Chapitre22

Je me souvins du sursaut qui avait secoué Anna moins d'une seconde avant sa fuite en la voyant franchir en courant la porte de l'appartement de Randy. Elle avait tressaillit violement. Comme révulsé de son geste. Je ne savais pas comment Randy l'avait ressentit, mais il ne fit rien pour la retenir. Moi non plus. Quelque chose me disais qu'il fallait sans doute mieux la laisser seule un petit moment pour qu'elle réfléchisse à cela comme je devais le faire également moi-même mais pas tout de suite. Je m'approchais de Randy et sans un mot, je l'entourais de mes bras. Il était blessé. Je le ressentais bien à présent. J'en étais désolé. Et elle que pensais-t-elle ? Que choisirait-t-elle ? Avait-elle peur ?

Randy me sortit de mes pensées en enroulant un bras autour de ma taille, sur ma peau. Je ne tardais pas à sentir ses lèvres humides remonter paresseusement le long de mon cou. Son souffle chaud dans ma nuque provoqua mille frissons le long de mon échine. Il finit par enfouir son visage dans mon cou dans un silence total. Nous restâmes un long moment comme cela puis nous allâmes déjeuner ensemble aussi affamé l'un que l'autre.

L'absence d'Anna nous pesait plus que nous n'aurions pu l'avouer. Elle rendait muet Randy et moi irascible et cynique, enfin plus qu'à l'habitude.

« Tu sais où elle est n'est-ce pas… » dis-je soudainement à Randy alors que nous étions en chemin pour regagner ses appartements.

« … »

« Et de toute façon tu ne me le diras pas, hein ? » grommelais-je de dépit

« ... »

« Parle moi Randy sinon je pète un câble ! » m'énervais-je soudain

« Non » souffla-t-il

« Non quoi ? » grinçais-je mauvais

« Non je ne sais pas où elle est… Elle ne veut pas qu'on le sache donc on ne peu pas la retrouver avant qu'elle ne décide de se montrer elle-même. » expliqua-t-il patiemment comme il l'aurait fait avec un jeune enfant.

« …Tu crois que nous sommes allés trop loin, Randy » demandais-je soudain après un moment de silence

« Non, il le fallait… » répondit-il simplement non sans émettre un nième soupir de frustration.

Il ouvrit la porte, c'est alors qu'il se figea son visage se ferma instantanément. Je suivis son regard finis par apercevoir un papier plié sur le sol, probablement glissé sous la porte. Randy s'en saisit plus rapide que moi. J'avais un mauvais pressentiment et il en était de même pour lui je suppose.

Alors qu'il lisait je vis son visage se déformer sous la surprise puis il se mit à pâlir dangereusement. Il me fit passer le papier sans un mot. Ses mains tremblaient affreusement.

Je le lu a mon tour. Une fois fait, je le serrais dans mon poing à m'en briser les phalanges. Nous échangeâmes un regard dans lequel transperçait notre inquiétude commune. Je fis demis tour, Randy sur mes talon et me mis à courir. Je n'étais sûr de rien mis à part d'une chose : Il allait payer pour ça l'enfoiré !