Titre : Le cas des hiboux électroniques
Auteurs : Kris et Stellar
Genre : Slash DM-BZ
Résumé : Draco a été contraint de suivre le cours facultatif d'Etudes moldues pour montrer l'exemple en tant que Head Boy. Parmi les enseignements du module, il y a une obligation de prendre un correspondant via internet. L'école est jumelée avec une école moldue alors motus et bouche cousue sur le monde magique. Ce que Draco ne sait pas c'est que son correspondant n'est pas celui qu'il croit.
Rating : M
Spoilers : aucun, on ne tient absolument pas compte des livres
Disclaimers: persos de J.K. Rowling
Playlist conseillée pour ce passage / écoutée au moment de l'écriture : rien de spécial
Note : Slash qui n'est pas composée de mails uniquement
Note 2 : Nous utilisons les termes anglais : Slytherin (Serpentard), Gryffindor (Gryffondor), Hufflepuff ( Poufsouffle), Ravenclow (Serdaigle), Hogwarts (Poudlard), Hogsmeade (Pré-au-lard), Head Boy / Head Girl (préfet(e) en chef), NEWT (ASPIC), polyjuice (polynectar), transplaner (apparater/disapparater) et je crois que c'est tout...
Note 3 : Polyjuicés,bébé Ange ressemble à Robert Pattinson (le super huffy trop mignon : Cédric Diggory) et bébé serpent : le non moins séduisant Elijah Wood mais rdv sur notre blog, nous avons mis des photos de bbAnge et bbSerpent une fois polyjuicés...
Jeudi 22 décembre - Oh lala, on va se voir !
Blaise avala une gorgée du verre d'eau que la serveuse lui avait gentiment apporté. Il voulait à tout prix faire passer le goût amer du polyjuice qu'il avait avalé quelques minutes plus tôt. Pourtant, les jumeaux Weasley lui avaient assuré que cette nouvelle recette était excellente quand ils lui avaient vendu la potion. Le goût passa un peu. Il regarda pour la cinquième fois sa montre. Merlin ! Je dois me calmer ! Il n'est que 18h02 et je regarde ma montre toutes les trente secondes ! Il passa sa main dans ses cheveux pour tenter de regagner son calme mais encore une fois sursauta presque. Ses cheveux noirs mi-longs étaient remplacés par de courts cheveux bruns. Il grogna intérieurement. Il aurait préféré rencontrer son bébé avec son vrai visage... Mais sa discussion quelques jours avant avec Malfoy l'en avait dissuadé. Il était vraiment risqué de rencontrer un moldu en tant que... Il soupira. Depuis quand, lui, Blaise Zabini, se souciait-il de l'avis des autres ? Il n'aurait jamais dû prendre cette potion. Il ne voulait pas démarrer cette relation sur un mensonge. Démarrer une relation... Cette pensée le fit frissonner. De nouveau, une boule d'angoisse le tortura. Dans quelques minutes, si tout allait bien... il verrait son bébé. Son amour. Il avait tellement hâte. Il avait tellement peur. Il regarda à nouveau sa montre et soupira contre le temps qui coulait trop lentement.
De longues minutes s'écoulèrent, installant l'angoisse et le doute dans le cœur perturbé de Blaise. Il avait apporté son livre avec lui, "De profondis" d'Oscar Wilde, car son bébé lui avait dit qu'il serait certainement un peu en retard. Mais il n'avait pas le cœur à lire. Blaise appuya sa tête sur sa main et commença à jouer avec les quelques grains de sucre oubliés sur la table par l'éponge de la serveuse. Il caressa inconsciemment son écharpe rouge qu'il portait toujours autour du cou : elle était le seul lien qui le reliait à bébé serpent. Elle était leur signe de ralliement. Mais... S'il ne venait pas, à quoi bon la porter ? Non... Il viendrait... Il devait venir.
Le tintement de la clochette de la porte le tira de ses sombres pensées. Pour au moins la vingtième fois que la porte s'ouvrait, il leva la tête, plein d'espoir. Peut-être que cette fois ci... Son cœur se serra. Un jeune homme, visiblement un étudiant. Il était habillé de façon élégante et portait une sacoche noire. Ses cheveux sombres étaient courts et légèrement ébouriffés, ce qui lui conférait un charme incroyable. Il portait aussi une longue écharpe bleue... assortie à ses grands yeux qui s'étaient posés sur Blaise.
Le Slytherin frissonna. Merlin... Il... Il vient par ici... Il s'approche ! Le jeune homme s'arrêta devant sa table et sourit timidement.
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« Euh... Salut », arriva à prononcer Draco.
Il se demanda comment il avait réussi à prononcer ces mots. Il paniquait à mort. Il avait quinze minutes de retard à cause de ces abrutis qui avaient mis un temps considérable à récupérer leurs affaires et à se disperser le cœur léger pour partir en vacances. Comme si lui n'avait pas d'autres choses bien plus importantes à faire ! Il avait eu peur de rater son Ange. Il avait réduit ses bagages en quatrième vitesse, s'était changé tout aussi vite et avait avalé son polyjuice suivi d'une pastille de menthe - rien à faire, sa nouvelle potion était toujours aussi immonde. Puis il avait couru, pour ne pas dire volé, jusqu'au café où il avait donné rendez-vous à son Ange. Son Ange... Etait-ce bien lui, ce garçon à l'air timide, aux cheveux à l'aspect si soyeux et au regard clair ? L'écharpe rouge semblait le prouver. Et le léger rosissement de ses joues, lui conférant l'air angélique dont il avait souvent rêvé, le lui confirma.
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« Salut..., parvint à répondre Blaise, le coeur au bord de l'explosion.
- Euh... Excuse-moi pour le retard, je... Y'en a qui traînaient et je pouvais pas partir tant que tout le monde était pas sorti du train et je me suis énervé, ils ont eu peur et sont partis en courant.
- C'est pas grave... L'important c'est que tu sois là. »
Blaise ne parvenait pas à détacher ses yeux du nouvel arrivant. Il n'arrivait pas à réaliser qu'il avait enfin son bébé serpent en face de lui.
« Assieds-toi », proposa-t-il.
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« Oui... oui, merci... », balbutia Draco en souriant timidement. (Putain, c'est pas mon premier rencard, pourquoi est-ce que je flippe? )
Le regard soutenu posé sur lui accentuait son trouble. Il avait l'impression d'être mangé du regard... et il adorait ça ! Il retira son manteau et son écharpe et posa le tout sur le dossier de sa chaise.
« Tu attends depuis longtemps , demanda Draco.
- Mmmmh, c'est pas important. Je t'ai attendu toute ma vie, je ne suis pas à dix minutes près.. »
La voix douce, presque caressante de son Ange ajoutée à son incroyable sourire et au léger rougissement qui accompagna cette dernière remarque fit basculer - pour la troisième fois au moins en une minute - le coeur de Draco. Dieu, qu'il est beau, pensa-t-il, troublé. Il se sentit rougir lui aussi. Il s'assit enfin. Son souffle était presque revenu à la normale après sa course, mais être en face de son Ange n'aidait pas son coeur à se calmer et il avait la sensation qu'on pouvait le voir battre à travers ses vêtements.
