Titre : Le cas des hiboux électroniques
Auteurs : Kris & Stellar
Genre : Slash DM-BZ
Résumé : Draco a été contraint de suivre le cours facultatif d'Etudes moldues pour montrer l'exemple en tant que Head Boy. Parmi les enseignements du module, il y a une obligation de prendre un correspondant via internet. L'école est jumelée avec une école moldue alors motus et bouche cousue sur le monde magique. Ce que Draco ne sait pas c'est que son correspondant n'est pas celui qu'il croit.
Note : C'est suite à un "bug" informatique que Draco et Blaise se sont retrouvés correspondants
Rating : M
Spoilers : aucun, on ne tient absolument pas compte des livres
Disclaimers: persos de J.K. Rowling
Playlist conseillée pour ce passage / écoutée au moment de l'écriture : rien de spécial
Note : Slash qui n'est pas composée de mails uniquement
Note 2 : Nous utilisons les termes anglais : Slytherin (Serpentard), Gryffindor (Gryffondor), Hufflepuff (Poufsouffle), Ravenclow (Serdaigle), Hogwarts (Poudlard), Hogsmeade (Pré-au-lard), Head Boy / Head Girl (préfet(e) en chef), NEWT (ASPIC), Polyjuice (Polynectar), professeur Snape (professeur Rogue) Firebolt (Eclair de feu), Diagon Alley (le Chemin de Traverse) et c'est tout...
Note 3 : la fin est proche et le prochain chapitre révèle beeeeaaauuucoup de choses, ça va saigner…
Bavardage ultra-spécial sur presque rien :
bbS : Je n'ai pas osé vous le dire mais... bébé Ange a essayé de casser une bouteille ce week-end-là, tu t'en rappelles Blaise ?
bbA : C'est pas gentil de ressortir cette histoire !
bbS : Alleeeez, ça les fera rire ! Hein mon petit Huffy d'amour qui n'ose pas faire du mal à une bouteille vide !!! Et qui croyait que laisser tomber une bouteille de whisky suffirait à la casser… Hahahahahaha…
bbA (boudasse) : Tu veux que je parle de la fois où tu m'as raconté que tu as englouti pendant un mois chaque soir des pizzas parce qu'au dos de la facture il y avait un concours d'orthographe ? Et que tu as appelé la pizzeria en pleurant quand ils ont arrêté le jeu ??
bbS (mauvaise foi) : Pfff c'est n'importe quoi...
bbA : T'avais pas pris 5 kg d'ailleurs... ??
bbS : C'est PAS VRAI !! C'est mesquin !! (petite voix) J'ai pris 4.8 kg... pas 5...
Petit clin d'œil à une fidèle lectrice... ;-) K & S
- Oh la la ! On va dormir ensemble ! -
Qu'avait dit bébé serpent ? Septième étage ½ et cinq marches supplémentaires. Septième étages ½, ça en faisait quand même des marches… Il fallait donc prévoir des vêtements assez épais pour ne pas avoir froid mais assez fins pour ne pas transpirer pendant l'ascension de l'escalier. Blaise avait appris par cœur le plan laissé à son intention . On ne sait jamais, si je le perds ! Quant aux clés… il y avait veillé comme sur la prunelle de ses yeux. Les perdre l'aurait tué ! Bon, il avait terminé les cours à 17h. Il était resté dans la salle de bain une bonne heure et demie et avait essayé cinq tenues. Cinq ! Pour finalement choisir… la première… A 18h45 il vérifia une dernière fois son sac : trois livres (on ne sait jamais, et puis son bébé – son bébé - lui avait dit qu'il arriverait vers 21h), des vêtements (son bébé – il ne se lassait pas de l'expression - lui avait dit qu'il pouvait amener des affaires ! C'est comme si on… on aménageait ensemble) Le brun s'empourpra et eut du mal à poursuivre l'inventaire : trousse de toilette, serviette de bain, ah, encore un livre, et les fioles de polyjuice. Le Slytherin plissa le nez de dégoût. Rien n'y faisait, cette potion était vraiment mauvaise. Mauvaise, mais nécessaire pour le moment, songea Blaise, un peu triste de mentir à son amour. Ah oui, le plan était bien là et les clés du Paradis aussi. Il se précipita hors de la chambre avant de croiser Malfoy et ses deux abrutis. A Hogsmeade, il transplana à Londres.
Il avait appris le plan par cœur mais… cela ne servit à rien et bébé Ange dut ressortir le plan pour y voir le tracé qui le mènerait vers leur nid d'amour. Blaise s'empourpra et gloussa en lisant le mot laissé avec la poupée pour Ambre.
« Mon Ange,
Voilà les clefs du paradis, de notre paradis… 09, Hillgate Place, dans le quartier de Notting Hill. Je t'ai mis en relief sur la carte l'itinéraire à prendre en métro (vert) ou en bus (rouge) ou pied (en bleu). »
Notre paradis… Nouveau gloussement.
« J'ai vu cette petite chose pour Ambre, j'espère qu'elle aimera. A défaut d'avoir votre adresse, pourras-tu t'improviser messager ?
Ô combien il me tarde d'être vendredi !
Nous parlerons bien avant mais sait-on jamais ! Rejoins-moi dès la fin de tes cours vendredi si tu le souhaites, je ne pourrais malheureusement arriver que vers les 20h30/21h ! En attendant, fais comme chez toi puisque c'est notre chez-nous après tout…
Je t'aime, je t'aime, je t'aime !
bébé Serpent. »
Moi aussi je t'aime !!! Perdu dans ses roses pensées, Blaise ne vit pas le trou sur le trottoir et manqua de tomber. Quand il releva la tête, il se trouvait déjà au pied du 09, Hillgate Place. Son cœur bondit dans sa poitrine. Ca y est il y était ! Même si bébé Serpent lui avait dit qu'il arriverait qu'entre 20h30 et 21h, le brun mit vingt-cinq minutes à entrer dans le bâtiment. Il explora le hall de l'immeuble. Peut-être y avait-il un… seur. « Seur ? » Il ne manquerait plus que l'immeuble soit sans seur ! Mmmmhhh… Sans seur ? « ASCENSEUR !!! » Pas « Seur ! » Ces trucs moldus ont vraiment de drôles de noms ! Mais il ne trouva qu'un étroit escalier. Il escalada lentement les cent-trois marches. Sur le seuil de l'appartement, il crut mourir. Il regarda sa montre : 19h35. Je suis bien habillé ? Je suis bien coiffé ? J'ai pas trop transpiré ? Je rentre… ou pas ? Et si bébé Serpent était déjà là ? Il colla son oreille contre la porte. Aucun bruit. Vas-y Blaise ! Tu peux y arriver ! Il sortit les clés et les glissa dans la serrure puis attendit encore cinq minutes avant de pousser la porte. Tout était silencieux dans le petit appartement.
A l'entrée, le Slytherin ôta chaussures et manteau. Le sol en fibres végétales de coco le surprit. Sur sa droite deux pièces et à gauche le mur ocre sur lequel était peint des fleurs à l'aquarelle. Puis le salon. Les fenêtres donnaient sur le quartier animé de Notting Hill. Blaise se perdit dans la contemplation de la ville lumineuse puis détailla le salon. Il était peu meublé mais avec goût. Un canapé ocre faisait face aux fenêtres. Une table basse avec une armée de coussin safran, orangés, pourpre et bordeaux tout autour. Il y avait aussi un joli buffet en merisier et des étagères où se trouvaient, ordonnés, compact disques et vinyles. Ah, il y a avait une étagère vide. Blaise se rapprocha. Sur le casier reposait une enveloppe à l'attention de… bébé Ange ? Tout excité Blaise l'ouvrit, il reconnut l'écriture raffinée de son amour :
« Mon Ange,
Comme promis voilà de quoi ranger tes livres. Tu n'auras pas besoin de les emmener à chaque fois avec toi.
bbS. »
Le brun gloussa et sans réfléchir se rua vers son sac et posa les livres dans le casier prévu à cet effet.
