Ecrit en écoutant (entre autre) :
Gwen Stefani – Early Winter
Tomandandy – Post Suicide
Glee feat. Patrick Neil Harris – Dream on
Mademoiselle K – Jalouse
Limp Bizckit – Behind blue eyes
La BO de « Drive »
RAR bmw : Merci pour ta review. Ah, bébé Ange est un vrai bonbon tout doux, tout sucré ^^ C'est le seul de nos Blaise ainsi. Les autres ont un caractère plus affirmé et sont plus... entreprenants ^^ Après si tu aimes les personnages comme ça, je te recommande un de nos OS : "La ceinture de chasteté". On retrouve Draco tout mignon ^^ Ca change ça aussi. C'est complètement OOC mais peu importe. Bah si je continue "Le cas des Hiboux" c'est parce que je suis psychorigide (j'ai dû l'admettre). Un jour je finirai peut-être "Par Merlin je suis saint Potter" mais là il va m'en falloir du temps pour trier. Ceci est une autre histoire. En tout cas, effectivement, ça va saigner dans ce chapitre... Bon week-end :)
La vengeance est un plat qui se sert mieux à deux !
Le dimanche avait été morose.
Dès le réveil, Draco avait compris : Ben l'avait quitté. La chevalière, sa chevalière, pas celle d'un amant présumé, trônait sur l'oreiller froid. Toutes ses excuses avaient été foireuses il fallait l'admettre. Craignant de se faire remarquer avec un moldu, il avait perdu un garçon bien. Il attendit toute la matinée dans l'appartement et partit dans un cyber café inonder bébé Ange de mails. Il avait laissé un mot sur la porte des fois que Ben revienne. Ce qui n'avait pas été le cas. Il avait attendu toute la journée. Le soir il repartit la mort dans l'âme à Hogwarts.
Les jours qui suivirent furent tout aussi longs. Chaque jour il envoyait des messages à son Ange mais celui-ci semblait s'être envolé. Cette impuissance le faisait rager. Ca allait vraiment finir de cette façon ? Le mois de janvier s'écoula tristement.
Un soir, une surprise l'attendait. Un petit carton posé sur son lit. Les objets qu'il en sortit l'étonnèrent : son écharpe et un lecteur mp3 qui ressemblait fortement à celui offert à Ben. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Quelqu'un l'avait espionné et était au courant de sa relation interdite ? Pourquoi s'en faire, elle semblait terminée de toutes façons. Il se laissa tomber sur le lit, dépourvu de toute envie. Pour la seconde fois en peu de temps, on venait de lui arracher le cœur. S'il s'en tapait du fleuriste, Ben était différent. Ben lui manquait énormément. Il n'en retrouverait pas un comme lui. Son petit ami allait peut-être se calmer et revenir. Dans un dernier mail, il avait juste écrit qu'il était DM, il avait menti et qu'il était prêt à tout lui dire. Bien sûr, c'était désespéré. Draco n'était pas prêt à tout lui dire.
Le Head Boy continuait sa routine car son petit ami, ex petit ami ?, ne lui avait pas répondu. Seul dans le bureau des Préfets, Granger était partie en ronde, il essayait de lire un essai sur les usages de l'ellébore qui l'aurait passionné s'il n'était pas préoccupé. On frappa à la porte mais avant qu'il réponde, on entra. C'était ça aussi le boulot de Head Boy : répondre aux étudiants. Il se demandait parfois pourquoi il avait eu ce poste. Son… "altruisme" était notoire…
« Quoi ?, éructa-t-il presque, agacé d'être dérangé même par Zabini… qui n'arrivait pas seul. Potter l'accompagnait.
- Tu vois, Harry, je t'avais dit qu'on le trouverait là. »
Draco soupira et retourna à sa lecture, un peu dérangé par Zabini. Son air rêveur s'était évanoui et la présence de Potter ne présageait pas de bonnes choses.
« Alors... La journée n'a pas été trop dure ?, roucoula Blaise en s'asseyant sur le bureau.