« Tu as couru ? - encore cette voix douce.
- Non ! Non... Un peu. » (Merlin ! Je stresse ! Pourquoi ? )
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Pendant qu'il finissait de s'installer, Blaise continuait à contempler son compagnon, fixant dans son esprit chaque trait, chaque nuance dans le regard... Rho, ces yeux ! Je m'y noierais dedans, pensa-t-il. Il soupira, totalement submergé par un sentiment de plénitude. Tout en son bébé serpent respirait la classe et la grâce. Même sa façon de dénouer légèrement sa cravate lui parut terriblement sexy. Même le léger soupir qu'il poussa lui parut la plus belle des musiques. Ainsi, son bébé était tel qu'il se l'était imaginé... En contemplant les joues encore rougies par l'effort, il fut pris d'une soudaine impulsion. Il poussa doucement le verre d'eau qui était devant lui.
« Tiens, tu dois avoir soif... J'ai à peine bu dedans.
- Merci..., accompagné d'un sourire qui fit craquer Blaise et lui fit friser l'arrêt cardiaque.
- Euh... C'est peut-être pas très... »
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Mais il n'eut pas le temps de continuer sa phrase. Draco avait saisi le verre offert si gentiment, ravi que son Ange ait trempé ses lèvres dans le breuvage et le porta à ses propres lèvres. C'est comme si, par ce simple geste, ils s'étaient embrassés par procuration. Cette pensée fit naître une série de frissons dans le bas du dos de Draco. Le sourire timide de son Ange alluma un feu en lui. Il reposa le verre.
« C'est la meilleure eau que j'ai jamais bue... (léger soupir de l'Ange - nouveau frisson de Draco). Tu m'as manqué... Je sais, on ne dit pas ça à quelqu'un qu'on a jamais vu, mais... Tu m'as vraiment manqué.
- Je sais, soupira son Ange. Moi aussi, tu m'as tellement manqué. »
Draco sentit son cœur faire un nouveau bond. Il n'y tint plus. Il devait sentir cette peau. Il devait partager cette chaleur. Il voulait établir un contact avec son Ange jusqu'ici si immatériel. Il devait s'assurer que ce n'était pas encore un rêve et que cet être extraordinaire était fait de chair et de sang. Il avança une main tremblante vers le visage de son Ange, sans le quitter du regard, au cas où son geste soit mal perçu.
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« C'est idiot, murmura Blaise, je ne sais pas quoi dire... »
Il suivait le geste du coin de l'œil, frissonnant à l'avance de ce contact tant espéré. Quand la main fine effleura sa joue, il ferma les yeux, de peur que son expression et son désir ne transparaissent trop. Il retint sa respiration tout le temps où les doigts caressèrent sa joue, tremblant non de peur mais bien de plaisir. Ce n'était pas un rêve. Son bébé existait, son bébé était devant lui, son bébé le touchait ! Il leva doucement sa main pour la poser sur celle de son compagnon. Il ne voulait pas que ce contact se rompe. Il aurait voulu que cette simple caresse dure une éternité.
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« Les mots sont inutiles parfois, » murmura Draco.
Lui aussi avait fermé les yeux pour ressentir au maximum la douceur de ce premier contact. Et quand il avait senti la main de son Ange rejoindre la sienne, il les avait rouverts, envahi d'une chaleur qu'il ne croyait pas possible. Ce simple effleurement était beaucoup plus intense que toutes les expériences sexuelles qu'il avait pu connaître jusqu'ici. Son Ange saisit sa main dans la sienne pour la porter à ses lèvres et embrasser tendrement la paume. Il conserva cette main dans les siennes, comme si ça avait été un bijou précieux. Draco ouvrit à nouveau ses yeux qui s'étaient fermés comme si ses paupières n'avaient pas supporté la vague de plaisir que ce simple geste avait engendrée. Il posa un regard très tendre sur son Ange, et plongea ses yeux dans les siens.
« Tu es encore plus beau que dans mes rêves, murmura l'Ange.
- Je... Je pensais la même chose - de nouveau un sourire désarmant. Tu as fait bon voyage? »
Draco se maudit intérieurement. Putain, mais quel con ! Je trouve rien de beau à dire. Mais qu'est-ce qu'il m'arrive ? Bientôt, il parlerait météo, si son Ange continuait à le perturber comme ça.
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« Oui, ça a été », répondit Blaise.
La conversation était très anodine, mais elle lui faisait un effet des plus extraordinaire. Il se sentait proche de la défaillance à chaque syllabe prononcée par son bébé.
« Je pourrais te contempler pendant des heures », murmura son compagnon.
Blaise ne put retenir un grand sourire de bonheur mais sentit ses joues rougir. Tant pis. Il était émotif, il n'y pouvait rien. D'autant que sa spontanéité ne semblait pas déplaire à son bébé, bien au contraire. Il décida néanmoins de conserver une conversation neutre, préférant ménager son cœur.
« Et... Et toi ? A part les crétins en fin de voyage ?
- Ca va... Impatient plus que jamais. J'étais prêt à pousser le train pour aller plus vite !
- Oh la la, s'exclama Blaise avec un petit rire. Moi c'est pareil ! J'aurais sûrement été plus vite à pied ! »
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Cette remarque fit sourire Draco. Une partie de son cerveau était subjuguée par le pouce qui caressait doucement la paume de sa main depuis tout à l'heure. Son cœur battait un peu moins vite, mais toujours aussi fort. Il avait tant de choses à dire... à partager avec son Ange, et ils avaient si peu de temps !
« C'est dur..., commença-t-il. Je voudrais te dire mille et une choses mais je ne sais pas par quoi commencer. Tout se bouscule, du coup, je me retrouve sans voix.
- On a déjà passé les formalités d'usage, sourit son Ange. C'est un bon début.
- Oui, admit Draco.
- Moi, je voudrais bien te parler... Mais tes yeux m'interrompent tout le temps.
- Je vais leur dire de se taire, s'empressa de répondre Draco, rougissant.
- Je crois que je pourrais m'y noyer... »
Draco sentit soudain un pied contre le sien. Il se cambra légèrement, laissant s'échapper un petit gémissement incontrôlable. Merlin, il ne m'en faut pas beaucoup!, pensa-t-il.
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Blaise glissa ses doigts entre ceux de son bébé. Il sentit une vague de sentiments multiples monter en lui, menaçant de le submerger. C'était lui qui avait initié le contact sous la table, mais il n'avait prévu un tel effet ni chez son partenaire ni chez lui.
« Mon Ange... », murmura son bébé.
Blaise frissonna. Mon Ange... Cette déclaration abattit ses dernières barrières. Les larmes commençaient à lui monter aux yeux. Ses lèvres tremblaient quand il réussit à parler.
« C'est... tellement bon de te toucher... De te voir...
- Oui, acquiesça son compagnon.
