Chapitre 12

« Je vais le tuer ! » m'exclamais-je

- « Ne dis pas de bêtises tu n'es pas en état de faire quoique ce soit pour le moment » essaya de me raisonner Maryse

« Peu importe je ne peu plus supporter de rester comme ça…!» continuais-je

Maryse m'attrapa l'épaule et je dus me taire pour empêcher un gémissement de franchir mes lèvres.

« Maryse qu'est-ce que tu essais de faire exactement dis moi » dis-je d'un ton glacial

« Te prouver que tu ne peu pas encore y aller. Soit raisonnable et reste tranquille s'il te plaît. Tu ne tiendrais pas deux minutes contre lui dans cet état» déclara-t-elle paisiblement

J'émis un grommèlement de désapprobation et pris un air buté. Elle soupira de manière théâtrale.

« Je reviens j'ai quelques truc à régler vite fait avant de pouvoir te tenir à nouveau compagnie. »m'annonça sans doute lassé par mes jérémiades

Je marmonnais une approbation pour lui faire comprendre qu'elle pouvait s'en aller sans ce soucié de rien. Elle sortit en me lançant un « A tout à l'heure, Anna, et surtout reste tranquille »

Elle allait me rendre folle à m'obliger à rester planté toute la journée au lit pour cause de contusion diverse et de choc émotionnel. Je me levais donc et m'approchais silencieusement de la porte. J'entendis des murmures derrière la fine paroi et je me penchais pour écouter curieuse de savoir qui l'attendait devant la porte. Une voix chaude et pour tout dire très sexy lui répondait : Jéricho. Plusieurs émotions me traversèrent, me brûlant au passage comme un feu de forêt. La première je n'en étais pas fière du tout un sentiment puissant de jalousie. Le deuxième était pire et plus violent, une colère froide qui me fit vibrer l'échine. Comment pouvait-il se permettre d'attendre Maryse ma plus chère amie devant ma porte après ce qu'il avait osé me faire la veille ? Une autre émotion surmonta les deux autres que je ressentais : l'effroi. J'avais peur et ce sentiment brûlait dans mes veines comme le métal en fusion. Mes jambes tremblèrent sous moi et je m'effondrais contre le mur. Depuis combien de temps cela ne m'était-il pas arrivé ? Je ne m'en souvenais pas si tant est que j'eu ressentis une telle chose auparavant. Enfin un dernier sentiment me submergea, de telle façon que j'en oubliais les autres et laissais la place libre pour que ce dernier envahisse jusqu'au plus petit pore de ma peau. La haine. C'est son nom et la voix que je choisis. Mes muscles tremblais tant ils étaient tendus sous ma peau. Une chaleur brûlante m'envahit, le goût du sang me monta aux lèvres et je me rendis compte que je m'étais mordu la lèvre avec tant de violence qu'elle s'était mise à saigner. Une douleur sourde palpitait dans mon corps au rythme de mes battements de cœur. Je me fis violence pour tenter calmer sur le champ. Rappelle-toi de la dernière fois. Je m'enfonçais les ongles dans les paumes de main. Je devais m'apaiser maintenant sinon tous mes efforts n'auraient servis à rien. Je tombais à genoux au ralentit tout en surveillant mon souffle. C'est à cet instant que j'entendis mon nom dans la conversation.

« Anna ne sera pas au courant. Mais tu devrais te montrer prudent à l'avenir, ne joue pas avec elle, si tu la mets en colère je ne donne pas cher de ta peau. Elle est déjà prête à te filer la plus belle correction de ta vie alors qu'elle vient à peine de se lever. C'esqt à croire qu'elle ne dort pas. Ou qu'elle passe ses nuits à inventer toute sorte de supplices horriblement douloureux. Crois-moi, en ce moment même elle y pense. Elle est très impressionnante quand elle se lève en pleine nuit furtive, rapide comme l'éclair et qu'elle te place un couteau sous la gorge. » lui conta-t-elle

« Ella t'a vraiment fait ça ? » demanda-t-il avec une pointe d'ahurissement dans la voix

« Oui, c'est vraiment flippant, surtout parce qu'elle a les yeux ouvert. Ces pupilles suivent chacun de tes mouvements. » répondit Maryse

