Bonjour à tous et à toutes. Et bien, si j'en juge par les dates je n'ai pas posté depuis... longtemps... Non, je ne serais pas plus précis, j'ai trop honte. C'est le problème d'écrire au gré de ses humeurs voyez-vous... Quelquefois, je ne suis pas d'humeur. Plus récemment encore, l'humeur y était mais de l'eau a coulé sous les ponts, Resident Evil Revelations ainsi que Resident Evil Operation Raccoon City sont sortis et en tant que, euh... investigateur !, je me devais de les terminer afin d'être certain que ma fanfiction ne serait pas contradictoire avec la série, ce qui explique le retard (tu parles, j'ai rarement sorti d'excuse plus bidon). Ce sont deux très bons jeux par ailleurs, chacun dans leur genre, je vous les recommande. Mais je m'égare !

Puisque on en est à se faire la conversation, je me permets de vous orienter vers la fanfiction de Heather-Shelley intitulée Loin de ce que j'ai connu, disponible sur ce site. Enfin, bien sûr, ne vous privez pas de lire le reste, je suis convaincu que vous passerez un bon moment, mais je me permets de citer cette dernière car elle finira par rejoindre mes propres écrits. Prenez cela comme les deux facettes d'une même histoire, vous pourrez y découvrir plus en profondeur le personnage de Rebecca, son parcours depuis le premier Resident Evil... Il n'est d'ailleurs pas impossible que j'y fasse allusion dans certains chapitres.

Sur ces bonnes paroles, je vais laisser place au Chapitre 4 qui mettra fin au suspens insoutenable sur lequel je vous avais laissés. Ou pas d'ailleurs, c'est à voir. Et comme d'habitude...

Je remercie Shinji Mikami d'avoir créé des personnages dont je me sers outrageusement et qui appartiennent encore et toujours à la série Resident Evil et donc à Capcom, tout comme l'univers. S'il vous plait Capcom, ne me faites pas de procès, je travaille de manière bénévole ! (voilà, ça devrait passer tant qu'on ne vivra par dans l'internet liberticide préconisé par ACTA)

Et je vous souhaite donc une bonne lecture.


« Alors monsieur Marshall, vous voulez vous dégourdir les jambes aujourd'hui ? »

Mercredi 14 juin. Un jour comme les autres pour Rebecca Chambers. Il était neuf heures et demi, elle s'était réveillée deux heures plus tôt... Comme chaque matin, elle avait avalé un léger petit-déjeuner, s'était préparée et avait quitté l'appartement qu'elle louait afin d'entamer sa journée de labeur. Sa première visite quotidienne était pour monsieur Marshall, un octogénaire souffrant d'arthrose, d'anémie et d'insuffisance cardiaque. Rien de bien inquiétant étant donné son grand âge, et elle n'était pas là pour le soigner de toute façons. Malgré son diplôme d'infirmière, elle agissait bien plus en tant qu'aide-soignante qu'autre chose. Rebecca aurait pu, si elle l'avait voulu, devenir une scientifique, ou se spécialiser dans la médecine, ses capacités le lui permettaient. Mais quelque part, à 26 ans, elle se satisfaisait de sa situation... Elle avait un travail qui lui permettait d'être autonome, ce à quoi elle était habituée depuis son enfance, elle parvenait à en vivre, et surtout elle était bien loin de son passé. Devenir une scientifique ? Cela lui aurait rappelé Umbrella. S'engager en tant que volontaire dans une association contre le bio-terrorisme ? Oui, on aurait pu supposer qu'elle l'aurait fait, tout comme ses anciens camarades du S.T.A.R.S. Seulement, elle n'en voulait plus. Tout ce qu'elle avait vécu, à Raccoon City, tout cela était si loin. A cette époque, elle n'avait été que le jouet du destin, elle avait dû se battre pour sa survie... Maintenant, elle avait le choix, elle pouvait décider de la voie qu'elle emprunterait, et il lui fallait une vie normale.

Monsieur Marshall était de bonne humeur aujourd'hui, il semblait moins souffrir que d'habitude et accepta son offre. Tandis qu'il faisait difficilement quelques pas, appuyé sur un déambulateur pendant que la jeune femme le soutenait, elle se surprit à penser que son choix avait quelque chose de lâche. Est-ce que finalement, tout ce qu'elle avait fait ces huit dernières années n'était pas qu'une fuite ? Si elle n'était pas partie pour la France, aurait-elle pu se rendre utile à Raccoon City ? Ou aurait-elle péri ? Rebecca chassa ces pensées de son esprit. Ce qui est fait est fait pensa-t-elle. Elle avait eu suffisamment de mal à abandonner son ancienne vie pour la regretter à présent.