- C'est presque douloureux... J'ai l'impression que je vais exploser ! »
Blaise arriva difficilement à retenir ses larmes naissantes. Il esquissa un sourire radieux, tentant de repousser la pluie dans ses yeux. Son bébé effleura de sa main libre ses yeux brillants.
« Ne pleure pas, mon Ange... »
Sa main rejoignit celles de Blaise, comme si ce simple geste pouvait le protéger de tout mal, de toute douleur, de tout chagrin.
« C'est rien..., balbutia Blaise. Je suis si... si heureux que... que c'est trop à la fois. Tu aurais dû venir en plusieurs morceaux, que j'ai le temps de m'habituer... »
Ils sourirent tous les deux. Blaise se sentit soudain apaisé. Son bébé le comprenait parfaitement. Sûrement ressentait-il la même chose.
« Bon..., lâcha-t-il enfin. Et ce chocolat, alors... On le boit ? »
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« Oui, » répondit maladroitement Draco. Décidément, j'ai oublié mon vocabulaire à l'école. A part 'oui', j'ai pas dit grand-chose.
Il vit son Ange rire, pour son plus grand bonheur, et ce qui faisait maintenant briller ses beaux yeux bleus, ce n'était plus des larmes, mais cette petite lueur qu'on n'aperçoit que dans les yeux des enfants le matin de Noël. Et il devina que le gros paquet cadeau, c'était lui.
« Tu me fais perdre tous mes moyens..., fit remarquer Draco, comme pour s'excuser.
- Allez, parle-moi... dis n'importe quoi... Je veux entendre le son de ta voix, m'enivrer de ses sonorités.
- N'importe quoi ? - Draco sourit. (Qu'est-ce que je peux dire ? Vite ! Une idée!) ...Euh... Il fait froid aujourd'hui. »
Et voila. Il se serait donné une gifle tellement il avait honte de lui. Il était enfin devant son Ange et... il lui parlait météo ! Pourtant, loin de s'en offusquer, son Ange sourit, radieux.
« C'est vrai, surenchérit-il, bercé par la voix de son amour.
- J'ai... pas l'habitude de parler, commença Draco. Enfin si... Mais... »
Que lui arrivait-il ? Lui, Draco Malfoy, le roi de la répartie cinglante, désarmé par une paire d'yeux merveilleux et un sourire d'Ange à se damner n'arrivait plus à faire une phrase correcte. S'il n'arrivait pas à lui expliquer ça, son Ange finirait par le croire débile et surtout par se dire que cet abruti en face de lui ne pouvait pas être son bébé serpent dont les mots doux l'avaient bercé tant de jours et de nuits.
« Mon dieu, je dois paraître crétin, admit Draco. Parler du temps ! Ca fait débutant ! Mais... Avec toi, j'ai l'impression de tout réapprendre. Tout est nouveau. Comme si j'ouvrais les yeux pour la première fois sur un monde nouveau. C'est un peu inquiétant, je suis sans repère. Tout s'écrit au fur et à mesure...
- Et c'est vraiment un problème , l'interrompit son Ange doucement.
- ... Non... Au contraire, admit Draco.
- Pour moi, tout est nouveau. C'est la première fois que... que je ressens quelque chose de si fort pour quelqu'un. De si... vrai. »
Draco tressaillit. « Vrai... » Pourquoi avait-il utilisé ce mot ? Il baissa les yeux, soudain honteux de sa lâcheté qui l'avait poussé à venir polyjuicé. Comment avait-il pu décider sciemment de tromper le seul être sur cette terre -avec sa mère- qui avait ravi son cœur ? Mais il savait au plus profond de lui que quoi qu'il arrive, tout finirait bien avec son Ange. Il releva les yeux en souriant, ébloui par le garçon en face de lui.
« Tu es magique », lui dit-il.
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Ce fut au tour de Blaise de frémir et rougir. Tu crois pas si bien dire, pensa-t-il...
« C'est toi qui m'ensorcelle.
- Je remercie les lutins, alors, dit son bébé en souriant. Mon vœu a été exaucé.
- Les lutins , demanda malicieusement Blaise.
- Oui... Ou les fées. Je crois en tellement de choses depuis que... que je te connais ! Je crois en l'impossible. Alors, les lutins, pourquoi pas ?
- Je suis sûr qu'ils existent », répondit Blaise avec un clin d'œil.
Si tu savais, pensèrent-ils en même temps avec un sourire énigmatique. Ca existe, les lutins...
« Mais, continua bébé serpent, je crois surtout aux anges... et j'ai le plus merveilleux en face de moi. »
Blaise sentit ses joues le brûler et il baissa les yeux. Il n'était pas habitué aux compliments, alors venant d'un garçon si beau avec lequel il avait tant d'affinités... C'était trop pour lui ! Il glissa tendrement ses doigts entre ceux de son bébé, incapable d'articuler un seul mot. Même un 'merci'. Mais il n'était pas au bout de ses surprises. Il sentit la jambe de son bébé glisser entre les siennes pour les caresser doucement. Ce simple contact alluma un feu ardent au fond de l'âme de Blaise. Il n'avait pas encore connu les plaisirs de la chair mais il savait reconnaître une vague de désir quand elle montait. Et celle initiée par le pied de son partenaire contre son mollet menaçait de lui faire perdre tout moyen. Il esquissa un vague sourire, appréciant à fond les mouvements doux du pied taquin. Par Merlin, pensa-t-il, comme j'ai envie de lui ! Oh la la, rien que ça, je vais mourir! Il frissonna. Si un pied lui faisait tant d'effet, qu'en serait-il de...?
« ... Et... Euh..., balbutia Blaise, essayant de trouver quelque chose à dire pour éloigner ses pensées de ce que pourrait faire son bébé de son corps à cet instant s'ils n'étaient pas dans ce café mais dans un lit. Tes parents habitent loin de Londres ?
- ... Euhhhmmmm... Oui et non, répondit vaguement bébé serpent, tout à sa tâche délicate. Et toi ? »
Cette jambe... Cette chaleur... Mmmmmmmmmmh... Blaise se sentait fondre. Si c'était possible de faire l'amour à quelqu'un avec une jambe, c'est ce que lui faisait son bébé.
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« Alors , demanda à nouveau Draco.
- ...Euh... Pareil », articula difficilement son Ange.
Draco sourit. Il adorait cette légère rougeur de plaisir qui avait envahi les joues de son Ange. Il adorait le trouble qu'il lisait dans ses yeux. Il adorait ces lèvres presque imperceptiblement tremblantes qui s'étaient entrouvertes. Il remonta son pied le long du mollet puis intensifia légèrement la caresse, cherchant à se glisser entre les cuisses. Mais un bref instant, il lut la panique dans le regard azur de son Ange. Craignant d'être allé trop loin, il fit redescendre son pied. Le regard de l'Ange s'apaisa.
« Tu... Tu peux continuer, si tu veux », lâcha-t-il, rougissant.
Draco hésita, puis prit conscience du désir qui brillait dans les yeux de son Ange. Ils en avaient envie tous les deux... Il fit remonter son pied et commença à caresser sensuellement la cuisse.
