Crédit des personnages : JK Rowlings

Disclaimers Angel : signature : Paul Eluard extraits de M, Mylène Farmer et Placebo.

Disclaimers bébé serpent : signature : Le Petit Prince de St Exupéry, extraits de Jules Renard, poèmes de Paul Verlaine, Charles Baudelaire et Paul Eluard.

Termes anglais :
Slytherin (Serpentard
Gryffindor (Gryffondor),
Hufflepuff (Poufsouffle),
Ravenclaw (Serdaigle),
Hogwarts (Poudlard),
Hogsmeade (Pré-au-lard),
Head Boy / Head Girl (préfet(e) en chef),

Note : cette fic est relue et corrigée mais les fautes dans les mails de bébé Ange sont laissées volontairement. Il peut en rester ailleurs aussi, mais se seront des oublis dans ce cas ^^


La cerise (amère) sur le gateau (moisi)

Quand Blaise arriva enfin à l'appartement de son petit ami, il pensait être au bout de cette semaine infernale. Epuisé, il alla dans dans la sale de bains pour se rafraichir. Le garcon qui s'y reflétait n'avait pas ses traits, il avait déjà pris le polyjuice, mais avait lui aussi l'air las. L'eau fraîche le ragaillardit un peu. Tout allait être mieux à present, le pire était passé. La brosse attira son attention : il y restait des cheveux blonds. Il la nettoya vaguement mais et trouva un preservatif visiblement usagé dans la poubelle. Le sang quitta son visage. C'était la journée des découvertes désagréables...

Il se rendit dans la chambre : le lit était fait impeccablement. Daniel (le prénom que Draco avait donné) devait certainement être dans une école militaire pour faire un lit de cette façon.

Il n'y avait plus qu'à attendre pour avoir une explication.

Plus le temps passait, plus Blaise se renfrognait.

Un bruit de serrure se fit entendre.

Draco se débarrassa de ses affaires. Heureuement car il vit sa chevalière, qu'il fit glisser dans une poche de son pantalon. Le sourire aux lèvres, il rejoignit son petit ami qui avait quand meme fini par lui réveler son prénom : Ben. Il se lova contre lui et lui offrit une orchidée :

"Une fleur pour la plus enivrante des fleurs."

Blaise se raidit. Il avait un peu grignoté en attendant mais la colère l'avait un peu tendu. Il esquissa quand meme un petit sourire, un peu crispé :

"Merci mais... pourquoi ? Tu veux te faire pardoner de quelque chose ?

- Humm... C'est moi qui recherche les raisons des choses d'habitude pas toi. Mais oui, je veux me faire pardonner quelque chose. Je suis désolé pour le retard. A croire que je suis maudit ! Les problèmes n'arrivent que le vendredi soir !

- Mouais… »

Sentant un froid entre eux, Draco se décolla et posa la fleur sur la table, se demandant ce qu'il se passait.

« Merci quand même », murmura Blaise en triturant toujours nerveusement l'écharpe que Draco lui avait donnée lors de leur rencontre.

Blaise essayait de ne pas penser à sa semaine horrible mais s'entendre insulté toute la semaine « chienne des sangs de bourbe » et découvrir que Draco était l'adolescent que sa mère « chérissait » lors de ces soirées orgiaques l'obsédait, mais ça Draco l'ignorait.

« Ca n''est pas facile. Je n'ai pas de moyens de te prévenir de mes retards. Je suis désolé.

- Je... je me disais... Sur... "ton" écharpe les initiales c'est "DM", n'est-ce pas ?, murmura Blaise comme s'il était ailleurs et n'avait pas entendu ce que son ami venait de dire.

"Euh... oui, répondit Malfoy en pâlissant légèrement.

- Pourtant, tes initiales... c'est D"B"... Non ? Alors, c'est qui « DM » ? », demanda Blaise accusateur.

« Euh... C'est... C'est moi. C'est mon deuxième prénom. Mes vraies initiales sont DMB. »

Mais quel mytho !,
songea Blaise. Il me prend vraiment pour un con.

« Ecoute, tu as tes secrets... ben j'ai les miens aussi. Je te dirai tout mais plus tard. »

Blaise inspira profondément Il devait peser ses mots sinon tout allait déraper.

