Après une plutôt longue absence, me revoilà ! :)
J'espère que ces deux chapitres vous plairont et vous souhaite une bonne lecture.
Je remercie aussi toutes les personnes ayant laissé un commentaire, cela prouve que le monde n'est pas pourvu que d'égoïstes )
–
Chapitre 11
Je montai les marches de mon appartement rapidement, voulant absolument prendre cette douche. Devant la porte, je m'arrêtai. Une odeur que je ne connaissais que trop se tenait dans mon appartement. Cette journée avait décidé de m'être fatale. Qu'avais-je fait pour mériter cela ? Je ne pris pas la peine de faire semblant d'ouvrir ma porte, alors que je savais parfaitement qu'elle n'était pas verrouillée.
Il était là… Pourquoi cette porte serait-elle fermée ?
J'entrai et le vis. Toujours aussi gras et transpirant. Il ne tenait plus sur ses jambes. Il avait quelques verres de trop dans le sang. Tellement peu alléchant… A peine me vit-il qu'il s'approcha de moi, me plaquant une main aux fesses. Le dernier qui avait fait cela était mort. Voulait-il vraiment rejoindre le petit-fils Douglas ?
-Tu sais combien de temps je t'ai attendue, pétasse ?
-Que faîtes-vous ici, Alejandro ?
-Il me semble que tu pourrais être plus sympa avec moi !
-Je n'en vois pas la raison.
-Si tu es encore ici, c'est quand même grâce à moi, ne l'oublie pas. Faut dire qu'une aussi belle pute ne devrait pas se retrouver à la rue. Je suis donc venue te proposer un marché. Un ami à moi vient de perdre l'une de ses filles à cause d'un client trop con et il a besoin de quelqu'un pour la remplacer. Juste deux soirs. Avec un peu de chance, il ne t'en donnera pas plus de cinq ou six à satisfaire, trois fois rien, donc.
-A combien s'élève le montant des dettes que vous avez envers cette personne, Alejandro ?
-Deux milles dollars, alors ne fais pas la conne et fais ce que je te dis, pétasse ! Ce ne sera pas la première fois, pour, toi, de m'obéir. T'as qu'à simuler un tout petit peu et tout se passera bien. Sinon, je risque de t'envoyer une rossée que tu ne seras pas prête d'oublier.
-C'est non.
A peine eus-je terminé ma phrase qu'il se jeta sur moi, me projeta contre le mur puis passa ses mains sous mon pull.
-N'as-tu pas compris ce que je viens de te dire, salope ?
Je me laissai faire, ne voulant pas me créer des ennuis avec lui. Alejandro était le dernier proprio de la ville à bien vouloir de moi sous son toit. J'avais beau ne pas en avoir besoin, je n'arrivais pas à me faire à l'idée de me retrouver sans domicile. Me retrouver à la rue me faisait peur. Devenir nomade, comme James… Non, jamais ! Même si cela en était le prix à payer.
-Allez, sois mignonne ! Et si tu me faisais une petite gâterie, hein ? Juste une petite demi-heure, nous deux, ça te tente pas ?
Que répondre ? Non était un synonyme de rue. Oui serait admettre qu'il était plus fort que moi et je refusai cela.
Quelques coups bref contre la porte ouverte furent portés, suivis d'un raclement de gorge.
-Un problème, demanda une voix bien trop belle pour être celle d'un humain ?
Carlisle ? Que faisait-il ici ? Encore un problème… Et il n'était pas encore minuit ! Trois, donc, dans la même journée.
-Non, ça va très bien, connard, lui répondit Alejandro. Maintenant dégage, je suis occupé, si tu l'vois pas.
Carlisle s'approcha dangereusement de lui, un rictus démoniaque sur le visage. Visage qui ne lui ressemblait en rien. Son regard était si mauvais qu'il me fit presque peur. La peau basanée d'Alejandro blanchit. Il finit par s'en aller, sans un mot, sans aucun rappel de ce qu'il m'avait demandé. Carlisle redevint l'homme que j'avais pris pour un père.
-Bella…
-Allez-vous-en ! Ne restez pas ici !
Il regarda autour de lui, détaillant sûrement les lieux.
-C'est bien moins agréable à regarder que la villa, non ? Je n'ai pas de quoi m'offrir mieux, cependant.
-Bella, comment payes-tu ton loyer?
Avait-il compris ? Bien sûr qu'il avait compris. Carlisle était très intelligent. Enfin, moins que ce que je le pensais, sinon il aurait trouvé le moyen de retenir Edward à Forks, il y avait de cela une petite année.
-Je baise mon proprio une fois par moi.
-Tu dis cela comme si c'était une évidence.
-Ca ne l'est pas ?