- Ca va, Blaise ?, demanda Draco de plus en plus étonné par la situation.
- Il me demande si ça va, rit Blaise. Je jubile ! Tu as trouvé mon petit cadeau ? Oui, le carton avec les cadeaux de…bébé Serpent. »
Draco blêmit.
« Oh, je crois qu'il comprend, dit Harry.
- Pour être sûr, je résume, l'amour rend aveugle et con parfois. Je sais que tu es… Lord Scarlet. Quel nom ridicule, sérieux. Je suis sûr que ça vient de ma mère, elle n'a jamais eu d'imagination. Je n'ai pas apprécié d'être un instrument à qui on envoie une pute pour se faire dépuceler. J'ai encore moins apprécié tes propos. Que tu ferais tout pour m'avoir. Quel que soit le temps que tu y mettrais. J'ai pris les devants Malfoy… ou plutôt devrais-je dire… bébé Serpent, encore un pseudo débile, soit dit en passant, et c'est moi qui t'ai baisé. C'est là où je veux en venir. Alors maintenant, Harry et moi on voudrait savoir si tu as des questions. »
Draco était à mille lieux de l'ellébore. Il se félicitait d'être assis car les forces lui auraient manqué.
« Comment ça des questions ?, parvint-il à articuler.
- Oui. N'importe quoi. Par exemple... Comment a-t-on jinxé les e-mails ? Depuis combien de temps on joue avec toi ? C'est jouissif, tu sais. Tu es tellement… naïf sous tes airs de grand seigneur.
- Donc... ça n'a pas à voir avec un problème d'étudiant. Vous n'avez rien à faire ici alors. Sortez, essaya de dire Draco sans ciller.
- Allons, sois pas mauvais joueur, on peut pas rigoler, alors ?
- Si on peut rigoler, rétorqua Malfoy, mais ce n'est ni le lieu ni le moment. Ce n'est pas marqué dans mon emploi du temps. Ah, on est psychorigide ou on ne l'est pas ! »
Il ne voulait pas y croire. Il était en train de rêver. Bébé Ange n'existait donc pas ? Tout avait été une mise en scène et il s'était fait berner ? Non, il devait mal comprendre. Blaise n'était pas comme ça. Quelqu'un était polyjuicé en lui. Un pote à Potter, certainement.
« Tu es vraiment pitoyable, asséna Blaise en descendant du bureau. Je me demandais… Tu y croyais vraiment ?
- Ce… à quoi… je ne crois pas… c'est toi. Blaise… Blaise ne serait pas comme ça.
- Tu es intelligent mais… ça ne te sert à rien, je suis bien Blaise Zabini. »
Il énuméra une liste de choses que seul Blaise et lui savaient. Avec un sourire satisfait, il reposa sa question et rit devant le silence de Malfoy.
« Apparemment, oui, tu y croyais. Vraiment épatant. Le 'grand' chasseur pris au piège par un semi-slytherin et un gryffondor, ça me fait mourir de rire.
- Et un pseudo-moldu, rit Harry. N'oublie pas le délicieux Ben.
- Deux putes oui, deux putes mal-baisées, ne put retenir Draco, blessé.
- Pardon ? Qui me parle de pute, ici ? J'ai dû rêver. Et qui fait la pute pour ma mère depuis des années ? Et qui se fait baiser comme une pute par un fleuriste ? Et qui allait se faire baiser comme une pute par un moldu ? »
Draco perdit pied.
« Blaise... pourquoi... pourquoi tu racontes ça ?, demanda-t-il doucement.
- Pour savourer.
- Savourer quoi ?
- La fin de ton règne. Tu es tombé dans notre piège, tu ne t'en remettras pas si facilement.
- Tu... tu crois ça ? Je m'en fous, essaya-t-il de dire détaché. La poupée, rends-la-moi aussi.
- Tu crois que je l'ai gardée ? Tu crois que j'ai gardé la moindre chose de toi ?
- Ou est-elle ?