Il ne s'en aperçut que maintenant mais un doux parfum enveloppait la pièce. Il remarqua alors l'encens, installé sur un casier à côté de quelques bougies. Il sourit. Comme il n'osa pas poursuivre l'inspection de l'appartement, il prit son livre en cours, s'installa sur le canapé moelleux et lut.
Deux heures plus tard, Draco se tenait sur le seuil de l'appartement et reproduisait le même schéma que Blaise.
Oui, je suis bien habillé. Oui, je suis bien coiffé… enfin avec des cheveux courts, c'est difficile d'être mal coiffé, songea à juste titre le blond devenu brun grâce au polyjuice. Il est déjà arrivé ? Qu'est-ce qu'il fait ? Quelle heure il est ? Hé !! C'est quoi ce stress de puceau ????
Draco se ressaisit et le bruit de clés dans la serrure se fit entendre. Il poussa la porte avec une assurance retrouvée mais de revoir le garçon dont il était épris l'inquiéta. Il savait faire pour les relations sexuelles mais pas pour les relations amoureuses. Il bredouilla alors un « bonsoir » quasi incompréhensible. Blaise était bien trop submergé par sa propre angoisse pour saisir celle de bébé Serpent. C'est Draco qui dut faire le premier pas en enlaçant tendrement son Ange et lui souhaitant un « bonsoir » plus convenable. Les deux adolescents se perdirent dans le baiser. Quand ils se décollèrent Draco s'excusa de son retard.
« J'espère que tu as dîné au moins.
- Non, rougit Blaise
- Il ne fallait pas m'attendre ! Tu as vu l'heure ? Je vais vite préparer quelque chose. »
Blaise le suivit à la cuisine. Maintenant qu'il y pensait, il mourait de faim. Son ventre le lui rappela. Son ami préparait deux tartares de saumon servi avec une salade mais lui proposa deux ou trois trucs à grignoter en attendant. Il servit le repas avec un vin blanc qui colora joliment les joues de Blaise.
Depuis le début du repas, Draco fixait son Ange. Ce dernier expliquait les tenants et aboutissants du livre qu'il avait lu quand il s'interrompit à cause du regard inquisiteur de l'attrapeur. Il lui demanda ce qu'il y avait.
« Rien, rien. quelque chose m'intrigue, répondit vaguement Draco.
- Ah ?
- Soit ma mémoire me joue des tours, soit ce sont mes yeux… Tu m'as dit avoir les yeux marrons mais... je les vois… bleus. On se trompe rarement sur ses yeux... Mais j'ai dû mal lire, » ajouta Draco avec un sourire en coin et le regard plus perçant que celui d'un aigle.
Fuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuck ! Merde, merde, merde, merde ! Oh putain merde, merde ! Quel con je suis !!! songea Blaise en s'éclaircissant la gorge et essayant de noyer le sujet avec un charmant sourire.
« Oui, tu as dû mal lire, répondit-il, rougissant.
- Tu devais penser à autre chose quand tu as écrit "marron" .
- Oui, je suis tellement tête en l'air...
- Ou... tu es... coquet et tu portes des lentilles. Non… je l'aurai vu si tu portais des lentilles… »
Draco frémit. Il avait l'impression d'avoir rejeté au cœur de la toile d'araignée l'insecte qui avait réussi à s'en sortir. Il adorait jeter les insectes en pâture à l'araignée mais là… pourquoi faisait-il ça à celui qu'il aimait ? Penaud, il s'excusa :
« Allez, j'arrête ça avec toi, tu es mal à l'aise. On a tous des petits secrets mon Ange mais sois plus prudent, ne put-il s'empêcher de dire, un sourire carnassier aux lèvres.
- Je... je veux pas... Tu... tu comprends c'est..., Blaise baissa la tête. Merde, je sais pas quoi dire… Je veux pas lui mentir ! Je veux pas ! Mais...
- Chuuut… C'est ton secret. Excuse-moi, je n'aurai pas dû être comme ça, pas avec toi, » se radoucit Draco.
Blaise releva un regard doux vers son bébé et lui promit de révéler tous ses secrets un jour. Mais il était trop tard, Draco en fin limier, avait comprit : son Ange était un criminel recherché par Interpol !
« Non, nia Blaise, je suis un mutant échappé d'un laboratoire secret... mais... chuuuuut (il posa un doigt sur les lèvres de son ami) il ne faut pas le dire !
- Parole de serpent ! Je vais te confier un secret aussi : mais ne le répète pas : je suis un sorcier mais j'ai laissé mon balai et ma baguette à mon école. »
Blaise blêmit. Malgré un petit sourire, il fronça légèrement les sourcils. Un voile de doute passa dans ses yeux. Pourquoi bébé Serpent lui disait-il ça ? De bonne humeur, le Head Boy poursuivit :
« Quoi ? C'est pas si terrible que ça... être sorcier mais j'ai jamais embrassé de grenouille !
- Merci pour la grenouille, bouda un peu l'Ange.
- Le prince je l'ai déjà en face de moi… ronronna Draco.
- Je préfère ça. Et les princes, tu les embrasses ? Ou juste les grenouilles ?
- Pas tous, que les charmants… enfin, "le" charmant… Et les grenouilles... je t'ai dit ce n'est pas mon trip. Trop baveux, précisa-t-il avec une petite moue de dégoût mais le regard rieur. Mais bon, on le sait c'est démodé les grenouilles !
- Je suis sûr que les sorciers du XXI ème siècle, s'il y en a bien sûr, sont super sexy. Finis les verrues et le nez crochu, c'est démodé ça aussi ! »
Entre deux personnes « normales », le sujet aurait été clos, voir inabordé. Mais entre sorciers… Blaise parla des chapeaux pointus pour les cérémonies officielles, des balais hi-tech (sans aller jusqu'à citer le Firebolt). Draco rit : ce moldu avait vraiment une imagination débordante ! Et pourtant, si proche de la réalité… Il demanda à Blaise ce qui lui plaisait le plus : les balais rapides ou les sorciers sexy ?
« Les deux ! gloussa l'Ange. J'aimerais mater les deux… si ça existait… bien sûr.
- Bien sûr... Tu m'y emmèneras faire un tour sur ton balai de compétition ? Enfin si ça existait, hein...
- Si ça existait, je n'en aurais pas. Je ne fais pas ce genre de sport violent.
- Sport ??? »
Blaise se troubla. Il en disait vraiment trop !!!! D'abord interpellé, Draco en plaisanta :
« Le sport en balai ça s'appelle… le ménage ? Ou le balai-polo ? »
A ce moment-là, ils auraient dû comprendre. Blaise et Draco auraient dû comprendre que ce n'était pas un moldu mais un sorcier qui leur faisait face. Un moldu aurait-il parlé de… 'balai de compétition' ? Leur manque de réaction était pourtant justifié : Draco savait que Blaise avait une imagination débordante et lisait énormément. Il savait aussi que les légendes sur les sorciers couraient chez les moldus. Alors pourquoi se poser des questions ? Puis son bébé Ange était si candide et si droit, pourquoi lui mentirait-il ? Du côté de Blaise, l'explication était différente. Les bêtises, c'est lui qui les sortait. Draco ne faisait que sourire et il souriait de manière tellement sexy !
La discussion se prolongea un peu sur les balais mais fut rapidement mise au placard. Car finalement, pour leur première soirée en amoureux, seuls dans un lieu intime, ils avaient envie de se connaître. Blaise réprimanda doucement Monsieur le Délégué principal de sécher les cours ainsi qui répliqua qu'il avait une réputation de vilain garçon à entretenir. Mais Zabini voulait rivaliser :
« Moi c'est pire... mon attitude est pure, mais... mes pensées sont corrompues. »
Un soupir lascif accompagna ses propos. Draco était subjugué. Ronronnant, Blaise poursuivit :
« On me dit si gentil et naïf… S'en est... désarmant. S'ils savaient ce qui ce cache dans ma jolie tête... »
Comme pour montrer ce qui se cachait dans cette jolie tête, il se rapprocha de Draco, lentement, un sourire radieux aux lèvres, et se colla doucement à son camarade, qui frémit. Blaise devint chat et se frotta imperceptiblement. Il effleura le cou de Draco de ses lèvres, ses cheveux caressant sa mâchoire.