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Blaise frémit à la reprise du contact. Il avait craint un instant que sa brève hésitation refroidisse son bébé. Mais ce qu'il sentait maintenant lui prouvait que non...
« Et sinon, tu as beaucoup de travail à faire pendant les vacances , demanda-t-il avec un ton du plus pur style non-non-ton-pied-me-caresse-pas-du-tout-la-cuisse-sensuellement-et-non-non-ça-me-fait-riiiiien-du-tout, histoire de faire la conversation, mais uniquement concentré sur les sensations délicieuses qui montaient du bas de son corps.
- Euuhmmmm... Euhmmmmmmm... Je crois pas... Je sais pas trop... Et toi ? »
Une caresse plus appuyée engendra un petit tortillement de Blaise qui se découvrit chatouilleux dans des endroits qu'il n'aurait pas soupçonnés. Il sentit le pied se retirer soudain et allait protester quand il vit son partenaire retirer sa chaussure... Le pied, ainsi libéré et vêtu de sa seule chaussette noire, revint se frotter à sa cuisse.
« N... Non, gémit Blaise. Je sais plus... »
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« Tu feras tes devoirs le dernier soir, de toute manière, non , fit remarquer malicieusement Draco.
- Oui…, laissa échapper l'Ange dans un souffle. Comme d'hab… »
Il savait pertinemment l'effet qu'avait son pied de plus en plus aventureux sur son partenaire. Il pouvait le lire dans son regard qui s'embrasait, dans cette façon si sensuelle qu'il avait de mordre sa lèvre inférieure pour s'empêcher de gémir dans un lieu public, dans sa respiration qui s'accélérait. Le bout de son pied caressait maintenant doucement mais intensément l'intérieur des cuisses. Il savait que c'était très osé de sa part d'agir de la sorte, mais il en avait envie et visiblement, son Ange aussi. Et après tout, si c'était leur premier rendez-vous en chair et en os, Draco avait plus d'intimité avec ce garçon qu'avec toutes ses conquêtes réunies.
« Et moi, je les ferai en premier, comme d'hab », ajouta Draco en caressant plus fermement.
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Une nouvelle vague de plaisir submergea Blaise. Il serra si fort la main de son compagnon qu'il craignit un instant de lui faire mal. Mais son esprit se défocalisa très vite de sa main pour retourner à… Oh, Merlin , arriva-t-il à penser. Le bout du pied avait adroitement effleuré une partie très sensible de son anatomie. Il sursauta presque imperceptiblement, mais suffisamment pour que son bébé l'interprète comme une limite de trop franchie. Il retira son pied en s'excusant. Blaise se maudit d'être aussi chatouilleux. Il ne voulait pas que son bébé cesse l'exploration. Il aurait même voulu l'approfondir. Il lâcha la main qu'il tenait toujours pour saisir le pied coquin avant qu'il ne s'éloigne trop. Son bébé lui avait donné du plaisir, il se devait de lui rendre la pareille…
« Tu ne vas pas me chatouiller , demanda son compagnon avec un grand sourire. Je suis mal barré sinon…
- Non non, je vais essayer du moins », répondit Blaise en installant confortablement le pied sur ses genoux.
Quand il retira la chaussette avec douceur, appréciant la qualité du tissu, il sentit frémir son bébé.
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« Je suis novice en la matière, tenta de le rassurer son Ange. Alors je m'excuse à l'avance… »
Mais qu'est-ce qu'il va faire , se demanda Draco. Il ne tarda pas à le savoir. Il sentit la main chaude de son Ange se glisser dans la jambe de son pantalon tandis que son autre main se mit à masser sensuellement la plante de son pied. Draco apprécia d'autant plus qu'il faisait tout pour éviter de le chatouiller, comme il l'avait promis. Il se sentait fondre au contact doux de ses doigts dont il était déjà fou amoureux et il sursauta presque quand la serveuse apparut à ses côtés pour leur demander s'ils avaient choisi ce qu'ils voulaient consommer. Son Ange sourit en continuant le travail de ses mains. Draco réussit à rester impassible en apparence, même si le regard qu'il gardait posé sur son Ange était bouillant.
« Deux chocolats… chauds, s'il vous plait », commanda-t-il.
Joueur, son Ange accentua la pression sur la plante de son pied, ce qui lui fit rajouter «Très chauds, les chocolats ». Un petit rire s'échappa du masseur espiègle.
« D'accord, deux chocolats… très chauds, nota la serveuse, souriant sans trop savoir pourquoi.
- Merci. »
Elle repartit en leur jetant un dernier regard envieux. Deux beaux garçons comme ça ensemble… Si elle pouvait savoir ce qui se passe sous la table, pensa Draco, elle serait dans tous ses états…
« On cherche à me déstabiliser , demanda-t-il gentiment à son Ange tandis que sa main droite caressait son mollet.
- Mmmmh, non, le taquina l'Ange.
- Dommage, gémit Draco en fermant les yeux, submergé par le plaisir.
- Tu aimes ?
- J'adore… , lâcha Draco dans un souffle. Pour un novice, tu t'en sors divinement. »
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Motivé par tant de compliments, Blaise décida d'improviser. Il relâcha un instant le pied de son bébé pour sucer son pouce. Il ne quitta pas le regard bleu fixé sur lui pendant toute l'opération, aussi la rendit-il la plus sensuelle possible. Son pouce humide retourna caresser la plante du pied, provoquant un nouveau gémissement qui le fit sourire. Qu'est-ce qui était mieux que recevoir du plaisir ? En donner. Et il s'en sortait bien, vu le regard troublé de son bébé…
« Je suis plutôt bon en improvisation, non , demanda Blaise en griffant légèrement le mollet de sa main gauche.
- Oh oui… Ca mérite un 'O'. »
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« …'O' ? »
Merde ! , pensa Draco. Comment j'ai pu dire ça ? Mais quel con ! C'est un moldu, je dois faire attention !
« Euh… Un 'A' . J'en perds mon alphabet… Mais c'est 'O' comme 'Oooo oui' », plaisanta-t-il.
Il ferma les yeux, effaré par sa capacité à s'enfoncer au lieu de s'en sortir. Pourtant, sa pirouette eut l'effet voulu, car son Ange continua.
« O-rriblement sexy… O-oo mon dieu, c'est trop bon…, gloussa-t-il.
- Oui, j'aurais pas trouvé mieux, sourit Draco, soulagé.
- Même tes orteils sont adorables, fit remarquer l'Ange en jouant avec les doigts de pied.
- C'est parce qu'un Ange les a effleurés, c'est lui qui embellit mon être, répondit Draco, faisant rougir à nouveau son Ange. 'Angel', je sais pourquoi, mais… pourquoi 'Sweet Candy' ? Tu es une douceur merveilleuse dont on ne peut plus se passer une fois qu'on y a goûté ? »
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Blaise sourit. Cette théorie était intéressante. En réalité, il y en avait plusieurs… Il expliqua que 'Sweet' était pour sa grande douceur. Quant à 'Candy', selon lui c'est parce qu'il aimait les sucreries. « La version soft », comme il disait. L'autre version venait de sa réputation à l'école… Sa réputation de suceuse.
