Bonjour à toutes et à tous ! :)
Je suis ravie de voir le nombre de personnes qui m'ont mise en alert ou en favorite. (Bien plus que le nombre de personnes qui ont mis un commentaire ^^'). Je vous en remercie.
Ensuite, je tenais à ajouter un détail que je n'ai pas stipuler dans mon prologue : DANS CETTE FICTION, LES VOLTURIS N'EXISTENT PAS =D !
Merci à patoun, miistii et Mlle Pattinson d'avoir laissé un commentaire, cela me fait très plaisir !
Enfin, il est évident que bien que j'utilise à ma guise les personnages de Stephenie Meyer, ils restent sa proprieté. :)
Bonne lecture !
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Chapitre 1
Allongée au sol, je me repliai, essayant de retenir le hurlement me montant à la gorge. Je remontai mes jambes contre mon torse. J'avais mal et ce n'était qu'un euphémisme. La douleur était si puissante que, parfois, je me croyais défaillir, tout en oubliant que, maintenant, cela m'était impossible. Ma transformation me semblait être une partie de plaisir, à côté de ce que je vivais en cet instant. La douleur, ma douleur devenait de plus en plus insupportable. J'avais mal, tellement mal. J'aurai tellement voulu ne plus rien ressentir, mourir et pouvoir oublier. Aucun de mes souhaits n'avait été réalisé. J'étais condamnée à subir la pire torture que le monde puisse m'infliger. Me faire vivre à jamais avec son souvenir. Son souvenir, le sien. J'avais mal. Tellement mal. M'imaginer ses traits, son sourire, ses yeux... les gestes tendres qu'il avait eus à mon égard, chacun de nos moments passés ensemble... Chaque détail revenant à ma mémoire me provoquait un cri de douleur. Je ne pouvais m'en empêcher, je ne pouvais me remettre de sa perte. J'avais mal… tellement mal...
Je me trouvais dans le studio, celui que j'avais acquis récemment. Le sol avait perdu sa moquette, arrachée par les précédents locataires. La plomberie avait du mal. La rouille, la crasse, la moisissure et sûrement l'amiante envahissaient les lieux. Je m'en fichais. Ni la rouille, ni la moisissure, ni l'amiante n'allait me tuer. Je l'aurai tellement souhaité, cependant...
Le sol gelé ne me faisait aucun effet. J'aurai aimé rester allongée dessus et sentir mes membres s'engourdirent, s'enkyloser, voir des bleus naître sur ma peau. Je voulais souffrir. Je voulais pouvoir me torturer, m'automutiler. J'aurai souhaité pourvoir contrôler cette douleur toujours plus grande, en moi. Je ne pouvais pas. Je ne pouvais ni mourir, ni souffrir. Pas physiquement, du moins. Mentalement, c'était tout autre chose...
Lorsque j'étais humaine, j'avais fait ma dépression puis j'étais partie. J'avais quitté Charlie avec quelques remords mais aucun regret. J'avais gagné Boston. Une belle ville où les cadavres commençaient à s'entasser à chaque coin de rue. Mes victimes. Mes douces victimes... Je me souvenais de l'homme. Celui à qui j'avais enlevé sa petite amie. Il avait été prévenu de la mort de sa copine, il y a trois semaines. Je l'avais achevé, il y a deux jours. Je l'avais torturé mentalement, transformant légèrement ce que j'avais fait à la fille pour rendre le récit plus intéressant, plus difficile à supporter, pour lui. Oui. J'aimais torturer les gens, voir la souffrance dans leurs yeux. J'aimais savoir que je n'étais pas la seule à connaître l'enfer. Mon but n'était pas de me sentir supérieure à mes proies. Je voulais seulement me sentir moins seule. Je voulais seulement savoir qu'il y en avait d'autres...