« Ma tête est emplie de toi... murmura Blaise, sa main droite posée sur la hanche de Draco. De ton parfum, ajouta-t-il, s'enivrant de la fragrance de son ami. Je pense tout le temps à ton corps... ça m'obsède… »
Draco était figé. Les mots doux et les caresses de son ami le pétrifiaient. Il ne savait pas quoi répondre pour désamorcer la grenade Blaise.
« Pense... à autre chose... » parvint-il à articuler.
Le Head Boy était en feu mais il devait garder la tête froide. Bébé Ange ne se rendait pas compte de ce qu'il provoquait et la seconde suivant l'allumage en force il redevint ce garçon charmant, au sourire timide, mais pas encore prêt à aller au-delà. Il découvrait à peine les lois du désir et de la séduction et Draco ne voulait qu'il y fonce tête baissée, il devait le retenir.
« Excuse-moi, murmura Blaise en reculant.
- Ne t'excuse pas, je suis irrésistible. A damner un... Ange… » plaisanta l'autre sorcier, faisant ainsi rougir son ami.
Comme il aurait cueilli une fleur, le jouvenceau prit la main droite de son ami et la serra doucement dans les siennes. Il la porta à sa joue et ferma les yeux à ce contact. La précieuse main était si chaude. Blaise s'en enivra et un petit sourire timide naquit de cette chaste étreinte.
« Excuse-moi », balbutia de nouveau Blaise.
Ce nouveau « excuse-moi » timide et rougissant amorça inconsciemment un jeu de séduction entre les deux adolescents. Inconsciemment, Blaise allumait son ami qui avait de plus en plus de mal à se contenir. Plus son bébé Ange était candide et maladroit, plus le désir consumait Draco. Quand Blaise enlaça son ami pour une chaste étreinte, il l'embrasa. Incapable de se contrôler, Draco s'installa entre les cuisses de Blaise et glissa sa main contre la peau chaude et douce du ventre. Le jouvenceau tremblait comme une feuille. Même dans ses fantasmes les plus chauds il n'avait jamais ressenti une telle chaleur dans son bas-ventre. Il était pourtant terrifié. Blaise n'avait eu aucun rapport sexuel, c'était sa première expérience et malgré son désir, malgré son bébé Serpent, il avait peur. Draco ne sentit pas tout de suite l'hésitation de son camarade mais quand il comprit, il reprit sa place sur le coussin. Ce fut lui qui s'excusa cette fois. Il n'avait jamais tenu compte que de sa propre envie mais aujourd'hui les choses étaient différentes. Blaise n'était pas un partenaire lambda. Avec Blaise, il voulait essayer de construire quelque chose alors le forcer à coucher n'était pas un bon départ.
« Tu me fais perdre la tête », gloussa Draco.
Mais Blaise ne riait pas. Il se trouvait honteux et pathétique. Il avait envie d'aller plus loin mais… pas encore. Et à son âge, on couchait, on ne faisait pas la vierge effarouchée ! Son ami le réconforta : il n'y avait pas de honte à ne pas vouloir et il n'y avait pas d'âge non plus. Chacun devait écouter son corps. Lui avait été précoce mais c'était les circonstances qui en avaient voulu ainsi.
« Et puis si je n'arrive plus à me contrôler, une douche glacée et je serai calmé ! plaisanta Draco. Je suis tout grognon après… Pendant vingt minutes au moins !
- Je veux pas que tu sois grognon, moi ! Je te veux gentil et doux... Un doudou géant, en quelque sorte.
- Un doudou ?
- Oui... tu sais ces bouts de tissu contre lesquels les enfants se lovent... qu'ils serrent contre leur cœur... qu'ils sucent avec leur pouce...
- Les draps ? Et... à quoi ça sert ? C'est un mouchoir ? Une serviette ?
- Tu n'as pas eu de doudou quand tu étais bébé ?
- Je sais pas trop ce que c'est donc je ne peux pas répondre.
- Mmmmh, et bien ça peut être un peu n'importe quoi. Un t-shirt, un drap, un mouchoir, une peluche... mais c'est un objet fétiche, » expliqua Blaise.
Le temps de quelques secondes le regard bleu s'assombrit comme une nuit sans fin. Draco n'avait pas eu d'amis, de jouets, d'enfance. Dans son éducation il n'y avait pas eu de place pour les divertissements. Il avait toujours été un petit homme. Il prit vraiment conscience du fossé qu'il y avait entre bébé Ange et lui, et ça n'était pas que sexuel. Ils étaient le jour et la nuit. Il essaya de disperser ce trouble en un mince sourire mais Blaise ne fut pas dupe. Il effleura tendrement la joue de son ami pour y dissiper la tristesse.
« Des draps et des mouchoirs j'en ai certes. Ce sont des... doudous ? »
Le ton était neutre mais cette question était comme un appel au secours.
« Non... répondit à regret Blaise. Ça doit être UN objet en particulier. Un talisman protecteur.
- Un talisman protecteur ? Ca je sais où ça s'achète ! »
Peut-être qu'une des amulettes du 'Cristal de Glace' sur Diagon Alley pourrait devenir son doudou, non ? Ca au moins son père ne le jetterait pas… Pas comme Sahada, le joli petit chat en peluche que Lucius avait confisqué le jour où il l'avait surpris avec alors que Draco avait à peine 6 ans.
« Au fait... mon écharpe… tu dors avec ? demanda Blaise.
- Oui.
- Alors… tu as un doudou !!! »
Le visage des deux jeunes garçons s'éclairèrent d'un sourire franc. Le premier était heureux d'avoir rendu heureux le second.
« Et toi c'est quoi ton... doudou ? »
Blaise rougit.
« Allez ! Avoue ! insista gentiment Draco.
- Et bien... mon doudou, c'est toi.
- Mais... on dort pas ensemble…
- Enfin... pas toi mais ta pensée. Ta seule pensée me berce et me protège dans mon sommeil. »
Aucun des deux ne le savaient mais… ils avaient déjà dormi ensemble dans la chambre du Head Boy.
« Justement… en parlant de dormir… Je te laisse le lit et moi je reste ici, je suis plutôt matinal. Je ne te réveillerai pas demain matin. Je... j'ai très envie de dormir avec toi mais dans mon sommeil je peux faire des choses que je ne devrais pas, c'est déjà arrivé. »
Blaise était déçu et ça se voyait. Il avait tant attendu le moment du coucher pour être lové dans la chaleur de son bébé Serpent. Il insista quand même.
« Je... je risque vraiment de te peloter. Inconsciemment en plus !
- Oui... peut-être... Mais je risque d'aimer ça... inconsciemment. »
Le regard de Blaise était implorant. Et si Draco hésitait toujours, ses dernières résolutions s'envolèrent quand son Ange de serra contre lui :
« S'il te plait ! Dors avec moi ! Je supporterai pas de te savoir de l'autre côté du mur sans être avec toi comme toutes ces autres nuits... J'en peux plus d'être seul nuit après nuit. »
Comment résister à ça ?
« Mais tu ne suces rien du tout ! Tu disais que tu suçais le doudou. Là, le doudou... il ne supporterait pas et te violerait !
- Si c'est trop 'dur' pour toi, t'auras qu'à me peloter un peu, c'est pas grave... ronronna Blaise. Promis ! Je sucerais rien même pas un orteil ou une oreille. Rien.
- Et… et tu ne feras pas le petit sourire timide qui est si craquant ! Et tu dors habillé ! »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Le 'petit sourire si craquant' se dessina timidement.
« Noooon ! Pas ça ! supplia Draco, amusé. Et tu ne me murmures pas des choses coquines, tu ne me caresses pas non plus, les doudou c'est grognon. Tu dors. Dans ma miséricorde je t'autorise à respirer et à parler. Dernier point : on ne touche pas le tatouage ni avec les mains, ni avec la langue, ni avec les pieds, ni les cheveux, ni une plume, ni un foulard en soie. Rien !