« Je suis con, désolé je croyais que tu voyais quelqu'un d'autre... Un DM peut-être.

- Je ne te donnerai pas son écharpe.

- Tu me l'as pas donnée, je te l'ai demandée. Peut-être que tu couches avec quelqu'un d'autre, je sais pas moi.

- Non ! Non je ne couche avec personne d'autre ! »

Blaise se tassa dans le canapé en repensant aux cheveux blonds et au préservatif. Il se tassa dans le canapé l'air malheureux.

« Excuse-moi, finiti-il par dire. J'ai... j'ai passé une semaine horrible. Je t'en ai pas parlé avant mais…Je voulais pas gâcher notre week-end ! Je suis sur les nerfs et… et je me suis remis à psychoter pour rien et… »

Sa phrase resta en suspend. Il se cacha les mains dans le visage et lutta de toutes ses forces pour ne pas pleurer mais la pression était trop forte.

« Je… je suis... vraiment désolé... », bafouilla-t-il.

Draco se détendit et enlaça son petit ami.

« Ne pleure pas, » se contenta-t-il de dire.

Il ne pouvait pas dire qu'il était DM.

« Bébé, qu'est-ce qu'il s'est passé cette semaine ? »

Blaise se blottit enfin contre son amoureux et sanglota davantage. Lui non plus ne pouvait pas dire qu'il était sorcier, qu'il s'était fait agresser par un cognard et avait réalisé que le Head boy était une pute à la solde de sa mère.

« Je suis désolé, j'ai plombé l'ambiance. On devrait manger.

- Tu n'as pas diné ?, s'exclama Draco.

- J'ai grignoté en t'attendant. Mais j'ai plus faim, à vrai dire. Du thé ça te tente ? »

Sans répondre, Malfoy alla dans la petite cuisine et mit de l'eau à bouillir c'était mieux que de parler pour ne rien dire ou s'engueuler. Cette relation était vouée à l'échec. Il n'aurait pas dû mentir dès le début. C'est qu'il avait été terrorisé d'être aperçu avec un Sang… un moldu. Maintenant, il ne pouvait pas faire demi-tour… pour le moment. Quand l'année serait finie, les choses seraient différentes.

« Je ne t'ai pas remercié comme il se doit, murmura Blaise en l'enlaçant. Je ne t'ai même pas dit bonjour. »

Il l'embrassa longuement.

« Tu veux que je te fasse rire ? Je vais te raconter ma semaine. Drame et romantisme au rendez-vous, attention. Je suis dans une école… élitiste et tous ceux qui n'en font pas partie sont considérés comme des merdes. Tu te souviens de mon délégué psychorigide ? Je lui ai parlé de nous et… et il l'a répété à la plus grosse langue de pute de l'école qui l'a claironné partout.

- C'est si grave de voir quelqu'un hors de votre école ?

- Pour certains, oui. C'est une école sympa mais certains sont très traditionalistes avec tous les défauts que ça implique : intolérance, exigence et... brutalité parfois. Mais moi je m'en fous, tu sais !, s'exclama Blaise en acceptant la tasse de thé qu'on lui proposait. Déjà que mes camarades ne m'aimaient pas vraiment, là ils s'en donnent à cœur joie. C'est pour ça que j'étais à cran, tu n'y es pour rien. Je suis désolé. »

Draco le serra contre lui. Selon le récit de son petit ami, il fallait croire que les moldus aussi étaient des enfoirés. La connerie n'avait pas de limites semblait-il. la sienne le frappa en plein visage. Il avait adhéré à ces idées de supériorité mais Ben avait ébranlé ses croyances. Son cœur cognait fort dans sa poitrine quand il pensait à lui.

Blaise se laissa faire même si une voix insidieuse lui susurrait que ce garçon était un menteur. Le souvenir de la semaine passée, quand il avait baratiné les deux filles à la laverie était encore vivace. Il^pouvait faire croire n'importe quoi à n'importe qui. Si seulement il pouvait la faire taire ! Pourtant, elle lui disait qu'il allait souffrir tôt ou tard. Il se laissa pourtant câliner.

« Nos deux écoles ne sont pas si différentes on dirait.

- Ah oui ? Vous aussi vous avez des putes ?

