Voilà enfin le chapitre final \o/
J'espère qu'il ne sera pas trop rapide à votre goût. J'étais à Dubaï pendant les vacances et j'avoue que j'ai complètement oublié ma fic l'espace de dix jours ^^'
Arthur tremblait d'inquiétude : que lui restait-il si Merlin l'abandonnait ? Un royaume ? Il se surprit à penser que cela avait peu d'importance à ses yeux si son valet n'était pas là pour lui pourrir la vie jour et nuit. Lorsque les chevaliers posèrent le corps inanimé du jeune sorcier sur la table de Gaïus, Arthur les envoya presque paitre dehors, exigeant d'être seul aux côtés de Merlin et du médecin de la Cour.
- Comment va-t-il ? demanda le prince alors que les chevaliers sortaient en ronchonnant.
- Difficile à dire, Sire. La magie était à l'œuvre.
- Mais comment faisiez-vous avant pour soigner ce genre de maladie ? Lorsque j'étais moi-même convalescent ? s'énervant légèrement Arthur.
- Et bien c'est Merlin qui vous a toujours soigné de ce genre de mal.
Malgré la joie d'apprendre que son valet l'avait vraiment sauvé du pire, Arthur pesta : rien n'allait dans le sens qu'il désirait. Merlin avait sombré dans l'inconscience sur le trajet entre les douves et la demeure de Gaïus, et ne pouvait donc pas leur indiquer la marche à suivre pour le soigner. Excédé par les mauvais coups que lui jouait le destin, le prince voulu administrer une gifle magistrale à son ami mourant, mais une soudain respiration de sa part le freina dans son élan.
- Merlin ? s'inquiéta Arthur.
Mais le jeune homme n'ouvrit pas les yeux et se contenta de respirer plus bruyamment que précédemment.
- Il vient de retrouver l'usage de ses poumons, s'enquit le médecin. C'est bon signe.
Décidément trop malmené depuis l'apparition de Nimueh, Arthur soupira de soulagement.
- Mais quel tire au flan celui-là !
Il tentait d'évacuer son angoisse par le sarcasme et Gaïus diagnostiqua aisément le problème.
- Vous devriez vous reposer Arthur. Je m'occupe de lui.
- Oui... Vous avez sans doutes raison.
Alors qu'Arthur se retirait pour aller dormir, Gaïus administra à Merlin une des potions dont il avait le secret.
Le réveil fut brutal. Sa tête abritait certainement le tocsin du château à en juger par la douleur insupportable qu'il ressentait. Ses membres quand à eux lui semblaient si lourd qu'ils auraient parfaitement pu être solidement attachés à la table inconfortable sur laquelle il se trouvait allongé. Il tourna lentement la tête, à droite, puis à gauche, et parvint finalement à repérer l'image de Gaïus dans son champ de vision. Le vieil homme triait ses potions, rangeait ses herbes médicinales et semblait s'agiter de plus en plus comme s'il cherchait quelque chose de précis. Merlin le regarda deux longues minutes et tenta finalement de l'apostropher.
- Gaïus.
Sa voix avait déraillé avant même qu'il n'ai émit un son, mais le médecin nota tout de même un bruit étouffé derrière lui et se retourna.
- Merlin ! Comment tu te sens ?
- Arthur... Nimueh, s'enquit le jeune sorcier.
- Arthur va bien, il se repose et Nimueh est morte. Mais ce n'est pas important pour l'instant, tiens avales ça.
Gaïus lui tendit une petite fiole remplie d'un liquide marron très limpide. Merlin l'avala sans trop se poser de question et posa une main devant sa bouche lorsqu'il constata le goût immonde qu'elle avait. Malgré sa difficulté à l'avaler, il fit bonne figure en constatant que sa gorge le faisait déjà moins souffrir.
- Merlin tu nous a fait une peur bleue.
- Désolé Gaïus. Je vous en ai vraiment fait voir des vertes et des pas mûres.
Gaïus sourit face à la répartie peu délicate de son pupille et posa sur son front une serviette humide.
- Dis moi Merlin. Pourquoi Nimueh a-t-elle mit tant d'acharnement à dévoiler ton secret ?
- J'imagine qu'elle espérait me voir châtier pour usage de magie...
- Je ne parle pas de ce secret là, Merlin.
Mais le jeune sorcier ne pipa mot. Il se sentait libéré du poids que Nimueh faisait peser sur lui, mais il n'était pas prêt à avouer la vérité sur ce secret qu'il cachait. Gaïus comprit la chose et s'en retourna à ses occupations, laissant Merlin se remettre de ses blessures physiques et morales. Mais soudain, Merlin reprit la parole.
- Je ne suis pas amoureux de Gwen.
- Oui, cela je le sais, répondit le médecin.