- Le tatouage... je l'avais oublié celui-là… dit Blaise, le regard gourmand.
- Non, non, non.
- Pas même une seule fois ? »
Draco secoua la tête négativement. Blaise était à la dièt' ce soir. Un peu boudeur, ce dernier accepta mais ne put s'empêcher de sous-entendre :
« En plus… ça impliquerait que tu sois nu...
- Pas forcément mais passons et ne fais pas semblant de dormir pour me peloter… non, ça c'est moi, » sourit Draco.
C'est bien la première fois que je fixe des règles aussi dures à quelqu'un avec qui je dors. Saint Malfoy est parmi nous ! Il soupira et regarda Blaise partir dans la salle de bains se changer. Son père en crèverait s'il savait qu'il fricotait avec un moldu. Le Head Boy fit une petite moue. Au diable son père, il devait se concentrer sur la nuit à venir. Ça serait une des plus longues de son existence. Sentir ce corps chaud et excitant contre lui et ne pas céder… Il réarrangea nerveusement les coussins et quand il releva la tête il en eut le souffle coupé. Avec son pyjama de soie blanche, Blaise faisait encore plus Ange. Draco se redressa vivement.
« Je vais me changer aussi et… la douche froide » ajouta-t-il avec un clin d'œil complice à Blaise.
Quarante cinq minutes après, Draco sortit de la salle de bain dans un nuage de vapeur avec une serviette pour seul vêtement ; il avait oublié son pyjama dans la chambre. Il trouva son Ange blotti dans les draps de soie, serrant contre lui l'oreiller qui avait l'odeur du parfum de Draco. La veste du pyjama de soie blanche reposait sur le dossier d'une chaise.
« Je fais que passer... Enfin je reviens mais je prends le pantalon et je reviens. Enfin... »
Sous le regard amusé de Blaise, il saisit brusquement son pyjama et quitta rapidement la chambre. Il revint lentement de la salle de bain et se glissa dans le lit, le cœur cognant contre sa poitrine. Durant les quelques minutes occupées à se changer, bébé Ange s'était envolé vers Morphée, l'oreiller dans les bras et couché en travers du lit. Peut-être était-ce mieux de le laisser seul dans le lit. Il hésita encore mais Blaise entrouvrit un œil et voir Draco à ses côtés le réjouit et rendit l'oreiller à son propriétaire. Il se tortilla pour faire de la place mais Draco l'invita à ne pas bouger, c'est lui qui se faufilerait. Il s'allongea sur le côté et glissa ses deux jambes sous celles de Blaise qui l'enlaça. Draco rechercha la main de son ami sous les draps et y glissa ses doigts. Il n'avait pas besoin de faire l'amour physiquement. D'une certaine manière, lui et bébé Ange avaient déjà couché ensemble et ça avait été merveilleux. Il s'approcha doucement et ils s'embrassèrent pieusement.
« Bonne nuit, mon Ange.
- Bonne nuit, mon bébé dragon, » murmura d'une voix ensommeillée le beau Blaise.
Quelques minutes suffirent aux deux adolescents pour s'endormir dans la chaleur de l'autre.
Quand Draco ouvrit les yeux le lendemain, il sourit. Il se retourna contre la source de chaleur qui était collée à lui. Blaise lui sourit : il était réveillé depuis un petit bout de temps et ne se lassait pas de regarder son bébé Serpent dormir.
« Tu es réveillé depuis longtemps ? ronronna Draco, à présent face à Blaise.
- Non… »
Les deux adolescents s'embrassèrent. Mutin, et gourmand, Blaise exigea son petit déjeuner au lit. Draco s'étira, bailla et se leva. Pour son Ange, c'est la lune qu'il aurait décrochée, alors servir un petit déjeuner au lit semblait honnête comme souhait.
« Tu veux du jus d'orange ? De pamplemousse ? Cerise ? Fraise ? Mangue ? En boisson chaude : thé, chocolat chaud, café ? Un fruit frais ?
- Alors... je voudrais... un jus de fraise, avec un chocolat chaud... Et deux belles tartines de pain frais beurrées avec de la marmelade d'orange... et toi. Oui ! Un grooos bout de toi, aussi, répéta l'Ange, malicieux.
- Que monsieur patiente je reviens aussi vite que possible. »
Après un baise-main élégant, Draco sauta du lit au grand désespoir de son ami. C'est toi que je voulais manger, songea Blaise en s'étirant, ravi et souriant. Mais bon, son estomac gargouillait aussi ! Mmmmh, la journée commence bien... Blaise attrapa l'oreiller de Draco et s'enivra de son parfum comme il l'avait fait la veille. Blaise caressait l'oreiller quand Draco revint avec le petit déjeuner.
« Monsieur est servi. annonça Draco.
- Je meurs de faim ! Si je mange pas le matin, je peux rien faire. Il faut que j'avale tout ce que je trouve quand je me réveille ! » s'exclama Blaise, trop content que Draco ne relève pas ses sous-entendus innocents.
Le Head Boy déposa le plateau et s'installa élégamment sur le lit. Son ami se rapprocha de lui, l'enlaça et l'embrassa sur la joue !
« Merci mon chevalier servant !
- Attention, gloussa Draco. Je pourrais me changer en citrouille.
- C'est pas grave ! J'adore les citrouilles ! C'est orange ! Comme les carottes ! »
Des fois, Blaise faisait des liens entre des éléments qui n'en avaient pas. Il n'aimait pas les carottes mais il aimait les abricots... qui étaient oranges.
« Et doux ! insista-t-il. Doux comme toi. » Non ça n'avait vraiment aucun sens mais c'était tellement adorable.
« Mon petit abricot tout beau ! » s'exclama encore Blaise, fier de lui.
Draco écoutait souriant ses babillages. Aucun des deux n'avaient partagé autant d'intimité avec quelqu'un d'autre : le premier passait rarement la nuit avec ses partenaires, et encore moins la matinée, et le second n'avait tout simplement jamais dormi avec quelqu'un, pourtant, tout semblait naturel. Le capitaine de quidditch des Slytherins avait même reporté son entraînement du samedi après-midi pour profiter de son Ange. Sachant qu'il adorait ce sport, c'était un immense sacrifice. Enfin, « sacrifice » était un bien grand mot quand il était encore plus ravi de passer la journée entière avec son bébé. Il s'assombrit un peu. Le quidditch le ramena à Hogwarts et à Pansy. Il ne devait pas y penser. Il trouverait une solution. Blaise termina d'un trait son verre de jus de fraise et détendit sa jambe droite pour caresser celle de Draco afin de chasser ses soucis. Il continua à faire du pied tout en attaquant une tartine et suça la confiture qu'il y avait sur le bout de son index.
« MMMmmmmmhh… c'est bon la marmelade ! »
A chaque bouchée l'Ange se léchait les lèvres et les doigts, allumeur. Draco en oublia aussitôt ses problèmes.
« Désolé, mais ça coule partout... » s'excusa Blaise, battant des cils à la manière d'une biche énamourée.
Il glissa ses orteils dans la jambe du pantalon de pyjama en soie de Draco et souffla l'air de rien sur son chocolat chaud.
« Mmmmmmh, ça sent bon. Je suis devenu accro au chocolat chaud » ronronna Blaise, motant d'un degré de plus dans la séduction.
Tous les sens de bébé Serpent étaient en alerte : le fumet du chocolat chaud, la douceur acide des grains de raisins qu'il picorait négligemment, le regard bleu captivé par Blaise et surtout le pied de son ami contre sa peau nue et le doux chuchotis de tissu qu'occasionnait la caresse. Il conservait son self-control pourtant, et continuait la discussion comme si de rien n'était. Ce chocolat était fade à côté de ceux de sa mère, sa mère d'ailleurs qui aimerait rencontrer Blaise. Il lui en avait tellement parlé ! Quand son père n'était pas là bien sûr !
« J'ai l'impression que c'est pas terrible avec ton père.
- Oh... On diverge sur certaines choses. Enfin, il ne le sait pas que je suis pas d'accord et il est assez... autoritaire.
- Un psychorigide ?
- Oui, rit Draco. Je dois tenir ça de lui.