J'étais un monstre. Je ne tuais pas par nécessité, seulement pour mon plaisir, pour me sentir mieux. C'était une sorte de passe-temps. J'étais tout à fait apte à ne pas boire de sang humain. Je ne le faisais pourtant pas. J'avais besoin de tuer. Je me sentais obligée de le faire ! Tuer les âmes heureuses était ma drogue. Une drogue dure. Après avoir fait une victime, je me sentais bien, soulagée. Je faisais passer ma douleur en eux et leur volais leur bonheur. Cependant, celui-ci n'était qu'éphémère et une fois mort, j'avais besoin d'une nouvelle dose.
Depuis ma transformation, il y a environ huit mois, je m'étais fait pas mal de shoot. A raison de deux par semaine, environ, nous pouvions en déduire que j'avais tué une soixantaine de personnes. A Boston, les médias parlaient maintenant d'un tueur en série. Apparemment, je terrifiai la population. La police recherchait le tueur de couples. Selon elle, et plus particulièrement leurs experts, j'avais un profil de cœur brisé. Sans blague ? Du moins, c'est ce qu'avaient dit les infos, la veille. Mon profil n'était pas compliqué, selon eux. J'étais un homme, d'une vingtaine d'année, très intelligent. Je m'étais fait trahir par une personne en qui j'avais terriblement confiance. Vu que je ne m'en prenais qu'à de jeunes couple, la dite personne était donc mon ex-copine. J'avais des penchants suicidaires, et prenait plaisir à voir souffrir mes victimes. Ils avaient de bons experts, à la criminelle. Presque tout était exact. Aux détails près que j'étais une femme et que celui qui m'avait brisé le cœur n'était autre qu'un vampire. Difficile néanmoins pour ces humains à l'esprit étroit d'imaginer une telle éventualité...
J'aimais Edward. Je l'aimais plus que tout au monde. Plus que ma propre vie. Je serai prête à tout pour le voir devant moi, pouvoir le serrer fort dans mes bras. Edward... A son nom, une nouvelle douleur vint se hisser au niveau de ma poitrine. Si forte, si intense, qu'elle me coupa le souffle. Heureusement que respirer ne m'était plus nécessaire. Ou malheureusement. A réfléchir.
Je me rappelai comment j'en étais arrivée là, dans ce studio minable, à l'odeur d'urine. Après mon arrivée à Boston, je l'avais « rencontré ». J'étais allée à la bibliothèque un jour, et, en passant dans une allée, pour revenir dans mon premier appart' – le seul que j'aie eu de convenable – il m'était tombé dessus. En une fraction de seconde, j'avais senti ses dents perforer ma chaire, voler mon sang. J'avais hurlé et mon agresseur, pour des raisons mystérieuses, était parti, me laissant agoniser dans la rue. Durant trois jours, j'avais dû retenir mes cris. J'avais pensé à Carlisle. Il avait dû faire pareil, lors de sa transformation. Se taire. Encaisser. Supporter. Il n'avait pas voulu alerter la quiconque. J'avais fait pareil. Je n'avais pas voulu que toute la population de Boston se retrouvent à entendre mes hurlements. Au bout de trois jours, ma transformation s'était achevée. Je me sentais à la fois mieux et à la fois plus mal. Physiquement, je me sentais bien mais mentalement, son image m'était apparue avec une netteté hors du commun. Ne devrait-ce pas être le contraire ? N'aurai-je pas dû oublier la plus grande partie de ma vie d'humaine ? J'avais oublié, en effet. J'avais oublié tout ce qui avait été insignifiant. Mes anciens amis, mon père, ma mère, Phil, Jacob. Mais pas lui. Ni sa famille. Je m'efforçai de ne pas penser à eux. Je voulais tellement y arriver. Pouvoir oublier. Quand je m'étais rendue compte de l'impossibilité de la chose, j'avais tenté de mettre fin à mes jours. J'avais utilisé maintes manières. J'avais tenté de m'égorger. Sans succès. J'avais essayé de me lancer en bas une falaise. Sans succès, non-plus. J'avais acheté une arme. La balle, en me percutant, m'avait presque chatouillée. Différents poisons, produits corrosifs, somnifères, un fiasco. La fois où je m'étais le plus approché de mon but, ce fut le jour où je me suis versée un bidon d'essence sur la tête et m'était mise feu, avec un briquet. J'avais senti les flammes ronger ma peau, désagréger ma chaire... J'avais hurlé de douleur ! Je m'étais effondrée au sol. Puis, les flammes s'étaient éteintes. Je m'étais évanouie et était revenue à moi, quelques heures plus tard. J'avais la peau parfaite, sans la moindre trace d'une quelconque brûlure. J'avais abandonné ce jour-là. Je m'étais résignée. Il fallait bien que je m'y fasse, j'allai vivre l'éternité sans lui. Son souvenir hantant mes jours et mes nuits. Je m'étais alors mise à la traque. La traque de couples. J'aimai l'odeur du sang de ces personnes-là. J'avais comme l'impression qu'il était différent. Il sentait meilleur que celui les autres. Oh oui. J'aimais traquer. J'aimais tuer.
