Un énorme coucou à toutes :D
Je suis de retour avec l'épilogue tant attendu (enfin… j'espère xD)
Je ne vais pas m'étendre en bavardages, seulement remercier CeriseBella, Shizeinphren, izzie, Lixichaa et miistii d'avoir laissé un commentaire sur le dernier chapitre.
Enfin, j'annonce que dès que cet épilogue sera posté, cette fiction passera en Complete.
Bonne lecture ! :)
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Epilogue
Liam's POV
Le temps était humide et froid. Je ne ressentai pourtant rien. J'étais vide aucun sentiment ne me parcourait, aucune sensation ne m'atteignait. Je marchai droit devant moi, me demandant quand est-ce que j'allai m'arrêter. Je n'avais pas de but, pas de lieu où aller, pas de raison d'avancer mais je le faisais, ne sachant que faire d'autre. J'avançai toujours plus vite, toujours plus loin. Je me mis à courir, d'abord lentement, puis plus rapidement. J'atteignis une vitesse que seule mon espèce était capable d'atteindre. Rien – aucun animal, aucune entité terrestre – ne nous égalait. La vitesse était ennivrante. Elle avait un effet tranquillisant, tout comme la morphine sur une blessure.
J'entrai dans cette forêt que j'avais déjà perçu à plusieurs kilomètres. Une fine bruine s'installa. Je me remis à marcher, ne voyant plus l'intérêt à me dépêcher. Je ne savais même pas où j'allais. Je me contentai d'avancer.
– – –
Plusieurs heures après m'être engouffré dans la forêt, un parfum m'attaqua. Ennivrant, merveilleux, alléchant. Je cherchais la source de cette fragrance et ne tardais pas à la trouver. Je me figeai sur place. Je ne savais pas qui elle était mais elle était magnifique. Elle aspirait à la vie, au bohneur. Un fin sourire s'étira sur ses lèvres lorsqu'elle trouva un champignon, au pied d'un arbre touffu. Elle se pencha et le rammassa, avant de le poser dans un panier. Je la regardai faire, derrière l'arbre où je me situais. J'en avais oublié ma soif. Tout ce qui comptait était ma vue. Je voulais la voir. Encore. Juste un peu plus longtemps. Puis, pour la première fois, j'eus envie de faire connaissance. J'avais envie de faire sa connaissance. Je ne m'étais jamais mêlé à ce qui m'entourait. Je n'étais ainsi déçu de rien ni de personne. Mais elle… Je voulais tout savoir de sa vie, de ses pensées. Je m'approchai d'elle et me rendis compte de la folie que j'allais commettre. Mes yeux aux couleurs de son sang allaient la faire hurler de peur. Ma peau glaciale allait tellement l'effrayer qu'elle s'en évanouirait sur place.
Alors que je reculai, elle se retourna. Elle me vit et je pus me perdre à travers la couleur chocolat de ses yeux. Elle parrut premièrement surprise, avant de se reprendre, un fin sourire aux lèvres.
-Bonjour.
J'eus l'impression de tomber tellement sa voix me semblait merveilleuse. Mais qui était-elle pour me faire pareil effet ?
-Bonjour, lui répondis-je, ayant sans doute attendu trop longtemps.
Il fallait que je continue à parler. Il fallait que j'engage la conversation.
-Vous êtes perdue, demandai-je ?
Elle pouffa. Qu'étais-je idiot ! Bien sûr que non, elle ne l'était pas. Il n'y avait que moi qui ne savais pas où je me trouvais. Elle cueillait des champignons, elle devait forcément connaître son chemin.
-Non, je ne le suis pas. Et vous ? Il est rare de recontrer quiconque sur cette route. A pied, qui plus est.
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Elle m'avait ensorcelée. J'écoutais ses paroles. Elle ne cessait jamais de parler. Cela ne me gênait en rien. Je lui avais expliqué les raisons de mon voyage, les raisons qui me poussaient à toujours avancer et j'eus l'impression qu'elle avait pitié de moi. Ce n'était pas ce que je voulais. J'étais un homme libre. Je ne voulais pas qu'elle me prenne pour un fou. Je voulais seulement qu'elle m'apprécie, je voulais pouvoir… la sentir, toucher la peau de son cou avant de m'abreuver de son… Je me repris. Ce n'était pas passé très loin. Je ne m'étais jamais sentis aussi mal face au sang. J'avais toujours eu une parfaite maitrise de moi, à ce niveau-là, et, à chaque fois que je tuais un humain, je le tuais parce que j'en avais décidé ainsi, non pas parce que je m'étais laissé prendre par mes instincts. Mais elle… Elle ! Elle changeait littéralement tout ce qu'il y avait eu de juste, de droit en moi, elle changeait ma vie au fil des secondes, des minutes, des heures que je passais à ses côtés.