- Mon pauvre garçon, tu m'as tellement donné envie de vomir avec toutes tes mièvreries. 'Mon ange' par-ci, 'mon bébé' par là. Elle n'a jamais quitté la gare, ta poupée. Jamais je n'aurais donné ça à ma sœur, ça l'aurait souillée. Je l'ai jetée dans la première poubelle que j'ai croisée. Tu pourras plus jouer à la poupée, désolé. »
Draco se leva et repoussa violemment la chaise sur laquelle il s'était tenu aussi calme que possible. Il empoigna Blaise par le col et le poussa contre le mur.
« Pauvre tas de merde, cracha-t-il haineux. Que toi et ta chienne vous vous amusiez de moi, ça passe mais que tu jettes une poupée de ma mère. Crois-moi tu vas le payer. »
Aveugnlé par la colère, il ne sentit pas Blaise se troubler : il ne savait pas que l'objet appartenait à Narcissa Malfoy. Soit Draco mentait, soit il avait été sincère. Comment savoir ?
« Tu n'es qu'une ordure Zabini mais laisse-moi te dire une chose, une seule, dit Draco en resserrant sa prise, arrachant un petit cri de douleur à l'autre garçon.
- Lâche-moi !, s'insurgea Blaise.
- Non ! Tu vas m'écouter. Ta maman va être fière de son engeance. Elle sera ravie de savoir que son fils est comme elle, une véritable roulure. La petite Ambre aussi doit baiser quand tu dors, je la surveillerais , si j'étais toi ? Protège-là on ne sait pas ce que pourrait lui arriver de fâcheux. »
Harry tira Draco en arrière.
« Quel touchant tableau : la pute des Sangs-mêlés et l'orphelin.
- Je préfère baiser un Sang- mêlé qu'une traînée dans ton genre, Malfoy ! Je préfèrerais baiser la terre entière plutôt que toi !
- Et moi je suis content finalement que la mascarade soit finie, ça m'aurait fait gerber de baiser une roulure dans ton genre, je préfère encore baiser Pansy, dit Draco.
- Franchement, le niveau de tes insultes baisse, tu as perdu de ton mordant… 'bébé serpent' »
Draco ne dit rien. Il avait tout donné. Ambre avait été sa dernière carte. La situation le dépassait. Il avait mal au cœur. Il voulait être seul.
« Ca y est ? Tu as fini ?, dit-il en s'époussetant.
- Ah, non, tu fais bien de me rappeler ça ! »
Il fouilla dans sa poche et posa quelques pièces sur le bureau :
« Pour tes services. Tu nous as bien fait rire. »
Ivre de colère, Draco lui décocha un coup de poing dans le ventre puis Harry le bloqua par derrière.
« Espèce de salaud !, vociféra-t-il. Crevure, siffla-t-il.
- Il est décoiffé, le pauvre, gloussa Harry.
- Toi, sans famille, j'espère que t'as des économies, dit-il au Gryffindor. Parce que c'est peut-être moi la pute mais c'est pas moi qui me suis fait entretenir ou sinon fais comme moi : envoie la note de frais à papa. Oups… il est mort le tien.
- Tu me donnes envie de vomir, Malfoy. Tu ne récoltes que ce que tu as semé. A torturer les autres et faire de leur vie un enfer, il te fallait bien un retour de bâton.
- Oh saint Zabini. Je suis fier de toi : un vrai petit serpent qui pique par derrière. Potter, tu devrais l'emmener se faire soigner, il pisse le sang.
- Quelle bonne idée ! Te faire virer pour coups et blessures.
- Fais-le, je ne verrais plus ta sale gueule. En attendant, « mon ange », trouve-toi un endroit où dormir, je pense que tu ne seras pas le bienvenu au Donjon.
- Je ne suis pas sûr que ton autorité sur les serpents soit au top, mon chéri, quelqu'un qui se tape un moldu, c'est assez mal vu au Donjon, plus qu'un qui voit un Sang-Mêlé.