Toujours allongée sur le sol, je comptai les secondes passer. 34'989, 34'990, 34'991, 34'992, 34'993, 34'994, 34'995. Le temps passait si lentement ! J'avais terriblement peur. J'étais terrifiée à l'idée de ne pas pouvoir oublier. Que pourrai-je faire de mon éternité ? Que devrai-je faire ? Que pourrai-je faire, sans lui ? J'avais peur. J'avais mal.
37'567, 37'568, 37'569. Toutes ces secondes donnaient en heure… plus de dix heures. Je devenais folle. J'étais folle. Folle de lui. Folle à cause de lui. Je ne pouvais plus. Je ne pouvais plus vivre. Je ne pouvais plus mourir. Que faire ? Qu'étais-je censée faire ? Comment étais-je censée réagir ? Ne pas pouvoir ni vivre, ni mourir. La pire torture que le monde ait pu m'infliger. Je souffrais le martyre. Chaque secondes était une épreuve. Chaque geste me faisait mal. Chaque respiration me tirait un gémissement, une longue plainte. Je m'arrêtai donc de respirer. Mon mal ne disparaissait pas pour autant. Je décidai, après avoir passé plus de dix heures au sol, de me relever.
Je me dirigeai contre la salle de bain. Je me regardai dans ce qu'il restait du miroir. C'est-à-dire, presque rien. Un jour, alors que j'avais pensé à lui – pour ne pas changer – j'avais brisé le dit miroir en morceaux, en y collant un magnifique coup de poing. Le verre avait formé des vagues autour du point d'impact. Dans ce qu'il restait de cet objet si insignifiant, n'était autre qu'une petite chose frêle et insignifiante. Mes yeux, bien que rouges flamboyants, étaient ternes et vides. Ils ne reflétaient que mon malheur. Ma peau qui, pour un humain paraissait sûrement parfaite, me semblait plus pâle que d'habitudes. Craquelée, à certains endroits. Je me déshabillai, détaillait mon corps qui avait terriblement changé et qui, pourtant, était resté le même. J'avais gardé les mêmes formes, le même kilo et demi en trop. J'avais gardé la même taille, les mêmes cheveux, en plus brillants. Mon grain de peau s'était affiné mais pas les lignes de mon visage. Ma peau avait blanchi et s'était refroidie, devenant pareil à du marbre, devenant comme la leur, devenant comme la sienne. J'étais belle, sans l'être. J'étais presque banale. Magnifique pour l'œil d'un humain, de mon proprio, mais bien ordinaire, pour un vampire. Pour quelqu'un de mon espèce.
Après m'être entièrement déshabillée, je montai dans la cabine de douche et fermai le rideau. J'allumai l'eau et remarquai, une fois encore, que j'avais un problème de plomberie. Quoi d'étonnant ? L'eau commença par sortir brune, avant de reprendre une teinte à peu près normal. L'odeur qui s'en dégageait me donnait le tournis. Elle était tout simplement infecte ! Un mélange de rouille, de terre et d'huile de moteur. Puis, elle devint glacée. Je ne sentais pas le froid à proprement parler mais mes muscles, au contact de quelque chose de très chaud, comme l'eau, il y avait quelque secondes, se détendaient. Au contraire, au contact de quelque chose de très froid, comme l'eau était l'eau, maintenant, se contractaient. Je ne me pressai pas sous la douche, remarquant que cette contraction était tout sauf agréable. Je me surpris pourtant à aimer ça. Certes, ça ne valait pas les coupures à la lame de rasoir de ma vie d'humaine, mais c'était toujours mieux que rien. Quand l'eau recommença à prendre de la chaleur, je sortis et m'entourais de mon seul linge. Je me regardai à nouveau dans la glace. J'avais mal, j'avais peur. Peur de ne jamais pouvoir reprendre le dessus.
