L'hôtel Plazza
Bonsoir à toutes et à tous ! Je suis de retour avec une nouvelle aventure ! En voyant la fin de la saison 2 de Sherlock, j'ai immédiatement voulu faire un Sherlock/ John (mais pour ceux que ça intéresse, je n'ai pas abandonné l'idée d'un Jim/Sherlock). Enfin, cette fic n'est pas vraiment la suite de La chasse au Sherlock, mais en même temps rien ne dit que le contraire, donc vous pouvez en penser ce que vous voulez. L'histoire ne fait pas allusion à la saison 2, ou très peu -pour ceux qui ne l'ont pas vu- mais surtout j'espère qu'elle vous plaira ! En avant pour le premier chapitre !
Auteur : Filimi
Disclamer : l'univers et les personnages appartiennent à messieurs Moffat, Gatiss et Doyle
Chapitre 1 : Eau
Sherlock Holmes a été malade trois fois dans sa vie. La première fois, il avait huit ans. Son frère, lassé de voir son cadet lui voler ses affaires ou détruire méthodiquement ses travaux personnels, comme l'immense tour du Big Ben de trois mètres faite en allumettes pour son cours d'art plastique, avait décidé de le calmer en utilisant le mensonge effrayant suivant : « Tu vois, Sherlock, dans notre étang, il y a un monstre des marais, long et couvert d'écailles, doté d'immenses dents pointues, et si tu continue à m'embêter, il vas sortir des abysses pour te dévorer. » Cette histoire n'eu aucun effet sur Sherlock, mais Mycroft la répétait si souvent, persuadé qu'au bout du compte, son cadet y croirait, que ce dernier décida de le faire taire définitivement en se lançant tout habillé dans la mare un soir d'hiver. Fracassant la fine couche de gel qui s'était formé, puis nageant et remontant à la surface pour replonger aussitôt dans les eaux glacées, il avait exploré l'étang en entier, et c'est seulement après deux heures qu'il en sortit pour s'écrouler dans son lit. Il y resta allongé pendant un mois, mais il avait prouvé à son frère que les monstres mangeurs de petits garçons n'existaient pas.
La seconde fois, il était en Ecosse avec Lestrade, travaillant tous les deux sur l'explication de la noyade d'un jeune couple. L'enquêteur local énervait particulièrement Sherlock à répéter que c'était sûrement le monstre du Loch Ness qui avait fait le coup. Répondant à une impulsion qui lui venait du plus profond de son âme, Sherlock s'était alors jeté dans le lac –où la température était bien en dessous de zéro- et avait bien failli se noyer à son tour, l'eau agissant comme de la kryptonite pour lui. Résultat, deux semaines coincé à Inverness, dans l'impossibilité de se déplacer.
La troisième fois date d'hier. Le détective consultant courait après un maniaque des couteux de boucher, et ledit maniaque avait décidé de fuguer par la voie sous-marine. En gros, il avait bondit par-dessus un pont pour atterrir dans la Tamise. Sherlock avait alors exécuté à son tour un saut de l'ange –raté- avant de faire un plat magistral. Mais heureusement pour lui, John n'était pas loin. Le médecin le ramena à la rive et lui fit de bouche à bouche – bouche à bouche qui se termina en baiser passionné, ce qui coule de source, si vous me permettez l'expression, vu leur relation amoureuse- et par extension qui se termina au lit. Mais ça, c'était hier, et aujourd'hui, Sherlock a de la fièvre, des hallucinations, un équilibre instable et un cerveau hors d'usage.
« Jawn, si c'est Moriarty, dis-lui que je suis indisponible. »
« Ho merci, vous tombez bien, » fit John en ouvrant la porte.
« Jawn ! »
« Pourquoi Sherlock vous appelle-t-il « Jawn ? » » Demanda Mycroft, les sourcils froncés.