- Pfff, t'es pas psychorigide, toi ! T'es adorable.
- Je suis comme Janus… A deux visages.
- Pas grave, j'aime la complexité et j'aime tous tes côtés, affirma Blaise.
- Si tu es ok pour un ménage à trois, ça ira ! » plaisanta Draco, essayant d'ignorer les caresses de plus en plus appuyées sur sa jambe puis son pied.
Blaise jouait avec sa cueillère.
« Je suis déjà tombé amoureux de toi deux fois, alors... »
Deux fois ?
« Oui, deux fois. Une première fois, doucement, tu es entré dans mon cœur par courrier électronique puis, la deuxième fois... J'ai eu le coup de foudre pour ce gentil jeune homme qui est entré dans ce café...
- Jamais deux sans trois, qui sait… » murmura Draco, en songeant au jour où il se montrerait tel qu'il est : blond et plus grand, sans l'effet du polyjuice.
Il avança sa main vers la bouche de Blaise, enleva la tâche fraîche de chocolat et lécha le doigt chocolaté. Charmeur, le petit glouton saisit la main de Draco et suça avidement le même doigt.
« Je suis possessif, ronronna-t-il, c'est mon chocolat. »
Il commençait à faire chaud et la situation risquait de déraper. Draco récupéra son doigt et proposa une mandarine alors qu'il l'épluchait. Bébé Ange accepta, enchanté, d'autant que le Head Boy s'était rapproché pour lui donner la mandarine, quartier par quartier comme une maman oiseau. Chaque bout de fruit était l'occasion d'allumer l'autre. C'était devenu un jeu visiblement. L'agrume terminé, la « maman oiseau » proposa une mangue… « Plus sucré et plus… juteux » selon Draco, qui pelait et découpait proprement le fruit exotique.
« Allez petit oiseau, c'est l'heure de la becquée. »
Blaise s'approcha encore de Draco. Sensuellement, il ouvrit la bouche et présenta sa langue. Le regard chaud, il attendait la précieuse denrée. Draco déposa le morceau de fruit, impassible, mais frissonna. Alors qu'il croquait le morceau, bébé Ange devenait bébé démon et poussait des gémissements de plaisir. Partageur, Blaise prit aussi de la mangue et la glissa dans la bouche de son ami. Draco aussi pouvait allumer. Il referma prestement sa bouche mais prit soin de ne pas blesser son Ange qui avait encore les doigts dans la bouche du Head Boy. Blaise retira son doigt et plaça le bout de fruit sur sa langue. Il passa ses bras autour de Draco et le nourrit dans un long baiser. La mangue répandit son jus sucré dans les deux bouches mais c'est bébé Serpent qui l'avala. Blaise était affamé et approfondit le baiser. Draco s'allongea sur le lit, attirant son ami. Ce petit jeu dégénérait. Quelle serait la prochaine étape ? La dégustation du fruit exotique était hors propos à présent, seul le plaisir physique comptait. Le petit ange démoniaque relâcha enfin sa proie, ce qui ne l'empêcha de poursuivre sa séduction. Il se coula le long de Draco, embrassant l'épaule, le creux de la clavicule. Pendant cette descente vers le pays des Merveilles, les mains aussi glissaient le long du corps. Elles effleurèrent les bras puis se posèrent sur les hanches. La bouche de l'Ange câlin saisit un téton qui durcit très rapidement et la main droite délaissa la hanche pour taquiner aussi l'autre téton. La main gauche aussi quitta son port et poursuivit son exploration, encore plus bas, imitée par la bouche qui abandonna enfin le téton alangui. La langue coquine de Blaise dessina voluptueusement chaque muscle fin du ventre plat de bébé Serpent puis… Plongeon. La langue s'aventura dans le creux du nombril et la main gauche frôla la limite du tissu soyeux pour s'égarer sur le pantalon de Draco.
Le plaisir submergeait le Head Boy, il ne pouvait pousser que de mélodieux gémissements en réponse aux mille et une caresses de l'Ange. Pourtant, il devait le ramener à la raison : bébé Ange, aussi coquin et aventurier fut-il, ne savait pas où il allait. Draco l'attira donc en face de lui et l'embrassa fougueusement. Par Merlin, j'ai trop envie de lui… Draco décida de s'abandonner au plaisir, après tout son Ange était grand et s'il ne voulait pas continuer il n'avait qu'à arrêter quand c'était trop pour lui. Le bébé Serpent se fit tentateur et suça voluptueusement le pouce de Blaise. Lentement, il fit glisser le doigt humide le long de son torse et de sa main libre il écarta la ceinture de son pantalon et mit la main amicale sur son sexe en érection. Il guida Blaise pour les premiers va-et-vient puis le laissa continuer. D'abord timide, puis audacieux, Blaise accéléra. C'était la première fois qu'il touchait vraiment un autre garçon. Il avait rêvé de ce moment et là, il débordait tellement d'excitation que lorsqu'il saisit Draco par les cheveux pour l'embrasser, le baiser s'apparenta à un viol tant il était passionné. Draco osa glisser sa main dans le pantalon de son ami et s'agrippa à sa fesse ferme. Il était proche de l'éjaculation. Sa respiration était de plus en plus rapide. Ses lèvres tremblaient. Blaise ondula vers le bas-ventre de Draco, le regard chaud. Le Head Boy sourit mais se rembrunit. Non ! Son Ange ne devait pas le sucer ! Pas maintenant ! Draco était allé trop loin. Il devait tout arrêter ! A contre-cœur, il donna un grand coup de pied dans le plateau déjeuner. Ca y est ! Mes draps sont fichus ! Blaise sursauta et se releva aussitôt, affolé.
« Vite ! Je vais tout dégueulasser ! »
Draco sauta du lit direction la cuisine et revint en courant pour éponger le jus de fraise et le chocolat chaud. Blaise se confondit en excuses. C'est peut-être mieux comme ça... Je sais pas… J'en avais envie... mais… mais je voulais pas dans ce corps… mais il est si... oh la la ! Pendant qu'il ramassait les fruits et la vaisselle, Blaise avait encore en tête le contact dur et doux du sexe frémissant de Draco. Il rougit et reprit un air navré :
« De si beaux draps ! Et un si beau déjeuner... Depuis le temps que ma mère me dit que c'est pas bien de déjeuner au lit, elle avait au moins raison pour ça.
- Bébé, c'est moi, je suis… tellement… maladroit ! »
Bébé Ange ne pipa mot, persuadé que c'était de sa faute. Il regroupa le plus gros du déjeuner sans rien dire, n'osant même pas regarder Draco. C'était de sa faute. S'il ne l'avait pas peloté, rien ne serait arrivé.
« Tu m'en veux ? osa Blaise
- Pourquoi je t'en voudrais ? Ca n'est pas ta faute. » Il récupéra le plateau, le confia à Blaise et l'invita à poursuivre le petit déjeuner à la cuisine. Il changerait les draps et le rejoindrait.
N'empêche que si j'avais pas eu ma langue dans ton nombril. Et si j'avais pas eu ma main….. oh ! Merlin ! J'ai rêvé ou j'avais ma main... Merlin ! Ma langue... dans son nombril et ma main… Dans son... Sur son... Sa…… ouh, j'ai chaud !!! Blaise était planté dans le couloir, rêvant à sa langue coquine et sa main gourmande. Son nombril... sa peau si chaude, si... si parfumée, si parfaite, si... Aaah… Et ses lèvres, cette langue, ses doigts sur ma peau, mes doigts sur sa peau… Il soupira et sursauta la seconde suivante : Draco était passé devant lui et lui avait donné une petite tape sur ses fesses, le tirant de sa rêverie.
« Attention, les racines poussent ! gloussa Draco.
- Je pensais à toi ! s'excusa Blaise, trottinant à sa suite jusqu'à la cuisine.
- Vu ta tête... Je m'en doutais.
- Ah bon, je bavais ?
- Oui, j'ai failli glisser, » rit le bébé Serpent en préparant un autre déjeuner.