Alors qu'elle parlait encore et encore, et encore, je m'approchai trop rapidement d'elle et pris possession de ses lèvres dans un court baiser.
Je me retirai, conscient de l'audace de cet acte. Elle ne disait, ne faisait rien, se contentait de porter ses doigts à ses lèvres.
-Pardonnez-moi, m'excusai-je. Je n'avais pas le droit de vous voler ce baiser.
– – –
Le jour passaient les uns après les autres. Elle me rejoignait dans la forêt, lorsqu'elle avait terminé son travail à la ferme de son père, ce qui prenait parfois du temps. Chaque fois que je posai mon regard sur elle, j'avais envie d'hurler au monde à quel point je me sentais bien. J'avais envie d'hurler mon bohneur bohneur tellement fort qu'il en devenait presque douloureux.
– – –
Un jour, elle vint me rejoindre en forêt, il faisait nuit. La neige commençait peu à peu à fondre et nous percevions des crocus dans de rares endroits. Je ne lui avais toujours pas révélé mon secret et je ne savais toujours pas si j'allais le faire. J'avais si peur de sa réaction…
La nuit était sans lune, sombre. La femme, l'humaine que j'aimais tant, me mit au défi de lui rapporter une fleur dans cette pénombre. En échange, elle m'offrirait un baiser. Je m'éloignai un peu, ne voulant pas qu'elle découvre ce que j'étais et me mis en chasse d'une fleur. Alors que je me penchai pour la ramasser, un cri me parvint. Je courrai vers elle. Elle ne se trouvait plus au même endroit. Des sons me parvinrent. Quelqu'un qui cherchait à reprendre son souffle. Je le suivis. Il y avait un fossé. Je regardai en bas et hurlai.
-Céleste !
Je descendis et examinai son corps. La vue de son sang me prit de cours. Soudainement, je ne vis plus rien. Ni ses yeux affolés, ni sa main, se tendant vers moi. Je n'entendais plus sa voix me demandant de l'aide, répétant inlassablement mon prénom. Je m'approchai d'elle, de son cou. J'y posai ma bouche, humant sa fragrance. Elle était si forte, tellement merveilleuse. Un nouveau cri de douleur sortit de ses lèvres.
-Liam !
Le nectar dont je voulais m'abreuver depuis si longtemps coula dans ma gorge, appaisant ma soif. Céleste ne bougea bieintôt plus. Sa main, qui s'était appuyée contre mon visage, retomba, inerte. Je relevai la tête et compris ce que je venais de faire. Je tombai en arrière, secoué, meurtri, détruit.
-Céleste, murmurai-je.
Je l'avais tuée, elle était morte. Jamais plus je ne la reverrai. Jamais plus elle ne sourirait, me ferait la moue, ou ne m'embrasserait. Elle était partie. J'hurlai. J'aurai aimé pleurer mais c'était chose interdite dans ma damnée d'espèce. Je serrai son corps contre moi, ne voulant la lâcher, l'abandonner. Non, elle m'était tellement précieuse. Une étoile dans mon ciel si sombre.
-Céleste, ne m'abandonne pas !
Je répétais sans cesse ces mots, toute la nuit, puis tous le jour suivant. Céleste, oh Céleste… pourquoi ?
Il me semble que c'est toi qui m'a tuée, Liam. Alors cesse de te poser la question et reprends ta vie en main.
Quoi ? Qu'est-ce que je venais d'entendre ? Non ! C'était impossible. Je devais faire une hallucination auditive. Ca ne pouvait être que cela.
Il semblerait bien que non, Liam. Dommage pour toi. Je vais te hanter jusqu'à ta mort. Ca risque de durer longtemps, non ?