-N'éprouves-tu aucune fierté envers toi-même ? As-tu vraiment besoin de faire cela ?
-De la fierté ? Comment pourrai-je en éprouver ? Comme vous, je suis devenue un monstre. Un monstre bien pire que toute votre famille réunie. Je tue par plaisir.
-Ce n'est pas ce que j'ai compris, il y a une heure. Tu en as besoin.
-Il me suffirait de contenir ma douleur.
-En effet, Bella, il faut que tu arrêtes. Tu ne peux pas continuer ainsi…
Et il me dit cela comme ça ? Comme si ce n'était pas en partie lui qui avait engendré tout cela ? Je l'avais surestimé. Carlisle était en réalité très con.
-Et qu'est-ce que vous comptez faire, hein? Vous allez me tuer? Mais allez-y! Allez-y, qu'est-ce que vous attendez? TUEZ-MOI! Je ne demande que ça!
-Bella, tu ne penses pas ce que tu dis.
-Ah non? Vous ne me croyez pas quand je dis vouloir mourir?
-Je ne pense pas que…
-Vous le penseriez si vous m'aviez vue me jeter en bas une falaise. Vous m'auriez cru, si vous m'aviez vu me gicler de l'essence et allumer le briquet, me mettant feu.
Son regard se décomposa. Un long silence s'ensuivit de ma déclaration. Ses yeux étaient plongés dans un autre lieu, à une autre époque. Edward m'avait un jour parlé de son passé, de ce qu'il avait tenté de faire afin de se détruire, lorsqu'il avait compris ce qu'il était devenu, après sa transformation.
Il reprit la parole néanmoins rapidement la parole :
-Pourquoi Bella ? Tu as mal, j'ai pu le comprendre, j'ai pu le voir, à travers Jasper, mais…
-La douleur n'avait rien à voir, lorsque j'ai fait ces choses. Je me suis seulement rendue compte que jamais plus je n'allai pouvoir l'oublier. Je me suis rendue compte que j'allai devoir vivre éternellement avec son souvenir.
La dernière phrase fut plus calme, plus posée, entrecoupée par un sanglot. Je ne pus ensuite plus me retenir, il fallait que je pleure. Je voulais pouvoir pleurer, évacuer ma peine. Je ne pouvais pas. J'avais cette boule de nœud prise dans ma cage thoracique, m'empêchant de respirer comme je le voulais. Je m'effondrai à genoux, prise sous le poids de ma tristesse. Carlisle vint me prendre dans ses bras. Je m'accrochai à son pull, sanglotant toujours plus fort, évacuant d'énormes plaintes.
-Souhaites-tu réellement oublier Edward ? Il t'aime, tu le sais. Ne prends pas en compte que nous sommes partis. Ne pense qu'aux sentiments qu'avait Edward avant votre rupture. Dis-toi qu'ils n'ont que décuplé depuis.
-Moi aussi, murmurai-je, ma voix virant dans les aiguës.
-Mais tu ne vas pas revenir vers lui, n'est-ce pas ?
Je secouai la tête de droite à gauche.
-Je comprends.
Je n'allai en effet pas revenir vers Edward, mais Dieu seul savait comme j'en avais envie. Mon plus grand rêve, ma plus grande envie. De nouveaux sanglots naquirent en moi, ressortant contre Carlisle. Pourquoi était-il si gentil avec moi alors que j'enfreignais toutes les règles qu'il avait lui-même inculquées à sa famille ? Alors que j'avais tué tant de gens innocents ?
-Que comptes-tu faire maintenant, Bella ?
Que faire, en effet ? Ma vie n'était autre qu'une éternité monotone, où je ne pouvais faire autre que tuer. La réponse était pourtant logique.
-Je vais continuer ma vie comme si vous n'étiez jamais réapparu.
-Tu ne peux pas continuer ainsi, Bella, non. Tu ne peux pas rester dans cet appartement avec ce propriétaire. Ce n'est pas sain pour toi.
-Je ne partirai pas d'ici. Je resterai.
-Et tu continueras à payer ton proprio de la manière dont tu le fais déjà ?
-Je n'ai pas d'autre solution.
Il se releva et réfléchit. Je me tassai contre le mur d'en face, entre ce dernier et le petit buffet ne servant à rien. Carlisle sortit ensuite son porte-monnaie de sa poche. Il en ressortit des billets qu'il déposa sur ce petit buffet.
-Il y a deux-milles cinq cents dollars. Je n'ai pas plus sur moi. Prends cet argent et trouve-toi un autre domicile. Ensuite, dès que tu seras à court, je placerai chaque semaine cinq milles dollars sur ton compte en banque, pour que tu puisses vivre.