J'allai m'affaler sur une chaise de la cuisine. Une kitchenette serait un terme plus exact. Elle ne me servait à rien et, plusieurs fois, j'avais failli la démolir. Je m'étais retenue, ne voulant pas me chercher un nouvel appartement, encore une fois. Cette cuisine me fit penser à Esmée, sur le coup : je la quittai donc. J'allai entrer dans le petit salon, quand je me souvins de ce qu'il s'était passé dans le leur. Jasper. Leurs yeux. Les miens étaient pareils, après-en, à l'exeption qu'ils étaient d'un rouge flamboyant. Tout. Tout me faisait penser à eux. Chaque pièce de l'appartement. La chambre, à la mienne, à Forks, où il venait me voir, sans que Charlie ne le sache. La salle de bain me faisait penser aux quelques minutes d'humanité dont j'avais besoin, chaque soir et chaque matin. La cuisine à Esmée, jusqu'au corridor, où je m'imaginai Alice, sautillant, venant m'ouvrir la porte, lorsque j'arrivai chez mon ancienne famille. Les Cullen. Je m'étais retournée, voulant regagner ma chambre, mon lit, mais à leur nom prononcé dans ma tête, je me pris le pied dans le petit meuble à côté de la porte d'entrée. Je ne savais même pas ce qu'il contenait, mais je m'écroulai lamentablement sur le sol. Ma maladresse ne s'était pas totalement volatilisée, lors de ma transformation. Mais elle était moins présente. Tant mieux. Au sol, je me retournai sur le côté et de gros sanglots me prirent. Incapable de les atténuer, je les laissai gagner mon corps. J'étais minable, seule. Un déchet. Je ne servais à rien d'autre qu'à délester Boston d'une partie de sa population.
Après quoi ? Une heure ? Deux heures ? Dix heures ? Je me relevai. Je perdais souvent la notion du temps. Le temps ne m'était plus important. J'avais toute l'éternité, rien que l'éternité, pour souffrir et en vouloir à la terre entière.
Je regagnai ma chambre et m'affalai dans mon lit. Dans mon matelas, plus précisément. Regardant dehors, je remarquai qu'il commençait à se faire sombre. La nuit approchait à grand pas. J'allai peut-être sortir. Je rampai jusqu'à la commode où se trouvait quelques vêtements. J'étais ravie de voir que mon goût pour le shopping n'avait pas changé. Je n'étais, au moins, pas obligée de traîner dans les magasins de vêtements tous les jours. Je n'aurai pas pu de toute manière. Première raison, le soleil. Il était beaucoup plus présent qu'à Forks et je ne pouvais pas sortir n'importe quand, mis à part la nuit. Deuxième raison, chaque vêtement que j'achetai me refaisait penser à au moins une personne. Alice. Elle. Elle était partie sans me dire au revoir. Elle avait laissé Edward se charger de cette corvée, et s'en était allée, sans un mot, sans un regard. Sans le moindre remord. Je la haïssais pour ce qu'elle avait fait. Je la haïssais de ne pas avoir arrêté son frère. Son frère, Edward, mon amour… Et malgré ce qu'il m'a fait, je me surpris à ajouter encore deux mots. A jamais.
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Alors, alors, comment, comment ? ^^
Vous aimez ? Certes, il ne se passe pas encore grand chose, je place uniquement les éléments clés de l'histoire…
Une petite review tout de même ? Alleeeeez, ça me ferait tellement plaisir ! D
A bientôt !