A dix heures, elle quittait la maison de monsieur Marshall, prenant sa voiture pour sa visite suivante, comme chaque jour. Quelque part, la monotonie avait quelque chose de rassurant. Pas de mauvaise surprise, pas de danger. Elle songea à Chris, et eut un pincement au cœur. Le revoir, quelques semaines auparavant, lui avait fait plaisir mais mal. Il était, sans conteste, l'une des personnes qu'elle admirait le plus, et pas parce qu'il lui avait sauvé la vie plusieurs fois. Lui avait eu le courage de se dresser face à Umbrella, face aux terroristes, ce courage qu'elle n'avait pas eu. Et maintenant il en payait le prix tandis qu'elle se contentait de revivre inlassablement le même jour en paix. Ses pensées dérivèrent jusqu'à la ramener en 1998. Elle songea à Ester, son amie, à Billy, qu'était-il devenu ?, aux membres de l'équipe Bravo qu'elle n'avait pas pu sauver.

Un jour comme les autres pour Rebecca Chambers. Elle avait beau fuir, son esprit revenait toujours à Raccoon City.

A midi, elle avala un sandwich dans sa voiture, n'ayant pas le temps de prendre un déjeuner plus consistant. A quatorze heures, elle était de nouveau sur la route, prête à se rendre au domicile d'un nouveau patient. Ce n'est qu'à dix-huit heures, alors que sa journée était finie, qu'elle s'accorda une pause, s'asseyant à la terrasse d'un café baignée du soleil de juin pour boire un milk-shake. C'est à ce moment seulement qu'elle constata que son téléphone portable affichait un nouveau message, laissé il y a plus d'une heure. Elle le mettait toujours sous silencieux afin d'éviter d'être dérangée dans son travail. Curieuse, elle le porta à son oreille et écouta... Quelle ne fut pas sa surprise en entendant la voix de Chris Redfield !

« Rebecca ? C'est, euh... Chris... Il faut que tu viennes. Dès que possible. C'est urgent... Je peux pas en parler au téléphone, trop risqué. Viens. Vite. C'était Chris. »

Ses sourcils se froncèrent légèrement pendant qu'elle avalait une nouvelle gorgée de son milk-shake. Le message était prononcé d'une voix... paniquée ? Une voix qui, de toutes les manières possibles, ne correspondait pas à Chris. Inquiète, elle déposa un billet sur la table, ne prenant pas la peine de compter, et se leva pour rejoindre sa voiture. Elle lui avait dit qu'il pouvait l'appeler s'il en ressentait le besoin, et elle n'avait pas l'intention de faillir à sa promesse.

~oOo~

Quand Rebecca sonna à la porte, il était un peu plus de vingt heures. Elle avait fait son possible pour venir ici rapidement mais n'avait pas pu être là plus tôt. Pas de réponse... Elle sonna de nouveau. Cette fois, au bout de quelques secondes, elle entendit du bruit de l'autre côté sans pouvoir en identifier la provenance. Enfin, la porte s'ouvrit brusquement et elle retint une exclamation de surprise, choquée par ce qu'elle voyait.

Chris Redfield se tenait face à elle, son regard affolé ne tenant pas en place, soutenu par d'immenses cernes. Il n'était pas rasé, et semblait ne pas avoir changé de vêtements depuis plusieurs jours. Complètement débraillé, un air de dément sur le visage, le plus inquiétant restait qu'il tenait un revolver dans sa main qu'il était en train de pointer sur elle... Rebecca sentit un frisson parcourir son échine. Non seulement cette vision était effrayante, mais elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui était en train de lui arriver. Finalement, après quelques instants il sembla la reconnaître et lui fit un signe de la tête accompagné d'un « Entre. » semblable à un grognement. La jeune femme s'exécuta et remarqua qu'avant de fermer derrière elle, Chris avait pris soin d'inspecter le couloir.

L'appartement était pour le moins ravagé. Le peu de lumière filtrant au travers des persiennes donnait un éclairage glauque à cette pièce jonchée de cadavres de bouteilles vides, et l'odeur manqua de l'écœurer. Elle se tourna vers l'agent du B.S.A.A, prête à lui demander la raison de son appel quand ce dernier lui intima le silence d'un geste de la main. Il se précipita, étrangement nerveux, vers la fenêtre et observa à travers les fentes des volets la rue en contrebas. A agir ainsi, il avait tout bonnement l'air d'un maniaque. Quelque fois, il marmonnait, mais Rebecca ne parvenait pas à comprendre ce qu'il disait. Enfin, il porta son attention sur elle et déclara d'une voix basse.