Inconsciemment, Draco ondulait sur une musique imaginaire. Il ne sentait même pas le regard appuyé de Blaise qui était fasciné par le mouvement hypnotique des hanches. Quel moment magique ! Toujours en dansant, il déposa les bols sur la table et retourna à la surveillance du lait sur le feu. Il était venu plusieurs fois à l'appartement pour apprendre à se servir de la plaque de cuisson. Les objets moldus étaient tellement compliqués ! Absorbé et concentré, il n'avait pas entendu Blaise se glisser derrière lui. Bébé Ange ondulait contre lui sur la même musique imaginaire et l'enlaça. Draco se laissa faire puis il se retourna, colla Blaise à lui et continua à se déhancher. Il se pencha et suçota le lobe gauche de Blaise. Il le suçota puis le mordilla. Draco virevolta.
« Même dans une cuisine on est deux bombes sexuelles à retardement, » murmura-t-il au creux de l'oreille de son ami.
Par-dessus l'épaule de Blaise il vit le lait frémir. Ça allait déborder ! Le Head Boy repoussa gentiment Blaise.
« Le lait… ça déborde vite, ronronna-t-il.
- Oh ! Tu es vraiment cruel parfois ! se plaignit Blaise qui regardait, dépité, son amoureux verser le lait chaud dans les bols.
- Assieds-toi, ça va refroidir.
- Mouais… Y a deux ou trois trucs qui sont pas refroidis, ronchonna l'Ange. Heureusement y a le chocolat dans la vie… »
Pendant que Draco dissertait sur les croissants, à savoir qu'il les aimait croustillants, gras mais pas trop – mauvais pour la ligne et la santé - et que les meilleurs restaient les croissants français, Blaise avait d'autres idées, son désir toujours brûlant. J'ai envie de tout balancer par terre et de lui faire l'amour sur la table de la cuisine. Oh Merlin, je perds la tête ! Voir le tentateur mordiller le fameux croissant n'arrangeait rien.
« J'adore tremper… les croissants, expliqua Draco, appuyant ses paroles par ses gestes. Il trempa le croissant dans le chocolat chaud et le mordit à pleines dents. J'adore tout tremper en fait. Une fois, j'ai trempé un toast sur lequel il y a avait du fromage français dans du thé. C'était super bon. C'est mon petit dej' en été en général.
- Moi j'ai trempé mes lèvres en toi, et ça m'a intoxiqué. »
Bébé Ange rougit. Il avait vraiment dit ça à voix haute ?
« Mon Ange, il n'y qu'un moyen de te soigner.
- Ah oui ? » hésita Blaise.
Il regarda Draco se lever et s'installer à califourchon sur lui.
« Hé, je suis pas sûr... bredouilla Blaise
- Mon Ange, on a un problème. Il y a une énorme tension sexuelle entre nous, commença Draco d'une voix douce. J'ai autant envie de toi que toi de moi et... c'est plus que physique, c'est... au-delà. Pour la première fois, je veux "faire l'amour" et pas baiser. Mais... je ne peux pas.
- Quoi ? s'étonna l'Ange, frémissant.
- Je suis complètement dingue de toi, je n'ai pas de problème physique, tu as pu t'en rendre compte. Mon ange, je... ne veux pas non plus que ça arrive… pas comme ça du moins. Le plateau, c'était pas un accident. Je t'aime, tu... es la première personne avec qui je suis bien et ce malgré tous les partenaires que j'ai pu avoir. Toi, tu es plus que ça. Tu fais battre mon cœur. Tu es ma raison de vivre. Tu es mon arc-en-ciel après dix-sept ans de pluie. »
Radieux, Blaise l'enlaça et posa la tête sur son épaule.
« Attends, l'arrêta Draco, j'arrive au moment fâcheux. Je... ne veux pas coucher avec toi parce que tu vaux mieux que ça. Je... je suis toujours engagé officiellement auprès de quelqu'un. Ok, j'ai eu des tas d'aventures depuis que je suis avec elle mais, toi, tu n'es pas une aventure. »
Le joli regard angélique se voila.
« Donc, si je résume... Tu m'aimes plus que tout, mais je serais le seul sur cette terre que tu ne toucheras pas parce que tu me respectes c'est ça ?
- Pas exactement…
- C'est quoi, alors ? Tu veux pas que je sois ton amant illicite ? demanda Blaise, amer.
- Je me suis fixé une certaine ligne de conduite, en accord avec mes sentiments. Je... je n'ai plus d'aventures depuis... depuis que je ressens certaines choses pour toi. C'est toi que je considère comme mon petit ami comme si coucher avec d'autres équivalait à "te" tromper. Je veux pouvoir coucher avec toi librement. Pas avec cette notion de... de.. oui… d'amant illicite. Je veux te vivre pleinement, pas... comme un voleur.
- Dans ce cas, où est le point fâcheux ? Qu'il faut... attendre ?
- On... on ne fera pas l'amour tout de suite malgré toutes tes tentatives et les miennes…. Justement… excuse-moi pour… pour tout à l'heure….. Je…. Je n'aurai pas dû…. C'était…. Très malvenu et incorrect.
- Ne t'excuse jamais de me toucher… surtout quand… visiblement, je ne suis pas tout à fait contre. Gentiment, bébé Ange caressa la joue douce de son bébé. Ça me va... mais... les baisers et les caresses... relativement chastes, ça compte ou pas ? Et puis tu sais, j'ai attendu dix-huit ans, je peux encore attendre quelques mois.
- On a le droit aux bisous, » gloussa Draco en retournant à sa place.
Les deux adolescents terminèrent le petit déjeuner en babillant. Quand chacun eut avalé sa potion de polyjuice de son côté, ils se dirigèrent vers la laverie. Les draps ne pouvaient pas rester dans cet état ! Ce fut aussi l'occasion d'une discussion importante…
C'était bien beau d'aller à la laverie mais savaient-ils se servir d'une machine à laver ? Draco ne s'occupait jamais de son linge alors de là à nettoyer le linge avec des appareils moldus… Ca relevait du challenge. Mais Merlin était clément, il y avait deux utilisatrices et le Head Boy n'aurait qu'à user de son charme et délèguerait une fois de plus le travail. Sous l'œil étonné puis jaloux de bébé Ange, Draco sortit le grand jeu :
« Mesdemoiselles, bonjour. Nous sommes un peu perdus mon ami et moi. Nous sommes très étourdis, nous avons oublié notre lessive. Pourriez-vous nous aider, s'il vous plait ?
- T'es sûr qu'on peut pas se débrouiller seuls ? » grogna Blaise à son amoureux, plissant les yeux du plus pur style 'je vais te tuer, toi !' le tout agrémenté d'un sourire forcé.
« Ouais, t'as raison mais t'es sûr qu'elles savent faire tourner... ces trucs ? » ajouta-t-il désignant une machine à laver.
Draco ôta tout doute à Blaise, lui sourit et recommença ses ronds de jambes aux demoiselles qui leur offraient leur lessive :
« Merci, c'est a-do-ra-ble. Nous sommes nouveaux et nous ne savons pas trop comment ça marche. C'est de la soie des Indes, expliqua-t-il en caressant le drap, c'est très fragile. »
Blaise se hissa nonchalamment sur une machine et scruta la scène, les jambes croisées. Il fulminait intérieurement. Pourquoi Draco avait-il renversé le plateau ? Pourquoi ne pas avoir dit tout de suite que, lui, il était sorcier ? Hein ? Un coup de baguette et ton drap il serait propre ! On ne serait pas là, comme deux idiots, dans un endroit qui pue, qui est bruyant avec des… Blaise se creusa la tête pour retrouver le nom, des… machines à laver, à bavasser devant deux gourdes… Et voilà qu'il leur fait le baise-main ! commenta intérieurement l'Ange jaloux. Je rêve !
« Vous êtes exquise, Sandy, ronronna Draco à l'une des deux jeunes filles. C'est notre première fois ici.
- Alors comme ça vous êtes nouveau ? demanda Carla, la copine de Sandy.
- Oui, on vient d'aménager quelques rues plus haut et nous ne sommes pas équipés, » roucoula bébé Serpent.
