Jarod :

Mes idées s'embrouillaient-elles ou Calie avait bien dit Raines ? J'essayai de me lever pour aller la voir mais les murs semblaient bouger. C'était sûrement dû au "produit" que je venais de boire, comme elle l'avait dit. Je regardai mon verre de whisky et le posai sur la table basse devant moi. Il fallait absolument que je sorte d'ici ! J'arrivai à me mettre debout et je me dirigeai vers la porte en trébuchant plusieurs fois. Mais, avant que je n'atteigne la poignée de porte, je sentis une main me caresser le dos puis passer sous mon pull. Je me retournai pour voir Calie. Je ne savais pas quel était le "produit" qu'elle m'avait fait boire mais je crois qu'il aidait grandement ses caresses à augmenter la température de mon corps. Il fallait que je garde le contrôle ! Il ne fallait pas que je me laisse aller car, si elle avait bien parlé de Raines, ses sbires n'allaient pas tarder à arriver et je n'avais aucune envie de retourner au Centre. Mais les baisers de Calie dans mon cou commençaient à me faire perdre pied… Il fallait que je continue à réfléchir à un moyen d'échapper à Raines car y réfléchir me faisait rester -un peu- dans la réalité. D'un geste, j'arrivai à repousser la jeune femme ce qui ne lui plu pas du tout. Elle revint alors vers moi et ses gestes se firent plus doux. Elle recommença à m'embrasser. Soudain, un visage apparu devant moi alors que j'avais les yeux clos : Parker. J'arrêtai alors Calie en m'éloignant d'elle le plus possible. Elle me regarda, surprise pendant quelques secondes, puis dit :

C : Jarod, que t'arrive-t-il ?

J : Arrête de jouer ce jeu Calie. Je t'ai entendu prononcer le nom de Raines !

Elle resta immobile, semblant réfléchir à quelle stratégie adopter avec moi. Quand c'était Parker qui me coinçait, j'avais le droit à un accueil beaucoup moins chaleureux mais au moins j'étais à peu près sûr de m'en sortir d'une manière ou d'une autre ! Quoique je ne serais pas contre un accueil un peu moins froid de la part de Parker mais je n'avais pas eu à me plaindre le mois dernier. Elle m'avait laissé filer deux fois et j'avais eu droit à un regard qui voulait tout dire la dernière fois… c'était étrange, le fait de penser à Parker et aux sentiments que j'éprouvais pour elle semblait me remettre les idées en place. Pour une fois ! C'était comme si le "produit" se dissipait quand je pensais à elle.

Calie remarqua que je me sentais mieux et ça n'avait pas l'air de l'enchanter:

C : Il m'avait dit que ça serait plus difficile avec toi. Il m'avait prévenu.

J : De quoi parles-tu ?

C : Raines m'avait dit que tu n'étais pas comme les autres hommes. Les autres seraient déjà dans mon lit ! Le pire dans tout ça, c'est que je ne peux même pas mettre ça sur le compte du fait que tu sois un Caméléon.

J :En quoi suis-je différent alors ?

C : Un lien unique t'unit à une autre femme. C'est ce que Raines a dit. Dans le cas où ma cible est amoureuse, le produit est moins efficace mais jusque là aucun homme n'y avait résisté. J'ai dû sous-estimer ce lien. Comment as-tu fait pour annuler l'effet du produit ?

Je ne répondis pas. Je n'allais tout de même pas lui donner la solution au risque qu'elle améliore ce "produit". Face à mon silence, elle s'énerva encore plus et commença à faire les cent pas. Je devrais en profiter pour partir mais ma curiosité me poussa à lui demander qui elle était et pourquoi elle faisait ça :

C : Tu ne crois quand même pas que je vais te le dire.

Très bien, dans ce cas-là, je n'avais plus qu'à me mettre à sa place :

J : Laisses-moi deviner… enfant enlevée par le Centre, tu y as grandi sans connaître autre chose que Raines et les expériences qu'il faisait sur toi. Je vois qu'il a réussi à développer le don que tu as pour séduire les hommes…

C : …vas t-en Jarod !

Elle venait de me couper la parole pour me dire de partir ! Je n'y comprenais rien et elle le remarqua car elle me donna comme explication:

C : Je… quand Raines m'a préparée pour cette mission –te séduire- il m'a dit tout ce dont j'avais besoin de savoir sur toi. J'ai appris à te connaître pendant cette préparation et je n'ai pas pu m'empêcher de me sentir proche… très proche de toi. En te voyant en face de moi maintenant, penser à la femme que tu aimes, je réalise que ce que je fais n'est pas normal et que je n'ai pas le droit de te retenir ici. Nous savons tous les deux ce que ça fait d'être enfermés au Centre pendant des années et nous avons assez soufferts. Je ne peux pas t'y ramener.

Des larmes coulaient sur les joues de la jeune femme. Je lui en avais voulu au début mais maintenant je voyais qu'elle aussi n'était qu'une victime du Centre. Alors, malgré ce qu'elle avait voulu me faire, j'avais envie de l'aider.

J : Viens avec moi ! Je te ferai des papiers, tu deviendras quelqu'un d'autre et le Centre ne te retrouveras pas.

C : Non, je ne peux pas te laisser prendre autant de risque pour moi. Tu dois aller libérer Mlle Parker.

Elle me tendit un bout de papier. Je le dépliai et y lu une adresse.

C : Raines l'interroge en ce moment même car il a des doutes sur sa loyauté. Ça lui permet aussi de la mettre hors circuit pendant ma mission.

J : Merci… mais toi ?

C : Ne t'inquiètes pas pour moi, je vais m'en sortir. Va la retrouver.

Nous échangions un regard de remerciement. Avant que je ne quitte la maison, elle me dit :

C : N'oublie pas Jarod, un lien unique vous unit.

Je lui souris, sortis et refermai la porte derrière moi. J'allai jusqu'à ma voiture et j'attendis de la voir s'enfuir pour partir à mon tour. Deux minutes plus tard, elle monta dans sa voiture et s'en alla. Je démarrai la mienne et partis également.