Chapitre 17

Dégoûtée, de moi-même, j'aurais souhaité disparaître. Je n'avais pas pus lui tenir tête comme je l'avais souhaité. Je m'étais une fois de plus laissé attendrir par cet homme. Je ne voulais pas qu'il ait pitié de moi à cause de mon passé et de ce qu'il m'avait fait devenir. Je voulus m'enfermer à nouveau dans ma chambre mais ma porte n'étant plus sur ses gongs cela m'était impossible. J'étais pathétique, misérable et perdue. Je tombais à genoux et me mis à pleurer toutes les larmes de mon corps et à sangloter comme une hystérique pour évacuer la tension qui me tenaillait depuis trop longtemps déjà. Conscient de mon état de fragilité émotionnel, Randy, que j'avais presque oublié, pris les choses en mains. Il se saisit du sac de sport contenant mes lames avant de me prendre dans ses bras. J'arrêtais de sangloter mais mes larmes continuèrent de rouler sur mes joues puis sur l'épaule de Randy. Il me sembla s'arrêter plusieurs fois en chemin pour parler à plusieurs personnes dont je ne parvins pas à reconnaître la voix à cause de mon état second. Au bout de ce qui me sembla une éternité Randy me posa sur son canapé et relâcha son étreinte autour de moi.

« Reste encore un peu, s'il te plaît » murmurais-je

Il ne répondit pas et passa un bras autour de mes épaules. Je lui en fus reconnaissante. Je posais ma joue sur son épaule et m'endormis épuisé.

Le lendemain, c'est une dispute qui me réveilla. Des éclats de voix chuchotés furieusement par deux hommes. Je me redressais vaseuse et les locuteurs apparurent assez agité : « Randy et Chris, euh… et Jericho » me corrigeais-je en pensé. Randy hésitait à empêcher Chris à m'approcher.

« Randy » l'appelais-je doucement, la voix un peu cassé.

Le son de ma voix arracha un étrange rictus à Chris, enfin à Jericho. Je ne compris pas exactement ce que je vis et Randy fini par se tourner vers moi.

« Je… euh, il veut… » Essaya de me dire Randy pour justifier la présence de l'autre catcheur

« Peu importe, c'est chez toi. Tant qu'il ne touche pas à mes affaires, il fait ce qu'il te plaît » répondis-je encore un peu endormie donc pas très soigneuse de mon expression.

Je n'arrivais pas à comprendre pourquoi Chris dardait un œil assassin sur Randy.

« Je vais me doucher » continuais-je peu judicieusement avec innocence dans un état quasi second

« Tu n'as qu'à demander à ton cher colocataire de venir te frotter le dos sous la douche. Je suis sûr que ça lui plairait » lança Chris avec une ironie que je ne perçus pas.

« C'est vrai, t veux bien faire ça pour moi Randy ? » répondis-je sur un ton on peu plus sérieux qui fit tirer une tronche pas possible à un Chris déboussolé

« Seulement si Chris accepte de te masser les pieds ensuite » répondit Randy amusé

« Il le fera » dis-je sans même lui jeter un regard

« Alors, j'en serais ravi, Anna » me répondit Randy soumit au moindre de mes caprices, l'air réjouit d'exécuter mes volontés en prime

« Quand à toi ne t'avise même pas d'approcher de la salle de bain » ordonnais-je à Chris alors que je prenais Randy par la main et le tirais sans résistance jusqu'à la salle d'eau sous les yeux remplis d'incompréhension et de jalousie de Chris.

Une fois à l'abri dans la salle d'eau verrouillée Randy et moi échangeâmes un regard, le sien était complice et le mien satisfait.