« Mais c'est faux , se défendit Blaise.
- Pourquoi tu ne démens pas , lui demanda gentiment son compagnon.
- Mmm, comment dire… On me laisse tranquille comme ça. Des gens se disent mes ex et tout le monde est content. Ca me fait bien rigoler, d'ailleurs ! »
Bien sûr que non, ça ne le faisait pas rigoler. Mais il avait pris l'habitude de ne pas écouter son entourage. Pourquoi je lui raconte ça ? , pensa-t-il. Sans doute était-ce la meilleure façon de faire fuir son Amour. A croire que Blaise était passé maître dans l'art de s'auto-saboter !
« Ca, les rumeurs, dans un pensionnat, c'est un vrai poison, fit remarquer son bébé.
- Moui, mais je préfère ça à… »
Blaise faillit rajouter : à devoir dire à tout le monde que je suis vierge. Putain, avale ta langue au lieu de parler ! , se maudit-il intérieurement. Peut-être que son bébé ne rebondirait pas sur sa dernière phrase. Peut-être…
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« Mais en quoi ça te gêne de… enfin, y'a pas de problèmes à … à rien faire. »
Son Ange devait être mal à l'aise car il délaissa mollet et pied. Il remit la chaussette à sa place.
« Vraiment , laissa-t-il tomber comme un couperet.
- Oui, vraiment.
- Tu crois que ça ne pose aucun problème d'être un garçon de dix-huit ans, dans un pensionnat et d'être… »
Draco pouvait sentir le malaise de son Ange à son seul regard. Il se souvenait d'un long mail dans lequel son Ange lui avait dit de façon détournée qu'il n'avait jamais connu les choses de l'amour. Faute de partenaire valable, apparemment. Dans un sens, Draco enviait sa pureté. Au moins, lui, avait-il la chance de pouvoir se donner à une personne qu'il aimerait vraiment.
« Je… Je sais pas. Moi j'aurais voulu garder ma première fois pour quelqu'un de bien. »
Son Ange détourna le regard. Draco retira son pied et attendit une réaction qui arriva par un sourire timide. Toute la tension s'évanouit en un souffle.
« Oui, c'est vrai, répondit enfin son Ange. C'est mieux je pense.
- Je sais que les adolescents sont cruels. Je le sais même très bien – (car je fais partie de ces adolescents cruels.)
Ils se regardèrent longuement l'un l'autre. La serveuse les interrompit un court instant pour déposer leurs commandes et s'éclipsa aussitôt.
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Vraiment, pensa Blaise, j'ai le chic pour aborder les sujets débiles et plombants !
« Tout ça pour dire que j'adore les sucettes, lâcha-t-il, dans l'espoir de relancer la conversation sur un autre sujet. Surtout au caramel. »
A son grand soulagement, la conversation repartit sur un ton badin. Son bébé lui avoua adorer celles aux fraises, puis ils dérivèrent sur les fruits qu'ils appréciaient le plus. Blaise sourit en entendant son bébé préciser qu'il adorait la mangue car quand il en mangeait, il avait l'impression 'de croquer le soleil'. Blaise remarqua la légère grimace de son bébé quand il remua son chocolat chaud.
« Qu'est-ce qu'il y a , demanda-t-il, étonné.
- C'est pas un vrai chocolat…, répondit son compagnon avec une moue dubitative. Enfin, si… Mais il est trop liquide. 'Un vrai casse-pied', tu dois te dire…
- Non, je le trouve trop liquide aussi, remarqua Blaise en touillant son propre breuvage. Ils doivent le faire à l'eau… Pfff, aucun goût !
- Mais grâce à toi, ça sera le meilleur chocolat… »
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Draco sentit les jambes de son Ange se lover contre une des siennes et la frotter doucement. Il se délecta de la vue sublime de cet être diaphane buvant une gorgée de chocolat chaud, se demandant comment un acte si simple pouvait revêtir autant de charme. Il en frémit de plaisir.
« Mmmh, il est bon quand même…, remarqua son Ange.
- Je te fais confiance.
- Moi aussi je te fais confiance, murmura son Ange, en plongeant son regard bleu dans le sien. Je te confierai tout mon être… Corps et âme. Enfin… L'âme c'est déjà fait, » rajouta-t-il en souriant doucement, une légère rougeur envahissant ses joues.
Emu de tant de sincérité, Draco but une gorgée de son chocolat. Tant qu'il avait la bouche pleine, il ne débitait pas des banalités navrantes à cause du trouble que provoquait chez lui son Ange par un simple regard. Il fit une petite moue en reposant sa tasse.
« Sans goût, comparé à toi…, remarqua-t-il, mutin. Peut-être que si tu y trempais tes lèvres, tu lui donnerais un goût de Paradis. Comme pour l'eau… »
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Blaise frémit, complètement perdu dans la contemplation de son bébé Serpent. Je meurs d'envie de l'embrasser, pensa-t-il. Je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas quoi faire ! Il sentit son visage le brûler, rougi de désir et de trouble mêlés.
« Tu ne veux pas me faire connaître le Paradis ? »
Cette remarque le tira de sa rêverie. Il frémit à nouveau. Il avait imaginé mille et une façons de faire connaître le Paradis à son bébé, mais peu était applicable dans un lieu public.
« Si, bien sûr, répondit-il, toujours troublé et un peu honteux de ses pensées déplacées. Mais… Comment faire ?
- Trempe tes lèvres dans mon chocolat, lui demanda son compagnon d'une voix caressante qui embrasa instantanément son âme. Attention de ne pas te brûler, il est… très chaud. »
Blaise attira doucement la tasse de son bébé devant lui, ne quittant pas un instant le regard chaud posé sur lui et il prit une cuillérée du liquide odorant. Il souffla doucement dessus pour l'amener à bonne température et glissa la cuillère entre ses lèvres.
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Rêveur, Draco contemplait son Ange tandis qu'il léchait doucement et sensuellement sa cuillère. J'aimerais être cette cuillère…, pensa-t-il. L'Ange but une gorgée dans sa tasse et la reposa en se léchant les lèvres. Draco ne savait pas si c'était fait pour l'allumer ou si son Ange était naturellement et innocemment sexy, mais chacun de ses gestes éveillaient le désir en lui. Même lorsqu'il trempa à nouveau la cuillère dans le chocolat, souffla dessus pour la refroidir, la tendit vers lui pour qu'il goûte le breuvage… Tout cela lui sembla le plus beau des poèmes ! Draco s'avança et se laissa nourrir par la main délicate de son Ange.
« Alors, c'est meilleur , lui demanda-t-il dans un souffle.
- Céleste… », répondit Draco après avoir savouré la gorgée de chocolat.
Son Ange sourit tendrement puis se troubla un peu, un voile d'inquiétude recouvrant son regard azur.
« J'ai quelque chose à te dire…, » commença-t-il, hésitant.
