MP:
Je sentis quelqu'un bouger à côté de moi. J'ignorais combien de temps j'étais restée plongée dans mes pensées. J'avais bien sentis les yeux de Jarod posés sur moi pendant que je rêvais et c'était, à vrai dire, mon seul lien avec la réalité. Je tournai la tête vers lui et il me sourit.
"S'il savait à quel point son regard et son sourire me font du bien."
J'ouvris la bouche pour commencer la fameuse conversation mais aucun mot ne sortit. Je ne savais pas exprimer mes sentiments, quel qu'ils soient, comme d'habitude. Par où commencer ? Comment le dire ? Quels mots choisir ?
Autant de questions qui me faisaient presque regretter d'être aller chercher Jarod dans sa chambre.
Il prit ma main sans que -à l'agréable surprise pour nous deux- je ne l'en empêche. Il avait sentit mon malaise et m'encourageait à continuer par ce geste. Je laissai ma main dans la sienne et commençai :
MP : Comme tu le sais et comme tu le vois, c'est difficile pour moi mais je tiens à avoir cette conversation. Depuis que nous sommes rentrés en Amérique, je n'ai pas arrêté de me poser des questions sur ce qui s'est passé entre nous sur Carthis. Je sais que tu n'as pas l'habitude que je sois aussi direct en ce qui concerne mes sentiments mais tu dois savoir que j'ai beaucoup réfléchi ces derniers temps. Plus le temps passe et plus je découvre les atrocités et les mensonges que le Centre a fait et a dit à ma mère, à tout le monde, à toi, à moi. En les découvrant un par un, ils sont moins douloureux sur le coup mais quand on y repense, on se demande comment le Centre a fait pour faire autant de mal à autant de gens pour les faire souffrir toute leur vie. En allant sur Carthis, nous avons appris que nos mères étaient prêtes sacrifier leur vie pour que tout cela cesse, pour que le Centre soit anéanti. Ma mère voulait m'offrir une vie meilleure, loin du Centre, loin des douleurs et des mensonges, mais elle n'a pas réussi. Avec son grand cœur, elle voulait plus que le bien de sa fille. Elle voulait également sauver les autres enfants du Centre dont tu faisais parti. Et aujourd'hui, je suis arrivée à un moment où je me pose des questions sur ma vie, ou plutôt où je n'ai plus peur de m'avouer que je me pose des questions sur ma vie. Je sais bien que je ne pourrais pas continuer ainsi, à mener cette vie et ceci pour deux raisons. La première c'est que je suis sûre que ma mère n'aimerait pas me voir dans la même pièce que Lyle ou Raines et surtout de ne pas faire grand chose pour empêcher leurs actes. Et la deuxième raison, c'est que je ne veux plus rester au Centre car il a déjà volé la vie de mère et la moitié de la mienne et maintenant j'ai envie de vivre pleinement l'autre moitié. C'est pour cela que, quand j'y retournerai, je ferai tout pour rassembler des preuves contre Raines et les autres pour pouvoir anéantir le Centre et permettre à toutes les personnes qu'il fait souffrir de vivre libres.
Je le regardai pour voir ses impressions après un tel discours de ma part. Il semblait encore être en train d'assimiler tout ce que je venais de dire. Je comprenais. Ça devait être étrange de voir celle qui vous traque depuis 5 ans vous dire qu'elle veut en finir avec le Centre. Je le regardai à nouveau, il sourit. Il resserra sa main autour de la mienne comme pour me dire qu'il était d'accord avec moi sur cette décision.
J: Ta mère serait fière de toi.
Ce furent les seuls mots qu'il prononça mais c'étaient les plus beaux mots qu'il pouvait me dire à cet instant et ils me suffisaient car je savais qu'il le pensait réellement.
Je lui souris en m'enfonçant dans le canapé. Je me doutais qu'il avait quelques objections, notamment sur le fait que je retourne au Centre, mais il ne dit rien, estimant sûrement que j'avais déjà fait beaucoup d'efforts pour en arriver à prendre cette décision et ne voulant probablement pas me forcer pour ce soir. Je l'en remerciais intérieurement car cette décision n'avait pas été facile à prendre. J'avais tout de même passé la moitié de ma vie au Centre et la vérité était que j'avais peur de ce qui se passerait quand le Centre ne serait plus. Cette peur de l'inconnu, d'une autre vie, me faisait me poser beaucoup de questions auxquelles je n'avais pas toutes les réponses et Jarod le savait bien.
Il commença à parler de tout et de rien et cela me rappelait les conversations que nous avions lorsque nous étions enfants. Pendant qu'il parlait, je vis une lueur d'espoir dans ses yeux. L'espoir qu'un jour, on aurait une vie meilleure.
Sydney :
En arrivant au Centre, je me dirigeai directement vars le labo de simulations. Il y avait un homme qui se leva à mon entrée.
S: Qui êtes vous ?
: Votre assistant.
S: Mon assistant ?
Qu'est-ce que c'était encore que cette histoire ?
: Oui, le directeur a jugé utile que je vous apporte mon aide.
Son aide ? Plutôt une surveillance de mes moindres projets, faits et gestes.
S: J'aurais dû me douter que Raines y était pour quelque chose
: Non, Mr Raines n'y est pour rien. Mr Lyle est le nouveau directeur du Centre.
S: Depuis quand ?
: Très tôt ce matin
Il fallait que je trouve Broots. Lui seul pourrait m'aider à trouver comment tout cela s'était passé.
S: Puisque vous êtes mon assistant, je vais vous confier deux paires de jumeaux. Les tests devraient avoir lieu dans une heure et j'ai une urgence alors je vous laisse vous en occuper.
: Mais…
S: Qu'y a-t-il ? Vous êtes là pour autre chose aussi ?
:…euh…non…je vais faire les tests.
Je sortis du labo en laissant l'homme seul et apparemment pris au dépourvu par ma réaction. En me dirigeant vers le bureau de Broots, je rencontrai notre nouveau directeur.
L: Ah ! Sydney ! Je tiens à vous informer personnellement de ma promotion : je suis directeur maintenant.
Il avait dit sa avec fierté. Comme si on pouvait être fier de diriger un endroit comme celui-ci !
Sans aucune forme de politesse, contrairement à mes habitudes, je lui demandai :
S: Comment avez-vous fait ? Mr Raines n'aurait jamais laissé sa place.
L: C'est vrai. Ma chère sœur m'a beaucoup aidé en tuant Raines. Il faudra que je pense à la remercier car, en plus, elle l'a fait pour protéger Jarod, ce que le Triumvirat n'a pas du tout apprécié. Ayant apporté la preuve de la trahison de Mlle Parker, ils ont approuvé ma demande. Tout ça grâce à une petite vidéo et à vos deux protégés.
Il me sourit et s'en alla. Voilà comment il savait pour Raines. Il fallait que je prévienne Mlle Parker et Jarod et que je trouve Broots.