-"Mon ange" le quart des Slytherins se tapent des Moldus… Tu ne savais pas que ta mère donnait des autres soirées que les Nuits Bleues ? Des soirées où il y a très peu d'élus. Et il y a des invités spéciaux… des Sang-de-Bourbe. Et qu'est-ce qu'il se passe ? Ah oui… viol collectif… tout simplement bandant ! Alors que je me tape un Sang-de-Bourbe, ça ne serait pas nouveau. »
Draco mentait à moitié. Ornella Zabini organisait effectivement ce genre d'événement mais il n'y avait que des Mange-morts et la soirée se terminait plutôt mal pour l'invité à ce qu'on racontait. Jamais il n'aurait voulu en être mais quitte à se diaboliser, autant le faire à fond.
Blaise se lova contre Harry.
« Ce bureau n'est pas un bordel. Tirez-vous. »
Devant l'immobilité des deux garçons, il entreprit de partir de la pièce.
Harry bailla.
« Bon, il me fatigue déjà, dit-il à Blaise. On va le laisser travailler. »
Mais Draco les bouscula et sortit vivement, la mâchoire crispée.
« Attends, bébé Serpent, tu oublies ton mouchoir pour pleurer », gloussa Harry.
Blaise ne riait pas, lui. Etait-il allait trop loin ?
« Je donnerais tout pour voir sa tête quand il verra notre petit cadeau », soupira Harry.
Blaise frémit. Ils ne s'étaient pas contentés de le confronter dans le bureau. Ils avaient imprimé tous les mails échangés. Tout le monde avait lu ou allait lire les échanges enflammés de Draco.
Enfermé dans des toilettes, Draco sanglotait. Quel était ce délire ? Recevait-il la monnaie de sa pièce ? N'avait-il pas suffisamment souffert ? Bien sûr qu'il avait dit ces choses horribles à Blaise un an auparavant mais il avait laissé tomber. Il avait mal au cœur. Il avait mal à la tête. Il avait envie de dormir. Il sortit une pilule de sa poche et l'avala. Bébé Ange ne reviendrait pas mais il aurait moins mal quelques heures. Une fois sur pied, il retourna dans le bureau où il trouva Hermione. Il s'installa derrière son livre et ne décocha pas un mot. Il rentra au Donjon sans même apercevoir Blaise au coin du feu ni les papiers sur les tables dans lesquels il avait étalé son amour. Il planait déjà de toute façon. Dans sa chambre, il ne vit pas le violon. Il se prépara un fix, le premier depuis une éternité. Vautré sur l'écharpe rouge, il partit vers un joli endroit, bébé Ange était avec lui.
Blaise l'avait vu passer se réfugier dans sa chambre.
Putain, c'était jouissif, pensa-t-il. Au moins, j'ai pris les devants cette fois. Il peut bien crever, je m'en tape. Il va crever de honte et sera brisé.
Brisé.
Le mot sonna étrangement.
Brisé… comme mon cœur.
L'échange d'aujourd'hui avait été insupportable. Il avait rassemblé tout son courage. Quand il était allé trouver Harry pour son plan, il avait trouvé ça amusant et mérité. Mais il s'était épris de « bébé Serpent ». Se dire que tout ça n'avait été qu'une fumisterie l'avait anéanti. Partir de l'appartement l'avait tué mais Daniel n'existait pas. il n'avais jamais existé. Il se rappela pourtant leur premier baiser. Son premier baiser.
Une larme, suivit d'une autre, coula. Pourquoi pleurait-il ? Ne s'était-il pas vengé ?
Sa main tremblait. Ses larmes devaient être dues à la fatigue. Quoi d'autre ?
