Chapitre 2 : Les dragons
Merci, Sukhii et Arlavor pour vos reviews ! Pour ce chapitre, il faut que je précise des choses…Je n'ai rien contre les personnes riches ou contre les hôtels de luxe –cet hôtel-là est une pure invention- . De plus, les stars qui seront nommées sont complètement inventées…Bonne lecture !
John ne s'inquiéta pas quand il vit Sherlock enlever son manteau dans la voiture, et renonça à poser des questions quand il déboutonna sa chemise, mais quand le détective s'attaqua au pantalon, il ne put s'empêcher de demander :
« Sherlock, pourquoi tu te déshabilles ? »
« J'ai chaud, John. Même toi tu aurais pu le comprendre. »
« Mais il ne fait pas chaud ! »
John toucha le bras de Sherlock et il du reconnaitre que malgré la température très basse –autant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la voiture- le détective bouillonnait, littéralement. Il se demanda si partir de Baker Street était une bonne idée, finalement, mais Sherlock ne lui pardonnerait pas s'ils faisaient demi-tour maintenant. Et il fallait l'avouer : ce strip-tease imprévu n'était pas déplaisant, au contraire.
« Tu peux quand même garder ton caleçon ? » Demanda John qui ne pouvait s'empêcher d'observer Sherlock à la dérobée.
« Je n'en ai pas. »
« Quoi ! C'est une habitude chez toi ? » John rougissait mais Sherlock eu un sourire : « Calme-toi, ce n'était qu'une petite blague. »
Mais le bas-ventre de John, lui, ne l'avait pas pris comme cela. Dommage que ce ne soit ni le lieu ni le moment.
Sherlock, quand à lui, ne s'occupait plus de ce qu'il y avait autour de lui, seuls les petits papillons multicolores qui voletaient autour de la tête de John purent le distraire environ vingt secondes, mais décidant qu'observer des hallucinations n'étaient pas aussi intéressant que les gens le croyaient, il s'installa au fond de son siège et ferma les yeux.
Laissons de côté Sherlock et John un instant et faisons-nous une idée de l'hôtel en question, en effet, une représentation visuelle peut souvent aider à la lecture. Enfin, parfois.
Imaginez un bâtiment immense, à quatre étages, deux sous-sols, le tout en forme de U inversé. Les murs tellement blancs que si vous les regardez trop longtemps votre rétine brûle. Les fenêtres bordées d'or, les rideaux de ces fenêtres en velours. Horrible, non ? Attendez, ce n'est que le début.
Les ailes est et ouest sont reliées pas une terrasse gigantesque, où des tonnes de tables et de chaises sont occupées par des hommes bodybuildés, des femmes en maillot de bain deux pièces très décolleté qui se plaignent tout le temps (sans doute de la vie luxueuse qu'elles mènent) et de stars qui ont été connues pour un film mièvre une fois dans leur vie avant de tomber dans l'oubli. Tous riches, hautains, dédaigneux et orgueilleux au possible, toujours prêt à critiquer n'importe qui et n'importe quoi. Attendez, ce n'est pas fini.
En face du carré parfait que forme le bâtiment et la terrasse, il y a une piscine parfaite, d'une eau claire et limpide, au goût parfait, et autour de tout cela, il y a de la végétation, beaucoup d'arbres coupés de façon rectangulaire, sans qu'ils ne puissent trop ombrager qui que ce soit.
Parce que oui, il y a du soleil. Les côtes anglaises ne sont pourtant pas connues pour être ensoleillées. L'hôtel Plazza se trouve à une dizaine de kilomètre de la mer, mer qui amène le vent, donc les nuages, donc la pluie, mais étrangement, il fait une chaleur étouffante à Plazza. Mystère.
Quand Sherlock –rhabillé- et John sortirent de la voiture, ils sentirent leur courage partir en fumée. La moitié des clients les fixaient, le regard méprisant dégainé (C'est quoi cet accoutrement ? Était la question qui était sur toutes les lèvres) l'autre moitié étant trop occupé à bronzer.
John, complètement dépassé, ne bougea plus pendant un moment. Quand à Sherlock, il avait déjà fait demi-tour.
« Vous voulez qu'on reparte, monsieur ? » Demanda gentiment le chauffeur.
« Sherlock, attends ! » John ne sut pas pourquoi il rattrapa le détective, lui-même voulait fuir le plus rapidement possible, mais il avait été soldat, il avait appris à affronter n'importe quelle situation. « On ne peut pas s'en aller, Mycroft compte sur nous ! »
Sherlock eu un sourire sadique.