- Oui... ma copine. Elle, elle a tout d'une pute : la langue, le comportement, la façon de s'habiller et les maladies qui vont avec. »

Blaise rit mais se raidit. Et si les cheveux blonds étaient à une fille ? Daniel n'avait pas caché sa bisexualité.

Depuis l'histoire de l'écharpe, Draco se sentait pétrifié par sa propre stupidité et il lui semblait être pris au piège d'une situation inextricable. Son histoire de DM était bancale mais tellement vraie. Pourtant, il sentait qu'il n'était pas crédible. Alors, il avoua dans un sursaut d'honnêteté.

« DM… DM est quelqu'un de mon école. Il voudrait rester discret sur qui il fréquente, ses parents ne sont pas commodes. On était ensemble dans le train et… il a dû prendre mon écharpe et moi la sienne. C'est un type répandu. Et… il était ici mais je ne sais pas quand. Je t'ai menti. Excuse-moi.

- Et tu donnes souvent les clefs de ton appart à des "camarades" de classe ? Je croyais que t'avais pas d'amis, rétorqua Blaise, d'un ton sec, blessé par le mensonge.

- T'as raison, je n'ai pas d'amis, répondit Draco en desserrant l'étreinte et reculant. Merci de le rappeler. C'est notoire que mes "camarades" c'est un nom pour mes "amants" ou "maîtresses". DM aussi c'est mon amant et en fait, depuis Noël on baise ensemble ici aussi. Je laisse ses affaires pour que tu les trouves et je te donne même son écharpe.

- Dis-moi, il est blond, ton DM ? Ou son copain, peut-être ?

- Ca n'est pas "mon" DM déjà mais oui, il est blond. Son copain ? Je ne sais pas qui il fréquente. C'est important ?

- Je sais pas, je demandais ça comme ça.

- Il… il a des problèmes ou il pourrait en avoir. Ses parents sont durs, son père surtout. Je sais que c'est notre endroit mais je ne pouvais pas ne pas l'aider. Son père le tuerait, vraiment ! Je devais l'aider. Au moins une nuit. Je crois que tu en aurais fait autant, non ?

- Il a dormi ici ?

- Oui.

- Avec toi ?

- Non ! Il… il n'y a rien entre lui et moi. Je lui ai laissé les clefs.

- Et il a retrouvé quelq'un ici ?

- Je ne sais pas. »

Draco perdait pied. Il ne voyait pas d'issue.

« Ecoute, commença Blaise en se levant, je suis crevé. Je vais me coucher je crois.

- Tu comprends pourquoi je ne suis pas sympa ? Ca se retourne contre moi. Tu… reprendras du thé ?

- Oui. Merci.

- Alors assieds-toi. Tu ne vas pas le prendre debout.

- J'aime pas le boire trop chaud. Je reviens, je vais changer les draps d'abord.

- Pourquoi tu changes les draps ?

- Parce que j'apprécie moyennement de dormir dans des draps où quelqu'un d'autre que moi a baisé, répliqua sèchement Blaise en allant dans la chambre. Mais c'est bon, on verra ça demain... je suis fatigué. »

Sans bouger de là où il était, Draco regarda l'autre garçon défaire le lit et remettre des draps propres.

« Je vais dormir à côté. Repose-toi », dit-il résigné.

Il éteignit les lumières et laissa juste une veilleuse allumée. Ce fut à son tour de s'avachir sur le canapé. Il alluma une petite radio et se roula un joint.

L'autre garçon passa devant lui sans un regard pour aller dans la salle de bains. Quand il en ressortit, il se planta devant lui et lui demanda d'une voix douce s'il viendrait se coucher avec lui après.

« Avec toi ?, demanda Draco.

- Ben ouais.

- Je prends une douche rapide et j'arrive. J'aime bien me laver le soir mais ça tu le sais déjà, hein. Dix minutes top chrono. »

Blaise sourit et regagna la chambre, se couchant à la place de Draco.

« Ferme les yeux, je ne fais que passer, prévint Draco, ruisselant, enroulé dans une serviette de bain. »

Forcément Zabini regarda et sourit au bout de tatouage qui dépassait.

« Ne regarde pas, je me change ici. »

Bien installé, Blaise profitait du spectacle même s'il ne put retenir un sourire devant la façon psychorigide du supposé moldu à ranger sa serviette.