« Je n'en ai strictement aucune idée. »
Le médecin laissa entrer Mycroft dans l'appartement et referma la porte. Dès que Sherlock aperçut son frère, il prit sa couverture et la mit par-dessus sa tête en grommelant « Ho non pas lui. »
Mycroft observa son cadet, en pyjama bleu, assis dans le canapé en position fœtale. Il soupira.
« Je déteste quand il est comme ça….Il vous a beaucoup embêté ? »
« Je n'ai pas dormi de la nuit » répondit John avant de s'écrouler dans un fauteuil. « Il m'a réveillé toutes les heures pour me parler de monstres à écailles. »
« Traumatismes d'enfance, » expliqua Mycroft avec une pointe de remords dans la voix.
Il s'assit à son tour en face de John. Il était 8 heures du matin, madame Hudson se levait à l'étage du dessous, les klaxons des voitures se faisaient entendre déjà, le soleil avait de la peine à se lever face à tout ces nuages gris. Février à Londres.
« Sherlock a été malade seulement trois fois dans sa vie, en comptant celle-ci, » Dit Mycroft. « C'est peu, mais les conséquences sont mémorables. J'ai remarqué notamment sa capacité à mélanger tout ce qu'il voit et sa force physique déplorable. »
« Et ses hallucinations » rajouta John en lançant un air inquiet à son compagnon.
« Je n'ai pas d'hallucinations, Jawn » répliqua Sherlock en sortant sa tête. « Ce lapin était réel. Je l'ai vu courir au plafond. Il chantait God save the Queen. »
« Oui oui Sherlock, c'est ça » répondit John. « Rendors-toi. »
Le médecin lança un regard implorant à Mycroft.
« Il se conduit comme s'il était bourré. Je n'en peux plus. Et dire qu'il n'a fait que boire la tasse ! »
« C'est-à-dire que l'eau n'est pas son élément préféré » soupira Mycroft.
« Elément…TAIRE, mon cher Watson ! » lança Sherlock.
John dut faire appel à toute la patience du monde pour ne pas lui en coller une.
« Pitié, dites-moi qu'il y a une solution, un remède miracle, je suis à deux doigts de demander à Moriarty de l'assassiner » supplia John.
Mycroft examina d'un air anxieux son frère qui sifflotait et John qui le fixait, désespéré.
« Du repos, c'est la seule solution…J'ai bien peur qu'il vous faudra supporter ses délires quelques jours encore. C'est ennuyeux… » Mycroft se pencha à quelques centimètres de John. « Je passais pour vous demander de l'aide sur une enquête, mais son état ne lui permettra pas de… »
« UNE ENQUÊTE ! » Hurla Sherlock en rabattant sa couverture sur les genoux.
Ayant soudainement repris des forces, il bondit sur son frère et l'attira violemment contre lui.
« Donne-moi une enquêêêêête ! » Exigea-t-il.
« Désolé, Sherlock, mais toi et moi savons ce qu'il se passe quand tu es malade. Tu ne vas pas y arriver. » Répondit Mycroft, implacable.
« S'il te plait, s'il te plait… » Sherlock colla son front brûlant contre celui de Mycroft. « Tu vas me la donner, ou je vais te faire une démonstration de mes talents en arts martiaux ! »
« Les menaces, ça ne marche pas avec moi » fit Mycroft avec un sourire d'excuses.
«Maiiiis… » Sherlock passa une main dans ses cheveux, prit soudain une grande inspiration et laissa tomber sa bombe : « Tu sais, je trouve que tu es plus mince, en ce moment. Ca te va mieux. »
Silence. Mycroft devint rouge, vraiment très rouge, à tel point qu'on aurait pu voir ses oreilles siffler.
« C'est trop gros » pensa John. « Mycroft ne vas pas tomber dans le panneau. »
« D'accord. » Souffla Mycroft d'une toute petite voix.
John écarquilla les yeux de stupeur. Sherlock sourit, colla une bise sonore sur la joue de son frère puis courut dans sa chambre pour s'habiller. Mycroft fit un tour sur lui-même, visiblement très embarrassé.