Pourquoi fallait-il que tout se déroule mal avec lui ? En tout cas, la réaction de Malfoy lui avait confirmé ses soupçons. Si Draco avait vraiment été sincère avec 'son Ange', pourquoi ne l'avait-il pas retenu ? Pourquoi ne l'avait-il pas rattrapé pour lui dire : « mais mon Ange, je t'aime moi ! Ne me laisse pas ! J'ai toujours été sincère ! Je t'aime ! »
Au lieu de ça ils s'étaient dit des choses horribles. Pire, Draco l'avait frappé. Il l'avait regardé sans rien dire. Il avait un regard vide, loin du regard vif de son bébé serpent. Même le polyjuice ne pouvait altérer l'intensité d'un regard. Et ce regard vide, dépourvu de tout sentiment, c'était bien celui de Malfoy. Du Malfoy qui se moquait bien de sa petite vie. Du Malfoy qui c'était bien foutu de sa gueule. Du Malfoy cruel et froid qui lui avait broyé le cœur. Mais… pourquoi ? Pourquoi ?
Blaise secoua la tête, essayant de chasser ces pensées obscures qui l'habitaient ces derniers temps. Il frissonna. Depuis que son cœur était de nouveau recouvert de ténèbres, aucun feu ne pouvait le réchauffer. Il attrapa quand même distraitement son livre et resta près du feu, dans son fauteuil habituel. Il se lova confortablement dans ce dernier et ouvrit son livre.
Il secoua la tête et partit se coucher, il n'arrivait pas à se concentrer. Il ne trouva pas le sommeil. La nausée persista et il n'était pas soulagé de s'être vengé.
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Draco se réveilla dans son vomi vers 5h du matin, par terre. Il se leva péniblement et prit une longue douche et une tonne d'aspirine. Jamais il ne tiendrait sur son balai pour les entraînements. Il quitta sa chambre tôt et pâlit à la vue des papiers qui trainaient partout.
« Sweet Candy dit : ça n'est pas du tout maladroit... je me disais justement que j'avais l'impression de te sentir au bout de mes doigts, de te caresser...
Snake Eye dit : waou je rougis là
Sweet Candy dit : et moi je me dis que si un prof regarde cet écran, je vais avoir l'air malin! mais je m'en moque
Snake Eye dit : moi aussi...
Sweet Candy dit : tu vas aller à Londres ou chez tes parents pendant les vacances?
Snake Eye dit : chez moi. Maman me manque. c'est bête de dire ça à mon âge hein ? puis elle est souvent seule alors je rentre lui tenir compagnie
Sweet Candy dit : non, ça confirme ce que je pensais de toi : tu es un sentimental refoulé... (sans aucune connotation négative, bien sûr) je me trompe?
Snake Eye dit : gnagnagna je sais pas, en fait. peut-être mais ne l'ébruite pas ça serait la fin de mon "règne"
Sweet Candy dit : promis... pas un mot », lut-il.
Le premier chat avec bébé Ange. Son cœur se serra.
« Mon Ange,
J'ai tenté d'étudier mais en vain. Chacune de mes pensées allaient vers toi et à présent je ne trouve pas le sommeil. Je ne peux pas briser le sort que tu m'as jeté, je n'essaye même pas. C'est si doux d'être rempli de toi, abreuvé par tes mots muets et tes attentions, douces comme une plume.
Je brûle aussi de te rencontrer, de me noyer en toi. Effectivement, il me tarde de rentrer à la maison mais jamais il ne me tardera autant de retourner à l'école. Je pensais pouvoir tenir jusqu'à la rentrée pour te voir mais j'en mourrai. Comme tu l'as dit, une bougie que l'on prive d'oxygène s'éteint. Le train qui me ramène chez moi passe par King's Cross... J'ai 1h15 d'attente pour ma correspondance... J'arrive à 18h, à la gare, peut-être pourrions-nous nous y retrouver le temps d'un chocolat chaud. Mais n'importe quel endroit fera l'affaire du moment que tu enchantes ces lieux...
Je ne pourrais pas t'écrire non plus. Le Manoir est isolé de toute technologie, j'essaierai de faire des sauts à Londres mais ce ne sera pas évident... Pourtant, chaque soir des orchidées fleuriront dans le ciel et dans mon cœur. Je n'aurai qu'à fermer les yeux, et tu seras de nouveau contre moi...