Comment pouvait-elle être au courant de cela ? C'était impossible, je ne lui avais jamais parlé de cette facette de sa vie. C'était une nouvelle preuve. Elle signifiait clairement qu'il ne s'agissait que d'une hallucination.
Non, Liam. Je suis là. Je sais, je sais tout. On m'a tout dit. Tout. Pourquoi, Liam ? Pourquoi m'as-tu caché ta vraie nature ?
-Je… Je ne voulais pas t'effrayer.
C'était tellement vrai, tellement malheureux. Devoir se cacher encore et encore de la personne que j'aimais. Ca faisait mal, chaque jour, chaque heure.
-Je ne voulais pas voir le dégoût sur ton visage. Je ne voulais pas que tu aies peur de moi.
Avais-tu donc une si piètre opinion de moi ? Ne me faisais-tu donc pas confiance ?
Sa voix reflétait la tristesse. Oh que si je lui faisais confiance. Mais non, je ne croyais pas qu'elle m'aurait accepté au prix risqué de sa vie.
Je t'aime, Liam. Ca me brise le chœur, que tu penses cela.
-Je suis un monstre, Céleste. Un monstre de la pire espèce. La mort elle-même ne veut pas de moi.
Encore une fois, je t'aime. Rien ne changera cela. Jamais. Pas même eux.
-Eux ? Qui eux ?
Les juges. Ce sont eux qui décident de qui va en enfer et qui gagnera le ciel. Du fait que je t'aime, ils me refusent ma place auprès des anges. Si je suis là, c'est parce qu'ils ne peuvent comprendre comment, je les cite : « une création de Dieu peut aimer la descendance de Lucifer ».
Ils n'avaient pas le droit de lui faire cela. Non ! Elle y méritait tellement sa place. Tout était de ma faute, de ma faute à moi, je l'avais séduite. Non, ils ne pouvaient pas l'empêcher de gagner les cieux.
Ils l'ont fait, Liam. Mais je continue à t'aimer, quoiqu'il arrive.
– – –
Les jours passèrent, puis les mois. Les années. Un jour, alors que je cherchais à parler à Céleste, je me rendis compte qu'elle n'était pas là. Etrange. Elle était toujours présente. Nous vivions en cohabitation dans ma tête depuis bien quelques décennies et jamais elle n'avait été notée absente à l'appel.
-Céleste ?
J'avais beau l'appeler, elle n'était pas là. Jamais. Cela m'inquiétait. Les jours passèrent et elle ne se montrait toujours pas. Je dus me rendre à l'évidence. Aussi mal cette idée me faisait, les juges avaient statué de son cas. Elle se trouvait maintenant dans un autre monde. Meilleur, je l'espérai.
-Toujours, Céleste, je t'aimerai. Je te le promets.
Je me trouvais à genoux devant sa tombe. J'étais revenu au pays, alors qu'un peu plus tôt, j'avais gagné l'Amérique. Je me trouvais devant la pierre tombale, pleurant sans larme. Cela faisait maintenant plus de trois mois qu'elle n'était plus présente. Elle avait laissé un énorme vide derrière elle. Puis, je me rendis compte qu'elle n'avait pas seulement enlevé sa présence, mais aussi et surtout, une part de moi-même. La bonne, malheureusement.
Je tuai sans vergogne. Homme, femme et enfant. Cela m'appaisait le cœur. Puis, un jour, alors que je me trouvais non loin d'Antlantic City, je croisai une femme que je reconnus comme étant de notre espèce. Elle aussi me vit et passa son chemin. Je la revis plusieurs fois avant de comprendre qu'elle me tournait autour. Il n'y avait néanmoins que Céleste, toujours. Même maintenant.
J'ai repoussé ses avances, encore, toujours. Puis, un soir, je craquai. Ce n'était rien, absolument rien. Juste une nuit. Alors que nous venions de passer à l'acte, elle eut comme un frisson, ce qui était étrange pour notre espèce.
-Tout va bien ?
Alors que je me retournai, je crus la voir pleurer. C'était cela, elle pleurait. Sans larme, certes, mais elle pleurait. Puis, de gros sanglots la prirent.
-Heyy ?
Je passai une main sur son épaule.
-Pourquoi, Liam ?