-Pourquoi faîtes-vous ça ? Alors… Alors que je ne fais que vous décevoir.
Il soupira puis me regarda.
-Quoique tu en dises, tu es l'une de mes filles. Je ne laisse pas mes enfants dans la misère. De plus, c'est Edward, le principal responsable. J'ai toujours été contre le fait de s'en aller, mais il a quand même réussi à me convaincre. J'aurai mieux fait de ne pas l'écouter.
-Alors vous faîtes cela à cause de vos remords ?
-Entre-autre. Mais je le fais surtout parce que tu mérites d'être heureuse.
Je ne méritais rien, en réalité. Je méritai seulement que tous les malheurs que j'avais apportés à tant de gens me reviennent en pleine gueule puissance mille.
-Je vais y aller, Bella. Si jamais, nous nous trouvons à l'hôtel du centre.
-Je ne viendrai pas vous voir.
-J'espère que si, même si, en effet, cela n'arrivera pas.
Il regagna la porte, me regarda une dernière fois, avant de quitter la pièce. Je me retrouvais à nouveau seule. A nouveau en pleine douleur. J'avais mal, tellement mal. Pourquoi n'était-ce pas Edward qui était venu ? Je l'aurai, certes, insulté et peut-être même frappé, mais j'aurai été apaisée.
Je regardai l'argent sur le buffet. Devais-je l'accepter ? Je ne savais pas, même si une chose était sûre. Je n'avais toujours pas pris ma douche.
–
Fin du chapitre 11, début du 12 :)
–
Chapitre 12
Edward's POV
Je ne savais pas quoi faire. Je tournai en rond dans la grande chambre de la suite, me demandant comment j'avais pu être aussi lâche et aussi égoïste. Je l'avais abandonnée, brisée, détruite. Carlisle avait été la voir, essayer de lui parler. J'espérai qu'il arriverait faire quelque chose face à la situation. Pour le moment, rien n'était joué. Elle souffrait et n'avait pas l'intention de nous pardonner. Elle voulait continuer à tuer. Elle voulait toujours enlever la vie de personnes innocentes et heureuses, comme cette femme, aujourd'hui. Une femme enceinte. Je savais que si elle faisait cela, c'était aussi à cause de moi. Tuer amenuisait sa douleur. Je ne lui en voulais pas. J'en voulais à moi.
« Je t'avais dit que si tu ne te bougeais pas, il allait être trop tard. »
Ma conscience… Je l'avais presque oubliée, elle.
« Je ne te laisserai pas m'oublier. »
« Qu'est-ce que tu veux ? »
« Je veux que tu souffres le martyre. »
« Je souffre, ne t'en fais pas. »
« Pas comme Bella, sinon Jasper, qui se trouve dans le salon, serait en deux plié de douleur. »
Je soupirai.
« En effet. »
« Alors tu es content ? »
« De quoi parles-tu ? »
« Du résultat. Tu l'as quittée pour ne pas la tuer ! Je suppose que le résultat ne te déçoit pas. Après tout elle est de ton espèce, maintenant, et ce n'est même pas toi qui l'a tuée. Elle se nourrit de sang humain parce qu'elle ne supporte pas la souffrance que tu lui infliges. Je trouve ce résultat pour le moins… comique à voir. »
« Pourquoi me dis-tu cela ? »
« Je veux que tu en baves, Edward. Je veux que tu ne puisses plus te regarder dans une glace, que tu ne puisses plus sortir de peur de voir ton reflet dans une vitre. »
« Pourquoi ? A quoi est-ce que cela t'avance ? Qu'est-ce que cela ferait si je ne pouvais plus faire cela ? »
« Tu finiras par aller la voir. »
« Elle voudra que je parte. »
« Et tu vas baisser les bras ainsi ? Tu ne vas pas te battre ? »
« Elle me hait. »
« Et elle a raison. »
« Je ne vois pas pourquoi je lui insufflerai encore une douleur inutile. »
« Alors tu vas partir ? »
« Oui. »
« Tu sais que tu ne le fais pas pour elle, mais pour toi. »
Cette voix commençait à m'énerver sérieusement.
« Je refuse de la faire souffrir à nouveau. »
« Menteur. Tu ne peux rien me cacher, Edward, je suis ta conscience. Tout ce que tu sais, je le sais. Tu ne fais pas ça pour elle, mais pour toi. Parce que tu as honte. »
« Il y a de quoi, non ? »
« Oh que oui. Mais fuir n'est pas la solution. Tu ne te sentiras que plus misérable. De plus, Bella t'aime. »
« Elle me hait. »
« Le contraire de l'amour n'est pas la haine, Edward. Ne le crois jamais ! Elle peut t'aimer et te haïr en même temps. »
« Alors qu'est-ce que je dois faire ? »
« Et si tu commençais par arrêter de me hurler dessus et attendre que Carlisle revienne. Il te racontera ce qu'il a vu et tu pourras mieux anticiper les événements à venir. »
« Les événements à venir ? »
« Tu n'es pas au bout de tes surprises, Edward. »
« De quoi parles-tu ? »
« A bientôt, Edward. »
Puis, plus rien. Qu'avait-elle voulu dire dans ces dernières phrases ? Je n'en avais aucune idée mais je savais que quelque chose se préparait.