Draco sentit une pointe d'inquiétude au creux de son estomac, mais elle commença à disparaître presque aussitôt. Ce qu'il lisait dans les yeux de son Ange, c'était juste de la peur engendrée par la timidité, rien de plus. Il s'efforça de garder une voix neutre et de cacher son propre trouble.
« Quoi ?
- Je… Depuis qu'on est là, tout les deux… Je… Je meurs d'envie que tu m'embrasses. »
Draco ne put s'empêcher de sourire. L'air penaud de son Ange et cette demande inattendue… Oui, il était bien tel qu'il l'avait imaginé… Il était bien tel qu'il l'aimait. Si pur et si innocent que même un baiser lui paraissait une épreuve insurmontable. Il effleura rêveusement la joue de cet être fragile pour qui son cœur s'emballait de plus en plus et se décida à réaliser à la fois son vœu le plus cher… et celui de son Ange.
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Blaise frémit au contact de la main douce de son bébé sur sa joue. Il se sentait stupide de sa demande. Mais si son désir était immense, il n'aurait jamais eu le courage de se lever et de se rapprocher de son amour. C'est à peine s'il avait pu prononcer ces mots… Il releva les yeux timidement vers son compagnon et y lut un mélange d'amour et de détermination. Son bébé se leva, sans le quitter de yeux et vint s'asseoir à ses côtés. Merlin , pensa Blaise, sentant son cœur accélérer encore ses battements. Le regard bleu très tendre de son compagnon le rassura, et pourtant il sentait une boule au fond de son estomac. Pas une due à la peur… une de celle due à l'appréhension. Blaise savait que ce pas, même s'il paraissait minime pour la plupart des gens, était pour lui comme le franchissement d'une nouvelle frontière. Après tout ce qu'il avait lu dans les livres sur l'amour, il allait enfin pouvoir connaître l'autre facette de celui-ci. Car si son âme était exaltée à la seule pensée pour son bébé Serpent, il voulait aussi connaître l'embrasement de ses sens.
Blaise, tremblant comme une feuille, n'osa pas bouger alors que le visage de son compagnon se rapprochait du sien doucement. Les lèvres chaudes et douces effleurèrent son cou, le faisant frémir. Ses yeux se fermèrent lorsque les lèvres se posèrent à nouveau sur sa peau, caressant la base de sa joue et il ne put retenir un doux gémissement. Comme si le monde n'existait plus autour d'eux, ils se retrouvèrent face à face, leurs lèvres s'effleurant presque, chacun suspendu au souffle de l'autre.
« Je ne sais toujours pas comment tu t'appelles, murmura son compagnon. Mais tu es mon Ange et je t'aime.
- Embrasse-moi… », supplia presque Blaise, les lèvres tremblantes.
Son bébé esquissa un léger sourire et ferma les yeux. Ses lèvres de velours parcoururent les derniers millimètres qui les séparaient de ses consœurs et dans un souffle, leurs lèvres furent enfin réunies. Blaise ferma les yeux à son tour, se perdant dans ce baiser chaste et doux. Il entrouvrit doucement ses lèvres et il sentit la langue délicieuse de son bébé contre la sienne. Blaise se sentit presque défaillir tant cette caresse était douce et merveilleuse. Il glissa sa main sur la nuque de son compagnon et approfondit ce premier baiser. C'est si merveilleux… Si bon… C'était les seules pensées qui arrivaient à se frayer un chemin dans son esprit. Ils se collèrent l'un à l'autre, comme si les quelques centimètres qui les séparaient étaient encore de trop, comme s'ils voulaient chacun se glisser sous la peau de l'autre.
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Draco n'arrivait plus à penser. Tout ce qu'il voulait, c'était ressentir cette chaleur à l'infini. Embrasser son Ange, c'était comme être touché par la grâce divine. Il glissa ses doigts dans les cheveux soyeux puis décolla doucement ses lèvres de ses sœurs si douces et tendres.
« Au-delà de mes rêves…, murmura-t-il tendrement.
- Oh oui… Bien mieux que ce que j'avais imaginé. »
A peine avait-il laissé les lèvres de son Ange qu'elles lui manquaient déjà. Draco l'embrassa à nouveau, et son corps entier fut parcouru de mille frissons de plaisir quand il sentit les caresses inédites et sensuelles de cette langue tant désirée contre la sienne. Merlin, même pour embrasser, son Ange était un Dieu ! Si chaque nouveau baiser devenait de plus en plus merveilleux, il ne tarderait pas à mourir de plaisir. Et les doux gémissements qui s'échappaient de son Ange étaient la plus douce des musique à ses oreilles. Mais si le plaisir peut se prolonger à l'infini, Draco eut bientôt besoin de plus d'oxygène et se décolla à nouveau de son Ange. Il se blottit dans ses bras, s'enivrant de son odeur, ne voulant plus quitter sa douce étreinte.
« Je t'aime…, murmura son Ange à son oreille. Je t'aime si fort. »
Draco relâcha légèrement son étreinte pour regarder son Ange dans les yeux. Pour la première fois de sa vie, il était certain d'une chose. Cette personne unique que chacun recherchait et nommait « l'âme sœur »… Il savait qu'il l'avait trouvée. Lui qui n'avait été que luxure et colère pendant des années venait de trouver l'amour tapi au fond de ses yeux bleus.
« Dis-moi que je ne rêve pas…, murmura-t-il, presque effrayé de le voir disparaître en disant cela. Dis-moi que tu es réel…
Si c'est un rêve, alors je fais le même », lui répondit l'Ange d'une voix très douce.
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Son bébé lui caressa la joue et Blaise sentit qu'il tremblait légèrement. Il savait ce qu'il ressentait, car la même peur était tapie dans son cœur. Tant qu'on a rien, on n'a peur de rien. Du moment qu'on trouve l'Amour, on craint de le perdre… Pour le rassurer, Blaise caressa tendrement les cheveux de son compagnon et accompagna son geste d'un doux baiser papillon sur ses lèvres de velours.
« Je suis aussi réel que le désir que tu éveilles en moi…, rajouta-t-il, un sourire enjôleur aux lèvres. Et crois-moi, c'est un feu brûlant !
- 'Ce genre de feu primaire qui a donné naissance aux étoiles et à l'univers et qui illumine maintenant mon être…' J'ai appris chacun de tes mots muets. Le soir, ils me tenaient chaud. »
Blaise sentit une nouvelle vague de bonheur brut le submerger et il se blottit à nouveau contre son bébé. Il n'avait donc pas fantasmé : un être de chair et de sang, un être au cœur et à l'âme extraordinaires était amoureux fou de lui ! Il frissonna en sentant les lèvres douces rejoindre son cou en une douce pluie de baisers.
« Je voudrais rester comme ça pour l'éternité, murmura-t-il. Dans la chaleur de ton corps.
- On ne peut pas mais… 'Un seul instant de toi vaut toutes les éternités'
- Je veux plus qu'un instant…, lâcha Blaise dans un souffle, se redressant pour se noyer dans l'océan des yeux de son bébé. Je veux plus qu'une éternité avec toi. Je voudrais remonter dans le passé pour t'avoir toujours connu et te connaître jusqu'à la fin de toutes vies ! Et ça ne suffirait pas encore…
- Mon amour, je n'ai pas ce pouvoir », regretta son compagnon.