« Et bien, je crois que c'est réglé… Il n'est pas exclu que cette affaire redynamise Sherlock… »
« Ou l'achève. » Rétorqua John.
« Nous verrons bien. » Conclut l'autre.
Sherlock revint dans la pièce, en pantalon noir avec une chemise bordeaux. Il s'assit sur John sans que ce dernier ne puisse protester et lança d'un ton pressant :
« Trêve de bavardages, je veux des précisions sur l'affaire. »
Son frère sortit un carnet noir de sa poche et lut lentement :
« Un certain Derrick Jones, technicien de maintenance, a disparu. Il était employé à l'hôtel Plazza, un hôtel de luxe. Du jour au lendemain, plus de nouvelles de lui. »
« Il a peut-être démissionné ? » Suggéra John.
Le regard des frères Holmes sur lui qui disait qu'il était un imbécile le convint de se taire.
« Selon ses relations, Derrick est quelqu'un de sympathique, agréable, stable, il a même une petite amie. Pas du genre à partir sur un coup de tête. De plus, il a laissé derrière lui tous ses effets personnels, jusqu'à son portefeuille. On suppose qu'il a été enlevé. Mais vous savez ce qui est le plus étrange ? Il y a des caméras de surveillance sur tous les murs à l'extérieur de l'hôtel. Les caméras l'ont vu entrer dans l'hôtel après s'être accordé une sieste sur la terrasse -ce qu'il a de plus banal-, mais pas en sortir jusqu'à sa disparition. Ce qui veux dire, à moins qu'il est piraté les services de surveillance, ce qui est hautement improbable…»
« Qu'il est toujours à l'intérieur. » Acheva John.
Le médecin fronça les sourcils.
« Mais comment peut-on disparaitre dans un hôtel ? Je veux dire, même s'il est grand, ce n'est pas pratique de garder quelqu'un en otage ainsi.»
« C'est ce que vous allez devoir découvrir. » Mycroft rangea son carnet. « Désolé, il faut que j'y aille, je dois moi-même aller à cet hôtel pour des négociations importantes. On se retrouve là-bas, je vous ferais amener une voiture, et vous aurez une chambre, pour être sur place jusqu'à ce qu'on le retrouve. »
« Attendez ! » John attrapa le bras de Mycroft. « Nous n'avons pas les moyens de nous payer une chambre là-bas. »
« Je m'occupe de tout, ne vous en faite pas. » Mycroft serra la main de John. « A très bientôt! »
Tandis que Mycroft s'éclipsait aussi vite qu'il était apparu, John prépara quelques affaires à emmener à l'hôtel, malgré les protestations de Sherlock qui voulait partir immédiatement – protestations qui ne durèrent pas longtemps, le détective s'intéressant soudainement à un papillon multicolore à la fenêtre que seul lui pouvait voir- et ils furent prêts dans la demi-heure suivante. Lorsqu'ils arrivèrent dehors, une limousine les attendait.
« Et dire que j'ai du l'embrasser pour avoir une enquête. » Dit tout à coup Sherlock d'un air dégoûté.
John sourit, soulagé que le brun ait reprit ses esprits. Sherlock vit son sourire mais soupira.
« Ne te réjouis pas si vite, je vais bientôt recommencer à délirer. Je suis vraiment désolé pour toutes les imbécilités que je commets, John, mais je n'y peux rien. Quand on est un génie est qu'on est malade, c'est la catastrophe à chaque fois. »
« Oui, j'ai déjà entendu ça quelque part. » répondit John.
Il le prit dans ses bras et l'embrassa sur les lèvres. Sherlock ne s'y attendait pas mais répondu au baiser avec plaisir. Brusquement un klaxon se fit entendre, mettant fin à leur étreinte.
« Je crois qu'on est attendu » murmura John.
Il relâcha Sherlock et l'emmena dans la voiture. « Qu'importe qu'il soit malade » pensa John en extase, « je resterais toujours là pour lui. »