Merlin n'en dit pas plus, ne trouvant pas le courage de dire la vérité. Mais il y avait une chose qu'il ignorait et qui aurait pu tout changer dans le cas contraire. En effet, Arthur, qu'il croyait dormir paisiblement dans ses appartements, était en fait... dans sa chambre et ne dormait plus. Et son esprit pas toujours très vif faisait déjà des looping pas possibles.
Lorsque Gaïus lui avait suggéré d'aller se reposer, Arthur avait acquiescé, conscient de son manque de sommeil et de son angoisse maladive. Cependant, il était hors de question pour le jeune prince de quitter son ami convalescent. La seule solution possible s'était alors présentée à lui : prendre la chambre de son valet. Et il avait eu bien raison.
*POV Arthur*
- Merlin ! Comment tu te sens ?
Hein, quoi ? Merlin... Merlin est réveillé ?
Arthur avait été réveillé par l'exclamation du médecin et s'était alors approché de la porte de la chambre, sans bruit, comme terrifié à l'idée de croiser le regard de son valet.
- Arthur... Nimueh.
- Arthur va bien, il se repose et Nimueh est morte. Mais ce n'est pas important pour l'instant, tiens avales ça.
Le jeune héritié se sentit touché de l'attention que lui portait Merlin alors même qu'il sortait d'un coma. Merlin... n'as-tu donc jamais pris le temps de vivre pour toi-même ? Ce destin qui te lie à moi, est-il la seule chose qui t'incombe ? Le prince commençait à comprendre tout les sacrifices qu'avait dû faire son valet pour le sauver d'une mort certaine.
- Dis moi Merlin. Pourquoi Nimueh a-t-elle mit tant d'acharnement à dévoiler ton secret ?
- J'imagine qu'elle espérait me voir châtier pour usage de magie...
- Je ne parle pas de ce secret là, Merlin.
Ah ! Le sujet était enfin abordé... Ce foutu secret. Étrangement, Arthur n'aimait pas ce secret. Il pensait avoir comprit que Merlin était tiraillé entre son amour pour Gwen et sa loyauté pour lui et il n'aimait pas ça. Pff... Si ça ne tenait qu'à moi, Gwen ne serait déjà plus des nôtres. Hors de question que tu me quittes Merlin, jamais. Arthur était injuste, il le savait. Jaloux ? Oui... Peut-être un peu. Après tout, ils étaient liés. Pas Merlin et Gwen, Merlin et lui ! Guenièvre n'arriverait jamais à les séparer.
- Je ne suis pas amoureux de Gwen.
- Oui, cela je le sais.
Le futur roi manqua de s'étouffer en entendant ces mots. Mais alors si tu n'aimes pas Gwen, quel est ton secret ? Imperceptiblement, Arthur s'énervait, hésitant entre frustration et colère.
*Fin POV Arthur*
Merlin s'était levé doucement, aidé par Gaïus qui le soutenait du mieux qu'il pouvait. Le jeune sorcier regarda la petite maison et réalisa à quel point il avait faillit ne pas y revenir ce coup-ci. Alors soudain emplit d'une certitude à toute épreuve, Merlin se défit du soutien que lui apportait le vieil homme et se dirigea vers la sortie.
- Merlin où vas-tu ? demanda Gaïus.
- Je vais voir Arthur.
- Il dort encore...
- Et bien je le réveillerai.
- Cela est-il ce important que ça ?
- Je dois lui parler... de mon secret. Après tout, il est le premier concerné, expliqua Merlin.
Puis il quitta la petite maison sans attendre la réponse de son vieil ami.
De l'autre côté de la porte de sa chambre, Arthur avait tout entendu. Et malgré sa capacité de déduction peu développée, il n'en revint pas lorsqu'il comprit la vérité par lui-même. A vrai dire, maintenant qu'il avait trouvé cette hypothèse, il été persuadé qu'il s'agissait là de la bonne explication. Et elle lui paraissait désormais d'une évidence à toutes épreuves. Comment n'avait-il pas su s'en rendre compte avant ? Des destinées liées auraient-elles suffit à faire de Merlin l'être le plus honnête et le plus fidèle qu'il ai jamais connu ? Auraient-elles poussé le jeune sorcier à risquer sa vie un nombre incalculable de fois de la même manière qu'aujourd'hui ? Ainsi, chaque petits détails qui lui avaient échappés lui revinrent en mémoire et s'expliquèrent d'eux-même.
Gaïus ouvrit soudain la porte de la chambre de son pupille et regarda Arthur, visiblement très satisfait de ce qu'il venait d'apprendre.
- Sire.
- Oui Gaïus, je sais...
- Dépêchez-vous.
Arthur s'était alors mit à courir aussi vite qu'il l'eût pu afin de rattraper Merlin et d'atteindre ses appartements avant lui.