Blaise s'empara doucement des lèvres de son bébé Serpent et lui offrit un long baiser sensuel, comme si ce baiser pouvait à lui seul leur permettre de franchir les barrières du Temps.
« Je ne peux pas remonter le temps, continua en souriant son bébé quand Blaise l'eut relâché. Mais laisse-moi t'offrir mon présent et mon futur sur un écrin de rêve et de magie. Mon cœur… Tu l'as déjà…
- Oh ouiii, murmura Blaise. J'aime ta magie. »
Il l'embrassa à nouveau, se perdant encore et encore dans la douceur de l'étreinte de son bébé.
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Draco gémit. Merlin, que ce garçon embrassait merveilleusement ! Il dû rassembler toutes ses forces pour se décider à se décoller de son Ange. Mais il le devait : le polyjuice n'agissait pas éternellement et sa mère l'attendait au Manoir. Il devait y aller.
« Mon Ange, il me reste peu de temps, s'excusa-t-il. Je risque de me changer en citrouille sous tes yeux. »
Il sourit faiblement mais le cœur n'y était pas. Quitter son Ange était la dernière chose dont il avait envie. Son Ange caressa doucement sa joue, ses doigts frôlant à peine le contour de son visage, comme s'il avait voulu en apprendre le contour par cœur. Son regard bleu était teinté de tristesse.
« Je sais, soupira-t-il. Moi aussi on m'attend…
- J'ai un petit truc pour toi. Rien de bien fabuleux. »
Tout à la joie de découvrir son Ange, Draco avait failli oublier de lui donner le petit cadeau qu'il avait soigneusement préparé à son attention : un lecteur mp3 contenant toutes les chansons préférées de Draco, afin de bercer son Ange pendant la longue séparation des vacances. Il farfouilla dans sa besace et sortit un petit paquet emballé dans du joli papier argenté décoré d'un flot vert profond. J'aurai pu faire plus original, pensa Draco. Enfin, c'est un moldu, il ne risque pas de faire le lien avec la Maison Slytherin… Il tendit le paquet en souriant à son Ange. C'était maintenant l'étonnement et le ravissement qui faisaient briller ses yeux.
« C'est… un cadeau… pour moi , s'exclama-t-il.
- Oui, mais c'est pas grand-chose. »
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Blaise n'y tint plus. Il se jeta au cou de son bébé et l'embrassa passionnément.
« Merci ! C'est adorable !
- Tu l'as pas ouvert , fit remarqué son compagnon, visiblement étonné d'une telle effusion de joie pour un simple paquet.
- C'est au cas où j'aime pas, répondit malicieusement Blaise. Au moins, je t'aurais embrassé… »
Son bébé sourit à cette remarque et il entama précautionneusement l'ouverture du joli paquet. Que celui-ci soit aux couleurs de sa Maison le fit sourire intérieurement.
« J'aime bien les couleurs du paquet, remarqua-t-il.
- Cool. Tu pourras garder le papier des fois que t'aimes pas !
- Stupide , s'exclama Blaise en riant doucement. Tu pourrais m'offrir n'importe quoi, j'adorerais !
- Attention, je prends note. » – C'était au tour de son bébé d'être malicieux.
Le denier rempart de papier s'écarta et Blaise découvrit une boite en carton contenant un étrange appareil rectangulaire, muni de boutons argentés et d'un petit écran grisâtre. Il découvrit aussi une pelote de fils avec des sortes d'écouteurs aux extrémités. Un appareil moldu… Il était sûr d'avoir déjà vu quelque chose comme ça dans son livre d'Etude des Moldus…
« Oooh, s'exclama-t-il, se demandant s'il devait être content ou pas. (Merde ! C'est quoi ce truc déjà ! Putain, je suis dans la merde, là !)
- Je t'ai pris le même lecteur mp3 que le mien », commenta son bébé, apparemment sans remarquer le trouble de Blaise.
Lecteur mp3…, pensa Blaise, égal truc pour lire la musique !
« Je t'ai programmé des chansons que j'aimais bien, continua son bébé, le confortant dans son idée que ce machin bizarre fonctionnait à peu près comme une musikosphère. Tu… Tu sais comment ça marche ?
- Merci ! Merci ! Merciiii ! »
Blaise se rejeta au cou de son bébé, l'embrassant à nouveau. Un sourire radieux éclairait son visage. Son bébé Serpent lui avait offert un peu de lui, c'était pour lui le plus beau des cadeaux !
« Comme ça, fit-il remarquer joyeusement, je pourrai penser à toi pendant les vacances.
- Et puis, il est magique, celui-là, ajouta son bébé avec un clin d'œil.
- Ah oui ?
- Pas besoin de pile ni d'électricité ! C'est le dernier cri.
- C'est cool ! (…et ça tombe bien, parce que je serais incapable de trouver une pile…)
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Draco était ravi de voir tant de joie dans les yeux de son Ange. D'autant plus qu'il risquait gros : la 'magie' du lecteur était bien réelle puisque il l'avait lui-même enchanté. Le détournement d'objets moldus était sévèrement puni par la loi sorcière… Alors donner à un moldu un tel objet était encore pire ! Mais depuis quand ça me pose un problème , pensa-t-il. Ca n'était pas la première fois qu'un Malfoy enfreindrait la loi, même si c'était une grande première qu'un d'eux le fasse par amour pour un moldu ! Son Ange eut une petite moue gênée qui le fit tiquer. Il lui demanda gentiment ce qui n'allait pas.
« J'ai pas pensé à te faire quelque chose, lui répondit son Ange, tout penaud (ce qui, de l'avis de Draco, le rendait encore plus craquant…) Ca me gêne…
- Tu es venu. C'était le plus beau cadeau que tu puisses me faire. Ton sourire est le plus beau des cadeaux », ajouta-t-il dans un sourire doux.
Son Ange esquissa un sourire des plus adorables et caressa furtivement ses lèvres du bout de l'index, déclenchant une nouvelle vague de frissons dans le bas du dos de Draco. Comment une si petite caresse pouvait autant le chambouler ?
« Merci, mon petit serpent adoré.
- Ce sourire va me tenir chaud pendant dix jours durant, murmura Draco, subjugué par le regard de son Ange.
- Pff, souffla celui-ci. Dix jours, ça va être loooong... »
Draco était bien d'accord… Comment allait-il survivre à ces vacances sans aucun contact avec son bébé Ange ? Peut-être… Draco fixa un instant l'écharpe rouge posée sur le dossier de son camarade.
« Est-ce que…, commença-t-il, hésitant. Est-ce que je peux avoir ton écharpe ? J'aurai ton parfum avec moi et je me blottirai dedans chaque nuit…
-Oui ! Bien sûr », s'exclama l'Ange ravi.
Il attrapa son écharpe et la noua délicatement autour du cou de Draco.
