Sydney :
J'étais rentré au Centre et j'aidais Broots autant que je pouvais dans ses recherches mais, pour l'instant, nous n'avions rien trouvé. Comme si Mlle Parker s'était volatilisée ! Soudain mon téléphone sonna. Broots leva les yeux de son écran pour la première fois depuis que j'étais là. Il espérait que ce soit des nouvelles de Mlle Parker.
S : Ici Sydney
: Vous avez des nouvelles de Mlle Parker ?
S : Jarod ! Non, aucune nouvelle depuis sa disparition. Tu sais quelque chose à ce sujet ?
J : Je viens d'apprendre que Raines l'a enlevée et je sais où elle est. Je veux que vous arrêtiez vos recherches car je vais m'en occuper et je ne veux pas que Raines vous croit mêlé à mon intervention.
S : D'accord. Fais attention à toi.
Il raccrocha sans rien dire de plus. Je rangeai mon portable et je m'asseyai près de Broots. Il était impatient de savoir si Jarod avait du nouveau alors je lui expliquai tout.
MP :
Raines avait écouté toutes les bandes et n'avait trouvé aucun appel pouvant confirmer ses dires. Je devais penser à remercier Jarod quand je sortirais d'ici.
Le problème, c'était que Raines n'avait pas l'air content du tout ! Il se leva et sortit son arme. Il me défia du regard. Aurait-il oublié que c'est un art pour lequel je suis très douée ? S'il croyait m'impressionner en pointant une arme sur moi et en me menaçant d'un regard froid, il se mettait le doigt dans l'œil !
Je me demandai même comment il osait pensé qu'il me faisait peur ou que j'allais baisser les yeux devant lui : cette époque là était belle et bien finie !
J'entendis un déclic et je m'aperçus qu'il venait d'enlever le cran de sécurité de son arme. Là, je commençai à avoir un peu peur, un petit peu seulement, mais je ne laissai rien paraître, comme d'habitude.
Soudain, j'entendis un bruit, puis deux et trois de l'autre côté de la porte. J'aurais juré que c'était des corps qui s'écroulaient. Quoiqu'il en soit, ce n'était pas normal car Raines semblait perturbé. Il resserra son arme dans sa main et visa mon cœur quand la porte s'ouvrit bruyamment sur… non ! Que ? Comment ?...Jarod venait d'entrer en menaçant Raines avec une arme.
R : En plus d'avoir raté sa mission, Calie a trahi le Centre ! Elle va le payer cher !
J : Posez votre arme !
R : Je m'attendrirais presque devant ce tableau : Jarod venant sauver son amour d'une mort certaine.
Le rire de Raines me fit revenir à la réalité.
J : Je n'hésiterais pas à tirer !
R : Mais vous en avez déjà eu l'occasion et vous ne l'avez jamais fait !
J : Cette fois, j'ai une raison de plus de le faire.
Le regard de Jarod croisa le mien et j'y lus de la détermination. Si jamais Raines tentait quelque chose contre moi, Jarod n'hésiterait pas. Je le suppliai des yeux de ne pas prendre de risque puis je regardai Raines. Il me menaçait toujours quand, soudain, alors que l'homme à la bouteille quitta le Caméléon des yeux, Jarod lui donna un coup. Il profita du fait que Raines soit plié en deux par la douleur pour sortir une deuxième arme et me la lancer. Raines se redressa soudainement et braqua son arme sur Jarod. Tous les deux se tenaient face à face sans bouger, chacun visant l'autre et menaçant de le tuer. Je vis Raines approcher son index de la gâchette et appuyer doucement dessus. Sans réfléchir une seconde de plus, je tirai. J'avais l'impression que toute la scène se déroulait lentement devant mes yeux. Je vis le corps de Raines tomber au sol et une flaque de sang se répandre sur le sol au niveau de sa blessure. Tout ceci sembla durer plusieurs minutes. Mais tout redevint normal quand Jarod s'approcha de moi. Il me regarda dans les yeux.
Je pourrai rester ainsi des heures.
Ce simple regard me faisait du bien.
J : Merci… de m'avoir sauvé la vie Parker.
MP : Tu venais juste de faire pareil pour moi.
Je me dirigeai vers la sortie et Jarod me suivit.
MP : Comment tu as su où j'étais ? Et qui est cette Calie ?
J'avais peut-être mis un peu trop de jalousie dans le ton de ma voix car Jarod me sourit et me dit:
J : C'est une longue histoire.
Jarod :
C'était maintenant où jamais ! Il fallait qu'on parle car, à part les deux fois où elle m'avait coincé, on n'avait pas eu l'occasion de parler depuis Carthis mais surtout… de Carthis, de tout.
J : Il faut qu'on parle.
Je la regardai en continuant à marcher. Elle venait de me sauver la vie !
MP : Oui, je le crois aussi.
C'était un bon début. Je ne savais pas trop où ça allait nous mener mais je savais que ça allait nous faire du bien. L'espoir devint plus grand en moi, même si rien n'était encore fait.
MP :
Il avait l'air heureux que j'aie accepté. Je savais que cette discussion ne pourrait que nous faire du bien. Quand j'avais vu Raines commencer à appuyer sur la gâchette, je n'avais pas hésité parce que je ne voulais pas perdre Jarod et parce que je savais que Jarod aurait fait la même chose pour moi. J'avais beau vouloir le cacher, je tenais beaucoup à lui.
Il sortit son portable et composa le numéro de Sydney en arrivant dans la rue. Il m'indiqua d'un geste quelle était sa voiture et j'allai m'installer dedans. Je n'entendais pas ce qu'il disait mais il devait être en train de rassurer Sydney et Broots à propos de moi.
Je l'observai parler au téléphone. Cette discussion sera bénéfique pour…nous deux…même s'il y avait encore beaucoup d'obstacles dont le Centre et plus particulièrement Lyle maintenant que Raines était mort. Mais je ne m'étais jamais sentie aussi proche de la liberté qu'à cet instant. Jarod tourna la tête et nos regards s'accrochèrent. Mes yeux étaient plongés dans les siens.
Oui, j'en étais sûre à présent, la liberté me souriait et le bonheur m'attendait.