La porte claqua et je devinai que Carlisle était revenu même si je n'entendais pas ses pensées. Elles étaient confuses, sans aucun sens. Ce n'était pas le genre de Carlisle d'être si embrouillé. Plutôt celle de Jasper, lorsqu'il s'enfermait dans les méandres de sa mémoire, sans aucun but précis.
Je quittai la chambre et entrai dans le vaste salon. Carlisle était assis sur le divan, la tête dans ses mains, regardant le vide. Il avait l'air effondré. Qu'avait-il vu ? Était-ce aussi horrible que ça ? Nous nous trouvions tous devant lui, attendant son récit. Esmée vint se placer près de lui et entoura ses épaules de ses bras.
-Carlisle ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Que s'est-il passé ?
Toujours la tête baissée, il se mit à parler :
-J'ai été voir Bella.
Il s'arrêta, inspira, bloqua sa respiration avant de reprendre, toujours sans nous regarder.
-Elle habite dans un appartement du quartier malfamé. Quand je suis arrivé, elle se trouvait avec le propriétaire. Ce dernier avait quelques soucis financiers avec un proxénète, très certainement, et essayait de contraindre Bella à se vendre.
Je me figeai, n'en croyant pas mes oreilles. Bella… Prostituée… C'était impossible !
-Elle n'a pas accepté, le coupai-je ?
-Elle a refusé et ce dernier est parti dans une colère noire. Il a essayé d'abuser de Bella. Je suis intervenu avant que tout ne dégénère et ai réussi à faire partir le proprio.
Je soufflai. Bella n'avait pas eu à se vendre. Jamais je n'aurai accepté une telle chose.
-Elle n'a cependant pas cherché à se défendre, avoua-t-il.
-Quoi, m'alarmai-je ?
-Elle n'a pas cherché à se défendre face aux avances douteuses de son propriétaire. Et tu sais pourquoi Edward ?
Il avait relevé le regard et me fixai d'une manière que je n'avais jamais vue. Il était en colère, il m'en voulait. Son ton était empli de reproches.
-Non, murmurai-je.
-Parce qu'elle n'a pas de quoi payer son loyer et qu'elle refuse de se retrouver à la rue. Elle refuse à même cette idée, même si pour cela elle doit… payer en nature son propriétaire à chaque fin de mois. Te rends-tu enfin compte de ce qu'à provoquer notre départ, à quel point elle est tombée bas à cause de ce que nous lui avons fait ?
Je baissai la tête face à lui. Bella, ma Bella, se vendait pour conserver son appartement. Comment… Je n'arrivais pas la comprendre. Carlisle lui avait-il au moins proposé de l'aide ?
-Tu n'as pas réussi à la convaincre de quitter l'appartement contre un autre ?
-Et comment le paierait-elle, Edward ? Elle n'a pas le moindre centime. Je lui ai en effet proposé de s'en aller, de venir avec moi, mais tu te doutes bien qu'elle n'a pas accepté. Je lui ai donc donné deux milles dollars et je vais aller verser de l'argent sur son compte en banque dès l'ouverture de ces dernières.
Le regard d'Alice se figea soudain dans le vide. Elle chancela avant de se reprendre. Elle avait l'air affolé. Sa voix, lorsqu'elle parla, refléta une angoisse sans précédant.
-Bella va partir. Elle va quitter le pays. Il faut l'en empêcher. On ne peut pas la laisser partir ainsi, non ?
Non, nous ne pouvions pas. Mais que faire ? Si elle avait décidé de quitter le pays, ce n'était pas moi qui allais la faire changer d'avis. Il était trop tard. Beaucoup trop tard. Nous ne pouvions plus rien faire pour elle. Aussi difficile que cela soit pour moi de faire cela, je me préparai mentalement à la perdre à jamais.
–
Bon, bon, je devine que je ne termine pas mon chapitre au meilleur moment.
Néanmoins, la suite est déjà chargée sur FFN, donc trois clics et elle est postée ;P
A vous de me dire ce que vous avez pensé de ces deux chapitres.
Et si vous avez envie de faire des pronostics quant à la suite, je suis preneuse. Vous savez que j'adore vos idées ! :D