« Tu y vas un peu fort avec lui Anna » chuchota Randy malicieux

« Tu crois » demandais-je peu apte à réfléchir correctement

« Oui, je pense » répondit-il

Je haussais les épaules. Me tournais vers la baignoire et réglait l'eau pour qu'elle soit à peine tiède. J'avais vraiment très chaud. Randy y rajouta du bain moussant et me désigna les différents produits que je pouvais utiliser pour me laver puis me tendis un peignoir. Le bain eu tôt fait d'être assez remplit d'eau et de mousse. Je tournais le dos à Randy et me dévêtis sans autre forme de procès avant de me glisser dans l'eau. Une fois immergée je remarquais à nouveau Randy qui me tournait le dos. Assise, je ramenais mes genoux contre ma poitrine.

« Tu peux te retourner » lui dis-je « Tu veux bien me frotter le dos ? » ajoutais-je une fois que ce fut fait

« Tu étais sérieuse ? » me demanda-t-il intrigué

« Oui » répondis-je naïvement

« D'accord » céda-t-il

Je décollais mes talons de mes cuisses et me penchais un peu en avant sans pour autant décoller mes genoux de ma poitrine. Il se saisit d'un gant de toilette mit un peu de crème de douche dessus, plongea le gant dans l'eau mousseuse et commença à me frotter doucement ma peau. Je laissais filer entre mes lèvres un soupir de bien être bien que ma tête commençait à me tourner un peu.

« Tu sais, Randy, je m'en veux de te causer autant de soucis… Je crois que j'ai considérablement changé, après ton départ. Définitivement changé. Tu sais, j'y repense souvent… J'étais très heureuse pour toi-même si tu me manquais énormément. Tu es doué pour ce que tu fais et tu devais partir pour que ton talent ne soit pas gâché.»

Randy arrêta ses gestes circulaire et doux dans mon dos.

« Anna, je… »

« Laisse moi finir Randy, s'il te plaît. Jamais il n'existera une relation semblable à la notre entre lui et moi. Mais je ressens quelque chose de fort pour lui. Si tu acceptes les sentiments que j'ai pour lui, je les accepterais aussi. Mais il ne devra jamais se mettre entre nous deux. Tu m'entends, jamais je ne le permettrais… »

« Je suis touché que tu m'en parles, Anna. Je crois… Je crois que je l'accepte. Je suis vraiment touché par tout ce que tu fais pour moi et je ne le laisserais plus jamais te faire de mal»

« Merci, Randy »

Il me serra dans ses bras oubliant momentanément qu'il avait couvert mon dos de mousse.

« Mais tu es brûlante ! Tu as de la fièvre » s'exclama-t-il inquiet en tâtant mon front

Je ne pus que hausser les épaules et finir rapidement de me laver. Pendant que Randy se débarrassait de son tee-shirt recouvert de savon. J'avais retrouvé un semblant de ma lucidité habituelle en nouant la ceinture du peignoir autour de ma taille. Je sortis telle quel de la salle de bain avec un Randy torse nue sur mes talons et un sourire bienheureux aux lèvres. C'est à ce moment que je me souvins avoir laissé Chris en plan. Ce dernier nous attendait l'air boudeur et suspicieux puis une moue choqué passa sur ses traits. Il s'tait assit sur le canapé qui m'avait servit de lit. Je l'y fis partir d'un geste empressé de la main et m'y affalais à mon tour. La tête me tourna à nouveau et je dus fermer mes paupières.

« A ton tour, j'espère que tu seras à la hauteur de Randy » lui dis-je sans remarquer le sous entendu dans ma phrase

« Bien sûr, chérie » rétorqua-t-il blessé dans son orgueil

« En silence» ajoutais-je alors que je rouvrais les paupières et qu'un mal de tête commençait à me marteler le crâne. Je n'eus droit à un regard délicieusement choqué de ça part.

Je lui souris tendrement ce qui le calma immédiatement. Je fermais à nouveau les yeux et appréciais le délicieux moment que je passais en sentant ses mains masser avec fermeté et douceur ma voûte plantaire. J'en soupirais de bonheur et finis par me rendormir.