Merlin frappa à la porte avec une sur-dose d'appréhension battant dans son crâne et cognant contre ses tempes avec force. Il en regretta presque d'avoir fait le choix d'être honnête avec Arthur et commença à penser qu'un repli stratégique était toujours possible. Mais cette dernière affirmation se montra soudain erronée lorsque le prince lui accorda le droit d'entrer dans ses appartements.
- Sire.
- Merlin, tu vas mieux ? demanda-t-il, l'air de rien.
- Oui Sire, merci. Et vous ?
- Que me vaut cette manifestation de politesse si soudaine, Merlin ? Ton combat t'aurait-il refroidit ? sourit Arthur.
- Non Sire, ce n'est pas ça..., hésita le sorcier.
- Qu'est-ce que c'est alors ? redemanda Arthur, jubilant de plaisir à l'idée d'avoir un coup d'avance sur son valet.
- Je viens vous faire mes adieux.
Arthur s'étrangla à moitié alors qu'il buvait le reste d'eau au fond de sa coupe. Lui faire ses adieux ? Mais que lui était-il passé par la tête pendant qu'il traversait les 200 mètres qui séparaient la maison de Gaïus de ses appartements ? Décidément, Merlin lui en faisait constamment voir des vertes et des pas mûres... Le jeune hériter recracha sans ménagement le contenu de son verre et observa le sorcier, incapable de dire s'il était sérieux ou pas.
- Me faire tes... tes adieux ?
- Oui Sire. La présence d'un sorcier à la Cour n'est pas désirable. Et encore moins à vos côtés.
- Il ne me semble pas t'avoir octroyé le droit d'en décider, Merlin.
- Pardonnez-moi Sire, mais mon choix est fait. Je ne reviendrai pas sur ma décision.
- Soit... Et bien adieu..., souffla Arthur.
Mais alors que son ancien valet s'inclinait face à lui et quittait la chambre princière, Arthur l'apostropha.
- Merlin !
- Oui, Sire ?
- Avant que tu t'en ailles... Ai-je le droit de connaître la véritable raison de ton départ ?
- Que voulez-vous dire ?
- Oh voyons Merlin, je te connais mieux que toi-même on dirait. Jusqu'à présent, rester à mes côtés ne t'as jamais dérangé, je crois. Et maintenant, tu aimerais me faire croire que ta nature de sorcier est un problème ? Je ne suis pas stupide, tu sais.
Merlin soupira. Il n'avait vraiment pas envie de se battre maintenant avec Arthur. Il n'avait plus l'énergie ni la motivation pour chercher une excuse potable. Alors, de but en blanc, il lui répondit simplement.
- C'est parce que je vous aime, Sire.
Une fois de plus, Arthur fut surprit par le comportement de Merlin. Cette sincérité brute, lancée au hasard et sans but précis le surprenait à chaque fois qu'il la voyait à l'oeuvre. Une nouvelle fois, il s'étouffa face à l'honnêteté de son ami.
- Grand Dieu, Merlin ! Tu ne pourrais pas être un peu plus subtil ? J'ai faillit mourir, moi !
- Pardonnez-moi, Sire. Je m'en vais.
Merlin rouvrit la porte pour sortir, mais Arthur l'appela de nouveau.
- Merlin ! Mais c'est pas possible d'être aussi borné ! Restes là !
- Mais Sire, je-
- Non ! Je sais que tu veux partir parce que tu as peur de ma réaction, mais tu veux que je te dise un truc, Merlin ? J'étais dans ta chambre lorsque tu as discuté avec Gaïus tout à l'heure et j'avais déjà tout comprit de tes sentiments. Alors dis-moi, est-ce que j'ai l'air de t'en vouloir ?
- N-Non...
- Et tu veux savoir pourquoi ? Parce que j'attendais ce jour depuis des semaines.
- Quoi ? Quel jour ?
- Celui-là, répondit Arthur alors qu'il se penchait dangereusement vers son ancien valet.
Figé comme une statue, Merlin ne réalisa pas vraiment ce que faisait son prince, trop occuper à déchiffrer ses mots inattendus. Arthur en profita alors et posa ses lèvres sur celles de son vis-à-vis et glissa ses mains le long de son dos, cadenassant ses bras autour du corps frêle de Merlin.
- Sire ?
- Arthur, le corrigea-t-il.
- Arthur...
- Oui, Merlin ?
- Est-ce que vous...?
- Si je t'aime ? Absolument pas, j'embrasse toujours mes valets. Je trouve ça drôle.
Merlin le frappa alors au bras, trouvant la blague de mauvais goût.
- Aïe !
- Crétin...
- Moi aussi je t'aime Merlin, souffla le prince avant de l'embrasser de nouveau.
Alors, vaquant dans les profondeurs obscures des enfers, Nimueh pesta d'avoir échoué à détruire Merlin, mais pire encore : d'avoir contribué à son bonheur.
Tadaamm~ Verdict ? =)