« En plus, c'est magnifique avec tes yeux. »
Draco sourit. Il aimait qu'on le complimente, surtout sur ses yeux… Même si dans ce cas, ce n'était pas vraiment ses yeux ! Mais un compliment de son Ange valait tout l'or du monde !
« N'oublie pas de ramener ton violon à la rentrée, rappela Draco à son Ange. Ta musique enchantera ton école, j'en suis sûr.
- Mouais… Je sais pas s'ils apprécieront, mais de toute façon, je m'en fous… »
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Blaise jeta un rapide coup d'œil à sa montre et grimaça. Le polyjuice ne ferai bientôt plus effet. Et sa petite sœur devait l'attendre chez lui. Il devait partir rapidement, même si ça lui brisait le cœur.
« Oh la la, il est presque l'heure, gémit-il.
-Oui, pour moi aussi », surenchérit son bébé, avec autant de regret que lui dans la voix.
Blaise contempla avec tristesse son bébé se dégager de son étreinte et se lever pour rejoindre ses affaires. Il le vit attraper son portefeuille dans la poche intérieure de son manteau et en sortir un billet qu'il glissa sous une des tasses, avec la note.
Merde ! J'ai pas d'argent moldu , pensa Blaise avec effroi. Son bébé allait avoir une belle opinion de lui ! En plus, je suis nul en conversion, je sais même pas s'il y a assez !
Le temps qu'il réfléchisse à ce qu'il pouvait faire pour remédier à ce problème, son bébé avait déjà fini de se rhabiller et terminait de rentrer l'écharpe de Blaise dans son manteau.
« Tu viens, lui demanda-t-il, étonné de le voir si peu actif. On fait un bout de chemin ensemble ?
- Je te revaudrai ça, se décida enfin à répondre Blaise en se levant. La prochaine fois, c'est moi qui t'invite.
- C'est pas grave, ça va sur ma note de frais, répondit malicieusement son bébé avec un clin d'œil qui fit sourire Blaise. Tu veux mon écharpe ? T'as plus rien du coup ! »
- Je veux bien… Un peu de toi m'accompagnera, comme ça… »
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Draco noua amoureusement son écharpe autour du cou de son Ange …oubliant complètement que celle-ci lui avait été offerte par sa mère et qu'elle y avait brodé ses initiales 'DM' au fil d'or !
« Elle est fine, mais elle tient chaud. »
Draco se perdit un instant dans la contemplation de son Ange. Le petit soupir de satisfaction qu'il poussa lui réchauffa le cœur.
« Tu es magnifique », s'émerveilla-t-il, faisant rougir légèrement son Ange – ce qui eut pour effet de le rendre encore plus magnifique.
Il sourit de bonheur de côtoyer et d'aimer un être aussi fabuleux quand ses yeux tombèrent sur un livre posé sur la table. Sûrement celui de son Ange, lui qui lisait tant…
« Tiens, tu oublies ton livre, dit-il en le prenant. (De profondis ? Pourquoi ça me dit quelque chose ?)
-Oh, merci ! Tu me fais oublier le reste du monde…»
Draco réfléchissait toujours. Où et quand avait-il vu ce livre ? Qui dans son entourage pouvait lire un ouvrage moldu ? Il esquissa un petit sourire. Blaise Zabini. Forcément. C'était le seul être au Donjon qui possédait un cerveau et une âme…
« Un de mes camarades lit aussi ce livre, fit remarquer Draco.
- Ah, s'étonna son Ange. Ils ne sont pas tous crétins, alors…
- Non, répondit Draco, amusé. (Presque…) C'est un vrai rat de bibliothèque, comme toi, précisa-t-il gentiment. Il te passe le bonjour, d'ailleurs ! J'ai oublié de te le dire ! »
Sa conversation avec Zabini lui revint en mémoire, ainsi que son regard doux quand il s'était enivré du parfum délicat de 'la fleur des Anges', comme l'appelait maintenant Draco.
« Il aime les orchidées lui aussi. Je t'en avais déjà parlé plus ou moins. C'est à lui que je voulais donner ton adresse e-mail. J'ai eu raison de te garder pour moi…
- Oui, remarqua son Ange, légèrement rougissant. Tu as eu raison… »
Draco commença à sentir un léger picotement au creux de son estomac. Les effets de la potion s'estompaient. Il sortirent tous deux du café après un dernier sourire à la serveuse qui avait du baver sur eux tout le temps qu'ils avaient passé là.
« J'essaierai de t'écrire si je croise un cyber café, promit son Ange.
- Oui, moi aussi. Mais ne t'inquiète pas si je ne t'écris pas. Si Père est là, ajouta-t-il amèrement, je ne pourrais pas. Nous n'allons jamais en ville…
- J'attendrai la rentrée pour flipper…
- Je t'écris dès mon retour, lui dit gentiment Draco avant de l'embrasser tendrement, goûtant à nouveau ces lèvres douces. Pas une seconde je ne t'oublierai.
- Moi non plus, soupira son Ange.
- Excuse-moi de partir comme un voleur. Je t'aime mon Ange, merci pour ce bonheur trop fugace…»
Comme pour se faire pardonner, Draco reprit possession des lèvres des son Ange, distillant toute sa passion contenue dans ce baiser d'au revoir. Ils se serrèrent une dernière fois l'un contre l'autre, rechignant à quitter ce cocon protecteur et déjà si familier qu'ils représentaient l'un pour l'autre.
« Tu me manques déjà…, gémit doucement son Ange alors que Draco se défaisait doucement de son étreinte. A bientôt, alors…
- Chaque seconde tu seras auprès de moi, » le rassura Draco en respirant l'écharpe rouge de son Ange.
Draco déposa un baiser léger sur les lèvres douces de son Ange pour graver leur saveur dans sa mémoire une dernière fois et se détourna pour partir en courant vers la sortie de la gare.
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Blaise soupira en regardant s'éloigner son bébé Serpent. Il se sentait à la fois le plus heureux du monde car il avait rencontré son amoureux… mais aussi le plus malheureux du monde car il avait déjà dû le laisser partir. Il inspira la douce fragrance de son compagnon laissée sur son écharpe et une larme fugace coula sur sa joue. Il l'essuya et sourit. Il savait qu'il reverrait bientôt son bébé. Pour l'heure, il avait un problème plus urgent : il devait rapidement s'éclipser, sinon, il finirait par se transformer dans le hall de la gare. Il se dirigea donc dans un recoin tranquille pour pouvoir transplaner chez lui, puis attendit quelques minutes que le polyjuice ait cessé d'agir pour rejoindre sa petite Ambre qui trépignait d'impatience dans le salon de leur grande demeure familiale.
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Draco apparut à l'entrée du Manoir Malfoy. Il recoiffa rapidement ses cheveux redevenus blonds, un sourire rêveur figé sur ses lèvres. Malgré la douleur de la séparation, avoir vu son Ange ne serait-ce qu'une heure remplissait son âme pour les jours à venir… Il rentra chez lui, ravi de retrouver la douceur de sa chère Mère pour compenser l'absence de son Ange…
Prochain chapitre : Hiboux de Noël : du vendredi 23 décembre au dimanche 1er janvier