Ce n'était pas la femme qui avait parlé, je le savais. Une part de moi, de mon instinct me le hurlait. Premièrement, elle ne connaissait pas mon nom.
-Céleste ?
-Je… Je serai revenue. Ce n'était plus qu'une question de temps. Pourquoi m'as-tu trompée ?
Qu'avais-je fait ? Comment avais-je osé ? C'était… Elle était censée être loin, tellement loin.
-J'allai revenir. Le temps ne passe pas à la même vitesse là-bas et ici. Il passe tellement vite en ce monde. Mais ce n'était plus qu'une question de temps.
Presque chaque mot qu'elle me disait était entrecoupé de sanglots.
-Je… Je suis désolé. Tellement, je…
-Moi aussi, Liam. Moi aussi.
-Céleste ?
La femme vampire avec qui je venais de tromper mon grand amour venait d'avoir un nouveau frissomenent. Je compris que Céleste était partie. A jamais, cette fois-ci. Non. Non. Non. Non. NON ! Elle ne pouvait pas ! Elle ne pouvait pas me laisser seul. NON ! Comment… Comment pourrai-je vivre sans elle ? Comment y parviendrai-je ? Comment avait-elle pu me quitter ? Comment ? Je l'aimais tant. Pourquoi avais-je fait ça ? Mais pourquoi ?
Je me séquestrai durant plusieurs mois. A quoi bon vivre sans elle ? Sans ma bien-aimée ? Sans la personne la plus importante de ma vie, de mon eternité ? J'avais tant mal, tant mal au cœur, tant mal à l'âme. C'en était insupportable. Je me repris en pensant que rien n'était perdu, qu'elle pouvait toujours revenir. Qu'elle était peut-être toujours là. Je la suppliai de réapparaître, des heures, des jours, des semaines. Elle ne revint cependant pas et j'eus peur, même si je ne desespérai pas. Elle allait revenir, il le fallait.
Le temps défila et la douleur n'en fut que plus intense. Je me rendis compte qu'il n'était pas possible de la faire revenir ainsi mais je ne pouvais pas mourir, aller la rejoindre. Combien de temps s'était-il passé depuis le début de son absence ? Trop. Beaucoup trop. Il s'en était passé des guerres, deux bien plus effrayantes que les autres. La technologie, l'urbanisation, les rapports sociaux avaient changé, la télévision, le téléphone, les modes, l'évolution de la mentalité. Pourtant, personne n'avait trouvé le moyen de parler aux morts. Aux esprit, à ma Céleste.
Alors que je courrai dans les rues de Boston, mes sens furent envoûtés par une odeur délicieuse, tellement plus forte que les autres. Je la suivis, ne pouvant m'en empêcher, ne pouvant l'éviter, ne pouvant ne pas y penser. Je ne contrôlai plus rien. Rien. Mon esprit était embrumé. Jamais je n'avais revécu cela depuis Céleste. Son odeur était identique. Ce n'était cependant pas elle alors pourquoi se priver ?
Puis cette fille dans la rue, au milieu de la foule. Ce n'était pas la peur d'être découvert qui me stoppa. Ce n'était pas du fait que mon espèce aurait été connue de tous que je m'arrêtai. Non. Sa ressemblance, son visage, sa façon mal assurée de marcher. La seule chose que je jugeai non-identique dans son visage était cette souffrance, qui y était peinte. Cette douleur, ces larmes au bord de ses yeux. C'était si… déroûtant. Durant une seconde, je voulus aller la rassurer, la prendre dans mes bras, lui dire que tout allait s'arranger, quelque soit son problème. Puis, je me rendis compte que je tenais enfin ma chance. Peut-être la seule d'une longue éternité. Alors qu'elle tournait dans une rue peu fréquentée, je m'éloignai. Il fallait que je me renseigne sur elle. Il fallait que j'aménage un plan. Il était hors de question que je laisse passer cette occasion inouïe de retrouver Céleste, mon amour.
Cela ne me prit pas bien longtemps de découvrir que son nom était Bella.
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Cette fois, c'est la fin et bien la fin. J'espère que cet épilogue vous a plus et que vous avez apprécié cette fiction. Pour toutes les personnes a qui cela a plu, j'ai d'autres fictions et OS en ligne.
Je vous dis à bientôt, j'espère, et un bon printemps à toutes :)
