Lyle :
Alors que je parlais avec ma secrétaire, mon téléphone sonna. Je souris en voyant le nom qui s'afficha sur l'écran :
L: Je t'écoute
: Tout fonctionne comme nous l'avions prévu. Jarod est parti libérer Mlle Parker dès que je lui ai donné l'adresse de l'entrepôt désaffecté. J'y passe tout de suite pour récupérer la bande.
L: Très bien.
Je raccrochai. Jarod avait beau être un génie, il n'en ressentait pas moins des sentiments, ce qui, dans son cas, était ce qui le perdrait et j'étais en train de le prouver. Je m'assis à mon bureau pour feuilleter quelques dossiers et passer quelques coups de téléphone en attendant mon amie.
J'étais plongé dans une lecture sans intérêt quand ma secrétaire -une adorable petite asiatique- m'informa qu'une jeune femme voulait me voir.
L: Faites-la entrer.
Elle ouvrit la porte de mon bureau et s'effaça pour laisser passer une jeune femme blonde aux yeux verts.
Calie était fascinante. Je n'aurais jamais cru que je pourrais apprécier une femme qui ne soit pas asiatique, Mlle Parker mise à part. C'était sûrement dû au pouvoir de séduction que cette belle blonde avait sur les hommes et l'idée que Jarod ait pu poser ses lèvres et ses mains sur elle me répugna.
Comme si elle savait à quoi je pensais, elle s'avança vers moi et déposa un léger baiser sur mes lèvres.
C: J'ai l'enregistrement de ce qui s'est passé quand Jarod est allé libérer Mlle Parker, me dit-elle en jouant avec le petit disque qu'elle avait dans les mains.
Elle l'inséra dans mon ordinateur.
Quand la vidéo s'arrêta, je me tournai vers Calie, un sourire aux lèvres. Elle venait de m'amener la preuve que ma chère sœur avait trahi le Centre pour sauver Jarod et j'apprenais, par la même occasion, la mort de Raines, ce qui ne pouvait qu'arranger mes affaires.
Je pris le téléphone mais une main glissée sous ma veste m'empêcha d'aller plus loin.
C: Qu'est-ce que tu fais?
L: Il faut que j'appelle le Triumvirat.
C: Il est tard, Lyle. Tu le feras demain matin. J'ai d'autres projets pour finir la nuit.
Elle me prit le combiné des mains et le remit à sa place tout en m'embrassant. Elle se recula un instant, ce qui me permit de mieux l'observer. Il était vrai que cette femme avait un don…quelque chose d'envoûtant, d'hypnotisant. Je me laissai donc faire car, comment aurais-je pu résister à ses yeux et au désir qui brûlait en eux, en elle?
MP:
Jarod avait conduit pendant une heure et demi pour rejoindre la petite maison qu'il louait actuellement. Il était tard et la nuit régnait depuis bien longtemps sur cette partie du monde. Je m'étais installée dans la chambre voisine à la sienne et nous étions allés nous coucher mais le sommeil ne voulait pas de moi cette nuit.
Je me levai donc et me dirigeai vers la chambre de Jarod sans faire de bruit. Il voulait qu'on ait une conversation, alors pourquoi pas maintenant s'il ne dormait pas. J'ouvris doucement la porte. Il ne dormait pas. Soudain, mon ventre se serra. J'avais peur ! Moi, la grande Mlle Parker, je ressemblais à une gamine qui allait à son premier rendez-vous…pathétique.
Il remarqua ma présence :
J: Parker ? Quelque chose ne va pas ?
MP: …euh…tout va bien…mais comme je n'arrive pas à dormir et que je vois que c'est la même chose pour toi, je me disais qu'on pouvait en profiter pour parler.
J: D'accord.
Il fut surpris quelques secondes, sûrement par le fait que ça soit moi qui propose la discussion.
Il se leva, se dirigea vers le salon, s'installa sur le canapé et m'invita à faire de même. Il pensait vraiment à tout. Même au fait qu'il serait plus facile pour moi d'aborder certains sujets avec lui dans un endroit "neutre". En entrant dans le salon, je remarquai la présence d'une cheminée. Finalement le salon n'était peut-être pas aussi "neutre" que ça car cette cheminée me rappelait celle qu'il y avait chez Ocee sur Carthis et, bien sur, tout ce qui s'y était passé et tout ce qui avait failli s'y passer. Je me demandai s'il l'avait fait exprès ou pas.
Jarod:
Je regardais Parker, elle était perdue dans ses pensées tout en fixant la cheminée. Après quelques secondes de réflexion, je compris pourquoi ses yeux s'attardaient sur la cheminée: Carthis, plus précisément chez Ocee. Dire que je commençais à croire qu'elle avait oublié cette partie de sa vie. J'éviterais donc de lui proposer du thé.
Elle restait là, regardant les flammes danser devant elle. Elle était si belle et semblait si fragile à cet instant. Les flammes se reflétaient en fil d'or dans ses yeux. Je n'osais la ramener à la réalité car je ne voulais pas briser cet instant. Je m'installai au fond du canapé pour attendre qu'elle se "réveille" mais le fait de bouger la tira de ses pensées.
