, épouse-moi !), même plus que ce que je pensais faire à la base, mais je ne sais pas si ce sentiment est partagé. Tant pis, de toute manière c'est fait c'est fait.
Pour ceux que ça intéresserait, j'ai écris lut le début de ce chapitre en écoutant la BO de «Grease» et de «500 jours ensemble» et plus particulièrement «Please, please, please, let me get what I want» des Smith. Cette musique me met de bonne humeur et pour une réconciliation, c'était vitale.
Pour la partie Sirius/June, j'ai eu du mal à trouver une musique qui me mettait dans l'ambiance. Je voulais ressentir de la colère, mettre quelque chose qui bouge. J'ai finalement opté pour le dernier album de Green Day.
Pour la partie James/Lily, j'ai écris avec le dernier album d'Adèle en musique de fond (Don't you remember plus précisément, et Somebody like you). Je dois dire que la mélancolie de ses chansons m'a aidé à me mettre dans la tête des personnages.
Voici le dernier chapitre, il ne reste plus que l'épilogue. J'ai écrit la fin de l'épilogue mais je ne posterais pas tout de suite: je veux tout d'abord prendre le temps de corriger les chapitres précédents pour offrir une fic, si loin d'être parfaite, de qualité. La publication de l'épilogue marquera la fin de l'écriture cette fan fiction.