Mes yeux... Ils ont toutes les gammes de bleu : du bleu sombre les jours d'inquiétude au bleu pâle les jours de colère ou gris les jours de tristesse. mais pour toi, ils seront deux lacs de douceur.
Je cours te rejoindre dans mes rêves les plus fous… ».
Un mail daté du 29 décembre. Et il y en avait partout. Il sortit sa baguette et tous s'embrasèrent instantanément. Il se doutait qu'ils étaient là depuis un bout de temps. Tout le monde devait le savoir. Il soupira et se rendit au bureau de Préfet où il s'enferma jusqu'au début des cours. Sur son passage, la plupart gloussait. Le temps les lasserait peut-être, non ?
La journée s'écoula incroyablement lentement et il fut heureux de se cloitrer dans sa chambre.
Sobre, il remarqua le violon. Pourquoi Blaise ne l'avait pas récupéré lorsqu'il avait ramené le carton ? Il le serra contre lui comme si cela conjurerait le sort puis il voulut le casser, le piétiner, le détruire. Toute cette haine ne demandait qu'à sortir. Il se contint difficilement. Il devait le rende sinon il finirait par le casser. Inspiré, il joignit un mot pur Blaise et le remit à Théodore Nott. Ce dernier scrutait son homologue comme pour y lire quelque chose mais quoi ?
Pour se vider la tête, Draco décida de sortir. Ce soir il allait s'enivrer de musique, danser jusqu'à s'effondrer. Tout tournait autour de lui. La musique, la foule, un peu d'herbe, il planait encore au-dessus de sa misérable vie sentimentale. La réalité le rattrapa quand il alla au bar.
« Ben alors Malfoy, t'es venu seul. »
Potter.
Draco atterrit brutalement et se retourna. Le garçon tenait Blaise, un bras autour de sa taille. Encore sous l'effet des drogues, il rit.
« Je viens seul mais… je repars toujours accompagné. J'arrive pas à me décider entre cette jolie fille et son mec. Je rentre avec les deux, gloussa-t-il en montrant difficilement un couple assez proche. Oups, j'ai trop bu je crois, ou trop fumé ? »
Blaise qui n'était pas très à l'aise se renfrogna davantage. Draco était trop sexy dans son pantalon noir moulant et son petit haut gris lamé qui laissait voir le tatouage et le nombril mais… Malfoy restait Malfoy : un être écœurant et amoral.
Le Head Boy prit la bouteille de champagne et les trois coupes qu'il avait commandées :
« Ciiaaao les mecs », gloussa-t-il en titubant légèrement vers le couple.
Blaise le regarda embrasser le garçon puis la fille puis s'éloigner.
« Je vais rentrer. J'aime pas ces endroits, je te l'ai dit.
- On peut se détendre autrement, proposa Harry le regard brillant.
- Ouais… Peut-être mais cassons-nous. »
La journée avait pourtant bien commencé : il avait récupéré son violon et il avait appris la séparation de Draco et Pansy. Ce qui énervait le plus la sorcière n'était pas de s'être faite plaquer (son fiancé avait été suffisamment humilié pour qu'elle en ait des retombées et subisse aussi son humiliation) c'était de ne pas l'avoir fait avant Draco : se faire larguer par un loser craignait !
Seul dans son lit il repensait à Draco. Comment avait-il pu écrire de si beaux messages passionnés alors qu'il était froid et sans imagination ? En tout cas, il se remettait bien de son humiliation. De toute façon, Malfoy était un connard qui couchait avec des gens qu'il n'aimait pas. Lui n'avait pas à faire ça. C'est pourquoi il avait laissé Harry à sa main pour satisfaire ses besoins. Harry était… ma foi… gentil mais ça n'était pas bébé Serpent.
Bébé Serpent n'est qu'une mystification, songea-t-il amer avant de fermer les yeux sur cette horrible journée.
Chapitre suivant : Le doudou géant.