Ca me fait vomir… pensa Blaise. Voilà qu'il raconte notre vie. Et c'est quoi ces bobards ? Musiciens ? Pourquoi il raconte qu'on est des musiciens ? Pourquoi pas dire qu'on est des... astro-navigat... astro-marins… astro… astromachins ! Ceux qui vont dans l'espace ! Mais… il les… drague ?????? Il… les… drague !!! Passablement énervé, bébé Ange tambourina sur le dessus de la machine sur laquelle il était assis et commença à battre des jambes. SON amoureux ne lui avait pas décoché un regard depuis qu'ils étaient là. Draco n'avait d'yeux que pour ces bécasses :
« Et vous que faites-vous, ici ? De belles jeunes femmes ne devraient pas être seules dans un endroit comme celui-ci.
- Ben on s'occupe de notre linge... expliqua Sandy, désignant un string en dentelle rouge dans son panier et le montrant à Draco avec un regard aguicheur. C'est fragile ça aussi...
- Oh quelle pièce ravissante ! Oui, je me doute c'est si fin et si soyeux ! »
Tu parles, c'est de la dentelle bon marché, pensa Blaise qui décida de ne plus écouter la conversation ennuyeuse, hors de propos et TOTALEMENT DEBILE !! Il imaginait un monde où les draps, les vêtements ne se saliraient jamais ou s'auto-nettoieraient, un monde sans machine à laver, un monde sans Carla ni Sandy… Il soupira. Quelque chose le tira pourtant de sa rêverie.
« Comment ça vous n'avez pas de petits amis ?? s'indigna Draco, charmeur.
- Ben... roucoula Sandy, on attend le prince charmant il parait qu'on peut le rencontrer n'importe où...
- … Même à la laverie, » termina Carla avant de demander si eux avaient des copines.
Un petit silence s'abattit sur les quatre personnes. Sandy, Carla et surtout Blaise guettaient la réponse de Draco.
« Non… pas de petites amies… » s'apitoya Draco.
Blaise descendit de la machine, contrarié et blessé. Il voulait partir. Bébé Serpent n'était qu'un salaud. Il… Blaise sursauta. Draco venait de l'attraper par la main et entrelaça ses doigts dans les siens.
« Non, reprit le Head Boy, pas de copine… mais… j'ai un copain. »
Il attira Blaise contre lui et, sous le regard incrédule des deux jeunes filles, l'embrassa longuement. Tout espoir s'évanouit de Sandy et Carla. Toute colère s'évanouit de Blaise qui fondit dans le baiser. Draco plaqua son ami contre une des machines et ondula tout contre. Quand enfin il s'en décolla, il regarda les deux filles et s'adressa à elles :
« Il est coquin, il a fait des folies de mon corps ce matin. Résultats : il fallait nettoyer les draps. Mon cœur tu es si joueur le matin, ajouta-t-il à l'attention de Blaise.
- Mmmmh, oui je sais mais tu aimes teeellement ça, répondit le bébé Ange qui aimait la tournure que prenait la discussion.
- C'est vrai... tu as une langue... et pas que la langue d'ailleurs…
- Allons... pas devant ces demoiselles, tu vas les choquer. »
Horrifiée et imaginant tout ce qui avant pu se passer dans les draps, Sandy les lâcha. C'était vraiment pas de bol. Deux mecs mignons, deux mecs gays et en couple… La vie était vraiment trop injuste ! Dégoûtées, elles abandonnèrent leur lessive en expliquant quand même le fonctionnement des machines.
« T'es vraiment un pourri quand tu t'y mets... les pauvres filles… susurra Blaise.
- T'as pas aimé ?
- Pas des masses, tu sais. Ce truc que t'as fait avec ces filles après coup, j'ai trouvé ça marrant, mais franchement... tu m'as fait flipper. Tu comprends, je sais que tu aimes les garçons ET les filles... alors, je dois me méfier des deux... et je n'aurai jamais la certitude de te satisfaire complètement. Il y a certaines choses... que je ne pourrais jamais faire
- Tu penses à quoi ? A une paire de seins ? Avec la chirurgie tout peut se faire, » plaisanta Draco.
Il n'avait pas voulu mais bébé Ange était blessé. Bébé Serpent essaya de se rattraper :
« Tu te trompes, bébé. Il ne te manque rien, au contraire... Tu as le petit 'plus' qui te rend différent, unique et si précieux. Tu m'apportes ce que personne ne m'avait donné... Filles et garçons confondus
- Ah oui ?
- Tu m'aimes... Et ça, ça me satisfait bien plus que tu ne pourrais le croire... »
Un sourire lumineux éclaire le visage de Blaise.
« Occupe-toi de ces draps ! C'est ta punition pour m'avoir fait râler ! » lança-t-il joyeusement.
Draco sortit donc un billet (ou « fichus bouts de papier ! » comme les appelait le Slyherin, qui ne connaissait que les gallions et les noises – les mornilles ne l'intéressaient pas) et l'introduisit dans l'appareil à faire la monnaie. Des tas de pièces tombèrent.
« Jackpooooooooooooooooot !!! Bravo bébé !!!! T'as gagnééééé » s'exclama Blaise.
Draco lut soigneusement les instructions : il déposa les draps dans le tambour (et pourquoi pas une guitare ??), mit la lessive, referma le hublot, choisit le programme destiné aux tissus fragiles et glissa les pièces dans la fente. Dans un vrombissement épouvantable la machine fonctionna. Blaise, qui s'était rassis sur la machine, leur machine, sauta vivement. Le bruit était vraiment horrible ! Draco sourit. Tout était bien… exotique ! Servir le déjeuner au lit, utiliser des plaques de cuisson et faire une lessive ! Jamais un Malfoy n'avait fait autant de travail domestique ! Ses ancêtres se retourneraient dans leur tombe s'ils savaient. Et son père !!!
« On va manger une crêpe ? » demanda-t-il à Blaise.
L'Ange s'illumina. Ils allèrent main dans la main dans un petit glacier et choisirent des gaufres finalement. Crème de marron chantilly et chocolat froid pour bébé Ange et gaufre au nutella et un lait/fraise pour bébé Serpent.
Draco sirotait sa boisson comme s'il s'agissait du meilleur et plus onéreux nectar. Blaise, lui, trempait son doigt dans la chantilly et paraissait songeur…
« Au fait je voulais te demander toute à l'heure… C'est à propos de... voila, en fait, depuis qu'on correspond, tu fais allusion à ta vie sexuelle plutôt... bien remplie et… euh… c'était quand ta première fois ?
- Alors la première, première fois... C'est pas très glorieux enfin si, plutôt mais... bon, j'avais... 14 ans.
- 14 ans ???
- 14 ans c'est notre premier bal et en général c'est là qu'on essaie… des choses…
- Et toi t'as foncé. C'était une copine de classe ? Ou… un copain ?
- Non pas exactement… Déjà c'était une semaine avant le bal… euh... et la mère d'un de mes cothurnes amenait le costume de son fils et... moi j'étais dans la chambre à étudier, seul, et... elle m'a fait comprendre que... que... qu'elle voulait qu'on couche ensemble. Ma première fois avec une fille ne pouvait pas être aussi merveilleuse. »
Blaise écarquilla les yeux, plus amusé que choqué. S'il avait su qu'il avait en face de lui Draco Malfoy et que le capitane de l'équipe vert et argent de quidditch était en train de parler d'Ornella Zabini, sa mère, il n'aurait sûrement pas ri. Il lui aurait sauté à la gorge jusqu'à ce que mort s'ensuive. Au lieu de ça, il demanda avec désinvolture quel âge avait la jeune femme gourmande et avide de chair… fraîche.
« 29 / 30 ans. Là où c'est pas glorieux c'est qu'elle est perverse et elle a voulu faire ça dans le lit de son fils et quand elle venait à l'école c'était toujours comme ça.
- Oh mon dieu ! Et il est au courant, ton cothurne? Mmm, je suppose que non…
- Non. Il me tuerait s'il savait. Enfin je sais pas. Peut-être pas mais je lui ai jamais dit. Imagine : "Eh ! Je me tape ta mère dans ton lit." »
Blaise pouffa de rire. Draco continua :
« Enfin après j'ai eu ma chambre donc ça n'a duré qu'un an, dans le lit de son fils du moins.