« John, je suis déjà malade, si tu veux m'achever, vas-y, laisse-moi ici, mais je te promets que je ferais le nécessaire pour faire sauter cet hôtel. »
« Sherlock.. »
« Il me suffit de préparer quelques cocktails Molotov. Tu verras, c'est très facile à préparer... »
John tenta alors ce qu'il n'aurait jamais pensé tenter un jour avec Sherlock Holmes : lui lancer un défi.
« J'ai autant envie que toi de retourner à Baker Street, mais nous sommes là, maintenant. Tu ne vas pas me dire que tu vas abandonner ? »
Le dernier mot fit l'effet attendu. Sherlock le prit en pleine figure, choc, surprise du choc, colère, on sent que son égo en a pris un coup enfin il parvient à articuler.
« Redis-moi ça ? »
« Mais je pourrais comprendre, je suis médecin, ta santé passe avant tout » ajouta John, jouant à perfection le type détaché.
Sherlock serra les poings, rassembla tout son courage et partit en direction de l'hôtel.
« Jamais je n'abandonne une affaire ! »
Mais malgré toute la volonté qu'on peut avoir, elle n'est souvent pas de taille face aux éléments naturels, vous pourrez toujours essayer d'affronter une tempête au pôle nord en tee-shirt; même si vous êtes la personne la plus déterminée qu'il soit, vous risquez fortement de devenir comme ces bonhommes de neige construits par des enfants de cinq ans.
Ce n'était pas une tempête glaciale que Sherlock avait à combattre, mais une chaleur, une chaleur étouffante, lourde, et la température de notre détective était déjà au-delà du maximum qu'un radiateur pouvait atteindre. C'est ainsi qu'en ayant à peine franchit les quatre marches qui menaient à la terrasse, Sherlock s'effondra.
« Sherlock ! »
Les clients regardèrent avec curiosité le médecin s'accroupir près de l'homme en manteau noir.
« Reste immobile, d'accord ? Je vais chercher la clé de notre chambre à la réception. »
John fit assoir Sherlock, enleva son manteau et se dirigea à grands pas vers l'accueil. Mais Sherlock n'avait pas la moindre envie d'attendre seul. Tous les regards étaient braqués sur lui, la plupart des gens demandaient carrément à haute voix ce que faisaient ces deux « étranges énergumènes » ici.
« Tous des voyeurs. » Pensa avec férocité Sherlock.
Une femme aux cheveux bleus électriques sortit alors de la piscine. Elle aurait pu être très belle si son visage cessait de former une grimace contrariée et méprisante.
« Walter ! » Hurla-t-elle. « Passez-moi ma serviette ! » Elle jeta un œil à Sherlock. « Arrêtez de me fixer comme ça, ou je vous colle un procès. »
« Ce n'est pas moi qui vous fixe, c'est vous qui êtes apparu dans mon champ de vision » rétorqua Sherlock avec mauvaise humeur. « Et vous n'avez pas intérêt à y rester, ou j'annonce immédiatement à tout le monde que vous avez un amant. »
La femme écarquilla les yeux. Les personnes qui écoutaient rougirent de colère et lancèrent à Sherlock :
« Comment osez-vous ? »
« Savez-vous à qui vous vous adressez ? »
« Ce sont sûrement des badauds venus pour détériorer Plazza. Appelez la sécurité ! »
Mais Sherlock se releva d'un coup et repartit vers la gauche, ne supportant plus d'être là.
Il descendit la terrasse et marcha au hasard parmi les arbres taillés, ignorant superbement le panneau qui interdisait de marcher sur la pelouse. Pitié, qu'on le laisse tranquille…
Tout à coup il entendit des voix une voix, en fait, qu'il reconnaitrait entre mille. Il se planqua derrière un arbre et observa. A cinq mètres de lui, à sa diagonale…
Moriarty. Habillé en tee-shirt blanc, une casquette bleue sur la tête, il parlait avec un homme beaucoup plus grand et plus musclé que lui, roux-brun, les cheveux courts. Malgré sa supériorité physique évidente, ce dernier n'avait absolument pas l'air à l'aise. Autour des deux, plusieurs dragons à écailles noires crachaient des boules de feu qui enflammaient l'herbe.
« Sebby, tu avait accepté ! Tu sais très bien que nos rôles doivent être parfaits ! » Se plaignait Moriarty.
« Bien sûr, mais je ne savais pas que ça impliquait…tout ce que ça impliquait ! » répliqua l'autre homme en croisant les bras.
« C'est pourtant simple ! Tu n'a jamais été en couple ou quoi ?»
« Je n'en ai pas pris le temps, et tu le sais très bien. » Rétorqua l'autre.
Jim leva les yeux aux ciels, puis avec une étonnante rapidité, il bondit sur la droite et attrapa le col de Sherlock l'attira à lui et plaqua ses lèvres contre celles du détective. Ce dernier eu l'idée de riposter juste au moment où Jim le repoussait.