« Il est vivant. Il a peut-être mis des micros, ne parle pas trop fort. Rebecca, tu es la seule en qui je puisse avoir confiance. Il essaie de me rendre dingue ! »

Ses propos étaient pour le moins incohérent. Définitivement, quelque chose n'allait pas chez lui... Mais heureusement, elle était apte à gérer ce genre de comportement, aussi, après s'être approchée de lui, elle demanda sur le même ton.

« Qui Chris ? Qu'est-ce qu'il se passe ? »

« Wesker ! » hurla-t-il sans visiblement s'en rendre compte. « Il est là, il me harcèle, il veut m'avoir comme il l'a eue... Mais il ne m'aura pas ! »

Tout en parlant, il avait pointé son arme dans plusieurs directions comme pour viser un ennemi invisible. Rebecca n'était pas rassurée... Il délirait. Et l'explication était tout simple. Le nombre impressionnant de bouteilles vides, ainsi que ses cernes qui prouvaient qu'il n'avait pas dormi depuis plusieurs jours... Chris Redfield était à bout de nerfs. Par chance, c'était elle qu'il avait appelé, elle pouvait le gérer, elle avait appris comment le faire. Tout d'abord, se montrer rassurante, compréhensive. La jeune femme posa sa main sur son épaule et chuchota.

« Calme-toi Chris... Il n'y a personne à part nous deux. »

Mais cela ne sembla pas fonctionner. Son visage se crispa dans une expression de haine et il se dégagea de son bras avant de pointer le canon de son pistolet vers elle.

« Tu es avec lui, c'est ça ? Traîtresse... »

Ses traits déformés par la colère étaient presque aussi menaçants que son arme. Rebecca sentit sa respiration s'accélérer face au danger tandis que son cœur battait à un rythme effréné. Elle avait vécu des horreurs, des années auparavant, mais il lui semblait ne jamais avoir eu aussi peur qu'à cet instant. L'homme qui lui faisait face n'était pas le Chris qu'elle avait connu. Apeurée, elle essaya tout de même de parler calmement.

« Chris, je suis venue pour t'aider ! » sa voix trahissait ses émotions.

« Menteuse ! » cria-t-il avant de la gifler violemment.

Il était fort et elle était frêle. Le choc fut tel que Rebecca en tomba à terre, frottant sa joue douloureuse. Mais c'était intérieurement qu'elle était le plus blessée... Elle ne parvenait pas à raisonner un ami. Quand elle avait appris la mort de Jill, la jeune femme avait cru qu'il fallait lui laisser le temps, que peut-être il viendrait de lui-même vers elle... Comme elle se trompait. Elle aurait dû être là pour lui avant qu'il ne perde pied, avant qu'il ne devienne ce qu'elle avait en face d'elle. Alors, Rebecca se mit à pleurer, silencieusement. Pas pour elle, pas à cause de sa peur, mais pour Chris qu'elle ne reconnaissait plus.

« Il ne m'aura pas... Et je sais comment lui échapper... »

Sa voix avait été plus froide que la glace. Rebecca fixait le sol, tétanisée, laissant des larmes couler le long de ses joues. Chacun de ses pas lourds, alors qu'il s'éloignait d'elle, manquait de la faire sursauter... Enfin, il s'immobilisa, regardant au travers de la fenêtre. Seuls les pleurs de la jeune femme venaient rompre le silence... Lentement, il leva son bras, et sans quitter des yeux ce qu'il fixait, il vint placer le canon de son arme sur sa tempe. Sa main tremblait, mais son visage était déterminé. Il ferma les paupières... Rebecca trouva finalement le courage de relever la tête, et écarquilla ses yeux humides en voyant le geste de Chris. Son souffle était coupé, elle était comme paralysée, incapable d'agir... Et sans un dernier regard pour elle, il prononça un mot fatidique...

« Adieu. »

Avant d'appuyer sur la détente...


Et de deux ! Je suis vraiment incorrigible sur les cliffhanger, j'espère que vous ne me maudissez pas trop... Je vous promets que ça ne deviendra pas une habitude. J'aime assez ce chapitre, mais c'est certainement car il m'est venu naturellement... La qualité est-elle au rendez-vous ? Je vous laisse seuls juges. Et si le verdict pouvait être rendu par review, c'est encore mieux. Je suis en train de réaliser que je n'ai plus grand-chose à dire alors autant éviter le baratin... J'espère tout de même que ce chapitre vous a plu, et je vous dis à très bientôt.