- Et vous continuez à vous voir ? Encore... récemment ?
- Jusqu'au mois dernier oui, régulièrement. Enfin, je suis… j'étais.. un amant parmi tant d'autres. »
L'Ange ne riait plus. Il baissa les yeux et fixa sa cueillere comme si l'objet pouvait le réconforter. Il connaissait Draco depuis le 9 décembre et malgré des débuts chaotiques, il s'en était vite amouraché. On était le 7 janvier. Quand il l'avait connu, Draco couchait encore avec elle. Sa jalousie revint. Le Head Boy s'en aperçut.
« Eeeh, bébé Ange ! Ne fais pas cette tête ! Je ne la vois plus !
- Je fais pas « cette tête ».
- Si tu la fais, le contredit gentiment Draco. Qu'est-ce qui ne pas va pas ?
- Ca va !
- Bébé Ange, dis-moi… »
Blaise lâcha enfin la cueillere.
« Ca doit te manquer. Le sexe, je veux dire… avoua-t-il enfin. Je veux pas être... un frein ou un boulet ou je sais pas trop quoi à tes pulsions, tu comprends ? »
Draco réfléchit un instant. Les rapports qu'il avait n'étaient pas qu'une question de pulsions. Bien sûr, ses hormones étaient en effervescence mais en grattant, il y avait autre chose. Le… vice. Il aimait ses relations parfois malsaines et s'épanouissait dedans. Du moins le croyait-il. C'était surtout que c'était sa manière à lui pour se sentir… aimé. Il comblait ses partenaires qui le comblaient en retour. Oui, c'était une façon de se faire apprécier. Il faisait partie de ces gens qui séduisent de manière abusive, quasi maladive, parce qu'ils manquent d'affection. 1/ Il aimait le sexe par vice. 2/ Son manque d'affection était comblé par les attentions de ses partenaires. 3/ Il restait un ado en plein chamboulement hormonal. 4/ Le sexe ne décevait jamais quand on choisissait bien ses camarades de jeu et enfin 5/ le sexe n'impliquait aucun engagement. Alors, l'état d'abstinence qu'engendrait une relation avec Blaise, état-il un problème ? 1/ Son Ange le rendait pur. 2/ Bébé Ange lui prodiguait tellement d'amour qu'il en débordait. 3/ Pour les hormones, il restait toujours le mode manuel. 4/ Blaise était bien plus qu'un camarade de jeu et sa relation chaste n'était pas un problème en soi et 5/… il s'était engagé avec l'Ange le matin-même dans la cuisine…
Devant tant de logique et de tendresse déguisée Blaise sourit. Bébé Serpent avait vraiment réponse à tout ! Il devait faire partie du club privé des personnes qui savent pourquoi le ciel est bleu.
« 14 ans avec une femme et… avec les garçons ? Le premier, c'était ton joli cothurne ? »
Le Head Boy sourit. Il était curieux le petit Ange.
« Je ne savais pas que j'aimais les garçons du temps où je partageais sa chambre. Sinon… j'aurais tenté. Mais ça n'aurait pas marché de toutes manières. Il est trop… Enfin, je suis trop sale et vénal à son goût. »
Blaise mangea un autre bout de gaufre et posa sa main sur celle de Draco :
« Moi, je t'aime avec tous tes défauts et toutes tes qualités.
- Tu dis ça... parce que tu ne sais pas tout.
- Je sais pas... peut-être. Mais si tu y vas doucement dans les horreurs, j'aurais le temps de m'adapter.
- Et toi, comment tu as su pour les garçons ?
- Ahhh, pertinente question... Je le sais, c'est tout.
- Et... on t'a jamais dragué ? Je veux dire... Tu es mignon, gentil. C'est rare qu'un garçon comme toi reste longtemps célibataire. Enfin je dis ça mais tu as dû avoir des flirts. »
Bébé Ange baissa à nouveau les yeux et fixa intensément de nouveau la cuillère. Oui, il se faisait aborder mais ressentait chaque tentative d'approche comme une agression. Du coup, il n'avait eu qu'un flirt, forcé plus ou moins de surcroît. Blaise n'en n'avait pas trop eu envie, l'autre garçon si, alors il l'avait laissé faire. Il regarda son Serpent adoré :
« Tu es la seule personne jusqu'ici... dont j'ai désiré qu'elle me touche. Il n'y a que toi que j'ai voulu embrasser. Je sais que... pour le moment, on n'ira pas plus loin mais c'est pas grave. Et puis je dis ça, mais je tremble comme une feuille dès que tu m'effleures. Je sais même pas si... je dois bien te faire rigoler, quand j'y pense. N'importe quel gamin de 15 ans a plus d'expérience sexuelle que moi... alors au moins, un de nous deux saura s'y prendre...
- C'est inné ce genre de chose, ne t'inquiète pas, essaya de le rassurer Draco. Ne le prends pas mal mais pourquoi... pourquoi... on dirait que tu complexes quant à ta virginité ?
- C'est... Non, je complexe pas... C'est... Enfin, si... peut-être... J'ai l'impression que je serais jamais à la hauteur avec toi. Si j'étais un super mauvais coup et que tu me rejettes pour ça ?
- Crétin ! Je ne te rejetterai jamais pour ça ! Tu seras parfait…
- Tu crois ?
- Non, je ne le crois pas : j'en suis certain. Je le sais parce que... ton regard marron la semaine, bleu le week-end me le dit. Ton sourire me le dit. Tes caresses me le disent. »
Merde, les yeux, il a pas oublié... Il oublie rien… songea Blaise.
« Je ne fais qu'écouter et surtout, dit Draco en lui prenant la main, j'entends ce rythme régulier, dans ta poitrine, dans ma poitrine aussi, qui dit " Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime." Ecoute bien et tes doutes s'envoleront aussi et tout t'apparaîtra simple et instinctif.
- J'ai de la chance que tu sois si patient... si compréhensif... et si doux.
- Chut ! Si on t'entendait en s'en servirait pour me poignarder dans le dos et ça ruinerait ma réputation. C'est notre secret. »
Sa réputation semblait importante même s'il en rigolait. Que faisait-il avec Blaise alors, qui était supposé être un moldu ? Le nom des Malfoy serait souillé et Lucius ne lui pardonnerait pas s'il l'apprenait.
« Parce que… je t'aime », répondit presque naïvement Draco.
Bébé Ange glissa ses doigts dans ceux de bébé Serpent.
« Moi aussi, bébé. Alors... Je ne veux plus t'entendre douter, surtout si c'est à cause d'un cauchemar. »
Blaise faisait allusion au cauchemar dont Draco lui avait parlé quelques jours plus tôt.
« C'est peut-être idiot ce que je vais dire... Mais je crois que rien ne pourra nous séparer si on le veut vraiment, tu ne crois pas ?
- Tu ne connais pas mon père, marmonna Draco, lugubre.
- On peut toujours fuir à l'autre bout du monde, s'il le faut... Je jouerais à la sortie des métros.
- Et moi dans les bars.
- Voila...La parfaite vie de bohème, s'exclama joyeusement Blaise.
- Adieu les draps en soie… soupira Draco.
- Les draps ! Ils doivent être prêts ! Et puis... tu vaux quand même plus que tous les draps en soie du monde. Je préfère dormir par terre avec toi que vivre seul dans l'opulence. Tu es ma plus grande richesse... »
Les deux adolescents terminèrent leur goûter, récupèrent les draps et partirent se promener main dans la main dans les rues londoniennes. Le soir, ils dînèrent dans un petit restaurant italien et rentrèrent se coucher vers minuit. Le dimanche s'écoula tranquille avec toutefois la crainte du lendemain. Ils ne se séparèrent que le lundi matin, le plus tard possible pour profiter au maximum l'un de l'autre, et se donnèrent rendez-vous pour le vendredi suivant.
Prochain chapitre : La semaine de l'Enfer...
(ça promet...)