« Tu me mates !, s'indigna Draco, amusé.

- Oui, ça te gêne ?

- Non. J'adore ça. »

Blaise l'invita à venir sous la couette une fois qu'il eut mis complètement son pantalon.

L'autre se glissa dans le lit.

« Tu en as vu plus que moi j'en ai vu, ronronna Draco. Tu es coquin finalement. »

Blaise caressa sur le tissu le tatouage avec le dragon.

« Il est vraiment très beau, dit-il dans le noir. Un jour, je lui ferai son sort.

- Et quoi ? Je peux avoir une bande-annonce ?

- Il me nargue depuis trop longtemps. Je dois lui montrer qui est le plus fort.

- Il n'attend qu'une chose : être… dressé, » murmura Draco, de plus en plus excité.

Blaise choisit ce moment pour retirer sa main. Il écarta une mèche de cheveux de son petit ami.

« Pas ce soir, bébé. Je suis trop crevé. »

Il l'embrassa et se lova contre lui.

Merlin, faites que je me sois trompé sur son compte. Faites qu'il soit bien, se répéta Blaise dans le noir.

« J'ai tellement peur de te perdre, murmura-t-il.

- Moi aussi, susurra Draco. Je t'aime. Je ne ferai jamais de mal. »

Zabini frémit. L'autre était sincère… ou il avait l'air sincère. Non, il était sincère !

Ils s'endormirent ainsi dans les bras l'un de l'autre.

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Le matin, Blaise fut le premier debout. Décidé à se faire pardonner sa crise de paranoïa de la veille, il bondit du lit malgré l'heure tôt et fonça à la salle de bains. En faisant tomber le pantalon de son amoureux, un petit bruit lui indiquait que quelque chose était tombé.

Son sang se glaça à la vue du bijou. Une chevalière marquée aux initiales « DM ». Cette bague il la connaissait. C'était celle de Malfoy. Tout se remit en place. Blond, Head Boy. Serpent. Psychorigide. Dragon. L'écharpe. La pute de fiancée. Les draps en soie. Le camarade qui aime quelqu'un qui ne devrait pas. Les gens qui persiflent. Tout lui sauta en plein visage. Le papier cadeau vert et argent. Le manque d'imagination. Le collant trop sensible qui passait son temps à lire. Comment n'avait-il pas compris avant ?

Pris de vertiges, il se laissa tomber ahuri sur le canapé.

C'est pas possible. C'est pas possible. C'est pas possible. C'est pas possible. C'est pas possible. C'est pas possible. C'est pas possible. C'est pas possible. C'est pas possible. C'est pas possible, se répéta-t-il dans sa tête. Son Ange… c'est moi ! Son moldu… c'est moi. Mais… comment s'est possible ?, se demandait-il pour la énième fois, sonné par cette révélation.

Malfoy ne peut pas m'aimer. Il n'aime personne à part lui. Il… il m'a dit lui-même qu'il aimait chasser les proies difficiles. Que J'étais la proie la plus inaccessible qu'il ait vue. Merlin. Non. Non ! Ca serait... qu'un jeu? Un stratagème pour me baiser ? Une partie de chasse et la mise à mort, c'est mon cœur brisé ?

« J'ai toujours ce que je veux… quelque soit l'énergie et la patience que je dois y mettre », avait déclaré Malfoy à sa soirée d'anniversaire en Lord Scarlet. Ces paroles prononcées pourtant un an auparavant n'étaient pas oubliées. A présent elles résonnaient comme une sentence aussi distinctement que si elles avait été prononcées la veille.

Blaise serrait toujours la bague. Il rassembla ses esprits et se leva. Il posa la bague sur son oreiller et se vêtit silencieusement.

« Je te jure que tu vas le regretter, espèce de bâtard », cracha-t-il avant de partir.

« Black c'est le nom de sa mère. Je suis vraiment trop con de ne pas y avoir pensé, » grinça-t-il.

Dans un moment de rage, il jeta le pot avec l'orchidée et posa ses clefs sur la table.

Malfoy allait goûter sa vengeance.


Chapitre suivant : La vengeance est un plat qui se sert mieux à deux !