Sherlock rudement tomba à terre. Le dénommé Sebby soupira. Le criminel consultant eu un sourire désolé.
« Toutes mes excuses, Darling, mais j'avais besoin de quelqu'un pour une démonstration. Au fait, tu n'a l'air pas bien. Du tout. »
« Qu'est-ce que vous foutez ici ? » Gronda Sherlock.
« Je prends des vacances…Accompagné, pour éviter les soupçons. » Jim s'accroupit en face de Sherlock. « Mais je serait ravi si tu es de la partie aussi… »
Les visions-dragons de Sherlock volèrent au-dessus de Jim. Sherlock entendit quelques paroles échangées –il cru entendre le mot « s'évanouir » - et un bruit de pas, mais il ne se leva pas pour les poursuivre. Trop fatigué. Et les dragons au-dessus de sa tête ne lui donnaient pas spécialement envie de bouger.
Les dragons remplirent brusquement tout son champ de vision. Noirs comme de l'encre, ils empêchaient la lumière de passer. Sherlock ne vit bientôt plus rien. Ses sens se perdirent dans un sommeil étrange.
…
…
…
« Si tu m'entends, cligne des yeux…Mon dieu, je suis désolé, vraiment désolé, je n'aurais jamais du te laisser seul… »
Visage de John en gros plan. Très mignon quand il est inquiet.
« John, arrête de t'agiter, j'essaye de reprendre mes repères. »
« Ok…ok… » John consulta sa montre. « Tu est à terre depuis…une minute ? Une minute trente ? »
« John, j'ai vu Moriarty. »
« Quoi ? »
« Il était avec un autre homme...Qui a été dans l'armée, c'est la première chose que j'ai remarqué…Moriarty était en noir…Non, attends... »
Les dragons, l'encre, le bleu, le blanc, le feu, tout se mélangeait dans son esprit. John souleva lentement Sherlock.
« J'ai besoin d'aller dans mon palais mental. » Conclut le détective.
« Pas maintenant, d'abord on monte dans notre chambre. Tu peux marcher ? » John avait vraiment l'air très anxieux.
« Oui. »
Tandis qu'ils repartaient ensemble, John harcelait Sherlock de questions.
« Tu es sûr de toi ? Si Moriarty est ici, ça change tout. »
Sherlock hésita. D'un côté, il avait eu des hallucinations toute la journée, ce ne serait pas étonnant qu'il ait imaginé Jim dans ce lieu de cauchemar. Mais en même temps, il y avait eu le baiser. Sherlock avait senti les lèvres de Jim contre les siennes, et en temps que sociopathe, jamais il n'aurait pu imaginer ça. De toute façon, réel ou non, Jim disait être là pour des vacances. Sherlock était persuadé que son pire ennemi serait capable de prendre un congé, tordu comme il était. Ce n'était donc pas sa priorité pour l'instant.
« Non, je crois que c'était une hallucination. Oublie ce que je viens de dire, il n'y a aucun danger…Allons-y. »
Au troisième étage de l'hôtel, dans la chambre 666 (bon, il n'y a pas autant de chambre, en fait le véritable numéro était 66, mais Jim avait trouvé ça amusant de rajouter au stylo un 6) deux hommes installaient leur matériel - des ordinateurs portables, des armes, des câbles divers reliés à divers appareils d'espionnage- bref, Jim avait déjà piraté l'hôtel et lisait la liste des clients quand il poussa un cri perçant.
« Seb ! Il y a Holmes dans la liste des clients ! »
« C'est maintenant que tu le remarques ? » Sebastian eu soudain un doute. « Attends, qui tu as cru embrasser, tout à l'heure ? »
« Je ne te parle pas de Sherlock, mais de Mycroft Holmes. » Jim passa une main dans cheveux, contrarié. « Ho, mais autant je suis sûr que Sherlock gardera secret ma présence, autant son frère me descendras immédiatement s'il me voit. »
« On peut partir en vacances ailleurs, alors ? » Suggéra Sebastian. « En Inde, ça ne te dirais pas ? »
Jim fit face à son interlocuteur.
« Seb, combien de fois je t'ai répété que ce ne sont pas de vraies vacances ? Nous sommes là pour découvrir l'identité du génie qui a réussi à faire disparaitre un technicien dans un endroit clos, pas pour aller faire la fête. »
« Laissons Holmes et Watson s'en occuper. »
« Et comment je récupère le criminel, après ? C'est plus facile d'engager les gens sur le terrain qu'en prison. » Répliqua Jim.
« Je croyais que tu voulais l'éliminer. »
« On verra si je suis de bonne humeur ou pas » conclut Jim avec un sourire effrayant.