« Effectivement, ça doit être assez effrayant » dit-il impressionné

« Ce ne le sera jamais assez pour toi » pensais-je mauvaise

Je me dirigeais vers le lit, sortis une bande de stretch et une de mes tenues d'entraînement de mon sac de sport. Je quittais ma chemise de nuit et enfilais ma tenue. Je tentais de méditer, de me détendre un peu en attendant qu'ils partent puis au bout de dix minutes de supplice et d'impatience, je m'autorisais à filer. J'attrapai mon sac que je n'avais pas arrêté de tâter pendant les longues minutes pendant lesquelles je m'étais forcé a attendre. Je traversais les couloirs au pas de course en aveugle. Je marchais sans trop savoir ou et j'atterrie dans une salle d'entraînement. Un sac de sable était déjà accroché à une patère. J'ouvris violement la fermeture de mon sac et plongeais une main décidé à l'intérieur. Mes plus fidèle compagnes, mes sœurs, mon sang : mes lames. Les pommeaux s'installèrent dans mes paumes et les lames devinrent les prolongements de mes bras. Je débutais un balai mortel au centre duquel se tenait le sac de sable mon adversaire principal. Le sac commença rapidement à se vider sous mes nombreux et rapide coups. Une fois vidé et transpercé de part en part d'une cinquantaine de coups. Je frappais encore longtemps jusqu'à ce qu'il me fut impossible de frapper encore. Je tombais à genoux épuisé et tremblante. J'haletais longtemps, la douleur me vrillait le corps. Je rangeais mes lames dans mon sac, mes mains tremblaient avec force. Je tentais de me lever mais je perdis l'équilibre. Je m'effondrais et restais étendu sur le sol à bout de force. J'ai plus qu'à dormir ici. Au moins je n'aurais pas à les entendre ces deux la. Pensais-je avec ironie. Je m'endormis vite.

Je me réveillais lentement mon corps n'était que douleur. Je me redressais péniblement. Je me trouvais dans un lit aux draps blanc et aux coussins moelleux. Je ne reconnaissais pas cette pièce. Je m'adossais difficilement au mur derrière moi. C'est à ce moment que je m'aperçus que je n'étais pas seule.

« Je t'ai trouvé. Je ne pouvais décemment pas te laisser dormir seule à même le sol la dedans. Quel carnage dis-moi. » m'accusa-t-il la mine grave

« Merci, Randy » répondis-je l'air coupable

« Ecoute Anna, je te cherchais. Il faut qu'on parle tout les deux. Je t'ai vu hier et mon instinct ma souffler de te laisser terminer le carnage avant de te faire savoir que j'étais là…» commença-t-il

« Je n'y arrive pas ! Je n'y arrive plus quand il est dans le coin. Je redeviens celle que j'étais avant ! » l'interrompis-je brutalement bouleversée par les images de la veille qui affluaient soudainement en moi de manière chaotique.

« Doucement, calme-toi, là, ssssssssssssssht… » murmura-t-il doucement dans le but de m'apaiser. Il s'approcha un peu plus de moi et s'assit sur le lit. Il s'empara de ma main avec douceur et la baisa tendrement.

« Il ne peut pas comprendre. Je ne supporte plus. Je ne peux plus. Je n'y arrive plus ! » m'écriais-je désespérée et au bord des larmes

Il se rapprocha un peu plus de moi

« Tu sais bien que tu dois venir me voir avant que tu te retrouve dans cet état, Anna » me reprocha-t-il avec douceur

« C'est toi qui m'as trouvé le premier cette fois. Je sais bien si il y a quelqu'un a qui je peu parler c'est toi Randy…» répondis-je coupable de ne pas y avoir pensé

« Tu ne veux pas l'impliquer la dedans, n'est-ce pas ? » me demanda-t-il compatissant

« Je sais que tu es son ami et je ne voulais pas… Enfin tu vois… » Peinais-je à me justifier auprès de lui

« Je comprends Anna et je crois moi aussi qu'il en est mieux ainsi. Mais je crois que tu devrais lui laisser une chance» me dit-il avec raison

« Je n'y arriverais pas ça ne marchera pas !» me rebiffais-je un peu violement à cette idée

« Etant donné notre passé commun, je n'insisterais pas sur ce point, Anna » m'apaisa-t-il

« J'aimerais que tu le garde loin de moi si tu peux» lui demandais-je avec un calme douloureux

« Je pense aussi que c'est la meilleure chose que l'on puisse faire. Et même, peut être devrais-je faire de même avant qu'il ne m'arrive la même chose qu'à toi. Parce que je sais que si c'est le cas, je ne risque pas de m'en sortir aussi bien que toi» reprit-il avec sérieux

« Je te promets que je veillerais sur toi et que je viendrais te voir plus tôt la prochaine fois » lui promis-je en quête de repentir

« J'espère bien, je ne veux pas qu'il t'arrive quoique ce soit. »répondit-il en m'adressant un sourire angélique

Il m'enserra de ces bras protecteur et me serra fermement contre lui. Je parvins enfin à me détendre et à relâcher toutes les tensions que j'avais accumulées les semaines précédentes. Un sourire se suspendit à mes lèvres. Il était si bon de me retrouver une fois de plus seule avec lui, à profiter d'un des rares moments ou il me démontrait la profonde affection qu'il me portait et me porterait toujours, à la mesure de celle que j'avais pour lui. Nous étions deux âmes du chaos. Indissociable, l'une de l'autre, sans lui je n'aurais pus vivre pleinement et il en était de même pour lui. Nous en étions tous les deux conscients et nous l'acceptions.